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jeudi 2 juillet 2026

Désir et peur

Ok Imaginons que la peur est ici (Daniel montre le dos de sa main), et que le désir est là (Il montre le creux de sa main). Le désir est attractif, il crée de la tension qui engendre de l'énergie. Cette tension crée le mouvement vers une réalisation possible plus tard. La peur, elle, réfrène le mouvement. Elle est liée au désir car elle est l'autre face du désir. Quand la face du désir avance, la face de la peur avance aussi, mais en freinant. C'est donc l'autre face du désir. J'ai envie de ceci, oui, mais si il se passe cela... Et quand la peur est plus forte que le désir, elle te fait oublier ton désir. Les gens disent alors je ne veux plus avoir peur, et oublient leur désir premier. Mais où vont-ils prendre l'énergie pour avancer? Il leur faut un désir plus fort que la peur pour recréer une tension et aller vers ce but.

Daniel Morin

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samedi 2 novembre 2024

Le refus inutile...


Dire non à ce qui est, ne change pas ce qui est !!!
Le refus de ce qui est... est à observer tout au long de nos journées...
Quand l'on veut quelque chose à la place de ce qui est, le corps se met en crise...
C'est ce qu'explique ici Daniel Morin...


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vendredi 20 octobre 2023

Livre essentiel

 Après Sabine, c'est Gilles Farcet qui nous fait un retour...

A PROPOS DU DERNIER LIVRE DE DANIEL MORIN

TÉMOIGNAGE D’APPRECIATION ASSORTI DE QUELQUES RÉFLEXIONS


Je suis très sensible au dernier livre de Daniel Morin (qu’il annonce comme le dernier au sens où il ne prévoit pas d’en publier d’autres)

J’avais vraiment apprécié les précédents. Et il me semble que celui là est le plus fort, le plus essentiel. 

Ce n'est pas un livre facile. 

Même si le propos est en lui même simple et pour ainsi dire "tourne en boucle" autour des thèmes de la non séparation et de la demande d'impossibilité émanant de l'illusion de la séparation, il ne s'agit pas d'un de ces bouquins comme il s'en publie tant. 

Je pense à ceux , si nombreux, qui ressassent une ou deux notions de manière simpliste -ce qui n'est pas équivalent à simple. Ce que j'appelle parfois "la métaphysique à deux balles" ou l"e syndrome du médecin de Molière" (celui qui à chaque symptôme énoncé par le patient lui répond : "le poumon, le poumon, le poumon vous dis-je !")

La métaphysique simpliste prétend évacuer la complexité au nom de la simplicité, si bien que le propos est pauvre. 

Ici, il est riche.

La simplicité de la vision partagée inclut et articule autant que le permettent les limites du discours toute la complexité inhérente à l'humain, au relatif au sein duquel tout argument appelle son contre argument, toute proposition sa contre proposition, avec tous les malentendus potentiels et inévitables ... 

Bref, c'est un livre qui demande un effort, effort intellectuel mais pas seulement ; du coup c'est très bien qu'il soit court. 

A mon avis, et je sais pour avoir échangé avec lui sur ce point que Daniel souscrit à cette « mise en   garde », gare aux lecteurs qui pensent trop vite "avoir compris". 

En lisant ce livre, j'ai reconnecté avec Daniel tel que je l’ai connu notamment à Hauteville. Ce "génie" de la formule, cette approche si percutante... 

Je dirais que si sa vision a nécessairement mûri, ou pour s'exprimer comme lui, est devenu plus nette, je ne sens pas de différence majeure entre sa transmission à Hauteville et celle véhiculée par ce livre quinze ans après son départ de l'ashram. 

La différence, considérable,  tenant bien sûr au contexte et à la forme. 

Comme il le dit lui même, il n'accompagne plus les personnes, n'entre plus dans le détail de leurs existences et transmets désormais  rarement, (et, si j'ai bien compris, pour fort peu de temps encore) en dehors du contexte d'une lignée, d'une organisation, d'un lieu ...

Ce compte rendu peut être l’occasion de faire un point sur la perspective essentielle partagée comme sur les différences secondaires - en souhaitant que cela puisse être utile aux lecteurs concernés par ce qui nous anime l’un comme l’autre. 

La perspective que Daniel tente de partager n'a pas cessé de faire son chemin en moi depuis toutes ces années. 

Je peux sans doute dire qu'elle m'a appelé depuis le début de la recherche consciente. 

Je ne me suis pas « engagé sur la voie » parce que je me sentais mal ou étais en recherche de solutions, même si paradoxalement mon investissement "sur la voie" - ou peut être tout simplement le déroulement de l'existence-  a mis en lumière des difficultés, "failles" ou relatifs dysfonctionnements dont je n'avais auparavant aucune conscience. Cette perspective me parait avoir toujours été là, mais un peu "en sourdine". 

Et, depuis pas mal de temps maintenant, c'est comme si elle creusait son chemin en moi, prenait de plus en plus de place dans l'intime de ma perspective, au point que certaines (beaucoup, en vérité) des formulations de Daniel me sont apparues avant lecture de ce livre, parfois quasiment telle quelles dans l'expression. 

D'autres pointent dans la même direction. 

Par exemple, il m'est devenu évident que "personne n'est éveillé"  - c'est ce que je réponds quand quelqu'un me parle d'éveil ou d'éveillés , en ce sens que tout "éveil" personnel serait une impossibilité. Tout au plus certaines formes - personnes sont elles plus ou moins transparentes à et conductrices d'une perspective non séparée. 

Evident que jamais le relatif ne pourra concevoir et saisir l'absolu, que la partie ne saurait concevoir le tout. 

Qu'il n'y a pas "d'équilibre" à atteindre mais un axe à trouver, et à retrouver maintenant. 

Que la non séparation n'est pas la non distinction. 

