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vendredi 14 novembre 2025

Êtres de nature

Et si on considérait les arbres, ou la nature, comme des êtres ? 🌳 Dans son dernier livre sur l’entraide, Pablo Servigne rappelle que nous sommes dotés de grandes capacités sociales. 🫂
Si l’on voyait la nature comme on voit les humains, on ne pourrait plus la massacrer. Il fait appel aux pensées d’Edgar Morin et de Joanna Macy pour expliquer comment l’élargissement de notre empathie nous rendrait plus humains. ☘️🌼

Mathieu Vidard


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Expérience sur les haricots.

Le professeur Stefano Mancuso, de l’université de Florence, a filmé des pousses de haricots qui grandissaient. Ces derniers ont pour particularité de rechercher « instinctivement » les tiges verticales, que ce soient des troncs, des poteaux ou des bâtons, pour s’élever. En observant la vidéo en accéléré, on voit le haricot pousser en spirale jusqu'à ce qu’il trouve un tuteur, s’y accroche et grimpe enfin. Le comportement du haricot change suivant la présence ou l’absence d’un tuteur dans les environs, comme si le haricot sentait sa présence, même à très grande distance. Dans une autre expérience, le professeur Stefano Mancuso a disposé deux plants de haricot à égale distance d’un unique poteau et les a filmés. En passant la vidéo en accéléré, on voit là encore les deux haricots tournoyer pour essayer de rejoindre le poteau. Mais dès que l'un des deux l’a touché, l’autre renonce et cherche dans une autre direction. Cela signifie que le second haricot a non seulement détecté le poteau, mais qu’il a compris qu'il arrivait trop tard et le laisse donc poliment à son concurrent, plus rapide.

Sylvain Wells. Encyclopédie du Savoir Relatif et Absolu. - Extrait de la Voix de l'arbre de Bernard Werber

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mercredi 18 septembre 2024

Quel respect ai-je de moi ?


...Pour un enfant, la relation affective avec ses parents représente un enjeu vital qui justifie tous les sacrifices, quitte à y laisser son intégrité. Pour obtenir, un peu d’attention, pour conquérir le cœur d’un parent distant ou rejetant, de quoi serait-il capable ! Cela prime sur tout le reste. Ce mécanisme gouverne les désordres de l’immunité psychique, l’enjeu infantile supplantant la nécessité présente de savoir se défendre. On comprendra que les effets de cette carence affective ancienne ne sauraient se résoudre en quelques jours...

Nous nous traitons nous-mêmes comme nous avons été traités : « Je n’accorderai pas plus de crédit à mes ressentis que mes parents ne l’ont fait. Je me nie si on m’a nié, m’abandonne si on m’a abandonné, me rejette si on m’a rejeté. » En prendre conscience sur le vif, dans la mouvance d’un moment relationnel ouvre l’accès à un ressenti plus profond de soi-même. « Quelle considération, quel respect ai-je pour moi ? Suis-je à mes côtés, solidaire, ou déjà prêt à vaciller, à renoncer, à plier ? »

Christophe Massin- Savoir se défendre L'immunité psychique

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jeudi 14 mars 2024

Pour une naissance sans violence - Frédérick Leboyer

 Texte de Yannick David (du blog si près de l'horizon)

Au début de mes études la vie m'a fait rencontrer plusieurs personnes dans un cheminement dont je n'avais pas encore conscience, en particulier un étudiant en médecine qui m'initia au végétarisme, aux idées de Rudolf Steiner, et à la démarche de Frédéric Leboyer. Son livre "Pour une naissance sans violence" est sorti en 1973 et cet ami me le prêta. J'ai été très touché par ce livre tellement ça me semblait évident, naturel et simple. Quelque temps après nous sommes allés écouter Leboyer en conférence à Paris devant un parterre d'étudiants en médecine. Il montra le film qu'il avait fait sur la naissance, et exposa sa pratique, suite à son cheminement personnel en Inde auprès de Swami Prajnanpad (gourou de plusieurs français dont Arnaud Desjardins). 

