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dimanche 12 janvier 2025

La paix à offrir (3/3)

 


Nous nous percevons petites vagues, perdues sur l’immensité de l’océan, au milieu des autres vagues, dans un vécu de séparation, d’exclusion, de déconnexion. La vague se sent vulnérable quand elle est dans l’ignorance d’elle-même, mais, quand elle regarde en profondeur, au-delà de sa désespérance à se sentir si insignifiante, elle voit que son essence est l’élément «eau», une essence qu elle partage avec toutes les autres vagues. Tout change alors. Elle reste «elle», singulière et distincte, mais elle se sent en paix quand elle embrasse la calme magnificence de la réalité de son être. C’est ce qui se passe à cet instant, dans l’expérience partagée avec cette femme. Elle est la vague. Je suis la vague. Nous sommes indissociables de l’océan. Nous sommes l’océan. Nous n’avons jamais été ni perdus, ni exclus, ni déconnectés.

Au niveau ultime, n’y aurait-il plus de solitude ?

Je sors très apaisé de cette chambre et vais m’asseoir quelques instants dans un bureau isolé. J’ai besoin de réfléchir, de contempler ce qui s’est passé. Cette femme a trouvé en elle un espace de paix. Sans même en avoir conscience, elle me l’a offert en retour.

Je m’interroge. Et si l’inverse était vrai? Si je fais la paix en moi, de quelque manière que ce soit, par la méditation ou tout autre moyen, puis-je moi-même offrir la paix en retour à autrui, afin de le toucher intérieurement de la même manière que cette femme m’a touché? Pourrais-je y parvenir, sans rien faire d’autre que simplement cultiver mon propre espace intérieur ?

Il y a de la joie dans cette prise de conscience. La joie de constater qu’on peut spontanément faire du bien à ceux qui nous entourent par le simple fait d’aller à la rencontre de nous-mêmes.


Dans cette perspective, me donner de la paix, du calme, prendre soin de moi, cesse d’être un mouvement égocentré où mon seul bien-être est la priorité, la seule finalité. J’inscris cette attention à moi dans une attention à toi, conscient que tout le bon que je peux générer en moi a le pouvoir de toucher ton cœur, sans même que je le veuille, sans même que tu le saches.

Faire vibrer mon diapason intérieur de ma plus belle note et te laisser entrer en résonance. Sans rien faire. Sans rien te dire. Cela ne vaut-il pas la peine d’essayer? Ne serait-ce pas là le sens des mots du Dalaï-Lama ?

« Fais la paix en toi et tu feras la paix dans le monde. »

Ce matin, je crois que cette dame qui va bientôt mourir vient de me les faire comprendre.

 Dr Christophe Fauré - S'aimer enfin (un chemin initiatique pour retrouver l'essentiel)
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samedi 11 janvier 2025

La paix à offrir (2)

 Je l’ai compris auprès d’une femme qui n’avait plus que quelques jours à vivre.


J’entre dans une chambre de l’unité de soins palliatifs où je travaille. Cette femme est là, alitée. Elle m’accueille avec un sourire. Elle est fatiguée mais une douceur intérieure lisse les traits de son visage. Je m’assieds sur le rebord de son lit. Spontanément, elle me prend la main et me regarde en silence. Elle hésite, comme si elle cherchait ses mots. «Je vais bien, me dit-elle presque dans un souffle. Je ne comprends pas pourquoi... mais je vais bien. »

Elle est pourtant en train de vivre ses derniers jours. C’est étrange : l’un après l’autre, elle perd les supports de ce qui a constitué sa personne tout au long de son existence. Son corps l’abandonne. Il s’épuise et s’amaigrit. Elle a perdu depuis longtemps son statut professionnel et a renoncé aux projets qui étaient ses moteurs de vie. Elle sait qu’elle est en train de perdre sa place dans le monde des vivants qui continueront à vivre quand elle ne sera plus... Tant de pertes successives, tant de renoncements. La perte inexorable de tout ce qui lui permettait de dire : «Je suis cette personne. Ceci est “moi”.» Et pourtant, aujourd’hui, alors qu’elle est profondément engagée dans le deuil d’elle-même, elle me dit : «Je vais bien.» Cet état de quiétude arrive si rarement chez une personne en fin de vie que j’éprouve le besoin de rester auprès d’elle. Pour m’en imprégner. Pour comprendre aussi ce qui se passe sous mes yeux car, de façon troublante, je me sens aussi pénétré par cette tranquillité si paradoxale, alors que la mort s’annonce.