Que toute forme, y compris celle du plus grand des sages, sera toujours conditionnée , même si possiblement non asservie ou moins identifiée à ses conditionnements. 

Que "les autres seulement" n'est pas égal à "le tout moins moi" mais inclut "moi" en tant qu'autre parmi les autres (c'est à dire « moi" non en tant que fantasme centre et référence du monde, du bien du mal, - l'ego centrisme-  mais "moi" en tant que cette forme par nature distincte tant qu'elle existe. 

Bref ...  

Aujourd'hui j'exprime essentiellement cela à travers la poésie. 

Disons que ce qu'on appelle « l'enseignement de Swamij" et la pédagogie qu'en a inlassablement donnée Arnaud se sont peu à peu reformulées pour moi à la lumière de mon expérience et de ma constante "contemplation de la nature du réel" - c'est une expression que j'emploie beaucoup.

"Digérez, assimilez faites en votre substance propre" -  dit une formule de Swamiji. 

C’est en effet ma conviction que l'"enseignement" vécu ne peut qu'être une re création, une ré invention, une re découverte par chacun dans sa forme, en harmonie avec cette forme ... 

Et que, du coup, si il y a fidélité, il ne saurait y avoir orthodoxie, cette non orthodoxie n'impliquant d'ailleurs pas un positionnement "rebelle" ou une dénonciation des orthodoxies... 

Je suis toujours, en vérité de plus en plus , émerveillé par la plupart des "formules" de Swami Prajnanpad - Swamiji étant pour moi quelqu'un qui énonce les lois régissant le vivant et nous invite dans notre intérêt à nous y conformer au lieu de marcher à contre courant.  

Et naturellement plein de respect, de gratitude et plus encore envers Arnaud.

Je me sens d’ailleurs à l'aise et en accord avec ce que Daniel énonce  pages 64- 67  de son livre en réponse à des questions sur son rapport à Arnaud. 

En ce qui concerne les "différences secondaires"...

La première différence, c’est que j'ai et me suis toujours senti, une vocation d'enseignant, de transmetteur. Et que j ai je tenu et tiens toujours à m'inscrire dans une lignée.  

Je précise qu'en réfléchissant à ce point à l'occasion de ce compte rendu, je ne cherche pas à justifier quoi que ce soit et encore moins à dénoncer du coup un positionnement autre (celui de Daniel ou de quiconque). 

D’aucuns voient, à mon sens bien trop rapidement et souvent pour des raisons émotionnelles dont ils n’ont pas eux même conscience, le besoin de s’inscrire dans une lignée comme une forme d'infantilisme, un besoin d'être "rattaché".

En ce qui me concerne et avec un peu de recul , je ne le crois pas,  même si rien n'est jamais blanc ou noir et est en constante évolution. 

Je ne demande pas à la lignée de valider ma transmission (même si dans les faits, cela rassure légitimement beaucoup de personnes que je sois en lien avec une lignée vivante ) et certainement pas de valider mon expérience qui est à elle même sa propre validation. 

Je ne vois pas non plus la lignée comme une continuité -  « le maître est mort vive le maître »- qui me parait absurde et relever d’un imaginaire, ce que j'appelle "la concession à perpétuité".  Le maître est mort mais tout va continuer « comme avant » … 

Eh bien non. 

Ce qui en nous a peur du changement et cherche partout des sécurités, y compris dans la perpétuation d'un "enseignement"  se rassure ainsi en surface... Et comme presque toujours, rien de ce qui est "prévu" n'advient, les constructions volent en éclat… Il suffit pour s’en convaincre de s’intéresser à l’histoire et aux vicissitudes de quantité de « successions » au sein de bien des lignées… 

Comme Daniel le souligne,  Swami Prajnanpad est très différent de son maître  Niralamba, lui même différent de son propre maître , etc etc. Arnaud Desjardins lui même ne  m’a-t-il pas glissé à l'oreille le jour de l'inauguration des « sanctuaires » à Hauteville  (une chapelle chrétienne y côtoie une mosquée et une salle d’étude juive ) : "Swamiji doit se retourner dans sa tombe" ...  

De fait, Hauteville , si l’on se place du point de vue  - à mon sens nul et non avenu- d’une orthodoxie « swamijienne » est à certains égards une « hérésie » . 

Par contre, je ressens de l'intérieur l'importance pour moi de la lignée, non en tant que continuité imaginaire dans une conformité  ou même "caution" (même si cette caution peut rassurer) mais en tant que chaine du vivant. 

En fait, la lignée n’est pas un rattachement plus ou moins imaginaire ou sentimental mais une donnée objective, à tous les degrés du vivant. 

Le vivant est fait de lignées dont les effets se font sentir sur les plans grossiers comme plus subtils. 

Ainsi, par exemple,  dans la maison où, suite à l’impulsion donnée par Arnaud,  prend place le centre de notre transmission, maison familiale depuis près de deux siècles, je suis très conscient d'une forme de continuité, du fait que des générations d'ancêtres ont habité ce lieu, qu'il m'a été légué par héritage et qu'il y a quelque chose d'heureux dans le fait qu'aujourd'hui cette demeure continue à servir et à accueillir...  

Si bien que dans la pièce dite de "recueillement", j'ai délibérément mélangé les photos de la lignée spirituelle et de ma lignée familiale ... 

Une démarche qui peut étonner, mais c'est pour moi le sens de la lignée , ce dont j'ai hérité et qu'il me revient de faire fructifier tant que je suis là et quoi qu'il advienne ensuite. 

La lignée spirituelle existe, pour ainsi dire objectivement. 

Comme tout héritage, elle peut être vécue de manière infantile, pesante,  contraignante, ou au contraire comme un souffle porteur, une richesse à faire fructifier au service du vivant. 