Son propos était de maintenir autant que possible l'ambiance qu'avait connu le fœtus dans le ventre de sa mère, au moment de sa naissance. Il a vécu 9 mois dans le noir, le quasi silence sinon les battements du cœur de la mère, l'aqueux, la douceur, la respiration par le cordon, bref un univers complètement différent de l'après naissance. La naissance classique, à l'époque, c'était : on sortait le bébé, on le tenait par les pieds, on lui tapotait les fesses, on coupait le cordon, faisant exploser les alvéoles pulmonaires qui n'avaient jamais fonctionné, d'où les cris (entre autres), il passait de la nuit à la lumière froide d'une salle d'hôpital, on le posait sur une table dure, etc... Il proposait la douceur, le contact, mettre d'abord le bébé sur la mère, pour qu'il retrouve le bruit du cœur, attendre que la respiration se fasse naturellement, puis ensuite couper le cordon...

A ma grande surprise il y eut beaucoup de réactions négatives de la part de ces étudiants qui étaient éduqués dans la non prise en considération du bébé en tant qu'être vivant (hyper) sensible. Je ne comprenais pas leur manque de conscience à ce sujet. Au bout d'un moment, Frédéric Leboyer, qui était resté d'un calme olympien tout du long, ayant compris qu'on ne fait pas changer d'avis des gens obtus et agressifs, clôtura la conférence. Son attitude calme et respectueuse m'ébranla. Comment faisait-il pour rester lui-même, tranquille, patient, non perturbé par ces ignorants imbéciles? C'était la première fois que je voyais un être dont je sentais une telle qualité. J'avais commencé à lire les livres d'Arnaud Desjardins, mais ne l'avais pas encore rencontré.

Dans sa démarche auprès de Swamiji, Leboyer revécut sa naissance, avec des forceps, ce qui l'aida d'autant mieux à comprendre le processus. Je suis aussi né avec des forceps, et ai revécu ma naissance. Ceci explique cela...

Cet ami vécut avec sa femme la naissance de leur première fille à la maison avec une sage femme pratiquant cette méthode.


Quelques années plus tard, j'eus la chance d'assister à la naissance de notre fils dans l'eau, avec un médecin qui proposait ce type d'accouchement dans un hôpital. Lumière tamisée, musique douce à laquelle on avait habitué le bébé, pose sur le ventre de sa mère, grand calme, pas un pleur...

Il a été à l'initiative d'un autre regard sur la naissance et d'un changement dans la pratique auprès de certains collègues dans le monde. Il a aussi fait des films sur le sujet.


Frédéric Leboyer a écrit une bonne douzaine de livres pour partager et transmettre ce qu'il a reçu de l'Inde. Le plus connu est "Pour une naissance sans violence", mais il y a aussi "Shantala" sur le massage des bébés, "L'art du souffle", etc... Il a écrit des livres de poésie et sur son expérience avec Swami Prajnanpad. 

dimanche 2 juillet 2023

Le prénom ouvre un avenir

 


Chers voyageurs, bienvenue dans notre TGV en direction de Lyon. Je suis Armelle, votre cheffe de bord, et avec moi Christophe, et Lionel, notre conducteur. Nous vous souhaitons un bon voyage. Un agent d’entretien passera parmi vous pour votre confort… » Mais l’agent d’entretien, quel est son nom ?

Lors du contrôle de mon titre de transport, je fais remarquer à Armelle qu’elle n’a rien dit de lui, qu’elle ne l’a pas nommé, et que cela ne me semble pas très juste. Elle s’en excuse poliment, en me disant qu’elle ne sait pas… Quelques longues minutes plus tard, elle annonce au micro que Fatou passera parmi nous, et elle nous prie de lui faire bon accueil. Un peu après, Fatou traverse le train, gilet jaune, sac-poubelle à la main. J’ai entendu quelqu’un lui dire : « Vous avez un joli prénom, Fatou. » Il faut avoir été présenté par son nom à quelqu’un d’autre pour exister.

Lazare de Béthanie

Cette anecdote me plonge dans l’Évangile de Jean (Jean 11, 1-44). On y raconte que Lazare de Béthanie, frère de Marthe et de Marie, ne va pas bien. Les deux sœurs envoient dire à Jésus : « Celui que tu aimes est malade. » Mais on ne prononce pas son nom. Jésus se rend donc à la maison. La situation se dégrade. Marthe vient à sa rencontre en lui disant : « Si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. » Sans rien dire de son nom. Un peu après, Marie est avertie de l’arrivée de Jésus. Elle aussi, sans nommer le prénom du défunt, répète mot pour mot la parole de sa grande sœur.

