vendredi 20 octobre 2017

Ouverture au jour...


Point du jour
Dans la maison endormie ce matin,
la lumière qui entre par la fenêtre ouverte,
comme une étoile laissée là par la nuit.
J’ai descendu l’escalier tout doucement,

je suis allée par le jardin, vers le bois de hêtres,
dans la calme fraîcheur de cette aube,
dans les arbres, la tendresse d’une jeune mère.

Par le pont de pierre, passe et s’en va mon voyage

Nâzim Hikmet – 1901-1963
Il neige dans la nuit et autres poèmes
 
peinture: Rodolphe de Saegher 1871-1941
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jeudi 19 octobre 2017

Tragédie mentale... et méditation


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mercredi 18 octobre 2017

Accepter ce qui est sans jugement




Accepter ce qui est sans jugement, voilà la clé.
« C’est ce qui est », comme si cela n’allait jamais être différent.
Tant que vous avez le désir que ce soit différent, vous réduisez votre aptitude à accepter complètement. Accepter complètement implique l’absence de jugement : cela est ce qui est, tel que c’est, parfait, ici et maintenant. Vous permettez alors à l’intelligence innée de votre moi humaniste d’être différente, si la différence est l’évolution du processus. Mais tant que vous voulez être différent, c’est que l’ego contrôle le processus ; alors le processus ne trouvera pas sa manière avec vous.
La vie ne nous donne pas toujours exactement ce que nous préférons, mais elle nous donne ce dont nous avons besoin pour être dans une relation optimale avec le Divin.
La seule chose que l’ego fera toujours, c’est de renforcer ses propres points de vue. Etes-vous remplie de haine envers vous-même ou vous sentez-vous dévalorisée en tant que femme ? Si c’est le cas, vous allez attirer à vous un homme qui abusera de vous physiquement et qui aura beaucoup d’aventures. Il est stupéfiant de constater à quel point certaines personnes peuvent se rendre malades et n’arrivent pas à joindre les deux bouts, financièrement, alors que d’autres ne font apparemment rien et sont couvertes d’or. Cela ne concerne pas Dieu, mais l’ego. Enfant, nous développons une stratégie psychologique et nous orientons le monde de telle manière qu’il serve notre stratégie, littéralement.
Si nous acceptons ce qui est, sans jugement, il n’y a pas d’ego là-dedans. Ce qui est est, peu importe ce qu’on en pense. Ce qui est est. Alors la réalité devient un mécanisme de l’intelligence de la vie et de l’univers, au lieu d’être un mécanisme de l’ego.
Lee Lozowick
Le Réel tel quel

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mardi 17 octobre 2017

lundi 16 octobre 2017

Connexion à l'élan vital


En chacun de nous, l'élan vital est présent 
et attend qu'on lui ouvre les portes.
Bonne semaine avec cet élan qui nous fait exister.
Extrait de Anticancer 
par David Servan Schreiber



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dimanche 15 octobre 2017

Boris Cyrulnik : “On rencontre Dieu comme on a appris à aimer“

Extrait d'une interview du magazine La Vie... 

