vendredi 15 décembre 2017

Univers Soi...



Celui qui perçoit tous les êtres en le Soi, et qui perçoit le Soi en tous les êtres, ne peut ressentir un quelconque sentiment d'aversion pour quiconque, en raison de cette identité.
Quand un homme réalise que tous les êtres ne sont rien d'autre que le Soi, quelle illusion peut subsister, quelle souffrance, en lui qui perçoit la fondamentale unicité ?
Cela est omni-pénétrant, rayonnant, incorporel, serein, homogène, pur, non souillé d'imperfections. Cela est le Voyant, le Seigneur de la pensée, transcendant et existant par Soi-même. 

 
Isha/Isa Upanishad (Upanishad du Seigneur)

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Faiblesse acceptée... avec Jean Vanier



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jeudi 14 décembre 2017

Soigner avec les mains

Le pouvoir des mains montré du doigt


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mercredi 13 décembre 2017

Sciences et spiritualité avec Fabrice Jordan



A la lecture d'ouvrages scientifiques faisant le point sur les avancées les plus récentes en astrophysique, physique quantique et mathématiques, on se rend compte qu'au fond, les scientifiques sont amenés presque obligatoirement vers les mêmes questions que les expérimentateurs spirituels.
Quelle est la nature de notre réalité? Quelle est la source de celle-ci? Peut-on la connaitre? Si oui, comment?
Ces dernières années, je me suis replongé dans nombre de ces ouvrages, qui m'apportent plus que de nombreux livres "spirituels" qui ne font que ressasser pour la énième fois les mêmes poncifs, sans que l'on sente toujours de manière très vive que l'auteur a réellement éprouvé ce dont il parle.
Par ailleurs, et c'est peut-être ce qui est le plus surprenant, ce sont aujourd'hui les récits et les questionnements de ces grands scientifiques qui véhiculent les idées les plus "magiques", les plus irrationnelles (au sens qu'elles défient le "bon sens", le sens commun). Elles dépassent même les cosmogonies traditionnelles dans leur description de l'apparition de la réalité.
A ce jour, les scientifiques cherchent toujours une théorie de l'unification des domaines quantiques et de la relativité générale. Une des théories qui a émergé et qui permet de lever les "singularités" faisant exploser les théories quantiques ou de la relativité générale, se nomme la théorie des cordes.
Cette théorie, par exemple, impose mathématiquement une réalité multidimensionnelle, dont la plus couramment décrite est à 11 dimensions, 10 spatiales et une temporelle. Certaines de ces dimensions sont tellement "repliées" qu'elles sont invisibles, mais peuvent être plus proches de nous que la distance de l'épaisseur d'un cheveu. Le taoïsme traditionnel décrit une réalité à 9 dimensions (ce chiffre 9 doit être pris symboliquement, et peut représenter un range de multiples dimensions). Étonnant, n'est-ce pas?
Les théories récentes sur le développement de l'univers, son origine, son devenir, font intervenir nombre de modèles où la réalité mathématique impose des idées d'univers infinis, de multi-univers (multivers), de branes (variantes de multi-univers), etc...Dans tous ces modèles, ce qui devient obligatoire, c'est que notre univers existe sous une forme répliquée quelque part, ailleurs, et pas seulement une fois, mais une infinité de fois. Des univers très légèrement différents du nôtre, ou très différents, existent également de la même manière. Cela signifie que dans certains de ces univers, une version identique de nous mêmes a dû faire des choix légèrement différents, ayant entraîné d'autres expressions de la réalité. En résumé, si nous sommes un saint dans cet univers, nous sommes peut-être un voleur, un violeur, ou n'importe quoi d'autre dans la version alternative de notre univers. En résumé, encore une fois, il apparaît scientifiquement que la réalité ultime cherche à s'exprimer sous toutes ses formes possibles. Elle cherche à actualiser tous ses "potentiels". Autrement dit encore, elle cherche à "s'éprouver" sous toutes ses formes d'expressions possibles.