Chez les « de Béthanie », on dirait qu’on ne se nomme pas. Et ce n’est pas la première fois ! Dans un autre passage de l’Évangile (Luc 10, 38-42), on raconte que Marie est assise près de Jésus tandis que Marthe se démène en cuisine. Marthe ne dit pas à sa sœur : « Marie, viens me ­donner un coup de main… »

Mais elle s’adresse à Jésus en lui disant : « Cela ne te fait rien que ma sœur… ? » Ici encore, on ne se nomme pas. Il y a comme un problème dans cette famille ! Je me risque : et si Lazare, finalement, était « mort » de ne pas avoir été nommé ? C’est une autre lecture possible, moins merveilleuse, plus symbolique, mais tellement plus existentielle !

Le prénom signe une histoire

Il faut avoir entendu sur soi un prénom pour vraiment vivre. Tous les psychanalystes s’accordent à le dire. Il paraît que dans certains pays d’Afrique, on prononce à l’oreille de l’enfant qui vient de naître : « Ton nom est X. » Le prénom de quelqu’un n’est pas une étiquette de différenciation.

Il signe une histoire, il inscrit dans un peuple, une famille, un passé. Il ouvre un avenir. Il dit qu’on n’est pas seul. Il dit aussi qu’on n’est pas tout. Le prénom devient un « préambule », le début d’une relation, même brève, avec un autre. Nommer quelqu’un par son prénom le relie à d’autres vivants. Risquer de dire son ­prénom à quelqu’un, s’intéresser au sien, connaître et se laisser connaître rend, certes, vulnérable : mais c’est sans doute la marque la plus fine de l’humanité.

L’été est là. Il est souvent l’occasion de multiples rencontres, pour le travail ou les loisirs. C’est le temps où l’un remplace l’autre, où des visages nouveaux se présentent… Demander son prénom à quelqu’un que l’on rencontre n’est pas une indiscrétion et l’appeler par celui-ci n’est pas plus familier que de l’appeler « Monsieur, Madame, ou Monseigneur »…

Si le respect de l’autre en toute chose est nécessaire, ce n’est certainement pas dans le fait de le nommer par sa fonction ou son état de vie que les choses se jouent. Il ne tient qu’à nous que les passants de notre été demeurent « serveur de restaurant », « maître-nageur », « agent d’entretien », « prêtre d’Afrique », « intérimaire », « remplaçant du docteur »… ou qu’ils deviennent, le temps d’une rencontre, ne serait-elle que brève, Laurent, ­Christelle, Mehdi, Pierre ou Fatou… Il n’y a pas de petites rencontres. Il est temps de sortir de nos anonymats.

Raphaël Buyse est prêtre du diocèse de Lille. Il est l’auteur d’Autrement, Dieu et d’Autrement, l’Évangile (Bayard) et d’Il n’y a que les fous pour être sages (Salvator). Il vient de publier avec Chantal Lavoillotte Visitation(s), vivre la rencontre à l’hôpital (Salvator).

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mercredi 28 juin 2023

Appréciation

 Comment s'apprécier à sa juste valeur ? Déjà prendre conscience que notre corps est une merveille où chaque cellule vit en harmonie avec les autres. Plus je le respecte, moins je suis soumis aux agressions extérieures...



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dimanche 5 février 2023

La fenêtre de l’âme


« L’essentiel était d’ouvrir ses yeux et d’aiguiser son regard pour faire la lumière sur sa vie, son état de vie, son milieu de vie », voilà ce que nous confie la chroniqueuse Charlotte Jousseaume.