...
Vous écrivez : « Dans une société en paix ou qui facilite les rencontres, le besoin de religion s’impose moins. » C’est la thèse de la sécularisation : les sociétés prospères ont moins besoin de religion donc plus nous serons riches matériellement, moins nous éprouverons de besoins spirituels…
Sécurisant ne veut pas forcément dire riche ! On peut être pauvre et totalement apaisé, même si dans les milieux pauvres, les difficultés ne manquent pas. La sécurisation dépend davantage de la structuration affective et culturelle. Une sociologue française a fait des études sur les comportements de solidarité chez les riches et chez les pauvres. Plus on est riche, plus la solidarité existe par l’argent et les moyens de communication, le téléphone et le courriel… Mais les familles se voient une fois par an.
Mais quand vous parlez d’Auschwitz, vous reconnaissez que, de la même expérience insécurisante, on peut tirer des conclusions diamétralement opposées.
Il y a deux manières différentes de rencontrer Dieu. La première, ce sont les images familiales. Aimer le même Dieu que sa mère, c’est lui faire une déclaration d’amour : partageant le même monde mental qu’elle, je serai près d’elle. Si j’apprends Dieu, elle peut s’absenter et je reste sécure car j’ai appris Dieu par empreinte. Et il y a une autre manière de rencontrer Dieu, comme Éric-Emmanuel Schmitt qui se perd dans le désert, se dit qu’il va mourir et vit une expérience de conversion foudroyante. Dans mon livre, je raconte l’histoire d’un pasteur protestant coincé dans un train en rase campagne pendant la guerre. Les soldats montent à chaque extrémité et ouvrent les portes pour contrôler les papiers des passagers. Il entend les bruits se rapprocher et il sait qu’il est condamné à être arrêté. Dans sa valise se trouvent tous les noms et les adresses des membres de son réseau de résistants. Il se dit qu’il va mourir, mais que tout son réseau va lui aussi être massacré. Cette représentation déclenche des angoisses de plus en plus fortes et il est arrêté en pleine euphorie extatique. C’est l’autre manière de découvrir Dieu. Quand j’étais praticien, beaucoup de patients m’ont expliqué avoir vécu cela. On peut donc rencontrer Dieu par empreinte ou par besoin, en passant de l’angoisse à l’extase.
En quoi la foi aide-t-elle à mieux affronter les épreuves de la vie ?
Les croyants qui vivent un malheur souffrent eux aussi, mais comme ils sont solidarisés par la religion, qu’ils se soutiennent affectivement et socialement, et qu’ils sont sécurisés par une représentation divine, ils affrontent mieux la souffrance. C’est frappant dans les deuils, par exemple. Je viens de perdre quelqu’un que j’aimais beaucoup et, à son enterrement, sa famille, très croyante, ne pleurait pas. Sa compagne, non croyante, était ravagée. Sa famille disait : « Il est mieux là où il est. » Pour un croyant, la mort est relative. Pour un sans-Dieu, elle est définitive. Pourtant, il est moral de pleurer.
Mais quelle est la logique ? Est-ce qu’étant croyant, on est davantage sécurisé ? Ou est-ce le contraire : parce qu’on est déjà en sécurité, on accède davantage à la foi ?
J’établirais une nuance. Le fait d’être croyant a un effet sécurisant. Les populations d’enfants croyants sont plus sécures que les populations d’enfants non croyants. Mais on peut aussi découvrir Dieu. Un psychosociologue qui travaillait dans un de mes groupes m’a raconté que son père polonais était communiste, répétant que la religion était l’opium du peuple ; il s’était disputé avec son propre père, un homme très croyant, et ils avaient coupé les ponts. Pendant la guerre, ils sont arrêtés, déportés et le fils voit son père tout nu pénétrer dans la chambre à gaz. Le père entrant dans la chambre à gaz voit son fils et crie : « Reviens à Dieu ! » Le fils est foudroyé et est resté croyant jusqu’à la fin de sa vie.
Mais dans un pays laïc, il n’est pas sûr que le croyant soit en situation particulièrement confortable. Un jeune catholique aujourd’hui en France peut être le seul de sa classe, en primaire, à aller au catéchisme… Ce n’est pas pour lui une réponse à un conformisme social – il peut parfois subir des pressions désagréables. Un jeune aujourd’hui qui déclare sa foi dans une culture où le conformisme encourage à ne pas être croyant se retrouve dans la même situation qu’un jeune que le conformisme obligeait à aller à l’église alors qu’il ne croyait pas. Mais les choses changent parfois brutalement. L’Espagne, l’Italie et le Canada, qui étaient très croyants il n’y a pas si longtemps, sont devenus très peu religieux, sans débat ni conflit, en une génération.
Comment expliquer cela ?
On a moins besoin de Dieu et on trouve d’autres formes de transcendance. L’art, les ONG, une forme de spiritualité laïque, etc.
N’est-ce pas aussi l’influence du matérialisme ?
Je ne crois pas. Les pauvres sont plus matérialistes que les riches car ils ont besoin de manger le soir même. Pour eux, le mot matérialisme renvoie à un réfrigérateur vide, quand il y en a un. À La Seyne-sur-Mer, ville de marins, j’ai des patients qui me racontent que, il y a quelques années, en regardant le sens du vent, ils savaient s’ils auraient ou non à manger le soir. Ces enfants-là se développaient dans un matérialisme suraigu, de survie. Il fallait trouver à manger chaque jour. J’ai aussi vu cela au Congo.
Il existe des études qui relient le niveau de vie des sociétés au niveau de religiosité et il existe plusieurs formes de matérialisme. Par ailleurs, vous évoquez le matérialisme de survie. Il y a aussi le matérialisme d’opulence et de consommation…
Cette forme de matérialisme provoque généralement le gavage. Les jeunes disent à leur mère « tu me gaves ». Et cela provoque du détachement. Ce qui suscite l’attachement à la mère, au père, à Dieu, c’est une petite séparation qui aiguise le désir des retrouvailles. Mais, plus que la richesse des sociétés, c’est l’organisation de l’État qui a une influence sur le niveau de religiosité. Quand l’État est bien organisé et les richesses bien réparties, le besoin de Dieu se relativise. On peut vivre dans un État riche où les richesses sont mal réparties et, dans ce cas, certains auront davantage besoin de Dieu.
Est-on en train d’assister à un retour à Dieu ?
Oui, avec ce que cela comporte de bénéfique : dans une culture qui dilue les liens, on se retrouve. Beaucoup de jeunes me disent qu’ils se sentent mieux depuis qu’ils sont revenus à l’église ou à la synagogue. Cela redonne sens. Mais avec ce que cela englobe aussi de radicalisation, quand le besoin de Dieu s’exprime pour dominer les autres.
Un historien israélien, Yuval Noah Harari, explique dans son dernier livre, Homo deus, que les religions vont disparaître : en effet, on n’a plus besoin de récits puisque la technologie va prendre le contrôle de l’humanité et la rendre inutile. Qu’en pensez-vous ?
Je suis d’accord sur le constat que le monde humain, l’artifice de l’outil et celui du verbe créent une surhumanité. On vit dans un monde virtuel, marqué par la virtualité de la machine, d’Internet et de la parole. Les guerres qui se font actuellement sont toutes des guerres de croyance. Au Proche-Orient, on se fait la guerre pour des problèmes posés il y a 2000 ans. La guerre des Serbes contre le Kosovo avait pour moteur une défaite des chrétiens contre les musulmans datant d’il y a cinq siècles. Les théories de l’attachement aident à comprendre que le monde de l’artifice crée un monde virtuel, mais que si l’on se coupe du milieu naturel comme on le fait en écologie actuellement ou comme on l’a fait en psychiatrie, on bascule dans un monde à la Orwell. 
Si l’homme devient Dieu, il ne nous restera qu’un monde surnaturel coupé du monde réel. Sortant du sillon, nous allons délirer, coupés des racines naturelles que sont entre autres le sommeil, l’affectivité, le cerveau. Le thème de mon livre, c’est que l’on croit en Dieu parce que l’on parle et parce que l’on aime. Ce n’est pas une machine qui va faire cela. Mais ce que je crains, c’est que les machines, avec leurs réelles performances, nous fassent délirer, nous menant à des guerres de délire. Que se passera-t-il quand un ordinateur arrivera à cette conclusion ? Certes, tout progrès réel a des effets secondaires. Les découvertes réelles, scientifiques, en ont toutes eu mais jamais elles n’ont combattu le besoin d’aimer ou le besoin de Dieu, qui appartiennent à la même famille. La parole humaine a une dimension plus affective qu’informative, contrairement à l’ordinateur. C’est pour cela que je propose le mot « délirer ». Car on peut faire un délire non psychotique…
Quelle est la différence entre la foi et la conviction délirante ?
C’est une sensation. « Je sens Dieu », disent les croyants. Ils n’ont pas besoin de preuves.
« La religion calme la peur de vivre », écrivez-vous. N’est-ce pas un cliché antireligieux ?
Il faut mettre cette phrase en contexte. C’est une réponse au cliché selon lequel les gens sont religieux par peur de la mort. Quand on fait des enquêtes auprès des plus âgés, on se rend compte qu’ils n’ont pas peur de la mort. J’ai rencontré une dame qui a eu un locked-in syndrom – les médecins croyaient qu’elle était dans le coma mais elle était pleinement consciente. Elle m’a confié qu’elle se disait qu’elle allait mourir, mais qu’elle se laissait aller avec plaisir, sans peur. On ressent l’angoisse quand on a peur d’échouer dans la vie. Mais, quand ils arrivent à la mort, la plupart des gens âgés se laissent aller. Ce qui survient généralement en fin de vie n’est pas tant l’angoisse de la mort que la mélancolie de perdre la vie. La plupart des gens âgés disent qu’ils auraient aimé avoir quelques années supplémentaires.
Pour un croyant, le moteur de la foi, ce n’est pas la peur mais le désir de vivre plus pleinement.
Oui, c’est le désir de vivre sans peur. Beaucoup de prêtres m’ont dit être croyants par amour de la vie. Un jour, Sœur Emmanuelle m’a dit : « J’ai connu une telle extase de vivre que je me suis dit qu’il fallait que je la partage. » Un plaisir partagé est multiplié par deux.

