mercredi 17 septembre 2014

A l'écoute avec Guy Gilbert

Écoutez les jeunes à pleins tubes, même s'ils emploient parfois des mots malhabiles.

Il s'agit d'entendre leurs questions, même si vous ne savez pas répondre à tout. Nous devons leur dire que leur réussite s'accomplira lorsqu'ils feront ré
ussir les autres : "Ta vie compte, mais, sans les autres, elle est bancale." Certains ont tout. D'autres moins.

Nous, les adultes, avons le devoir impérieux de les interpeller, de les mettre sur la route, de leur Indiquer des points de repère. Ils ont besoin d'entendre de notre part des paroles fortes, sans concession, les appelant au plus haut. Alors, cette fameuse "ére du vide" peut devenir l'ère, créatrice, du don aux autres.
C'est là la seule façon d'en faire demain des adultes debout et libres. 

Guy Gilbert 
Extrait de "Nos fragilités : comment les accepter et les surmonter"
(Philippe Rey, 2013)

Son association (Bergerie de Faucon)




mardi 16 septembre 2014

Témoignages éternels...

Je souhaite vous dire que le potentiel de l'existence est extraordinaire. 
Que cette vie est un partage d'expériences et que chaque geste, chaque parole
 fait partie d'un collier de pierres précieuses innombrables. 
Je vous remercie de votre présence même silencieuse. 
Sentons le message imperceptible d'un bruissement de feuilles 
pour ensuite apprécier de tourner la page...




lundi 15 septembre 2014

Papiers découpés avec Eric Standley



"Les gens sont comme des vitraux. Ils brillent tant qu'il fait soleil,  mais, quand vient l'obscurité, leur beauté n'apparaît que s'ils sont illuminés de l'intérieur".
Elisabeth KUBLER-ROSS

Vitrail
Quand la lumière dort
Que fais-tu vitrail?
J'étoile les ailes ouvertes
Des papillons
J'égrène les étincelles
Des paupières
Je berce la main qui soude
Les songes de demain
J'apaise la peine des yeux
Avant qu'ils cisèlent
Que fais-tu verrier
Quand la lumière dort?
J'attends le silence de l'aube
La bordure du matin
Je veille la braise
Qui fond le plomb comme l'eau
Je signe tremblant mon nom
A l'encre de soie
Je sens le soleil qui traverse
La couleur du coeur.
Gilles BOURDEAU


Diplômé du "Massachusetts College" of Art et du "Savannah College of Art and Design", l'artiste Eric Standley impressionne par ses compositions décoratives atypiques. 


L'Américain livre des créations en papier d'une extrême précision inspirées de l'ornement architectural gothique et islamique. Un travail qui mêle couleurs, reliefs et répétitions de formes géométriques sous l'égide d'une maitrise parfaite de l'art de la découpe. 


À travers ce projet Éric Standley effectue un parallèle entre la taille de la pierre, massive et solide et celle du papier, plus intime et fragile.

dimanche 14 septembre 2014

Au pas de l'esprit avec Philippe Mac Leod

L’Esprit te guide ou te rappelle à l’ordre par petites frappes, délicates le plus souvent, discrètes mais insistantes, comme de légères pressions, d’amicales bourrades ou de brèves poussées du bout du doigt. Un cœur attentif t’apprendra à les distinguer de tes humeurs, à reconnaître ce mélange inimitable de douceur et de fermeté.

L’Esprit d’amour ignore le général. Certes, il vise le tout, mais en passant par le singulier, sans négliger la moindre parcelle, qui a sa place dans l’universel qu’il façonne. Aussi est-il le membre en même temps que le corps. Si tu veux marcher à son pas, il te faudra suivre cette ligne de crête à la jointure du paradoxe, garder constamment ce difficile équilibre que tu réapprendras dans le recul clairvoyant de la prière.

Mais je t’en supplie, de grâce, fuis toute manifestation bruyante, l’exaltation, l’exubérance, la démonstration, trop grossières, trop affectées pour celui qui mesure tout à l’aune de la présence. L’Esprit t’attend dans les méandres de la maturation, la lente transformation du cœur qui renouvellera ta chair. Il travaille en sous-main. Il progresse de l’intérieur, parce qu’il entraîne avec lui toute la pâte, tout ce qu’il traverse, tout ce qu’il touche de son souffle continu. La prière est son milieu, sa matrice. Il insuffle, il aimante, il oriente, d’une main experte et pacifiante. Son œuvre peut paraître d’une faiblesse presque dérisoire à l’échelle de notre impatience, d’une puissance inouïe en regard de son déploiement dans la durée.

