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jeudi 11 avril 2024

Collaboration au processus...


 "On ne reproduit jamais un éveil ; on ne fait que collaborer étroitement au processus éveillant qui s’est mis en route. Dans la mesure où l’on y collabore de façon profonde, sincère, intelligente, on devient de plus en plus conducteur de ce processus, et on l’incarne de plus en plus. (...)

Il faut reconnaitre que la lumière, l’intelligence de l’éveil n’éclairent en fait que les lieux dont on a ouvert les portes en nous. Ensuite tout le travail consiste à coopérer avec cette dynamique de l’éveil, à ouvrir une à une les portes de toutes les zones obscures pour y faire s’engouffrer la lumière de l’éveil, la lumière de cette intelligence que l’on conserve en soi. Elle est vivante en moi. Au cœur de mon être, je me sais éveillé, je me sais libre, indéniablement. Pourtant, je sais que ce n’est pas suffisant, que je ne suis pas ce qu’en Inde on appelle un « réalisé », c’est a dire un homme définitivement établi dans l’éveil, et qu’il reste encore bien des domaines de ma conscience qui doivent être investis de cette qualité, visités par cette intelligence.

Il m‘est alors apparu évident que ce qui était au cœur de la voie du monde, dans la vie quotidienne, c‘était la relation, et que la pratique consistait à faire de cette relation un travail constant. C’est ce que j’ai appelé la pratique de la « relation consciente ». (...)

Je me suis rendu compte à quel point l’enseignement qui mettait en avant l’éveil comme le but ultime avait tendance a individualiser la démarche et à renforcer l’égoïsme de chacun. Dans mon enseignement, j’ai voulu au contraire que les personnes entrent en relation les unes avec les autres, qu’elles oublient un objectif personnel d’éveil, de libération, et reconnaissent qu’on ne peut grandir qu’ensemble, en prenant le risque de l’autre, en entrant en relation profonde avec l‘autre dans la mesure où celui-ci est l‘occasion d’aller voir ce qu’on n’est pas capable de voir tout seul. (...)

ll se passe quelque chose a partir du moment où l’on n’est plus obsédé par l’éveil et où l’on entre vraiment en relation avec ce qui est. C’est d’ailleurs là que j’ai compris la vraie signification du mot satsang, qui tient une grande place en Inde cela ne se limite pas à la fréquentation du guru, mais c’est élargir le guru à tout ce qui est et fréquenter le réel en tout et partout. Le grand enseignement, le vrai satsang, consiste à vivre en relation consciente avec tout ce qui est ; c’est l’occasion d’un grandir qui, par nature, est de la nature de l’éveil.

En sanskrit, Brahman signifie « grandir », « croître «. Cette dynamique, du fait qu’elle devient prioritaire, nous libère de l’objectif de l’éveil ; on prend peu a peu conscience de la nature réelle du grandir et on se rend compte que cette nature est la réalité. Quand le Christ dit : "Je suis le chemin, la vie, la vérité ", il ne dit pas " Je suis le bout du chemin ", mais " je suis le chemin ". C’est quand on entre dans un grandir constant, qu’on ne cherche plus à atteindre une destination finale, un but, qu’on l’appelle « éveil » ou autrement, que le grandir devient lui-même la conscience vivante dans laquelle tout est inclus. Saint Jean de la Croix disait : « Celui qui s’arrête en quelque chose cesse de se jeter dans le tout. » "

Yvan Amar

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mardi 12 mars 2024

Hommage à Chandra Swami


Q : Affirmeriez-vous connaître votre Être véritable ?
Chandra Swami : Se proclamer soi-même comme tel, c'est le nier. Quand vous vous êtes réalisé, il n'y a rien à proclamer.
Q : Alors vous ne proclamez rien, mais vous dites que vous êtes réalisé...
Swamiji : Je ne dis rien. Quand vous dites que vous vous êtes réalisé, cela semble être une chose du passé.
Q : Non, j'ai demandé si vous vous diriez "réalisé", car je pense que c'est un événement et également un "état d'être".
Swamiji : La réalisation n'est pas une expérience, c'est le fait d'expérimenter. Dans la terminologie hindoue, ce genre de question est appelé "anadhikar cheshta", ce qui signifie inconvenance.
Si vous dites "oui", c'est faux.
Si vous dites "non", c'est faux.
La Vérité/Dieu est quelque chose qui n'est ni connaissable, ni inconnaissable.
Extrait de : Le Chant du Silence
(Arnaud Desjardins signe la préface)
✨ ✨️ ✨
️️Sri Chandra Swami Udasin nous a quittés le 9 mars dernier, quelques jours après son 94e anniversaire.
"Om Hari Sharanam"
(Ô Seigneur, je prends refuge en Toi)
🙏
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(une pensée pour un ami qui est sur place !)

