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dimanche 29 mars 2026

Se détacher ?


Quand vous êtes attaché à quelque chose, c'est que vous en avez besoin. Quand vous n'en avez plus besoin, vous êtes naturellement détaché. Il ne s'agit pas de quelque chose que vous pouvez fabriquer. Vous êtes détaché d'un tas de choses auxquelles vous étiez attaché à une époque. Ce détachement s'est fait sans effort. 

Chercher à être détaché est une forme d'anticipation. Vous devez respecter vos attachements : ils sont là parce qu'ils sont nécessaires. Sinon vous rentrez dans une forme de violence. Vous voulez vous détacher de quelque chose, mais vous allez compenser par autre chose. C'est une forme de perte d'énergie.

Ce que vous appelez "le monde" est une représentation. Une projection de votre imaginaire affectif. Plus vous devenez intime avec votre fabrication, moins il y aura de dichotomie. Quand quelque chose ne vous est plus nécessaire, cela vous quitte. 

Quand un amour, une maladie ou une attraction ne vous est plus nécessaire, cela vous quitte. Mais vouloir quitter quelque chose est une forme d'ajournement. Quand vous avez 18 ans vous ne pouvez rien faire pour avoir 20 ans, cela se fait tout seul.

Donc, si vous vous dites : "Je voudrais me détacher mais je suis encore attaché"... c'est que ce n'est pas le moment. Vous voulez quitter cette femme, mais, euh... vous ne le voulez pas vraiment. Et bien ce n'est pas le moment. Un jour vous allez vous réveiller et vous regardez votre femme et c'est fini. Il reste l'affection mais c'est fini. À ce moment-là, vous allez découvrir une fonctionnalité.

~ Éric Baret

Le vrai détachement vient quand les choses nous quittent d'elles-mêmes. Et elles nous quittent dès qu'on a vraiment compris qu'elles ne tiennent jamais leurs promesses. 

~ Jean Klein

(photo : Éric Baret)

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samedi 20 septembre 2025

A l'écoute !

De même pour écouter. Dans une conversation qui ne vous implique pas trop, vous pouvez tenter cet effacement : non pas « j'écoute Simone » – moi je suis là et j'écoute attentivement Simone – mais « Simone est écoutée ». Il y a une écoute, il y a une possibilité de répondre, il y a une mémoire de ce qui aura été dit, mais ahamkar, « ce qui fait le moi », momentanément n'est plus présent. Vous verrez aussi combien c'est inhabituel. Et si vous pouvez vivre cette expérience, ce changement d'attitude intérieure, relativement facile à effectuer ne fût-ce que pendant quelques instants, cela vous en dira déjà plus sur l'effacement de l'ego que bien des paroles de sages.

Arnaud Desjardins - La voie et ses pièges


Ce n'est pas ce que vous écoutez qui vous rend tranquille: c'est d'écouter. La joie c'est d'écouter. 

Ce qu'il y a de plus beau à écouter, c'est vous, votre peur, votre avidité, votre tristesse. Là se trouve la beauté. C'est mille fois plus profond que d'écouter quiconque.

Eric Baret

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lundi 19 mai 2025

La pensée positive ?

 Q : Y-a-t-il quelque valeur à essayer de penser de façon positive ?

JEAN KLEIN : La pensée positive appartient à la survie psychologique. C'est l'affirmation de l'ego. La technique psychologique renforce l'expérience et l'expérimentateur. Mais tant que vous vivez encore dans le mental, dans la complémentarité, alors la pensée positive est plus proche de votre nature réelle que la pensée négative. Cependant, toutes ces méthodes sont des béquilles pour vous aider à marcher avec une sécurité apparente. Ce sont des supports pour les immatures. Lorsque vous vivez dans la globalité, vous n'avez pas besoin de tels supports. 

