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mardi 17 mai 2022

Comment se fait-il que verser des larmes puisse faire beaucoup de bien

 Quand on plonge dans la vie des grands saints, on se rend compte qu'ils pleurent tous abondamment. Ils expliquent pourquoi laisser couler des larmes (ou pleurer un bon coup) est capital.


Ignace de Loyola, saint Dominique, le curé d’Ars, Charles de Foucauld… Au lieu de maîtriser leurs émotions, pourquoi, ces saints pleurent-ils abondamment, même plusieurs fois par jour et même en public ? Pleurent-ils comme chaque mortel de chagrin, de douleur ou de rire ? Oui, certainement. Mais surtout, ils pleurent leurs péchés parce qu’ils les éloignent de ce Dieu qu’ils aiment passionnément.

Pour Charles de Foucauld comme pour d’autres grandes figures de sainteté, les larmes signifient quelque chose de capital : elles sont un chemin vers Dieu, un lieu où le rencontrer.

S’inspirant de sainte Catherine de Sienne, Charles de Foucauld canonisé ce 15 mai, encourage ses proches à pleurer… trois fois par jour. Pour lui, les larmes sont des signes de pureté, d’amour envers Dieu. Elles sont accompagnées par la conscience d’avoir exposé son cœur à une souffrance infinie. Cependant, le souvenir des fautes, insiste-il dans ses écrits, ne doit jamais être plus fort que le courage de se relever des péchés. Pour lui comme pour d’autres grandes figures de sainteté, les larmes signifient quelque chose de capital : elles sont un chemin vers Dieu, un lieu où le rencontrer. Dans son ouvrage Des larmes, Anne Lécu dominicaine et médecin à la prison de Fleury-Mérogis décrit ainsi les saints qui pleurent : « Ils expriment ainsi leur désir immense de bonté auquel nous aspirons tous. »

Les larmes, la bénédiction de ceux qui aiment

Les larmes font du bien, mais elles aussi font le bien. L’écrivaine Jacqueline Kelen résume dans son Eloge des larmes, que « ceux qui versent des larmes, aiment ». Leurs larmes signifient avant tout l’amour. La béatitude « Heureux ceux qui pleurent car ils seront consolés » veut dire « Heureux ceux qui pleurent, car ils aiment et ils seront consolés. »

Par son incarnation, le Christ a embrassé la nature de l’homme ainsi que toutes les émotions humaines qui l’accompagnent. Les évangiles montrent clairement les moments où le Christ ressent de la joie, de la colère ou de la tristesse. Il pleure aussi. Et c’est là que la consolation promise commence : l’homme n’est pas seul à pleurer. Ses larmes rejoignent celles du Christ, en qui l’amour est plus fort que la mort. Les grands saints l’ont bien compris.

Marzena Devoud - publié le 15/05/22 sur Aleteia

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mercredi 20 avril 2022

Silence


 "A celui qui a goûté le silence, les discussions banales, les débats et autres colloques deviennent insupportables, vite étouffants.

Le silencieux, le solitaire ont besoin d'air, d'espace, parce que dans le silence, dans la solitude, ils ont fait l'expérience de l'immense.

Dès lors, tout le reste semble étriqué et vain.

La "communication" obligatoire, l'injonction de "s'exprimer" à tout propos apparaissent grotesques: c'est toujours le moi prétentieux qui bavarde et s'expose, qui obstrue le vaste pays intérieur."

Jacqueline Kelen



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dimanche 16 mai 2021

Le temps de la relation

 


« L’Amitié au sein d’un couple rappelle à l’un et à l’autre qu’il y a un temps pour s’unir et un temps pour la solitude, un temps pour partager et un temps pour faire silence, un temps pour l’étreinte et un temps pour le retour à soi.

Elle rappelle aussi que l’Intimité ne se réduit pas à la relation charnelle, qu’elle requiert le partage de l’Intériorité, le dialogue d’Âme à Âme, elle oriente et illumine une Étreinte qui, au lieu de se contenter d’une satisfaction sexuelle, témoigne de la Beauté, du Mystère et du Sacré des Êtres.

Là, elle devient Amour. »

- Jacqueline Kelen


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dimanche 10 janvier 2021

La relation aux animaux pose la question de la profondeur du cœur

 Dans un livre foisonnant d’histoires, Jacqueline Kelen s’intéresse à ces chien, biche, ours, fourmi, loup, corbeau… qui nourrissent avec l’être humain un lien spirituel ! Entretien avec l’auteure, lauréate du Prix de la liberté intérieure 2020 pour son Histoire de celui qui dépensa tout et ne perdit rien (Cerf).

Compagnons de sainteté,
de Jacqueline Kelen,
Le Cerf, 151 p. 18 €

Des récits de toutes les religions montrent saints et des mystiques vivre en bonne intelligence avec les animaux. Que nous révèlent-ils ?