Pour quelle raison, depuis toujours, les grands spirituels disent qu'il n'y a ni bien ni mal, mais juste une Unité Fondamentale? Ce n'est pas en raison d'une sirupeuse béatitude coupée des réalités. C'est l'inverse, à vrai dire. Avec la pratique spirituelle, la partie accessible de la grande Réalité devient plus vaste que dans notre condition humaine initiale. De ce fait, on peut sentir pour une partie, et pressentir pour une autre que la réalité existe sous une forme plus complète, plus complexe aussi que la réalité sensible qui s'offre grossièrement à nous. Quand on prend conscience que des variétés infinies de nous-mêmes existent et que des variétés infinies des autres existent également avec des décisions et des choix infinis, cela relativise grandement ce qui arrive dans cette univers et dans cette vie. Dans un autre, sous une autre forme, le destin des protagonistes est différent et tout aussi réel.
Ceci ne veut pas dire, bien évidemment, que ce qui nous arrive ici et maintenant ne doit pas être vécu entièrement et éprouvé de manière complète, y compris émotionnellement. Mais cela peut être vécu, dans le même temps, avec une perspective large et ouverte qui entraîne une confiance fondamentale dans la justesse de ce qui advient, ici et maintenant.
Pour finir sur un exemple symbolique et intuitif: le taoïsme postule que la Réalité est Une et émane du Vide (plein) pour ensuite se matérialiser peu à peu jusqu'à devenir les formes multiples que nous sommes ou éprouvons. Dès sa matérialisation, le Vide devient Un, c'est à dire le Dao 道, ce qui fait fonctionner toute chose sans être lui ou elle-même modifié(e). Traditionnellement, on dit que le vide se transforme en Un, puis en deux (le jeu de la dualité), puis en trois, puis en une myriade de formes (les 10000 êtres). La réalité ultime doit donc traverser de multiples formes de matérialisation jusqu'à pouvoir apparaître telle que nous la percevons quotidiennement. Comme le taoïsme a-t-il exprimé cette idée?
De manière assez simple finalement: en anthropomorphisant cette descente dans la densité et la matérialisation. Le taoïsme a imaginé tout un panthéon d'Immortels, des plus désincarnés et proches de la source jusqu'aux petits immortels tous proches de nous.
Pourquoi avoir procédé ainsi? Simplement pour que la forme énergétique correspondant à ces différentes modalités de matérialisation progressive nous devienne perceptible et surtout communicable. Par ailleurs, cette manière de faire permet plus facilement la mise en relation avec ces différents niveaux. L'homme a en effet besoin de relations pour pouvoir prendre conscience...
Ce qui est intéressant, c'est que les trois premières déités du taoïsme, celles qui sont les plus proches de la source et situées au plus haut du panthéon se nomment les San Qing (les trois purs). Tout récemment, en lisant un topic sur les couleurs "primaires", je me suis rendu compte que les San Qing n'ont pas été colorés de manière aléatoire. Comme on peut le voir sur le graphique montrant les couleurs primaires dans le modèle "additif", l'addition de toutes les couleurs donne le Blanc. Le Blanc, qui contient tout le spectre des couleurs nous apparaît donc comme Vide ou absent. Mais en réalité, c'est un vide plein de toutes les potentialités, comme un ensemble de nombre premiers (positifs et négatifs) a une valeur additive de zéro, alors qu'il contient TOUS les nombres premiers.
Les trois premières couleurs qui apparaissent ensuite sont le cyan, le magenta et le jaune (vous savez, les mêmes que vous avez dans vos imprimantes). Celles-ci sont toujours composées de spectres superposés et sont donc situées entre le potentiel et l'actualisé. Or regardez la photo des San Qing annexée. Vous verrez qu'ils sont colorés exactement de cette manière. Marrant, non?
Evidemment, ceci n'est qu'un détail qui peut rester flottant. Mais les grandes traditions ont constitué des pratiques permettant de se mettre en contact, ou en tout cas d'essayer, avec ces différentes réalités. C'est là qu'elles deviennent intéressantes et opératives.
A l'avenir, le dialogue entre scientifiques et spirituels, qui cherchent au fond la même chose et font face aux mêmes problèmes de fond (la réalité qui se voile au delà d'un certain point) devrait permettre à chacun des camps d'élargir ses champs d'horizons et de remodeler leur manière d'envisager la réalité.