mercredi 28 février 2024

Sois sage et vigilant

 


Qui a vu demain ? Qui sait quand retentira soudain l'appel du monde inconnu — un appel auquel nul ne peut jamais dire : "Attends encore un peu, je te prie ?" L'oubli de la mort n'empêche pas la mort de venir, ignorer Shiva ne suffit pas pour échapper à ses mains. Le temps est fugace, le chemin est long et le soir de la vie vient vite. Pourquoi gaspiller les précieux moments en amassant de l'argent et en servant le moi fallacieux et vulnérable, avec le vain prétexte de "service social". 

Commencer ici et maintenant est la ligne de conduite la plus sûre et la plus saine. Le passé est mort et le futur inconnu.

Seul le présent est réel, seul le présent est vivant. Quelqu'un peut-il vivre hier ou vivre demain ? Pour penser au passé ou à l'avenir vous devez inévitablement en faire du présent. Seul le présent est vie et cette vie ne nous appartient pas — nous en sommes seulement les gardiens ; elle appartient à Dieu, et à Dieu elle doit être consacrée.

S'ensuit-il qu'il incombe à tous de fuir foyer et famille pour s'enfoncer dans les bois pour Le trouver ? Pas nécessairement, et ce n'est pas non plus de cela qu'il s'agit. Il s'agit pour l'aspirant de s'adapter à son milieu de telle manière que, au lieu de s'abandonner à des rêveries sur un avenir plus ou moins lointain où il s'adonnera à la contemplation, il prenne le départ maintenant, s'asseyant chaque jour pour méditer et prier avec régularité, faisant du présent le meilleur usage.

Des sceptiques diront peut-être : "Dans les circonstances compliquées d'aujourd'hui, il est impossible de vivre dans le monde et de s'engager en même temps avec sincérité sur le chemin qui conduit à Dieu ou de gravir tous les échelons d'une vie faite de pureté et de perfection spirituelle." C'est là exagérer la difficulté. 

On constate que même dans des circonstances contraires ou peu propices, certains s'assoient régulièrement en état de concentration spirituelle, et s'élèvent très haut dans la divine félicité tandis que d'autres, disposant largement de quoi vivre à l'aise et ayant à portée de la main les moyens indispensables pour mener à bien une ascension spirituelle (pour peu qu'ils en aient le désir), ne s'assoient jamais pour méditer et sont voués dans l'ordre spirituel à une faillite totale.

En réalité, l'excuse de circonstances défavorables pour s'abstenir de s'engager dans le divin sentier est, le plus souvent, un autre prétexte invoqué par l'ego inférieur parce qu'il hait sa soumission au Soi supérieur et s'efforce de s'y soustraire. 

Il y a des conditions tout à fait défavorables à un développement spirituel, je l'admets. Mais n'est-il pas vrai que le moral d'un soldat dans la bataille compte plus que l'équipement dont il est pourvu ? "Vouloir c'est pouvoir", comme dit le vieux proverbe. Le nœud du problème réside dans la fascination qu'exercent les gunas sur les humains, de sorte que le monde et eux ne font qu'un. Qu'il y ait une ardente aspiration et le reste suivra. Le Seigneur ne nous choisit que si nous Le choisissons. Il nous aide à condition que nous sollicitions Son aide.

Ami ! Ce corps humain, malgré sa nature périssable, est, du point de vue de la Sadhana, le bien le plus précieux. Le mépriser foncièrement ou l'utiliser pour son propre contentement est une mauvaise attitude qui témoigne d'une complète incompréhension des choses. Ne le gaspille pas en vaines paroles et bagatelles. Il te donne l'occasion rare de mettre fin à ton exil dans le monde du temps. Ne gaspille pas cette chance précieuse. 

Sois sage et vigilant. Prie et vis. Prends à cœur de commencer ici et maintenant. Pratique assidûment. Médite ton Soi véritable et deviens libre. 

