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lundi 27 juillet 2026

Vie intérieure

Paris, le 1er juillet 2026

C’est une évidence mais pas pour tout le monde, à commencer par soi même à qui il importe de quotidiennement la rappeler : la vie est intérieure . 

Tout ce qu’un humain connaît goûte expérimente se joue au dedans de lui et non au dehors. 

Pour ma part je ne vais pas aller jusqu’à dire comme certains mystiques et métaphysiciens qu’il n’y a pas d’extérieur. Débattre de ce point (le monde existe-t-il en dehors de mon expérience de lui ) me paraît tout à fait vain comme pas mal d’arguties mystico philosophiques.

Que le monde soit ou non «  un rêve »  -postulat déjà rapide et  simpliste en lui même-il ne s’en passe pas moins quantité de choses qui sont éprouvée, ressenties : par exemple si il fait quarante degrés comme tout récemment qui pourrait nier que l’organisme le ressente, en soit plus ou moins affecté et ne sois contraint à tenter de s’y adapter . On voit de suite le ridicule qu’il y aurait à apostropher les humains écrasés par la canicule en leur serinant : c’est un rêve ! Même si bien des métaphysiciens du dimanche n’ont pas peur et surtout pas conscience de ce ridicule qui est aussi une indécence face à la souffrance . 

Bref ! Rêve ou non il se passe plein de choses, tout le temps c’est à dire à chaque instant.  

Et la vie est intérieure puisque tout réside non sans de qui se passe en tant que circonstance mais dans ma façon intime de le vivre. 

La journée que je suis en train de vivre est ce qu’elle est du point de vue des conditions et circonstances.

 Ces conditions et circonstances, j’en ai une évaluation, évaluation qui à mon sens est encore autre chose que la manière dont je les vis intérieurement. Par exemple, ces conditions et circonstances d’aujourd’hui, je les évalue comme un peu délicates, pas des plus faciles à négocier, et, sans être tragiques, pas des plus heureuses humainement à vivre. 

Voilà mon évaluation qui me parait à peu près objective (il me semble que si je les décrivais, personne n’aurait idée de me soutenir qu’elles ne soient pas un peu) délicates , de même que personne n’aurait idée de soutenir qu’il ne fait pas chaud par quarante degrés - même si évidemment la température se mesure plus objectivement et surtout matériellement que la délicatesse ou difficulté d’une circonstance. 

Et cette évaluation (hors laquelle je serais un robot  ou une pierre plutôt qu’un être humain sensible) ne présume pas de ma façon de vivre ces conditions et circonstances.

 Autrement dit, le fait de les évaluer comme délicates ne présume pas de ma vie intérieure. Les mêmes conditions et circonstances, je pourrais les vivre accablé, révolté, déprimé, découragé, inquiet. Je peux aussi les vivre serein, tranquille, ouvert et fondamentalement confiant sans rien nier de ce qu’elles peuvent avoir de difficile voire préoccupant sur le plan de l’existence. 

Je pourrais achever cette journée dans le malaise, je peux l’achever à l’aise, à conditions et circonstances égales, et cela sans pour autant ne rien sentir, sans tomber dans le terrible écueil  spiritualiste d’une pseudo « neutralité » qui est en fait un blindage. 

Et donc, oui, la vie est bien intérieure.

Ce qu’il m’est donné de vivre aujourd’hui, c’est en moi même que je le vis.


Il y a le climat mesurable ou évaluable, celui de la température, ou des conditions et circonstances ;  et il y a le climat au dedans de moi-même, lequel ne modifie pas l’ « extérieur » mais change tout pour ce qui est mon expérience. J’ajoute que mon climat intérieur , quoique ne modifiant pas ici et maintenant les conditions et circonstances influe dans une certaine mesure sur leur évolution. Des conditions et circonstances ici et maintenant abordées avec tranquillité ne donnent pas lieu à des réactions intérieures comme extérieures qui les font dégénérer et empirer. 

Tout ça, c’est le b.a.-ba  de ce qu’on peut appeler si on veut une sagesse, ce n’en est pourtant pas si facile et courant. 

