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lundi 20 octobre 2025

Soif divine

 


Un autre extrait sonore du livre de Amélie Nothomb à boire avec les oreilles.

Ouvrir l'extrait audio



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jeudi 16 janvier 2025

Les 8 lois magiques.


Pensée magique 1 : “Tout est possible”


Si tu veux qu'une chose soit possible, tu dois faire croire aux autres que tu peux la réaliser. S'ils ne te croient pas, tu ne pourras pas y arriver.

L'énergie est partout mais elle n'apparaît que là où vous fixez l'attention. Le moment où tu peux faire les choses c'est maintenant ni hier ni demain. Le passé est mort, le futur n'est pas né. En étant en vie, tu as le pouvoir du présent.

Pensée magique 2 : “Tout est divin”

Tout est vivant et éveillé, mais à des vitesses différentes. Les montagnes, pour nous très lentes, se déplacent sans cesse. Faites attention aux objets, traitez-les avec la même délicatesse que vous traitez les enfants. Si vous traitez mal les objets, ceux-ci, devenus ennemis, vous feront du mal. Mais si tu les traites avec respect, ils seront tes alliés.

Faites le tour de votre logement et prenez conscience de ce que vous respectez et de ce que vous maltraitez, que ce soit par violence ou par indifférence. Changez votre attitude envers elles.

Pensée magique 3 : « Les malédictions sont équilibrées par des bénédictions. ”

Prenez conscience de toutes les malédictions que la famille et la société ont gravées dans votre esprit. « Si tu fais ça... Tu ne réussiras pas dans la vie... Tu vas mourir de faim... Tu vas devenir une pute... etc. ”

Décide-toi à transformer les préjugés-malédictions en bénédictions. « Je vais réussir dans la vie... Je développerai ma créativité et ma générosité en donnant je reçois... La réalité n'est pas un couvent, ni l'amour n'est un péché... Je me donne le pouvoir de me bénir moi-même ”

Le pouvoir vient de l'autorité et pour conquérir l'autorité, il faut s'habituer à donner des ordres. C'est un exercice magique de te mettre à l'ordre pour que les choses soient exactement comme elles sont. Par exemple, quand la pluie tombe déjà, dites « J'ordonne que la pluie tombe ». Si le jour se lève trop froid : « J'ordonne qu'il fasse froid aujourd'hui ». « J'ordonne à ces personnes de traverser la rue. » Etc. Ainsi ton inconscient commence à croire que tout lui obéit. Tu dois le faire sérieusement. Tout pouvoir vient de toi-même, c'est toi qui crée ton expérience. Petit à petit, tu prends la sécurité. La sécurité que tu peux utiliser pour guérir toi et les autres.


Pensée magique 4 : « Il y a toujours une autre façon de faire quelque chose. ”

Vous éveillez votre créativité magique lorsque vous appliquez à tout un regard qui a l'intention de faire différemment ce qui a été fait.

Tout permet absolument d'être fait différemment. Même la plus banale. Proposez-vous de faire les œufs au plat autrement. Visualisez une autre façon de gagner votre vie. Imaginez une autre façon de fabriquer des chaussures, une autre façon d'éduquer vos enfants, de faire l'amour, d'échanger des billets et des pièces, d'utiliser votre voix, etc, etc. En appliquant cet exercice magique, vous produirez un changement fertile dans la réalité rationaliste.

Pensée magique 5 : “Rien n'est simple, tout est complexe”

On nous éduque en nous faisant croire que la vérité est une phrase simple. On évite de nous apprendre qu'une phrase simple est interprétée par chaque individu sous une forme subjective. Quoi que vous disiez, cela sera interprété de manière positive ou négative, gentille ou agressive, claire ou sombre. La pensée magique consiste à prendre n'importe quelle formulation et à l'interpréter de la manière la plus négative possible, pour ensuite, comme si vous la glissez sur un axe, voir l'interprétation monter en positivité jusqu'à ce que vous en fassiez finalement quelque chose de sacré. Ainsi tu découvriras la puissance de ton esprit.

Pensée magique 6 : « Seul celui qui apprend à mourir vit vraiment ».

Le magicien sait qu'il n'est propriétaire de rien ; que ce qui commence s'achève ; que ce qui monte descend ; que ce qui approche s'éloigne ; et vice versa. L'obscurité s'éclaircit, l'occulte se révèle, le limité devient infini... Absolument tout se transforme constamment. Accepter la mort physique est essentiel pour un magicien, qui doit vivre sa vie comme s'il avait mille ans devant lui... et face à la puissance cosmique comme si j'allais mourir d'une seconde à l'autre.

Pour développer ce sentiment fondamental, chaque nuit, donne-toi aux ténèbres, abandonne-toi à la mort en acceptant que tu ne te réveilleras pas, donne ta conscience comme un cadeau à l'univers.


Pensée magique 7 : « Apprends à remercier ».

Ferme les yeux et imagine quelque chose de beau, aussi beau que possible. Vous verrez que vous pouvez toujours raser quelque chose ou embellir quelque chose, toujours de trop en plus. Lorsque vous atteignez votre capacité maximale à embellir ce que vous avez choisi d'embellir, dites-lui MERCI. Et ensuite dis merci à toutes les parties de ton corps, ton cerveau, ton cœur, ton sexe, tes organes à tes viscères, ton sang, tes os, ta chair, (remercie-le par exemple pour son pouvoir de cicatriser une blessure) à ta conscience, à ton ego, ton âme, ta mémoire, ton imagination, le fait d'être vivant. etc, etc, et enfin, à qui vous a donné ces conseils de magie gratuitement.

