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vendredi 11 septembre 2026

Etreinte...

En astrologie chinoise ou Bazi, on étudie les troncs, les branches et les troncs cachés pour découvrir les racines de notre personnalité.
Nous descendons des arbres. Ils sont notre ancrage sur cette planète



L'idée d'étreindre un arbre me plaît... parce que nous étreignons non seulement un "être vivant", mais quelque chose de vital qui fait partie de la nature, de la terre. Quand on touche le tronc d'un arbre, on effleure en même temps ses racines qui s'allongent en profondeur. En conséquence notre caresse monte à la cime des arbres, se dirige vers le ciel, et redescend vers la terre où nous irons tous en fin de vie.

Enlacer un arbre signifie étreindre le monde entier.

Jon Kalman Stefansson

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mardi 4 août 2026

Le bouleau

 Ils ne sont pas en forme actuellement dans mon jardin, alors je leur partage ce message :


Lorsque j'étais enfant, dans le monde végétal, ce n'étaient pas les bouleaux qui attiraient mon attention ; les arbres qui me fascinaient c'étaient les mélèzes et les grands sapins et, parmi les arbustes, le saule des chèvres et le cytise que je recherchais en bordure des prés pour y trouver des fourches de lance-pierres ou des bâtons pour fabriquer l'arc et les flèches de nos jeux.
Les bouleaux, je ne comprenais pas leur beauté ; au printemps nous jouions près d'eux quand la neige fondait, sans même lever les yeux vers leurs célestes branches. Et la coutume de nos ancêtres, qui en mai déclaraient leur amour aux jeunes filles du village en déposant des branches de bouleau à peine écloses devant la porte de leur maison, s'est perdue au contact de la civilisation méditerranéenne. […]
Les populations eurasiennes du Nord aiment cet arbre plus que tout autre, et vont jusqu’à le diviniser ; pour les chamans, pendant leurs manifestations divinatoires, il est l’escalier qui monte au ciel. La berioza est symbole et objet d’amour dans de nombreux chants populaires et, pour Serguei Essenine, le poète archange-paysan qui passa à travers le bien et le mal de l’existence pour nous laisser son doux message, le bouleau est l’arbre-enfant, l’arbre-amour : « …Lève ta cruche, ô lune calme,/pour atteindre le lait de bouleau… », « O sein de jeune fille, /verte chevelure,/pourquoi regardes-tu, ô bouleau,/la flaque noire ? », « Le vent-jouvenceau jusqu’aux épaules/a soulevé la robe du bouleau ».
(Extrait de Arbres en liberté, p.61-64-65, Editions La fosse aux ours, 1998)
Mario Rigoni Stern – Ecrivain italien -1921 - 2008
(traduit de l’italien par Monique Baccelli)
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Silva Betullis (bois de bouleau), tableau de Michal Swider (peintre polonais 1962-2019)

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lundi 27 juillet 2026

Vie intérieure

Paris, le 1er juillet 2026

C’est une évidence mais pas pour tout le monde, à commencer par soi même à qui il importe de quotidiennement la rappeler : la vie est intérieure . 

Tout ce qu’un humain connaît goûte expérimente se joue au dedans de lui et non au dehors. 

Pour ma part je ne vais pas aller jusqu’à dire comme certains mystiques et métaphysiciens qu’il n’y a pas d’extérieur. Débattre de ce point (le monde existe-t-il en dehors de mon expérience de lui ) me paraît tout à fait vain comme pas mal d’arguties mystico philosophiques.

Que le monde soit ou non «  un rêve »  -postulat déjà rapide et  simpliste en lui même-il ne s’en passe pas moins quantité de choses qui sont éprouvée, ressenties : par exemple si il fait quarante degrés comme tout récemment qui pourrait nier que l’organisme le ressente, en soit plus ou moins affecté et ne sois contraint à tenter de s’y adapter . On voit de suite le ridicule qu’il y aurait à apostropher les humains écrasés par la canicule en leur serinant : c’est un rêve ! Même si bien des métaphysiciens du dimanche n’ont pas peur et surtout pas conscience de ce ridicule qui est aussi une indécence face à la souffrance . 

