mardi 22 mai 2012

L'amour qui enflamme la vie avec Magda Hollander-Lafon (3)

Les personnes qui raisonnaient beaucoup ne survivaient pas longtemps parce qu'ils n'étaient pas dans le réel... 
C’est à partir de cette rencontre qu’a pu débuter le chemin de ma guérison intérieure. J’ai progressivement consenti à accueillir en moi, humblement, mes souffrances et mes peurs. Peu à peu, j’ai éprouvé de la compassion à mon égard et la rencontre avec ce moi meurtri m’a libérée de l’esclavage intérieur. Ma mémoire était morcelée, pétrifiée par la peur. J’avais oublié jusqu’à ma langue maternelle. Lentement, grâce à ma foi qui a pansé mes plaies, je me suis restituée à mon histoire, j’ai exploré les ténèbres enfouies pour renaître à cette étincelle de vie qui ne m’avait, même au fond du désespoir, jamais quittée.


Des juifs hongrois, je suis une des rares à être revenue des camps. J’ai été épargnée. Je suis vivante. Il est évident pour moi qu’il fallait transformer cette mémoire de mort en appel à la vie. J’ai compris que la paix ne peut se construire que si chacun de nous trouve ou retrouve le goût de sa vie. Sur ce chemin de pacification, l’Éternel m’a aidée à relire mon passé avec un regard d’espérance et à replonger dans la vie avec foi et enthousiasme. Ma mémoire était en hiver. Le dégel s’est fait doucement. Les couleurs lumineuses de l’automne éclairent aujourd’hui chacun de mes jours. Plus que jamais, je crois à l’amour qui enflamme la vie. Les étapes de sa vie



1927 Naissance le 15 juin, à Zàhony (Hongrie) dans une famille juive non pratiquante.
1944 Déportée à Auschwitz.
1945 S’évade. Rencontre à Namur la « dame au sourire ».
1949 Après quatre ans dans un orphelinat, elle est placée dans un foyer à Bruxelles.
1950 Baptisée le 21 juillet.
1953 Diplômée de psychologie, elle devient éducatrice en Belgique.
1977 Publication des Chemins du temps (éditions ouvrières, épuisé), fruit d’un long travail de « dégel » de sa mémoire.
2012 Publication de Quatre Petits Bouts de pain. Des Ténèbres à la joie.


dernière partie
Source : La vie et France Inter

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