Pensée magique 8 :« Ne dis pas absolument tout ce que tu sais »

Gardes-en pour toi, seul. Quelque chose que tu ne diras jamais à personne, quelque chose qui mourra avec toi. Par exemple, tout magicien garde secrètement le nom sous lequel il s'est baptisé. Garder jusqu'à la mort un secret intime confère une existence digne à ton âme, c'est ton signe de puissance.

Alejandro Jodorowsky

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vendredi 15 mars 2024

Eveil remis en perspective


 J’ai déjà abordé la conception de cet « éveil spirituel » qui serait dépourvu de souffrance, nous plaçant automatiquement au-dessus de l'humanité dans une forme de mépris de la condition humaine. 

Il n'existe simplement rien de tel. 

A l'inverse de cette perspective, il m’apparaît que plus on grandit, plus on s'éveille à la réalité, plus on s’aligne au projet divin, plus nous éclairons ainsi des mémoires racines nous concernant personnellement mais également collectives et transgénérationnelles et dont nous héritons parfois, en partage, dans un destin particulier que nous ne contrôlons pas.

Cela signifie qu’au lieu d’arrêter un jour d’être « pétris » (et d’enfin pouvoir siroter tranquillement un cocktail spirituel au bord d’une piscine, sans débordement), nous sommes, en fait, sollicités pour travailler encore plus en profondeur, pour soi let les autres, et vivre des traversées nouvelles. Une autre page exigeante de notre cheminement débute à l’endroit où l’on espère atteindre un plateau. 

Je ne dirais pas que nous souffrons davantage, parce que nous sommes portés par une perspective différente, moins centrée sur le confort et les bénéfices corporels et émotionnels de nos efforts. Mais dans la mesure où nous sommes plus aptes à traverser, il va nous être demandé plus (et non pas moins). Il est aussi dit que rien ne nous est demandé au-delà de ce que nous pouvons supporter mais, le plus important, c'est que nous ne sommes pas ici pour arriver à un état d'équilibre psycho-physiologique parfait et stationnaire, sur cette Terre, ni pour être enfin tranquille, le sourire aux lèvres en permanence, plus jamais embêtés par rien. 

C’est très tentant, je ne le nie pas, mais c’est trompeur. 

Les mystiques concevaient d'ailleurs leur progression vers la sainteté non comme un trophée ou un état final bien mérité mais comme une disponibilité accrue au plan divin telle que la notion de service croise celle du sacrifice, que le sens de notre existence terrestre n'est pas d'obtenir la santé parfaite de ce corps ou d'éviter tout danger mais d'être sûr que notre temps est exploité au mieux pour faire Sa Volonté. Toute autre option étant jugée fantasmagorique. 

Une démarche qui glorifie le détachement absolu, l'extase permanente, la retraite spirituelle béate et les pouvoirs personnels extraordinaires est à l'envers d’une conception sérieuse du cheminement spirituel. 

Il est évident que la complaisance du développement personnel est le fruit de notre civilisation matérialiste, moralement délabrée, ce qui explique pourquoi même les conceptions apparemment les plus lumineuses contiennent aujourd’hui leur part d’ombre comme celle de l'éveil spirituel qui finit par faire miroiter des aboutissements irréels ou trop superficiels. 

Si nous devions vraiment dessiner un objectif, j’en suis arrivé aujourd’hui à penser que la notion de sainteté (humble, telle que conçue par le mysticisme) est de loin préférable à celle de l’éveil.

Mais le point crucial que je voudrais finalement souligner ici est l’importance de ne pas se désoler de vivre encore longtemps des traversées sérieuses, voire éprouvantes, parce que ces processus sont normaux et trouvent même leur sens et leur portée au fur et à mesure des avancées. Le fait de s’éveiller au réel (et non pas « d’être éveillé » !) et à la vie divine suscite des chantiers intérieurs parfois spectaculaires qui, sans cette compréhension, pourraient désespérer et surprendre. 

Nos âmes sont appelées à être évasées et les initiations ne s’arrêtent pas (ce qui ne veut pas dire qu’il n’existe pas de grâces plus douces sur le chemin). Elles deviennent même généralement plus profondes et dépassent notre entendement. Il faut garder en mémoire que l’enjeu de tout cela est primordial dans notre vie spirituelle. 

C’est alors qu’il est bon d’être en alliance aimante avec le Divin, pour ne pas chercher à échapper systématiquement à ce qui nous est donné, ou afin de trouver la force pour le porter, et de commencer à déposer notre existence, avec ses processus de mutation, en offrande et participation au « plus grand que soi » et  au projet d’amour divin, dans le temps et sur le lieu même de notre incarnation. 

Thierry Vissac

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lundi 4 mars 2024

L'utopie de la perfection

 

J’écoutais à la messe le prêtre s’adresser aux jeunes venus pendant les vacances scolaires faire une retraite. J’étais admiratif qu’ils consacrent une partie de leurs vacances à leur foi.

Le sermon portait sur le péché et la miséricorde divine. C’était très juste. Le prêtre citait Isaïe. « Si vos péchés sont rouges comme l’écarlate, ils deviendront aussi blancs que neige. »

Isaïe, c’est l’Ancien Testament, l’humanité ancienne. Une certaine façon de considérer le péché est facilement culpabilisante. Elle sous-entend : « Je ne devrais pas pécher. »

Oui, certes. L’objectif est de devenir parfait.