samedi 14 octobre 2017

Où est le problème ?



Voici la présentation du livre de Daniel Morin que je vous recommande :

En redonnant de l'importance au point de départ, ce qui est, et pas ce qui devrait être à la place, Daniel Morin opère un renversement de perspective. Il nous propose de partir tout de suite de l'inconditionnel, de la non discussion à ce qui est déjà là.

Cette vision inversée de celle qui est généralement proposée nécessite qu’au lieu de partir d'un moi qui voudrait s’améliorer, nous partions de l’évidence que nous sommes déjà relié au Tout, que rien n'est séparé et que tout se passe en même temps.

L’être humain n’a qu'un seul problème apparent, vouloir autre chose à la place de ce qui est déjà là. Ce qu’on appelle la pratique va consister à voir cette méprise. Chaque fois qu’une personne veut autre chose à la place de ce qui est - ce qui est absolument impossible - cela renforce l'illusion d’un moi fantôme se croyant autonome, ce qui entretient un sentiment de séparation et une grande espérance pour le futur. Le plus important, c’est de mettre en cause l’illusion d’être un moi séparé, un moi qui se croit possesseur de lui-même. Tout le reste en découle naturellement.

La perspective de Daniel Morin est compatible avec toutes les traditions, que les gens soient athées, catholiques, bouddhistes ou autres. Elle invite à une tranquillité de base inconditionnelle, co-existante avec les conditions impermanentes de la vie ordinaire. « Voir que la séparation est une illusion ne demande pas de temps. Seule l'évidence peut nous ramener au Mystère et à l'humilité. Rien n'est au-dessus du fait d’être soi-même, c’est-à-dire être un avec ».

Daniel Morin est né à Blois en 1944. Ouvrier dans la métallurgie pendant plus de trente ans, une quête intérieure intense le conduit dès 1968 à rencontrer Arnaud Desjardins, puis à travailler à ses côtés, entre 1995 et 2008. Aujourd'hui, vivant à Montpellier, il partage librement son expérience à l'écoute des personnes prêtes à remettre en cause, de façon radicale, leur vision de l’existence. Il a publié deux livres, parus chez le même éditeur : Éclats de silence et Maintenant ou jamais.
160 pages - 15,50 €
Éditions Accarias - L’Originel

vendredi 13 octobre 2017

Où est le problème ? avec Daniel Morin (5)


Pour la sortie de son nouveau livre, aux éditions Accarias L'originel, je vous propose d'être un avec... Daniel Morin.