Ils nous enseignent que la relation avec un animal n’est pas seulement affective, mais aussi spirituelle. À la fin du VIe siècle, saint Colomban vit en ermite dans la forêt en paix avec des loups, un ours, et des buffles. Bien sûr, ces animaux, dits féroces, représentent des passions à dompter et à apaiser comme l’ambition, le pouvoir, l’avidité, ce qui nous pousse à agresser autrui, à vouloir le dominer et l’exploiter. Mais ces histoires nous rappellent également l’état édénique de la Genèse. Elles nous invitent à retrouver notre bonté première faite de respect. Je suis frappée par l’arrogance de l’être humain, qui pense être le seul à mériter d’être sauvé. Les sages de toutes les religions montrent que la miséricorde de Dieu s’étend sur toute créature. Au IXe siècle, en Iran, Bayazid revient du pèlerinage à la Kaaba avec des graines à planter chez lui. Une fois arrivé, il s’aperçoit que des fourmis se sont faufilées parmi ces graines. Il refait alors le voyage inverse pour rapporter les fourmis chez elles ! On trouve cette même idée chez les juifs hassidim qu’il y a un ordre, une harmonie voulue par Dieu dans la création.

Pour ces sages, cela ne passe-t-il pas d’abord par une forme d’ascèse ?

Leur relation avec autrui, quel que soit cet autrui, est un cœur à cœur. Il est donc en effet question de se dégager de ses passions encombrantes et de son égocentrisme. La relation aux animaux pose la question de la profondeur du cœur de chacun. J’aime beaucoup cette histoire du Malien Tierno Bokar, un maître soufi mort en 1940. Tandis qu’il enseigne ses élèves, un grand coup de vent dérange un nid. Un hirondeau tombe sur le sol. Les élèves ne bronchent pas. Tierno Bokar arrête de parler, répare le nid et replace le petit d’hirondelle dedans. Il donne alors une leçon de charité percutante à ses élèves : que veut dire écouter un enseignement si votre cœur est sec et fermé à ce point ? Secourir cette créature de Dieu était plus important pour lui que vouloir acquérir un savoir, fût-il spirituel.

On peut donc exercer la charité envers un animal ?

On parle beaucoup de la compassion du bouddhisme envers toutes les créatures. Dans le christianisme aussi, aucune existence n’est insignifiante. « Notre prochain, ce n’est pas seulement l’homme. Notre prochain, c’est toute la création », écrivait Albert Schweitzer. Au Gabon, dans le dispensaire de Lambaréné où il vivait avec sa femme, ce médecin pasteur accueillait non seulement les habitants du lieu mais aussi les animaux blessés qu’il soignait. La fraternité s’étend bien au-delà de l’espèce humaine. C’est le sens du cantique de saint François.

Vous invitez à parler le langage de la création. Qu’est-ce que cela veut dire ?

Les mystiques ressentent profondément que tout a été créé par Dieu et tout doit retourner à Dieu. Dans le christianisme, cette dimension cosmique a été peu à peu oubliée voire suspectée parce que l’on pensait que c’était du panthéisme. Or, il faut faire une distinction entre l’animisme, où schématiquement l’on considère l’arbre comme une divinité, et le christianisme où Dieu peut aussi manifester une parcelle de sa beauté et de sa bonté à travers un arbre ou un animal. Dans notre société qui se passe de transcendance divine, je pense que nous sommes dans une forme d’idolâtrie de la terre mère, Gaïa. Il s’agit de sauvegarder la planète comme si c’était le but ultime de l’existence humaine. Nous avons à protéger notre maison commune. Mais il n’est pas en notre pouvoir de sauver la Terre. Le but d’une existence chrétienne, c’est de transfigurer le monde et de faire retour à Dieu. Les sages de toutes les religions ont vécu de telle sorte que le monde soit peu à peu empli de la connaissance et de la beauté de Dieu.

Propos recueillis par Florence Châtel
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samedi 17 octobre 2020

Etoile intérieure

 


«Il est temps de se poser, d'écouter, d'aller vers l'intérieur. Il est temps de découvrir les contrées inconnues que chacun porte en soi, d'en explorer les profondeurs, les remous autant que les clartés, d'y trouver une assise en même temps qu'une lumineuse liberté. Loin de la cacophonie ambiante, il est bon de percevoir sa petite musique personnelle qui demande à se faire entendre, non parce qu'elle est supérieure aux autres, mais parce qu'elle est unique.»

Jacqueline Kelen

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dimanche 11 octobre 2020

Solitude bienfaisante


« Notre époque, friande de grand public et de rassemblements, parle très peu de cette conduite de vie solitaire qui favorise la réflexion et affermit l’indépendance, de cette solitude belle et courageuse, riche et rayonnante, que pratiquèrent tant de sages, d’artistes, de saints et de philosophes. »


« Personne ne nous apprend à être seul. Au contraire, toute éducation, qu’elle soit dispensée par la famille ou à l’école, vise à ne jamais laisser l’enfant dans le silence, face à lui-même: on l’oblige à jouer avec ses camarades, à faire partie d’une équipe sportive, bref à « communiquer » et à s’intégrer, ces deux poncifs tyranniques de la société contemporaine. Plus tard, il voyagera en groupe ou au moins avec quelqu’un. Très vite aussi, s’il ne choisit pas de s’incruster chez ses parents, il se mettra en ménage ou bien se mariera puisqu’on lui a appris que l’homme ne doit pas rester seul. Dépossédé de lui-même, l’être humain devient nécessairement dépendant des autres. On appellera cela l’esprit de famille, la camaraderie, le sens de la communauté. De fait, ce sont tous ces dispositifs sociaux qui empêchent l’individu de demeurer seul, qui l’empêchent d’être autonome et de penser par lui-même. Ainsi, dans le monde moderne contemporain, l’être humain ne vit jamais avec soi. Tout est programmé pour égayer ou briser ses rares moments de silence et de solitude. (et cela est encore plus évident avec l’envahissement exponentiel des réseaux sociaux). 
Lorsque cet homme affrontera des ruptures sentimentales, des deuils ou tout simplement s’il se retrouve au chômage ou à la retraite, il s’épouvantera et perdra pied; depuis qu’il est né, on lui a fait croire que sans les autres il n’est rien, il ne sert à rien. »


« La solitude s’avère toujours féconde voire heureuse pour qui l’honore au lieu de la fuir. »

« Il y a en chacun de vous une solitude qui est ce que vous avez de plus précieux. Une solitude inaliénable, magnifique, qui est la solitude même de l’esprit ».