Qu'est-ce donc qui peut te détourner de Dieu ? Rejette toute faiblesse. Pourquoi devrais-tu succomber à tous les caprices du monde ? Pourquoi remettre à un avenir lointain l'approche du libérateur suprême alors qu'Il est présent en toi ? Éveille-toi et va de l'avant. Et ne t'arrête pas tant que le But n'est pas atteint.

~ Chandra Swami 

L'art de la réalisation (1985)

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mercredi 10 novembre 2021

Retournement

 

"Peu de gens ont compris l'approche de Ramana Maharshi avec le questionnement "Qui-suis-je ?"
La plupart des gens en font un exercice purement intellectuel autour de cette fameuse question.
Il faut tenir compte de la vie de Ramana Maharshi pour mieux comprendre sa proposition qui justement n'est pas à comprendre.
L'idée centrale de cette méthode est d'inverser l'attention. Notre attention est quasiment toujours dirigée vers l'extérieur, il s'agit de la retourner vers son origine. C'est ce que Jung appelait le "backward flowing of attention" (le courant arrière de l'attention).
Cela c'est la voie pour connaître directement "Qui-suis je ?" Ce n'est pas un processus de réflexion. Vous n'êtes pas conscient de Ce que vous êtes réellement parce que "votre" attention est toujours dirigée vers l'extérieur.
Si vous pouvez inverser le processus à 180° alors vous découvrirez Qui ou Ce que vous êtes réellement au centre de vous -même. Ce retournement de l'attention, c'est la méditation."
Chandra Swami

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samedi 15 octobre 2016

En chemin méditatif avec Chandra Swami

Ce que dit Swamiji à propos de la Méditation : 



 "Par la méditation, on n'accomplit rien de nouveau. Par la méditation, on découvre simplement son Être essentiel, son véritable Centre."

"Apprendre à méditer, c'est comme apprendre à nager. Vous ne pouvez pas apprendre à nager uniquement dans les livres ou en écoutant des discours sur la natation. Comment apprend-on à nager? On se met à l'eau. Pas trop profonde, pour ne pas risquer de se noyer, mais assez quand même pour juste garder la tête hors de l'eau. De même, pour apprendre à méditer, il faut s'asseoir et essayer, pour ainsi dire, de se maintenir au-dessus de ses pensées et de ses sensations. Pour cela il faut être alerte et vigilant, pour ne pas se laisser aller à s'identifier à quelque pensée ou sensation. La vigilance est la clé de toutes les techniques de méditation."

"Méditer, c'est être assis auprès de Dieu en pleine conscience, comme un amant auprès de sa Bien-aimée. Qui peut s'endormir alors qu'il (elle) est en compagnie de son (sa) bien-aimé(e), occupés à échanger des mots doux ? N'ai-je pas raison ? Faites de Dieu votre Bien-aimé, et pendant la méditation, asseyez-vous en sa compagnie.”

"La concentration spirituelle implique de rassembler toutes les énergies et capacités éparses de l'être, et de les diriger vers le Divin dans l'unique but de Le réaliser par expérience directe."

"Le mental est comme un miroir où vous vous regardez. Quand le miroir est sale, vous ne pouvez distinguer clairement votre visage. De même, lorsque votre mental est agité et impur, vous ne pouvez pas savoir qui vous êtes vraiment. Le but de la méditation est de purifier le mental et d'en arrêter les modifications, afin que vous puissiez prendre conscience de votre propre Être essentiel et vous établir en Lui."

"Pour vous connaître, vous devez faire prendre à votre attention un virage à 180 degrés. De ce qui est vu, l'attention doit se tourner vers celui qui voit, le Témoin. C'est ce que Jung appelle 'inverser le courant de l'attention'. Le principe qui sous-tend toutes les méthodes de méditation est de commencer par séparer le Témoin de ce qui est vu."

"Il y a plusieurs étapes dans la méditation. Dans la méditation non duelle, le sujet et l'objet, l'observateur et l'observé, ne font plus qu'un. C'est dans la méditation non duelle uniquement que persiste la Conscience sans aucun objet."