(Qui suis-je ? La quête sacrée)

☯️

BYRON KATIE : Il est impossible de mettre fin au stress ou à la souffrance en remplaçant les pensées négatives par des pensées positives. Cela peut fonctionner dans une certaine mesure, mais à un moment donné le mental finira par vous déjouer. Il y a tout un abysse de pensées non examinées qui annulent les pensées positives que vous essayez de croire. 

En définitive, il est impossible de se débarrasser de nos pensées négatives, car nous ne pouvons pas contrôler notre mental. En regardant notre mental en profondeur, nous constatons que nous ne créons pas de pensées. Nous ne pensons pas : nous sommes pensés. La souffrance peut être soulagée et ultimement éliminée en remettant en question nos pensées stressantes. Le Travail fournit une méthode simple et efficace pour y parvenir. 

Je n'ai pas lâché prise de mes pensées stressantes : je les ai remises en question, et alors elles m'ont lâchée.

(Source : thework.com) 

☯️

ÉRIC BARET : Il n'y a rien à refuser. Vous n'êtes pas responsable de ce que vous pensez. Vous êtes le résultat de tout votre passé, toute votre hérédité, toute votre génétique. Donc, quoi que vous pensiez, tôt ou tard, il faut l'accepter. 

Vous n'avez pas le choix dans la vie. 

Tout ce que vous pensez est conditionné. 

Vous n'y êtes pour rien. 

On ne choisit pas : on est choisi. 

Les gens qui décident sont des gens qui ne sont pas à l'écoute. 

☯️

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jeudi 17 avril 2025

Corps à ressentir

 


Le processus d'écoute du corps va de plus en plus refléter la Conscience. C'est l'enseignement traditionnel, qui d'abord se fait sur le corps. Le corps, c'est le symbole de la vie. La relation au corps, c'est celle que l'on a avec le monde. La façon dont on traite son corps, c'est la façon dont on traite le monde. L'inconfort du corps, c'est l'inconfort qu'on a avec le monde. Quand le corps va devenir Conscience, le monde va devenir Conscience. Le monde est une projection du corps. On est en relation avec le monde exactement comme on est en relation avec le corps. C'est très important de rendre ce processus conscient.

Toute émotion vient de l'essence. Aussi longtemps que l'on ne ressent pas son corps, ses émotions, on leur est totalement identifié. Quand je ne sens pas le corps, je suis le corps.

On ne s'accorde pas beaucoup de temps pour sentir le corps. À un moment donné, plutôt que de réfléchir sur votre vie affective, sur la spiritualité ou sur quoi que ce soit, vous vous accordez un espace dans la journée où vous êtes présent sensoriellement : éventuellement vous explorez un mouvement du doigt, du poignet, du souffle... Vous êtes présent. Votre questionnement se fait tactilement. Ainsi, peu à peu, les zones endormies redeviennent conscientes. Il faut rester doux, être patient.

~ Éric Baret

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jeudi 3 avril 2025

Pardonner ?

 Q : Est-il possible de pardonner complètement ?

Éric Baret : Quand on accepte profondément la vie, il n'y a rien à pardonner, parce que vous

regardez les événements se produire selon leur propre loi. Il n'y a pas d'événements indépendants dans le cosmos, pas d'auteur d'actions, pas de responsabilité ; donc personne à pardonner, parce qu'il n'y a personne. Penser être une entité indépendante est une mémoire, tout ce qui se passe est lié à tout. Tout ce qui arrive à votre corps fait partie des lois cosmiques, il n'y a rien de différent.

L'idée de pardonner ou de blâmer quelqu'un vous laissera complètement. Ce qui vous a paru difficile, inacceptable, vous apparaîtra tôt ou tard comme la chance de votre vie, le moment le plus important. Ce qui vous a fait grandir le plus — les choses qui vous ont fait comprendre l'identification et les limites — ont été les drames de votre vie. Dans la mesure où vous les laissez vivre complètement, ils se dirigent vers la liberté, vers la joie. 