Oui, encore. Mais tous les jours, je trébuche. Et parfois je me laisse à penser que je n’y arriverai jamais.

Et si nous considérions que l’idée de devenir parfait présuppose que nous sommes imparfaits ?

Alors ça change tout. Nous naissons imparfaits. Donc je cesse d’être coupable de mes comportements erronés. Ils sont normaux. Et s’ils sont normaux, c’est plus facile d’avoir de la tendresse pour mes erreurs.

Nous sommes – sur terre – définitivement imparfaits. Chaque bêtise est l’occasion de miséricorde (que je m’accorde), d’apprentissage à aimer.

Si nous enlevons l’imperfection, nous n’avons plus d’occasion, de raison de progresser.

Le Plan divin est parfait.

Il est bien normal que les adolescents qui font leurs premiers pas dans la sexualité, titillés par leurs hormones fassent des conneries. L’apprentissage est à ce prix. Inutile d’en rajouter. Au contraire, donnons le droit, oui, le droit à l’erreur pour donner envie de progresser, de s’améliorer au lieu de se désespérer.

Gitta Mallasz* répétait fréquemment, avec un sourire malicieux :

De crise en crise, telle est notre devise

De connerie en connerie, notre chemin de vie.

 Christian Rœsch

 * Gitta Mallasz auteure de dialogues avec l’ange - éd. Aubier-Flammarion

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mardi 18 juillet 2023

3 modes pour intégrer l'instant

 Apprendre à se connaître permet de mieux connaître les autres.

Et pour se connaître, voici 3 modes possibles que l'on peut pratiquer à chaque instant :

- La vigilance : voir la "tension vers" qui se crée en nous et nous éloigne de l'instant.

- Le oui à ce qui est : voir le refus qui est une "tension contre" la réalité présente.

- L'action juste : être unifié dans le choix que l'on fait, pour éviter la division sans cesse proposée par les pensées. 


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samedi 13 août 2022

Confiance.

 


"Avoir confiance en quelque chose est un manque de maturité. Tant que l'on a confiance en quoi que ce soit, on n'a pas vraiment confiance. Tôt ou tard on sera déçu, car on projette sa tranquillité dans ce en quoi on a confiance . On s'imagine que la situation peut nous apporter cette plénitude. Or, ni moi ni ce que l'on appelle les autres ne sont en état de me l'a donner. Donc toute confiance est mal placée. Quand je n'ai plus confiance ni en moi ni en l'environnement, il reste une confiance qui n'est plus dirigée vers quelque chose mais qui est simplement un non-commentaire. J'arrête de critiquer ma vie, de penser qu'elle devrait ou pourrait être autrement. Je cesse de savoir quoi que ce soit. Reste la disponibilité. En l'absence de réaction psychologique, la simplicité de la vie m'apparaît. Tout ce qui m'arrive est présence. La confiance naît quand j'abandonne tout espoir. Une confiance sans objet.''

''Il faut avoir confiance, non pas confiance en soi mais confiance tout court (...) La confiance est le pressentiment du divin. Vous ne pouvez avoir confiance en vous. Un « soi-même » doit toujours être remis en question. Avoir confiance en soi est une mauvaise orientation. Ayez confiance tout court, la même confiance qu’au moment où vous vous couchez. Quand vous vous donnez au sommeil profond, vous avez confiance, vous abdiquez totalement. Quand vous vous levez le matin, vous avez la même confiance vis-à-vis de la journée, pas confiance que la journée va aller dans la conception que vous vous faites des choses, dans ce que vous voulez, mais confiance que tout ce qui se passe participe du courant de la vie. Vous êtes ouvert, sans commentaire, sans rien vouloir changer. ''

Eric BARET, extraits des livres ''De l'Abandon'' et ''Le Sacre du Dragon Vert''

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photo : Abbaye de Sainte Foy, Conques, France, vers 1050.

samedi 25 décembre 2021

L'appel de Noël


 Nous l’appelons Noël.

Au moment où l’on voudrait en effacer le NOM, il œuvre sur l’« Ancien » et le fait disparaître.

Le Fils de l’Homme ne frappe plus à nos portes closes.

Il entre.

ARIGAH l’accueille et invite tous les siens à chanter et à danser en ce Noël, Celui qui nous reconduit tous à nous-mêmes, au divin.

Annick de Souzenelle.

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vendredi 11 juin 2021

Alignement lumineux

 


Il y a eu une éclipse solaire hier. On l'appelle "l'anneau de feu". Lorsque la lune passe devant le soleil, elle le bloque entièrement, et le halo de lumière a inspiré ce nom.

Nous savons que le diamètre de la lune est 400 fois plus petit que celui du soleil. Comme la lune est 400 fois plus proche de la terre, son diamètre apparent est presque le même.

Une grande partie de la compréhension de la vie est une question de position, d'alignement, de temps et de perspective. Nous essayons d'aligner les choses en notre faveur. D'une certaine manière, c'est tout ce dont il s'agit dans le Taijiquan et le qigong : aligner notre corps de manière à améliorer le flux d'énergie. L'alignement aux événements est souvent le seul génie dont un taoïste a besoin : nous faisons la bonne chose au bon moment.

Lorsqu'il s'agit d'évaluer les événements et nos émotions, nous devons être plus circonspects. En ce qui concerne cette éclipse, elle nous amène à nous demander : ce à quoi nous sommes confrontés est-il vraiment aussi important que nous le pensons ? L'importance est-elle réelle ou illusoire ? Nous pensons peut-être que nous sommes bloqués, mais cela peut être à la fois temporaire et moins important qu'il n'y paraît. Nous devons être sûrs avant de réagir. Et peut-être que ce n'est qu'une question d'attente. Après tout, par la métaphore d'une éclipse, il n'y a rien que nous puissions faire à part attendre qu'elle passe.

