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lundi 27 novembre 2023

Hommage à Magda Hollander-Lafon

 


Elle avait 16 ans quand elle a été déportée à Auschwitz (Pologne), lors de la Seconde Guerre mondiale. Magda Hollander-Lafon est décédée ce dimanche 26 novembre 2023, à Rennes (Ille-et-Vilaine). Elle était l’une des dernières survivantes françaises de la Shoah.

Vous pouvez revoir les articles sur cette grande dame avec ce lien.

https://spinescent.blogspot.com/search/label/Magda%20Hollander-Lafon

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samedi 18 septembre 2021

Comment œuvrer pour la Paix ?

 


1. Être en paix avec soi

Comment être en paix avec les autres si je ne suis pas en paix avec moi-même ? Si je me maltraite, me punis, me culpabilise sans cesse ? Longtemps, je m’en suis voulu d’être en vie. Puis un jour, je me suis pardonné. Je me suis accueillie humblement, avec mes peurs et mes colères, mes souffrances. J’ai fait la paix avec cette part de moi-même que j’avais oubliée. Lorsque vous êtes vous-même, l’autre vient naturellement vers vous, car il y a quelque chose en vous de cet Esprit saint qui l’attire, et le pacifie.

2. Veiller sur la famille 

Je me retrouve aujourd’hui entourée de mes quatre enfants, 11 petits-enfants et 2 arrière-petits-enfants – Hitler n’a pas gagné ! Ma famille est pour moi le premier cercle de la société, la cellule primordiale où se transmet l’amour de la vie ou la violence. « Nos parents nous disent d’être gentils, mais ils se disputent, s’étripent, s’humilient… », me disent souvent les jeunes. Quel exemple leur donnons-nous ? C’est de l’harmonie dans la famille que dépend la paix du monde.


3. Aimer

Il dépend de chacun de choisir d’être humain ou d’humilier, de devenir violent ou de pacifier, de condamner à mort par un jugement ou de sauver par un sourire. Un seul regard peut tuer ou redonner la vie. Il y a le meilleur et le pire en chacun. Nous sommes sur terre pour donner le meilleur de nous-même en nous donnant, et pour appeler l’autre dans le meilleur de lui-même. Cela passe par des petits riens qui sont de puissants contre-pouvoirs à la violence et à l’indifférence.

4. Rendre grâce

Mes traversées m’ont fait comprendre que rien ne m’est dû. Que tout est don. Plutôt que de revendiquer son droit, ouvrons-nous à l’autre. Ne nous couchons pas le soir sans rendre grâce pour les petits bonheurs (les « bonnes heures ») de la journée écoulée. Pour ce sourire, ce regard, ce geste qui nous a donné des ailes.

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jeudi 30 avril 2020

Témoignage de Magda Hollander-Lafon


Magda Hollander-Lafon (92 ans) fait partie des derniers rescapés d’Auschwitz-Birkenau.
Face à l’épidémie mondiale de coronavirus, elle nous invite à puiser en nous la force de la vie. [extraits]

 « Dans les camps, j’ai connu la peur. La peur de l’autre. La peur vous paralyse, vous n’avez plus de mot, vous n’existez plus. On fait de vous ce que l’on veut.
Dans les camps, un moment, il m’a été donné de ne plus avoir peur : j’ai accepté l’idée que j’allais mourir. En acceptant cette peur, en me disant « je vais mourir », une force de vie est montée en moi, une imagination débordante s’est emparée de moi et j’ai pu inventer la vie.
Si l’on s’approchait de moi pour me battre, et Dieu sait ce qu’être battue dans un camp veut dire, je ne sentais plus les coups. J’étais tellement préoccupée par ce que j’avais à faire, à inventer, pour survivre encore un peu. En nommant la peur, la peur n’a pas raison de nous car, en face d’elle, nous existons.
Le contexte actuel est totalement différent. Même si, en cette période de catastrophe sanitaire mondiale et du confinement qui en découle pour protéger nos vies et celles des autres, nous avons peur.

Nous pouvons nous sentir dépassés, nous replier sur nous, nous sentir victimes ou bien traverser humblement l’événement en nous tournant vers notre intériorité, y retrouver la force de vie qui habite chacun de nous, y puiser la confiance et l’espérance, l’envie de rassembler. Appeler en soi le goût, l’amour des autres, la reconnaissance, la gratitude… 

Aujourd’hui, je suis émerveillée des gestes de solidarité qui se multiplient. Le mot solidarité me touche beaucoup. Être solidaire, c’est reconnaître l’autre dans son existence même. Un regard peut tuer, un regard, un sourire, une parole, un appel téléphonique peuvent appeler à la vie.
Tous ces gestes viennent dire que chacun peut donner le meilleur de soi, mettre son attention, son imagination au service de l’autre.

Développer la présence à soi permet de développer la présence et la reconnaissance de l’autre là où il est. Demain dépend de la manière dont nous vivons ce présent. Ce qui compte, c’est de porter, supporter, assumer une souffrance. Mon expérience des camps m’a donné la certitude que nous possédons en nous une énergie intense et unique par laquelle nous pouvons trouver, chaque jour, la force d’inventer la vie. Cette crise nous invite à plus de solidarité, à puiser en nous-mêmes des ressources que nous ne connaissions pas, à faire de notre mieux, exactement là où nous sommes.

