jeudi 17 septembre 2026
Guerre et bruits de guerre
dimanche 30 août 2026
Une bouffée humaine
UNE BONNE BOUFFÉE D'HUMANITÉ
Le 14 juillet 2026
Avant hier, alors qu’il me restait une heure de route dans mon trajet de retour depuis l’Ardèche, mon téléphone s’est éteint (plus de batterie) et avec lui mon GPS, juste au moment où j’hésitais à propos d’un itinéraire alternatif.
Passant par un charmant village et y voyant un café qui paraissait ouvert en ce dimanche après midi, je m’y suis arrêté pour me rafraichir un peu et demander à recharger quelques minutes mon téléphone.
J’entre dans un bar ou une tablée d’habitués siffle des Ricard en tapant le carton.
Tout le monde me dévisage avec curiosité, intrigué par l’irruption de cet étranger. La patronne, une dame d’une cinquantaine d’années, me sert ma consommation et accède volontiers à ma demande de brancher mon appareil. Ce sur quoi l’un des clients me demande si c’est un i phone et si dans ce cas là il pourrait utiliser mon câble pour recharger quelques minutes le sien, également éteint.
J’acquiesce et bois ma limonade debout tandis que la compagnie rit fort, lance des vannes innocentes en cherchant mon regard.
Je leur décoche des sourires, hochements de tête, etc. La patronne s’est assise avec eux, deux ventilateurs tournent, ce petit monde a quelque chose de joyeux, un entrain peut être un peu forcé, un brin lourdingue mais dont la convivialité me touche.
Tout juste sorti d’Hauteville, un lieu comme ces gens n’imaginent sans doute pas qu’il en existe, je goûte cette immersion dans une vibration toute autre, celle d’un quotidien au ras du réel dans ce bled inconnu, ce café de village où l’on vient aspirer un peu de chaleur humaine.
" Alors , en vadrouille ? ", me demande un gars, short, tatouages, médaille, en train de gratter un jeu. J’apprends que le patronne s’appelle Sandrine, qui blague allègrement avec les uns et les autres, un sourire franc à la cantonade.
Mon téléphone suffisamment rechargé pour me permettre de finir mon trajet, je passe le câble à mon nouveau copain qui tient à me payer un coup. J’hésite une seconde (« vous prenez quoi, whisky, Ricard ? ») et , comme il est clair que demander une autre limonade serait mal perçu, j’opte pour un Ricard avec un glaçon. « Sandrine, un Ricard pour le monsieur ! »
On trinque et on discute un peu. La chaleur, bien sûr. Dans l’idée de trouver un terrain commun, je mentionne les coureurs du Tour de France à la peine, ce à quoi mon interlocuteur me rétorque qu’il « n’est pas vélo », et même pas foot. « Ah, alors vous ne regardez pas les matches ? Remarquez , moi non plus. La finale, peut être, et encore … » - Ouais, peut être, mais bon, voir des mecs courir après un ballon et pour ça gagner des millions pendant que je me crève pour avoir 15OO balles par mois…. Non, le sport, pas mon truc ! »
On se taille encore la bavette quelques minutes, puis je lui demande si ton téléphone est assez chargé, je dois reprendre la route, je remercie pour le Ricard.
« C’est moi qui vous remercie », sur quoi on se serre chaleureusement la main.
Je souhaite bonne soirée à tout ce gentil petit monde comme on dit au Québec et remonte en voiture tout ragaillardi par cette bouffée d’humanité un peu brute de fonderie, ce brin de sympathie qui a circulé entre ces inconnus et moi l’extra terrestre débarqué sur leur planète.
La conscience aime les contrastes. La vie, toute la vie, la méditation au dojo ce matin et ce bar en fin d’après midi, deux déclinaisons du sans forme qui se cherche et s’exprime en la variété de ses créations.
Gilles Farcet
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samedi 29 août 2026
Temps troublés
TEMPS TROUBLÉS ? UNE BONNE BOUFFÉE D'HUMANITÉ
Le 13 juillet 2026
Le peu de connaissance de l’Histoire , et surtout son oubli, font que beaucoup sont aujourd’hui convaincus de vivre dans une époque particulièrement troublée.
Or, il suffit de se documenter sur ce qui a pu se passer siècle après siècle, ne serait ce qu’en France, pour s’apercevoir qu’en matière de troubles et de perturbations, nous sommes encore , sans doute pour plus très longtemps, relativement préservés.