À l’âge de 20 ans, j’ai ressenti l’appel d’air de la vie consacrée. J’avais failli mourir, une nuit, d’un empoisonnement, et je ne cessais depuis d’entendre au fond de moi la source de la vie qui s’était déblayée au seuil de la mort. J’avais marché, un jour, en forêt, et je gardais vive sur ma peau la mémoire de cette communion intense avec le vivant. Si l’infini avait désiré frapper ainsi à ma porte, impossible de l’ignorer et de lui refuser ma demeure. Les vêtements que me tendait le monde me semblaient tous trop étroits à porter. Seule la tunique sans couture du Christ était à même de m’envelopper.
Les arbres en ont décidé autrement, et c’est sur un autre chemin de vie que je me suis engagée. Traversant un printemps une forêt, j’ai aperçu à quelques dizaines de mètres de moi, une clairière faite de main d’hommes. Certes la lumière entrait à flots par cette trouée, mais le terrain avait été défriché, les arbres abattus et déracinés.
Apprendre la vigilance
J’ai compris, en toute évidence, qu’il fallait protéger mon bois sacré intérieur de toute forme de violence extérieure. Inutile de défricher, d’abattre et de déraciner… J’allais sacrer ma vie, non la consacrer !
La solitude est devenue ma clôture, et ma clairière. En véritable veilleuse, elle m’enseigna ce qu’enseigne la vie monastique : la vigilance. J’appris à son école à monter la garde sur les remparts de Jérusalem, en faisant une avec tout ce que je vivais… de la tête aux pieds ! Cette sève qui montait ou descendait le long de mon tronc, comme les anges sur l’échelle de Jacob. Ces feuilles qui, de saison en saison, s’ouvraient à la lumière, ou tombaient, mortes, sur le sol. Ces anneaux de croissance qui, d’année en année, marquaient le chemin parcouru intérieurement.

Passer à la clairvoyance
Un été, guettant la lumière dans la pénom­bre d’une pinède, je découvris, les yeux levés au ciel, la « timidité » des pins. Je savais que les conifères autour de moi s’assemblaient et s’épaulaient en profondeur par leurs racines. J’ignorais qu’ils savaient respecter entre eux la juste et bonne distance, pour que leurs branches ne s’enchevêtrent pas et que leurs aiguilles ne s’emmêlent pas. Je ris en apprenant que les naturalistes appellent « timidité » cette règle de vie communautaire ! Les pins épousaient la timidité, pour ne pas faire obstacle entre eux au passage de la lumière.
Cette « fente de timidité », dite aussi « fente de solidarité », m’a ouvert les yeux. Peu importait en effet la clairière (et l’état de vie, consacrée ou non) : ce qui comptait, c’était le regard clair ! En sacralisant entre eux cette règle de timidité, les pins ouvraient de concert au ciel la fenêtre de l’âme de la forêt. La lumière pouvait ainsi la pénétrer, sans besoin de rien défricher, abattre ni déraciner. Oui, l’essentiel était d’ouvrir ses yeux et d’aiguiser son regard pour faire la lumière sur sa vie, son état de vie, son milieu de vie. L’essentiel était de voir clair, de passer de la vigilance à la clairvoyance.
Et si, en cette fête de la vie consacrée, nous imitions non la multiplication des pains mais la timidité des pins ? Que nous vivions au cœur d’une clairière, dans la pénombre du bois ou en lisière, c’est en ouvrant la fenêtre de notre âme que nous verrons l’œuvre de la lumière en nous et autour de nous. Jésus n’a cessé de nous inviter à cette pureté du regard. L’Évangile de Matthieu (6, 22-23) rapporte : « L’œil est la lampe du corps. Si ton œil est en bon état, tout ton corps sera éclairé ; mais si ton œil est en mauvais état, tout ton corps sera dans les ténèbres. » Alors ouvrons nos timides fenêtres, et gardons le regard clair !

Charlotte Jousseaume est écrivaine. Elle anime des ateliers d’écriture et a publié Le silence est ma joie (Albin Michel), Quatuor mystique (Cerf), Et le miroir brûla (Cerf) et J’ai marché sur l’écume du ciel (Salvator).
Source : La Vie
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mardi 13 septembre 2022

lundi 11 janvier 2021

Un jour...