« Ceux qui ne l’ont pas goûtée qualifient volontiers la solitude de vie égoïste. Mais les vrais solitaires y savourent des moments d’exaltation intérieure et de multiples joies, des bonheurs infimes à longue résonance. Dans le jardin bruissant de la solitude, l’attention aux choses est le maître mot: la fleur que l’on contemple et que l’on frôle, le baiser envoyé aux nuages, le salut aux oiseaux. Le livre qu’on hume et qu’on entrouvre n’est plus une marchandise, un produit fait de carton et de papier, il est craquant de vie, de mots et de secrets. Plus rien n’est ordinaire, tout devient très précieux - un insecte, une brindille, une pierre, une rafale de vent. Dans la solitude, je redécouvre l’émouvante fragilité des choses ».


« L’esprit de solitude »: extraits du livre de Jacqueline Kelen.

lundi 18 décembre 2017

Larmes d'instant secret...


Les plus douces émotions, comme les plus violentes
jaillissent par les yeux
et les larmes se fraient,
entre silence et musique,
un chemin inédit où tout peut se dire,
où tout demeure secret.
Elles coulent, les larmes, elles s’effacent aussi,
rappelant que le plus précieux de l’être ne peut être capturé
et que la douleur et le bonheur sont fugaces :
reste ce flot de vie ou d’oubli,
reste cette source claire.
Pleurer, c’est reconnaître et aimer en soi
cette source mystérieuse et intarissable.
L’amour ne sèche pas les larmes, il les invite,
il les rend éclatantes.
Il n’apaise pas,
il exalte.
Jacqueline Kelen

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source : "l'arbre à lettre"

dimanche 7 mai 2017

Astrologie avec Jacqueline Kelen

Entretien avec Jacqueline Kelen, auteur d’une trentaine de livres consacrés aux grands mythes, aux figures mystiques et à la vie intérieure.

La Croix : Comment expliquer que toutes les cultures, à toutes les époques, se soient intéressées à l’astrologie ?

Jacqueline Kelen : C’est l’honneur de l’être humain d’étudier le ciel, d’essayer d’y décrypter des signes. Et on ne peut que s’émerveiller devant la curiosité et l’intelligence humaine qui ont permis, 3 000 ans av. J.-C. à Babylone, par l’observation des phases de la Lune, des éclipses et des mouvements planétaires, d’interpréter ces phénomènes. Car en Mésopotamie, tout ce qui bougeait dans le ciel était un message des dieux et, depuis leur ziggourat (tour d’observation), des astronomes-astrologues, considérés comme des hommes du sacré, devaient consigner précisément leurs observations.
Cette astronomie chaldéenne s’est répandue dans l’univers hellénistique puis gréco-romain et est devenue plus précise, avec l’établissement de lois et de cycles. Dans ce système, les planètes portent les noms des divinités du Panthéon (Vénus, Mars, Saturne…) et les douze signes du zodiaque, à dominante zoomorphique (Bélier, Scorpion, Poissons…), sont utilisés en fonction de leurs résonances psychologiques. Ce système symbolique s’est transmis en Occident jusqu’à aujourd’hui. Et il n’y a rien d’étonnant à retrouver des zodiaques sculptés sur les chapiteaux des basiliques romanes et des cathédrales gothiques.
Comment expliquer l’apparent paradoxe entre les mises en garde de l’Église à l’égard de l’astrologie et le fait qu’un grand nombre d’astrologues, jusqu’à la Renaissance, étaient des hommes d’Église ?
J. K. : C’est vrai que l’astrologie était à l’honneur à Rome sous les papes des XVe-XVIe siècles. Mais il s’agissait alors d’une astrologie d’érudits, sollicités pour d’importantes décisions militaires ou politiques, et qui n’avait rien à voir avec l’astrologie démocratisée d’aujourd’hui.
En fait, il y a toujours eu des controverses dans l’Église sur cette question. Ainsi vers 1492 à Florence, une disputatio eut lieu entre Marcile Ficin, médecin et astrologue, et son ami érudit, Jean Pic de la Mirandole. Tandis que le premier affirme l’influence des astres sur la destinée humaine, le second, au nom du libre arbitre, réfute toute idée d’influence. Dans sa Dispute contre l’astrologie divinatoire, Pic de la Mirandole dénonce « la croyance en cette sorte de vanité » (au sens de vain) et qualifie l’astrologie de « chose qui n’est pas absolument nécessaire à la vérité ».
En tant que chrétienne, comprenez-vous ces mises en garde de l’Église à l’égard de l’astrologie ?
J. K. : Il faut garder à l’esprit les trois temps dans lequel notre vie s’inscrit : le temps de la nature avec les cycles des saisons et constellations ; le temps historique des événements ; et l’outre-temps, messianique, qui se déploie sous le signe de l’espérance, de l’attente… Ce troisième temps, qui transcende les deux autres, est celui vers lequel tend tout pèlerin spirituel.
Il s’agit donc de savoir quelle est la finalité de l’astrologie : peut-elle aider à vivre, non seulement son existence terrestre, mais aussi sa destinée spirituelle ? Or bien souvent, l’astrologie, y compris la psycho-astrologie, est centrée sur l’ego, le moi envahissant, faisant oublier la vocation de tout homme à l’éternité.

