vendredi 7 août 2026
Lien avec les arbres
dimanche 14 juin 2026
Beauté du monde
« Le monde est très, très beau si vous le regardez. Mais la plupart des gens ne regardent pas beaucoup. Ils scannent le sol devant eux pour pouvoir marcher, mais ils ne regardent pas vraiment les choses incroyablement bien, avec intensité. Oui, et je l'ai toujours su. ”
dimanche 12 octobre 2025
« L’estime… ne va pas de soi »
« L’estime… ne va pas de soi »

Louise Groux - Lion
« Maman, regarde mon beau dessin ! » Parfois, je cherche encore l’approbation des autres, comme la petite fille attend derrière la porte de recevoir son bisou. Vivre de mon travail exige une certaine reconnaissance – expositions, ventes, etc. Comment trouver l’équilibre entre estime de soi et orgueil, doute et humilité ? Face à mes premiers tableaux, maman me challenge : « Ce n’est pas abouti, ma chérie ! » Quant à mon père, je me tue à attirer son attention. Comme seule victoire sur son indifférence, j’obtiens : « Tu es ma fille, donc tu te dois d’être géniale. » À peine écrasant. J’ai arrêté de brûler mes œuvres quand j’ai identifié les blessures dans mon enfance et expérimenté la tendresse infinie de Dieu, destinée à chacun. Je suis désirée et digne d’amour. Je n’ai plus besoin d’une reconnaissance à tous crins. Quand je doute, désormais, je prie. Une de mes plus grandes joies réside dans les moments où je vis l’humilité en vérité.

L. Groux - N.D. de Paris
Un jour, je devais peindre un retable pour une commande privée, une scène de crucifixion. J’y allais la fleur au fusil, confiante, déterminée, persuadée de mener les choses rondement. J’ai été submergée par ce sujet insondable. La technique ? Les proportions ? Le souffle ? Quelque chose m’agressait. J’ai compris que deux sujets coexistaient : le temporel et le spirituel. Pour la technique, je m’étais préparée comme un soldat va au front. Un plan de bataille bien carré. Pour l’essence, j’ai dû finir à genoux et lâcher prise. Mon travail ne m’appartient pas. Je peins afin de donner à contempler beaucoup plus grand que moi-même. Pour combattre l’orgueil, rien de tel que d’avoir des enfants. Des phrases comme : « Maman, c’est quoi ton travail, en fait ? Tu dessines toute la journée ? » ou encore « Mamaaaaan, y a plus de papier toilette ! » font vite redescendre sur terre !
Louise Groux
Source : La Vie
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mercredi 7 mai 2025
Recréation
barca solitaria 1924
mercredi 10 mai 2023
Hommage à Yahne Le Toumelin
Chers amis,
Nous avons la grande tristesse de vous annoncer le décès de notre grande amie Yahne Le Toumelin, survenu à Tursac en Dordogne, ce 8 mai 2023 au matin, chez elle, dans sa 100ème année.
Personnage aux multiples facettes et à la forte personnalité, artiste peintre renommée, elle fut avant tout une pratiquante de la première heure. Elle rencontra Kangyour Rinpoché en 1968, puis passa plusieurs années auprès de lui à Darjeeling. Elle a pris les vœux de moniale avec Sa Sainteté le 16ème Gyalwa Karmapa en 1968 et fit un long séjour auprés de Dilgo Khyentsé Rinpoché au Bhoutan. Elle fit également une retraite de trois ans en Dordogne et y a vécu depuis. Elle eut aussi l’occasion de servir Kyabjé Dudjom Rinpoché et sa famille.
Quiconque a eu l'occasion de la rencontrer garde le souvenir d'une personne hors du commun, de par son talent artistique, son humour, sa bienveillance et ses côtés hauts en couleur, parfois étonnants, voire extravagants, mais toujours empreint d’un grand cœur.
Ayant une foi inébranlable dans les enseignements du Bouddha et les maîtres qu'elle a rencontrés et servis pendant de nombreuses années, elle a inspiré par sa vie et son exemple de très nombreuses personnes.