Contrairement aux séances de méditation intentionnelles, qui ne sont souvent qu'une évasion, quand quelque chose de dramatique vous arrive et que vous laissez vibrer le choc à l'intérieur de vous, c'est comme si c'était un cadeau. Il faut le laisser vivre. Parfois, c'est vrai, on n'a pas la maturité pour le faire, mais à un moment donné, vous pouvez vous réjouir et aimer ces cadeaux que vous avez reçus et laisser vivre toutes les mémoires qui constituent votre corps. Parce que la situation que l'on veut pardonner ou non s'est coincée quelque part dans le corps.

Asseyez-vous ou allongez-vous et aimez cette partie du corps qui a été négligée, reportée, évitée pendant si longtemps.

Laissez la tension s'exprimer sans condamner ni juger.

Restez devant les faits. Ces parties ont beaucoup à dire.

Un grand cri de joie se libérera du corps :

Vous regarderez la situation pour découvrir que la cause présumée de la tragédie n'a jamais été la cause. La cause n'a jamais existé.

~ Éric Baret 

(via la page Yoga tantrique cachemirien)

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vendredi 21 mars 2025

Ecoute sans attente

Q : J'ai beaucoup de difficulté à rester assis les jambes croisées, j'ai des tensions et douleurs.


Éric Baret : Vous devez découvrir votre corps. Le but n'est pas de détendre mais de découvrir combien il y a de tensions. Donc ça n'a pas d'importance si des tensions apparaissent. Au contraire, vous allez découvrir l'étendue des tensions. Ne soyez pas obsessionnel sur la position assise, c'est une position qui est difficile pour beaucoup de gens. Alors vous voudrez explorer le corps sous tous ses angles, si cette approche vous intéresse. Il y a des mouvements qu'on fait allongé sur le dos, d'autres allongé sur le ventre, d'autres sur le côté, d'autres debout. Donc, vous allez trouver des positions qui ne sont pas trop inconfortables et allez-y à partir de là.

Ne pas travailler dans la répétition mais dans la découverte. Le but n'est pas de faire une pose, mais de découvrir ce qui empêche. Et quand vous sentez la tension, vous ne la détendez pas : vous la sentez. Cela est très important. 

Et quand vous revenez du mouvement, sentez la détente et le lâcher prise de la tension. Donc, ce n'est pas vous qui détendez : vous constatez la détente quand vous revenez de la posture. C'est important parce que cette attitude va se transposer ensuite dans votre vie affective. Mais cela demande une forme de créativité. 

Le yoga n'est pas répétitif, c'est chaque fois nouveau. Il faut comprendre que votre corps contient l'ensemble de votre problématique. Donc, on va découvrir intimement toutes ses limitations. Pas pour les lever, mais pour les laisser vivre. Quand vous laissez vivre une tension, progressivement elle ne va plus être nécessaire comme tension. 

C'est vrai que pratiquement parlé, il est difficile d'enseigner un art à distance. Normalement, c'est par le contact direct avec quelqu'un qui comprend cette approche que vous pouvez découvrir créativement le processus, mais s'il n'y a personne autour de vous, vous devez être créatif, vous devez faire comme le premier yogi qui a appris de nulle part : il a découvert. Donc, il faut avoir la même disponibilité. 

Alors ne soyez pas gêné par les tensions constantes au début. Soyez de plus en plus intime avec ces tensions ; vous allez découvrir de plus en plus votre fonctionnement. Les tensions dans les hanches, les tensions dans les cuisses, les tensions dans les épaules... Plus vous allez vous ouvrir à cette exploration, et plus vous verrez simultanément quand la peur, la jalousie, ou la réaction vont apparaître en vous ; vous allez avoir l'écoute de laisser vivre ces émotions, sans chercher à les contrôler, sans chercher à les éliminer. Et c'est à ce moment-là qu'il y a une forme de clarification qui se fait. 