 


Un jour, vous allez voir profondément que tout ce que vous devez faire, ça va vous fatiguer. Vous allez être trop fatiguée pour faire quoi que ce soit, y compris pour être légère, y compris pour être
triste. Vous allez voir que tout ça c'est une activité qui vient uniquement quand vous prétendez avoir une histoire, avoir un passé et avoir un futur. On peut voir tout ça comme étant un concept. C'est une maturation qui ne dépend pas d'un quelconque faire et qui ne dépend pas du temps. Alors le mot maturation est faux. Évitez de vouloir le comprendre, parce qu'on ne peut le
comprendre que dans le temps et c'est faux ; la maturation est dans l'instant. Vous êtes condamnée à cette maturation. Le seul ajournement possible, c'est d'essayer d'être mûr, par la pensée, par l'action ou par l'émotion. Ça c'est un sac sans fond. Vous allez être plus sage tous les jours, plus libre tous les jours : c'est une misère constante. Vous ajournez constamment l'essentiel.
À un moment donné, vous ne cherchez plus à être moins ceci et plus cela, à être sans peur, à être sans désir : vous ne cherchez rien. On peut appeler cela une forme de respect, un respect pour la
réalité, pour ce qui est là dans l'instant. C'est le respect pour l'essentiel. L'essentiel ce n'est pas quelque chose qui est caché derrière l'apparence - ça ce sont de belles histoires indiennes -
l'essentiel c'est ce qui est là, c'est ce que vous sentez dans l'instant. Il n'y a rien d'autre que ça. Là il n'y a rien à comprendre, il n'y a tout simplement rien. C'est ça qui se reflète comme légèreté qui apparemment surgit quand les situations conviennent à votre idéologie et qui apparemment s'élimine quand les situations ne correspondent pas à votre plan pour l'humanité. À un moment
donné, vous arrêtez de vous prendre pour Dieu et de vouloir régler les problèmes de l'humanité - ou le vôtre, parce que c'est le même. C'est une histoire dans les deux cas.

Éric Baret

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vendredi 1 novembre 2019

Emerveillement !


« Se fondre dans l’immensité du ciel, se perdre dans le dédale d’une écorce, disparaître dans l’intimité d’une fleur comme Alice qui passe de l’autre côté du miroir et se retrouve au pays des merveilles. Savourer la fraîcheur de l’instant présent sans s’égarer dans les mille et un ailleurs de la distraction… »

« L’émerveillement nous élève en invitant dans notre paysage intérieur des états mentaux sereins, vastes et ouverts qui engendrent un sentiment d’adéquation avec le monde… »
L’émerveillement nous fait sortir de nous-mêmes ; il immensifie l’esprit et dilate le cœur. Il nous emplit de la vaste et émouvante interdépendance des êtres et de la nature. L’émerveillement engendre le respect envers la nature sauvage, le respect mène au désir de protéger notre environnement et ce désir mène à l’action. 



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jeudi 26 septembre 2019

Il est urgent d'agir !


La plupart des enseignements de sagesse sont d’accord au moins sur un point: parler est important, mais à condition que les gestes qui suivent soient en cohérence avec ce qui a été dit. « Où sont vos actes ? » demande d’une voix ferme l’interlocuteur invisible de Hanna Dallos dans les Dialogues avec l’ange. Si les anciens aimaient rappeler que « la parole est d’argent, le silence est d’or », aujourd’hui, peut-être plus que jamais dans l’histoire de l’humanité, nous parlons tous beaucoup – les réseaux sociaux ont libéré notre parole… parfois jusqu’au déluge et à la logorrhée. Or, nous vivons des temps de mutation que tout le monde s’accorde à trouver préoccupants. Parler pour rien est devenu franchement nuisible, c’est agir qui est urgent.


L’humanité et la planète ont besoin de conscience collective. Mais ce mot vaste et ambitieux n’a de chance de s’incarner qu’au travers d’actes pragmatiques, concrets, éventuellement modestes, mais réguliers, têtus, tenant leur cap sur le plus long terme possible. Des actes qui concernent absolument tous les moments de notre quotidien. Et tout le monde sait bien dans quel sens notre quotidien doit être corrigé : vers plus de simplicité, plus de sobriété, plus de naturel, de respect envers l’espace-temps naturel dont nous sommes les locataires et dont le nom global est biosphère.

source : Nouvelle Clés

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mardi 6 août 2019

samedi 16 avril 2016

L'énergie de l'habitude avec Thich Nhat Hanh


Pour permettre à l’énergie de la pleine conscience de faire son travail en vous, il est capital que vous pratiquiez régulièrement la pleine conscience, aussi bien en marchant que sur la respiration. 