"Le but de la contemplation spirituelle est de nous emmener au-delà du mental, jusqu'à la vision supra-mentale directe du Divin. Une parfaite contemplation nous conduit à un état de relaxation sans contraintes et sans efforts dans l'Esprit divin.On peut dire aussi à une absorption spontanée dans le Témoin, dont la pure lumière brille dans le silence profond, là où les activités mentales, penser, vouloir, savoir, sentir, n'existent pas."

"Le but ultime, le plus haut accomplissement de la méditation n'est pas l'obtention de la paix du mental. La paix du mental, l'accession au silence réel, l'état libre de toute pensée, tout ceci n'est qu'une étape sur le chemin spirituel. Il y a au-delà tant d'expériences spirituelles plus élevées ! L'expérience ultime est la Réalisation de Dieu: atteindre pleinement Dieu, résider en Lui, se noyer en Lui, retourner à Lui comme la vague retourne tout entière à sa source, l'océan. Le but ultime de la méditation est la fusion en Dieu, qui est Béatitude infinie, Conscience infinie, Amour infini, Lumière infinie et Existence infinie."

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source : ashram de Chandra Swami


jeudi 13 octobre 2016

En chemin méditatif avec Chandra Swami


Inspiré par le Divin, Swamiji observe depuis 1984 un silence ininterrompu qui se poursuit à ce jour. Au cours des vingt dernières années, des milliers de chercheurs spirituels ont fréquenté Sadhana Kendra Ashram, attirés par l'irrésistible magnétisme spirituel de ce sage silencieux. 
Swamiji accueille et accepte tout le monde avec le même amour inconditionnel, et guide chacun sur le difficile chemin de l'épanouissement spirituel. Simultanément, il supervise toutes les activités de l'ashram, demeurant constamment établi dans la Béatitude ininterrompue du Soi, à la fois acteur divin et témoin détaché de tout ce qui se déroule autour de lui. 
Il est indéniablement un instrument du jeu divin (lila).



Swamiji classe en 3 catégories fondamentales les différentes techniques de méditation pratiquées dans les diverses traditions spirituelles ou religieuses: 
la méthode négative, la méthode positive, et la méthode d'observation des pensées. La méthode négative consiste à rejeter toutes les pensées ou émotions qui s'élèvent dans le mental au cours de la méditation. 
La méthode positive implique l'usage d'un support: nom, mantra, image, ou idée reliée au Divin, sur lequel on concentre le mental, afin de le rendre silencieux et focalisé. La méthode d'observation des pensées consiste à simplement observer le mental, et toutes les pensées, images ou émotions qui peuvent y surgir, avec l'attitude détachée d'un témoin, sans s'y impliquer. Toutes ces méthodes sont exposées en détail dans le livre de Swamiji "L'Art de la Réalisation". 

Selon Swamiji, toutes sont à même de rendre le mental silencieux et paisible, et donc, de mener à la Réalisation. Mais il met particulièrement l'accent sur l'importance et l'efficacité de la prière et de l'abandon de soi à Dieu dans le cheminement spirituel, conjointement à l'effort personnel.

"La méditation peut être décrite comme un art de voir sans interférence de notre mental conditionné. Détournez votre attention de tous les objets, de toutes les situations et relations, et regardez à l'intérieur de vous-mêmes. C'est cela, la méditation." 