Puisqu'il est question de contagion, que ce soit celle de plus d'amour et de service à l'autre. Alors, il se pourrait que demain nous réserve de belles surprises. »

[8 avril 2020 - Ouest France]

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lundi 2 septembre 2013

L’appel à la vie, plus fort qu’Auschwitz (5)

Si elle se définit volontiers comme juive baptisée, Magda Hollander-Lafon refuse le terme de ‘convertie’. 

 Elle s’en explique, tout en rapportant l’incompréhension que son baptême a pu susciter et suscite encore dans la communauté juive.


dimanche 1 septembre 2013

L’appel à la vie, plus fort qu’Auschwitz (4)


Magda Hollander-Lafon est sortie des camps avec une énorme interrogation sur son identité. Elle explique quel a été son chemin de reconstruction, mentionne des personnes qui ont été des jalons salutaires pour elle dans cet après-guerre, où elle a dû entreprendre une formation professionnelle. 

samedi 31 août 2013

L’appel à la vie, plus fort qu’Auschwitz (3)

Plusieurs juifs priaient jusqu’à l’entrée dans la chambre à gaz. "Comment pouvait-on prier avec tant de ferveur un Dieu insensible à ce point ?" Magda se rappelle quand et pourquoi elle a reçu un jour de la part d’une mourante quatre petits bouts de pain moisis, et ce que ce geste a pu signifier, au propre comme un figuré.

Dieu dans l’horreur des camps (3/5)
(24 min - rsr - 2012)


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vendredi 30 août 2013

L’appel à la vie, plus fort qu’Auschwitz (2)


Magda Hollander-Lafon est née en Hongrie. Elle parle de ses racines, évoque ce que signifiait à l’époque être juif dans ce pays et explique ce que sa communauté y a vécu au moment de la déportation. Si Magda Hollander-Lafon a des blancs de mémoire dus au choc de ce qu’elle a vécu, elle évoque des souvenirs précis qui restent gravés dans son esprit.

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jeudi 29 août 2013

L’appel à la vie, plus fort qu’Auschwitz (1)

Rescapée de la Shoah, Magda Hollander-Lafon a entrepris un travail de témoin. A 85 ans, elle écrit et parle pour placer les humains face à leurs responsabilités. Et à la vie.



 "Nous, les survivants de la Shoah, nous devons veiller à ce que le temps ne se désagrège pas en oubli", écrit Magda Hollander-Lafon.  Elle témoigne en mémoire de toutes celles et tous ceux qui sont morts sous ses yeux, notamment pour que pareille horreur ne se répète pas.

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mardi 22 mai 2012

L'amour qui enflamme la vie avec Magda Hollander-Lafon (3)

Les personnes qui raisonnaient beaucoup ne survivaient pas longtemps parce qu'ils n'étaient pas dans le réel... 
C’est à partir de cette rencontre qu’a pu débuter le chemin de ma guérison intérieure. J’ai progressivement consenti à accueillir en moi, humblement, mes souffrances et mes peurs. Peu à peu, j’ai éprouvé de la compassion à mon égard et la rencontre avec ce moi meurtri m’a libérée de l’esclavage intérieur. Ma mémoire était morcelée, pétrifiée par la peur. J’avais oublié jusqu’à ma langue maternelle. Lentement, grâce à ma foi qui a pansé mes plaies, je me suis restituée à mon histoire, j’ai exploré les ténèbres enfouies pour renaître à cette étincelle de vie qui ne m’avait, même au fond du désespoir, jamais quittée.


Des juifs hongrois, je suis une des rares à être revenue des camps. J’ai été épargnée. Je suis vivante. Il est évident pour moi qu’il fallait transformer cette mémoire de mort en appel à la vie. J’ai compris que la paix ne peut se construire que si chacun de nous trouve ou retrouve le goût de sa vie. Sur ce chemin de pacification, l’Éternel m’a aidée à relire mon passé avec un regard d’espérance et à replonger dans la vie avec foi et enthousiasme. Ma mémoire était en hiver. Le dégel s’est fait doucement. Les couleurs lumineuses de l’automne éclairent aujourd’hui chacun de mes jours. Plus que jamais, je crois à l’amour qui enflamme la vie. Les étapes de sa vie



1927 Naissance le 15 juin, à Zàhony (Hongrie) dans une famille juive non pratiquante.
1944 Déportée à Auschwitz.
1945 S’évade. Rencontre à Namur la « dame au sourire ».
1949 Après quatre ans dans un orphelinat, elle est placée dans un foyer à Bruxelles.
1950 Baptisée le 21 juillet.
1953 Diplômée de psychologie, elle devient éducatrice en Belgique.
1977 Publication des Chemins du temps (éditions ouvrières, épuisé), fruit d’un long travail de « dégel » de sa mémoire.
2012 Publication de Quatre Petits Bouts de pain. Des Ténèbres à la joie.


