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jeudi 10 septembre 2026

Avant les mots


Qu’y a-t-il avant les mots ? Le murmure ou le cri. Le geste aussi, l’action. Parfois ils font mieux que les mots.

Mais surtout, bien entendu, il y a le silence. Qui demeure même lorsque des mots s’élèvent… 

La plénitude du silence.  

Je me retrempe dans cet arrière-plan tranquille. Puis je l’oublie. Puis j’y reviens. Et l’oublie de nouveau. 

Mais rien ne peut m’empêcher d’y revenir…

Sabine Dewulf

Image : Peinture de Michel Remaud dans Avant les mots de Jean Lavoué (livre d'artiste, photo personnelle). 

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jeudi 27 août 2026

Descente en soi


Avez-vous l’impression d’être votre propre ennemi ? On parle beaucoup du saboteur qui vient nous couper l’herbe sous le pied au moment d’accomplir quelque chose. Ou de parts de nous-mêmes qui s’affrontent, sont en désaccord l’une avec l’autre.

Mais n’est-ce pas simplement nous qui le voyons ainsi ? 

Un jour, perdue dans une souffrance que je n’expliquais pas et que je ne pouvais pas maîtriser, je suis descendue jusqu’à ce point précis : il m’est apparu qu’aucune partie de moi ne me voulait de mal. Révélation intime. J’ai senti clairement que chacun des personnages qui coexistent en moi faisait ce qu’il pouvait pour s’exprimer, pour exister. C’était tout simple. Lumineux et bénéfique.

 « Au profond de l’épreuve

cet éblouissement :

jamais le plus petit lambeau

de ce qui me compose

ne me livra de guerre. »

(La Grâce des faux pas, préface d’Isabelle Lévesque, éditions Sans escale, 2026)

Sabine Dewulf

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mardi 25 août 2026

Chaos


Comment réagissez-vous quand plus rien ne va dans votre vie ? Quel regard portez-vous sur le chaos ?

J’aime particulièrement ce mot et ce qu’il désigne. J’en ai fait souvent l’expérience, parfois redoutable, souvent bien plus féconde que je n’aurais pu l’imaginer.

Bien que ce mot évoque souvent le désordre et le danger, je le vois plutôt comme une origine nécessaire. Sinon, pourquoi serait-il si présent au début des mythes de la création du monde ? 

Le chaos, nous le portons en nous. Nous y puisons sans le savoir nos plus belles intuitions. Il est indéfinissable, d’où sa puissance et sa beauté. Il est le germe confus de nos gestes créateurs. C’est l’inconnu qui nous met en mouvement, le brouillon qui nous permet d’écrire. Il nous fait naître et mourir plusieurs fois au cours de notre vie. 

Le chaos est aussi hors de nous. Mais notre raison voudrait l’éradiquer au profit d’un monde idéal. 

Cela ne signifie pas qu’il faille le laisser en l’état, que l’on doive s’y résigner. L’accueillir tel qu’il est, d’abord, ne signifie pas le subir, bien au contraire. Tout chaos appelle un cosmos. Mais tout cosmos rappelle un chaos. Et ainsi de suite.

Pour autant, je n’y vois pas d’absurdité. Le paradoxe (ou l’ambivalence) n’est pas absurde : il est le principe même de notre condition. Mais ce que nous ne pouvons pas conceptualiser, nous le rejetons. Au lieu de le vivre, le traverser, et y grandir.