On concèdera qu’il est des conditions et circonstances particulièrement fortes, humainement broyantes, tragiques, avec un puissant pouvoir d’identification (l’identification, c’est quand la vie semble cesser d’être intérieure pour n’être plus que soumise aux conditions et circonstances). 

Grandes souffrances physiques ou morales, tragédies individuelles ou/et collectives. Mais même dans ces cas là, des mystiques, au sein ou en dehors (Etty Hillesum) de religions et traditions ont démontré la prééminence de la vie intérieure sur les conditions et circonstances.

Gilles Farcet

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lundi 18 mai 2026

Voir autrement

 


" Nous voyons ce qu'on nous dit de voir, ce qu'il est permis de voir, ce que le langage et la société nous conditionnent à voir."

Douglas Harding

♥️🫵🏻♥️✨
Dessin : Topor. Éducation culturelle. 1981.


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"Tout cela signifie qu'il n'y a pas de précondition à cette vision intérieure essentielle. 

Notre véritable nature nous est toujours accessible.


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lundi 26 juillet 2021

Faire la paix avec nos fantômes et retrouver la clarté (1)


1) Prendre conscience de l’influence du passé : les fantômes
Le mot fantôme (ou Gui 鬼, en chinois) est un mot intéressant. On peut bien sûr le voir au premier degré, comme nous l’envisagions en tant qu’enfants, avec le drap blanc et les deux trous pour les yeux.
En prenant du recul, cependant, on peut définir un « fantôme » comme une trace du passé toujours vivante, et surtout agissante, aujourd’hui, au cœur de notre vie.
Si l’on accepte cette définition, alors nous pouvons voir des fantômes en de nombreux endroits de nos vies.

Dans nos schémas de pensées, d’abord, que nous avons hérité de tout notre arbre transgénérationnel. Nous portons bien souvent les espoirs, ou les déceptions, de nos ancêtres et de nos parents.
Combien d’injonctions internalisées, du type : « tu n’y arriveras jamais » ou au contraire « notre famille est supérieure aux autres, tu dois te comporter comme tel». Combien de comportements hérités, inculqués, imités, qui vont aujourd’hui à l’encontre de nos aspirations ou qui nous limitent dans nos possibilités d’expression?
Quand nous ne sommes pas capables d’en prendre conscience, les fantômes se manifestent dans nos comportements, et plus particulièrement dans ceux qui sont répétitifs et un peu ou beaucoup, autodestructeurs.
Plus le fantôme est installé profondément, plus ces schémas sont trans-sectoriels, c’est-à-dire qu’ils se retrouvent à l’identique dans plusieurs secteurs de nos vies : professionnel, amoureux, familial, social, etc.
2) Apprendre à les localiser dans notre corps ou nos actions
Le point de départ, si l’on souhaite retrouver notre liberté et notre créativité, est de pouvoir localiser précisément où se logent ces « fantômes ».
S’agit-il-de comportements qui nous sabotent ? Si oui, dans quel domaine de notre vie sont-ils les plus présents et actifs? Lors d’une telle recherche, l’avis de nos proches ou de personnes externes est important, et cela implique que nous fassions preuve d’humilité, pour écouter sans être immédiatement réactifs. Ici, l’écoute et la non-action sont essentielles.