Donc, ça se fait tout seul. Ça demande juste une écoute sans attente. Le yoga est vraiment un art, vous devez le pratiquer sans la moindre attente. C'est là que vous découvrirez ce qui est essentiel. Pas ce qui est essentiel dans le yoga, mais dans l'écoute sans attente. 

~ Éric Baret

(extrait d'une vidéo)

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mardi 11 mars 2025

Temps et énergie dépensés

 


Si l’on a une certaine inclination pour la vie spirituelle, je pense qu’il ne faut pas passer trop de temps à essayer de trouver la meilleure maison, le meilleur travail, le meilleur n'importe quoi, car ce que l'on considère être "meilleur", ce n’est que notre manière de voir les choses. Bien sûr, si la maison n'a pas de fuites, c'est bien, si le quartier n'est pas trop violent, c'est bien, si vous avez un travail décent, c'est bien, mais pour moi ce n'est pas central.

Il ne faut donc pas dépenser trop d’énergie à essayer de se construire une vie fonctionnelle. C'est peut-être une erreur en Europe et en Amérique, que les gens pensent qu'ils doivent d'abord établir une sorte de structure matérielle et qu'ensuite ils pourront approfondir leur vie spirituelle. Jean Klein a toujours méprisé cette manière de voir les choses, affirmant que vous échappez à l'appel de la Vérité. 

Quand l'appel de la Vérité est là, ce n'est pas le moment de préparer quoi que ce soit : il faut se conformer à cet appel et ainsi rendre sa vie fonctionnelle de manière minimale, pour ne pas dépenser trop d'énergie avec votre maison, ou avec votre femme, ou votre mari, ou vos enfants, ou votre entreprise, ou votre jardin. Ces choses peuvent être là, mais elles ne sont pas le centre de la vie et alors l'investigation peut commencer. Donc, encore une fois, ce n'est pas mal d'avoir une vie fonctionnelle, mais ça ne devrait pas être si important ; c'est préférable que ça soit fonctionnel de manière simple. 

~ Éric Baret 

(extrait d'une vidéo en anglais)

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mardi 31 décembre 2024

Etre à l'écoute

 Qu'est-ce que vous décidez vraiment ?


Vous constatez vos émotions, vous constatez votre ressenti. Mais il n'y a pas la place pour une décision. Donc, il n'y a pas de fuite possible. On ne peut ni faire face, ni fuir. Parce que ça impliquerait une personnalité. La personnalité, c'est une vie romantique. Il n'y a pas de personnalité. Il y a une expression et votre expression et la mienne sont différentes. On peut appeler cela la personnalité mais c'est l'expression. Et ce qui s'exprime n'est pas quelque chose.
Vous ne pouvez pas décider de faire face à vos peurs, ça c'est imaginaire. Vous ne pouvez pas décider de ne plus être jaloux, vous ne pouvez pas décider de ne plus être angoissé. Qu'est-ce que vous pouvez vraiment décider ? La décision, c'est un imaginaire. Comme l'alcoolique qui décide tous les soirs de ne plus boire, ce genre de décision a peu de valeur...
La vraie vie est dans une écoute, elle n'est pas dans une décision. De cette écoute, j'ai des évidences. On peut s'arrêter de boire, mais ce n'est pas par décision, c'est par évidence. Quand vous changez de mari, c'est par évidence, ce n'est pas une décision. La décision va concrétiser l'évidence, mais la décision n'amène pas l'évidence.
(extrait d'une vidéo)
Ce n’est pas ce que vous écoutez qui vous rend tranquille : c’est d’écouter. La joie, c’est d’écouter. Ce qu’il y a de plus beau à écouter, c’est vous, votre peur, votre avidité, votre tristesse. Là se trouve la beauté. C’est mille fois plus profond que d’écouter quiconque.
~ Éric Baret

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samedi 16 novembre 2024

Corps à corps

 

dessin par Gérard Beaulet

L'environnement, c'est mon corps et mon corps c'est l'environnement.