Sabine Dewulf

Illustration : Marie Dewulf pour L'Oracle alphamythique 

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mardi 18 août 2026

S'incarner


Je me suis beaucoup interrogée, en poésie comme ailleurs, sur la manière dont on pouvait vraiment s’incarner. Je ne suis pas dans la peau des autres, je ne sais donc absolument pas ce que signifie ce verbe pour eux. 
L’expérience doit être différente pour chacun. Ne serait-ce pas fascinant de pouvoir se glisser brièvement dans la peau de ceux que nous rencontrons ?
Peut-être ai-je rencontré plus que d’autres la difficulté de coïncider avec son propre corps. Mais j’ai constaté, en écoutant et en observant de nombreuses personnes différentes, que souvent les pensées nous arrachent à nos sensations et même à nos émotions. Nous connaissons assez bien les sensations et émotions heureuses mais celles qui nous déplaisent, il m'apparaît que nous sommes assez habiles pour les fuir. Cette habileté vient sans doute du fait que nous avons appris à les éviter très tôt, dès notre plus jeune âge. Il me semble que notre société exhibe le corps, en le codifiant et en le condamnant à la honte de ses particularités (même si les choses progressent un peu, heureusement), sans nous apprendre à l’habiter… 
Mon dernier recueil de poèmes, La Grâce des faux pas (Sans escale, 2026), est sans doute celui qui parle le plus de cette tentative de revenir au corps. Il est d’ailleurs inauguré par deux très belles citations de Claudine Bohi, dont je ne résiste pas à citer ici l’une d’elles : 
« c’est par le corps entier que nous nous apprenons / avant les mots le monde entrait en nous par tous nos pores […] ». (Parfois l’un d’entre nous, L’herbe qui tremble, 2023).
Quant à mon dernier jeu, l'Oracle alphamythique, il propose systématiquement, pour chaque carte tirée au sort, d’entrer dans la posture de la lettre alphabétique associée à une divinité mythologique. J’ai consacré les trois premières lettres de l’alphabet à cette étape fondamentale qui consiste à s’incarner vraiment : A – B – C. 
Apparaître pour s’Ancrer et s’Affirmer avec Apollon, écouter ses Besoins de Bien-être avec le Bébé Bacchus et Contacter le monde avec Créativité avec Cérès, la Cultivatrice : autant d’attitudes physiques qui peuvent permettre de mieux commencer sa journée, par exemple…

Sabine Dewulf

Illustration de la carte de l'oracle : Marie Dewulf.

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samedi 1 août 2026

Posture

 


Lorsque nous contemplons une statue relevant d’une tradition sacrée, pensons-nous à cette possibilité très simple : tenter de reproduire sa posture ?

Récemment, mon collègue d’arts plastiques a emmené nos élèves de 5e au musée du Louvre-Lens, dans les Hauts-de-France. Je les accompagnais. La guide a commencé par inviter les élèves à se tenir à la manière de Gudéa, prince de l'État de Lagash, en Mésopotamie. Et elle leur a demandé ce qu’ils ressentaient dans cette posture particulièrement digne… J’ai trouvé cet exercice vraiment intéressant.

Récemment, on m’a offert une superbe réplique d’une statue assez rare, représentant un Maitreya de Corée à la tête légèrement inclinée et dont la jambe se superpose horizontalement à l’autre, posée sur le genou, les doigts de la main droite touchant le coin des lèvres. Figurez-vous que spontanément, chaque matin, je me place face à la statuette en tentant de reproduire cette posture. 

Que se passe-t-il en moi ? Une détente d’ensemble. Non pas du tout un avachissement mais une douceur tranquille vis-à-vis de moi-même et de ce qui m'entoure. J’ai remarqué que mon ventre se mettait à respirer naturellement...

L’art sacré – comme l’art en général peut-être – n’est pas seulement, selon moi, à contempler. Il peut solliciter d’autres sens que la vue. Et nous inspirer concrètement dans l’incarnation qui nous a été attribuée au sein de cet étrange univers…

Sabine Dewulf

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vendredi 10 juillet 2026

La foi...


Aujourd’hui, j’évoquerai ce qui m’apparaît comme le fondement d’une existence. Celui-ci se résume en un mot : la foi. Non pas la foi en un dogme ou un dieu, mais dans la vie elle-même… Ce terme est issu du latin « fides » qui signifie confiance, loyauté, promesse…

C’est par cette sorte de foi que commence le conte Le Diable aux trois cheveux d’or. Un nourrisson naît coiffé, c’est-à-dire le crâne couvert d’un fragment de membrane fœtale. Pour les habitants du village, c’est un signe de chance : tout réussira à cet enfant dans son existence. C’est donc imprégné de ce présage favorable que va grandir cet « Enfant de la Chance ». 

Mais ne nous méprenons pas ! Ce qui est intéressant, dans ce qui suit cette naissance, ce n’est pas la destinée heureuse dont on attend en vain l’accomplissement. Bien au contraire : plus que quiconque, le jeune garçon ira d’épreuve en épreuve, risquant la mort à chacun de ses pas. Dans l’une des dernières parties du conte, il sera même contraint de se rendre en enfer !

De quelle « chance » ce conte nous parle-t-il donc ? Eh bien, très précisément, il nous parle de la foi en la vie, de cette conviction qui habite le héros dès sa naissance et selon laquelle tout ce qui lui arrivera tournera à son avantage. Puissante leçon : ce conte nous invite à renverser notre regard, à cesser de tout diviser selon les catégories du bon et du mauvais et à considérer n’importe quel événement, fût-il des plus funestes, comme une merveilleuse opportunité. 