Dès que vous remarquez que l’énergie de l’habitude est à l’oeuvre en vous, continuez à respirer normalement, reconnaissez-la et dites : «Bonjour, mon énergie de l’habitude. Je sais que tu es là, mais je suis libre. Tu ne vas pas réussir à me pousser encore une fois à dire ou faire de telles choses.» C’est de cette façon-là que vous pouvez réaliser un mode de réaction différent : en créant une bonne énergie de l’habitude en remplacement d’une mauvaise énergie de l’habitude. 

Notre bonheur dépend beaucoup de la qualité de nos relations, que ce soit avec nous-même ou avec le monde extérieur. 
Il advient que l’énergie de l’habitude nous pousse à nous maltraiter, ou bien à maltraiter quelqu’un d’autre. Nous devons nous traiter avec respect, avec tendresse, avec compassion. 

Cela est extrêmement important, parce que si nous avons du respect pour notre propre corps et nos propres sentiments, nous saurons témoigner tout autant de respect envers les autres. 
C’est de cette façon-là que la paix, la liberté et le bonheur se développeront dans notre monde. 

Chacun de nous peut contribuer à ce développement. Il suffit pour cela d’un peu d’entraînement. 
Avoir un ami pratiquant la pleine conscience est certes une chance. Lorsque deux personnes pratiquent ensemble, il y a la possibilité d’un soutien mutuel : en marchant, en respirant, en mangeant, etc., elles cultivent de concert l’énergie appelée pleine conscience. 

 Thich Nhat Hanh 
Soyez libre là où vous êtes


vendredi 27 novembre 2015

Comment vivre ses émotions comme des énergies positives (4)


1/ Les exclusions. Une des règles constatées lorsqu'on analyse les généalogies est que tout ce qui est exclu (langue, pays, religion, idéologie, dons artistiques ou intellectuels, personnes, enfants, etc.) est appelé à être réinclus deux ou trois générations plus tard. Tout ce qui n'a pas été relié par une reconnaissance, une parole, une nomination continue à errer dans le système familial ou l'entreprise sous forme d'un "fantôme", une perturbation informe. 
C'est, entre autres, la problématique des secrets. La façon de soigner cet héritage est de réintégrer ce qui a été exclu sous une forme symbolique, c'est le travail des constellations. 

On peut lire "L'ange et le fantôme" de Didier Dumas, Éd. Minuit.

2/ Les malédictions. Mal dire de soi-même ou de quelqu'un conduit à plus ou moins brève échéance à manifester dans son corps des "mal- à-dit". Dans son corps ou dans celui d'un de ses descendants. Lorsqu'on "maudit" quelqu'un en lui disant ou en lui faisant sentir : "c'est de ta faute si je me suis mariée avec ton père" "si tu n'étais pas né, j'aurais réussi ma carrière" "si ton père est parti, c'est à cause de toi" "tu es bien comme ton oncle, tu finiras comme lui, à l'asile" "et puis, d'abord, tu n'es pas un enfant désiré" ou bien, autre version "c'est un accident" en parlant d'un enfant (la conception d'un enfant n'est jamais un accident, c'est un mystère : la vie a choisi ces parents-là pour qu'ils deviennent les parents de cet enfant) ou lors d'un accident où un enfant est mort, dire au survivant "j'aurais préféré que ce soit toi qui
meurs"… et toute autre forme de malédictions. 
Une forme subtile de malédiction consiste à dire à l'enfant tellement de mal de son père ou de sa mère que la partie de lui qui vient de ce parent maudit ne peut qu'être vécue comme un mal absolu. Ces formes de malédictions tuent et une grande partie du travail des constellations est de passer des malédictions aux bénédictions.

3/ Le déséquilibre des échanges est une des sources de difficultés dans les systèmes familiaux et d'entreprises. Par exemple, on fait travailler des personnes sans les payer. Dans une famille un des enfants se sacrifie pour élever les autres. Lors d'un héritage, un des enfants est privilégié au détriment des autres (c'est l'héritier qui risque le plus). L'un est honoré, l'autre déshonoré. Dans un couple, l'un travaille, l'autre pas et ce qu'il ou elle fait à la maison n'est pas reconnu comme valable. Dans un couple l'un a beaucoup de titres universitaires et l'autre n'en a aucun, etc, etc… Le rééquilibrage des échanges est très souvent un travail délicat parce que les "réparations" à effectuer sont difficiles lorsqu'il y a eu des spoliations importantes. Mais c'est le prix à payer pour que le système familial soit libéré des dettes qui pèsent lourd sur les générations à venir.