Sont-ils présents dans notre environnement ? Au travail, à la maison, ressentons-nous un malaise dans certaines pièces, zones, ou à certaines heures de la journée ?
Ou se cachent-t-ils dans nos corps et nos cœurs ? Quelles sont les parties de moi que je ne ressens pas, ou alors, celles qui crient en permanence ? Ou se situent les douleurs ? Comment se manifestent les symptômes ? Nous évoquent-t-ils des choses anciennes, familiales ? Quelqu’un de notre famille a-t-il déjà présenté des comportements ou symptômes similaires ?
Devenons les Sherlock Holmes de nos fantômes. Cela dédramatise la situation, et nous met dans une position active et non plus de victime.
3) Entendre leur message et prendre un engagement
On peut envisager les choses comme ça : un fantôme est un résidu vivant du passé, qui n'est pas situé au bon endroit, ne trouve pas le chemin vers sa nouvelle maison et doit donc être guidé. Ou alors il ne veut pas nous quitter tant qu’un certain message n’a pas été non seulement délivré mais entendu.
Il convient dès lors de bien vouloir « tendre l’oreille », qui dans la vision chinoise est liée au rein, à l’eau (deuil et renouveau) et au transgénérationnel.
En utilisant un certain nombre « d’outils habiles », nous pouvons apprendre à décrypter le message de nos fantômes. Par exemple, dans ma lignée, la « méditation des 5 fantômes » est faite pour ça. Nous pouvons travailler à deux, pratiquer certains talismans travaillant sur ombre et lumière (talismans du soleil et de la lune) ou utiliser l’attention flottante proche de la psychanalyse lors de nos sessions de Qi Gong, en y mettant une intention légère.
L’important ce n’est pas la rose, mais la prose de nos fantômes.
Si nous ne l’entendons pas, nous les mettons en échec et ils n’ont pas de raison de nous laisser seuls. Pour comprendre qu'ils ont été entendus, ils ont aussi besoin de sentir que nous avons pris un engagement, que la lettre ne restera pas morte, mais qu’elle vivra et que nous maintiendrons sa flamme vivante.
On s’engage aussi vis-à-vis de nos fantômes.
A suivre...
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Fabrice Jordan


mardi 8 octobre 2019

Vigilance (7)


On a une fois demandé au Bouddha s’il pouvait résumer tout son enseignement en un seul mot et le mot qu’il a employé est le mot que nous traduisons par vigilance. Cette veille est une attitude intérieure bien connue à laquelle se sont exercés tous les moines, qu’ils soient chrétiens, zen, hindous et tous les soufis.
Si un être humain veille, est en état de vigilance, l’hypnotiseur ne peut plus rien sur lui. Les ordres sont là, mais il n’est plus tenu de les exécuter, ils n’ont plus prise sur lui, parce qu’il est, au moins momentanément, éveillé. Puis, s’il retombe dans son sommeil, de nouveau l’hypnotiseur peut donner ses ordres ; et ces ordres, l’homme les reprend à son compte et en fait une illusion de liberté. Combien de gens dans l’existence vous disent : « Je ne sais pas ce qui m’a pris ! C’est vraiment trop bête. Je n’aurais pas dû le faire. Maintenant il faut que je répare le tort que j’ai fait. Pourquoi... », sans compter les cas graves où on se retrouve devant un tribunal. 

C’est à cause du manque de vigilance que tout le reste est possible. Les grandes difficultés sur le chemin de la sagesse, la violence, la jalousie, la convoitise, la peur, l’orgueil, tous ces obstacles ne sont possibles qu’à cause de ce manque de vigilance fondamental. Les chaînes de causes et d’effets ou d’actions et de réactions ont les pleins pouvoirs sur vous, à travers des mécanismes biologiques, physiologiques, hormonaux, nerveux, à travers des mécanismes psychologiques, sociaux, économiques, politiques, atmosphériques, météorologiques, tout ce que les sciences étudient. C’est un ensemble de lois, donc de déterminismes. 

Et ce que les « sciences humaines » étudient, c’est la façon dont ces lois et ces déterminismes s’appliquent à un être humain. Certaines sciences nous enseignent que nous sommes déterminés biologiquement ; d’autres nous montrent comment les phénomènes physiologiques se produisent en nous, comment l’absorption de telle substance produira tel résultat. 
La psychologie, la sociologie nous montrent comment le milieu culturel, les influences familiales, les idées prévalant dans une société à un moment donné, et même l’appropriation des moyens de production selon l’explication marxiste de l’homme, comment tous ces facteurs nous conditionnent. Et ensuite, on continue à se croire libre. La façon la plus forte dont on puisse entendre cette vérité, c’est le langage du sommeil dans lequel on a été plongé par un hypnotiseur qui peut ensuite nous donner les instructions qu’il veut et nous obliger à les exécuter. 

Il faut qu’un jour – aujourd’hui, pourquoi pas ? – vous entendiez ce langage comme vous concernant directement. Cela donne un choc. Et ce qui peut vous rassurer, vous aider à supporter ce choc, c’est de penser que vous n’êtes pas les seuls, que tous les enseignements en parlent, que c’est la règle du jeu, que c’est la condition humaine... 

 Arnaud Desjardins
Le vedanta et l’inconscient
À la recherche du soi III

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