Dans le jeu qui accompagne ce conte et que j’ai publié en 2016 aux  éditions du  Souffle d'Or, Stéphanie Delcourt, ma coautrice, formée par Anne-Marie Jobin, a eu l’idée géniale d’y proposer un exercice créatif qui permet de se réapproprier sa naissance en remplaçant les paroles négatives assimilées par notre inconscient par un oracle bénéfique, à inscrire par-dessus la photographie du nourrisson que nous fûmes, selon un protocole très précis présenté dans le livre.

Transformer la malédiction qui gouverne notre inconscient en promesse, c’est retrouver la foi dans notre existence. Dès lors, tout devient possible… 

Sabine Dewulf

https://sabinedewulf.fr/trois-cheveux-d-or/


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mercredi 8 juillet 2026

Connaissance de soi

 Vous aurez peut-être remarqué que je préfère parler de « connaissance de soi » plutôt que de « développement personnel ». À vrai dire, je me méfie un peu de la seconde formule. Pourquoi ?


D’abord, la perspective de se développer personnellement comporte un risque : celui d’un gonflement de l’égo. Or, s’attribuer une toute-puissance nous entraîne tout simplement en dehors de la réalité et, de ce fait, nous expose à bien des déceptions. Chacun de nous peut-il prétendre être davantage qu’un grain de sable dans l’univers ?

De plus, la notion de développement suppose une progression temporelle. Ce n’est pas faux, bien entendu : je suis même très attachée à l’idée de travail sur soi, qui implique une durée. Mais cette notion ne rend pas compte d’une autre dimension essentielle : c’est l’instant présent toujours renouvelé qui nous soutient et nous répare en profondeur. Aussi ai-je axé mon jeu des Trois cheveux d’or sur un double parcours : temporel, à travers un conte de Grimm, et… instantané, grâce aux poèmes de Pierre Dhainaut. 

En outre, le concept de personnalité mérite d’être examiné et même questionné : qui sommes-nous réellement, si l’on veut bien chercher au-delà des apparences ? En créant Le Jeu des miroirs, j’ai cherché à mettre en évidence deux observations :  la première, c’est que chacun de nous n’est pas un mais multiple : nous sommes faits de mille et une facettes dont certaines sont contradictoires et cherchent même à étouffer les autres ; la deuxième, c’est que, comme l’a montré Douglas Harding, notre véritable identité n’est pas la projection de notre image dans le miroir. Elle est en creux plutôt qu’en plein, réceptive plutôt que volontaire… 

Enfin, je ne me reconnais pas souvent dans le milieu du développement personnel tel que je l’ai longuement côtoyé, à cause de certaines certitudes affichées, de croyances naïves, d’un certain culte de l’émotion, de rejets irrationnels, en somme d’affirmations venues d’influences non explorées… 

Pour toutes ces raisons, tenter modestement de se connaître soi-même, dans sa propre diversité intérieure et dans son lien avec les autres, me semble une voie à la fois plus solide et plus féconde.

Sabine Dewulf 

(source FB)

Illustration : peinture de Josette Delecroix pour Le Jeu des miroirs de Sabine Dewulf, publié par les éditions du Souffle d'Or en 2011 (coup de cœur de l'éditeur...).


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lundi 23 mars 2026

Retour à l’innocence primordiale

 ERIC EDELMANN, Retour à l’innocence primordiale - 21 méditations pour se rappeler qui nous sommes , paru aux éditions L’ORIGINEL Editions L'Originel Charles Antoni (2026).