4/ Les intrications. Résultant très souvent des problèmes précédents une intrication est la situation où se trouve une personne lorsqu'elle est identifiée avec une autre personne : un ancêtre, un enfant mort, un bourreau, une victime, un disparu, un accidenté, un accidenteur, un héros, un malade mental, un jumeau mort, etc… Dans ce cas, la personne intriquée se conduit étrangement pour elle-même et pour les autres, comme si elle se chargeait de vivre ce que l'autre a vécu, de représenter ce qui a présidé à sa malédiction, à son exclusion, à son déshonneur ou à sa non-reconnaissance. Le travail des constellations est certainement le seul qui permet de travailler sur ces situations. Il consiste à retrouver la personne avec qui on est intriqué et à lui rendre devoir porter pour elle… par amour.

5/ Le non-respect des lois de la vie. Pour que la vie puisse se développer, un certain nombre de lois sont nécessaires. Ce sont les lois de la physique, de la biologie, etc., mais ce sont également des lois éthiques, morales. Nous ne connaissons pas toutes ces lois, mais le patrimoine culturel que nous ont laissé nos ancêtres nous permet de les approcher. La base des lois de la vie, outre les lois issues de la physique, de la biologie, etc. est : "ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu'il te fasse". Lorsqu'une de ces lois n'est pas respectée, on n'est pas puni, mais on subit les conséquences de ce non-respect. Exemple : si quelqu'un se jette du huitième étage d'une tour, il meurt. Il n'est pas puni, il subit les conséquences du non-respect d'une des lois de la vie : la pesanteur. Si quelqu'un tue quelqu'un d'autre, par exemple dans un accident de voiture, même si sa responsabilité n'est pas en cause, il n'est pas puni, mais il en subit les conséquences. Et ces conséquences sont qu'il existe désormais un lien de destin entre sa famille et la famille du tué. Il convient donc de travailler sur la reconnaissance des conséquences pour éviter qu'elles ne deviennent malédiction dans la lignée de celui qui n'a pas respecté la loi fondamentale de la vie qui, en l'occurrence serait : "tu ne tueras pas".
Le travail transgénérationnel n'est pas à proprement parler un travail de remise en ordre moral, mais une approche permettant d'assumer autant que possible les conséquences pour n'avoir pas à en pâtir soi-même ou dans ses descendants : les enfants, les petits-enfants, les arrières petits-enfants, etc.

6/ Les désordres. Les systèmes familiaux et d'entreprises se révèlent avoir un certain ordre. Ainsi, les aînés viennent avant les puinés. L'homme est à droite de la femme et les enfants à gauche de celle-ci… Les désordres surviennent lorsqu'une personne n'est pas à sa place. Par exemple, les parents ayant divorcé, la fille aînée se croit obligée de tenir la place de son père à l'égard de sa mère. C'est une des origines de l'homosexualité féminine et c'est une position désespérée du point de vue de la sexualité. Autre exemple : un premier couple ayant décidé d'avorter, la femme refait un couple avec un autre conjoint dont elle a trois enfants, le troisième croit devoir inconsciemment prendre la place du premier petit mort, son aîné, auquel il est relié du fait de sa place de quatrième par sa mère. Il joue à gothique, s'automutile, est victime des autres plus qu'il n'est bourreau, à moins qu'il ne s'identifie à ceux qui ont tué son demi-frère aîné, le premier mari de sa mère et celle-ci. Dans ce cas, il devient casseur, violent, voire tueur. Les constellations permettent de sortir de ces impasses qui peuvent être si graves, qu'elles conduisent les personnes "déplacées" en psychiatrie, en prison, ou dans la rue. La reconstitution du système et sa représentation permettent de restaurer l'ordre et de le soulager, voire de le guérir.