Dans cette perspective, le rôle , non d’un « successeur » mais d’un détenteur ou gardien de la lignée (« lineage holder ») peut s’avérer crucial.  Le fait qu’Arnaud ait dans ses dernières années désigné un « détenteur de la lignée » et non un » successeur » est à cet égard parlant. 

Autre point délicat, celui de l’accompagnement. 

Je comprends que Daniel ne se sente pas vocation de transmetteur et d'accompagnant. Dans mon souvenir, cependant,  il accompagnait à Hauteville avec beaucoup de finesse et de pertinence. Son bon sens, son expérience de vie alliées à la perspective dont  il témoigne faisaient souvent merveille. 

Je comprends qu’il ne s’y sente pas ou plus appelé et mène une existence tranquille. Je formule simplement le vœu que la bonté qui vit en lui trouve à rayonner. 

Quoi qu’il en soit, son livre est disponible et propre à nourrir celles et ceux qui sauront s’y exposer. 

A mon sens et encore une fois, moins vous prétendrez « comprendre », plus vous serez impacté par ce qu’émanent ces pages, au delà de l’articulation de mots et de concepts.

Bonne lecture et  au passage, gratitude à Jean Louis Accarias, éditeur de tant d’ouvrages essentiels pour notre lignée (Les lettres et entretiens de Swami Prajnanpad, les lettres d’Arnaud Desjardins …) et qui depuis des décennies, dans un contexte de plus en plus difficile, publie sans fléchir ce qui lui tient à cœur … dont les livres de Daniel Morin !

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lundi 16 octobre 2023

L'essentiel à lire...

Texte de Sabine Dewulf : 

Je vous avais promis, il y a quelque temps, une note de lecture à propos du dernier livre de Daniel Morin. La voici ! 

Daniel Morin, "Je, ne sait pas", éditions ACCARIAS / L’ORIGINEL, 2023. Jean-Louis Accarias


Ce nouveau livre de Daniel Morin, écrit en dépit de toute la « résistance » de celui qui fut ouvrier métallurgiste pendant tant d’années et ne se considère pas comme un enseignant spirituel, me paraît incontournable dans cette quête de « l’impossible » que mènent les chercheurs spirituels. Et ce, pour au moins deux raisons. 

D’abord parce qu’il est direct, tranchant, va droit à l’essentiel. Avec lui, la métaphysique est une lame de couteau, elle découpe des phrases simples et denses, où la stupidité apprend à voler en éclats : « Le plus loin où un homme puisse aller, c’est là où il est. »

Ensuite parce qu’il témoigne avec constance du paradoxe qui fonde toute spiritualité digne de ce nom : horizontalité et verticalité (immanence et transcendance) sont indissociables. Ce paradoxe implique le fait, par exemple, que la « distinction » « unit » au lieu de séparer. Or, trop souvent, les enseignements dits spirituels privilégient l’une ou l’autre des polarités qui forment nos contraires en se coulant dans le discours, univoque par nature. Tenir les deux dimensions ensemble, celle de l’Absolu et celle du relatif, relève d’une approche différente, où la métaphysique se livre sans concession, où rôde même la poésie : « La vie, c’est l’immobilité qui danse. »

Il est, dans ce livre, beaucoup question de l’ « équilibre » : l’équilibre relatif, produit par d’incessants mouvements, n’est que l’ombre d’un équilibre parfait, parfaitement immobile, inconcevable pour notre raison dualiste. Le vrai déséquilibre ne se situe qu’entre la réalité et l’idéal que l’être humain projette sur celle-ci : « Il y a bien un je de référence, mais qui n’est pas possesseur de son histoire. Le moi-conducteur est ouvert à ce qui est, et le contexte va appeler la réponse. Il n’y a pas besoin de moi pour que l’acte se fasse, même s’il y a bien une forme je qui va être active. » Lorsque le « je » (ou le « moi ») prend conscience du fait qu’il « ne sait pas », il prend conscience par là même de son absence de liberté personnelle : « D’un point de vue absolu, personne n’a le moindre libre-arbitre. Personne ne peut décider un acte à partir de lui-même en oubliant ce qui permet que cela soit. » Il peut alors revenir à ce qui permet son existence, la source ineffable, ou Totalité immuable, encore appelée par l’auteur « le Grand Je ne sais pas ».  

L’ouvrage est constitué de deux grandes parties : la première comporte un prologue, une introduction et cinq chapitres thématiques successivement intitulés « L’équilibre », « L’espèce humaine », « Moi je », « La frontière, la limite, la non-séparation » et « La psychologie impersonnelle » ; la seconde section, la plus longue, est constituée de Questions/Réponses et suivie d’un épilogue. 

Daniel Morin n’enseigne pas, il répond simplement à des questions qu’on lui pose, trois jours par an. Ce qu’il aime dans ces échanges, c’est « faire vibrer le lien ». Son écoute est singulière : « […] quand une personne pose une question, je n’écoute pas vraiment ce qu’elle dit mais j’essaye de sentir ce qu’elle ne veut pas dire. » Il éclaire le présent, le déjà-là, mais ne s’offusque jamais de ce que nous demeurions dans l’illusion : « Le problème, c’est que tu veux une certitude dans le futur. Tu peux simplement revenir au présent : « Qu’est-ce que je peux faire ? » Et peut-être que la réponse immédiate sera : « Je ne sais pas. » Le seul problème que vous n’énoncez pas, c’est vouloir autre chose à la place de ce qui est. » Inlassablement, il redit, avec des variations subtiles, des angles de vue légèrement différents, ce qu’il a toujours martelé, frappé du coin de l’évidence : « Par son arrogance, l’humain veut autre chose à la place de ce qui est pour se rééquilibrer par la pensée, en imaginant un ailleurs qui n’existe pas. J’appelle ça se shooter à l’imaginaire. » Ou encore : « Ce qui met à mal l’équilibre de la société, c’est le virus de la croyance d’être une entité séparée autonome. » 