J’ai eu la chance immense de pouvoir aller écouter Arnaud Desjardins de vive voix pendant des années, de 2002 à 2011, l’année de sa mort : il ne se passe pas une journée sans que je ne savoure ce privilège. Arnaud Desjardins fut en effet un enseignant spirituel d’une envergure exceptionnelle, lui qui se présentait immanquablement comme un disciple de Swâmi Prajnânpad, son maître indien. Il était pourtant lui-même un maître occidental, comme il en existe très peu. Il était de ceux qui ne cherchent qu’à libérer leurs apprentis disciples de tous leurs conditionnements, y compris des mécanismes qui tendraient à rendre ces apprentis dépendants de lui-même.
Un livre composé par le disciple à qui a été offert, par Arnaud Desjardins de son vivant, le flambeau de cet enseignement-là ne peut donc être qu’infiniment précieux. Eric Edelmann, par ailleurs docteur en philosophie, est l’auteur d’une douzaine d’autres ouvrages.
Ce livre est précédé d’une introduction, très intéressante et d’une clarté remarquable, de Sophie Edelmann, avec qui son époux anime le centre québécois de Mangalam. Le reste de l’ouvrage se compose d’un bref avant-propos, d’une première section intitulée « Une question de perspective : guérir l’égo ou guérir de l’égo ? », puis d’une seconde qui a pour titre « Approches méditatives ».
La première partie présente la méditation telle qu’elle se pratique dans cet enseignement et dans d’autres. Il en précise les différents pièges possibles, souvent subtils, et les illusions qui recouvrent sa pratique. Il insiste aussi sur l’importance de s’inscrire dans une lignée cohérente, une tradition authentique de maître à disciple. Il indique enfin les conditions propices à une méditation digne de ce nom :
« Lorsqu’Arnaud Desjardins nous recommande de “spiritualiser nos fonctions”, il invite à rendre celles-ci de plus en plus subtiles afin de nous rendre aptes à appréhender une réalité d’un ordre supérieur qui se situe en deçà de l’apparition des perceptions sensorielles habituelles et des conceptions dualistes. […] S’il y a une progression en méditation, elle va dans le sens d’une plus grande clarté parce que nous devenons plus transparents. […] À la différence d’une approche méditative essentiellement fondée sur une concentration exclusive (one pointed mind, “l’esprit fixé sur un point”), on peut au contraire cultiver une ouverture sans restriction, une conscience-témoin qui laisse passer les pensées et représentations comme un reflet sur un miroir. Ce “lâcher-prise” par rapport à toutes les productions mentales est possible, non pas à partir du seul mental, mais à partir de l’être entier, qui inclut le corps physique, la posture juste et une parfaite stabilité. » (p. 53-54)
La seconde partie nous propose 21 méditations, dont le texte est issu d’enregistrements de méditations réellement menées, dans la fraîcheur de l’instant présent. Chaque méditation demande donc que l’on s’imprègne lentement de chaque phrase, de chaque mot ici retranscrits, afin d’en retirer des fruits qui ne soient pas qu’intellectuels. C’est dans la lenteur et la profondeur de la lecture que la substantifique moelle de cet enseignement a quelque chance de nous parvenir, si nous ouvrons le cœur et le corps à cette parole vivante. L’une de ces méditations, par exemple, qui s’intitule « S’entraîner au “oui“ », commence ainsi : « Déposez-vous, en relâchant toutes les tensions avec une approche bienveillante. Ce regard qui est tourné vers soi-même n’apporte pas la division, le jugement, mais il est tout accueil. C’est une non-opposition, un regard ouvert, englobant, qui inclut votre condition et votre état intérieur. » (p. 79)
Je vous recommande vivement cette lecture !

Sabine Dewulf

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lundi 12 janvier 2026

Ciel au corps




 "Mon nouveau recueil, intitulé "Ciel au corps", vient d'être publié aux éditions L'Atelier des Noyers. Les poèmes ont ceci de particulier qu'ils ont été illustrés par ma fille Marie : ces œuvres abstraites, avec leur jeu de couleurs subtil, sont également disponibles sous la forme de cartes postales que ces éditions font paraître en même temps que les livres. 

Marie m'avait déjà accompagnée dans l'illustration très précise et codifiée de l'oracle alphamythique. Elle s'est livrée ici à un travail totalement différent, pleinement artistique. "



Extrait :

Mes pensées pèsent moins
que bulles de savon.
Y croire est pourtant le poison
répandu dans mes veines.
Soudain ma peine se déroule,
avale la maison
et toutes ses armoires.
Maintenant y ruisselle
hors des yeux sur les joues,
depuis une chanson
venue tout droit du ciel
dans la vitalité
de l’impuissance vraie.

Sabine Dewulf

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Ciel au corps, est la une joie profonde d'offrir la possibilité d'un duo mère-fille. Cette complicité particulière qui nous lie, mère-fille, est un sujet en soi pour la parole poétique; on la retrouve comme un fil tendu entre les générations dans les paroles de Sabine.

Rien n'efface les parfums d'enfance
entêtés ou ailés,
flottant près des platanes.
Est-ce le corps ou le mot
qui délivre ?
Je compte mes conquêtes,
même au nœud de l'été
où se blottit un autre été
immaculé.