Parfois, on peut avoir l'impression que notre accès au divin est bloqué. Mais ce n'est jamais vrai. Tout comme le soleil est toujours là, la lumière de la spiritualité est toujours là.

En ce sens, une éclipse n'est définitivement qu'un phénomène qui ne peut diminuer le moins du monde la lumière du soleil. De la même manière, les catastrophes ne doivent pas nécessairement être des menaces réelles. Nous pouvons y faire face. Nous pouvons voir au-delà. Et nous pouvons être sûrs que le malheur n'obscurcit jamais le Tao lumineux.



Traduction d'un post de Deng Ming-Dao

par Fabrice Jordan

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dimanche 10 janvier 2021

La relation aux animaux pose la question de la profondeur du cœur

 Dans un livre foisonnant d’histoires, Jacqueline Kelen s’intéresse à ces chien, biche, ours, fourmi, loup, corbeau… qui nourrissent avec l’être humain un lien spirituel ! Entretien avec l’auteure, lauréate du Prix de la liberté intérieure 2020 pour son Histoire de celui qui dépensa tout et ne perdit rien (Cerf).

Compagnons de sainteté,
de Jacqueline Kelen,
Le Cerf, 151 p. 18 €

Des récits de toutes les religions montrent saints et des mystiques vivre en bonne intelligence avec les animaux. Que nous révèlent-ils ?

Ils nous enseignent que la relation avec un animal n’est pas seulement affective, mais aussi spirituelle. À la fin du VIe siècle, saint Colomban vit en ermite dans la forêt en paix avec des loups, un ours, et des buffles. Bien sûr, ces animaux, dits féroces, représentent des passions à dompter et à apaiser comme l’ambition, le pouvoir, l’avidité, ce qui nous pousse à agresser autrui, à vouloir le dominer et l’exploiter. Mais ces histoires nous rappellent également l’état édénique de la Genèse. Elles nous invitent à retrouver notre bonté première faite de respect. Je suis frappée par l’arrogance de l’être humain, qui pense être le seul à mériter d’être sauvé. Les sages de toutes les religions montrent que la miséricorde de Dieu s’étend sur toute créature. Au IXe siècle, en Iran, Bayazid revient du pèlerinage à la Kaaba avec des graines à planter chez lui. Une fois arrivé, il s’aperçoit que des fourmis se sont faufilées parmi ces graines. Il refait alors le voyage inverse pour rapporter les fourmis chez elles ! On trouve cette même idée chez les juifs hassidim qu’il y a un ordre, une harmonie voulue par Dieu dans la création.

Pour ces sages, cela ne passe-t-il pas d’abord par une forme d’ascèse ?

Leur relation avec autrui, quel que soit cet autrui, est un cœur à cœur. Il est donc en effet question de se dégager de ses passions encombrantes et de son égocentrisme. La relation aux animaux pose la question de la profondeur du cœur de chacun. J’aime beaucoup cette histoire du Malien Tierno Bokar, un maître soufi mort en 1940. Tandis qu’il enseigne ses élèves, un grand coup de vent dérange un nid. Un hirondeau tombe sur le sol. Les élèves ne bronchent pas. Tierno Bokar arrête de parler, répare le nid et replace le petit d’hirondelle dedans. Il donne alors une leçon de charité percutante à ses élèves : que veut dire écouter un enseignement si votre cœur est sec et fermé à ce point ? Secourir cette créature de Dieu était plus important pour lui que vouloir acquérir un savoir, fût-il spirituel.

On peut donc exercer la charité envers un animal ?

On parle beaucoup de la compassion du bouddhisme envers toutes les créatures. Dans le christianisme aussi, aucune existence n’est insignifiante. « Notre prochain, ce n’est pas seulement l’homme. Notre prochain, c’est toute la création », écrivait Albert Schweitzer. Au Gabon, dans le dispensaire de Lambaréné où il vivait avec sa femme, ce médecin pasteur accueillait non seulement les habitants du lieu mais aussi les animaux blessés qu’il soignait. La fraternité s’étend bien au-delà de l’espèce humaine. C’est le sens du cantique de saint François.

Vous invitez à parler le langage de la création. Qu’est-ce que cela veut dire ?

Les mystiques ressentent profondément que tout a été créé par Dieu et tout doit retourner à Dieu. Dans le christianisme, cette dimension cosmique a été peu à peu oubliée voire suspectée parce que l’on pensait que c’était du panthéisme. Or, il faut faire une distinction entre l’animisme, où schématiquement l’on considère l’arbre comme une divinité, et le christianisme où Dieu peut aussi manifester une parcelle de sa beauté et de sa bonté à travers un arbre ou un animal. Dans notre société qui se passe de transcendance divine, je pense que nous sommes dans une forme d’idolâtrie de la terre mère, Gaïa. Il s’agit de sauvegarder la planète comme si c’était le but ultime de l’existence humaine. Nous avons à protéger notre maison commune. Mais il n’est pas en notre pouvoir de sauver la Terre. Le but d’une existence chrétienne, c’est de transfigurer le monde et de faire retour à Dieu. Les sages de toutes les religions ont vécu de telle sorte que le monde soit peu à peu empli de la connaissance et de la beauté de Dieu.