Dans ces dialogues, il revient sur ce qui fonde sa propre expérience : le moi n’est pas possesseur mais conducteur ; on ne peut approcher l’absolu qu’en vivant complètement dans le monde relatif ; l’absolu est indicible ; la Totalité est parfaitement immobile et elle est inconcevable pour notre esprit ; le seul problème que nous rencontrons, c’est que nous désirons qu’il y ait autre chose à la place de ce qui est déjà là ; la séparation n’existe pas… Il décrit aussi sa relation passée avec Arnaud Desjardins, en notant que les différences de forme n’affectent pas l’identité de leur vision de l’essentiel. Il évoque également la relation maître-disciple, la réincarnation à laquelle il ne croit pas… Il distingue la « douleur » de la souffrance » et définit la peur comme « la peur de perdre » et l’oubli de notre lien avec le désir. Il reprend la métaphore saisissante de l’eau et des glaçons pour démonter notre croyance en la séparation, ainsi que le grand thème de la « demande d’impossibilité », qui est en fait une « demande d’imbécillité ». Il tente enfin de peindre cette « tranquillité de base » qu’il vit de manière constante, à partir de l'axe de ce qu'il appelle le moi-zéro, quelles que soient les circonstances et les expériences vécues, si désagréables soient-elles. 

D’une manière saisissante, les mots de Daniel Morin nous permettent d’entrevoir un véritable abîme métaphysique, un vide plein de l’Être, un vertige d’expérience à la fois radicale et d’une immense simplicité.

J’aime terminer mes notes de lecture par un florilège de citations. Je les ai ici choisies pour leur pouvoir décapant ou poétique. Elles sont à savourer, à se redire, si l'on veut s'extirper de cet imaginaire où la pensée toujours s’englue, afin de voir ce qui se présente à nous, au lieu de le penser...

« Où est le contour de l’arbre qui bouge dans le vent ? […] Où est la limite de votre corps quand vous fermez les yeux ? »

« Il y aura l’action sans bénéficiaire, il y aura l’acte sans acteur. »

« Le ressenti n’a pas d’extérieur. » 

« On ne peut pas atteindre ce qui est déjà là, c’est-à-dire l’expression de l’indéfinissable. »

« L’acceptation totale du relatif, c’est l’absolu. »

« On est tous exactement à notre place, comme le vent qui passe dans les branches de l’arbre, les feuilles qui bougent exactement comme elles doivent bouger. »

« Dans responsabilité, il y a réponse, c’est-à-dire la réponse la plus juste en tenant compte du contexte. »

« La vraie liberté, c’est l’acceptation parfaite, la non-discussion de la non-liberté ». 

« La clé, c’est la non-discussion absolue de ce qui est. »

« Tout mouvement est généré par la loi de recherche d’équilibre dans le relatif ».

« Ce n’est pas toi qui cherches, c’est la danse de la vie. »

« […] on ne peut rien rajouter ni enlever à ce qui est déjà là. »

« Toute pensée qui n’aboutit pas à un acte est une pensée inutile. » 

« On est reliés par ce que l’on ignore. »

« […] la partie est toujours pleine de la substance du Tout. » 

« […] refuser nos limites revient à refuser l’infini. »

« Le mouvement, c’est la différence dans le temps. »

« l’Unicité, c’est la multiplicité reliée, interdépendante. »

« Moi + non-moi = le Tout. »

« Le relatif et l’Absolu sont toujours au même endroit. »

« l’Être étant l’extension du non-Etre, / le non-être étant la contraction de l’Être. »

« « Je, ne sait pas », tout simplement parce que « je » n’est pas un sujet séparé de son extériorité mais le reflet de ce jeu entre Rien et Tout. »

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vendredi 6 octobre 2023

Impossible demande


 Toi seul peux voir si tu vis une demande d'impossibilité, personne d'autre. Le refus n'existe qu'au présent. Il n'y a donc qu'un seul refus à Ia fois. Les gens pensent que c'est le refus du passé qui crée leurs problèmes. C'est faux. La peur du futur est elle aussi vécue dans le présent. Le passé est refusé ici, le futur imaginé est refusé ici.

 Un thérapeute ne va pas changer ce qui a été, mais va tout faire pour que la personne accepte ce qui a été, et s'ouvre à un futur libre. Bien souvent, les gens présentent leurs refus en étalant leur histoire dans le temps, et ne s'occupent pas du refus présent.

L'humain n'a qu'un seul problème, vouloir autre chose à la place de ce qui est déjà là.

Daniel Morin 

"Je, ne sait pas"

Editions Accarias L'Originel

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dimanche 24 septembre 2023

L'indicible

 


Indicible équilibre

 


La vie telle qu'elle se manifeste est une apparence et n'a pas de réalité propre. Il n'empéche que ce célèbre absolu ne peut être conceptualisé que dans l'apparence. Je considère que cette apparence est tout aussi importante- pas plus - que l'absolu qui ne peut pas être expérimenté dans le relatif.

Même si je suis encore confronté à la difficulté du langage qui ne peut pas exprimer l'indicible, il m'apparait qu'à l'échelle de la compréhension humaine, il existe une loi qui est la matrice de toutes les autres lois relatives connues ou encore inconnues

C'est la loi de l'équilibre.

J'associe volontiers cette loi énergétique et impersonnelle à l'intelligence pure de la vie manifestée. Aucun phénomène de la vie ne lui échappe. Elle est vraie pour tous, et échappe à toutes les appartenances, qu'elles soient scientifiques, religieuses, idéologiques ou spirituelles..

La Totalité, l'Absolu, est de fait en équilibre parfait, donc immobile, hors temps, hors espace. On ne peut rien lui rajouter ni lui retrancher. Le Tout est indéfinissable.

Dans le relatif, l'équilibre parfait ne peut être appréhendé par la partie que sous forme de mouvement, de changement ; c'est l'impermanence.