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mardi 12 décembre 2017

Y voir et voir de nouveau avec Swamiji




« – Vous avez dit : «c’est un beau jardin».
Avez-vous vu le jardin ? L’avez-vous vu ?
– Non, non, je n’ai vu que l’image.
– Vous pensez que vous voyez, mais vous ne voyez pas.
Vous pensez que vous voyez. Quand Swamiji demande : «Qu'est-ce que c'est ?», vous dites «C'est un beau jardin.» Quelle est la signification de ceci ? Essayez d'en voir le sens. Dès que vos yeux se tournent de ce côté là, vous voyez un beau jardin. Ce qui signifie qu'immédiatement, vous allez vers une image qui vous apparait belle. Vous avez l'image de quelque chose de beau. Et vous juxtaposez cette image avec cela. Aussi, quand vous dites que vous le voyez, vous ne le voyez pas. Vos yeux sont tournés vers le jardin. Vous voyez - ou plutôt vous croyez voir - une belle image. Vous ne voyez pas le jardin.» 


(Sumangal Prakash, l'expérience de l'unité, dialogues avec Swami Prajnanpad)

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lundi 11 décembre 2017

La vraie nature de l'être humain ?





Si la méditation de pleine attention a un but, c'est l'éveil de l'être humain à sa vraie nature, à son être essentiel. De quoi s'agit-il ?

L'homme vit sa vie à deux niveaux d'être. Le niveau dont il est conscient est le moi mondain. C'est l'ego qui sans cesse fait retour sur lui-même par la pensée. L'ego, indissociable du mental, qui me conduit à penser : « Moi je suis ce que je pense que je suis » ! L'identification à l'ego est la cause d'un mal-être qui est propre à l'être humain. Il s'agit de cet état d'être soucieux, agité, stressé, inquiet et même angoissé, qui conduit aujourd'hui à la consommation quotidienne de douze millions d'unités anxiolytiques. La guérison de ce mal-être nécessite une prise de conscience incontournable : l'ego n'est pas notre vrai point d'appui dans l'existence.

Notre vrai point d'appui est notre vraie nature, notre nature essentielle. 
Et c'est quoi notre vraie nature ? Cette question, très légitime, confronte l'homme occidental à un sérieux problème : ce que la tradition orientale désigne comme étant la vraie nature de l'être humain est insaisissable par la pensée. Néanmoins, le fait qu'elle soit insaisissable par la pensée ne signifie pas qu'elle est inconnaissable. Et le chemin de connaissance proposé depuis plus de vingt siècles en Orient et en Extrême-Orient est l'exercice appelé MÉDITATION. C'est la méditation ancestrale désignée par l'expression : « Ânâ – apâna – sati ». (1)
Ânâ = je inspire, en ce moment et … moi je n'y suis pour rien !
Apâna = je expire, en ce moment et … moi je n'y suis pour rien !
Sati = attention … attention-attention … attention-attention-attention !


A quelle connaissance peut bien conduire la pratique régulière de la méditation de pleine attention ? Pratiquant moi-même cet exercice depuis une cinquantaine d'année, j'ai découvert et découvre que le mental est le domaine de l'agitation et que le corps vivant (Leib) (le corps qui respire) est le domaine du calme intérieur.
Que le mental est le domaine du bruit et que le corps vivant (Leib) est le domaine du silence intérieur.
Que le mental est le domaine de l'éparpillement dans l'espace pensé et le temps pensé et que le corps vivant (Leib) est le domaine du moment présent.
Que le mental est le domaine de l'ego et que le corps vivant (Leib) est le domaine de notre vraie nature.
Une telle expérience est-elle possible ? A chacun de vérifier. Comment ? En pratiquant quotidiennement la méditation de pleine attention.

Jacques Castermane

(1) Réponse donnée par le Bouddha (qui n'était pas bouddhiste) lorsqu'on le questionnait sur la méditation qu'il pratiquait sur le chemin de la libération de la souffrance.
Un occidental intéressé par zazen profite de la rencontre avec un maître pour lui poser la question : « Maître, Qu'est-ce que le zen ? ». Le vieil homme écrit sur une ardoise : attention ! « Oui mais encore ? ». Le maître reprend l'ardoise et écrit : attention… attention ! Apparemment déçu, son interlocuteur insiste : « Ne pourriez-vous pas m'en dire plus ? ». Reprenant son ardoise le Roshi écrit : attention … attention ... attention !


