vendredi 28 février 2014

Entretien avec Richard Moss par Gilles Farcet (1)


« Notre meilleur voie vers la santé consiste à élargir notre sentiment d'identité. »
Richard Moss

Partie 1 : 28 min.

mercredi 26 février 2014

Alexandre Jollien et Boris Cyrulnik




Une rencontre entre deux personnalités intellectuelles atypiques et intimement marquées du sceau de l'espérance. 
« Père de famille, personne handicapée et écrivain », c'est ainsi que se définit Alexandre Jollien. Atteint d'une infirmité motrice cérébrale dès la naissance, il a suivi un parcours du combattant pour suivre une scolarité normale. Tout d'abord porté vers des études de commerce, il découvre la philosophie par hasard dans une librairie en s'arrêtant net sur un livre de Platon. C'est alors une révélation. Selon lui, « la philosophie tient essentiellement de l'exercice spirituel, d'un art de vivre ». 

Chantre de l'anti-psychanalyse freudienne, et inventeur du concept de « résilience », Boris Cyrulnik dépasse les frontières du déterminisme et défend l'idée qu'on peut renaître de toute souffrance. Né dans une famille d'immigrés juifs d'Europe Centrale et Orientale arrivés en France dans les années 30, il a d'ailleurs échappé de justesse à une rafle lors de la seconde guerre mondiale, ce qui lui donnera la vocation de psychiatre...


mardi 25 février 2014

L'état naturel...


L'état éternel continu naturel, d'abandon dans le Soi est jnana.
Pour vous déposer dans le Soi, vous devez aimer le Soi. Puisque Dieu est en vérité le Soi, l'amour du Soi est l'amour de Dieu; C'est bhakti. 
Bakti et jnana sont, donc une seule et même chose."

Ramana Maharshi



lundi 24 février 2014

Une simple vérité par Poonja


"La vérité est très simple, ne la complique pas. Tu dois être dans la lumière pour connaître l'obscurité : sois juste conscient de toi-même, la lumière. Saute dans le feu de la connaissance et ne sois pas concerné par ce qui arrivera à tes habits de concepts et de mémoires. Ce feu brûlera tout." 

Truth is very simple, don't complicate it. You must be in the Light to know the darkness: Just be aware of yourself, the Light. Jump into the fire of Knowledge and don't be concerned with what will happen to your clothing of concepts and vasanas. This fire will burn all. 

 H. W. L. Poonja

dimanche 23 février 2014

Le bonheur avec Lama Guendune Rinpoché

« Le bonheur ne se trouve pas avec effort et volonté,
Mais réside là, tout proche,
Dans la détente et l'abandon.
Ne sois pas inquiet, il n'y a rien à faire.
Tout ce qui s'élève dans l'esprit n'a aucune importance,
Parce que dépourvu de toute réalité.
Ne t'attache pas aux pensées, ne les juge pas.
Laisse le jeu de l'esprit se faire tout seul,
S'élever et retomber,
Sans intervenir.
Tout s'évanouit et recommence à nouveau, sans cesse.
Cette quête même du bonheur est ce qui t'empêche de le trouver,
Comme un arc-en-ciel qu'on poursuit sans jamais le rattraper,
Parce qu'il n'existe pas, parce qu'il a toujours été là,
Et parce qu'il t'accompagne à chaque instant.
Ne crois pas à la réalité des choses bonnes ou mauvaises,
Elles sont semblables aux arcs-en-ciel.
A vouloir saisir l'insaisissable, on s'épuise en vain.
Dès lors qu'on relâche cette saisie, l'espace est là,
ouvert, hospitalier et confortable.
Alors jouis-en.
Ne cherche plus.
Tout est déjà tien.
A quoi bon aller traquer dans la jungle inextricable,
L'éléphant qui demeure tranquillement chez lui.
Cesse de faire.
Cesse de forcer.
Cesse de vouloir.
Et tout se trouvera accompli, Naturellement. »

Lama Guendune Rinpoché

samedi 22 février 2014

Sciences et poésie autour de l'abeille



To make a prairie it takes a clover and one bee,
One clover, and a bee,
And revery.
The revery alone will do
If bees are few.
Emily Dickinson (1830–86).
 Complete Poems. 1924. Part Two: Nature

vendredi 21 février 2014

jeudi 20 février 2014

Portrait de Jean Claude Ameisen... poésie et sciences...