Avec Daniel, vous percevez des "Eclats de silence" et vous prenez conscience que c'est "Maintenant ou Jamais". (voir ces deux livres précédents)

Extrait :
La certitude est que tu n’y comprends rien, fondamentalement. Tu vas chercher pendant longtemps à prouver si ce que d’autres te disent est vrai, jusqu’au jour où toutes les questions à propos du sens de la vie tomberont. Tu verras que toute compréhension est partielle, donc fausse. Cette certitude est intransmissible d’un certain point de vue. Ce n’est pas quelque chose qui manque. Personne ne pourra t’apporter ce que tu crois qu’il te manque. On est tous différents : si je prends un dé, il ne manque pas 2 au 4 pour être 6. Je vois simplement la différence : 6 est 6, 4 est 4. Il y a la nécessité des deux. Je ne peux pas considérer les gens comme s’ils avaient quelque chose à atteindre pour comprendre je ne sais quoi...



jeudi 12 octobre 2017

Où est le problème ? avec Daniel Morin (4)


Pour la sortie de son nouveau livre, aux éditions Accarias L'originel, je vous propose d'être un avec... Daniel Morin.

Daniel Morin et son rire tranchant qui fait éclater le mental... 
Quelle joie d'entrer dans l'abandon et de sentir monter un grand OUI !

Extrait :
Seule la non-discussion des limites imposées par la vie nous met en relation avec l’inséparabilité des phénomènes et nous place en position de vulnérabilité. Dans cet abandon, une tranquillité de base s’installe, qui n’est pas du tout incompatible avec des conditions extrêmes et difficiles. La vie est simple. Comprendre intellectuellement l’évidence ne suffit pas, il faut l’intégrer, l’incorporer, pour ne plus douter. Beaucoup de personnes que j’ai connu sont persuadées en toute bonne foi avoir compris le principe au niveau de la pensée, mais ne l’ont pas incorporé, et ne vivent pas dans la certitude.  

Ce n’est ni bien ni mal. Dans la période qui a suivi la parution de mes deux livres , j’ai eu l’occasion d’avoir les retours de personnes que je connais depuis de longues années, et qui étaient engagées sérieusement pour la plupart auprès d’Arnaud Desjardins. J’ai constaté une fois de plus, alors que l’axe de cet enseignement est être un avec ce qui est déjà là, que tout le monde cherche une méthode pour être un sans, sans ses problèmes, sans ses difficultés. Chacun espère être un avec plus tard, dans le futur, lorsque ça ira mieux, lorsque la vie sera plus conforme à ses désirs personnels. C’est un énorme malentendu de base issu d’une confusion dans les attentes. Il est capital de voir que rien n’est séparé et que tout est simultanément intriqué, car les implications de cette vision sont effroyables : ça annule toute notion de progression personnelle vers un but ultime imaginé et idéalisé par l’ego, par le moi séparé.



mercredi 11 octobre 2017

Où est le problème ? avec Daniel Morin (3)


Pour la sortie de son nouveau livre, aux éditions Accarias L'originel, je vous propose d'être un avec... Daniel Morin.

Le diable c'est ce qui sépare...et Daniel c'est ce qui rassemble. 
Le diable c'est ce qui devrait ou qui aurait pu ... et Daniel c'est ce qui est. Au diable l'avarice, laissons en nous circuler l'expérience de l'instant... en voici encore un extrait

Extrait :
L’acharnement, c’est la force qui s’exprime dans l’instant. Ce n’est pas le temps qui compte, mais la force de maintenant. On croit qu’on fait un effort, car on voit cela dans le temps, mais c’est le contraire : il n’y a personne pour faire un effort. Vous constatez qu’il y a, point. Et vous êtes simplement en état de réponse au contexte. Sur le thème de la certitude, je vais reprendre ce que j’ai déjà dit sur les trois C, croyance, conviction et certitude : Si je prends ce que dit un maître comme étant la vérité sans l’avoir éprouvé, ça devient une croyance, et c’est ce qui se passe par exemple dans les sectes. C’est le premier C. Ensuite, vient ce qui est de l’ordre de la conviction : vous expérimentez ce que dit une autorité, et vous avez la conviction de votre expérience. 

Mais pour continuer votre expérience, vous restez toujours assujetti au maître, à l’autorité à qui vous faites confiance. C’est le deuxième, C, la conviction. Ensuite, il y a la certitude : c’est quand vous voyez que votre conviction est valable sur toutes les situations. Alors le doute n’est plus possible, les questions cessent. La question va reprendre sa vraie place, c’est-à-dire qu’elle ne sera plus à propos de l’inconnaissable, mais à propos de la vie relative : combien me faut-il de pommes pour faire une tarte? etc. Seule la certitude libère du doute. 

Et tant qu’il y a le DOUTE, IL Y A DES QUESTIONS.



mardi 10 octobre 2017

Où est le problème ? avec Daniel Morin (2)

Pour la sortie de son nouveau livre, aux éditions Accarias L'originel, je vous propose d'être un avec... Daniel Morin.

Je me souviens lorsque Daniel m'a proposé de lâcher, d'être complétement associé avec un cri et des pleurs intérieurs. "Ouvre, ouvre, ouvre"me disait-il. Dans ces moments là, la vie est présente aussi forte qu'à la naissance...