7/ Les perturbations du système d'attachement. Disons, pour résumer, que : "l'attachement est la nécessité vitale dans laquelle sont tous les êtres vivants de créer de la proximité avec un autre être". Cette proximité est d'abord physique, puis, chez l'être humain, elle devient symbolique. Le système d'attachement comporte quatre grandes étapes fondamentales : le contact, le maintien du lien, la différenciation et le deuil. Si des ruptures trop importantes ont lieu à ces étapes, un ébranlement de la personne peut la conduire à des problématiques individuelles et transgénérationnelles qui relèvent des constellations. 
Exemple : une grand-mère ne s'est jamais remise de la perte de son mari pendant la guerre de 14/18. Quatre générations plus tard, son arrière-petite-fille ne parvient pas à fonder un foyer, elle cherche un mari pour son aïeule et pas pour elle. À chaque fois qu'elle réussit à entamer une relation, elle abandonne l'homme, comme si elle le renvoyait à un ailleurs. 
Autre exemple : un homme s'est senti poussé sous un train par quelqu'un qui cherchait à le tuer. Les autres voyageurs l'ont rattrapé de justesse et personne ne l'avait réellement poussé. Cet homme a perdu son jumeau au troisième mois de la grossesse de sa mère. Il n'a pu se différencier de l'enfant mort, et pour cause, il n'avait pas non plus les moyens de parler ses émotions et de traverser le deuil, en outre, il est né dans le deuil que sa mère vivait à propos de l'autre enfant. Ce qui a perturbé le contact avec celle-ci. L'enfant mort s'est constitué comme un fantôme menaçant. Les constellations permettent de relier la personne présente à l'événement traumatique et de l'en délivrer.

Pour terminer, il faut aborder la logique des transmissions ou comment se font les héritages. Selon ce qu'on observe, il existe des prévalences de transmission en fonction des rangs dans
la fratrie, toute conception étant considérée comme pouvant avoir une influence.

Ainsi, l'aîné(e) s'inscrit dans la lignée du père. Symboliquement il (elle) représente les fondations de la maison. Il (elle) s'intéresse plus aux grands-parents qu'aux parents.
Le (la) second(e) s'inscrit dans la lignée de la mère, il (elle) représente symboliquement les murs de la maison (c'est un enfant de l'intérieur, le premier étant un enfant des profondeurs) et il (elle) s'intéresse aux parents. Le (la) second(e) souffre souvent plus lors du divorce des parents que les autres enfants.
Le (la) troisième est l'enfant du changement. Il faut qu'il (elle) fasse "différent". Il (elle) représente le toit de la maison, l'achèvement, la protection, mais aussi le renouvellement. Il (elle) s'intéresse à la fratrie.
Le (la) quatrième est dans la lignée du premier, donc celle du père.
Le (la) cinquième dans la lignée du second, donc celle de la mère.
Le (la) sixième dans la lignée du troisième, c'est donc un enfant du changement, etc.

Ce schéma qui doit rester une carte de lecture possible et non une méthode pour enfermer les gens. Il permet de comprendre un certain nombre de réactions et d'aller plus vite dans l'identification des héritages transgénérationnels.
En ce qui concerne les émotions, il n'est pas rare de voir un enfant porter la colère de ses grands-parents, voire de ses trisaïeuls, c'est-à-dire les parents de ses grands-parents, ce qui peut se traduire par des troubles hépatiques, des allergies inexpliquées, voire un diabète (conflit entre deux grands-mères).
En effet, force nous est de constater qu'assez souvent un événement traumatique vécu par les grands-parents est porté par les parents sous forme de troubles psychologiques et manifesté par les enfants sous forme de troubles somatiques plus ou moins graves et plus ou moins accessibles aux traitements, dont la psychothérapie.

En conclusion, le travail des constellations donne au moins une chance de sortir des scénarios d'échec pour naître à la vie. Il donne également une chance d'éviter à ses enfants de porter le problème des grands-parents et à ses petits-enfants de porter ses propres problèmes.”

On peut lire aussi "Les constellations familiales" de Joy Manné Éd. Jouvence.


Marie-Thérèse Bal Craquin
UNIVERSITÉ LIBRE EUROPÉENNE EN SCIENCES INFIRMIÈRES - ULESI
Association 1901 à but non lucratif
Développement personnel, professionnel, organisationnel