Propos recueillis par Florence Châtel
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jeudi 12 décembre 2019

Volonté de Dieu...


La soumission ou lâcher-prise est un espace où l'on respire un air rare. C'est un espace clair et merveilleux, mais aussi tout à fait inconnu, car nul ne peut concevoir le Divin. On peut être un grand esprit comme Einstein ou Nietzsche – mais même un tel esprit est insignifiant comparé à l'esprit du Divin. Non que Dieu cache quoi que ce soit aux êtres humains ; mais son esprit est si grand qu'il ne peut être saisi ou englobé par l'esprit humain ordinaire. Les bauls le savent, et c'est pourquoi ils s'efforcent de se soumettre afin de pouvoir être absorbés par l'intelligence de Dieu au lieu de se soumettre à l'intelligence tellement plus petite de leur ego.

Être « soumis » ou « abandonné » à la volonté de Dieu signifie que notre volonté personnelle est abandonnée et soumise à l'influence du Divin telle qu'elle se meut. Quand on s'est rendu à cette influence divine, on renonce à ses préférences personnelles afin de servir celles du maître et du Divin ; on est alors animé par une sorte d'instinct du service en toute circonstance. Tous les désirs personnels, de pouvoir, de succès, d'argent ou d'opulence deviennent secondaires et passent après ce que commande la bénédiction divine.

Quand on est soumis à la Volonté de Dieu, on est animé par Lui jour après jour, instant après instant. Chaque jour on reçoit ses ordres : « Va à tel endroit aujourd'hui. Fais ceci. Écris ceci. Fais en sorte que ceci se fasse. Mange ceci. Ne mange pas ça. Pratique telle discipline. »

Tout ce l'on fait obéit à ces « ordres » divins, lesquels, cependant, ne se présentent pas sous la forme de voix que l'on entendrait ou de signes que l'on percevrait, mais s'imposent naturellement. L'avenir demeure inconnu. Dans la soumission, on se donne entièrement au Divin ou à la Vie, ou encore à l'Univers, et l'on dit : « Dieu, je ne te résiste plus... La Vie, je ne te résiste plus... Univers, je ne te résiste plus... Fais de moi ce que tu veux ! »

L'essentiel est que l'on ne contrôle plus. C'est le Divin qui est aux commandes et nul ne sait ce que le Divin va vouloir pour chaque individu.

Lee Lozowick
Eloge de la folle sagesse

dimanche 2 juin 2019

Hommage à Michel Serres


La profession de foi de Michel Serres (né à Agen, le 1er septembre 1930, philosophe et épistémologue français et décédé hier) laisse une place au divin... mais pourquoi la société ne reflète-t-elle pas le divin ?

extrait d'un film documentaire (France 5, janvier 2008)



 Combattre les ténèbres actives ! La nuit est la source de peurs à l’inverse de la lumière. 
C’est la nuit qu’il est beau de croire à la lumière. L’obscurité n’a jamais vaincu la lumière !
Michel Serres nous partage sa nocturne perception (6 min.) :

écouter Michel Serres
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vendredi 11 janvier 2019

Christiane Singer, une spiritualité du quotidien (2)

"La pâte humaine avec sa part de divin, voilà qui pourrait résumer l'intérêt premier de Christiane Singer.. Elle est auteur de plusieurs romans, essais. Ses racines spirituelles sont chrétiennes, mais Christiane Singer et, on le voit dans ses écrits, puise dans d'autres traditions religieuses. Elle se défend toutefois de faire du syncrétisme..."



mercredi 7 novembre 2018

Interview d'Eric-Emmanuel Schmitt (3)


Quelle est la part du philosophe et du croyant aujourd’hui ?

Je dirais qu’on ne passe jamais de l’un à l’autre, ils coexistent. Si vous me demandez aujourd’hui : « Est-ce que Dieu existe ? » Le philosophe vous répond : « Je ne sais pas ». Le croyant va ajouter : « Je ne sais pas, mais je crois que oui ». Si vous demandez la même chose à mon ami André Comte-Sponville qui est athée, il va vous répondre : « Je ne sais pas, mais je crois que non». Et puis, il y a une autre solution : « Je ne sais pas et je m’en moque ». C’est l’indifférent. Il y a donc trois façons d’être : le croyant, l’incroyant et l’indifférent. Mais qu’ont-ils tous en commun ? L’ignorance. Nous sommes tous frères en ignorance. On ne sait pas, on ne peut pas affirmer.

Plus on crée, plus on devient créateur

On peut juste témoigner d’une façon d’habiter le mystère, d’habiter le monde, en disant :
« Je fais confiance au monde », c’est le croyant. « Je ne fais pas confiance au monde », c’est l’incroyant. « Je suis indifférent à l’essence du monde et je fais mon chemin tout seul », et c’est l’indifférent. En fait, le croyant n’a pas succédé au philosophe, les deux existent ensemble en disant des choses différentes, mais qui ne s’excluent pas. Le philosophe reste agnostique, car c’est la seule position du philosophe. Si l’existence ou la non-existence de Dieu se décidait philosophiquement, cela ferait longtemps qu’on le saurait. Il y a des arguments en faveur de Dieu et des arguments en faveur de la non-existence de Dieu. Dans le champ de la raison, dans le champ du savoir, on n’arrive pas à décider. Donc, le philosophe reste agnostique. Et joint à lui, l’homme dit : « Je crois que oui, je crois que non ou je m’en moque ». Au fond, il s’agit de ce que j’ai appris par la croyance : ne pas réduire la vie de l’esprit à ma vie intellectuelle. La vie de mon esprit ne se réduit pas à ma vie intellectuelle. Il doit s’y ajouter une vie spirituelle. Et maintenant, cette vie spirituelle est complètement interpénétrée avec l’autre, mais la pensée spirituelle et la pensée intellectuelle sont deux registres de pensées différents.