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samedi 29 novembre 2025

La ferveur des rivières

 Je vous partage un extrait que j'adore :

"J'apprends à brûler à aimer
parmi toutes ces faces
dérobées en glissant
de la nuit au matin
parmi toutes ces formes
semer éclabousser
rendre grâce
jouer avec le feu"



Nous avons le plaisir de vous annoncer la sortie du livre :
"La ferveur des rivières" de Sabine Dewulf
( d'après le encres de Florence Saint-Roch.)
… Ce livre est le reflet d’une entente, au sens premier du terme. Oui, j’ai aimé me pencher sur Le sceau du secret en écoutant les Nouvelles du pays de Florence afin de m’immerger dans la marée du souffle qui me manquait. J’ai creusé les sillons de ma peau pour mieux entendre sa ritournelle, qui me semblait répondre à mes obsessions, mes leitmotivs. J’ai laissé murmurer sur ma page ses visages de l’ombre et la ronde universelle qui tournoie dans ses encres. J’ai tenté d’entrer en résonance avec la vibration de sa leçon de choses, De natura rerum, nature insaisissable, circulation vivante.
Sabine Dewulf

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samedi 18 octobre 2025

En l'honneur de Pierre Dhainaut

Quelques bribes en retour du colloque en cours abordant l'œuvre de poète Pierre Dhainaut, présent à l'occasion de ces 90 ans.


 - Le miroir n'ajoute pas la lumière,
à ton visage de l'épanouir au-delà 
du cadre.

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- Suivons-nous un chemin ? L'inventons-nous ?
Par amitié nous léguerons
quelques indices à ceux qui viendront
après nous.

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- Tant que tu seras incapable de reconnaître
un arbre au bruissement de son feuillage,
en hiver, tu te tiens à l'écart.

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- Naissance qui se recrée à tout moment, 
sois disponible

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Entre deux paroles comme entre deux silences,
permettre aux fruits de mûrir.

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A Sabine Dewulf & Sabine Zuberek qui ont proposé la centième ligne :

Entre nos traces l'air frémit
des noms aimés : La source
nous traverse.

Pierre Dhainaut - "Mais toi, rien ne t'annonce"
Extraits tirés de ce recueil publié à l'occasion du colloque "Rythmes du monde dans la poésie de Pierre Dhainaut"

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lundi 15 septembre 2025

La quête du loup


 Le loup est l'un des symboles animaliers les plus présents dans la mythologie gréco-romaine : c'est par exemple l'un des attributs d'Apollon, d'Artémis/Diane, de Léto/Latone (mère des deux précédents), d'Hadès/Pluton, de Zeus/Jupiter, d'Arès/Mars, ou encore de Quirinus, parfois considéré comme la forme divinisée de Romulus, le fondateur mythique de Rome, sans oublier bien sûr la célèbre Louve romaine qui éleva les deux frères Rémus et Romulus...



Dans L'Oracle alphamythique - Sabine Dewulf et Antoine Charlet, il n'était certes pas question de le placer partout... Il fallait choisir entre les attributs multiples de chaque divinité, pour ne pas surcharger l'ensemble et tenter d'aller à l'essentiel de chaque symbolique de la lettre latine présentée ou d'un ensemble de lettres. (Chaque carte-lettre est toujours associée à une ou plusieurs divinités.)
Le loup n'est donc visible que sur la carte de la lettre Q, intitulée "Quête", la mission de Quirinus. La voici, cette carte, illustrée, comme toutes les autres, par Marie Dewulf.
Et si ce loup, dans cet environnement, vous inspire spontanément quelque chose de particulier, n'hésitez pas à vous exprimer, cela nous fera toujours plaisir !
Bon dimanche à tous,
Sabine Dewulf
PS : Pour ceux qui souhaiteraient découvrir ce jeu, vous pouvez regarder mon site : https://sabinedewulf.fr/oracle-alphamytique/
Et pour l'acquérir, il est possible bien sûr de s'adresser à Antoine Charlet ou à moi-même, ou encore de le commander directement sur Amazon : https://www.amazon.fr/Loracle.../dp/B0DTQX2H5F/...

Sabine Dewulf
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lundi 21 avril 2025

Joyeuses fêtes de Pâques à chacune et à chacun de vous !


Pour illustrer cette notion si mystérieuse de la Résurrection, voici celle - toute païenne - d'Orion, dans la mythologie grecque, le chasseur terrestre accidentellement tué par Diane-Artémis, puis transformé par ses soins en chasseur céleste, constellation brillante, à l'image de tout ce qui nous unit. Orion abandonne ici sa dépouille mortelle dans le cercle du O, la lettre de l'Ouverture infinie, pour y renaître en lumière, sous sa forme rayonnante.

Sabine Dewulf

Source : Illustration de Marie Dewulf, pour L'Oracle alphamythique - Sabine Dewulf et Antoine Charlet.