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lundi 30 mai 2016

Rencontre littéraire avec Jacqueline Kelen

Je me permets de vous communiquer la rencontre suivante. D'une part avec Jacqueline Kelen et sa verve. D'autre part, c'est un excellent souvenir pour tous mes sens : écoute, vision... on se laisse toucher par le lieu avec des dégustations et des odeurs inoubliables. 
Une invitation à l'ouverture à la sagesse et aux plaisirs de l'instant !
C'est en Belgique à une heure de Bruxelles...


« La sagesse secrète des mille et une nuits »


Prochaines dates : les samedi 9 et dimanche 10 juillet 2016

L'auteur : Jacqueline Kelen
Jacqueline est écrivain. Elle a suivi des études supérieures de lettres classiques et été également pendant vingt ans productrice d'émissions à France Culture.
Dans ses nombreux livres et au cours de ses séminaires, elle dévoile la connaissance spirituelle que transmettent les mythes et explore les richesses de la vie intérieure.

Elle a publié, entre autres : Marie Madeleine, Un amour infini (Albin Michel), L'Eternel masculin (Robert Laffont), L'Esprit de solitude (Albin Michel), Divine Blessure ( Albin Michel), Le livre des louanges (Albin Michel), Un chemin d'ambroisie ( la Table Ronde), Hadewijch d' Anvers (Albin Michel), Bréviaire du colimaçon (Desclée de Brouwer) Passage de la Fée, la légende de Mélusine  (Desclée de Brouwer).

Programme : La sagesse secrète des Mille et Une Nuits

Au long des nuits étoilées, la jeune et belle Shéhérazade raconte au cruel Shariar, le sultan de Bagdad, des histoires captivantes et qui semblent sans fin.
Est-ce seulement pour repousser la menace de mort qui sur elle doit s'abattre ? Ou plutôt, afin d'éveiller le cœur endurci du despote et, mine de rien, enseigner à l'homme qui se croit tout-puissant une sagesse apte à le pacifier et illuminer sa vie ?
Nous déchiffrerons trois contes parmi les plus connus des Mille et Une Nuits. Tous les trois parlent de la Quête, avec ses étapes et ses épreuves, avec ses risques, ses découvertes et ses obstacles, avec ses guides et ses imposteurs :
  • Sinbad le Marin
  • Ali Baba et les quarante voleurs
  • Aladin et la lampe merveilleuse
Chemin faisant, nous aborderons des thèmes majeurs, tels que le désir de connaissance, le discernement, le secret, l'amour salvateur, la parole qui éveille, la mission spirituelle de la femme.

voir :
http://www.lesroses.be/rencontre-litteraire.htm
et le programme copieux :
http://www.lesroses.be/stages-pour-adultes.htm

Egalement :

Rencontre littéraire et artistique « Un projet pour mon âme » avec François de Witt
et
Stage Ennéagramme et spiritualité chrétienne par la formatrice : Valérie Maillot


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lundi 20 avril 2015

Marie Madeleine, un modèle de Jacqueline Kelen


Jacqueline Kelen et Marie Madeleine



Si vous le pouvez, je vous conseille la rencontre suivante en Belgique.
Un accueil de grande qualité qui nous propose des dégustations inoubliables...

Rencontre avec Jacqueline Kelen les 9 et 10 mai , à l'Hôtel "Les Roses" à Libin

A travers ses nombreuses publications, Jacqueline Kelen nous trace à chaque fois un chemin de lumière, d'espérance et nous ramène sans y toucher vers l'Essentiel. Dépasser le matérialisme ambiant, nourrir son âme des délices d'une quête toute personnelle dans une grande liberté. Telle est la fenêtre que nous ouvre Jacqueline Kelen sur l'espace précieux et infini de notre âme. Chercheurs de lumière , philosophes, poètes , ou" vous" tout simplement, rejoignez-nous le temps d'un week-end pour amarrer en votre terre sainte, en votre espace sacré.

La formatrice : Jacqueline Kelen 
Jacqueline est écrivain. Elle a suivi des études supérieures de lettres classiques et été également pendant vingt ans productrice d'émissions à France Culture.Dans ses nombreux livres et au cours de ses séminaires, elle dévoile la connaissance spirituelle que transmettent les mythes et explore les richesses de la vie intérieure.

Elle a publié, entre autres : Marie Madeleine, Un amour infini (Albin Michel), L'Eternel masculin (Robert Laffont), L'Esprit de solitude (Albin Michel), Divine Blessure ( Albin Michel), Le livre des louanges (Albin Michel), Un chemin d'ambroisie ( la Table Ronde), Hadewijch d' Anvers (Albin Michel), Bréviaire du colimaçon (Desclée de Brouwer) Passage de la Fée, la légende de Mélusine (Desclée de Brouwer).

Programme : Tout ce qui en nous demande à fleurir 
Indispensable et insaisissable, la beauté nourrit l’âme et la réjouit. Elle inspire la création artistique et mène à la contemplation, tout en creusant un infini désir.