Que se passe-t-il à cet instant ? Quelle est la nature de cet apaisement ?

Je vois cette femme qui n’a plus assez de «support » pour continuer à se définir elle-même comme elle le faisait autrefois. Sous les assauts de la maladie, elle est contrainte à quitter son ego - cette représentation mentale d’elle-même - qui lentement se délite. Son espace psychique se vide progressivement de tout ce qu’elle pensait être mais, dans un même temps, une porte s’ouvre en elle : elle fait l’expérience directe d’un espace intérieur où peu de pensées s’élèvent. Et elle y découvre la paix. Une sorte d’immédiateté dans son rapport au monde et à elle-même. Quelque chose de très simple et de très calme, un espace de non-lutte par rapport à sa nouvelle réalité.

Mot après mot, dans un effort qu’il me semble essentiel de ne pas contrarier, elle me raconte combien elle sent un accès plus simple à l’instant présent : les sensations d’un bain ou d’un massage, la contemplation d’un arbre à travers sa fenêtre, le son de la musique, le silence d’une rencontre. Elle découvre, étonnée, qu’affranchie des pensées qu’elle n’a plus la force de suivre,

elle existe autrement, différemment. Plus calme, plus paisible. Elle avait l’impression de tout perdre et elle découvre qu’elle continue à exister. Qu’elle conserve son essence, son sentiment d’«être». «Je suis arrivée à un état que j’ai recherché toute ma vie, me confie-t-elle dans un filet de voix. Une vérité, une clarté, une simplicité à être “moi”, alors que..., sourit-elle en regardant son corps décharné, il n’y a plus rien de moi.» Une pensée me traverse : j’ai l’intuition qu’elle contacte un écho de son essence profonde, un écho sourd mais indéniable de ce qu’elle est fondamentalement. Un espace calme, clair, lumineux, sans pensée, intelligent, au-delà du temps, conscient de lui-même...

Je ne comprends pas pourquoi je suis autant touché par la paix que cette femme irradie. Je me sens moi aussi porté par cette paix. Je pense un instant qu’elle me la communique, mais non... Cela ne vient pas d’elle... Ce qui me trouble, c’est que je reconnais la sensation que ses mots réactivent en moi. Je reconnais la texture de ma propre expérience méditative — comme si son état intérieur entrait en résonance avec ma propre dimension intérieure. Son esprit dépouillé de tout devient un miroir qui me révèle à moi-même. Le visage de Chogyé Trichen traverse mon esprit. En dépit du fait que ni moi ni cette femme ne sommes «réalisés» comme lui, il se déroule la même expérience spirituelle qu’avec ce maître : nos essences respectives entrent en harmonie l’une avec l’autre.

A suivre

 Dr Christophe Fauré - S'aimer enfin (un chemin initiatique pour retrouver l'essentiel)

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vendredi 10 janvier 2025

La paix à offrir (1)

 La paix qu’on se donne à soi-même n’a de sens que si on l’offre en retour


Suivre les boussoles qui font du bien. Accorder sa vie à ce qu’on pense être juste. Stabiliser son esprit... Autant d’actes qui induisent en soi du calme et de la paix. C’est déjà beaucoup dans ce monde tourmenté, n’est-ce pas ? Mais est-ce pour autant suffisant pour parvenir à la plénitude ? Non. Car ce n’est qu’une partie du chemin : les maîtres nous enseignent que se donner la paix n’a de sens que si on offre cette paix en retour.

J’en ai eu l’ultime illustration à Dhagpo, un après-midi d’été.

Chogyé Trichen est un des maîtres contemporains les plus illustres du bouddhisme tibétain. Il est de passage en Dordogne pour une série d’enseignements. Sincèrement, j’ignore tout de ce très vieil homme, né au Tibet en 1920, mais il nous est proposé de lui rendre hommage en lui offrant une kata, une écharpe de soie blanche. Une foule s’amasse devant la «maison des lamas ». Afin de ne pas trop le fatiguer, nous sommes reçus deux par deux dans une petite pièce. Sans états d’âme, j’entre, accompagné d’une amie. Le vieux maître est assis dans un fauteuil, visiblement fatigué, entouré de deux assistants. Je m’incline devant lui.

