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mercredi 30 octobre 2019

Se prendre en main...


« CELUI QUI TRAVAILLE AVEC SES MAINS EST UN OUVRIER MANUEL. CELUI QUI TRAVAILLE AVEC SES MAINS ET SA TÊTE EST UN ARTISAN. CELUI QUI TRAVAILLE AVEC SES MAINS, SA TÊTE ET SON CŒUR EST UN ARTISTE. »
Saint François d’Assise



Bernard Bouheret :

"Le monde ne bougera pas sans nous et nous devons devenir ce que nous voudrions que le monde soit comme le disait si bien le Mahatma Gandhi en son temps. Pour nous, les mains du Shiatsu peuvent retisser un bout de monde, redonner une pulsation de bienveillance dans un univers tourné vers la performance.
Je finirai mon propos par un texte Taoïste qui donnera le juste ton.
« Si vous voulez réveiller l’humanité dans sa totalité alors réveillez-vous entièrement. Si vous voulez éloigner du monde la souffrance, alors éliminez tout ce qui est sombre et négatif en vous. En vérité le plus grand cadeau que vous puissiez donner au monde est votre propre transformation. »
Hua Hu ching"


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vendredi 24 août 2018

Approches du shiatsu (5)


 Je vous invite à regarder la conférence très instructive de Bernard Bouheret.





Pourquoi je crois au shiatsu à l'hôpital

Le toucher est un élément important de la relation médecin-malade. En médecine orientale, le simple toucher du praticien est un élément important du traitement de nombreux symptômes. Les bénéfices à attendre de l’entrée du massage shiatsu dans le domaine de la santé sont, en premier lieu, pour les citoyens. Non seulement du bien-être, mais aussi potentiellement du bon soin. Et notamment pour les patients porteurs de maladies chroniques, qui sont au nombre de 15 millions en France. Les attentes du personnel soignant sont grandes quant à l’intégration des pratiques complémentaires au soin en milieu hospitalier. Elles peuvent compléter la panoplie des actes de soin de nombreuses catégories professionnelles : infirmiers et infirmières, kinésithérapeutes, psychologues, psychomotriciens. Le groupe hospitalier Pitié-Salpêtrière -Charles-Foix (AP-HP) évalue des séances de shiatsu pour des enfants hospitalisés en pédopsychiatrie et a proposé deux protocoles de recherche portant sur l’apport du shiatsu dans le traitement de la fatigue au cours de la sclérose en plaques et de l’agitation chez les patients déments hospitalisés. Le plus important n’est-il pas, en complément des pratiques conventionnelles, la satisfaction du patient?

Pr Alain Baumelou,
néphrologue à l'hôpital de la pitié-salpêtrière, coordinateur du centre intégré de médecine traditionnelle chinoise de l'AP-HP.

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jeudi 23 août 2018

Approches du shiatsu (4)


3- Les mains
Les mains « appartiennent au Ciel » par le bout de leurs doigts en relation permanente avec lui!

Comme les pieds, elles sont des carrefours yin-yang. Les différents points de la main et de l’avant-bras, situés sur le méridien du cœur ou le méridien Maître cœur, permettent de « libérer la poitrine ». Ils permettent aussi de traiter le mental, car, dans la médecine chinoise, le cœur est le siégé de l'Esprit. Le point « Shen Men » porte de l’Esprit, situé juste au-dessus du poignet externe, dans le pli de flexion, sur le méridien du cœur c'est son 7e point), permet par exemple de lutter contre le stress, les palpitations cardiaques, les insomnies ou encore anxiété. Les mains et l’avant-bras feront particulièrement l'objet d'attention en cas de problèmes psychiques.


4- La tête   
Une séance de shiatsu se termine par la tête, pour finir de « libérer le mental ». 

Dans la médecine chinoise, le corps humain est vu comme étant inséré dans l’univers : sa tête est « ronde comme le Ciel », et sa voûte crânienne est en permanence en contact avec la voûte céleste. Un point essentiel est situé tout au sommet du crâne, en arrière de la fontanelle : son nom chinois, Bai Hui, signifie « les cent réunions ».