Est-elle d’ici, est-elle d’ailleurs ? Et à quelle profondeur nous entraîne-t-elle ? La rencontre s’organisera autour de trois récits : 
 - L’aventure du jeune Narcisse qui, se mirant dans une source, a la révélation d’une beauté éternelle dont il ne peut se détacher.
- Le libre biblique de Daniel qui met en scène une femme innocente et belle, Suzanne, aux prises avec la convoitise puis avec la calomnie de deux hommes qui veulent sa mort.
-Le conte de « la Belle et la Bête », écrit par Madame de Villeneuve en 1740, dans lequel la beauté intérieure du monstre se trouve voilée par les apparences avant d’être révélée par l’amour.

Nous aborderons également le lien qui se tisse entre la beauté du monde et la beauté du Divin, en évoquant divers mystiques d’Orient et d’Occident. En ce joli mois de mai, ce stage est une invitation à faire fleurir notre jardin intérieur.
Avec toute mon amitié et au plaisir de vous revoir tous les deux très bientôt,

Marie-Catherine Stine


vendredi 19 décembre 2014

A la lumière des contes...avec Jacqueline Kelen

On continue de penser que les contes de fées s'adressent aux enfants. Or, leur magie ne tient pas seulement aux histoires merveilleuses qu'ils racontent, mais surtout à ce qu'ils cachent : une Sagesse précieuse, qui tantôt circule sous le manteau de Peau d'Âne, tantôt scintille à travers des pantoufles de verre, ou veille silencieusement dans un château endormi... 

Les contes traditionnels ne cessent de tisser des fils entre le visible et l'invisible, se révélant des guides sûrs pour l'âme, exilée en ce monde, à la recherche de son chemin de lumière....






lundi 1 septembre 2014

Cosmogonie avec Jacqueline Kelen


Partage d'un regard sur les cosmogonies 
telles qu’elles ont été imaginées par d’autres sociétés
(source : France Info)





lundi 24 mars 2014

Les beaux contes font les beaux amis grâce à Jacqueline Kelen


De retour d'un week-end féerique en amicale compagnie avec Jacqueline Kelen, le temps des contes nous a suspendus aux mystères divins et à l'émerveillement sur l'héroïque chemin.
Merci à Jean-Philippe Stine pour son accueil et ses plats exquis. Voici le texte à l'entrée de son hôtel...



[L'amitié] "C'est, plutôt que vivre ensemble, aller de compagnie. C’est une affinité des âmes autant qu’une affection tendre. C’est un voyage au long cours, une montée vers le ciel. C’est s'approcher de l’autre sans vouloir le capturer ni se perdre en lui, s’affronter sans se détruire, faire alliance sans s’aliéner. C’est s’unir sans s’abolir."

Les Amitiés célestes de Jacqueline Kelen


samedi 25 janvier 2014

Stage avec Jacqueline Kelen « L'Atelier des Fées » (22 et 23 mars)

Pourquoi les contes de fées plaisent-ils à tout âge? Pourquoi sont-ils inoubliables? A quel monde merveilleux donnent-ils accès?

Loin d'être réservés aux petits enfants ou de se réduire à des explications psychologiques, les contes transmis par Perrault, les frères Grimm et Andersen sont avant tout des récits initiatiques: ils rappellent la présence du monde surnaturel et éveillent la conscience aux réalités éternelles.

Ils parlent à mots couverts du sentiment d'exil, de la vie brève et de la mort inéluctable, de la puissance de l'amour, de la beauté menacée, de l'innocence mise à mal et des secours célestes.

Durant cette rencontre, nous déchiffrerons le sens caché de quatre contes célèbres : Le Vilain petit Canard, Barbe-Bleue, la Belle au bois dormant, Blanche-Neige. Nous partagerons nos points de vue sur ces récits et verrons comment ils résonnent en notre être profond...

samedi 11 janvier 2014

Mystère de la lumière...


J'aime les enlumineurs, les peintres, les maîtres verriers, tous ceux-là qui tentent de capturer l'impalpable lumière du ciel. Toute leur attention, tous leurs gestes sont orientés vers la qualité du jour, vers ce déclin ou cette aube, et même dans le sommeil la lumière les traverse... 
Jacqueline kelen


Photo du blog de Dominique

lundi 23 décembre 2013

Jacqueline Kelen pour préparer la venue de Jésus

Votre dernier livre s’intitule «Parlez- moi, je vous prie, du Royaume des Cieux». Les Eglises n’en parlent-elles pas assez? 
Jacqueline Kelen: Je m’intéresse à la démarche spirituelle, au Christ et au christianisme. Si je me suis éloignée de la pratique, c’est parce que je ne me sentais pas nourrie spirituellement en allant à l’église. Mon expérience rejoint malheureusement celle de nombreux chrétiens. C’est un signe de notre temps. Je ne me rends pas au temple pour entendre parler de problèmes sociaux, politiques ou économiques, même s’ils existent. Mais pour entendre une parole transcendante, éternelle. Ce message ravalé au niveau du quotidien me paraît trahir la dimension véritable du christianisme.
Le Royaume des Cieux, qu’est-il au juste? 
En chacun de nous, une dimension dépasse la simple existence terrestre. La grande question posée par la philosophie et par la religion chrétienne porte sur une vie supérieure à celle du corps, à l’activité cérébrale et à la vie émotionnelle. C’est la vie de l’esprit. Le Royaume des Cieux en est une belle image. Celle de réalités éternelles et divines, quand nous ne serons plus dans notre corps de chair. Cette image recouvre des questions essentielles. Qu’est-ce que la vie véritable? Que veut dire être chrétien? Que veut dire aimer Dieu?