Les deux aspects coexistent, mouvement et immobilité, C'est le Un qui se distingue apparemment en deux.

Les mouvements relatifs tendent naturellement vers l'immobilité. Pourquoi? Parce que nous sommes de la nature du Tout, de l'immobilité. Même si elle est sustentée par le Tout, aucune forme définie ne s'appropriera jamais l'absolu. La partie un permanente ne saisira jamais le permanent, elle ne pourra jamais contenir le Tout. 

La vie, c'est l'immobilité qui danse.

Daniel Morin - Je, ne sait pas

Editions Accarias L'Originel 

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lundi 11 septembre 2023

Je, ne sait pas...

 Paraît ce mois-ci un livre décapant de Daniel Morin « Je, ne sait pas ».


   Le sens commun de la séparation fausse toutes les recherches même les plus intéressantes, qu’elles soient d’ordre scientifiques ou religieuses. L’Absolu et le relatif sont inséparables, et sont toujours coexistant.

   Ce livre insiste sur l’évidence de la non-séparation. On comprend mieux que l’homme n’est pas une entité séparée autonome lorsqu’il est vu qu’aucune chose, grossière ou subtile, n’est séparée de son environnement - et cela à l’infini - et qu’elle est en échange d’équilibre constant avec son environnement.

   Cette loi fondamentale d’équilibre, unificatrice, gouverne l’univers entier tel que nous le percevons. Elle peut être une aide réelle pour appréhender la vie d’une façon nouvelle.

Tant que nos connaissances ne coexisteront pas avec le Grand Je ne sais pas ou « Je, ne sait pas », toutes nos théories les plus avancées seront fausses car basées sur l’identification du moi. Quand on admet notre limite, on est en relation avec le « je ne sais pas ». Je ne sais pas est impersonnel, on ne peut ni le saisir, ni le maitriser.

   Ce livre n’est pas une méthode de mieux-être ni un enseignement d’une amélioration à venir. En-dehors de tout dogme, il s’adresse à ceux qui ont le goût de la recherche de vérité, c’est-à-dire voir le faux comme étant faux. Il peut cependant permettre à certains de vivre le monde relatif d’une façon tout à fait différente. Non pas sur la conviction que nous sommes une partie autonome toujours en attente d’un jour meilleur, mais sur l’évidence indiscutable que nous sommes un élément relié et inséparable du Cosmos.

Aux éditions Accarias L'originel


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jeudi 20 avril 2023

L'intelligence du corps et le refus...

 Ce qui fait souffrir, c'est le refus de ce qui est...

Daniel Morin nous conseille de laisser monter et de voir les pensées qui viennent sans les filtrer, sans s'y opposer...


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lundi 1 juillet 2019

Acceptation ou non-discussion...


 ...
Alexandre Jollien : Tu dis souvent que maintenant, il n'y a aucun problème. 

Daniel Morin : Je dis aussi que pour avoir un problème, il faut du temps pour le penser ou l'exposer. Ce qui est n'est pas un problème. C'est l'interprétation qui en est faite qui donne l'illusion d'un problème. Un problème, c'est quelque chose qui nous bloque, ce n'est pas synonyme d'une situation difficile. Ça ne t’empêche pas de souhaiter le plus rapidement possible une amélioration dans le temps. Si ton bras est cassé, c’est légitime de souhaiter guérir le plus vite possible, mais sans surimposer l’image fictive d’un bras non cassé sur la réalité d’un bras cassé. Autrement dit, sans partir dans l’enchaînement des pensées: si j’avais su, je n’aurais pas dû, etc. Chaque situation invite à la question : Qu’est-ce que je peux faire ?

A - Contrairement à l’acceptation, il n’y a pas de préparation pour vivre cette attitude de non-discussion ?

D - Non. Toute ton attention est disponible dans l’acte présent.

A - Donc l’acceptation peut être un leurre si on la voit comme une approbation à donner à une situation vécue.
D - Oui, tout à fait, parce que celui qui croit pouvoir dire oui ou non à une situation ne met pas en doute le faux moi, et cela a des conséquences graves. Celui qui a le sentiment de ne pas pouvoir accepter est jugé ou se juge lui-même comme un incapable.

A - Est-ce que cela fonctionne pareil avec le lâcher prise ?

D - Lâcher implique que tu tiennes quelque chose. La vraie question est : qu’est-ce que tu tiens ? Bien souvent, ce que les gens tiennent, ce sont leurs croyances, leurs idéaux. Et ils n’ont aucune envie de les lâcher ! Lâcher, c’est ouvrir. Si tu tiens par exemple un bâton au-dessus d’une falaise, et que tu le lâches, il va tomber dans le vide. Mais si tu te tiens d’une main à une branche sur la paroi au-dessus du ravin, le fait de lâcher n’aura pas la même conséquence !


Le véritable lâcher-prise, c'est lâcher moi. 
Ce n'est pas moi qui dois lâcher.

Extrait de "Maintenant ou Jamais"
 de Daniel Morin
 (Editions Accarias L'Originel)

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mercredi 1 mai 2019

Libération, éveil, réalisation...