 Shri Chandra Swami Udasin

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jeudi 11 août 2016

Chandra Swami parle d'Yvan Amar

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Question du 15/09/1999 à Chandra Swami :
Swamiji , Vous nous avez dit qu'un chercheur, lorsqu'il a réalisé la Vérité, peux quitter ce monde. Quel est le sens alors de la mort d'Yvan Amar ? Il aurait pu aider encore beaucoup plus de chercheurs… 
Chandra Swami : 
Yvan (Ananda) peux aider beaucoup de chercheurs à présent. Il est à même de travailler et de guider plus encore les chercheurs, mais ce de façon invisible.
Le corps physique est une limitation pour l'Esprit. 
Qu'en pensez-vous et qu'avez-vous remarqué : Le Christ a-t'il guidé plus de gens lorsqu'il était dans un corps physique ou guide t 'il plus de personne aujourd'hui ?
Il n'avait seulement que quelques disciples lorsqu'il était dans un corps physique, aujourd'hui il inspire à travers l'Invisible des milliers et des milliers de fidèles.
Il ne pouvait travailler que dans le Moyen Orient. Aujourd'hui son Esprit guide et inspire des chercheurs dans le monde entier.
N'êtes vous jamais allé à Hiroshima au Japon ?
Si vous allez dans ce lieu, vous pourrez encore ressentir le désastre causé par la bombe atomique. Vous pourrez encore le ressentir même 55 ans après.
Ainsi, au moment et à l'endroit où une âme se libère vous pouvez ressentir l'impact de cet évènement même 100 ans après. 
Une très grande énergie est émise à l'endroit et au moment ou la fission d'un atome se produit.
Au moment et à l'endroit ou une individualité est brisée (c'est ce que signifie la libération de l'âme) cela émet une telle énergie spirituelle que vous pouvez, 100 ans après, en ressentir l'impact.
Une forme lorsqu'elle a été crée ne peut pas être détruite. Elle devient une empreinte dans l'éther. Elle perdure autant que le cycle du monde perdure ; autant que l'éther perdure.
A l'heure actuelle les scientifiques essayent d'entendre par des méthodes scientifiques ce que Lord Krishna a dit à Arjuna ou ce que Jésus a énoncé il y a 2000 ans. Ces mots ne sont pas perdus. Ils sont encore dans l'éther sous forme de vibrations. Ces mots peuvent être entendus, même maintenant, par un chercheur à condition que son mental soit très pénétrant et pur.
De la même manière, les formes qui ont existé des milliers d'années auparavant peuvent être vu encore aujourd'hui. Elles ne sont pas perdues.

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Ananda
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Photos : Bernard Boullet ( Gordes : samedi 20 juin 2009 )

Je ne peux penser à Chandra Swami sans penser aussi à son premier disciple français, Yvan Amar. C'est par Yvan que j'ai connu Guruji. Et je suis certain que la gratitude de beaucoup d'entre nous, Français, à l'égard de Chandra Swami, va aussi vers celui-ci parce qu'il a été l'initiateur et le père spirituel d'Yvan dont la présence et les paroles ont été une bénédiction pour tant de ceux qui l'ont approché.
Arnaud Desjardins



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lundi 7 avril 2014

Comment ai-je rencontré Yvan ? - Stan Rougier



Il y a trente sept ans me voici à Hardwar au bord du Gange avec mes sandales trouées et mon sac à dos de routard. Aux environs de minuit je frappe à la porte d'un ashram. Un jeune français de vingt deux ans vient m'ouvrir. Il me propose l'hospitalité de sa petite cellule et nous parlons durant la moitié de la nuit. Le courant passe entre nous, tandis que nous échangeons nos convictions sur le sens de l'existence, sur le but ultime de la vie.

Sa voix est douce, chaleureuse et en même temps très assurée. Tout ce qu'enseignera Yvan bien plus tard est là :" prendre le risque de l'autre."... "Au commencement est la relation".

"L'homme s'acharne à rechercher hors de lui ce qui est en lui. Il faut se tourner vers nos racines, notre être foncier. C'est le Christ éternel, c'est le Père, c'est ce que le Tao appelle la simplicité sans nom et les juifs le "Je suis"... Lorsque le mental se tait une Présence pacifiante se révèle en nous..."

Nous demeurons quelques jours ensemble. Dieu est le plus court chemin entre nous et je suis saisi par l'enthousiasme de ce jeune aux cheveux longs que la cuisinière de l'ashram nomme Ananda (béatitude). Il porte bien ce nom car il est débordant d'une vraie passion pour l'Absolu.

"La joie est le signe que la vie a réussi." disait Bergson.


J'ai la conviction qu'en ce garçon si jeune, Dieu révèle une facette de Lui-même au prêtre de quarante ans que je suis. "Vos filles et vos fils seront prophètes". (Joël - Bible)

Dès son retour en France, un an plus tard, Ananda est venu me rendre visite. Il avait retrouvé son nom occidental : Yvan Amar. Il était petit-fils de rabbin. Je l'ai invité à s'adresser à une cinquantaine de lycéens et de lycéennes. Tous ont été saisis par la beauté de sa ferveur. "Si c'est cela la religion alors ça m'intéresse" me disaient-ils, chacun à sa façon.


Je découvrais une fois de plus que le Dieu vivant n'est pas au bout d'un raisonnement, mais d'un émerveillement.

L'ouverture d'Yvan aux différents messages religieux les avaient touchés. Son maître spirituel Swami Chandra n'excluait rien des grandes traditions. Il citait autant Jean de la Croix que Ramakrishna.