Ne convient-il pas d’adapter le message de Jésus à notre époque? 
C’est dans l’air du temps. Or la parole de l’Evangile est parfaitement claire, et de tous les temps. Pas seulement parce que Jésus utilise des paraboles, mais parce qu’il s’adresse au coeur de chacun. C’est avoir l’esprit arrogant que de vouloir adapter une parole magnifiquement limpide qui s’adresse à tous. La question serait plutôt de s’élever jusqu’au Royaume des Cieux, de se souvenir que nous sommes créés à la ressemblance de Dieu.
Vous faites le constat d’une société où les hommes ont perdu le sens de l’éternel? 
C’est un constat affligeant. La plupart des contemporains ne se rendent pas compte qu’ils sont dépouillés de leur trésor véritable. A cause de la propagande laïciste, l’obligation d’athéisme et de matérialisme est effarante. La personne est réduite à son niveau existentiel: l’égocentrisme, les possessions, la notoriété, les ambitions et après il n’y a plus rien. Nous sommes rivés sur le matériel. Le combat spirituel est d’autant plus important de la part des fidèles. La démarche spirituelle ouvre à la liberté.
Est-il possible de retrouver le sentiment du divin, quand il est perdu? 
Oui, déjà en faisant silence. Toutes les sagesses indiquent ce chemin intérieur. Nous sommes happés par les passions ordinaires. La seule façon de retrouver son axe est de se recueillir, d’aller au plus profond de soi. Là, dans le château de l’âme dont parlait Thérèse d’Avila, une présence se manifeste. Ce n’est pas un hasard si notre société vit sous le signe de l’animation permanente, des bruits de fond. La découverte de la vie spirituelle, c’est le silence. Cela demande une discipline. Nous ne sommes plus possédés par des démons, mais par des gadgets électroniques.
Comment voulez-vous réveiller en nous l’aspiration au divin? 
Je n’ai pas de baguette magique, mais j’écris et je parle. Je me sens une grande combattante sur le plan spirituel. Au nom de la liberté de Dieu et de la liberté humaine. Je n’aime pas qu’on rabaisse l’être humain à ce point. Nous avons un héritage fabuleux, culturel et spirituel en Occident, et nous le négligeons pour des bêtises. Contre ces forces du mal qui cherchent à engloutir la lumière, chacun a à combattre, là où il se trouve. Il est capital de rappeler la dimension transcendante.
Quel sens donnez-vous à la fête de Noël? 
Pour moi, Noël est la fête du recueillement et de l’émerveillement, devant un nouveau-né qui rend toutes choses possibles et qui rappelle une magnifique espérance. A Noël, la simplicité devrait être mise en avant, au vu des circonstances précaires dans lesquelles Jésus est né. L’hospitalité aussi correspond à l’esprit de Noël. Je suis surprise de voir à quel point l’accueil se limite au cercle familial. Si vous n’avez pas de famille, vous n’existez pas à Noël.
Vous parlez de «la naissance de Dieu en nous». C’est aussi cela Noël? 
Mais oui. C’est une grande tradition dans la spiritualité chrétienne qui remonte à Origène, et reprise par maître Eckhard. La naissance de Dieu en l’homme. J’aime le mystique Angelus Silesius qui dit: «Christ serait-il mille fois né à Bethléem et non en toi, tu restes perdu à tout jamais.» La crèche, le berceau, ce n’est pas simplement à l’extérieur que nous les voyons. La naissance spirituelle de Dieu dans l’âme est quelque chose d’important. Cette lumière intérieure n’est jamais éteinte.
Vous parlerez de la prière dans votre conférence. Est-elle une voie directe pour se rapprocher de Dieu?
J’en parlerai à la lumière des mystiques que je connais. Pour moi, la prière est une déclaration d’amour. Je souhaite mettre l’accent sur cette dimension de ferveur, d’élan, de gratuité aussi: «Je cours au-devant de quelqu’un que j’aime.» Je veux rappeler l’élan gratuit, ardent, amoureux d’une authentique prière. Se mettre en état de prière, c’est se mettre devant la Présence divine. Cette attitude peut se passer de mots. Il peut y avoir une oraison silencieuse. Retrouver en soi, tout au fond de son être, cette présence qui n’a jamais trahi, qui n’est jamais partie. Les mystiques ont laissé des traces magnifiques de cette démarche de pure gratuité. Ils ne prient pas alors pour demander quelque chose, ils prient parce qu’ils s’élancent avec ferveur vers Dieu.
Vous dénoncez la contamination de la religion par la psychologie et le New Age. Des pasteurs et prêtres qui jouent le rôle de thérapeutes, de conseillers conjugaux ou de travailleurs sociaux, cela ne vous va pas?
Le prêtre comme le pasteur a une haute mission. C’est vraiment extraordinaire. C’est à la fois humble et magnifique de répandre la Bonne Nouvelle et de parler au nom de Jésus. S’ils préfèrent être assistant social ou psychologue, ils ne font pas grand cas de la mission sacrée qui leur incombe, qui touche à la dimension spirituelle de l’homme. Le problème tient aussi à ce que les fidèles eux-mêmes s’adressent à leur pasteur pour leur parler de leurs problèmes de tous les jours.
La dimension spirituelle de l’homme ne prend-elle pas de nouvelles formes comme le développement personnel?
Je ne méprise pas la psychothérapie ni le développement personnel, mais ce n’est pas de l’ordre du spirituel. Cela s’applique au physique ou au psychique. Or l’esprit n’est ni le corps, ni le psychique. Il est cette dimension en chacun, indestructible et immensément libre, qui est liée au divin. L’esprit dans l’être humain, c’est la présence de Dieu au fond de l’homme. Le développement personnel, faire fructifier ses qualités, etc., ce n’est pas se relier au divin. Il y a une différence tout à fait nette entre les deux. Les contemporains veulent aller mieux, guérir de tout, ils ne veulent pas s’intéresser à quelque chose qui dépasse l’ego.
Les gens ne s’intéressent peut-être plus au Royaume des cieux…
Lorsque vous demandez pourquoi les programmes de la télévision sont devenus si vulgaires, on vous dit que c’est parce que les gens attendent cela. Or si on leur propose au contraire des programmes de qualité, ils vont s’y intéresser. Le prêtre ou le pasteur, qui a une mission spirituelle à accomplir, va parler aux fidèles de leurs problèmes à eux, pour se mettre à leur portée. Ce n’est pas le lieu. Il doit au contraire leur faire se souvenir de leur liberté, de leur grandeur possible, les rattacher au plus haut, à cette éternité. Jésus, durant son passage sur terre, ne cessait de parler du Royaume des Cieux, de la voie âpre que nous devons gravir.
source : Bonne Nouvelle