Le jeu et la créativité sont au cœur de la démarche scientifique. D'ailleurs, l'un des mots qui désigne l'école, en latin, c'est ludus, le jeu : désir de questionner, d'explorer l'inconnu, de s'émerveiller, de tenter de comprendre. Et joie de découvrir : la recherche de connaissances nouvelles, disait Epicure, est en elle-même une source de joie.
Cet élan vers la création et les autres est au cœur même de nos vies. Nous nous inscrivons dans le monde, et inscrivons le monde en nous. "La réalité n'est pas simplement plus étrange que nous ne le pensons, disait le généticien John Haldane, elle est plus étrange que nous ne pouvons l'imaginer."

Les sciences nous révèlent l'étrange splendeur de ce que nous appelons la réalité : des secrets du langage dansé des abeilles à l'expansion de l'Univers à travers l'espace et le temps, de la richesse et de la fragilité de notre mémoire à la profondeur du lien qui nous rattache aux autres, des mystères du sommeil et des rêves à notre parenté ancienne avec l'Univers et le monde vivant qui nous entourent et nous ont fait naître...

Les sciences sont source de culture partagée, d'un art de vivre ensemble qui permet d'allier la réflexion à l'émotion. De mieux comprendre ce que nous ressentons, de mieux ressentir ce que nous comprenons.
(source : La Grande Librairie et l'Express)

mercredi 19 février 2014

"Et n'oublie pas d'être heureux" avec Christophe André


"Et n'oublie pas d'être heureux" : c'est le titre du dernier ouvrage du psychiatre Christophe André qui vient d'être mis en vente. Christophe André, c'est le spécialiste de la "psychologie positive". Il a écrit de nombreux ouvrages sur le bonheur et les façons de l'atteindre. il regorge de précieux conseils que l'on peut appliquer au quotidien dans son travail.

C'est un ouvrage qui fourmille de passerelles que l'on peut jeter vers le monde du travail. Un exemple avec ce que Christophe André appelle "le recadrage positif". "On a tous dû soit subir un recadrage, soit s'y livrer, en tant que "chef". Mais il y a une autre façon de le voir..."


Christophe André et le recadrage positif (4 min.)

(source : France Info)

lundi 17 février 2014

Christian Bobin et la grande Vie


Pour une vie la plus simple, un trésor oublié...



extrait de l'émission "La grande librairie" du 13 février : Christian Bobin publie «La Grande Vie», chez Gallimard, un cri manifeste qui appelle à la lutte contre le lien perdu avec le passé, dans un monde amnésique, livré à l'électronique, qui fait des livres des objets obsolètes et non plus des passeurs de savoir et de plaisir.

dimanche 16 février 2014

Une conférence de Matthieu Ricard

L'humilité ne consiste pas à se considérer comme inférieur, 
mais à être affranchi de l'importance de soi. 
 Matthieu Ricard

vendredi 14 février 2014

La relation d'Amour à ce qui est...


La relation n'advient pas d'elle-même. Les gens s'accrochent à l'idée que si seulement ils rencontraient la « bonne » personne, l'amour fleurirait et tout arriverait naturellement. Mais c'est un rêve. En fait, c'est un mensonge. Pour que la relation marche, il faut que nous nous mettions en marche. Il nous faut travailler dur et accepter notre partenaire tel qu'il est, car si chacun essaie de changer l'autre, il n'y a pas de relation. Il est également difficile d'être la personne avec laquelle notre partenaire voudrait être ; mais, pour une grande part, c'est notre tâche.