Prenons la Terreur avec ses milliers de morts, des rigoles de sang dans Paris ; la guerre de cent ans, les grandes pestes, la défaite de 1870 et l’invasion des Prussiens, la guerre de 14 et sa boucherie où rares furent les familles qui ne perdirent pas un, deux, parfois trois fils comme en témoigne le monument aux morts de notre village…
Nous sommes juste tout étonnés, nous autres Européens privilégiés, après une parenthèse quasi inédite de quelques décennies , de sentir la guerre à nos portes, de humer le nauséabond - mais pour certains si entêtant parfum des populismes, complotismes et autres valeurs inversées ….
Et il y a cependant un trouble propre à notre temps, le dérèglement climatique.
Du strict point de vue de l’observateur, à la fois comme chacun impliqué mais tant bien que mal apte à conserver une perspective, c’est assez captivant de voir comment l’inquiétude gagne du terrain alors que nous étouffons jour après jour sous quarante degrés et qu’on nous en promet bien plus à plus ou moins courte échéance.
Je me souviens avoir été , jeune, marqué par cette scène d’un film - je ne sais plus lequel- dans lequel il advient que le jour ne se lève plus. Des foules descendent dans les rues de la ville scruter le ciel et son grand absent, le soleil, à l’heure où il aurait dû être là depuis longtemps.
Les visages de ces gens massés qui ne se parlent pas, parce qu’il n’y a rien à dire face à cela, juste regardent, saisis d’un effroi biblique, comme celui qu’ont dû connaitre les témoins du déluge …
Alors, nous, aujourd’hui, face à ce soleil qui ne désarme pas, nous commençons, tout interdits, à prendre la mesure d’une accélération … Oui, il se pourrait bien que nous soyons rattrapés.
Par le climat, par la guerre aussi, par l’histoire qui attendait son heure…
Une sourde angoisse collective monte en même temps que le thermomètre ne baisse pas, les bruits de guerre dans ce climat se font soudain plus sonores…
Il y a quelques années, j’ai écrit et enregistré une chanson d’amour dont le dernier couplet dit :
De grands vents vont souffler
Le monde va trembler
Nous resterons debout
Ensemble jusqu’au bout
Nous aurons nos prières
Et notre cœur brisé
Nous travaillerons nos terres
En toute intégrité
Oui, il va falloir rester debout, se tenir ensemble et travailler nos terres du dedans.
Ce qui se passera, nul ne peut le dire, quelles que soient les prévisions.
Ce qui se passera se passera de toutes façons et la question demeurera la même, la question éternelle ici et maintenant :
Comment vais je faire face, comment allons nous accueillir ce qui surviendra que nous le voulions ou non ? Ou sera notre axe au cœur du délitement ?
De quoi témoignerons nous ? De quoi serons nous porteurs ?
Gilles Farcet
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mercredi 26 août 2026
L'âpre vérité
L’APRE VERITÉ
samedi 15 août 2026
L'humilité ?
Je me souviens qu’à seize ou dix sept ans, déjà, je m’interrogeais dans une sorte de journal que je n’ai pas tenu longtemps sur la vraie nature de l’humilité.
Je pourrais presque dire que j’en suis toujours là cinquante ans plus tard.
Pas tout à fait quand même car, au vrai, la nature essentielle de ce qu’on peut appeler humilité me parait très claire et précise : l’humilité, c’est de ne rien s’attribuer de ce que les autres vous attribuent à tort ou à raison.
Qualités, bien sûr, mais aussi et c’est déjà moins immédiatement compréhensible, défauts.
Si on me fait des compliments, ou même simplement si on me remercie de quelque chose que j’ai pu faire, dire, je ne sens pas, je ne sens plus, du moins je le crois sincèrement, qu’il s’agisse de « moi », qu’il soit en quoi que ce soit légitime de me l’attribuer.
Je sais bien que ce qui a pu se faire ou s’exprimer d’utile, de bienfaisant, de juste, et pour lequel je me vois remercié ou complimenté, est passé à travers « moi », ma personne, mon style, ma forme.
Mais me l’attribuer, l’attribuer à cette forme, à cette personne, m’apparait comme non seulement absurde mais comme l’essence de la prétention.
Prétendre, qu’est ce sinon se prendre ou se montrer pour ce qu’on n’est pas vraiment ?
Or, mes qualités, mes accomplissements, ne procèdent pas de quelque magnificence de ma personne. Les dons même que je peux avoir - lesquels d’ailleurs coexistent avec tant d’inaptitudes- m’ont été, justement et comme le dit si bien le mot, donnés. Tout au plus ma personne les a-t-elle cultivés mais là aussi, où est la part de déterminisme, de conditions et circonstances qui m’ont donné loisir et contexte pour être à même de cultiver les dons en question ?
Bref, je me sens incapable aujourd’hui de « prendre » pour moi les remerciements, compliments, etc.