Source : La vie et France Inter
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lundi 21 mai 2012

L'amour qui enflamme la vie avec Magda Hollander-Lafon (2)

Connaître la peur...

C’est à la sortie des camps que la mort devint une idée obsédante. J’étais rongée par le remords d’être vivante. Écrasée par un sentiment d’inutilité, de solitude, de culpabilité, j’avais perdu le goût de la vie. J’ai passé l’été 1945 dans une maison près de Namur, en Belgique, qu’un rabbin avait louée pour que mon corps cadavérique, rongé par la gale, trouve du repos. Je me revois en ce jour d’août. J’errais dans la campagne baignée de soleil avec, dans ma poche, un sachet de poison trouvé dans une pharmacie de l’armée américaine. Tandis que je cheminais dans l’idée de mettre fin à mes jours, une dame vint à ma ren­contre et m’adressa un sourire inoubliable. D’un seul coup, ce geste gratuit réveilla la vie en moi et me sauva du plongeon. Béni soit ce sourire !


Après quatre années d’orphelinat, je fus confiée à un foyer protestant de Bruxelles dont l’économe était ­catholique. La présence, la bonté, la pudeur de cette femme m’interpellaient. Quand elle était là, les morsures que je cachais dans le silence me faisaient moins mal. La croix attachée autour de son cou m’intriguait aussi. Un jour, tandis que je lui demandais qui était ce Jésus qu’elle vénérait, elle me confia un Évangile. En l’ouvrant au hasard, je tombai sur ce passage : « J’ai eu faim et vous m’avez donné à manger, j’ai eu soif et vous m’avez donné à boire » (Matthieu 25, 35). La lecture de ce verset m’illumina. Poussée par le désir de connaître ce Seigneur dont les paroles touchaient mon cœur, j’allai trouver, sur les conseils de l’économe, une sœur du Cénacle. Avec un sens contestable de la pédagogie, celle-ci débuta son enseignement par le prologue de Jean : « Au commencement était le Verbe. » Je ne comprenais rien. J’étais à deux doigts de baisser les bras, quand, lors d’une leçon de grammaire, ma professeure de français me dit : « Sans le verbe, la phrase n’a pas de sens. » Cette formule résonna profondément en moi. Aussitôt le cours achevé, j’allai confier à la sœur le fruit de ma déduction. « J’ai compris, lui dis-je, sans le Verbe, votre vie n’a pas de sens. » Elle me regarda avec ses grands yeux doux, se mit à pleurer et répondit : « Oui, Magda, Jésus est ce qui donne le sens à ma vie. »
 (à suivre)


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dimanche 20 mai 2012

L'amour qui enflamme la vie avec Magda Hollander-Lafon

Je ne peux que vous recommander cette écoute.. un témoignage humain pour traverser nos peurs...

Issue d’une famille juive hongroise non pratiquante, elle est déportée à Auschwitz à 16 ans. Baptisée en 1950, elle nous raconte comment, après un long chemin de guérison intérieure, la foi l’a aidée à faire resurgir la vie en elle.


Ma vie s’est arrêtée à 16 ans, en pleine crise d’adolescence. À ­Auschwitz, j’ai quitté ma mère et ma sœur, sans un regard, sans un geste, et lorsque je me suis interrogée sur leur absence, une kapo polonaise m’a dit d’un ton indifférent : « Regarde la cheminée en flammes, ils sont déjà tous dedans. » J’étais pétrifiée par l’horreur de cette vision, par le remords de n’avoir pas pu dire au revoir aux miens. Je suis tombée dans un épais chagrin. Si je n’avais pas étouffé immédiatement cette désespérance, sans doute aurais-je perdu la raison. 


À Auschwitz, nous avons vécu ­l’horreur. Tenaillées par la faim, nous travaillions jusqu’aux limites de nos forces, cassant des cailloux sous le regard d’Edwige et d’Irma, deux surveillantes sadiques qui nous terrorisaient. Un jour, je fus affectée avec d’autres détenues au crématorium IV. Nous devions ramasser à la pelle des cendres humaines, les jeter dans une charrette puis les déverser dans un lac. Plusieurs fois, j’ai failli me noyer dans cet étang qui dégageait une odeur insoutenable. Seules les étoiles, la nuit, m’apportaient un peu de réconfort. Je sentais qu’elles nous observaient, avec des yeux brillants de larmes, ahuries de tant de cruauté sur la terre des hommes. Debout, épuisée, je cherchais des forces dans ces milliers de lumières. J’imaginais que ma famille, nos familles se trouvaient dans chacune d’elles et qu’elles veillaient sur nous. Ces instants, rares, allégeaient le jour démoniaque qui se levait. Je me souviens d’un dimanche après-midi. Ce jour-là, le ciel n’était pas voilé de cendres, mais auréolé de lumière. Le vent chassait les nuages qui courraient à vive allure ; j’étais fascinée par la beauté de ce mouvement. Je me disais que si les nuages bougeaient, moi aussi je pouvais le faire. Et je faisais ainsi le tour du monde en rêve. (à suivre)



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