Lee Lozowick 
Éloge de la folle sagesse (p.60)
Traduit de l'anglais (USA) par Gilles Farcet

Christophe Massin : A propos des émotions (3)

Pour accompagner les émotions de la Saint Valentin :


Partie 3 : l'acceptation de l'émotion (15 min.)
 

Les enfants ont un sixième sens pour percevoir quand leurs parents ne se respectent pas et bien souvent leur tirent à boulets rouges pour les réveiller... Si accepter conduit à se maltraiter, ce n'est pas accepter. Si accepter n'amène pas une paix heureuse, ce n'est pas accepter.

source : L'émission de Marie-Pierre Planchon "Partir avec"

jeudi 13 février 2014

Christophe Massin : A propos des émotions (2)


Partie 2 : le signal de l'émotion (14 min.)
 
Le refus émotionnel entraîne des conséquences coûteuses. D'abord, il induit une manière de penser fausse puisque contraire à la réalité, et celle-ci, étant erronée, m'enfonce dans une voie sans issue. Tout ce que je pense dans cette base est faussé et aggrave la situation... 

extrait de "Souffrir ou aimer. Transformer l’émotion " 
(p. 128)


mercredi 12 février 2014

Christophe Massin : A propos des émotions (1)


Partie 1 : itinéraire... (12 min.)
 

...Quand le Bouddha affirme que la souffrance prend son origine dans le désir, Swami Prajnanpad montre, sous un angle complémentaire, que la souffrance naît de la négation de ce qui est. Selon cette perspective, toute souffrance dérive du refus initial d’un aspect de la réalité, qu’il soit intérieur à la personne ou extérieur. Elle est produite par ce fonctionnement négatif de la pensée, le mental. « Le mental reçoit des coups et se sent blessé parce qu'il s’attend à ce que le monde extérieur se conforme à son désir. Tant qu’il n’est pas convaincu que tout ce qui est à l’extérieur est différent [de ce qu’il veut], le mental recevra des coups à chaque instant. »

Dans la souffrance, on refuse non seulement la situation mais aussi l’état émotionnel pénible quelle déclenche. Ce point essentiel marque la différence avec l’émotion simple. On se débat à la fois contre l’extérieur et contre soi-même. On voudrait ne pas ressentir ce qu’on ressent. Le refus initial de la situation demeure rarement seul et entraîne avec lui le refus de l'émotion qui surgit, puis une cascade d’autres refus...

extrait de "Souffrir ou aimer. Transformer l’émotion "

source : L'émission de la pertinente Marie-Pierre Planchon "Partir avec"

mardi 11 février 2014

L'histoire de Tonglen et le pouvoir de la compassion

Mes étudiants viennent souvent à moi avec cette question : «La souffrance de mon ami - ou de mon parent - me perturbe beaucoup ; je souhaiterais réellement l'aider, mais je me rends compte que je n'éprouve pas assez d'amour pour en être vraiment capable. Je voudrais exprimer de la compassion, mais celle-ci est bloquée. Que puis-je faire ?» N'avons-nous pas tous connu la tristesse et la frustration de ne pouvoir trouver dans notre cœur assez d'amour et de compassion envers ceux qui souffrent autour de nous, ni assez de force pour les aider ?

L'une des grandes qualités de la tradition bouddhiste est d'avoir élaboré tout un ensemble de pratiques qui peuvent véritablement vous aider dans de telles situations. Ces pratiques peuvent réellement vous nourrir et vous remplir d'une force, d'une créativité joyeuse et d'un enthousiasme qui vous permettront de purifier votre esprit et d'ouvrir votre cœur. Ainsi, les énergies apaisantes de la sagesse et de la compassion pourront influer sur la situation dans laquelle vous vous trouvez et la transformer.