Daniel Morin
Eclats de silence – éditions Acarias L’ORIGINEL


J’ai observé chez beaucoup de chercheurs une idéalisation de l'éveil, une confusion entre une recherche authentique d’unicité et une recherche personnelle. Je me rappelle avoir moi-même caché, derrière une recherche sincère, une demande non consciente de validation, de reconnaissance, d’invulnérabilité
permanente, et une envie d’assurer ma continuité en accédant à des mondes invisibles, merveilleux, magiques.
0r, tout ce qui est vécu humainement relève d'expériences partielles, changeantes, impermanentes.
Aucune personne ne pourra trouver quelque chose de permanent. Le permanent ne peut pas rentrer dans la connaissance. Il est inconnaissable.
Toute recherche s'inscrit dans la relativité, dans le concept du temps, de la causalité. Or, la Totalité est acausale. La seule liberté possible est d’expérimenter en tant que partie l`inséparabilité et la simultanéité des éléments.
L’absence d’émotion n`est pas un critère obligatoire de sagesse, puisque les médicaments ou la pratique physique peuvent avoir cet effet-là.
Pour moi, la non-discussion absolue de ce qui est déjà là, manifesté, est une expérience qui peut être appelée éveil, libération. Certains êtres humains, arrivés à la limite de ce qu'il est possible d’expérimenter, voyant que le relatif et l'absolu sont indissociables, laissent le jeu de la vie se faire à travers eux.
Ce but, supposé perma
nent, ne pourra jamais être saisi par un corps qui est, lui, impermanent. Il est impossible même au plus grand sage de faire l`expérience du permanent. Par contre, il peut être habité par l'évidence de l’inséparabilité, de l’unicité. De ce fait il perd sa faculté apparente de choix, et les actions s’imposent en lui. Il vit l’obligation.
Il n’y a rien à gagner et rien à perdre personnellement.
Je ne suis pas en train de dire qu'il n’y a pas de différence dans la manifestation entre un sage et un criminel ! Du fait de cette vision d`unicité et d'inséparabilité chez certains témoins de sagesse, certaines qualités humaines vont se révéler : absence de méchanceté, respect profond du vivant, et si j'ose employer un mot galvaudé, amour. Ils ne voient plus la limite qui permet la distinction des formes comme étant séparatrice, mais ils la voient comme étant un lien vivant entre les différences. L’acceptation de la limite fait obligatoirement accepter le sans limite puisqu’une limite relie deux parties inséparables. Elle n'appartient ni à l’un ni à l`autre, elle est le lien vivant, elle est la preuve de l’inséparabilité.

Pouvons-nous concevoir que du point de vue de l'Être nous sommes ce que nous étions avant notre naissance ? Quand nous dormons d'un sommeil sans rêves, ou bien pendant une anesthésie générale, où se trouvent notre histoire, nos problèmes ? Quelle conscience avons-nous d’être ? Et pourtant nous ne mettons pas en doute le fait d’une apparente continuité d’être à notre réveil, et nous retrouvons notre histoire. .et nos problèmes.


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samedi 14 octobre 2017

Où est le problème ?



Voici la présentation du livre de Daniel Morin que je vous recommande :

En redonnant de l'importance au point de départ, ce qui est, et pas ce qui devrait être à la place, Daniel Morin opère un renversement de perspective. Il nous propose de partir tout de suite de l'inconditionnel, de la non discussion à ce qui est déjà là.

Cette vision inversée de celle qui est généralement proposée nécessite qu’au lieu de partir d'un moi qui voudrait s’améliorer, nous partions de l’évidence que nous sommes déjà relié au Tout, que rien n'est séparé et que tout se passe en même temps.

L’être humain n’a qu'un seul problème apparent, vouloir autre chose à la place de ce qui est déjà là. Ce qu’on appelle la pratique va consister à voir cette méprise. Chaque fois qu’une personne veut autre chose à la place de ce qui est - ce qui est absolument impossible - cela renforce l'illusion d’un moi fantôme se croyant autonome, ce qui entretient un sentiment de séparation et une grande espérance pour le futur. Le plus important, c’est de mettre en cause l’illusion d’être un moi séparé, un moi qui se croit possesseur de lui-même. Tout le reste en découle naturellement.

La perspective de Daniel Morin est compatible avec toutes les traditions, que les gens soient athées, catholiques, bouddhistes ou autres. Elle invite à une tranquillité de base inconditionnelle, co-existante avec les conditions impermanentes de la vie ordinaire. « Voir que la séparation est une illusion ne demande pas de temps. Seule l'évidence peut nous ramener au Mystère et à l'humilité. Rien n'est au-dessus du fait d’être soi-même, c’est-à-dire être un avec ».

Daniel Morin est né à Blois en 1944. Ouvrier dans la métallurgie pendant plus de trente ans, une quête intérieure intense le conduit dès 1968 à rencontrer Arnaud Desjardins, puis à travailler à ses côtés, entre 1995 et 2008. Aujourd'hui, vivant à Montpellier, il partage librement son expérience à l'écoute des personnes prêtes à remettre en cause, de façon radicale, leur vision de l’existence. Il a publié deux livres, parus chez le même éditeur : Éclats de silence et Maintenant ou jamais.
160 pages - 15,50 €
Éditions Accarias - L’Originel

vendredi 13 octobre 2017

Où est le problème ? avec Daniel Morin (5)


Pour la sortie de son nouveau livre, aux éditions Accarias L'originel, je vous propose d'être un avec... Daniel Morin.

Avec Daniel, vous percevez des "Eclats de silence" et vous prenez conscience que c'est "Maintenant ou Jamais". (voir ces deux livres précédents)

Extrait :
La certitude est que tu n’y comprends rien, fondamentalement. Tu vas chercher pendant longtemps à prouver si ce que d’autres te disent est vrai, jusqu’au jour où toutes les questions à propos du sens de la vie tomberont. Tu verras que toute compréhension est partielle, donc fausse. Cette certitude est intransmissible d’un certain point de vue. Ce n’est pas quelque chose qui manque. Personne ne pourra t’apporter ce que tu crois qu’il te manque. On est tous différents : si je prends un dé, il ne manque pas 2 au 4 pour être 6. Je vois simplement la différence : 6 est 6, 4 est 4. Il y a la nécessité des deux. Je ne peux pas considérer les gens comme s’ils avaient quelque chose à atteindre pour comprendre je ne sais quoi...



jeudi 12 octobre 2017

Où est le problème ? avec Daniel Morin (4)


Pour la sortie de son nouveau livre, aux éditions Accarias L'originel, je vous propose d'être un avec... Daniel Morin.