Il y a soudain un « blanc » dans ma tête.


Plus de pensée pendant un bref instant. En une fraction de seconde, je me sens comme à la porte d’un avion, à 10 000 mètres d’altitude, face à un immense espace sans limites. Je suis totalement pris de court. Je perds tout repère. C’est extrêmement fugace mais d’une incroyable puissance. Alors que je me redresse, un cuisant mal-être m’envahit ! Je me sens soudain totalement nu face à lui, comme s’il voyait tout de moi. En même temps, je sens une colossale vague de bienveillance et d’amour déferler sur moi. Une acceptation inconditionnelle de la totalité de mon être, dans ce qu’il a de plus beau et de plus laid ! Cet homme n’a pourtant rien dit, ni rien fait. Il a juste souri puis détourné son regard. Puis, en un instant, tout s’est évanoui.

Que s’est-il passé ? Il est difficile de décrire une telle expérience. J’ai déjà lu des textes qui parlent de l’impact spirituel de la rencontre avec un maître accompli, mais la réalité à laquelle j’ai été confronté aujourd’hui est tout autre. Il est dit que le maître éveillé a, comme le Bouddha, développé sa pratique à un tel point de perfection qu’il n’existe plus en tant que personne. Il n’y a plus, en lui, de support pour un quelconque ego. Celui-ci s’est dissous dans l’espace de ce qu’on appelle «la Nature de l’Esprit», la nature même du Réel. L’esprit du maître devient alors aussi transparent que le verre, aussi vaste que le ciel. Par la force de sa réalisation, il devient aussi clair qu’un miroir sans tache. Un miroir dans lequel tout se reflète et qu’il tend sans relâche à ceux qui s’avancent vers lui :

«Regarde la nature de ton esprit. Ceci est “toi" au-delà de ce que tu crois être. Contemple le travail que tu as encore à accomplir sur toi. Mais, par-dessus tout, regarde l’insondable Paix où cela va te mener. »

Le maître éveillé est, en lui-même, par sa seule présence, un enseignement spirituel. Spontanément, sans effort, il offre au disciple un aperçu extrêmement bref mais extrêmement puissant de sa propre réalisation : il lui montre la réalité de son esprit quand celui-ci est affranchi des obscurcissements mentaux. C’est, je crois, ce «blanc» sans pensée que j’ai ressenti pendant ces quelques secondes à son contact, un instant si bref mais si intense. C’est au-delà de ce que le mental est capable de comprendre. Peu importe si les sceptiques ou les cartésiens ne voient dans la spiritualité qu’une simple construction mentale, un prix de consolation pathétiquement humain visant à mettre à distance la peur de la mort, cette expérience a planté en moi la certitude de la réalité du chemin spirituel et de sa finalité.

Je pensais néanmoins qu’elle resterait unique, uniquement accessible en présence d’un maître éveillé. J’avais tort... Car, depuis mon retour, je sais maintenant qu'«offrir sa paix» n’est pas l’apanage des êtres accomplis. Cela est à notre portée.

A suivre

 Dr Christophe Fauré - S'aimer enfin (un chemin initiatique pour retrouver l'essentiel)

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samedi 20 janvier 2024

Vers pour la santé et vers à partager

 


Voilà une chose dont on ne parle presque jamais et qui devrait faire partie de notre mode de vie urbain : la lecture de la poésie. Depuis qu'on a quitté la campagne pour cette vie accélérée, la lecture de la poésie est devenue aussi essentielle que l'oxygène. Les médecins auraient dû prescrire la poésie comme traitement contre le stress. Si les poètes semblent si angoissés c'est pour que leurs lecteurs puissent mieux respirer.

D'abord un conseil : ça ne se lit pas comme un roman. Chaque poème est autonome. Prenez deux poèmes par jour : un le matin et un autre le soir. Trouvez un vers qui vous plaît et ruminez-le durant toute la journée jusqu’à ce qu'il s'incruste dans votre chair.

Dany Laferrière (L' art presque perdu de ne rien faire)

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Pouvez-vous me partagez un vers qui vous plaît  ?