Yvan est revenu me voir pour me présenter sa fiancée Nadège. Quinze ans plus tard il devenait enseignant, animateur de séminaires. Il redonnait le goût de Dieu à ceux qu'un catéchisme sans joie avait déçu. Il leur dépoussiérait l'âme, il leur montrait qu'on peut devenir disciple des événements et des êtres dont on a été la victime.

Nous n'avons pas cessé de nous retrouver jusqu'à ce qu'une grave maladie l'emporte vers le "monde nouveau où il n'y aura ni peine, ni cris, ni larmes, ni mort" (Apocalypse Ch.21)



Ma dernière visite peu de temps avant sa mort m'a impressionné : la souffrance transfigurée le rendait rayonnant. Il a demandé à son épouse que je sois coordonnateur de la célébration dans l'église de Gordes pour son départ.

Chaque rencontre avec lui m'apportait un immense bonheur. Il réveillait en moi le seigneur endormi dont parle Saint Exupery. J'aimais la poésie de ses formules. («Il faut chercher dans l'Histoire les épiphanies de Dieu») la gaieté de ces jeux de mots; ("le devenir c'est le Dieu-venir"...)



J'ai ressenti assez rarement à ce degré là avec un être humain la joie profonde de partager les mêmes intuitions, la même quête de l'absolu.

Yvan se moquait du syncrétisme où on s'autorise à mélanger les religions. Il respectait chaque chemin spirituel avec son originalité. Il distinguait pour mieux unir. Une grande tendresse pour l'humanité imprégnait de ses propos. "Ne mettez jamais l'amour de la vérité avant la vérité de l'amour " disait Saint Augustin. En réalité Amour et Vérité ont besoin l'un de l'autre. Ce sont les ailes d'un même oiseau.


Je retrouverai mon ami Yvan dans l'importance que j'accorderai à toute relation ; celle qui est en Dieu Lui-même (Père – Fils – Saint Esprit), celle que Dieu nous invite à vivre avec Lui, celle que Dieu nous propose de vivre avec nos semblables.

Si la spiritualité devait m'orienter autrement sans doute mériterait-elle l'indifférence et même l'hostilité.


C'est par la rencontre d'hommes et de femmes "réalisés" que nous pouvons comprendre à quel point Dieu est une question de vie ou de mort si nous voulons savoir qui nous sommes, d'où nous venons et où nous allons.! Que serais-je devenu si je n'avais pas rencontré Philippe Maillard, frère Roger, le cardinal Etchegaray, l'abbé Pierre, Christiane Singer, Yvan Amar et quelques autres qui me pardonnent de ne pas les nommer ?

Tous m'ont dit : "Tu ne peux voir Dieu mais tu peux voir Sa trace".



source : test.nadege.name

jeudi 6 mars 2014

Anniversaire de Chandra Swami

Sur la photo : Yvan Amar et Chandra Swami

Chandra swami est né le 5 mars 1930 dans le village de Bhuman Shah maintenant au Pakistan. Le village porte le nom de son maître Baba Bhuman Shahji, un des plus grands sages et mystiques du dix huitième siècle. Il fut initié par le maître de cette lignée à l'âge de 17 ans. Il arrêta ses études à 22 ans, prit le sannyas et mena une vie de moine. Il passa une période de huit années dans une grotte et sur une montagne sacrée près de Shrinagar, où il pratiqua une sadhana intense Puis de 1961 à 1970 il séjourna dans une hutte sur une île boisée près de Hardwar, au bord du Gange. C'est là que quatre occidentaux le découvrirent, dont Yvan Amar. Il est dans le silence depuis trente ans.

Le silence parle plus que la parole; il est bien plus efficace et bien plus puissant. Le silence complet est le moyen le plus sûr de communiquer avec votre soi, votre centre réel et votre Etre véritable.

Faites ce que vous pouvez sans vous soucier de ce que vous ne pouvez pas faire.

texte de Yannick du blog 'Si près de l'horizon'


L'Être n'est pas quelque part en toi. Tu es l'Être lui-même. N'insulte pas l'Être en l'identifiant à ton corps insignifiant.
Sois prêt à mourir à chaque instant. Alors tu goûteras pleinement la vie...