Pour décrire cette sensation qui est intense et en même temps mouvement, les mots énergie, vibration, lumière, se présentent naturellement.

Mais c'est une manière de parler qui pointe vers quelque chose.

C'est une transposition verbale de quelque chose qui n'a pas de description plus juste. C'est pour cela que les descriptions du corps subtil diffèrent dans les diverses traditions. On ne parle pas de quelque chose d'objectif.

On exprime ce qui est vécu par une cérébralité spécifique.

Chacun vit l'énergie, la lumière, d'une manière différente à travers le prisme de sa cérébralité.

Eric Baret 

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jeudi 4 juillet 2024

Voir clairement

 


Voir quelque chose clairement est l'action la plus totale qui soit.

Quand un inconnu vous aborde, vous ne savez pas si c'est votre futur mari ou quelqu'un qui veut vous étrangler. Comment le savoir ? Vous allez écouter, regarder, sentir, être présent.

Vous n'allez pas vous laisser abuser par l'apparence...

Écoutez comment est son corps, sa pupille, ses mains, la position de ses pieds, son souffle, sa tête, comment il se présente, son débit d'allocution, le ton de sa voix, quand la voix se coince, se libère... et vous allez savoir si c'est votre futur mari ou s'il vaut mieux accélérer le pas. 

Vous ne pourrez le percevoir qu'en écoutant. De l'écoute vient le geste juste. À un moment donné, cette écoute devient instantanée. Si vous ne l'avez pas instantanément, c'est qu'il reste en vous un relent de peur, d'angoisse. Il faut écouter, c'est tout. Vous n'avez pas à ôter la peur. Voir quelque chose clairement est l'action la plus totale qui soit.

~ Éric Baret

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vendredi 7 juin 2024

Espace de perception


 L'essentiel est de ne pas mettre l'accent sur la perception, mais sur l'espace dans lequel la perception s'exprime.

Le travail corporel est l'une des multiples expressions de ce regard libre.

Cela peut vous aider à vous rendre compte  de la constante  réactivité dans laquelle vous vivez.

Avec une grande sensibilité corporelle, vous allez immédiatement percevoir votre réaction, votre défense.

Il y aura un déplacement de l'énergie.

Au lieu de vous situer dans la réaction, vous allez vous situer dans cet espace.

Votre réaction vue et acceptée comme telle, va s'effondrer par manque de carburant, dans votre écoute libre de toute attente.

Eric Baret - le yoga tantrique du cachemire 

Peinture : Gérard Beaulet

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mercredi 13 mars 2024

Se donner à l'instant

 


La mémoire personnelle est un instrument de défense.

Récapituler le passé, projeter l'avenir viennent de la peur, du refus de se donner à l'instant.
Toutes les activités conscientes ou inconscientes de notre organisme tendent à créer une pseudo-sécurité.
Quand cela est clairement vu, la mémoire devient fonctionnelle, non psychologique.
Le passé et le futur apparaissent dans l'instant présent, ils sont ici et maintenant.

le yoga tantrique du cachemire / Eric Baret
peinture de Gérard Beaulet

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mercredi 21 février 2024

Sans besoin


 Les problèmes humains sont uniquement dans la demande : j'ai besoin d'être compris, telle personne ne me comprend pas, ne me respecte pas, ne m'aime pas. Un moment donné, on ne demande plus rien à un être humain. Quand on ne demande plus rien, la vie est facile. Mais tant qu'il y a la moindre demande, on vit dans la misère parce qu'une demande, c'est une trahison de notre état essentiel qui est un état sans besoin. Quand je prétends que j'ai besoin de quoi que ce soit, je m'écarte de la vérité, je m'écarte de cet amour profond. 

Je n'ai besoin de rien : ça c'est le véritable amour. 

~ Éric Baret

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jeudi 28 décembre 2023

Tomber amoureux de la vie...

 Quel serait votre conseil ? 

Eric Baret : De tomber amoureux de la vie, elle est courte. 