  • Jacqueline Kelen
  • UN LIVRE Jacqueline Kelen, « Parlez-moi, je vous prie, du Royaume des Cieux », Ed. François Bourin
  • UNE CONFÉRENCE jeudi 16 janvier, 19 h, église Saint-François, Lausanne, Jacqueline Kelen parlera sur le thème « Courir, courir vers le Seigneur ». La prière comme élan du coeur. Dans le cadre d’«Offices 2014», un itinéraire culturel et spirituel, www.passionregard.ch

dimanche 8 septembre 2013

François et Claire d'Assise par Jacqueline Kelen

Il est son frère en pauvreté. Elle est sa « petite plante ». Il chante la Création, elle atteste que la vie est un don de Dieu. Pendant quinze ans, un lien de respect et de tendresse les unit...

Ils étaient obligés de se rencontrer, non seulement parce que tous deux vivaient à Assise, qui ne comptait à l'époque guère plus de 250 habitations, mais parce qu'ils aspiraient l'un comme l'autre à cette joie d'en haut qui fait chanter le monde. En dépit des années qui les séparent, ils ont en commun la détermination, la ferveur et un amour de Dieu qui leur commande de tout quitter, de choisir la totale pauvreté afin de se livrer à l'essentiel.

Petite fille, peut-être a-t-elle vu passer dans la belle cité un jeune homme aimant les fêtes ou entendu conter ses exploits chevaleresques. Plus tard, lorsqu'il s'est converti, certainement l'a-t-elle écouté prêcher. Quand, en 1210, il s'est établi sur ce lopin de terre nommé la Portioncule, elle a reçu un appel irrésistible à rejoindre les Frères mineurs, dont le pape Innocent III venait d'approuver la règle. L'évêque Guido a dû jouer les intermédiaires, et Rufin, le cousin de Claire, qui venait de rejoindre la communauté, a donné l'exemple.

Mais plus que tout, c'est son cœur qui a parlé. Le cœur d'une jeune aristocrate qui refusait de se marier en dépit de son allure gracieuse. Quant à François, une intuition lui était venue alors qu'il réparait, en 1206, le sanctuaire de Saint-Damien : ce lieu allait accueillir des femmes qui suivraient la même voie de dépouillement que lui, celles qu'il appellera les « Pauvres Dames » et que l'on nomme aujourd'hui clarisses.

De 1210 à 1212, François et Claire ont dû s'entretenir souvent, avant que celle-ci ne s'engage définitivement sur le rude chemin de la pauvreté et de la réclusion. La décision est prise la nuit qui suit le dimanche des Rameaux de l'an 1212, Claire s'enfuit de la maison paternelle avec une petite escorte. Franchissant les murailles d'Assise, le groupe descend vers la Portioncule, où François et ses frères attendent. La profession des vœux religieux a lieu dans l'église : Claire est pieds nus, revêtue de hardes, une corde pour ceinture, et François coupe ses beaux cheveux. Dès le lendemain, les parents alarmés viennent rechercher leur fille, mais ils reçoivent de sa part un refus énergique. Quelques jours après, Catherine, la sœur cadette, rejoint Claire. Les jeunes filles, d'abord hébergées chez les Bénédictins, s'établissent à Saint-Damien. Elles suscitent rapidement des vocations dans les alentours.

À la communauté dont Claire devient abbesse à 21 ans, les Frères mineurs fourniront un appui tant matériel que spirituel, remplissant l'office de chapelains et allant quêter sur les chemins pour assurer une maigre subsistance. À Saint-Damien, la règle est très austère : vie cloîtrée, jeûne, silence et prière ; mais ce qui surpasse tout est la louange. Ainsi, Claire recommande aux sœurs qui peuvent sortir de louer le Très-Haut « quand elles voient de beaux arbres fleuris et feuillus », et de faire de même « à la vue des hommes et des autres créatures ». Une incessante action de grâce illumine son existence comme celle du Poverello.