En t’abandonnant à son action, tu entres dans une autre perception du temps, non plus seulement du temps pour Dieu, mais le temps de Dieu, un temps qui lui appartienne en vérité, qui ne soit plus le nôtre, notre petite affaire, un temps habité et non plus employé... Comment dire ? Par quel paradoxe encore te permettre d'entrevoir ce qui ne parait pas ? C’est comme une emprise dans le dessaisissement, un rassemblement dans le délaissement. Tout devient plus ferme en même temps que plus vaste, l'universel à hauteur de chaque instant... L’impression de participer à l'acte créateur, toujours à l’œuvre.

Tu lui appartiendras au point de ne plus pouvoir te dissocier. Tout ce que tu réaliseras s’accomplira à partir de ce lien toujours plus sensible et plus intime. Bien sûr, il te faudra entretenir l’ouverture, élargir sans cesse le passage, défendre en toi la libre circulation de l’Esprit. Tu travailleras aussi en profondeur. En acceptant de te retirer au secret de ton cœur, en laissant s’éteindre un moment les pensées, les représentations, les sentiments superficiels qui occupent d’ordinaire toute notre attention, tu éveilles pour ainsi dire l’intérieur du monde, tu pénètres dans la vie qui sous-tend la profusion des formes, la vie qui bouillonne à l’intérieur de la vie, l’être à sa source la plus pure, tel qu’il jaillit des mains de Dieu...

La prière intérieure nous établit sur l’abîme étourdissant de l’insaisissable, de l’invisible qui font toute notre substance - et notre plus solide appui. Les silences que tu lui accorderas te dévoileront l’étendue de l’âme qui brûle en toi, sa « gloire », son pesant, sa place unique à l’horizon du monde. Adorer nous replace dans de justes dimensions. Seul l’amour peut voir loin, parce qu il vient de plus loin que nous.

source : La Vie


samedi 13 septembre 2014

Cultiver la joie de vivre avec Gisèle Casadesus


Gisèle Casadesus,comédienne française a eu 100 ans le 14 juin 2014


1 - LEVEZ-VOUS ET COUCHEZ-VOUS DU BON PIED !

Mon père, qui était d’une nature optimiste, m’a toujours dit que la première chose à faire le matin était d’envisager sa journée avec sérénité et relativisme, quel que soit l’état du moment. En vous levant, dites-vous qu’il y a toujours des solutions et pensez votre programme comme s’il était baigné de lumière. Aussi, j'ai toujours appliqué ce principe de ne jamais me coucher en étant fâchée avec des proches. Autant que possible, faites la paix avant de vous endormir : vous vous sentirez libéré et vous vous réveillerez serein pour débuter la journée.

2 - REGARDEZ CE QU'IL Y A DE BON AUTOUR DE VOUS

Regardez ce qui est bon autour de vous et focalisez-vous sur ce qu’il y a de meilleur dans une situation ou chez une personne. Cet exercice de bienveillance procure de la joie, mais nécessite un effort de volonté. Autres bons exercices : vous souvenir du positif dans votre vie, ne pas véhiculer auprès d’autres personnes tel ou tel différend que vous avez pu avoir avec quelqu’un. En amont, tentez au maximum d’éviter les conflits qui usent de l’énergie pour rien.

3 - METTEZ DE L'AMOUR DANS CE QUE VOUS ENTREPRENEZ

Nous n’avons pas tous la chance de vivre de notre passion. Par contre, nous sommes égaux devant notre propension à mettre de l’amour dans ce que nous entreprenons et dans les relations que nous entretenons. Dès que vous en avez l’occasion, manifestez votre tendresse à vos proches. Provoquez aussi les rencontres : elles élargissent le cœur et l’ouverture d’esprit ; cette dernière qualité étant fondamentale à l’esprit d’émerveillement.


MORT

Ce qui m effraie face à la fin, ce sont surtout les souffrances qui peuvent l’accompagner. Mais si j'appréhende cela, je me dis aussi qu’au moment des épreuves, on reçoit une force spéciale, insoupçonnée, pour les traverser.
Que de fois nous constatons le courage inédit et inattendu qu’ont certaines personnes frappées par le malheur ! Dieu a des ressources qu’il met à notre disposition, parfois sans que nous nous en rendions compte. « Dieu nous donne les moyens de surmonter, de supporter les difficultés. » Je m’accroche à cette vérité biblique.