On souffre parce qu’on ne se sent pas aimé, pas respecté ou compris. Mais cela ne fait aucune importance qu’on me rejette. 

Si quelqu’un vous rejette et que vous l’acceptez alors vous vivez l’acceptation, alors que si vous ne l’acceptez pas, vous vivez le rejet. Cela vaut à l’égard de ceux qui ne vous aiment pas. 

Si on ne m’aime pas et que moi j’aime, alors cela me rend heureux. 

Les coups n’agressent pas, ce qui agresse est l’idée de résister à ces coups. 

La difficulté de vivre vient du fait de résister à la vie. 

C’est la résistance qui fait mal. 

Pour ceux qui n’ont pas compris cela, les arts martiaux de contact sont la meilleure école pour une expérience directe. 

Le yoga n’est rien d’autre que cette même transposition où tout événement apparait comme grâce et non comme conflit.

On est constamment en train de dire non à ce qui peut nous montrer nos limitations, pour vivre dans une hypothétique sagesse, liberté. 

On ne veut surtout pas se voir dans la peur, dans l’incertitude, surtout pas se rendre compte que l’on ne sait rien, que l’on ne peut rien. 

Donc on ajourne constamment ces opportunités pour vivre dans une image spirituelle, méditer, devenir comme ceci et comme cela, être libre de ceci et de cela. 

Mais un jour on se rend compte du mécanisme ; alors il y a changement. On ne cherche plus à devenir quoi que ce soit, à éviter quoi que ce soit.

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art Antonio Linde - Arjuna


vendredi 10 novembre 2023

Un corps en hiver


Le corps n'est pas une entité séparée de l'environnement. Toutes les saisons, tous les cycles cosmiques ont un lien avec le corps. Le corps n'est même que cela.
Quand vous ressentez l'hiver sensoriellement , sans résistance, vous ne pouvez pas être déprimé par l'hiver.
La dépression due aux conditions climatiques, ou due à n'importe quoi, c'est une réaction, cela ne vient pas de la prétendue cause.
Le corps est ressenti très différemment selon les saisons : il y a les saisons qui fixent le corps, il y a les saisons qui libèrent le corps, mais cela ne joue pas du tout au niveau psychologique.
Plus vous allez être intime avec votre fonctionnement organique, plus vous allez devenir réceptif aux cycles de la nature.
La sensibilité brûle la possibilité de dépression.
Eric Baret
Le sacre du dragon vert
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lundi 6 novembre 2023

Crise du vieux

 


Je pense qu’il n’y a qu’une crise : quand vous vous rendez compte que tout ce que vous faites, que tout ce que vous pensez, vient de votre mémoire, que tout ce que vous rencontrez, c’est le passé, et que vous ne pouvez pas avoir la moindre idée créatrice. Vous avez alors le pressentiment profond que ce que vous cherchez n’est pas dans la situation, n’est pas dans la perception. Vous constatez que vous pouvez uniquement aller devant. Tout ce que vous pensez, c’est devant vous, et pourtant, vous vous rendez compte que vous pouvez uniquement projeter le connu, la mémoire. Le neuf, la liberté, ne peuvent être dans la projection. 

La crise émerge de l’évidence que vous ne pouvez penser que le vieux, alors que c’est le neuf que vous cherchez. Vous vous rendez compte que toute votre vie, que toutes vos actions sont faites constamment pour trouver ce neuf, pour trouver le non-désir, et vous ne pouvez que répéter les schémas qui reproduisent les erreurs passées. Votre questionnement ne peut plus être devant. La pensée n’a pas les éléments pour arriver à la non-pensée. 

Lorsque l’on rencontre ce moment dans la vie, c’est vraiment une crise, un choc. Vous savez très bien où vous ne voulez pas aller. Vous ne savez pas où vous voulez aller, mais vous voyez très bien où ne se trouve pas ce que vous cherchez. C’est un choc très profond.