Son itinéraire spirituel est indissociable de celui de son fils Matthieu dont elle était très proche, et qui a pris soin d'elle toutes ces dernières années. Sa chère fille Ève et son époux Yann, se sont également installé en Dordogne non loin d’elle.
Yahne sera inhumée ce vendredi 12 mai à 13 heures dans le cimetière de Tursac, Dordogne.
Bien amicalement,
Songtsen-Chanteloube
dimanche 30 avril 2023
Comment… entrer dans la contemplation
Partout, dans les Évangiles, Jésus est d’abord un contemplatif : « Il le regarda et il l’aima » (Marc 10, 21). Cet état nous met dans les bonnes dispositions pour recevoir ce qui nous émerveille. Avec de l’entraînement, c’est possible au quotidien, dixit celle qui a passé plus de 180 jours dans un lit d’hôpital, à 37 ans !
1. Traquer la beauté…
…dans une tasse de café, un rayon de lumière. Une fois, lors d’un voyage en famille en voiture, nous passions sur un pont. L’eau offrait un tel reflet turquoise que j’ai fait arrêter tout le monde, juste pour le saisir. Ça a renâclé, mais pas trop. Ils savent que je suis plus disponible quand je me permets ce genre de chose ! Plus je m’abreuve de ce qui me transporte, plus je vis pleinement.
2. Consacrer du temps
Trente minutes gratuites, devant quelque chose de beau. Ne rien faire. Juste écouter, détailler les couleurs sans chercher un résultat, une analyse. Les effets, à ce stade, peuvent déjà être très bénéfiques. Un jour de grande colère, cette étape-là m’avait déjà permis de sortir de ma rage, avant même de peindre.
3. Regarder avec attention
J’observe cet arbre en hiver. Évidemment, il doit être gris. Pourtant n’y vois-je pas des nuances de mauve ? Laisser faire son impression, sans enfiler ses propres lunettes, ouvre des perspectives étonnantes. Pourquoi ne pas prendre de quoi dessiner ? Écrire ? Tenter de garder cette émotion sous une forme concrète permet de la choisir. Or, on devient ce qu’on choisit. La beauté transforme.
4. Ne pas chercher à bien faire
Petite fille, j’aimais reproduire des tableaux. Une fois, j’achoppais sur un visage. Je n’arrivais pas à faire la bouche. Je cherchais trop à « bien » faire. Mon père me glisse alors ce conseil : « Mets du violet sur la lèvre supérieure et du rose dessous. » Deux couleurs pour une même bouche ? Il avait raison. Ça m’a débloquée et ouvert un monde de possibilités.
Elo de la Ruë du Can
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Pour en savoir plus :
Première artiste à exposer sur les grilles des Invalides à Paris, cette dessinatrice designer est une combattante. Après une chute qui, depuis 2018, la cloue dans un fauteuil roulant, cette mère de cinq filles raconte l’épreuve et sa constante recherche de Dieu.
Par Emmanuelle Ollivry
Je me réveille à moitié morte, en ce jour de mars 2018. L’échelle a glissé et je viens de me briser la colonne vertébrale. Briser un monde aussi. Je suis artiste et designer textile. J’ai travaillé pour Dior et consorts, dessinatrice des fashion-weeks européennes… Dans ce milieu, une fille, c’est d’abord une démarche. Et là, je viens de changer d’univers en quelques fractions de seconde.
Je suis comme passée au cœur d’un réacteur d’avion. Impossible de situer le sol ni le plafond. Mes muscles s’évaporent, mais je me sens aussi comme absorbée par le plancher et plus rien ne fonctionne en dessous de ma taille. Entre rage et découragement, en constatant l’étendue de ce qui grippe la mécanique, je mesure en même temps l’extraordinaire complexité du corps humain. Commencent alors de longs mois d’hospitalisation et de questions.