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samedi 9 décembre 2017

En Avent... vers la gratitude (2)


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Auprès d'Arnaud Desjardins avec Eric Edelmann (2)




"En Inde, le maître est comparé à un artisan qui façonne un pot en cuivre en le martelant à l’extérieur tout en le maintenant à l’intérieur. Adda Bentounès, un cheikh soufi du début du XX° siècle, le disait autrement : « Lorsque l’élève arrive, il est comme un arbre qui vient d’être coupé dans la forêt. Il est rugueux et d’étape en étape, de la découpe au polissage, il devient le bâtonnet avec lequel on passe le khôl entre les deux paupières. » J’en étais à l’arbre rugueux et Arnaud était un expert en ébénisterie, mais il pratiquait en plus – heureusement pour moi – l’art de l’émondage."
Mangalam : Un parcours auprès d'Arnaud Desjardins de Eric Edelmann

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vendredi 8 décembre 2017

Auprès d'Arnaud Desjardins avec Eric Edelmann (1)



Jusqu'à quel point je suis libre  ?
Éric Edelmann répond aux questions de Gilles Farcet sur ce qui l’anime dans son activité de transmission à Mangalam, l’ashram d’Arnaud Desjardins au Québec. Il nous donne un témoignage personnel de la relation de cœur à cœur à son maître, restée toujours aussi vivante après son départ en 2011. 


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jeudi 7 décembre 2017

Souvenirs, souvenirs




“Il y a des jours, des mois, des années interminables où il ne se passe presque rien. Il y a des minutes et des secondes qui contiennent tout un monde.”
“Tout le bonheur du monde est dans l’inattendu.”

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mercredi 6 décembre 2017

Faire partie...

Je vous propose d'être plus grand que vous ne pensez être. D'être à l'écoute du maximum de sensations que vous envoie votre corps et de vous rendre compte que vous pouvez agrandir votre bulle d'existence et respirer plus amplement...



" La partie que nous ignorons est bien plus grande que tout ce que nous savons."

Platon

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mardi 5 décembre 2017

lundi 4 décembre 2017

Garder vivant !





« Le jardinier ne peut pas monter la garde contre les mulots les chenilles et les taupes. Il ne peut pas guetter chaque puceron, chaque bactérie. Il ne peut pas arrêter le vent d’ouest ni dissuader la tempête de se déchaîner.II ne peut pas interdire la grêle de s’abattre.Il ne peut pas non plus contraindre la plante à pousser plus vite en lui tirant sur les feuilles-ni vouloir la garder petite.
Il ne peut que « tenter de mettre toutes les chances du côté de la plante » et garder vivant avec elle un dialogue. »


Christiane Singer: 


extrait de " Éloge du mariage, de l’engagement et autres folies."







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vendredi 1 décembre 2017

Qui sommes-nous ?... avec Christiane Singer



Une maladie est en moi. C'est un fait. Mon travail va être de ne pas être, moi, dans la maladie. 

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mercredi 29 novembre 2017

La fraîche heure du chat... ou la chaleur



En vérité, tu ne sais rien de la sagesse, 
tant que tu n’as pas fait l’expérience des ténèbres.

Hermann Hesse

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mardi 28 novembre 2017

Toucher la terre




Toucher la Terre est une pratique qui nous permet de rentrer en contact profond avec la Terre, avec nos racines, nos ancêtres. Nous réalisons que nous ne sommes pas seuls mais reliés à une multitude d’ancêtres génétiques et spirituels. Nous sommes leur continuation, et, avec eux, nous continuerons le chemin dans les générations futures. Nous touchons la Terre et une partie de la Vie.
 