Les jeunes aussi éprouvent cela. À l’âge de quatorze ou quinze ans, on se rend compte qu’on ne veut pas être comme son père ou sa mère, qu’on ne veut pas mener une vie bourgeoise. On s’aperçoit que la société est factice. À cet âge, on sait très bien ce que l’on ne veut pas, mais on n’a pas le pressentiment de ce que l’on veut. Ce sont vraiment des crises très profondes.

~ Éric Baret

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mercredi 1 novembre 2023

Voir clair !


 Voir quelque chose clairement est l'action la plus totale qui soit.

Quand un inconnu vous aborde, vous ne savez pas si c'est votre futur mari ou quelqu'un qui veut vous étrangler. Comment le savoir ? Vous allez écouter, regarder, sentir, être présent.

Vous n'allez pas vous laisser abuser par l'apparence...

Écoutez comment est son corps, sa pupille, ses mains, la position de ses pieds, son souffle, sa tête, comment il se présente, son débit d'allocution, le ton de sa voix, quand la voix se coince, se libère... et vous allez savoir si c'est votre futur mari ou s'il vaut mieux accélérer le pas. 

Vous ne pourrez le percevoir qu'en écoutant. De l'écoute vient le geste juste. À un  moment donné, cette écoute devient instantanée. Si vous ne l'avez pas instantanément, c'est qu'il reste en vous un relent de peur, d'angoisse. Il faut écouter, c'est tout. Vous n'avez pas à ôter la peur. Voir quelque chose clairement est l'action la plus totale qui soit.

~ Éric Baret

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samedi 16 septembre 2023

Critiques sans réaction...

 


Shankara, dans le Brama Sutra, a dit : "Il est très facile d'arriver à l'illumination, mais il est impossible de faire plaisir à tout le monde."

Il y aura toujours des gens qui seront critiques de ce que vous faites. Et ils ont raison – de leur point de vue. Alors un moment donné, on ne se met pas dans le point de vue de l'autre ; l'autre a toujours raison – de son point de vue. Donc, quand vous comprenez cela, il n'y a plus de réaction psychologique. Vous faites ce que vous pouvez faire selon vos capacités. 

Un moment donné, vous acceptez profondément comment l'environnement vous traite, et ensuite vous faites ce qui vous apparaît comme étant le plus fonctionnel. Pourquoi ? Parce qu'on n'a pas d'autre choix que ça. On fait ce qu'on peut dans la vie. Donc, ce qui est important, c'est d'enlever l'élément psychologique. 

Par contre, c'est intéressant s'il y a une réaction psychologique parce que ça montre qu'il y a encore en vous le besoin d'être compris, d'être aimé, respecté... 

Il y aura toujours des gens pour qui quoi que vous fassiez, ils vont toujours vous critiquer, ça ne sera jamais assez. Et c'est normal de leur point de vue. Si vous étiez dans leur situation, vous verriez comme eux. 

~ Éric Baret

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lundi 4 septembre 2023

Transformation silencieuse.


 On ne peut pas imposer la liberté, ni la sécurité, on ne peut rien imposer. Votre attitude seulement va permettre à votre environnement de se questionner profondément. Dès lors commence une profonde transformation. Faire face aux faits, à ce qui est fonctionnel, cela s'apparente davantage à une attitude spirituelle; laisser la vie se révéler, non pas en sélectionnant selon sa préférence, son vouloir, ou son attente, mais en restant totalement disponible à chaque instant.

Le spirituel s'est s'immerger dans l'évidence de l'instant sans vouloir le manipuler ou l'utiliser. Etre disponible. A ce moment-là cette attitude de disponibilité va libérer la situation. Vous allez vous rendre compte que la situation se réfère toujours à votre écoute, à votre silence. D'un point de vue spirituel, il n'y a pas de conflit possible et rien à résoudre. Il y a uniquement acceptation, célébration de l'évidence.

Le sacre du dragon vert : Pour la joie de ne rien être - Eric Baret

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