Pendant quinze ans, ils entretiennent un lien de respect et de tendresse, où les âmes s'approchent avec délicatesse. Il est son père spirituel, son frère en pauvreté, son guide exigeant et bienveillant. Elle est sa « petite plante », mais une plante résistante, droite et vive. Il chante la Création, elle atteste que la vie est un don de Dieu. Abbesse, elle se plaint de la rareté de ses visites ; lui, maigre, malade, sans plus de ressemblance avec le fougueux jeune homme qu'il fut, confie que le visage de Claire est l'un des deux seuls visages féminins qu'il ait contemplés en ce monde...

Claire ne vit pas à l'ombre de François, mais tous deux respirent dans la lumière de Dieu, comme en témoigne un épisode des Fioretti. Répondant enfin à la demande de Claire, François lui accorde de partager un repas avec elle à la Portioncule, où elle n'est pas revenue depuis sa prise d'habit. Avant le repas, François se met à parler de Dieu de façon si merveilleuse que les convives entrent en ravissement et une lumière si forte rayonne au-dessus du monastère que les gens d'alentour accourent avec des seaux d'eau, croyant à un incendie... Lorsqu'en 1224 le Poverello revient du mont Alverne où il a reçu les stigmates, on lui construit une hutte à proximité de Saint-Damien où Claire vient le soigner et veiller sur lui. François compose alors le Cantique du soleil. L'ultime consolation de Claire sera, en 1226, de se recueillir sur la dépouille de son vénéré Père : le cortège funèbre fera un détour pour s'arrêter à Saint-Damien.

L'abbesse vivra encore vingt-sept ans. Elle se montre endurante et ferme autant que douce et humble. Dès 1216 elle avait obtenu du pape le « privilège de la pauvreté », qui sera confirmé en 1228. En 1252, elle rédige la première règle monastique composée par une femme. Puis, en août 1253, la vaillante « petite plante » rejoint son ami François au jardin du Bon Dieu.

Jacqueline Kelen


Petite vie de Claire et François d'Assise 
1182 Naissance de François à Assise. 
1193 Naissance de Claire à Assise. 
1207 Conversion de François qui commence à prêcher sur les routes.
1210 Rencontre de Claire et François. 
1212 Claire débute sa vie religieuse. 
1226 Mort de François.
1253 Approbation de la Règle de Claire par le pape Innocent IV. Mort de Claire.

mercredi 19 juin 2013

Les amitiés célestes avec Jacqueline Kelen

"Toute amitié est le fruit de la grâce"

Spécialiste des mythes de la tradition occidentale, Jacqueline Kelen a publié Les amitiés célestes. Un récit sur le lien profond unissant quelques grandes figures du christianisme.

Comment définissez-vous l’'amitié ?
L'amitié est une vertu. Dans l’'Antiquité grecque, puis avec le christianisme, elle revêt une forme de transcendance, de verticalité. Elle invite à l’élévation morale qui permet de cheminer vers le bien. Aujourd’hui, nous en faisons un lien sentimental : rendre service, partager des joies, être bien ensemble.

Peut-on parler d'amitié inattendue ?
Toute amitié me paraît inattendue. Elle est le fruit du hasard, du destin, de la grâce. On la nourrit ou on la laisse dépérir. Elle n’est pas volontaire. Quelqu’un peut avoir des qualités humaines et ne jamais rencontrer un ami. Il s’agit d'’un lien d’élection unique entre deux personnes.

Dans votre ouvrage, vous étudiez les amitiés spirituelles. Certaines sont loin d’être prévisibles…...
L’amitié spirituelle peut être immédiate, un coup de cœoeur, comme celle qui existe entre Guillaume de Saint-Thierry et Bernard de Clairvaux, au XIIe siècle. En revanche, tout oppose Ignace de Loyola et François-Xavier. Ils fréquentent le même collège à Paris, dans les années 1527, mais Ignace est introverti, boiteux, moche, alors que François-Xavier, chevalier sportif, champion de saut en hauteur, aime les cabarets. Il faudra plusieurs années pour sceller leur entente.

Au XIXe siècle, en Allemagne, lorsque Clemens Brentano, brillant mondain collectionnant les conquêtes féminines, rencontre Anne-Catherine Emmerich, une paysanne inculte, lamitié n’est pas immédiate. Il vit un chemin de perfectionnement à l’écoute de cette femme très simple et se met au service de la vision de la mystique, avec sa plume et son talent. Il permet ainsi aux révélations divines d’Anne-Catherine d’'arriver jusqu’à nous.

Le très catholique Paul Claudel et le romancier Romain Rolland, attiré par la spiritualité de lInde, s’affrontent dans une relation forte et difficile, proche d’un combat, et pourtant il sagit bien d'’une amitié spirituelle qui s’enrichit des clartés autant que des questions essentielles échangées par les deux amis.

■ Jacqueline Kelen, érivain et essayiste, auteur d’une trentaine d’'ouvrages. Notamment Aimer d'’amitié. Comment lamitié enseigne à aimer, Éd. Robert Laffont, 2005 ; La puissance du cœoeur, Éd. La table ronde, 2009 ; Les Amitiés célestes, Éd. Albin Michel, 2010,

 source : Pélerin

mercredi 9 mai 2012

A la rencontre de Jacqueline Kelen (2)

"Si l’amour vient du cœur, s’il est mieux qu’un sentiment, un engouement et un désir physique, il dure par-delà le conflit, la séparation, le trépas. Aimer est une grâce et une gravité."