Quand nous touchons la Terre, nous redevenons petits, avec l’humilité et la simplicité d’un enfant. Quand nous touchons la Terre, nous devenons grands comme un vieil arbre avec ses racines bien profondes dans le sol buvant à la source universelle. Quand nous touchons la Terre, nous inspirons toute la force et la stabilité de la Terre, et nous expirons toutes nos souffrances, notre chagrin, notre colère, notre haine, notre peur, toutes nos insuffisances…

 
Nous joignons nos paumes de mains pour former un bouton de lotus, puis nous respirons trois fois profondément, et nous nous prosternons lentement. Notre front, nos avant-bras et nos jambes reposent le plus confortablement possible sur le sol. Nous tournons les paumes de nos mains vers le ciel en signe d’ouverture aux trois joyaux: le Bouddha, le Dharma et la Sangha. Après avoir réalisé cette pratique deux ou trois fois (qu’il s’agisse des trois ou des cinq touchés de la Terre), vous pouvez vraiment vous libérer de beaucoup de souffrances, du sentiment d’aliénation et vous réconcilier avec vos ancêtres, vos parents ou vos amis.


Extrait du site du Village des pruniers

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dimanche 26 novembre 2017

La tâche fondamentale



"La tâche majeure de l'homme devrait être de prendre conscience de ce qui, provenant de l'inconscient, se presse et s'impose à lui, au lieu d'en rester inconscient ou de s'y identifier. Car, dans ces deux cas, il est infidèle à sa vocation, qui est de créer de la conscience. Pour autant que nous soyons à même de le discerner, le seul sens de l'existence humaine est d'allumer une lumière dans les ténèbres de l'être pur et simple. Il y a même lieu de supposer que, tout comme l'inconscient agit sur nous, l'accroissement de notre conscience a, de même, une action en retour sur l'inconscient."

Carl Gustav Jung 

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samedi 25 novembre 2017

Pierre Rabhi et le sacré

À méditer

« L'humanité dans sa globalité et l'homme dans son individualité sont rongés par la vanité, celle de croire qu'ils peuvent tout dominer y compris le destin, Dieu ou la nature. » 
« Notre conviction est que nous ne vivons pas une crise matérielle mais la rupture avec le sacré dans le sens le plus élémentaire. Ce sentiment n'a rien à voir avec des théories complexes. Il nous installe en tout instant dans une attitude bienveillante à l'égard du vivant. » 
« Il n'y a pas besoin de doctrine pour vivre la spiritualité. Selon moi, le respect du vivant est vraiment le gage selon lequel on a compris l'essentiel. »
« J'appartiens au mystère de la vie et rien ne me sépare de rien. » 
Citations tirées de La Puissance de la modération


L'agriculteur spirituel
1938 Naît à Kenadsa. 
1960 S'installe avec sa femme en Ardèche, où il travaille comme ouvrier agricole. 
1963 Devient paysan. 
1992 Fonde l'association les Amis de Pierre Rabhi, rebaptisée Terre et Humanisme en 1994. 
1997 Reconnu par l'Onu comme expert international pour la sécurité alimentaire et la lutte contre la désertification. 
2004 Crée les Amanins, un site agroécologique dans la Drôme. 
2007 Lance le mouvement Colibris.

vendredi 24 novembre 2017

Black Friday


Une occasion d'acheter le Jeu des Miroirs ou les Trois cheveux d'or de Sabine Dewulf

Pour infos : avant les fêtes, "les éditions le souffle d'or" font une opération "Black Friday". C'est l'occasion d'offrir des livres à bon prix et de soutenir un éditeur, spécialiste du développement personnel. Bonne fin d'année à tous et toutes.
Cela commence le 23 novembre !


 

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Green Friday


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mercredi 22 novembre 2017

Nocturne lumière... avec François Cheng





"Que le jour soit plus clair que la nuit, c'est une évidence. 
Mais, d'après ma perception, la clarté du jour est une lumière déjà donnée là; on en profite ou on la subit, selon l'humeur du moment. Tandis que dans la nuit, on passe d'abord dans la plongée de l'obscurité, avant de se trouver dans la disposition -ou aspiration- de capter la moindre lueur qui s'offre, une allumette qui craque, une luciole qui passe, une première étoile qui se signale du fond de la voûte céleste... Pour peu qu'on ait un esprit un peu "mystique", on vit par là l'expérience illuminante de toucher la naissance ou la source de la lumière. 
Oui, on pense à l'expression consacrée de la "nuit mystique". 
Non que les mystiques se complaisent dans les ténèbres; je crois que, véritablement, ils ont tous la nostalgie d'atteindre l'état originel où, au risque d'aveuglant anéantissement, ils pourraient assister au jaillissement même de la lumière, ce que j'ai exprimé dans le quatrain suivant:

Vraie Lumière
celle qui jaillit de la Nuit
Vraie Nuit
celle d'où jaillit la Lumière"

 
François Cheng, 

'Le Dialogue."