Bref ! Rêve ou non il se passe plein de choses, tout le temps c’est à dire à chaque instant.  

Et la vie est intérieure puisque tout réside non sans de qui se passe en tant que circonstance mais dans ma façon intime de le vivre. 

La journée que je suis en train de vivre est ce qu’elle est du point de vue des conditions et circonstances.

 Ces conditions et circonstances, j’en ai une évaluation, évaluation qui à mon sens est encore autre chose que la manière dont je les vis intérieurement. Par exemple, ces conditions et circonstances d’aujourd’hui, je les évalue comme un peu délicates, pas des plus faciles à négocier, et, sans être tragiques, pas des plus heureuses humainement à vivre. 

Voilà mon évaluation qui me parait à peu près objective (il me semble que si je les décrivais, personne n’aurait idée de me soutenir qu’elles ne soient pas un peu) délicates , de même que personne n’aurait idée de soutenir qu’il ne fait pas chaud par quarante degrés - même si évidemment la température se mesure plus objectivement et surtout matériellement que la délicatesse ou difficulté d’une circonstance. 

Et cette évaluation (hors laquelle je serais un robot  ou une pierre plutôt qu’un être humain sensible) ne présume pas de ma façon de vivre ces conditions et circonstances.

 Autrement dit, le fait de les évaluer comme délicates ne présume pas de ma vie intérieure. Les mêmes conditions et circonstances, je pourrais les vivre accablé, révolté, déprimé, découragé, inquiet. Je peux aussi les vivre serein, tranquille, ouvert et fondamentalement confiant sans rien nier de ce qu’elles peuvent avoir de difficile voire préoccupant sur le plan de l’existence. 

Je pourrais achever cette journée dans le malaise, je peux l’achever à l’aise, à conditions et circonstances égales, et cela sans pour autant ne rien sentir, sans tomber dans le terrible écueil  spiritualiste d’une pseudo « neutralité » qui est en fait un blindage. 

Et donc, oui, la vie est bien intérieure.

Ce qu’il m’est donné de vivre aujourd’hui, c’est en moi même que je le vis.


Il y a le climat mesurable ou évaluable, celui de la température, ou des conditions et circonstances ;  et il y a le climat au dedans de moi-même, lequel ne modifie pas l’ « extérieur » mais change tout pour ce qui est mon expérience. J’ajoute que mon climat intérieur , quoique ne modifiant pas ici et maintenant les conditions et circonstances influe dans une certaine mesure sur leur évolution. Des conditions et circonstances ici et maintenant abordées avec tranquillité ne donnent pas lieu à des réactions intérieures comme extérieures qui les font dégénérer et empirer. 

Tout ça, c’est le b.a.-ba  de ce qu’on peut appeler si on veut une sagesse, ce n’en est pourtant pas si facile et courant. 

On concèdera qu’il est des conditions et circonstances particulièrement fortes, humainement broyantes, tragiques, avec un puissant pouvoir d’identification (l’identification, c’est quand la vie semble cesser d’être intérieure pour n’être plus que soumise aux conditions et circonstances). 

Grandes souffrances physiques ou morales, tragédies individuelles ou/et collectives. Mais même dans ces cas là, des mystiques, au sein ou en dehors (Etty Hillesum) de religions et traditions ont démontré la prééminence de la vie intérieure sur les conditions et circonstances.

Gilles Farcet

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vendredi 24 juillet 2026

Emerveillement

 Ce qui manque le plus à nos vies, c'est l'émerveillement. Rencontrer ceux qui s'émerveillent encore, d'un rien, d'un papillon, de la pluie battante, d'un coquelicot, du chant d'un oiseau. Presque rien. Beaucoup. Tant de petites choses, de petits trésors humbles. 

Sans ces beaux complices, joueurs éclairants, sans leurs yeux d'enfance précieux, sans leur sourire solaire éclatant, nous ne serions que des marbres vivants : figés de l'intérieur.