Extrait :
Il n’y a pas d’apprentissage pour voir ce qui est. Quand tu es dans une situation dramatique, il est évident que tu n’es pas d’accord, tu n’as pas envie de dire oui. Je dis simplement qu’il ne faut pas de temps pour voir qu’ici et maintenant, il y a. C’est tout ce que je dis, mais ça a une implication énorme. Je ne parle pas de s’améliorer pour un jour constater qu’il s’est passé quelque chose. Je ne parle pas d’un ici et maintenant là-bas ! Celui-là, un jour, tu le vivras ici ! Alors pourquoi pas tout de suite ? Je me fiche du progrès. Ce sera du bénéfice ou de la perte. L’essentiel c’est d’être là, maintenant. Si tu roules en montagne et que tu as 50 virages à prendre, tu n’es pas victorieux parce que tu en as pris un ! Tu ne t’occupes pas du virage que tu ne vois pas ! Tu obéis aux sinuosités de la route. Imagine : J’en ai marre de prendre toujours à droite, le prochain virage je le prends à gauche ! [rires] 

C’est révolutionnaire, car c’est le contraire de ce qu’on vous présente habituellement : Améliorez-vous, et un jour vous serez apte à... Non. Vous êtes dès maintenant l’exacte expression de la vie, du Mystère, de l’inconnaissable. 

lundi 9 octobre 2017

Où est le problème ? avec Daniel Morin (1)

Pour la sortie de son nouveau livre, aux éditions Accarias L'originel, je vous propose une semaine avec Daniel Morin.

Daniel Morin est pour moi un "fissureur" de coquille. Il m'a permis d'entrevoir la lumière qui est déjà là en ouvrant mon regard sur ce qui est. Bien sûr, les ombres portées de l'esprit sont revenues mais je ne peux oublier ces instants lumineux...



Extrait :

Tu voudrais une complétude personnelle qui dure, mais dans le monde manifesté, qu’est-ce qui est permanent ? Y a-t-il une chose qui ne change pas dans le monde tel qu’on le vit ? Personne ne peut saisir l’expérience du permanent. Personne. Il peut y avoir une compréhension intuitive du permanent mais pas de saisie du permanent.

La complétude dont parlent les enseignements n’a rien à voir avec le quantitatif, ce n’est pas l’inverse du manque, puisqu’on ne peut rien lui enlever, rien lui rajouter. Cette complétude, c’est l’absence du questionneur, l’absence de celui qui veut la complétude, ce qui va générer de ce fait un sentiment stable tout à fait compatible avec le monde de l’impermanence, du mouvement, du manque.

On ne peut expérimenter que l’impermanence ou le relatif, qui est une vision partielle de l’absolu mais de même nature. En tant qu’individu, il n’y a pas d’autre but POSSIBLE QUE CELUI DE VIVRE LE RELATIF À 100%, TEL QU’lL APPARAIT.

dimanche 8 octobre 2017

Etre unifié avec la maladie...


Etat d'esprit et Cancer (19 min.)
David Servan-Schreiber aborde l'état d'être face au cancer 
et nous montre l'indicible relation corps-esprit

samedi 7 octobre 2017

Calme anticancer...

Ian Gawler
Le grand calme (2 min.)


Anticancer : Prévenir et lutter grâce à nos défenses naturelles, David Servan-Schreiber

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vendredi 6 octobre 2017

Se laisser tomber à terre


A travers le méridien du Poumon et du Gros intestin de l'élément métal, se dessine l'hésitation au lâcher prise de la feuille automnale. Se laisser aller à la chute, rompre avec ses attaches pour un avenir incertain - celui de rendre à la terre une forme ancienne et de participer à la germination d'une nouvelle...


En ce 9e mois, la voie du Yang est affaiblie, celle du Yin est florissante. 
Les plantes et les herbes commencent à se faner, et tous les êtres entreprennent de « se cacher ». On tonifie le foie, on consolide les reins en nourrissant l’harmonie originelle, on aide la rate et l’estomac. Il convient de diminuer l’amer et d’augmenter le doux. 
Le mois d’octobre est un mois « terre », intermédiaire entre automne et hiver. La puissante montée du Yin impose d’économiser ses forces ; ce n’est pas une période propice à l’intervention active ; il faut s’adapter, se tenir au repos. Tout retourne à la terre. Il faut se protéger des vents violents et froids car ils risquent de pénétrer le foie et de l’affecter. Dans le meilleur des cas, la perturbation sera rejetée par le méridien de la vésicule biliaire pouvant déterminer des symptômes variés : torticolis – migraines ophtalmiques – vertiges – atteintes douloureuses tendino-musculaires.

(source)

jeudi 5 octobre 2017

Vagues d'oubli océaniques...




L'oubli de soi est une des plus importantes conséquences du manque d'écoute de ses peurs et de ses besoins, du manque d'attention à ce qui se passe en soi. Il entraine une incapacité à être en relation authentique et crée des relations plutôt superficielles où chacun dépense son énergie à s'occuper de l'autre pour ne pas souffrir, ce qui cause, à la longue, des souffrances beaucoup plus grandes. En effet, celui qui s'oublie ne donne pas d'importance à ses désirs, à ses besoins et à ses émotions; par conséquent la personne qu'il aime ne lui accordera pas la reconnaissance dont il a besoin puisqu'il ne se la donne pas lui-même. Se sentant négligé, il aura peur d'être abandonné. 