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mardi 21 novembre 2017

Notre rencontre... avec Christiane Singer


début d'une conférence en 1994 lors d'un forum organisé par Alain Chevillat :
les effets indescriptibles d'une rencontre d'humains...
 



« Nous n’avons pas même à être reliés : nous sommes à l’intérieur les uns des autres. »
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lundi 20 novembre 2017

Que fais-tu grand-mère ?


Que fais-tu grand-mère ?

J'apprends la patience et l'ennui,

Le goût de l'instant, la joie de chaque jour,
J'apprends que la tristesse du cœur est nuage,
Et nuage aussi est le plaisir …
Que fais-tu grand-mère, assise-là, dehors, toute seule ?
Eh bien, vois-tu, j'apprends.
J'apprends le petit, le minuscule, l'infini,
J'apprends les os qui craquent, le regard qui se détourne.
J'apprends à être transparente.
A regarder au lieu d'être regardée.
J'apprends le goût de l'instant quand mes mains tremblent,
La précipitation du cœur qui bat trop vite.
J'apprends à marcher doucement,
A bouger dans les limites plus étroites qu'avant
Et à y trouver un espace plus vaste que le ciel.

Comment est-ce que tu apprends tout cela, grand-mère ?

J'apprends avec les arbres, et avec les oiseaux.
J'apprends avec les nuages.
J'apprends à rester en place et à vivre dans le silence.
J'apprends à regarder les yeux ouverts et à écouter le vent.
J'apprends la patience et aussi l'ennui :
J'apprends que la tristesse du cœur est un nuage,
Et nuage aussi est le plaisir :
J'apprends à passer sans laisser de traces, à perdre sans retenir
Et à recommencer sans me lasser.
J'apprends à me réjouir au début du printemps et à la fin de l'automne,
À voir un arc-en-ciel dans une goutte de pluie
Et une vie entière dans une gouttelette de soleil qui scintille sur une pierre.
J'apprends que les chemins se divisent et se perdent,
Que les regrets sont de petites pierres pointues qui blessent les mains qui les enserrent
Et qu'il est meilleur que nos mains restent ouvertes …
J'apprends mes erreurs, mes chagrins, mes oublis,
Et toutes les joies qui se faufilent, poissons d'argent dans la masse de notre vie.

Grand-mère, je ne comprends pas : pourquoi apprendre tout cela ?

Parce qu'il me faut apprendre à regarder les os de mon visage et les veines de mes mains,

A accepter la douleur de mon corps, le souffle des nuits et le goût précieux de chaque journée.
Par ce qu'avec l'élan de la vague et le long retrait des marées,
J'apprends à voir du bout des doigts et à écouter avec les yeux.
J'apprends qu'il n'est pas de temps perdu ni de temps gagné,
Mais que l'infini est là, dans chaque instant …
Cadeau trop souvent refusé dans le torrent des jours.
J'apprends qu'il faut aimer, que le bonheur des autres est notre propre bonheur,
Que leurs yeux se reflètent dans nos yeux et leurs cœurs dans nos cœurs.
J'apprends à marcher sur des sentiers étroits sans peur,
A regarder les montagnes qui se profitent au loin et que je n'atteindrai pas :
J'apprends les milliers de pas qui ont marché avant moi sur ces même sentiers.
J'apprends les vieilles traces et les jeunes nuages.
J'apprends qu'il faut se tenir prêt à partir quand le vent souffle.
Qu'on avance mieux en se donnant la main.
Que même un corps immobile danse quand le cœur est tranquille.
Que la route est sans fin, est pourtant toujours exactement là.

Et avec tout ça, pour finir, qu'apprends-tu grand-mère ?

J'apprends, dit la grand-mère à l'enfant, j'apprends tout simplement à être vieille.