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mardi 21 novembre 2023

"Demande sincère et demande de bonne foi sur la voie"


"Ne dites jamais rien à personne sauf si la personne vous le demande et vous le demande de bonne foi …" Swami Prajnanpad


Un des défis et non des moindres posé par l’exercice du LDI (lien à durée indéterminée) en tant qu’instructeur consiste précisément à entendre ce que la personne demande et demande de bonne foi, au delà de ce qu’elle parait demander ou demande explicitement. 

Pas facile … 

D’abord, ne pas confondre sincérité et bonne foi. 

Tout le monde, sauf rare exception, est sincère, la question n’est pas là. 

Si la sincérité suffisait à authentiquement pratiquer la voie, cela se saurait et surtout se verrait …

 Ainsi, certains demandent sincèrement et pourtant, sans en être conscient, ne veulent surtout pas que l’on accède à leur demande. Ou ils ne se rendent pas du tout compte de ce qu’ils demandent et de ce que cela implique, ce qui revient au même. Il s’agit donc de ne pas juste les prendre au mot en se fiant à leur bonne mine. 

Dans mes débuts en tant que transmetteur de la voie (heureusement dans un contexte d’ensemble où j’étais encadré par des enseignants bien plus aguerris et mûrs que moi) je considérais que quasiment toute personne venue séjourner en ce lieu où nous officions était animée d’une demande du même ordre que celle qui m’avait moi même tout jeune encore conduit à frapper à la porte du Bost (le premier ashram d’Arnaud Desjardins). 

C’est peu dire que ma naïveté était abyssale. Cela donna lieu en son temps à plus d’un malentendu et autres échanges qui tournaient vite au vinaigre, sachant que si l’ego se délecte à prétendre, notamment spirituellement, il ne redoute rien tant qu’une intervention propre à exposer sa prétention … A moins que derrière la prétention il y ait une demande de bonne foi, ce qui est loin d’être toujours le cas. 

Mes « interventions » pouvaient donc souvent s’avérer dans les faits inappropriées même si le « diagnostic » posé était presque toujours juste. 

J’ai mis longtemps à émerger de cette naiveté qui participait aussi, au final, d’une manière de prétention chez moi. Qui étais je, qui suis je pour dire à quelqu’un ce qu’il ne veut surtout pas entendre - même s’il le prétend-   montrer à quelqu’un ce qu’il ne veut surtout pas voir ? 

Aujourd’hui, et d’autant plus dans le contexte serré et continu du LDI, je veille à faire très attention, me montre souvent très précautionneux. Je m’efforce de capter le contexte intérieur de la personne et aussi le contexte extérieur, le moment, les circonstances. Ce qui peut être abordé à un moment donné ne pourra pas l’être utilement à un autre moment. Bref, je fais mon possible pour être à l’écoute de la demande réelle, la demande de bonne foi. 

Reste que, souvent, l’exercice du LDI consiste quand même à dire à quelqu’un, même si la demande de bonne foi est là, ce qu’il ou elle paradoxalement redoute qu’on lui dise…

Ne pas confondre non plus la bonne foi avec l’absence de résistance comme je le sais fort bien d’après ma propre expérience en tant qu’élève, moi qui par moments ait considérablement résisté tout en demeurant autant que je puisse l’appréhender toujours de bonne foi. 

D’où le côté ingrat de la chose qui peut parfois amener à se poser la question : pourquoi diable s’échiner à dire à quelqu’un ce qu’il ou elle ne veut pas . (  L’Evangile :  « quand tu étais jeune , tu mettais toi même ta ceinture et tu allais où tu voulais ; quand tu seras vieux (c’est à dire plus mûr) un autre te mettra ta ceinture et te mènera là où tu ne voudras pas »)


Pourquoi se donner tant de mal à mener quelqu’un là où il ne veut pas, où plutôt si la demande de bonne foi est bien là, là où son être essentiel veut aller mais où sa personnalité de surface ne veut pas aller et de ce fait freine des quatre fers ? 