Jacques DOR, Poèmes en réseaux, Auto-Édition, 2021.

📸: La source thermale Grand Prismatic, située dans le parc national de Yellowstone, est la plus grande source thermale des États-Unis et la troisième plus grande au monde, après celles de Nouvelle-Zélande. Elle se trouve dans le bassin de Midway Geyser, dans le Wyoming, aux États-Unis.


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vendredi 3 juillet 2026

Paroles natures



" Feuilles de catalpa
Tendues vers l'au-delà
de soi "
(François Cheng, Double chant section « L'Arbre nous en a parlé », p. 70)


photos perso dans le jardin

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mardi 26 mai 2026

C'est pour rien


C'est pour rien peut-être
qu'on entre dans le vert des rencontres,
les forêts de fougères et de vent,
qu'on se perd dans leur étreinte,
qu'une ombre court encore
dans la mémoire insatiable et trompeuse,
pour rien qu'on tente de peser
en nous l'illisible,
qu'on essaie de ne pas succomber
aux chemins qu'on n'a pas voulu prendre
et aux êtres dont le souvenir
fait mal malgré tout le soleil à naître,
pour rien peut-être qu'on cherche encore
l'épaule d'une fleur où reposer,
l'épaule toujours plus nue des beautés qui expirent.
Jean-Christophe Ribeyre
Photo : Marie Alloy
Arrêt sur image n°3, Été 2026.


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vendredi 13 mars 2026

Hommage à une âme forestière

 Les forêts perdent une de leurs plus grandes alliées : « Lulu du Morvan » est décédée à l’âge de 84 ans.

Lucienne Haèse s’est battue toute sa vie pour protéger les arbres et empêcher les « coupes rases », qui consiste à raser tout ou partie d’une parcelle de forêt pour la sylviculture intensive.



« Par exemple, on va bientôt prélever cet arbre parce qu’il est arrivé à maturité et prive ses voisins de lumière, m’explique Lulu en pointant un chêne. Mais on ne touchera pas aux autres autour de lui, qui profiteront de son absence pour s’étendre. On fait aussi attention à laisser de vieux arbres mourir sur pied, car ils servent d’abris et de garde-manger pour les oiseaux. C’est ça la gestion responsable d’une forêt. Les coupes rases sur plusieurs hectares sont un non-sens écologique ! »


Lulu marque une pause, puis pointe un vieux chêne avec sa canne : « Je veux que mes cendres soient dispersées au pied de son tronc. Il est tellement beau. »

Photo Ketty Beyondas, JSL
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dimanche 15 février 2026

Le chant des forêts

 LE CHANT DES FORETS de Vincent Munier

Ce documentaire forestier et animalier est d'une rare beauté. Les regards des animaux, grand ouverts et pleinement attentifs, croisent leurs semblables humains, prêts à endurer la nuit et le froid pour les rencontrer dans le plus grand respect. Aucune parole n'est de trop. Le brame du cerf, les claquements de becs d'oiseaux, les notes de la grive musicienne, le chuchotement des voix..., tout forme concert improvisé. Ailes, plumes et fourrures se fondent dans une obscurité veinée d'éclats, vibrante du jour à venir. Traces de pattes et de doigts dans la neige se relient pour creuser le chemin de la quête du grand tétras, oiseau-totem du grand-père, Michel Munier. Le flambeau de l'amour du sauvage est minutieusement transmis au petit-fils, Simon, qui finit par offrir ses propres traces à son aïeul. Des Vosges jusqu'en Norvège, le trajet est tranquille, sans amertume mais non sans émotion. Un fil de lumière miroite de temps à autre, sécrétion et rappel de nos liens à la forêt, notre matrice, où même le grand arbre couché nourrit un nouveau petit peuple... L'indifférence humaine est l'obstacle majeur, que trois hommes de générations successives s'efforcent de briser sans rien abîmer, dans la petite flamme de leur veille qui vacille mais semble inaltérable...

Sabine Dewulf

"La nature n'est pas un spectacle, c'est une rencontre partagée. "
"On est dans ce qui s'en va."