Cette machine si complète peut-elle être conçue par autre chose qu’une intelligence divine ? Remarcherai-je un jour ? Quand retrouverai-je mon mari, Romain ? On se voit déjà si peu, du fait de son métier, auréolé de mystère. Après les Forces spéciales, le renseignement. Ça veut tout dire et rien dire à la fois. Je ne sais jamais où il part, ni combien de temps. Comment gérer nos cinq filles, dont la dernière n’a pas 18 mois ? Une seule réponse campe dans mon esprit : Dieu ne peut vouloir ma souffrance abyssale. Ce serait intenable.
Un catéchisme pétri de règles et de grands principes
Pourtant, on m’a enseigné tout autre chose. Mon enfance est un improbable pari, mixant catéchèse janséniste de ma grand-mère et quotidien joyeusement foutraque, quasi exempt de règle. D’une part, je navigue dans une atmosphère bohème : profusion de pastels à disposition, fragrances de cire de fonderie, super-platine vinyle dont les notes jazzy font souvent oublier les tartes dans le four.
Avec mes quatre frères et sœurs, je partage un grand loft à Trappes, où se trouvent également les ateliers de mes parents (père sculpteur, athée, et mère catholique, peintre prolifique). D’autre part, toute la fratrie suit un catéchisme rigoureux, dans sa version presque juridique. Il faut connaître la cartographie des péchés (véniels ou mortels) hisser la souffrance au rang de vertu, connaître les prières susceptibles de nous obtenir des indulgences.
Moi, je ne crois pas en un Dieu comptable. J’ai l’intuition qu’il passe par la matière, les sens, l’odeur de l’encens, les couleurs, les attitudes, le cœur. Par exemple, quand à 10 ans, je fais une randonnée à la montagne, je suis saisie par la beauté époustouflante d’une clairière. Ça me remplit tellement de l’intérieur que j’y vois une manifestation concrète de Dieu dans ma vie. Un peu à la manière d’un saint François d’Assise qui accepte de devenir pauvre, voire antisocial, pour rencontrer son Seigneur dans la création. En écoutant, observant, touchant.
À 25 ans, je suis également bouleversée par une messe de Pâques ukrainienne. De véritables armoires à glace testostéronées y embrassent le sol avec vigueur pour manifester leur petitesse devant le Seigneur. Dans le geste de ces hommes, consentant à s’abaisser, je perçois encore une manifestation de ce Dieu qui nous dépasse.
Avec le catéchisme de mon enfance, pétri de règles et de grands principes, j’avais pensé que croire consistait en une marche à suivre technique, aux étapes préétablies. Ces moments de grâce me poussent plutôt à chercher des réponses dans la contemplation, la matière, voire le travail de mes mains, comme l’artiste que je deviens. Cela explique mon attirance pour la vie de mon oncle Joseph, moine portier à l’abbaye de Wisques (Pas-de-Calais) où se fabriquent quantité de cartes de première communion artisanales, joliment ouvragées.
Il m’emmène, dès mon plus jeune âge, dans l’atelier de gravure, me fait plonger dans ce quotidien équilibrant, entre prière et travail. Cette vie créative au service du spirituel, ça a du sens. C’est ainsi que je rencontre vraiment Dieu. J’en reçois d’ailleurs une confirmation très forte, à 21 ans.
Témoignage de foi par l'art et conversion
J’entre alors à l’École nationale supérieure des Arts décoratifs de Paris où je côtoie une étudiante, Clarisse, au destin singulier. Dans tout son travail, elle brandit sa foi. Un peu à la manière du Greco, ce théologien qui se sert de la peinture comme d’une chaire. Ainsi, lorsqu’elle crée une splendide robe en feuilles d’or, elle la conçoit délibérément pour la Vierge et en témoigne. Or, cette jeune fille meurt dans un accident de voiture, au beau milieu de son cursus dans l’enseignement supérieur, le jour de Pâques. Toute la promotion est chavirée et assiste à l’enterrement, dont le livret est orné d’un magnifique pommier en fleurs.