De toutes les pratiques que je connais, celle de tonglen - qui signifie en tibétain « donner et recevoir » - s'avère l'une des plus utiles et des plus puissantes. Si vous vous sentez emprisonné en vous-même, tonglen vous ouvre à la vérité de la souffrance de l'autre. Si votre cœur est fermé, cette pratique détruit les résistances qui l'empêchent de s'ouvrir. Et si vous vous sentez étranger en présence de la personne souffrante, en proie à l'amertume ou au désespoir, tonglen vous aide à trouver en vous, puis à manifester, le rayonnement vaste et plein d'amour de votre nature véritable. Je ne connais pas de pratique plus efficace pour détruire la fixation égocentrique, l'amour de soi immodéré et l'auto-absorption de l'ego, qui sont la racine de toute notre souffrance et de toute notre dureté de cœur.

L'un des plus grands maîtres de tonglen au Tibet était Géshé Chekhawa, qui vécut au XIIème siècle. C'était un grand érudit et un maître accompli dans de nombreuses formes de méditation. Un jour qu'il se trouvait dans la chambre de son maître, il vit un livre ouvert sur ces deux lignes :

Tout profit et tout avantage, offre-les à autrui:
Toute perte et toute défaite, prends-les à ton compte.

La compassion immense, presque inimaginable, de ces vers le frappa vivement, et il se mit en quête du maître qui les avait écrits. Au cours de son voyage, il rencontra un lépreux qui lui dit que ce maître était mort. Mais Géshé Chekhawa persévéra et ses efforts soutenus furent récompensés lorsqu'il rencontra le disciple principal du maître défunt. Il lui demanda : « Quelle importance accordez-vous vraiment à l'enseignement contenu dans ces deux vers ? » Le disciple répondit : « Que cela vous plaise ou non, vous devrez pratiquer cet enseignement si vous voulez réellement atteindre l'état de bouddha. »

Géshé Chekhawa fut presque aussi stupéfait de cette réponse qu'il l'avait été lorsqu'il avait découvert les deux vers. Il demeura douze années avec le disciple afin d'étudier cet enseignement et de prendre à cœur la pratique de tonglen qui en est l'application concrète. Pendant ce temps, il dut affronter toutes sortes d'épreuves : difficultés, critiques, privations et mauvais traitements en tous genres. L'enseignement fut si efficace et sa persévérance dans la pratique si intense qu'après six années, il avait totalement éliminé toute trace de fixation égocentrique et d'amour de soi immodéré. La pratique de tonglen avait fait de lui un maître de la compassion.

Au début, Géshé Chekhawa n'enseigna tonglen qu'à un nombre restreint de proches disciples, pensant que cette pratique n'aurait d'effet que sur ceux qui avaient une grande foi en elle. Puis il commença à l'enseigner à un groupe de lépreux. La lèpre était, en ce temps-là, très répandue au Tibet et les médecins ordinaires ne savaient ni la traiter ni la guérir. Pourtant, beaucoup des lépreux qui pratiquèrent tonglen furent guéris. La nouvelle s'en répandit rapidement et d'autres lépreux accoururent jusqu'à la maison du Géshé, qui commença à ressembler à un hôpital.


Mais Géshé Chekhawa n'enseignait toujours pas tonglen à un large public. Ce fut seulement lorsqu'il en constata l'effet sur son frère qu'il commença à dispenser son enseignement ouvertement. Le frère de Géshé Chekhawa était un sceptique invétéré qui tournait en dérision toute forme de pratique spirituelle. Pourtant, quand il vit ce qui se produisait chez les lépreux qui pratiquaient tonglen, il ne put s'empêcher d'être impressionné et intrigué. Un jour, il se cacha derrière une porte et écouta son frère enseigner tonglen puis, en secret, il entreprit la pratique, seul, de son côté. Lorsque Géshé Chekhawa remarqua que le caractère difficile de son frère commençait à s'adoucir, il devina ce qui s'était passé.