Votre extraordinaire créativité, d’où la tenez-vous ? On est toujours dans le mystère.

Et j’allais dire : « Cela empire docteur ! ». J’ai la passion des autres. J’ai la passion des êtres humains. Ce sont les autres qui m’inspirent. Les êtres sont complexes, les êtres sont intéressants. Je ne connais pas d’êtres simples. Je ne connais pas d’êtres qui n’aient pas des complications. Malgré tout, je me régale. J’allais dire une chose bête : « J’aime les êtres humains ». Attention, il y en a qui me font souffrir. Il y a des comportements que je trouve injustifiés. Je pleure parfois en regardant les actualités. Des scandales me pénètrent jusqu’au plus profond. Mais, il n’y a rien à faire, je reste passionné par l’être humain parce que l’être humain est capable du pire comme du meilleur. Oui le meilleur. Donc, les êtres m’inspirent.

  • Nous avons une seule liberté : reconnaître notre destin et le suivre

J’ai eu une grande chance dans mon existence : être reconnu comme un écrivain, peut-être avant même d’y croire moi-même. Je veux dire ceci : dès l’enfance, les proches, les profs, les instits m’ont diagnostiqué écrivain, avec une facilité incroyable. Et j’écrivais comme je respirais, je ne me rendais même pas compte que j’écrivais. J’ai écrit mon premier roman à onze ans, une première adaptation théâtrale à onze ans - Les Lettres de mon moulin - que j’ai faite pour mon collège. Ma première pièce quand j’avais seize ans. Je ne me rendais même pas compte que je n’étais pas normal et qu’un gamin ne fait pas ça. C’était tellement naturel ! En plus, je ne rêvais même pas de littérature. Je lisais énormément, mais je rêvais de musique. Donc, j’ai été diagnostiqué écrivain par les autres. Ensuite, le premier texte que j’ai écrit était La Nuit de Valognes. Après, Le Visiteur. Cette rencontre entre Sigmund Freud et Dieu peut-être, a été un triomphe au théâtre dans le monde entier. C’est une pièce sur la croyance. Dès que j’ai pris la plume, on m’a aussitôt reconnu écrivain. J’ai dû quitter l’Éducation Nationale. Immédiatement, j’ai gagné ma vie de ma plume et j’ai eu une carrière internationale sans avoir rien demandé. 

Les autres m’ont vu là où je ne me voyais pas et m’ont reconnu là où j’étais en train de chercher. J’ai peut-être eu la bêtise ou la naïveté de croire qu’ils avaient raison et j’ai consacré ma vie à la création. Évidemment, plus on crée, plus on devient créateur : un créateur qui se nourrit de sa passion et de la passion des autres. J’étais un créa-
teur autocentré. Ce n’est pas un jugement moral parce que cela peut donner, comme Montaigne, des choses absolument magnifiques. Ce qui fait le renouvellement constant de ma créativité, c’est que le nombre de thèmes que je n’ai pas abordés m’apparaît encore vertigineux. La diversité, la pluralité humaine, sont vraiment pour moi des sujets que je ne suis pas prêt d’épuiser.

 
La créativité n’est-t-elle pas une part du divin en vous ?

Très sincèrement, je ne pense pas. Je pense que c’est mon destin : c’est un grand aveu.
À mon avis, nous avons une seule liberté dans la vie : reconnaître notre destin et le suivre. Autrement, on peut passer à côté. C’est la seule liberté qu’on a : la liberté d’être soi ou de se rater. J’ai eu la chance qu’on m’aide à ne pas me rater, à me repérer. Après, j’ai consenti à mon destin qui est un destin créateur. Je deviens de plus en plus créateur avec les années, parce que j’ai de plus en plus confiance aussi dans mes capacités créatrices. C’est vraiment cela qui change entre 30 et 50 ans. Autant pour un sportif, l’âge est une catastrophe puisque les performances baissent, autant pour un artiste, un intellectuel, c’est une montée en puissance parce qu’il se fait plus confiance. On fait plus confiance à son cerveau, parce qu’on a fait beaucoup d’erreurs, donc on en évite parce qu’on a appris des choses. On connaît ses limites, donc on essaie de les dépasser, mais sans se brusquer, sans se faire mal. Quand on est jeune, on cherche la performance en se faisant mal. Je trouve qu’avec l’âge, on cherche la performance en se faisant du bien ou en évitant de se blesser, en étant aussi endurant, opiniâtre parce qu’il y a aussi la confiance dans la durée que prennent les choses. Je trouve que 50 ans, c’est merveilleux pour ça. J’estime avoir un pouvoir créateur bien supérieur à 50 ans qu’à 30 ou 40 ans, même si je revendique totalement ce que j’ai fait à 30 ou à 40 ans.


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samedi 21 avril 2018

Dialogue avec l'Ange...




"La Création entière n'est faite que de Lumière. 
Il m'apparaît qu'en réalité il n'y a ni matière, ni esprit, seulement différents degrés de vibration d'une seule et unique Lumière. 
Hanna illustre cette vibration en montrant que la Lumière vient d'un seul point :
La Source Divine. 
Elle jaillit avec une intensité inimaginable, passant des vibrations les plus ténues à des fréquences de plus en plus denses. La plus dense de toutes, nous l'appelons "pierre".
Au milieu du schéma, il y a une interruption d'une importance extrême : cela veut dire que le courant de Lumière n'est pas continu.