En regardant son parcours, je ressens une forme de plénitude qui m’appelle à, moi aussi, ajuster vie intérieure et travail, pour traquer le beau, et pas seulement représenter ce qui s’offre à mes yeux. Son témoignage de foi par l’art rejoint mon aspiration à contempler l’Invisible dans la création. J’expérimente que Dieu passe par la matière pour nous toucher. À cette période, je lis la Bible et je médite 30 minutes à une heure chaque jour. Pendant ce temps, je ne fais « rien ». Je me laisse transformer, je vais à l’adoration, je cherche la porosité entre visible et invisible.
Crise majeure et avancée dans la foi
Puis, à peu près au moment où je mets au monde ma première fille, je traverse une crise majeure. Dieu ne fait quasiment plus partie de ma vie, et le catholicisme m’apparaît comme un rituel froid, déshumanisé. Pourquoi là, à cette période ? Je n’en ai aucune idée. Je fais quand même baptiser mes trois aînées. Un vrai choix personnel, puisque Romain n’est pas croyant. Cette tourmente (de laquelle je ne me sens pas pleinement sortie) je m’en extrais, petit à petit, cette fois encore grâce à la matière.
Les questions qui me taraudent sont aussi métaphysiques, géographiques que physiques. Par exemple, je n’arrive pas à m’approprier le mystère de la résurrection du Christ, mais je reste fascinée par le linceul de Turin. Comment une lumière peut-elle projeter l’image de Jésus sur le tissu ? Est-il possible qu’une puissante émission de neutrons et de protons forme vraiment une empreinte, grâce à l’oxydation des fibres de cellulose ?
J’ai besoin d’une clef d’entrée scientifique. Et je la reçois, il y a cinq ans, alors que je lis le récit du Dr Hida. Ce médecin japonais, témoin de l’explosion à Hiroshima, raconte une lumière immense, d’une intensité inconnue, capable d’imprimer sur un mur l’ombre d’un homme en mouvement. Le lien avec le linceul m’apparaît comme une évidence. Ce phénomène existe donc selon des lois physiques ! Le savoir m’est essentiel pour avancer dans ma foi.
« Un état contemplatif de paix profonde »
Je trouve aussi des échos à mes questions dans les écrits de la mystique Maria Valtorta, certes controversés, mais qui fourmillent de détails topographiques, alors que l’auteure n’a vraisemblablement pas mis les pieds sur les lieux : « Jésus est seul. Il médite, assis sous un chêne vert gigantesque qui a poussé sur une pente du mont Garizim qui domine Sichem. La ville, d’un blanc rosé sous le premier soleil, est située tout en bas, et s’étend sur les premières pentes du mont. Vue d’en haut, elle ressemble à une poignée de gros cubes blancs renversés par quelque grand enfant sur un pré vert incliné. »
Ces descriptions me donnent le désir de peindre, en renouant avec cet état contemplatif de paix profonde. L’accident arrive à ce moment de ma vie où je suis convaincue de l’existence de Dieu, mais toujours en quête de le connaître vraiment.
J’arrive à l’Institut national des Invalides pour six mois à temps complet, puis deux années en hospitalisation de jour. Tous mes repères volent en éclats tandis que je regarde mon corps inerte dans ce lit. Mes yeux s’évadent par la fenêtre d’où j’aperçois le dôme rutilant. Jour après jour, la beauté de l’architecture me tracte vers le ciel. Il y a une sorte de bénédiction dans ce lieu. Une grandeur qui relève. Est-ce cela que voulait Louis XIV ? Donner un toit aux vétérans oubliés, prouver sa reconnaissance sous la forme d’un bâtiment majestueux ?
Je songe que si les châteaux sont pour les gens importants, alors nous tous, nous le sommes. Je saisis mon iPad et mes doigts ébauchent sur l’écran le contour d’un entablement ou d’un visage voisin. Je cherche des nuances non acquises (un bleu sur une joue, un rouge sur la pierre) et j’apprends à reconquérir ma dignité.
Je repense alors à cette scène du Nouveau Testament que j’aime tant : quand Jésus est interpellé par les scribes et les pharisiens pour savoir s’il approuve la lapidation de la femme adultère. Quelle est sa toute première réponse ? Se taire et, avec son doigt, dessiner sur le sol.