« Si cette pratique a pu être efficace même sur mon frère, pensa-t-il, si elle a pu le transformer, alors elle devrait être efficace et transformer tout être humain. » Ceci convainquit Géshé Chekhawa du bien-fondé d'enseigner tonglen plus largement. Lui-même ne cessa jamais de le pratiquer. Vers la fin de sa vie, il confia à ses étudiants que, pendant longtemps, il avait prié avec ferveur afin de renaître dans les royaumes infernaux pour pouvoir venir en aide à tous les êtres qui y souffraient. Malheureusement, ajouta-t-il, il avait eu récemment plusieurs rêves très clairs lui indiquant qu'il allait renaître dans l'un des royaumes des bouddhas. Il était amèrement déçu et supplia ses étudiants, les larmes aux yeux, de prier les bouddhas pour que cela n'ait pas lieu et pour que son voeu ardent d'aider les êtres des enfers soit exaucé. 

 Le livre Tibétain de la vie et de la mort
 Pp 266-268
 De Sogyal Rimpoché
 Ed La Table Ronde - 2003

Pour en savoir plus


lundi 10 février 2014

Swami Prajnanpad et les lyings


Bernard Pernel : Swami Prajnanpad disait "le lying, ce n'est pas se souvenir, c'est revivre intensément". 
 Par exemple : si dans une situation du passé jugée douloureuse, inconfortable ou inacceptable dont toute une partie des affects, des sensations et des émotions ont été refoulés, après un certain nombre de séances, la personne se laisse aller à réellement être un avec cette situation, si elle l'"embrasse", comme la belle embrasse le monstre dans le conte, elle la transforme en prince charmant.

Voir Le lying et la purification du coeur
Voir aussi l'article de Clés magazine


dimanche 9 février 2014

Rencontre avec Sylvie Bérubé

Patrice van Eersel - Votre prise de conscience a commencé par une maladie ?

Sylvie Bérubé - J’avais trente-sept ans, j’étais thérapeute et je croyais me connaître, quand mon corps m’a dit que je me trompais. J’ai dû être hospitalisée d’urgence et on m’a retiré l’ovaire gauche, qu’un kyste avait envahi. Ce choc m’a obligée à travailler à nouveau sur moi-même en profondeur. Je me suis rendu compte que je ne vivais pas ma féminité. Mon corps m’a fait comprendre que j’étais emplie de peurs, concentrées dans mon ventre. J’en avais été inconsciente jusque-là, parce que ces peurs étaient masquées par des « boucliers de la féminité », bien repérés par Marie Lise Labonté. 

Patrice van Eersel - Des boucliers qui protègent la femme, mais qui l’empêchent aussi de vivre en l’étouffant! 

Sylvie Bérubé - Toute la pratique de Marie Lise le démontre en effet ! Nous nous protégeons dès le plus jeune âge — parfois même dès le fœtus — contre les traumatismes que la vie nous fait subir, en barricadant notre sensibilité, notre subtilité, notre capacité d’accueil, et plus généralement notre féminité, derrière des murailles qui nous anesthésient Le résultat, c’est que nous ne fonctionnons plus qu’avec notre énergie masculine, ce qui est tragique, car tout humain a besoin d’un dialogue entre sa part féminine et sa part masculine pour pouvoir aimer, créer, vivre. J’ai donc appris, par des exercices aussi bien physiques qu’émotionnels et mentaux, à faire peu à peu s’effondrer ces murailles pour retrouver l’immense puissance de ma féminité. Cela m’a obligée à faire un travail transgénérationnel, car nous héritons des peurs et des hontes de nos ancêtres... et de nos vies antérieures. 

Patrice van Eersel - Qu’est-ce qui blesse et effraye tant le « ventre d’Eve » ? Est-ce la brutalité des hommes ? 