C’est fatiguant, exigeant, parfois pénible humainement, cela mobilise une énergie considérable et des trésors d’habileté… 

Il arrive que me vienne la pensée fugace : « mais qu’est ce que je suis en train de faire ? Pourquoi est ce que je me fourre dans ce guêpier ? Pourquoi est ce que je fais tout pour qu’une personne se mette à m’en vouloir et commence à me regarder d’un œil nettement moins ravi ? Pourquoi est ce que je chante pas pour mon souper comme on dit en anglais (sing for your supper), pourquoi est ce que je n’anime pas des séminaires où je prêcherais le dharma de manière générale à un auditoire enchanté de mon éloquence ? Ce serait même sans doute encore mieux si je disais à chacun qu’il ou elle est déjà « éveillé » , qu’il n’y a rien à faire , rien à chercher et que nous sommes tous au top,  comme c’est cool, merci de bien laisser votre donation ou participation en chèque ou espèces … »

Et, en vérité, je sais parfaitement pourquoi et au nom de quoi, de qui, au service de quoi je persiste dans l’exercice du LDI. Et j’en suis parfaitement heureux. Alors …

Gilles Farcet

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mercredi 23 novembre 2022

Partage d'expériences sur l'éveil

 

En lien avec le livre présenté de Christine Morency, voici la vidéo où elle détaille ses expériences :



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mardi 18 octobre 2022

Cinq ou 10 minutes pour être


dimanche 14 novembre 2021

"Ubuntu "


Un anthropologue a offert un jeu aux enfants d'une tribu africaine primitive.
Il a placé un panier de délicieux fruits près d'un tronc d'arbre et leur a dit : " Le premier qui atteint l'arbre aura le panier de fruits ".
Quand il leur a donné le signal de départ, il a été surpris qu'ils marchent ensemble, la main dans la main, jusqu'à ce qu'ils atteignent l'arbre et ils partagent les fruit.
Quand il leur a demandé pourquoi vous aviez fait cela, alors que l'un de vous pouvait obtenir le panier que pour lui.
Ils ont répondu avec étonnement : " Ubuntu "
Autrement dit, comment l'un de nous peut-il être heureux alors que les autres sont misérables.
" Ubuntu " dans leur civilisation signifie: " Je suis, parce que nous sommes ".
Cette tribu primitive connaît le secret du bonheur perdu dans toutes les sociétés transcendantes, qui se considèrent comme des sociétés civilisées.

******************Détail et source de cette histoire :
« Du plus loin qu’on puisse remonter, l’anecdote aurait été racontée par Lia Diskin, une journaliste parfois « philosophe », au Festival Mundial da Paz de Florianópolis au Brésil, en 2006.
Ne faisant à l’origine mention que de la notion ubuntu, le récit s’est chargé au fil du temps de quelques précisions, histoire de gagner en crédibilité : ça aurait eu lieu en Afrique australe, chez les Xhosa, probablement en Afrique du Sud. Ou en fait non, plutôt en Afrique de l’Ouest, chez les Haoussas. »
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dimanche 17 octobre 2021

dimanche 26 septembre 2021

Juste un temps

 « Il y a un temps pour chaque chose, un temps pour les vivants, un temps pour les morts »

Joshin Luce Bachoux, nonne bouddhiste, nous relate un rituel original auquel elle a participé en août 2021 avec sa communauté : trois jours consacrés à la mémoire des défunts. Une manière émouvante et concrète de se tourner vers « ceux qui nous ont quittés ».


De petites lumières tremblantes qui illuminent un instant le crépuscule, puis, au fil de la rivière, s’éloignent et disparaissent… Nous regardons partir ces fins morceaux d’écorce ou de bambou que nous avons confectionnés cet après-midi, taillés et lissés, puis peints : des fleurs, des oiseaux, des ébauches de visages, toujours des couleurs… Sur le dessus une feuille, ou un morceau de papier avec un nom. Et enfin, collée en équilibre, une petite bougie.

Puis, tard en cette belle journée de la mi-août, quand le soleil a commencé à disparaître derrière la colline, nous sommes descendus en silence jusqu’au cours d’eau en contrebas ; nous sommes restés là quelques minutes, recueillis, chacun dans ses pensées, dans ses souvenirs, mais puisant de la force à être ensemble. Nous ne pouvions plus voir le jardin ni les bâtiments ; le quotidien semblait avoir disparu. Il nous restait un monde vert et silencieux, tranquille et accueillant ; juste un murmure, celui de l’eau, un fredonnement léger pour accompagner ces instants d’émotion.

Moment de partage et d’acceptation 

Alors, chaque personne à tour de rôle a allumé sa bougie, s’est avancée et a délicatement déposé la frêle embarcation sur l’eau. Quelques secondes pour la regarder prendre son élan, puis une autre personne à son tour pour confier un nom, un souvenir, à la source de toute vie.