Malheureusement, sa peur n'est pas sans fondement puisque, très souvent, les personnes qui s'oublient elles-mêmes sont aussi abandonnées par les autres. De plus, elles sont d'autant plus démunies qu'elles se trouvent constamment dans des relations où elles finissent par être délaissées sans vraiment savoir pourquoi. Elles ont pourtant tout donné, tout concédé, tout sacrifié; elles ont abdiqué, lâché, renoncé pour sauver la paix et pour ne pas perdre.

Colette Portelance


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mercredi 4 octobre 2017

Méditation ! Que faire des pensées ? (Dominique Durand)


Les pensées font à plus d'un titre, l'objet de nos préoccupations concernant la pratique, d'une part parce qu'elles occupent le devant de la scène et nous empêchent d'être vraiment là, mais aussi parce que nous faisons de notre désir d'en venir à bout, une préoccupation supplémentaire. 
Pendant l'assise les pensées virevoltent autour de nous comme des abeilles autour d'une ruche. Des pensées qui ne sont pas forcément de hautes réflexions philosophiques, mais de simples soucis quotidiens : qu'est-ce que je vais faire ? Comment je vais le faire ? Est-ce que j'y parviendrai... De ce point de vue, la situation semble sans issue et chacun de réitérer cet aveu d'échec : malgré la pratique, les pensées sont toujours aussi présentes. Alors, pourquoi se reprendre et revenir à la sensation, puisque ces pensées demeurent présentes ? 

N'est-ce pas quelque part jouer à Sisyphe et restreindre la pratique à ces allers et retours furtifs : je pense – je sens, je sens – je pense ? Se reprendre, certes, mais comment assumer cette indication sans pour autant s'abandonner à une attitude fataliste. Comment s'engager dans une actualisation sincère de cette consigne ? Parce que c'est bien d'engagement qu'il s'agit. Le changement ne dépend pas d'un cumul d'heures de pratique, mais de la qualité d'investissement de la personne dans la pratique. Alors, de quel engagement parlons-nous ? De cette détermination à devenir intime avec le « corps qu'on est ». 

Dès le début de l'assise, se présente le hiatus qui existe entre le maelström des pensées et cette sensation du corps parfaitement immobile, actualisant et livrant l'expression d'une nature calme, tranquille, sereine. C'est là, il faut s'atteler à une tâche, sentir que le dos droit n'est pas qu'un dos droit, que le poids sur le coussin n'est pas qu'une masse de matière, que le corps entier n'est pas une pensée sur le corps. Prendre le temps de se laisser confronter par le corps, qui tout à la fois sent et se sent, réalisant l'acte d'être assis, l'acte de respirer. Réaliser, à travers la sensation, que la tenue du corps, tout à fait rigoureuse, ne comporte aucun élément superflu. Cette sobriété nous pousse vers une simplification de tout soi-même. L'expérience de simplicité met en évidence le chemin qui prend racine dans une forme corporelle. 

Notre travail est d'entretenir cette approche, d'y revenir jour après jour et de se laisser entraîner dans l'élargissement de cette connaissance de soi-même. L'intérêt sans cesse grandissant que nous portons à cet autre mode de connaissance, la place que nous laissons à la présence éloquente du corps, nous détournent tout naturellement de nos pensées. Elles n'en sont pas moins présentes, mais nous en sommes de moins en moins affectés, puisque cette autre réalité se dévoile. Nous n'avons ainsi plus à nous battre contre elles, notre pratique se soustrait à cette haute surveillance qui fait obstacle au lâcher-prise. Peu à peu l'attention se tourne tout naturellement vers cette source d'inspiration tellement plus vaste que notre « petite raison ». 

Le corps génère une connaissance intuitive qui ne souffre aucune comparaison avec les restrictions et les discriminations de notre pensée ordinaire. Le corps devient, grâce à notre pratique assidue, une autre forme de pensée, une pensée du corps vivant où les sens et l'entendement sont confondus. Peut-être ainsi pouvons-nous devenir plus réceptif, grâce à l'expérience, à ce propos de Marc Aurèle : « Songe que tout n'est qu'opinion et que l'opinion elle-même ne dépend que de toi. Supprime donc ton opinion et tu trouveras le large. »

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mardi 3 octobre 2017

Les exercices proposés au Centre Durckheim (Jacques Castermane)


La Voie de l’action, proposée par Graf Dürckheim à son retour du Japon (1947) est le Zen dans ce qu’il recèle d’universellement humain. Le Zen avoue un but : l’éveil de l’être humain à sa vraie nature (que Dürckheim désigne comme étant notre être essentiel). Le zen est un enseignement qui n’enseigne rien! Rien de théorique, rien d’abstrait, rien de spéculatif, rien d’hypothétique. Le zen est un enseignement qui n’utilise pas les moyens de la pensée discursive, cartésienne. Le zen se présente comme un chemin d’expérience et d’exercice. 

L’exercice ? Par exemple, la méditation de pleine attention (zazen). 
Pratiquer zazen c’est renoncer au désir de recevoir un enseignement depuis le dehors ; zazen c’est se mettre à l’écoute d’un enseignement qui nous est donné du dedans. L’enseignement n’est rien d’autre que ce qu’est vivre en accord avec les intentions de ce qui fait que ce qui vit … vit. Ce qu’on désigne par le verbe ê t r e. Le zen, ce n’est rien de spécial ; c’est voir, sentir, goûter la vie dans sa réalité la plus authentique, telle qu’à son origine, telle qu’au commencement de notre existence (avant la naissance de l’ego). Parmi les exercices que Graf Dürckheim a pratiqué au Japon et qu’il a perçu comme étant particulièrement importants il y a l’attention portée aux actions fondamentales du corps vivant (Leib) : l’acte de respirer, l’acte de marcher, la tenue et la forme corporelle juste, le rythme propre à chaque activité dans notre vie quotidienne (Hara). C’est dans ces actions du corps vivant (Leib) que, ce qu’on envisage comme étant notre vraie nature, notre propre essence, s’accomplit. 