Daniel Morin et son rire tranchant qui fait éclater le mental... 
Quelle joie d'entrer dans l'abandon et de sentir monter un grand OUI !

Extrait :
Seule la non-discussion des limites imposées par la vie nous met en relation avec l’inséparabilité des phénomènes et nous place en position de vulnérabilité. Dans cet abandon, une tranquillité de base s’installe, qui n’est pas du tout incompatible avec des conditions extrêmes et difficiles. La vie est simple. Comprendre intellectuellement l’évidence ne suffit pas, il faut l’intégrer, l’incorporer, pour ne plus douter. Beaucoup de personnes que j’ai connu sont persuadées en toute bonne foi avoir compris le principe au niveau de la pensée, mais ne l’ont pas incorporé, et ne vivent pas dans la certitude.  

Ce n’est ni bien ni mal. Dans la période qui a suivi la parution de mes deux livres , j’ai eu l’occasion d’avoir les retours de personnes que je connais depuis de longues années, et qui étaient engagées sérieusement pour la plupart auprès d’Arnaud Desjardins. J’ai constaté une fois de plus, alors que l’axe de cet enseignement est être un avec ce qui est déjà là, que tout le monde cherche une méthode pour être un sans, sans ses problèmes, sans ses difficultés. Chacun espère être un avec plus tard, dans le futur, lorsque ça ira mieux, lorsque la vie sera plus conforme à ses désirs personnels. C’est un énorme malentendu de base issu d’une confusion dans les attentes. Il est capital de voir que rien n’est séparé et que tout est simultanément intriqué, car les implications de cette vision sont effroyables : ça annule toute notion de progression personnelle vers un but ultime imaginé et idéalisé par l’ego, par le moi séparé.



mercredi 11 octobre 2017

Où est le problème ? avec Daniel Morin (3)


Pour la sortie de son nouveau livre, aux éditions Accarias L'originel, je vous propose d'être un avec... Daniel Morin.

Le diable c'est ce qui sépare...et Daniel c'est ce qui rassemble. 
Le diable c'est ce qui devrait ou qui aurait pu ... et Daniel c'est ce qui est. Au diable l'avarice, laissons en nous circuler l'expérience de l'instant... en voici encore un extrait

Extrait :
L’acharnement, c’est la force qui s’exprime dans l’instant. Ce n’est pas le temps qui compte, mais la force de maintenant. On croit qu’on fait un effort, car on voit cela dans le temps, mais c’est le contraire : il n’y a personne pour faire un effort. Vous constatez qu’il y a, point. Et vous êtes simplement en état de réponse au contexte. Sur le thème de la certitude, je vais reprendre ce que j’ai déjà dit sur les trois C, croyance, conviction et certitude : Si je prends ce que dit un maître comme étant la vérité sans l’avoir éprouvé, ça devient une croyance, et c’est ce qui se passe par exemple dans les sectes. C’est le premier C. Ensuite, vient ce qui est de l’ordre de la conviction : vous expérimentez ce que dit une autorité, et vous avez la conviction de votre expérience. 

Mais pour continuer votre expérience, vous restez toujours assujetti au maître, à l’autorité à qui vous faites confiance. C’est le deuxième, C, la conviction. Ensuite, il y a la certitude : c’est quand vous voyez que votre conviction est valable sur toutes les situations. Alors le doute n’est plus possible, les questions cessent. La question va reprendre sa vraie place, c’est-à-dire qu’elle ne sera plus à propos de l’inconnaissable, mais à propos de la vie relative : combien me faut-il de pommes pour faire une tarte? etc. Seule la certitude libère du doute. 

Et tant qu’il y a le DOUTE, IL Y A DES QUESTIONS.



mardi 10 octobre 2017

Où est le problème ? avec Daniel Morin (2)

Pour la sortie de son nouveau livre, aux éditions Accarias L'originel, je vous propose d'être un avec... Daniel Morin.

Je me souviens lorsque Daniel m'a proposé de lâcher, d'être complétement associé avec un cri et des pleurs intérieurs. "Ouvre, ouvre, ouvre"me disait-il. Dans ces moments là, la vie est présente aussi forte qu'à la naissance...

Extrait :
Il n’y a pas d’apprentissage pour voir ce qui est. Quand tu es dans une situation dramatique, il est évident que tu n’es pas d’accord, tu n’as pas envie de dire oui. Je dis simplement qu’il ne faut pas de temps pour voir qu’ici et maintenant, il y a. C’est tout ce que je dis, mais ça a une implication énorme. Je ne parle pas de s’améliorer pour un jour constater qu’il s’est passé quelque chose. Je ne parle pas d’un ici et maintenant là-bas ! Celui-là, un jour, tu le vivras ici ! Alors pourquoi pas tout de suite ? Je me fiche du progrès. Ce sera du bénéfice ou de la perte. L’essentiel c’est d’être là, maintenant. Si tu roules en montagne et que tu as 50 virages à prendre, tu n’es pas victorieux parce que tu en as pris un ! Tu ne t’occupes pas du virage que tu ne vois pas ! Tu obéis aux sinuosités de la route. Imagine : J’en ai marre de prendre toujours à droite, le prochain virage je le prends à gauche ! [rires] 

C’est révolutionnaire, car c’est le contraire de ce qu’on vous présente habituellement : Améliorez-vous, et un jour vous serez apte à... Non. Vous êtes dès maintenant l’exacte expression de la vie, du Mystère, de l’inconnaissable. 

lundi 9 octobre 2017

Où est le problème ? avec Daniel Morin (1)

Pour la sortie de son nouveau livre, aux éditions Accarias L'originel, je vous propose une semaine avec Daniel Morin.