Car comme il est dit, il y a un temps pour chaque chose, un temps pour les vivants, un temps pour les morts. Cette cérémonie clôt le temps des morts ; ou plutôt non, pas une cérémonie, le mot est trop fort, il ne transmet pas la simplicité, la retenue de nos gestes ; pas un rituel non plus, chacun s’avance doucement, prend le temps voulu, il n’y a pas de préséance, personne ne dirige. C’est un moment de partage, d’acceptation aussi : ouvrir les mains et laisser partir.

Vers tous ceux qui nous ont quittés...

Les deux jours précédents ont été un temps du souvenir : nous avons choisi de garder cette date de plein été, comme au Japon, pour nous tourner vers nos proches, ou moins proches, vers tous ceux qui nous ont quittés. Plénitude : le potager croule sous les courgettes et les haricots, avec les pointillés orange des potimarrons ; dans le jardin, c’est à qui, dahlias, cosmos, ou lupins, attrapera le plus tôt le soleil. Mais déjà, dans nos montagnes, le matin se fait frisquet, et le soir, les sapins s’enroulent dans une brume légère…

Offrandes et longue méditation silencieuse 

Il est d’usage d’aller le premier jour au cimetière laver les tombes, aussi tendrement, dit-on, que si on lavait le dos de sa mère… Ici, en ces contreforts des Cévennes, nous nettoyons le petit cimetière qui se trouve sur le terrain en nous efforçant d’enlever mauvaises herbes et orties le plus doucement possible ! Le lendemain matin, chacun dépose, dans la salle de méditation ou au-dehors, dans la forêt ou en plein champ, des offrandes. Ce peut être un message, une photo, ou ce qu’aimait la personne : ainsi il y a sur l’autel une plaquette de chocolat, du Coca, une petite maquette d’avion et un joli foulard.


L’après-midi, nous nous sommes réunis pour une longue méditation silencieuse, puis, séparément, nous avons marché jusqu’à la nuit. Troisième jour, les petits bateaux, la rivière… Nous revenons au temple en silence ; la nuit est tombée. Un grand apaisement en nous et autour de nous ; fatigués et heureux, comme au retour d’un grand voyage. Le halo des lampes qui accompagne notre marche nous le dit : nous ne sommes jamais seuls, nous traversons cette vie, entourés de tous et de chacun, ensemble, et ainsi entre la douceur dans nos vies.

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mardi 22 juin 2021

Ensemble...



"Quand une multitude de petites gens,
Dans une multitude de petits lieux,
Avec une multitude de petits gestes
Changent une multitude de petites choses,
Ils peuvent changer la face du monde".
❤Erich FRIED
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lundi 3 mai 2021

Emotions saines et en mouvement.


Il n'y a rien à craindre des émotions, surtout pas dans le milieu spirituel. Il faut juste faire attention au fait qu'elles restent en mouvement et s'expriment avec une intensité respectant la fluctuation autour du juste milieu. (Fabrice Jordan)

Magnifique démonstration du Dalai Lama.
Voir le début de la vidéo...


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lundi 1 mars 2021

Des cendres... pour monter.


Photo de Grover Shrayer


Changement de dimension : les particules de fumée
Voilà pourquoi on brûle certains talismans : on transforme le papier en particules.
On lui fait donc subir une transformation symbolique, qui permet également au message qu'il contient de changer de dimension et de devenir agissant sur un plan plus subtil.

Fabrice Jordan
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lundi 4 janvier 2021

Le bonheur ne se barre jamais

BELLE HEUREUSE ANNEE !



Bien sûr on ne se connaît peut-être pas dans « la vraie vie »... On ne s’est pas croisés, touchés, reniflés… Mais on a pourtant le droit de se vouloir du bien… Alors belle année prochaine à vous ! Pour les années passées c’est trop tard. Soyons heureux chacun à notre façon et qui n’a sûrement rien à voir avec la santé, la réussite, la prospérité… 
Ça tombe bien, rien dans l’avenir ne nous annonce tout ça ! Soyons juste heureux pour donner l’exemple, parce que c’est plus amusant, plus rare. Parce que c’est difficile. Parce qu’on a aucune raison objective de l’être. Et parce que c’est dangereusement communicatif : ça rend les autres plus heureux aussi .