La vibration la plus basse de l'Ange est la seule qui peut rejoindre la vibration la plus haute de l'homme : Ainsi le haut et la bas sont unis dans l'Homme Nouveau. 
Pour l'instant, la brèche, l'interruption entre la vibration la plus haute de l'Ange et la plus basse de l'homme existe encore : on l'appelle aussi la mort. 
La naissance de l'Homme Nouveau est la mort de la mort ." 
 

Dialogues avec l'Ange,
Gitta Mallasz


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jeudi 4 janvier 2018

Bonne année avec Denis Marquet


En dehors des formules convenues, que souhaiter à ceux qu’on aime pour l’année nouvelle ?

C’est l’occasion de se demander ce que l’on désire vraiment.


La première chose que l’on désire, c’est de vivre selon son vrai désir. Ma vie exprime-t-elle mon être ? Je suis un être unique, qui aspire à se manifester dans le monde. C’est-à-dire à créer. Cela ne signifie pas nécessairement composer de la musique, écrire un roman, peindre ; mais cela signifie mettre de l’art, c’est-à-dire de soi-même, dans tout ce que je fais. Me donner dans tout ce que je donne. Tel un vitrail, laisser ma forme unique devenir translucide afin que la lumière, en la traversant, éclaire le monde en laissant voir la merveille que je suis.

Que désirons-nous d’autre ? L’amour. Cet amour qui manque à ce monde en guerre et qui nous manque, aussi, tellement notre désir d’amour est insatiable. Pourquoi l’amour manque-t-il autant ? Peut-être parce que nous voulons l’obtenir plutôt que le donner. Or l’amour, comme la lumière, nous n’en sommes pas l’origine. Il vient de plus loin que nous, d’une source divine qui aspire à nous traverser. C’est pourquoi nous ne sommes jamais comblés d’amour que lorsque nous donnons l’amour. On ne guérit du manque que par le don.

Nous désirons encore tellement de choses… En réalité, nous désirons tout. Nous désirons à l’infini parce que nous désirons l’infini : cet infini divin qui est notre source ; et nous vivons comme si nous l’avions perdu, alors qu’il nous a déjà tout donné, et pour l’éternité. Alors qu’il attend seulement, dans le respect de notre liberté, que nous nous retournions vers lui pour l’accueillir, au cœur le plus intime de notre être.

Alors je souhaite à chacun que cette an neuf soit pour vous vraiment neuf, année de renouveau, de joyeuses naissances à la merveille unique que vous êtes, à la lumière qui veut éclairer le monde à travers vous, à l’amour qui désire vous remplir en se donnant par vous… Et naissance à la source de votre Soi, ce « SOIS » qui vous fait être, à chaque instant ; amour fou, infini, gratuit, sans condition.

Bonne année !

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lundi 1 janvier 2018

Belle année et souhaits 2018

PHYTOSPIRITUALITE

vous accompagne sur un chemin 

de transformation 

en 2018

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 Merci de votre présence !
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lundi 24 octobre 2016

Un instant de vie avec Amma


Pour commencer la semaine, 
fermons les yeux pour nous retrouver 
et trouver ce qui en nous regarde...



« Que nous en soyons conscients ou non, 
le véritable but de la vie est de réaliser la divinité en nous. » 
Amma (Mata Amritanandamayi)

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jeudi 13 octobre 2016

En chemin méditatif avec Chandra Swami


Inspiré par le Divin, Swamiji observe depuis 1984 un silence ininterrompu qui se poursuit à ce jour. Au cours des vingt dernières années, des milliers de chercheurs spirituels ont fréquenté Sadhana Kendra Ashram, attirés par l'irrésistible magnétisme spirituel de ce sage silencieux. 
Swamiji accueille et accepte tout le monde avec le même amour inconditionnel, et guide chacun sur le difficile chemin de l'épanouissement spirituel. Simultanément, il supervise toutes les activités de l'ashram, demeurant constamment établi dans la Béatitude ininterrompue du Soi, à la fois acteur divin et témoin détaché de tout ce qui se déroule autour de lui. 
Il est indéniablement un instrument du jeu divin (lila).



Swamiji classe en 3 catégories fondamentales les différentes techniques de méditation pratiquées dans les diverses traditions spirituelles ou religieuses: 
la méthode négative, la méthode positive, et la méthode d'observation des pensées. La méthode négative consiste à rejeter toutes les pensées ou émotions qui s'élèvent dans le mental au cours de la méditation. 
La méthode positive implique l'usage d'un support: nom, mantra, image, ou idée reliée au Divin, sur lequel on concentre le mental, afin de le rendre silencieux et focalisé. La méthode d'observation des pensées consiste à simplement observer le mental, et toutes les pensées, images ou émotions qui peuvent y surgir, avec l'attitude détachée d'un témoin, sans s'y impliquer. Toutes ces méthodes sont exposées en détail dans le livre de Swamiji "L'Art de la Réalisation". 

Selon Swamiji, toutes sont à même de rendre le mental silencieux et paisible, et donc, de mener à la Réalisation. Mais il met particulièrement l'accent sur l'importance et l'efficacité de la prière et de l'abandon de soi à Dieu dans le cheminement spirituel, conjointement à l'effort personnel.