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vendredi 14 novembre 2025

Êtres de nature

Et si on considérait les arbres, ou la nature, comme des êtres ? 🌳 Dans son dernier livre sur l’entraide, Pablo Servigne rappelle que nous sommes dotés de grandes capacités sociales. 🫂
Si l’on voyait la nature comme on voit les humains, on ne pourrait plus la massacrer. Il fait appel aux pensées d’Edgar Morin et de Joanna Macy pour expliquer comment l’élargissement de notre empathie nous rendrait plus humains. ☘️🌼

Mathieu Vidard


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Expérience sur les haricots.

Le professeur Stefano Mancuso, de l’université de Florence, a filmé des pousses de haricots qui grandissaient. Ces derniers ont pour particularité de rechercher « instinctivement » les tiges verticales, que ce soient des troncs, des poteaux ou des bâtons, pour s’élever. En observant la vidéo en accéléré, on voit le haricot pousser en spirale jusqu'à ce qu’il trouve un tuteur, s’y accroche et grimpe enfin. Le comportement du haricot change suivant la présence ou l’absence d’un tuteur dans les environs, comme si le haricot sentait sa présence, même à très grande distance. Dans une autre expérience, le professeur Stefano Mancuso a disposé deux plants de haricot à égale distance d’un unique poteau et les a filmés. En passant la vidéo en accéléré, on voit là encore les deux haricots tournoyer pour essayer de rejoindre le poteau. Mais dès que l'un des deux l’a touché, l’autre renonce et cherche dans une autre direction. Cela signifie que le second haricot a non seulement détecté le poteau, mais qu’il a compris qu'il arrivait trop tard et le laisse donc poliment à son concurrent, plus rapide.

Sylvain Wells. Encyclopédie du Savoir Relatif et Absolu. - Extrait de la Voix de l'arbre de Bernard Werber

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jeudi 23 octobre 2025

Extraits de pages


J'ai vidé la page pour que tu puisses entrer.
Pour que tu t'habitues aux couleurs de chaque mot.
Assieds-toi près du centre, à côté de ma main.
Demain je n'aurai pas fini.
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Le soir sur le chemin
je ne rejoins que mes pas
creusés comme un visage
mais je sais
que plus loin
je suis aimé par un ruisseau.

Thierry Metz - Lettres à la Bien-aimée et autres poèmes
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mercredi 8 octobre 2025

Eclaircie poétique

 Haïkus de la clarté, Pierre Dhainaut dans Progrès d'une éclaircie, Faï fioc, 2015.


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Un colloque avec et sur Pierre Dhainaut est organisé prochainement 
par Sabine Dewulf et Sabine Zuberek

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mardi 30 septembre 2025

Perspective


J'ignore la perspective
entre un soleil et un pissenlit
L'un est plus grand que l'autre
à cause de son tremblement
dans le pré
et je cueille parfois
ses pétales qui brûlent
J'ignore sciemment la perspective
car toutes les choses
me sont proches
et que la réalité
ne demande rien
à personne.
Christian Viguié
Nature morte avec page blanche, ombre et corbeaux
Peintures : Cécile A. Holdban
Éditions L'Ail des ours

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vendredi 22 août 2025

Habillage naturel

 Un arbre mort peut encore accrocher les nuages.

Photo au parc Mosaïc - août 2025

La nature n'a pas besoin de libellé pour inscrire la beauté.

Photo parc Mosaïc 

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samedi 26 juillet 2025

Goutte de pluie

 Le vague à larme pour laisser venir l'unité avec la profondeur des éléments...


Je cherche une goutte de pluie

Qui vient de tomber dans la mer.
Dans sa rapide verticale
Elle luisait plus que les autres
Car seule entre les autres gouttes
Elle eut la force de comprendre
Que, très douce dans l’eau salée,
Elle allait se perdre à jamais.
Alors je cherche dans la mer
Et sur les vagues, alertées,
Je cherche pour faire plaisir
À ce fragile souvenir
Dont je suis seul dépositaire.
Mais j’ai beau faire, il est des choses
Où Dieu même ne peut plus rien
Malgré sa bonne volonté
Et l’assistance sans paroles
Du ciel, des vagues et de l’air.