Il est en relation avec quelque chose qui est plus grand que nous, le « Ciel », mot derrière lequel chacun met ce qu’il veut. C’est d’ailleurs un endroit sacré dans de nombreuses religions (cette partie du crâne est « protégée » par la mitre de l’évêque, le bonnet tibétain, la kippa, etc.). À la base du crâne, au niveau de l’occiput, se trouvent aussi deux petits creux abritant des points qui doivent toujours être bien « ouverts » : c’est par ces « fenêtres » que descend l’énergie du Ciel !


La personne qui reçoit un shiatsu peut alors ressentir, à la fin d’une séance, ce sentiment de plénitude et de paix intérieure que nous recherchons tous !

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 voir mon site


 

mercredi 22 août 2018

Approches du shiatsu (3)

1 - Le dos
Un shiatsu commence souvent par le dos.

Cette zone « intérieur-extérieur » est particulièrement importante dans la médecine chinoise. Le dos présente une cartographie très fine de différents points d’acupuncture reliés à tous les organes du corps, allant des poumons, tout en haut, à la vessie, tout en bas. Ainsi, lorsque l’on touche le dos, on atteint l’intérieur du corps, et donc les organes ! Sans compter que le dos contient la colonne vertébrale, la moelle épinière et tout le système nerveux et qu’il est souvent très tendu, car nous sommes trop souvent assis (et mal !) et ne marchons pas suffisamment. Nuque, épaules, dorsales, lombaires : notre rachis souffre!

Mais travailler le dos seul ne suffit pas : les tensions risquent alors de tourner en rond, sans avoir la possibilité de sortir. Il est essentiel de libérer le dos, et donc de cheminer le long des jambes en direction des pieds. Car c’est là que se trouve la porte de sortie des tensions du dos !


2- Les pieds

Le pied est une zone d’extrémité au carrefour du yin et du yang .

Les méridiens yang « descendent » et les méridiens yin « remontent ». Dans la conception chinoise, l’énergie est vue comme un courant électrique avec une double polarité. Au carrefour, la polarité du corps change, alternant entre positif et négatif. D’un point de vue symbolique, les pieds touchent terre... quand tout va bien ! Le shiatsu permet de libérer les tensions du dos aux pieds. Mais aussi les tensions cérébrales, qui empruntent la même porte de sortie! Il n’existe qu’un seul point d’acupuncture sous le pied : le point « fontaine ou source jaillissante », « Yong Quan » en chinois (c’est le premier point du méridien du rein). Situé sous la plante du pied, dans la dépression qui se forme lorsque l’on fléchit les orteils, il est relié à la fois au dos et à la tête. Le point « fontaine jaillissante » fait « remonter » l’énergie de la terre (aspect tonifiant). Et en même temps, ce point permet d’évacuer les tensions mentales (aspect apaisant). Un autre point clé du pied se trouve sur la malléole externe. C’est le point « vaisseau de l’heure Shen »
(« Shen Mai »), le grand point des insomnies, qui permet également de « vider la tête dans les pieds » (donc d’apaiser l’esprit)...
C’est le 62e point du méridien de la vessie, qui en comprend 67.


Au cours de la séance, le praticien en shiatsu (ici, Bernard Bouheret) réalise un tour complet du corps et choisit, parmi quelque 400 " tsubos " - les points d'acupuncture de la médecine chinoise, situés sur les douze méridiens parcourant l'organisme, auxquels s'ajoutent huit « merveilleux vaisseaux » -, ceux qui lui semblent les plus appropriés à la condition de son patient.

mardi 21 août 2018

Approches du shiatsu (2)


La bienveillance au cœur du soin 

Face à une société souvent déshumanisée, dont les membres ne communiquent plus qu’à distance, où plus personne ne se touche ni ne se rencontre, le shiatsu propose la bienveillance. Les Japonais l’appellent Kokoro (« le bon cœur ») et l’évoquent depuis toujours dans leurs chansons d’amour ! Le maître Tokujiro Namikoshi disait : « Le cœur du shiatsu est comme l’amour d’une mère. » Un bon praticien de shiatsu est un homme qui accueille l’autre, essaye de se mettre à sa place et le soigne comme s’il était de sa famille. Il se met à genoux, au même niveau que lui. Ce qui, symboliquement, n’est pas anodin !