Joshin Luce Bachoux
nonne bouddhiste:
L’image contient peut-être : une personne ou plus, personnes debout, plante, plein air et nature 


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dimanche 19 novembre 2017

Immensité avec Joshin Luce Bachoux

Face à un avenir qui nous semble morose, il peut être salvateur de partir à la recherche des grands espaces. Mais c'est dans notre quotidien le plus ordinaire que nous pouvons découvrir les plus belles immensités.





« Au cœur de la joie véritable, on rencontre tout naturellement l'immensité. » Cette phrase d'un vieux maître japonais lue hier soir résonne encore dans ma tête aujourd'hui, sans doute inspirée par le paysage qui s'étend devant moi, horizon infini semé de monts arrondis, de bois de pins et de fougères violettes, ombré de feuillages d'automne. 
Là-dessus, un ciel pâle traversé de nuages balayés par le vent, frais et transparent, qui galope en se jouant de toutes les limites, maisons, éboulis, forêts et vallées et semble désireux de réveiller le monde.

Chercher l'immensité

Quand j'étais adolescente, la vie adulte me semblait un enfermement : je voyais les personnes qui m'entouraient figées dans des rôles qu'elles ne quitteraient plus et je me promettais de refuser d'entrer à mon tour dans ce théâtre. Je me débattis d'abord, avant de comprendre que c'était à moi de chercher mon espace. Je courus les déserts, étourdie de tant de ciel, puis je m'affrontai aux montagnes, émerveillée de tant de puissance. 
L'immensité : oui, en cet instant suspendu au creux d'une dune, au vif d'un rocher, au plus près des nuages. Un instant où l'on est tout, où l'on n'est rien, un instant où le coeur se dilate à contenir un monde, où l'âme grandit à contenir une vie. Un instant d'apaisement, de silence.
Mais il faut redescendre, revenir dans l'autre réalité, celle du quotidien, confortable souvent, lourde parfois, et l'immensité se dilue en mille petites et grandes tâches, pour se rappeler à nous un peu plus tard au creux d'une présence, au vif d'un sourire.

Le silence se fait

Un jour, ce silence se fit appel, promesse. Je me rendis compte que j'avais laissé des murs s'élever autour de moi, d'abord murs protecteurs, murs abris, mais qui peu à peu s'étaient transformés, devenant murs de séparation, murs coupures : difficile pour le soleil de pénétrer dans cette citadelle, difficile de contempler le ciel. C'est lui qui commença à éroder les pierres de mes murs. 
Pas le silence de l'isolement, de la tristesse, pas le noir de l'amertume.  Mais le silence qui ouvre une place au plus profond de nous-même, cet espace que l'on cherche parfois avec un sentiment d'urgence, ou de désespoir même, parce qu'on veut croire que forcément il y a autre chose, forcément il y a plus, forcément la vie ne s'arrête pas là.
La première fois que ce silence s'ouvrit - oh, brièvement -, ce fut une découverte : une autre immensité, immobile et, comment dire, pleine. Qui aussitôt se déroba, me laissant comme au seuil d'une porte des merveilles, là où auparavant je croyais qu'il n'y avait aucune ouverture, mais juste du gris à peine traversé de quelques gouttes de lumière.

La joie véritable

Le silence s'apprivoise lorsque nous n'en avons plus peur, et l'esprit s'éprend de la lumière retrouvée. S'ils ne s'écroulent pas tous, du moins les murs reculent : il est plus facile de respirer, de bouger, quelques pas de danse au gré d'une brise légère... Et ce silence profond devient prière, et ce silence lumineux devient la source de la joie... Cela ne chamboule pas toute notre vie, il y a toujours de bons jours et des jours moroses, ou franchement tristes, et pourtant rien n'est plus comme avant : la vie s'est agrandie, nous pouvons accueillir les émotions, nous n'avons plus peur de la peur.
La joie véritable, qui ne dépend pas de l'extérieur et même pas de nous, nous a ouvert un chemin qui nous ramène vers nous-même, et vers tous les autres, les proches et les lointains ; et nous comprenons que l'immensité est juste là, au cœur de notre cœur.
Joshin Luce Bachoux
Nonne bouddhiste, elle anime la Demeure sans limites, temple zen et lieu de retraite à Saint-Agrève, en Ardèche.

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