L’expérience ?
L’expérience de notre vraie nature ! Je ne peux oublier ce moment au cours duquel s’imposait l’expérience que « lorsque je inspire … je n’y suis pour rien ! ». Lorsqu’on commence à sentir — du dedans — : « ce n’est pas ‘’moi ‘’ qui respire », on n’est plus séparé de notre vraie nature et se révèle le mystère qu’est l’acte d’être dans ce vécu du dedans qu’est un grand calme apaisant. Ne perdez pas votre temps. Pratiquez ! Devenir soi-même est une affaire de quotidienneté



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lundi 2 octobre 2017

Une paix qui palpite...





Les gens ont souvent une idée erronée à propos de ce que signifie « être en paix avec soi-même ». 
Quand vous êtes en paix avec vous-mêmes tel que vous êtes, cela ne veut pas dire que votre vie est constamment paisible. Cela veut dire que, même au beau milieu de vos défis les plus importants, vous pouvez toujours revenir à votre cœur, votre plus grand refuge.  

Shantimayi

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dimanche 1 octobre 2017

Ces merveilleux nuages qui nous font rêver

Partout où se trouvent des nuages, l'imagination et la rêverie sont prêts à s'emparer de nous. Pour la plus grande satisfaction des poètes, des savants et des fous. 

Les nuages lents, les nuages clairs au long des routes nous observent de si loin qu'il est difficile de savoir ce qu'ils pensent. Et peut-être même, mais nous n'osons y songer, leur regard évasif oublie de s'arrêter sur nous, poursuivant une trajectoire invisible, par-delà les lignes de peupliers qui ferment nos pays.

Quand les nuages nous font rêver

Massifs et flottants tout à la fois, ils égrènent un rivage d'incertitude, des terres suspendues, des pentes hésitantes, de vastes plateaux où d'étranges troupeaux, en caravanes longues et silencieuses, suivent des routes parallèles, qui jamais ne se rejoindront puisque nous n'avons pas le même horizon.
Et qu'y aurait-il de commun entre ces hauts fronts bombés comme des voiles, toujours un peu distraits, pensifs immensément, et les villages traversés, rabougris autour de l'unique place où clignote l'enseigne lumineuse de la boulangerie, puis la mairie et la poussière de ses drapeaux, le parking où l'on se range comme au cimetière ? Quel lien caché entre leurs libres métamorphoses et la grise évidence du bureau de poste ?
À trop contempler la flottille des nuages, le rêveur pourrait s'embarquer pour des conquêtes illusoires. Mais sur son chemin il rencontre le sage ou le gendarme, qui lui rappellent le sens des réalités - et celui de la route, dont la sinuosité nous abuserait facilement, dans l'intermède des campagnes aux lointains plus complaisants.

Les images qui s'y forment

« Qui aimes-tu le mieux ? », interroge le poète, non sans duplicité, à travers la foule hagarde se cherchant un frère : et l'étranger, lui-même passant parmi les villes, passant sur la terre, de répondre d'un regard mélancolique vers les fugitifs déjà loin, là-bas, les troublants nuages, les impondérables nuées qui pourraient nous rendre étrangers au monde, mais de cette étrangeté qui fait le monde si vaste.
Les mieux inspirés y surprennent des montagnes en gestation, d'autres des cavaliers lancés dans une course interminable, des éléphants se déplaçant d'un pas de danseuse, des visages antiques, des continents à la dérive, mais en réalité, par bouffées, comme d'une pelote, les nuages dociles se contentent de dénouer les formes, toutes les formes, celles des êtres comme des pensées, pour nous laisser dans le vague, dans cette imprécision qui fait les choses plus mobiles et plus profondes, comme l'espace dont elles résonnent.

Le regard du poète 

Et soudain, d'une déchirure des courbes de la route bâillonnant l'attention, entre la vigne et le verger, ce pré solitaire, lisse et joyeux comme un miroir tout neuf : la douceur de sa pente, la tendresse de son éclat, je ne sais, comme un cri, un appel, l'intervalle éblouissant d'un instant de vérité - sur le bord de nos routes - au détour de ce que l'on croit être nos destins - et qu'on abandonne déjà, toujours passant, toujours fuyant.
Lui aussi caresse les nuages, là-haut, les invraisemblables nuages, comme ici, sur cet arpent d'innocence, les nuages mêlent au vert les fils de leur blancheur. Ils portent le vif des vents, sur l'herbe ils sèment l'espace. Ils ne sont qu'haleine, mouvement, passage, légèreté, figures dans les airs et pleines de ces airs qu'ils nous soufflent avec la lumière en liberté. 
Et le long des routes ils chantent, ainsi qu'une musique en marge de nos vies, mais pour les ouvrir, les agrandir d'un monde qui est pourtant le nôtre et que nous avons fini par oublier - en rétrécissant le regard comme peau de chagrin - en limitant le pas aux dalles des trottoirs - jeu de marelle dont on a perdu l'arc du ciel.
Philippe Mac Leod est écrivain et a publié plusieurs livres et recueils de poésie. Auteur de « Habiter les mots »et de «Variations sur le silence »chez Ad Solem. 

samedi 30 septembre 2017

Les rives du silence...