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lundi 17 mars 2025

Dialogue avec un sage

 "Souvenez-vous que la paix des profondeurs est déjà la nature véritable de notre esprit ou de notre conscience. Et nous pouvons tenter, par une acceptation totale, de nous désengager des limitations du moment et de revenir à cette réalité qui est déjà là en nous ou plutôt que nous sommes déjà." 

(Arnaud Desjardins, extrait d'une lettre à Yvon Ginchereau)


Les éditions Accarias L’Originel nous ont habitués à des textes et des témoignages de sagesse d’une richesse remarquable. Ce livre-ci, d'Yvon Ginchereau- "Dialogue avec un sage – Arnaud Desjardins m’a dit…", paru cette année aux éditions de Jean-Louis Accarias et préfacé par Eric Edelmann, qui dirige l’ashram québécois de Mangalam - ne fait pas exception à la règle. C’est d’autant plus le cas qu’il est lié à l’un des rares maîtres occidentaux reconnus, qui plus est un être qui prodiguait l’enseignement reçu de son maître indien, Swâmi Prajnanpad, avec une immense générosité, pour de nombreux apprentis disciples, en France comme au Québec.
 

Tous ceux qui ont connu Arnaud Desjardins de son vivant – jusqu’au 10 août 2011 – reconnaîtront sans peine, dans cet ouvrage, les grands principes de son enseignement. Mieux encore, à la lecture des extraits de l’abondante correspondance qui s’est nouée entre l’auteur, Yvon Ginchereau, et le maître, ils réentendront sa voix, qui véhiculait avec tant de pédagogie, de force et d’amour ce qui lui avait été transmis et dont il avait fait la substance même de son existence. 

Ecrit avec une grande clarté et une précision d’orfèvre, ce livre s’adresse à tous, ceux qui ont connu le maître, ceux qui sont arrivés à l’ashram d’Hauteville ou de Mangalam après sa mort comme ceux qui seraient simplement curieux, aujourd’hui, de découvrir une voie particulièrement adaptée à notre contexte occidental. Il est émaillé de nombreuses lettres d’Arnaud Desjardins contenant des conseils à la fois précis et développés, mais aussi de citations d’autres auteurs, propres à éclairer l’ensemble.

J’ai été particulièrement touchée par la lecture de ce témoignage, qui commence très naturellement par poser le cadre familial où l’auteur a grandi, au travers de difficultés suffisamment fortes pour qu’Yves Ginchereau qualifie son propre « départ » dans l’existence de « peu prometteur », dans la première partie. Par cette plongée dans une enfance et une adolescence douloureuses, nombre de nos souffrances pourront ici se reconnaître, même si chacune d’entre elles prend nécessairement une forme différente. Voilà qui permet de se redire que la qualité d’un cheminement n’est nullement entravée par des conditions initiales malheureuses, a priori peu favorables à l’ouverture spirituelle.

Dès la deuxième section du livre, intitulée « Le début d’un chemin », l’auteur nous fait entrer dans l’accompagnement exceptionnel dont il a bénéficié, après une toute première rencontre assez improbable, en ce qu’elle ne respectait pas le protocole habituel d’entrée dans un centre tenu par Arnaud Desjardins. Yvon Ginchereau ne cache rien de ses conditionnements, préjugés ou résistances, et c’est ce qui nous le rend si proche. En même temps, nous saisissons mieux à quel point il est nécessaire, si l’on veut progresser sur la voie, de s’engager pleinement, avec sérieux et détermination, avec une pleine confiance également, auprès du maître choisi. 

La troisième partie nous ouvre les « nouveaux horizons » que le disciple a découverts dans cette proximité avec le maître, laquelle ne s’est jamais démentie (y compris après sa mort, de cœur à cœur). Son expérience spirituelle nous est alors livrée dans son intensité, son éblouissement même, sans pour autant occulter les difficultés persistantes ressenties à ces occasions – celles qu’Yvon Ginchereau décrit comme une « négativité » issue de son histoire, ou encore la confrontation à certaines formes de malveillance, y compris parmi les apprentis disciples. 


La quatrième section évoque la phase d’assimilation profonde de cet enseignement, au travers notamment de ce que l’auteur appelle le fait de « Servir la grande réalité », dans ce monde : en l’occurrence, il s’agit d’un engagement social particulier dans le domaine de la santé. 

La toute dernière partie, « Une voie pour les temps modernes », plus brève, me paraît précieuse entre toutes : elle propose d’abord un condensé des phrases essentielles du maître, extraites des lettres dont nous avons pu découvrir le contenu au fil de notre lecture ; puis elle expose une méthode en trois points : 1. L’audition, 2. La réflexion, 3. La contemplation, qui s’achève par un magnifique texte de Lao Tseu, à lire et à relire pour une imprégnation profonde. J’avoue qu’à ce stade, j’aurais aimé un développement plus long, tant cette méthode me paraît utile. 