Elo de la Ruë du Can
source : La Vie
Les étapes de sa vie
1981 Naissance dans les Hauts-de-Seine.
2001 Entrée à l’École nationale supérieure des Arts décoratifs de Paris.
2007 Rencontre avec Romain, son mari.
2009 à 2016 Naissances de ses cinq filles.
2018 Chute d'une échelle.
2022 Première exposition d’envergure à Paris, avant une tournée encore en cours.
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mardi 1 novembre 2022
Lueur de Soulages
mardi 8 février 2022
Peindre avec la lumière
Une promenade dans une galerie de peinture avec Matthieu Ricard en suivant ce lien :
https://matthieuricard.merignac-photo.com/index.html
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jeudi 6 janvier 2022
Etre là
"Pour être là, pour être écume à ce rivage
Rivage à cet endroit, soleil à ce matin
Cet ordre ou ce néant, racine ou vague ou pierre
Ou cette ortie encore au bas du mur, ce mur
Pour être ce qu’ils sont - rencontre, état, présence
Et signe avec l’espace et preuve avec le temps
Il faut que je m’arrête et que je les rassemble
Et que d’abord je sois et que je sois présent"
Claude Sernet 1902-1968 Les pas recomptés
Peinture : James MacKeown
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dimanche 30 mai 2021
Comment cultiver la joie, par Lise Flipo
La jeune peintre nous livre ses conseils pour parvenir à garder son enthousiasme au quotidien.
1- Scruter et déguster
Un sourire partagé, la vue d'une fleur ou d'un vol d'oiseau, d'un coucher de soleil ou encore d'une pluie qui arrose le jardin, le goût et la chaleur d'un bon café, la vie qui coule dans nos veines : il est important de se concentrer sur toutes les choses qui nous réjouissent et d'en remercier Dieu ! Pour garder précieusement tous les trésors que Dieu nous offre en chemin, on peut écrire les moments de joie dans un carnet, afin de pouvoir les relire ensuite dans les périodes plus difficiles ou les combats intérieurs.
2- Pardonner
Pardonner, ce n'est pas oublier ou excuser, c'est dire à l'autre « je veux que tu vives ». Demander la grâce de Dieu pour les pardons difficiles à donner. Pour les pardons impossibles à donner (par exemple une personne décédée ou introuvable), écrire une lettre à Dieu pour donner et/ou demander pardon, Lui offrir et la brûler.
3- Être en mouvement
Allez au grand air, marchez, respirez, faites du sport ! Le mouvement apporte de la joie et du recul. Inversement, tourner en rond dans son bocal entraîne des pensées négatives.
4- Sourire par le regard
La puissance du sourire est exceptionnelle. Même si l'on est triste, le sourire entraîne de la joie dans notre cœur et dans tout notre corps. En plus, il est contagieux (même à travers le masque). Et voir les sourires grandir sur les lèvres et/ou dans les yeux des autres nous rend encore plus joyeux. Sourire, c'est se donner.
5- Goûter la joie au présent
Il s'agit d'être incarné dans l'instant présent, dans une écoute qualitative, à travers un sourire, un regard, une petite blague pour mettre de bonne humeur les commerçants...
6- Témoigner de la gratitude
Prenons le temps de remercier les personnes précieuses dans notre vie pour ce qu'elles nous apportent, de regarder dans les yeux avec bienveillance la personne qui nous aide : notre collègue, notre voisin, un inconnu, tout comme notre conjoint.
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vendredi 14 mai 2021
Au rivage de l'écoute
![]() |
| Peter Severin Kroyer |
mercredi 15 juillet 2020
Contemplation
" Penser, malgré tout, c’est encore agir. Ce n’est que dans la rêverie, où rien d’actif n’intervient, où la conscience de nous-mêmes finit par s’embourber dans la vase – c’est seulement, dans ce non-être tiède et humide, que le renoncement à l’action peut être atteint efficacement. Ne pas tenter de comprendre; ne pas analyser… Se voir soi-même comme on voit la nature contempler ses émotions comme on contemple un paysage – c’est cela la sagesse…"
Fernando Pessoa 1888-1935
Le livre de l’intranquillité
lundi 8 juin 2020
L'esprit du calme
mardi 18 février 2020
Pratique du vide...