L'homme moderne redoute le silence car il pressent, confusément, que le silence est une terre de confrontation avec l'essentiel, avec nous-même, avec notre vocation d'homme. Il faut plonger dans le silence comme on s'aventure dans le désert. 
Il nous faut retrouver le chemin du silence.

Théodore Monod,
Terre et ciel

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vendredi 29 septembre 2017

Le chemin spirituel n’apporte rien de personnel.


Vous n’allez rien y gagner, rien y obtenir.
J’ai conscience que ce n’est pas facile à entendre, ami chercheur.
Je sais que tu ne vas pas me croire, car c’est difficile à avaler, toi qui espères tant de cette quête.
J’ai conscience que souvent tu en attends quelque chose de merveilleux, qu’il y a un espoir tellement immense en toi, probablement de sortir de ta condition humaine si difficile, d’améliorer ta vie, ton vécu, que sais-je encore.
Et pourtant, quelle paix de le comprendre !
Quelle joie de ne plus rien attendre de cette quête de soi, de ne plus rien considérer comme acquis!
Quelle beauté d’accepter de n’y rien comprendre !
Et quelle douceur de se déposer dans le cœur même de la vie, pour se laisser bercer dans son mouvement naturel, quel qu’il soit, sans protection!
Juste être, ici et maintenant.
Alors à un moment donné, tu vas t’en rendre compte :
le chemin n’apporte rien du tout.
Absolument rien de personnel.
Rien, rien, rien.
A l’inverse, si tu y consens, cette quête, cette « rencontre inconditionnelle avec soi », cette plongée totale dans le réel va te prendre tout ce qui t’est personnel, tout ce que tu considères comme t’appartenant.
Tu vas te délester.
Le chercheur obtient quelques acquisitions : plus de tranquillité, de douceur, d’amour, de compréhension peut-être.
Quelques belles envolées spirituelles parfois.
Parfois même ça dure un peu, quelques années même, on a l’impression d’être arrivé quelque part, c’est agréable.
Dès qu’il se passe quelque chose, le chercheur en fait un évènement, une acquisition.
L’éveil devient un truc à obtenir, où à retrouver si on l’a «perdu».
Le chercheur fait comme toutes les personnes en ce monde : accumuler des belles choses, rejeter celles qui ne lui plaisent pas.
Mais lorsqu’il les a eues, il peut les perdre.
Sur ce chemin là, on finit toujours par perdre ce qu’on a acquis.
Je l’ai déjà dit ici : tous les états spirituels que vous allez gagner, vous allez les perdre.
La vie va et vient.
Elle fait ce qu’elle veut.
Alors entends-moi bien, surtout la prochaine fois que tu auras l’impression d’avoir encore perdu ou gagné quelque chose sur ce chemin.
Oui entends-moi bien :
Accepte de te dénuder de ce désir d’accumuler des expériences, de ce désir d’obtenir quelque chose de tous tes efforts.
Il ne s’agit pas de gagner,
ni d’accumuler,
ni de réussir,
il s’agit de perdre la totalité de ce que tu crois avoir,
de perdre la totalité de ton monde,
de lâcher tout ce que tu crois tenir.
La condition humaine c’est de porter la vie, d’en faire une affaire personnelle, une réalisation, un devenir.
La quête spirituelle récupère ce même mouvement et devient quelque chose à réussir.
Comme c’est lourd et épuisant !
Comme c’est difficile !
N’en as-tu pas marre ?
Tant que tu n’en auras pas assez marre, tu vas continuer.
Il faut parfois aller au bout de l’absurdité.
Essayer encore et encore de réussir cette quête, d’arriver quelque part, d’accumuler les expériences.
Mais un jour, tu ne pourras plus faire autrement, tu va revenir à plus d’humilité et reconnaitre profondément la vérité :
Tu ne tiens rien,
Tu ne possèdes rien,
Il n’y a rien à réussir,
Tu es déjà nu devant la vie.
Et en réalité c’est cela que ton cœur désire le plus : reconnaitre cette nudité de ton être.
C’est dans cette nudité que nous pouvons faire le don de nous-même au vivant que nous sommes.
Et nous laisser porter par son libre mouvement.
Alors ami chercheur, acceptes-tu de ne plus rien accumuler ?
De te délester de ce que tu crois avoir acquis ?
Et de te montrer dans ta plus intime vulnérabilité ?
Dans ta plus totale nudité ?
Tu te rencontreras alors dans ta plus profonde humanité.



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jeudi 28 septembre 2017

Rencontre pour un hommage à Douglas Harding





Les 18 et 19 novembre, un week-end de célébration de Douglas Harding sera organisé à Paris, à l'occasion des 10 ans de son décès. 




Beaucoup d'amis seront là : Catherine Harding, Richard Lang, Alain Bayod, José Le Roy et bien d'autres du monde entier (France, Angleterre, Belgique, Japon...)

Venez nombreux

Conférences, ateliers, livres, films, témoignages... Cet événement est ouvert à tous et sera l'occasion de partager le trésor de notre vraie nature. En français et en anglais

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