Bien sûr, je les reçois, je remercie, tandis qu’intérieurement je les remets … au Plus Grand, au mystère.
Alors, est ce humilité ?
Le difficile, c’est que l’écrivant, je m’attribuerais moi même le qualificatif de « humble », ce qui serait tout de même un comble !
Mais enfin comment s’en sortir, ou alors en se taisant, en demeurant complètement invisible… Et là aussi, au cas où je serais « humble », il serait absurde qu’il y ait en moi quelqu’un pour s’en vanter !
Le « moi » au sens de l’ego n’est jamais humble, comme l’eau n’est jamais sèche ou le feu froid.
Si comme je l’écrivais plus haut, mes qualités ne m’appartiennent pas, mes défauts non plus.
Ce n’est pas une raison loin s’en faut pour ne pas m’en sentir responsable.
M’en sentir : le sujet conscient en moi.
Le moi ego se défend, minimise ses défauts, se récrie, se rééquilibre, se tient constamment sur la défensive. Le sujet conscient n’aspire qu’à la vérité, voir, reconnaitre. Et donc au dépouillement de ce qui est excroissance, boursouflure du moi.
Je ne parle pas des défauts en tant que caractéristiques de l’être humain que je suis, produit de ses gênes, de son éducation, etc.
Si par exemple je suis inapte en matière manuelle, il n’y a pas à y voir une boursouflure du moi, de même que mon absence quasi pathologique de sens de l’orientation. Je peux faire des efforts mais je serai nul jusqu’au bout et ce n’est d’ailleurs pas un problème, sinon que ce serait bien pratique de savoir bricoler ou m’orienter.
Donc, les failles ou manifestations de l’ego qui se manifestent en la personne que je suis, il m’incombe d’en être responsable pour autant que possible les dépasser.
Responsable mais pas coupable.
Derrière toutes ces failles, ces ridicules, ces postures, il y a une souffrance pas encore pleinement vue et assumée, un enfant qui pleure ou enrage.
Voilà ma perspective présente quand à l’humilité.
Après, j’avoue ne pas avoir beaucoup de goût pour ce que j’appelle l’humilité psychologique - et que je distinguerais de l’humilité objective - cette espèce de convenance à finalement paraitre humble, à ne pas trop se montrer, pour ne pas dire se planquer, quitte à au final se montrer très ombrageux, susceptible.
Dans ma jeunesse et même bien plus tard, tout en n’étant au final pas si dupe, je pouvais, par souffrance, faire preuve d’arrogance, ou trop parler de moi, manquer d’une certaine forme de pudeur et de réserve, et je comprends qu’on ait pu m’en faire grief.
J’avais aussi ce côté «j’ai compris et pas vous et je vous le fais sentir», la revanche de l’enfant blessé par les moqueries de sa différence et de ses inaptitudes matérielles, puis jeune adulte exalté pour ses facilités intellectuelles et artistiques. Ce côté «Tremblez Minables».
J’espère avoir appris de tout ce qui a pu m’être à juste titre souvent pointé, même si tout cela avait aussi sa large part de protections, de jalousies etc.
Et il m’est souvent arrivé et m’arrive encore de me sentir ébahi par la prétention pour moi objective de telle ou tel qui ne se croit pas prétentieux.
Bref, pas si évident cette question de l’humilité.
Pour finir , je me sens si profondément, si sincèrement animé de l’aspiration à me dépouiller de tout ce qui est en trop pour que seule reste mon humanité transparente à ce qui la fonde, au Plus Grand…
Et je sais devoir encore traquer avec bienveillance ce qui pourrait m’échapper de cet ego toujours prompt à se rengorger, à s’approprier, à faire son malin, son intéressant …
Mais c’est si vite fait de se méprendre.
On pourrait lire quasiment toute l’œuvre sublime d’un Walt Whitman comme une vantardise obscène. « Je me célèbre moi même », « je suis fort, libre » etc etc.
De ce point de vue là, il y a aussi une sorte d’abîme culturel entre une sensibilité littéraire et une approche se voulant exclusivement « spirituelle », étrangère à cette sensibilité, qui, du coup, me parait très linéaire, rivée au premier degré, peu réceptive au mystère à la complexité, au paradoxe.
Gilles Farcet
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lundi 27 juillet 2026
Vie intérieure
Paris, le 1er juillet 2026
C’est une évidence mais pas pour tout le monde, à commencer par soi même à qui il importe de quotidiennement la rappeler : la vie est intérieure .
Tout ce qu’un humain connaît goûte expérimente se joue au dedans de lui et non au dehors.