L’ensemble est précédé d’un avant-propos et d’une introduction de l’auteur, puis suivi d’une postface, d’une bibliographie très complète et d’un glossaire des mots sanskrits utilisés dans l’ouvrage, avant de s’achever par des remerciements.

Une fois n’est pas coutume : je ne terminerai pas cette recension par un florilège de citations, tant il me paraît important d’entrer entièrement, de tout son être, dans cet ouvrage si vivant et si complet. Vous l’aurez compris : je vous recommande chaudement la lecture de ce livre !

"Ne doutez pas de vous, ne doutez pas de vous ! Pour se sentir stable et solide, le secret est simple : il faut s'appuyer sur ce qui est et sur ce que nous sommes à chaque instant. Ne soyez nullement découragé." (Extrait d'une lettre d'Arnaud Desjardins à Yvon Ginchereau)

Sabine Dewulf

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jeudi 13 mars 2025

La grâce de l'aube

 L'un des plus beaux textes de notre littérature... Il fait bien évidemment partie des 33 textes que j'avais sélectionnés dans mon livre-jeu "Les jardins de Colette - Parcours symbolique et ludique vers notre Éden intérieur", paru aux Editions Le Souffle d'Or en 2004.

Sabine Dewulf


" Car j’aimais tant l’aube, déjà, que ma mère me l’accordait en récompense. J’obtenais qu’elle m’éveillât à trois heures et demie, et je m’en allais, un panier vide à chaque bras, vers des terres maraîchères qui se réfugiaient dans le pli étroit de la rivière, vers les fraises, les cassis et les groseilles barbues.
À trois heures et demie, tout dormait dans un bleu originel, humide et confus, et quand je descendais le chemin de sable, le brouillard retenu par son poids baignait d’abord mes jambes, puis mon petit torse bien fait, atteignait mes lèvres, mes oreilles et mes narines plus sensibles que tout le reste de mon corps… J’allais seule, ce pays mal pensant était sans dangers. C’est sur ce chemin, c’est à cette heure que je prenais conscience de mon prix, d’un état de grâce indicible et de ma connivence avec le premier souffle accouru, le premier oiseau..."
Extrait de Sido de Colette.