Par ses gestes très ritualisés, il est comme en prière, une prière qui dirait au grand tout : « Passe à travers moi, mon cœur est léger, mon mental est paisible, mes mains vont transmettre ton énergie. »

Le praticien cherche la non-séparation, cet état qui fait que l’on ne sait plus si c’est le corps de l’autre qui vient dans nos mains ou si ce sont nos mains qui vont dans / le corps de l’autre : c’est un toucher de cœur à cœur.

Il va sans dire que le praticien doit avoir fait un minimum de travail sur lui, parce que s’il a le cœur qui bat à l’envers ou s’il n’est pas bien ancré, cela ne marchera jamais, il n’invitera jamais le grand tout dans ses mains ! Le shiatsu est une voie spirituelle qui implique un engagement total. À une époque où les hôpitaux sont dirigés comme des entreprises, où le soignant est considéré comme un « technicien » devant se « protéger » de toute implication émotionnelle, le personnel hospitalier est en grande souffrance. C’est pour cette raison d’ailleurs que, sous convention avec les directions de plusieurs hôpitaux, nous soignons les soignants, en les aidant à libérer leur stress ou à soulager leurs maux de dos. Au fil du temps, les portes s’ouvrent ! Le praticien a pour vocation de transmettre les préceptes de sagesse qu’il incarne lui-même (faire attention aux excès, bien se nourrir, dormir suffisamment mais pas trop...) et qui permettent d’éviter l’apparition de la maladie.

Le shiatsu, comme toute la médecine asiatique, tient en effet la prévention de la maladie pour fondamentale.


De la prévention aux maladies de civilisation 


Les maladies de civilisation regroupent de nombreuses pathologies telles que les allergies, la fatigue chronique, le surpoids et l’obésité, les maladies neurodégénératives, endocriniennes, cardio-vasculaires, génétiques ou encore le cancer. Elles sont souvent la conséquence directe de notre mode de vie « moderne » avec ses rythmes effrénés, ses écrans, la mauvaise qualité de l’alimentation ou la dégradation de l’environnement par diverses pollutions... Le shiatsu utilisé à des fins thérapeutiques apporte un soulagement rapide de la douleur dans des maladies inflammatoires telles que l’asthme ou la polyarthrite rhumatoïde, ou encore au cours des chimiothérapies du cancer. Pratiqué par des professionnels qui peuvent être par ailleurs titulaires de diplômes de santé (infirmier, aide-soignant, médecin, kinésithérapeute...) et longuement formés au shiatsu thérapeutique, ce dernier ne prétend pas guérir. Mais il accompagne la maladie, toujours avec bienveillance.    

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lundi 20 août 2018

Approches du shiatsu (1)

 Cette semaine, je souhaitais vous faire partager ma pratique du shiatsu à travers l'interview de Bernard Bouheret qui permet d'entre dans le mystère du corps. Ce corps est symbole de l'instant présent et témoigne de la vérité du moment. Il est aussi le messager du passé pour, en se détendant, accueillir le futur.


Le shiatsu, pratiqué depuis des millénaires au Japon dans le cercle familial, se présente comme une technique facile d’accès : sans onguent, sans huile, sans aiguilles, n’importe où, sur une natte, sur une chaise, dedans, dehors, le praticien de shiatsu arrive avec ses mains, et c’est tout ! Ses doigts « appuient » sur les « tsubos », ces points énergétiques situés le long des méridiens, selon un rythme particulier. (C’est d’ailleurs le sens de « shiatsu » : en japonais, shi-doigt/atsu-pression). L’efficacité du shiatsu est quasi immédiate. Déjà au bout de 15 minutes, le corps entier entre en vibration : toutes les sphères (émotionnelle, mentale, spirituelle) se mettent à vibrer à l’unisson et une paix profonde s’installe...