Pour ma part je ne vais pas aller jusqu’à dire comme certains mystiques et métaphysiciens qu’il n’y a pas d’extérieur. Débattre de ce point (le monde existe-t-il en dehors de mon expérience de lui ) me paraît tout à fait vain comme pas mal d’arguties mystico philosophiques.

Bref ! Rêve ou non il se passe plein de choses, tout le temps c’est à dire à chaque instant.
Et la vie est intérieure puisque tout réside non sans de qui se passe en tant que circonstance mais dans ma façon intime de le vivre.
La journée que je suis en train de vivre est ce qu’elle est du point de vue des conditions et circonstances.
Ces conditions et circonstances, j’en ai une évaluation, évaluation qui à mon sens est encore autre chose que la manière dont je les vis intérieurement. Par exemple, ces conditions et circonstances d’aujourd’hui, je les évalue comme un peu délicates, pas des plus faciles à négocier, et, sans être tragiques, pas des plus heureuses humainement à vivre.
Voilà mon évaluation qui me parait à peu près objective (il me semble que si je les décrivais, personne n’aurait idée de me soutenir qu’elles ne soient pas un peu) délicates , de même que personne n’aurait idée de soutenir qu’il ne fait pas chaud par quarante degrés - même si évidemment la température se mesure plus objectivement et surtout matériellement que la délicatesse ou difficulté d’une circonstance.
Et cette évaluation (hors laquelle je serais un robot ou une pierre plutôt qu’un être humain sensible) ne présume pas de ma façon de vivre ces conditions et circonstances.
Autrement dit, le fait de les évaluer comme délicates ne présume pas de ma vie intérieure. Les mêmes conditions et circonstances, je pourrais les vivre accablé, révolté, déprimé, découragé, inquiet. Je peux aussi les vivre serein, tranquille, ouvert et fondamentalement confiant sans rien nier de ce qu’elles peuvent avoir de difficile voire préoccupant sur le plan de l’existence.
Je pourrais achever cette journée dans le malaise, je peux l’achever à l’aise, à conditions et circonstances égales, et cela sans pour autant ne rien sentir, sans tomber dans le terrible écueil spiritualiste d’une pseudo « neutralité » qui est en fait un blindage.
Et donc, oui, la vie est bien intérieure.
Ce qu’il m’est donné de vivre aujourd’hui, c’est en moi même que je le vis.
Il y a le climat mesurable ou évaluable, celui de la température, ou des conditions et circonstances ; et il y a le climat au dedans de moi-même, lequel ne modifie pas l’ « extérieur » mais change tout pour ce qui est mon expérience. J’ajoute que mon climat intérieur , quoique ne modifiant pas ici et maintenant les conditions et circonstances influe dans une certaine mesure sur leur évolution. Des conditions et circonstances ici et maintenant abordées avec tranquillité ne donnent pas lieu à des réactions intérieures comme extérieures qui les font dégénérer et empirer.
Tout ça, c’est le b.a.-ba de ce qu’on peut appeler si on veut une sagesse, ce n’en est pourtant pas si facile et courant.
On concèdera qu’il est des conditions et circonstances particulièrement fortes, humainement broyantes, tragiques, avec un puissant pouvoir d’identification (l’identification, c’est quand la vie semble cesser d’être intérieure pour n’être plus que soumise aux conditions et circonstances).
Grandes souffrances physiques ou morales, tragédies individuelles ou/et collectives. Mais même dans ces cas là, des mystiques, au sein ou en dehors (Etty Hillesum) de religions et traditions ont démontré la prééminence de la vie intérieure sur les conditions et circonstances.
Gilles Farcet
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jeudi 16 juillet 2026
Rage
RAGE
mercredi 1 juillet 2026
La Douceur
lundi 15 juin 2026
L'oisiveté active
jeudi 28 mai 2026
Abandon
samedi 16 mai 2026
La pollution des opinions
(Texte extrait de Le Jardin du dedans)
mercredi 6 mai 2026
Remettre au lendemain, fatigue
REMETTRE AU LENDEMAIN, FATIGUE
(extrait de Le Jardin du Dedans, couverture ci dessous)
Jeune, j’étais comme tant d’autres un adepte du grand vague et de la procrastination. Le déclic s’est produit quand j’ai compris que faire ce que j’avais à faire dès que possible ne relevait pas d’une injonction morale mais d’une gestion intelligente de mon énergie, donc de mon intérêt profond et même de ma vie spirituelle. Toute personne ayant tenté de s’asseoir pour méditer remarquera un afflux de pensées ; elle remarquera aussi qu’une grande proportion de ces pensées a trait à des choses à faire...