![]() |
| Édouard Vuillard (1919), Roses dans un vase de verre |
Tes mains ne savent pas ne pas s’ouvrir,
Tu ne sais rien conserver en toi-même.
Tu ne seras jamais de celles et ceux qui savent.
Tu seras le vase fêlé qui toujours se remplit
Parce que toujours il se vide :
Bénis les Dieux pour cela.
Texte : Aédàn (2020)
Retrouvez ses écrits dans son ouvrage, Célébrations & Crépuscules, aux éditions Aluna, disponible en librairie et sur les plates-formes de vente en ligne.
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mercredi 24 juillet 2019
L'Art du bonheur. (4)
Ce voyageur est revenu voir la mer. Il a marché pour cela, non pas au hasard, mais en sachant exactement ce qu'il cherchait. Il n’est pas surpris par ce qu’il voit, et c'est, visiblement, encore plus fort. Nous assistons au bonheur sobre et contenu de ces retrouvailles [...].
![]() |
| Gustave Courbet (1819-1877) Le Bord de mer à Palavas, 1854. |
LA LEÇON DE COURBET : « CET INSTANT EST UN INSTANT DE BONHEUR...»
Je connais cette plage de Palavas, peinte par Courbet [...] j'y ai passé tous les étés de mon enfance. Lorsque nous arrivions, le premier jour des vacances, je courais jusqu'aux dunes et les escaladais pour voir la mer. [...] Tout de même, il est sublime, ce petit salut de Courbet à la mer! Ce geste qui dit :« Je t'ai reconnu, je t’adore, je t'honore... Et je suis si heureux! » Comme Courbet a eu raison de célébrer cet instant !: De le montrer, de lui donner vie avec ses pinceaux. Et comme nous avons raison à chaque fois, de prendre conscience de nos moments heureux, et de les nommer. Il y a une phrase magique comme en inventent les enfants, une seule phrase, à se dire chaque fois qu'un bonheur passe. Cette phrase, c’est simplement : « Cet instant est un instant de bonheur. » Conscience puis reconnaissance du bonheur.
En faisant cela, nous accédons à une forme d'éternité [...] Certains diront : pourquoi ces efforts de conscience pour ressentir le bonheur ?
Ne vont-ils pas gâcher son essence, qui est d'être immatériel et insaisissable? Pourquoi mettre des mots, forcément maladroits et trompeurs, sur des sensations aussi subtiles et volatiles ? La réponse est simple : parce que vivre, ce n'est pas seulement éprouver mais créer son propre monde.
À Lire
De l’art du bonheur de Christophe André :
Pour le psychiatre Christophe André, la contemplation d'une toile de maître est, en soi, une expérience du bonheur. Dans cet ouvrage, le comportementaliste se fait poète et tire « vingt-cinq leçons pour vivre heureux » de vingt-cinq chefs-d'œuvre (L'Iconoclaste, 2014).
mardi 23 juillet 2019
L'Art du bonheur. (3)
Le bonheur est-il un état d’esprit ? Une opération mentale ? Une décision ? Un effort ? Une volonté ? Une construction intérieure ? Il est tout cela, le plus souvent, une fois réunies les conditions matérielles minimales nécessaires à sa présence. C’est à la fois une bonne nouvelle : notre bonheur dépend de nous-mêmes.