Édouard Baer
(source : Instagram)
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samedi 19 décembre 2020

Lâcher de ballons

 


Un professeur a donné un ballon à chaque élève, qui devait le gonfler, écrire son nom dessus et le lancer dans le couloir. Le professeur a ensuite mélangé tous les ballons. Les élèves ont eu 5 minutes pour trouver leur propre ballon. Malgré une recherche mouvementée, personne n'a trouvé son ballon. À ce moment-là, le professeur a dit aux étudiants de prendre le premier ballon qu'ils avaient trouvé et de le remettre à la personne dont le nom était écrit dessus. En 5 minutes, chacun avait son propre ballon.
Le professeur a dit aux étudiants: «Ces ballons sont comme le bonheur. Nous ne le trouverons jamais si tout le monde cherche le sien. Mais si nous nous soucions du bonheur des autres... nous trouverons le nôtre aussi.

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lundi 30 novembre 2020

On se prépare… En Avent !

 Voici un calendrier que j'aime bien. N'hésitez pas à partager et à le réaliser…


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mercredi 22 avril 2020

L'engagement à retrouver la joie


Si mon instinct maternel de protection a une influence certaine dans cette décision, il n’est pas pour autant une cause de mon engagement. Mon objectif vise à préserver la vie aquatique et ses habitants mais aussi à mettre en valeur tous les bénéfices qu’elle peut nous apporter. Quiconque plonge dans la mer ou bien dans une rivière oublie ses soucis personnels. La pesanteur n’a plus cours sur lui. 

Bercé par ce fluide dont les couleurs et les mouvements nous hypnotisent, son âme se libère comme par magie de toutes les raideurs infligées par la vie terrestre. Naît alors cette impression d’être connecté au grand tout comme si le petit bout de chair que nous sommes grandissait sans cesse pour devenir la planète elle-même. De cet état de passivité relaxante naît une énergie incroyablement puissante et active. Cet état, ou plutôt cette émotion, tout le monde la connaît ou du moins l’a connue un jour : c’est la joie ! 
Cette longueur d’onde que tant de nous ne parvient plus à émettre ou à recevoir est la seule source d’énergie possible pour ceux qui veulent jouir de la vie. C’est un des grands messages que j’ai appris au contact des dauphins : vivre et jouir de la vie désignent une seule et même expérience. Les mots qui me viennent quand je suis dans l’eau s’appellent beauté et émerveillement...

extrait de : Dialogue avec un dauphin
De Frédérique Pichard
Ed. Le Souffle d'Or

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Je vous partage la vidéo réalisée à la suite d'un voyage en 2018 :





mardi 31 mars 2020

Interdépendance et partages


"C'est vraiment le moment ou jamais de faire preuve de sollicitude, de fraternité, de prendre conscience de l'interdépendance qui lie tous les êtres vivants"
Matthieu Ricard vous a enregistré une vidéo en direct du Népal 🙏
Merci à tous pour vos partages et surtout faisons tout ce qui est nécessaire et possible pour améliorer les conditions extérieures.


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mardi 17 décembre 2019

Les couleurs de l'empathie



On peut définir l’amour altruiste comme "le désir que tous les êtres trouvent le bonheur et les causes du bonheur." Ce désir altruiste s’accompagne d’une constante disponibilité envers autrui alliée à la détermination de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour aider chaque être en particulier à atteindre un authentique bonheur. Le bouddhisme rejoint sur ce point Aristote pour qui "aimer bien" consiste à "vouloir pour quelqu’un ce que l’on croit être bien" et "être capable de le lui procurer dans la mesure où on le peut." (1) 

La compassion est la forme que prend l’amour altruiste lorsqu’il est confronté aux souffrances d’autrui. Le bouddhisme la définit comme "le souhait que tous les êtres soient libérés de la souffrance et de ses causes". Cette aspiration doit être suivie de la mise en œuvre de tous les moyens possibles pour remédier à ces tourments. L’empathie est la capacité d’entrer en résonance affective avec les sentiments d’autrui et de prendre conscience cognitivement de sa situation. L’empathie nous alerte en particulier sur la nature et l’intensité des souffrances éprouvées par autrui. On pourrait dire qu’elle catalyse la transformation de l’amour altruiste en compassion.

Matthieu Ricard (blog)


(1) Aristote, (2007), Rhétorique, II, 4, 1380b 34. Cité par Audi, P. (2011). L’empire de la compassion. Editions Les Belles Lettres, p. 37.

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