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lundi 6 janvier 2025

La voie rapide

Il y a quelques semaines, je vous avais promis une recension précise du dernier livre - tout à fait remarquable - que l'éditeur Jean-Louis Accarias consacre au sage indien Râmana Mahârshi : La voie rapide – Aphorismes et satsang. La voici donc : je vous en souhaite une bonne lecture !
Originel-Accarias
Chacun des livres qui transmettent l’enseignement de Ramana Maharshi est un trésor authentique, qui mérite à ce titre notre attention la plus vive. Celui-ci est le onzième de l’éditeur, toujours traduit et commenté par Patrick Mandala. Lire un tel ouvrage, c'est se replonger au cœur de cet essentiel que nous fuyons sans cesse, dispersés, éparpillés, écartelés par nos pensées.
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Ce livre fondamental se divise en trois grandes sections, dont voici le contenu...
La première comporte des « Instructions spirituelles », datant de 1912 et numérotées de 1 à 19. Elle nous présente la version la plus ancienne des enseignements du Maharshi. Elle est subdivisée en différents thèmes, ce qui permet d’y trouver plus facilement des repères : 1. Les doutes. 2. Le rejet des pensées. 3. L’investigation et la grâce. 4. Le guru. 5. Le Soi intérieur. 6. L’investigation non intellectuelle. 7. Le non-agir. 8. Les samâdhi. 9. L’Absolu. 10. La demeure du Soi. 11. La question « qui suis-je ? ». 12. Le lieu secret du Soi. 13. La réalisation et l’expérience du corps. 14. Les pouvoirs supranormaux. 15. L’abandon à Dieu. 16. Les périodes de la vie et les règles sociales. 17. La société et l’humanité. 18. L’équanimité. 19. Les liens entre Shakti et shakta.
Extraits :
« Ce qui se passe quand on fait une quête sérieuse du Soi, c’est que la pensée-je en tant que « pensée » disparaît, quelque chose d’autre venu des profondeurs vous envahit et cela n’est pas le « je » qui commence cette recherche. »
« […] il n’y a pas de véritable recherche sans grâce […] ».
« Tout d’abord, demeurez dans votre soi qui est situé dans le corps et découvrez-le. Ensuite, vous pouvez penser à Brahman, la Toute-Présence. »
« Le Cœur est toujours ouvert si vous voulez y entrer, soutenant toujours tous vos mouvements même si vous l’ignorez. »
« […] votre vie devient telle une aiguille attirée par une énorme masse d’aimant, et à mesure que vous allez de plus en plus profond, vous devenez un simple centre et puis, même pas cela, vous devenez une simple conscience, il n’y a plus ici aucune pensée ni aucun souci – ils ont été détruits à la racine ; c’est un raz-de-marée, vous n’êtes plus qu’une paille, un roseau brisé ; vous êtes absorbé, brisé, avalé vivant, mais ce sont là autant de sensations agréables et délicieuses ; vous devenez la chose même qui vous absorbe entièrement. »
« Que pouvez-vous apporter à la société ou au pays quand vous êtes faible et tourmenté ? Tout d’abord, il vous faut être fort. Mais je vous dirai que la réalisation du Soi est la force suprême. »
« La force appartient au Seigneur. »
« Vous êtes un membre de la société. Celle-ci est le corps, les individus sont ses membres. […] chacun doit s’unir aux autres pour être utile à tous par la pensée, la parole et l’action. »
« En vérité, il n’y a pas d’absolue création ou d’absolue destruction. Les deux sont en mouvement constant, et cela est éternel. »
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La seconde section est constituée de 100 aphorismes intitulés « La guirlande des Paroles du Guru ». Ces aphorismes ont été recueillis, compilés et traduits en tamoul par son très proche disciple, Srî Muruganâr. Ils sont tous été relus et corrigés par le maître, puis, à la demande de celui-ci, classés par sujets par Sâdhu Natânanda, érudit et proche disciple. Ils ont ensuite été traduits en sanskrit et en anglais. La première partie concerne la « Recherche » et se trouve subdivisée en ces petits chapitres : « Dévotion » / « Guru » / « Recherche du Soi » / « Conduite du chercheur ». Cette quête engage l’être tout entier. La seconde évoque la « Pratique » ou « La vérité sur la servitude », et traite de « L’attachement ». La troisième, « Réalisation », expose l’expérience de la libération : « Non-dualité » / « Conscience » / « Le Soi » / « Le silence » / « Le libéré » / « Libération ».
Extraits :
« Cette propice et immortelle Réalité
- Laquelle demeure toujours en tant que résidu,
quand le faux soi est consumé dans le feu de
l’Illumination –
cette Réalité est le véritable sens de la « cendre
sacrée », vibuhûti.
[tous les désirs sont réduits en cendre]
« Seuls les Sages sont vertueux, non les ignorants.
C’est pourquoi, afin d’obtenir la libération,
on cultivera la compagnie des Sages [satsang],
de ceux qui sont libérés du mensonge. »
« Comme l’oubli du vrai Soi est la mort en elle-même,
le seul accomplissement engageant le chercheur du
Soi
est de veiller à ne pas oublier,
et rien d’autre. »
« Comme l’humidité, la douceur et la fraîcheur
sont en réalité de l’eau,
et non trois entités différentes,
de même, dans l’expérience du Soi,
Réalité, Conscience et extase ne sont que le vrai Soi. »
« L’état de libération peut être décrit comme sommeil
éternel,
Ou comme éveil non interrompu par le sommeil. »
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Quant à la troisième section, elle contient des réponses, extrêmement précises, du sage à des questions posées successivement par Swâmi Madhavatirtha, érudit et grand spécialiste du Vedânta qui avait pris les vœux de renoncement du sannyâsa en 1928, K. S. Narayanaswami Iyer, Ganapati Muni, proche disciple de Râmana, et B. R. Narasimha Svâmi, l’un de ses biographes.
Extrait :
« Viveka est la discrimination du réel et de l’irréel, […] qui nous aide à pratiquer le détachement, vairâgya, des émotions telles que la joie ou la peine, lesquelles perturbent l’équanimité de l’esprit. Ainsi vivka s’avère être une préparationutile et nécessaire pour atteindre cette entrée dans le Soi. Toutefois, la connaissance du réel que procure viveka n’est pas la même que le jnâna ou Connaissance du Soi. […] Le pratiquant (viveki) intellectuel du premier état connaît et raisonne à travers un médium, à travers les sens (paroksha). Celui du second, l’intuitif jnânî, fait l’expérience du réel directement et sans un médium (aparoksha). Il ne voit pas le monde comme irréel ou différent de lui-même, comme le pratiquant intellectuel. »

Sabine Dewulf

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