Et une mauvaise : nous en sommes donc responsables. Et cela va nous demander travail et efforts. Ce personnage à l’apparence tourmentée, au corps sommaire, sans bras ni jambes, au visage ingrat mais rayonnant est une sorte de miroir malicieux que son auteur, Gaston Chaissac, se tend à lui-même. Ce grand mélancolique à la santé fragile nous rappelle que le bonheur ne nous est jamais - ou pas souvent - donné ni offert. Mais qu’il est en revanche toujours accessible à l’immense intelligence humaine. Avec son grand sourire, plein de force et de confiance généreuse, cet œil narquois, attentif, émerveillé, et surtout grand ouvert sur le monde, ce bonhomme me fait penser à mon ami Alexandre Jollien, philosophe au corps meurtri, chantre du «joyeux combat » pour une existence lucide et heureuse. Et nous rappelle l’essentiel : l’intelligence du bonheur existe ; elle relève chez certains d’un talent, chez d’autres d’une lutte ; elle nous est accessible...
Nous seuls pouvons conduire ce combat vers plus de lumière émotionnelle, nous seuls pouvons préférer le bonheur au malheur”
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| Gaston Chaissac (1910-1964) - Personnage sur fond bleu (1959) |
LA LEÇON DE CHAISSAC : TRAVAILLER A SON BONHEUR
D’où vient cette étrange idée reçue que le bonheur doit être spontané? Et que les efforts pour s'en rapprocher seraient improductifs, voire contre-productifs ? Pourquoi toutes ces critiques contre la recherche de bonheur? [...]
La punition divine lancée à nos ancêtres Adam et Ève : « Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front », c'était aussi : « Tu gagneras une partie de tes bonheurs à la sueur de ton front. » Que cela soit le fait d'une malédiction divine ou de la condition humaine. Le bonheur n'est pas une chance, mais une intelligence. Qui peut s'apprendre et se développer.
On dit souvent que la vie est un combat. Le bonheur aussi, surtout pour ceux que la vie n'a pas gâtés au départ. Que nos handicaps soient visibles, comme ceux qui nous touchent dans notre chair, ou qu’ils ne le soient pas, comme ceux qui proviennent de notre passé, de nos angoisses, de notre spleen, ils nous fournissent toujours de nombreuses raisons de ne pas être heureux.
Mais une fois établi cet éternel constat - il existe des gens plus heureux que nous, et d'autres plus malheureux -, quels prétextes nous reste-t-il pour continuer de ruminer notre mal de vivre?
Cette position de victime de l’existence est d'autant plus dangereuse quelle peut faire de nous des intouchables que plus personne n’osera approcher, guider ou conseiller. Cela aggravera notre solitude et notre handicap. Et cela nous renverra finalement à nous-même. [...] On ne peut pas être toujours heureux. Mais il est possible, aussi souvent que possible, de penser à laisser la voie libre au retour du bonheur.
Christophe André
Psychologies magazine
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lundi 22 juillet 2019
L'Art du bonheur. (2)
Envol vers l’azur. Des fleurs d’amandier s’élancent vers le ciel. Rien d’autre que le blanc des pétales et le bleu de l’azur. Comme une incarnation du bonheur : fort et fragile comme la vie. Dans un raccourci magnifique et fulgurant, épuisé par le chaos intérieur et sa lutte contre la maladie psychique, Van Gogh se concentre sur l’essentiel : l’élan de la vie vers la transcendance et les cieux. Il a peint le tableau tête levée vers le ciel, sans rien voir d’autre autour de lui. Il en a écarté toute forme de paysage ou d’information annexe, jusqu’au tronc de l’arbre, pour se concentrer sur l’union de ces extrêmes : les fleurs et le ciel, le bleu et le blanc, le périssable et l’éternel, le terrien et le céleste... Comme il a écarté, sans les effacer, ses souffrances du moment, pour nous transmettre à tout jamais son bonheur face aux fleurs de l’amandier. [...]
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| Vincent Van Gogh (1853 - 1890) Rameau d'amandier en fleur, 1890 |
LA LEÇON DE VAN GOGH : REGARDER VERS LE CIEL
Pour les psychologues évolutionnistes, beaucoup de nos comportements et de nos attirances sont les vestiges de nos anciens besoins animaux : si les humains apprécient tant le spectacle d’une belle nature - une rivière bordée d’arbres, un littoral sous le soleil -, c'est qu’ils y voient la promesse de ressources pour leur survie, de quoi manger, se reposer, se réparer... Pourtant, au-delà du plaisir ressenti s’éveille aussi un obscur et profond sentiment d’appartenance à un ordre qui nous englobe et nous dépasse. C’est pourquoi nous ne faisons pas qu’observer la nature, ou même l’admirer. En réalité, nous entrons en connivence avec elle, nous nous rapprochons de notre identité la plus élémentaire : celle des vivants.