L'"amour" n'est bien qu'un simple mot, oui, mais en faire la seule vraie loi de sa vie est très, très difficile. Celui qui dans sa vie a appris à mourir, celui-là seul peut réellement aimer le Seigneur.

(Inde, mars 1998)

jeudi 9 janvier 2014

Yvan Amar rencontre son maître Chandra Swami


Dès mon arrivée en Inde se produisirent plusieurs coïncidences. Je rencontrai d’abord des Canadiens ; l’un d’eux avait entendu parler d’un sage qui vivait sur une île forestière, au milieu du Gange, sur les contreforts de ('Himalaya. Puis, à Rishikesh même, une Américaine me confia qu’elle avait passé de nombreuses années en Inde, et qu’un seul homme pouvait à ses yeux être qualifié de maître, de guru authentique : il vivait sur une petite île forestière, au milieu du Gange, sur les contreforts de l’Himalaya. Le lendemain, une troisième personne, une jeune Européenne, me dit qu’elle avait rencontré un sage qui vivait sur une île forestière, au milieu du Gange, et que depuis elle voulait suivre son enseignement. Elle me montra le livre de cet homme, qui était Chandra Swami. Dès que je le vis en photo, je me sentis appelé. L’Américaine me prêta ce livre que je lus d’une traite et, comme il était très difficile de se le procurer, j’en recopiai les trois quarts pendant la nuit ! Le lendemain matin, lorsque je lui rendis le livre, la dame m’expliqua comment me rendre auprès de Chandra Swami et je partis aussitôt. Il y avait tout juste quinze jours que je me trouvais en Inde.

C’était en novembre. J’arrivai à l'âshram où pouvaient loger les visiteurs. Le swami séjournait alors au Cachemire, mais il ne tarderait pas à rentrer. Je savais qu’il avait accompli une partie de sa sâdhana* dans cette région et qu’il rendait régulièrement visite à ses devotees. Un matin, vers cinq ou six heures, on vint frapper à la porte de ma chambre pour me demander si je voulais voir le swami qui passait à l’âshram avant de regagner sa hutte dans la forêt. On m’amena dans une pièce et je me retrouvai devant Chandra Swami. Il ne se passa rien d’extraordinaire, mais trois choses me frappèrent à cet instant. D’abord, la beauté de cet homme m’apparut comme un témoignage incontestable : seule une expérience ultime pouvait communiquer une telle beauté. En sa présence, je sentis en outre que jamais je ne l’oublierais et que jamais je ne pourrais lui mentir.


De la façon la plus naturelle, comme font tous les Indiens, il me demanda simplement : « Where do you come from ? » Puis il resta silencieux et me dit enfin que je pourrais lui rendre visite à l’heure du darshan, sur son île, où il recevait chaque jour les quelques personnes qui voulaient bien faire la marche dans la forêt. Je fis ce trajet pendant plusieurs mois. C’est là que j’eus la chance de vivre cette chose si rare en Occident : une relation totale avec un être. Le plus précieux, pour moi, c’est que cette relation ne se produisait jamais à partir d’un fait déterminé ; c’était toujours dans l’instant, dans l’obligation d’une sincérité totale à ce qui était.

Chandra Swami est l’incarnation même de ce qu’évoque le mot guru. En sanskrit, guru signifie « poids » : ce qui a du poids, ce qui est lourd. La même racine a donné grave, gravité, gravitation. Le guru est un homme de poids, comme on dit d’une parole qu’elle a du poids, ou d’un homme qu’il pèse dans une décision. Il est le poids de ce dont il témoigne dans la mesure où, plus qu’un maître spirituel, il est un maître matériel, incarnant cet esprit qu’il a réalisé. Étant le poids de cette expérience, il donne en outre du poids à ce qui est autour de lui, de la gravité à ce qu’il côtoie. Ainsi confère-t-il un centre de gravité aux choses, réinsère-t-il tout ce qu’il touche dans la gravitation naturelle. En sa présence, on est pris dans cette gravitation, contaminé par ce poids ; d’un coup, on a l’impression d’être lesté dans le réel. Le contact que j’ai eu avec lui, au-delà des mots, tenait dans cette sorte d’ancrage. Bien plus que le prétexte des enseignements, des pratiques, c’est cette qualité de relation, de contact de réalité qui a été essentiel.

Yvan Amar
L'Effort et la Grâce