Retour vers le centre

Le shiatsu permet de « rentrer à la maison ». Comme l’évoque cette métaphore fréquemment utilisée, c’est un recentrage corporel qui s
’opère, clé du bien-être et de la santé ! Aujourd’hui, l’homme est constamment extirpé de lui-même : il ne sait souvent plus où est son centre. Au niveau émotionnel ou psychologique, il est en permanence plus ou moins déporté par des stimuli extérieurs qui le contraignent et le font souffrir. Le vieux sage taoïste nous dit :

« Qui est au centre de lui-même est au cœur de l’univers et tout l’univers tourne autour de lui. »

Le sentiment de paix qui en découle est accessible à tous. Cette paix est inconditionnelle, ne dépendant pas des circonstances extérieures, comme avoir une belle maison, une bonne situation, une vie sentimentale réussie, une bonne santé, etc.
Qui pourrait nier que celui qui connaît cet état de plénitude détient un précieux trésor dans notre monde moderne ?

Selon un adage chinois, « l’eau qui court ne croupit jamais ». Le shiatsu libère et rétablit le grand flux de la vie. L’énergie circule à nouveau, comme une rivière courant dans un flux permanent : les poissons sont jolis, la faune, la flore et tout le monde prospèrent !

C’est un terrain favorable pour que la maladie ne puisse pas s’installer. Et quand bien même, pour que la guérison, si elle est possible, puisse advenir : on sait bien, à l’inverse, que la maladie survient plus facilement lorsque l’on est morcelé ou séparé.


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samedi 18 août 2018

L'évolution de l'idée du bonheur avec Frédéric Lenoir (4)


Vous venez d'employer le mot joie, une autre façon de parler du bonheur ? 

La joie est une incarnation concrète du bonheur. Dans certains courants spirituels, comme le christianisme ou le taoïsme, mais aussi chez Spinoza et chez Nietszche, on privilégie l'idée de joie. Les confucéens, les stoïciens ou les bouddhistes préfèrent la notion de paix intérieure, de sérénité. Ils cherchent avant tout la paix de l'âme (ataraxie), le fait de ne pas être troublé.

Avons-nous besoin de joies collectives, dont la victoire de l'équipe de France de football serait un exemple ? 

Les Français se disent à 80% heureux à titre individuel, mais déclarent à 80% que tout va mal en France ! Notre pays a une vision très négative de lui-même. Vivre une expérience de victoire collective permet de créer du bonheur ensemble. C'est excellent pour le moral du pays. On a le sentiment de partager les mêmes valeurs. On appartient à une même entité supérieure, la République. Mais cela ne dure pas...

Pourquoi l'idée du bonheur est-elle associée à l'enfance – on parle d'« âge heureux » ?

Jusqu'à 5 ans, les enfants vivent l'instant présent. Quand il vit une expérience de satisfaction, l'adulte va parasiter ce moment avec des projections du futur ou des souvenirs du passé. En outre, les enfants n'arrêtent pas de grandir, quand ils apprennent quelque chose de nouveau, ils sont dans la joie. Cela corrobore le lien que fait Spinoza entre la joie et la croissance de l'être. Enfin, les plus jeunes sont spontanés. Ils ne sont pas pris dans tous les méandres de l'ego ou du mental. L'Évangile nous dit : « Laissez venir à moi les petits enfants, parce que le royaume de Dieu appartient à ceux qui leur ressemblent » (Matthieu 19, 14). Et le royaume de Dieu, c'est la joie parfaite, c'est l'enfant qui garde la capacité de s'émerveiller et de grandir face à chaque expérience nouvelle.

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source: La Vie