Nous ne faisons que nous immerger dans la nature, revenir à elle. Lorsque nous contemplons un arbre en fleur. Lorsque nous sommes absorbés par le mouvement des vagues ou des nuages... Chaque fois que nous respirons l'odeur des champs ou de la forêt, c’est l’écho lointain du bonheur de ces « retrouvailles biologiques » qui se fait entendre en nous. Ces rencontres avec la nature font plus que nourrir notre bonheur : elles lui sont indispensables... Le tableau de Van Gogh aurait pu s'appeler Naissance du bonheur car tout est là, de l'éclosion des bonheurs humains : la fragilité et la force, l’enracinement dans la vie et l’élan vers la transcendance. Ces bonheurs naissants sont les plus importants, mais aussi les plus vulnérables. Rien de plus facile que de les piétiner ou de les négliger.
Cette peinture nous ouvre les yeux sur leur beauté, leur fragilité. Et sur leur nécessité absolue pour notre existence.
Christophe André
Psychologies
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dimanche 21 juillet 2019
L'Art du bonheur. (1)
Un enfant se love contre sa mère. Tous deux sont endormis dans une étreinte tendre et émouvante. Blotti contre la mince poitrine maternelle, le tout-petit semble s’imprégner de celle qui lui a donné la vie, de sa chaleur et de son amour. [...]
La peinture de Klimt nous permet de réfléchir au grand mystère de la naissance du bonheur, et aussi à celui de la transmission et de la préparation des bonheurs futurs : le bonheur dont parle cette scène est celui d’un héritage et d’une promesse...
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| Tableau de Gustav Klimt. Les trois âges de la femme (détails), 1905 |
LA LEÇON DE KLIMT : AIMER ÊTRE HEUREUX
Trouver le bonheur, c'est peut-être tout simplement le retrouver. Dans quels lointains souvenirs prend naissance cette sensation complexe et furtive que l'on nomme « bonheur »?[...]
En psychologie, les théories de l'empreinte révèlent qu'il y a des périodes de la vie qui favorisent certains apprentissages. Les langues par exemple : si nous les avons entendues tôt et souvent, l'acquisition en sera plus facile. [...]
S'il en était de même pour le bonheur? Si les bonheurs d'enfance permettaient d'accéder plus tard à toutes les formes de bonheurs adultes? Ces empreintes précoces et indicibles, c’est donc en elles que réside le cœur battant de notre aptitude future au bonheur, de nos facilités à nous sentir heureux.
Christophe André
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jeudi 23 mai 2019
Apprendre... à s'aimer !
Je pense à ce jour que beaucoup de jeunes garçons rêvent de filles qui les aimeront, qui seront belles et tendres, les écouteront, les comprendront et qui les révéleront, car derrière leur acné, leur timidité ou leur couardise, elles verront leur beauté, leur force et leur courage.
Nous ne rêvons pas de l’amour, nous rêvons d’être aimés.
Alors bien sûr la déception est grande car nous sommes tous imparfaits et la relation amoureuse, avec le temps, révélera plus encore nos imperfections et nos manques, nos frustrations et nos limitations.
Faut-il que notre blessure d’amour soit profonde et faut-il qu’en notre enfance nous en ayons bien peu reçu de cet amour sans condition, pour ne pas pouvoir avancer dans la vie le cœur plein, sans attendre d’une autre ou d’un autre qu’il le remplisse.
Il faudra parfois toute une vie pour le comprendre, remplir son cœur de sa propre richesse et apprendre à s’aimer...


