Sylvie Bérubé - Ce qui blesse, c’est le fait que le féminin ne soit pas reconnu, valorisé, respecté, aimé par le masculin. Mais les hommes sont autant victimes que les femmes. Eux aussi ont une moitié féminine. Et j’ai très bien pu être moi-même un homme dans une autre vie. Mon travail est désormais consacré à accompagner mes patients à se libérer de leurs mémoires douloureuses, empreintes de traumatismes parfois réels, et parfois imaginaires : une femme peut se fermer à sa féminité parce qu’elle a le fantasme que tous les hommes sont violents. 

L'auteure Thérapeute psycho-corporelle canadienne, formée par Marie Lise Labonté à sa méthode de guérison des blessures féminines, Sylvie Bérubé est elle-même devenue formatrice et conférencière. Elle a fondé l’Ecole internationale du féminin sacré, qui a « ses racines au Québec et ses ailes en Europe».

(source : Club Clés)


vendredi 7 février 2014

Prendre soin des corps avec Dominique Trimoulet

1- VALORISEZ LE CORPS

En Occident, nous sommes habitués à concevoir l’âme comme prisonnière d’un corps périssable. Cette représentation dépréciée du corps n’est pas biblique, mais procède de la philosophie grecque. Dans la Bible, les corps sont valorisés, sollicités, restaurés, placés au cœur de la vie spirituelle. Jésus ne cesse de toucher les personnes, comme ce sourd-muet à qui il met ses doigts dans les oreilles et dont il touche la langue avec sa salive (Marc 7,33)- Il est aussi souvent pris aux entrailles, autrement dit touché par les autres dans son propre corps, ce corps qu’il a livré pour nous. C’est avec cette approche biblique qu’il faut apprendre à regarder son corps.

2- RESPECTEZ-LE

Négliger son corps, c’est à la fois ne pas respecter la Création et se négliger soi-même. Efforcez-vous de consentir au corps qui vous a été donné, à l’accueillir tel qu’il est au lieu de le rejeter parce qu'il ne correspond pas aux représentations sociales ou de vouloir le plier à l'image véhiculée par les magazines de mode.

3- ACCEPTEZ LA RÉCIPROCITÉ

La peau étant le chemin de l’intériorité, il est impossible de toucher quelqu’un sans être touché en retour. C’est à cause de cette réciprocité qu’on se méfie tant du toucher. Le soin que je pratique, basé sur le massage, se distingue des autres par cette dimension relationnelle. Je me souviens de cette jeune femme qui se trouvait laide. Après le massage, son regard avait totalement changé. Quand on touche quelqu’un avec bienveillance, c'est toujours une expérience heureuse.

4- PRIEZ AVEC LUI

Même la mystique Marthe Robin avait besoin de son bout d’eucharistie quotidien. On n’est jamais dans l’esprit pur, toutes les expériences spirituelles doivent s’incarner. L’oraison dépend ainsi beaucoup de la position dans laquelle on l’effectue. C’est avec son corps qu’on entre en relation avec Dieu. La façon dont nos genoux touchent le sol, le maintien de notre colonne..., tout cela a une importance. Cherchez la meilleure façon de vous tenir en présence du Seigneur.

jeudi 6 février 2014

Dominique Trimoulet : au cœur des corps malades


Les mains de cet aide-soignant, prêtre de la Mission de France, ont touché bien des corps malades et fragiles confiés à ses soins. Ces corps, Dominique Trimoulet les aborde comme une terre sainte tant ils révèlent, selon lui, l'être profond et mystérieux de chaque personne...


Au séminaire, j’ai aussi découvert qu’être missionnaire, cela passait par la présence aux hommes blessés, souffrants. Or, j’avais un métier pour vivre cela, un métier où le contact physique tenait une grande place. Dans ma lettre d’ordination, j’ai donc formulé la demande d’enraciner mon ministère dans le silence du chevet des malades.