Daniel Morin est pour moi un "fissureur" de coquille. Il m'a permis d'entrevoir la lumière qui est déjà là en ouvrant mon regard sur ce qui est. Bien sûr, les ombres portées de l'esprit sont revenues mais je ne peux oublier ces instants lumineux...



Extrait :

Tu voudrais une complétude personnelle qui dure, mais dans le monde manifesté, qu’est-ce qui est permanent ? Y a-t-il une chose qui ne change pas dans le monde tel qu’on le vit ? Personne ne peut saisir l’expérience du permanent. Personne. Il peut y avoir une compréhension intuitive du permanent mais pas de saisie du permanent.

La complétude dont parlent les enseignements n’a rien à voir avec le quantitatif, ce n’est pas l’inverse du manque, puisqu’on ne peut rien lui enlever, rien lui rajouter. Cette complétude, c’est l’absence du questionneur, l’absence de celui qui veut la complétude, ce qui va générer de ce fait un sentiment stable tout à fait compatible avec le monde de l’impermanence, du mouvement, du manque.

On ne peut expérimenter que l’impermanence ou le relatif, qui est une vision partielle de l’absolu mais de même nature. En tant qu’individu, il n’y a pas d’autre but POSSIBLE QUE CELUI DE VIVRE LE RELATIF À 100%, TEL QU’lL APPARAIT.

vendredi 18 novembre 2016

Témoignage sur deux livres de Daniel Morin

Noël approche à grands pas.  Pour cette période où l’on aime à offrir des cadeaux originaux, voici quelques idées puisées chez un éditeur peu banal, dont les ouvrages sont d’une valeur inestimable : ils véhiculent, à travers différents chemins, des éléments d’une sagesse ancestrale et toujours vivante. Il s’agit des éditions Accarias L’Originel.


• DANIEL MORIN, ÉCLATS DE SILENCE - L’indicible simplicité d’Être, Préface d’Alexandre Jollien, éditions ACCARIAS / L’ORIGINEL, 2010.
•    DANIEL MORIN, MAINTENANT  OU JAMAIS - Le mirage du futur,  éditions ACCARIAS / L’ORIGINEL, 2013.

Voici deux livres d’un auteur que j’ai eu l’immense privilège de rencontrer et d’écouter maintes fois, avec à chaque fois des retombées incisives et concrètes : Daniel Morin. 
Il a été le plus proche collaborateur de l’un des rares maîtres spirituels qui aient enseigné en France. C’est aussi un grand ami du célèbre philosophe Alexandre Jollien, qui a signé la préface d’Eclats de silence et avec qui il dialogue dans la seconde partie de Maintenant ou jamais
Avant cela, et pendant trente ans, il avait été ouvrier dans la métallurgie. Cet homme, qui n’avait pas fait d’études, et dont le langage ne s’embarrassait pas de fioritures, était pourtant le plus grand poète métaphysicien de l’ashram d’Arnaud Desjardins. Un poète sans images grandioses, un métaphysicien sans système préconçu, si proche de ces maîtres zen qui parlent par aphorismes et qui  parviennent en quelques phrases à bouleverser nos habitudes mentales.
Si Daniel Morin tutoie si bien l’éternel et l’infini, s’il laisse aussi bien fulgurer en lui et autour de lui des Eclats de silence, c’est précisément parce qu’il s’est plongé pendant des années dans le travail à la chaîne d’une métallurgie, durement, jour après jour, avec ses propres mains, et qu’il a donc appris très tôt à se situer au plus près du réel, ici et maintenant, Maintenant ou jamais et dans L’indicible simplicité d’être parce que, justement, au lieu d’apprendre à dire, il avait appris à faire, en toute simplicité. C’est dans cette métallurgie qu’il avait commencé à forger et à affûter ses propres armes pour anéantir, de quelques éclats tranchants, Le mirage du futur
Ensuite, à partir de 2008, il a quitté l’ashram pour suivre sa propre trajectoire, toujours en toute simplicité et, il faut bien y insister, en toute radicalité. Seule l’expérience compte. Que l’on s’adresse à lui ou qu’on lise les pages de ses livres, il nous ramène sans hésiter, sans détour aucun, à notre expérience directe. C’est tout le prix, infiniment précieux, de sa transmission. A partir de son propre éveil, il nous invite à nous ouvrir au nôtre, sans relâche.
J’ai donc juste choisi de vous raconter ceci, qui me concerne directement : un jour, juste après lui avoir posé une question sur la liberté et qu’il m’eut fait une de ces réponses incisives que l’on n’oublie jamais – sans avoir besoin de prendre aucune note -, je suis sortie dans la cour de l’ashram. Et là, j’ai senti que tombait, littéralement, et brusquement, à côté de moi, à mes pieds, un paquet d’énergie morte : c’était à la fois une sensation très précise, très concrète, et une certitude, jamais éprouvée auparavant. J’ai senti qu’un énorme poids de culpabilité était tombé à côté de moi, sur le sol. C’est là que j’ai appris, par ma propre expérience, que nos émotions sont des pensées mêlées de matière physique, qu’elles ont à la fois un poids inconscient et un poids matériel, inscrit dans notre chair et prisonnier de celle-ci. J’ai immédiatement identifié ce paquet d’énergie qui venait de quitter mon corps : il s’appelait Culpabilité. Oh bien sûr, je n’avais pas fini de m’en libérer…. Mais je suis certaine, depuis cet instant-là, qu’une grosse partie de cette culpabilité inconsciente que je portais a pu se libérer.
Je ne vous ferai donc pas un compte-rendu de ces deux livres. Je n’ai qu’un mot : achetez-les et lisez-les ! Vous ne serez pas déçu(e). Raconter mon expérience après avoir écouté Daniel Morin me semble constituer une indication suffisamment précise de ce que la lecture de ses livres – lui qui n’est en rien un savant ni un écrivain – pourraient vous apporter. 

C’est ce que je vous souhaite de meilleur !

                                                                               Sabine 




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