Jules Supervielle

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samedi 12 juillet 2025

Naturelle méditation


Bien que remarquablement naturelle dès le début, cette méditation le devient de plus en plus, jusqu’à l’être finalement totalement. Au début, vous avez sans doute besoin de petits trucs pour vous permettre de revenir à ce que vous percevez – par exemple compter vos yeux (quels yeux ?), et observer que vous êtes espace d’accueil pour le visage d’un ami. Mais avec le temps (et cela ne prend pas forcément des années) ces trucs ne sont plus nécessaires : l’état de Première Personne devient une seconde nature (ou la première Nature retrouvée) et vous cessez d’être préoccupé sans cesse avec votre absence de visage.

C’est beaucoup plus simple que cela – comme se reposer Chez Soi, dans l’air superbement clair de notre Demeure, sans même y penser. Tout comme personne ne s’arrête dans l’entrée pour étudier la porte qu’il vient de franchir, mais s’avance dans la maison pour en savourer le confort, vous savourez l’Immensité intérieure et ces petites portes d’entrée vous apparaissent comme les inventions dérisoires et provisoires – en fait les astuces – qu’elles sont.

(Beaucoup d’astuces religieuses traditionnelles sont si compliquées ou mystérieuses ou belles ou impressionnantes qu’elles détournent l’attention de leur but initial et les moyens en arrivent à remplacer la fin. J’espère que la trivialité évidente de nos astuces les empêchera de se transformer au cours des siècles en objets sacrés auxquels on attache une valeur pour eux-mêmes.)

Douglas Harding

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dimanche 6 juillet 2025

Rythme

 Chères amies, chers amis,


Vivons accordés aux saisons, au pouls de notre lieu dans le respect de ce qui éclot, s’épanouit et se résorbe.

La culture moderne nous déconnecte de la réalité en gommant les rythmes, en niant l’alternance et le respect des cycles. Nous devons toujours être au top, productifs, jamais déprimés, silencieux ou oisifs. Aucun arbre ne fleurit non-stop. Si c’était le cas, il épuiserait rapidement ses réserves et mourrait prématurément.

Vivre au rythme de l’alternance des saisons, de nos cycles internes soutient notre santé morale et physique, réduit notre impact sur l’environnement et nous reconnecte aux savoirs ancestraux.

Respecter la réalité intrinsèque de chaque saison rétablit une relation saine à la terre, au vivant, au Réel.

Se réaccorder requiert d’ouvrir le champ de son attention et de sortir des ornières de son conditionnement. Il s’agit d’observer en finesse, de renouer avec notre perception sensible, notre intelligence intuitive pour recevoir les signes, comprendre les messages du vivant, du réel. Tout un art de l’écoute des pouls internes et externes afin de les harmoniser pour qu’ils vibrent à l’unisson.

Bel été !

- Nathalie Delay

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lundi 9 juin 2025

Tenir


Tout ce qu'on a tenu
Dans ses mains réunies :
Le caillou, l'herbe sèche,
L'insecte qui vivra,
Pour leur parler un peu,
Pour donner amitié
À soi-même, à cela
Qu'on avait dans les paumes,
Que l'on voulait garder
Pour s'en aller ensemble
Au long de ce moment
Qui n'en finissait pas.
Tout ce qu'on a tenu
Dans ses mains rassemblées
Pour ajouter un poids
De confiance et d'appel,
Pour jurer sous le ciel
Que se perdre est facile.
Tout ce qu'on a tenu :
L'eau fraîche dans les mains,
Le sable, des pétales,
La feuille, une autre main,
Ce qui pesait longtemps,
Qui ne pouvait peser,
Le rayon de lumière,
La puissance du vent,
On aura tout tenu
Dans les mains rapprochées.
Guillevic
Sphère
Poésie/Gallimard

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