Voilà désormais 30 ans qu’en tant qu’aide-soignant je me tiens auprès d’eux et prends soin de leurs corps. Ces corps, je les ai lavés, soutenus, apaisés, nourris, habillés. Depuis quelques années, je les masse. Car j’ai réalisé que la toilette des malades était autre chose qu’un soin d’hygiène et de confort : toucher un corps, c’est toucher la vie d’une personne unique, éprouver l’unité profonde de son être. Le corps n’est ni une enveloppe ni une prison, c’est toute une vie faite d’émotions. Aussi, quand je masse, je ferme les yeux, je me recueille pour écouter, aborder une terre sainte. 


Grâce au massage, j’ai compris qu’on ne peut toucher sans être touché. J’ai appris aussi quelque chose de l’humain qui ne peut se communiquer qu’à nos propres mains, cette part de mystère que les corps seuls peuvent signifier, dans l’échange de peau à peau. « Ceci est mon corps livré pour vous », a dit Jésus, Dieu fait chair. En régime chrétien, il n’y a pas de nourritures spirituelles qui ne soient aussi corporelles. C’est la vie incarnée de Dieu que nous recevons au plus intime de notre corps pour que notre vie humaine soit animée de la sienne.

mercredi 5 février 2014

A la frontière du monde intérieur de Gilles Farcet (2)




Toute la sagesse pratique du lâcher-prise se trouve sans doute synthétisée dans la magnifique prière des Alcooliques anonymes : "Donnez-moi la sérénité d’accepter les choses que je ne peux pas changer, le courage de changer celles que je peux changer et la sagesse d’en voir la différence."

mardi 4 février 2014

A la frontière du monde intérieur de Gilles Farcet (1)






Il est bien rare que nous soyons vraiment " ici et maintenant " – alors même que nous ne pouvons en fait être ailleurs qu’ici et à un autre moment que maintenant. Quoi que mon mental prétende, je me trouve là où sont mes pieds. Si je pense au passé ou au futur, c’est toujours maintenant. Passé, futur, ailleurs n’existent qu’en tant que pensées surgissant ici et maintenant.


dimanche 2 février 2014

« Revenir à soi contre le stress » avec Anne-Marie Filliozat

Pensez-vous, comme vous le dites dans "Ces petits riens qui changent la vie", que le plaisir de vivre s'acquiert ?

Anne-Marie Filliozat : Oui, il naît et peut grandir grâce à une attention à soi. Je ne parle pas d’égocentrisme, mais d’un juste amour de soi, celui qui vous pousse à revenir à ce que vous ressentez dans certaines situations : vous marchez dans la rue et vous regardez les feuilles des arbres, vous vous concentrez sur la sensation de faire un pas devant l’autre... Dans la vie actuelle, nous sommes trop sollicités par l’extérieur et nous perdons ce réflexe de retourner à nous-mêmes afin de nous sentir vivants.

La respiration consciente reste, selon vous, le moyen le plus puissant de retrouver de la vitalité. Pourquoi ?

A.-M.F: Revenir à soi grâce à deux ou trois respirations profondes permet de sortir du cercle vicieux du stress. Où que l’on soit, on peut le faire : on expire le négatif qui nous étreint, on décharge ses tensions, puis après avoir « vidé ce récipient », on inspire tranquillement en pensant à des situations qui nous apaisent. On est alors renouvelé physiquement et psychiquement.

En quoi l'imagination peut-elle nous aider ?

A.-M.F : Certaines images et pensées provoquent des réactions physiologiques, et vice versa. La simple évocation d’une promenade en forêt peut nous calmer et ouvrir notre cage thoracique. Revisiter en pensée des moments où nous avons été heureux est aussi très puissant : nos usines chimiques intérieures s’en trouvent modifiées. Le fonctionnement magnifique de notre corps et de notre cerveau, quand nous y pensons vraiment, devrait à lui seul nous mettre dans un état d’émerveillement permanent !


samedi 1 février 2014

Le gardien de la joie !


Dans l'hindouisme, Nandi ou Nandin - "joyeux" - parfois appelé Nandikeshvara - le seigneur de la joie - est le fils de Surabhî et de Kashyapa, le gardien des quadrupèdes...