dimanche 25 octobre 2026

Chacun peut danser sa vie

 « Chacun peut danser sa vie, offrir ses ténèbres à la Lumière »

« Je danserai tant que je dure. » Cette phrase est devenue une devise, je m’en suis emparée, me l’appropriant corps et âme. Si la vie ne m’a plus permis de me produire sur scène, je suis convaincue qu’il existe bien d’autres manières de danser sa vie et d’harmoniser les accords de l’existence. Selon moi, la danse, comme tout art dans ce qu’il a de plus sacré, est une prière à Dieu.

Le travail du corps sanctifie dans le cœur le nom de Dieu et permet à ce Nom de grandir, d’éclore avec notre participation consciente. La danse, comme la prière, est un élan d’amour. Le danseur est dans son cœur par cet élan, comme un miroir, devant Dieu qui est la Lumière. Il doit se donner sans cesse pour capter l’éclat divin. Il reflète la lumière du cœur et, par ses mouvements, donne corps à l’invisible.

Chacun peut danser sa vie, offrir ses ténèbres à la Lumière. Nous pouvons ainsi rendre gloire à Dieu dans chacun de nos gestes en un chant qui s’offre. La danse, comme pratique ascétique, permet de conquérir la liberté de l’esprit. Cette liberté est un trésor : celui qui conquiert son corps conquiert l’univers. Il est bon de réorienter des énergies chaotiques en soi-même.

L’irascibilité par exemple est destructrice quand elle conduit à la violence qui divise les êtres humains. Mais réorientée par la discipline de la danse, elle devient levier qui permet de dompter le corps dans une tension et un abandon qui tente d’harmoniser l’effort et la détente. L’aisance si belle d’un bon danseur est contenue dans cette harmonie parfaite de l’effort et de la détente. Tout ceci s’obtient par une discipline joyeuse. Sans la joie du don, on ne peut durer très longtemps dans l’effort.

Mireille Nègre

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