"La méditation peut être décrite comme un art de voir sans interférence de notre mental conditionné. Détournez votre attention de tous les objets, de toutes les situations et relations, et regardez à l'intérieur de vous-mêmes. C'est cela, la méditation." 

 Shri Chandra Swami Udasin

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mercredi 3 février 2016

Les cieux de Marie-Elise Larène


Peintre et pastelliste, elle crée, depuis près de 30 ans, des ciels. À leur contact, elle a découvert la dimension spirituelle qui l'habitait et qui ne demandait qu'à éclore. ...


Ma dimension spirituelle a mis du temps à émerger. Son fil conducteur était logé en moi, depuis toujours. J'ai été une petite fille fervente, entourée par des parents pieux. Mon père a d'ailleurs voué sa vie à la Vierge par son art. J'ai un souvenir très fort de ma confirmation qui m'a bouleversée. Avec le recul, je considère cet événement comme une expérience de Dieu. Assez jeune, j'avais troqué la pratique religieuse contre la visite de lieux de cultes où je trouvais de quoi épancher ma soif : à l'église Saint-Julien-le-Pauvre (Paris Ve), séduite par la liturgie orientale d'une grande beauté, à Saint-Georges (Paris XIXe), bercée par les chants orthodoxes... Ces rites étrangers me transportaient dans un doux voyage poétique. Ma vie spirituelle s'est créée comme j'ai fait mes dessins : elle a puisé sa source dans mes expériences, mes épreuves, et dans mon coeur. Jusqu'à la cinquantaine, j'en avais une idée très floue. Dans mes tableaux, elle se manifestait sur un plan poétique, mystique, onirique. Ces composantes, retrouvées dans les ciels, m'ont peu à peu permis de rejoindre une sphère bien plus profonde, au goût d'éternité.

L'éternité est dans un écrin qu'il nous appartient à tous d'ouvrir, à tout moment. Il est comme un flocon de neige porté par le vent. Mes toiles fixent cette dimension qui m'habite, avant, pendant, et après l'acte créateur. Le temps est alors comme suspendu, arrêté. L'éternité est ce présent vécu avec intensité, non pas dans l'intelligence, mais dans le cœur. Lorsque je peins, je fais fi de tout le reste. Cette plénitude, je la retrouve dans la méditation, le matin. Descendue dans mon ciel intérieur, j'embrasse alors un peu de cette béatitude dans laquelle j'espère être plongée après ma mort. Nous en avons tellement peur, et si peu de belles choses sont dites à son propos ! Nous ne pouvons certes qu'esquisser une image de l'au-delà. Mais je n'ai aucun doute sur son existence. Je crois que nous sommes un esprit divin dans un corps physique, et que notre enveloppe s'éteint, disparaît, le passage franchi. Je vois la vie comme un terrain d'expériences, d'apprentissages précieux permettant à chacun de se découvrir en vérité et en plénitude. Pour, au final, retourner à un état de perfection, semblable à celui du nourrisson, qui n'a rien d'autre à donner et à recevoir que de l'amour. Mon but est de mourir au plus proche de cet état de confiance et de pureté. Je vois la mort comme les retrouvailles d'un lieu d'accueil fabuleux. Retrouvailles avec le Père éternel et tous ceux que nous aurons aimés. Le ciel sera ma récompense. C'est sur terre que la vie est sans concession !

J'ai fini par comprendre à quel point je l'aimais, cette vie. Il m'a fallu 32 ans. Mes toiles contiennent toujours un horizon de terre car je me refuse à être en apesanteur, suspendue au-dessus du vide : je veux témoigner de la beauté du ciel sur la terre, en tant qu'être humain, à ma hauteur d'1,63 m. J'offre à voir quelque chose auquel les gens ne donnent que peu de temps et d'attention. Or, nous nous rejoignons tous quand il s'agit de beauté, d'équilibre et d'harmonie. L'artiste a pour vocation de proposer d'autres chemins de vie, de visions et de conscience des choses. Depuis peu, je dessine, et brode certaines de mes œuvres au fil d'or, des anges. Par ces créations, je voudrais que chacun prenne conscience qu'un ange veille sur lui à chaque instant. Loin d'être une fuite, le ciel est un tremplin pour aller plus loin, plus haut. Mes tableaux traduisent cet idéal, mais ils sont aussi le reflet de mon état d'être profond, le témoin de ma foi et de mon idéal. Accordé à mon tempérament passionné, le pastel, qui est fait avec des pigments purs, sert mes toiles d'une intensité vibrante.

Le ciel, qui n'est qu'inconstance de par ses mouvements et ses couleurs changeantes, m'a appris à accepter l'impermanence de la vie, sans me sentir pour autant en insécurité. C'est d'ailleurs lorsque j'ai perdu la sécurité matérielle et connu la précarité que j'ai dû apprendre à me forger intérieurement pour gagner ma liberté. Les sécurités que je cherchais à l'extérieur étaient en fait des chaînes. On ne gagne jamais autant sa liberté que lorsqu'on en a manqué : 18 ans durant, j'ai peint des ciels dans une cave. Manquer de lumière me poussait à la désirer ardemment, et donc à la créer.

Je ne demande ni assurances, ni preuves, ni garanties. Je ne cherche pas de réponses, mais des épousailles avec le mystère qui me comble et me remplit. Je crois qu'un dessein divin nous conduit. Et souvent, j'ai été surprise de mon propre chemin. Comment être pessimiste puisque je ne sais rien de l'avenir ? Je fais ce que j'ai à faire pour aider. Je sais que je suis là pour ça.



source : La Vie
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