LA VIE

Dans l’Ancien Testament, il est dit qu’Abraham, à la fin de sa vie, était rassasié de jours. J’imagine que cela veut dire qu’il était comblé, satisfait, qu’il avait tout vécu... Je suis également rassasiée de tout ce que j’ai vu et reçu, mais je garde un appétit farouche de jours, de semaines et même d’années. J’aime être ici. L’immortalité, ce n’est pas pour tout de suite. « Dieu nous prêtre vie », disait ma mère.
Un prêt n’est pas un don ; il faut donc un jour rendre ce qui a été prêté. La vie étant belle, c’est vraiment triste de ne pas pouvoir la garder. Heureusement, l’espérance chrétienne envisage autre chose qui s’annonce merveilleux.
J’espère être surprise en bien. L’avantage de vivre longtemps, c’est de pouvoir continuer à remercier le ciel parce que j’ai pu diriger ma vie selon ma volonté, et que mon existence a été dirigée d’une main de maître, de la main du Maître.

source : La Vie


jeudi 11 septembre 2014

La méditation de pleine attention ! avec Jacques Castermane

Ce qui caractérise la Voie tracée par Dürckheim à son retour du Japon est d’avoir associé le corps (Leib) à ce qu’on appelle une démarche spirituelle. Et cela malgré l’obstination de la tradition philosophique occidentale qui veut que la réponse à la question de l’existence doive être trouvée par la pensée. 


« Je vis parce que je suis un être vivant ! Je pense parce que je suis un être pensant ! ». (Heidegger) 

Laquelle de ces deux affirmations est la substance de l’autre ? « Je suis corps vivant ! »... précède ... « Moi, je crois que je suis ce que je pense que je suis ! ». 

 Dürckheim, docteur en philosophie (phénoménologie) atteste, comme les maîtres zen, que c’est par une conclusion prématurée que la conscience humaine a été tenue pour le degré supérieur de l’évolution ; c’est bien plutôt le corps vivant (Leib). 

La « méditation de pleine attention » confère au corps vivant (Leib) les pleins pouvoirs. Ce qui se résume dans l’indication : « Être là, assis, sans rien faire ». La portée thérapeutique de cet exercice bien qu’inattendue est évidente : « C’est le corps vivant qui est le domaine du calme, le domaine de la pleine confiance, le domaine de la paix intérieure ». 
Il ne s’agit pas d’un dogme. A chacun de vérifier, par la pratique de la méditation de pleine attention, que les souffrances qui ont pour cause les faux problèmes fabriqués par l’égo - indissociable du mental - s’évanouissent lorsque l’homme s’éveille à sa propre essence : « Corps je suis ».

Jacques Castermane

mercredi 10 septembre 2014

Le bambou a son conte...


Il était une fois un roi fameux qui avait un beau jardin. Le soir, dans la fraîcheur, il aimait s'y promener et admirer les plantes. Et quoiqu'elles fussent plus belles les unes que les autres, il avait sa préférée : un bouquet de bambous au bord d'une pièce d'eau claire. Du bambou le roi aimait la sveltesse, les lignes pures et simples. Assis à son ombre, il passait des heures à écouter le bruissement des feuilles, le murmure des branches se balançant ensemble. Le bambou, de son côté, au fur et à mesure de sa croissance, se réjouissait du plaisir de son maître. Or un jour, celui-ci observa le bambou plus longuement que d'habitude , puis lui dit :
- Bambou, je veux me servir de toi.

Le bambou frémit de joie : il avait toujours su dans son coeur que son destin ne se bornerait pas à faire les délices du maître.
- Maître, affirma-t-il, utilise-moi comme tu voudras, j’en serai très honoré.

Le maître reprit :
- Bambou, il faudra que je te coupe.

Le bambou pâlit, horrifié. Toutes ces années de croissance dans le beau jardin n'auraient donc servi à rien ?

- Si je ne te coupe pas, poursuivit le maître, tu ne peux pas m'être utile...

Le jardin fit silence et s'immobilisa ; le bruissement des branches du bambou cessa ; les oiseaux arrêtèrent leur gazouillis. Un long moment passa, puis le bambou déclara d'une faible voix :
- Si, pour t'être utile, il faut que je sois coupé, maître, alors coupe-moi.
- Il me faudra aussi ôter tes branches et tes feuilles.

Le bambou se sent accablé : lui qui avait mis toute sa fierté dans ses branches et ses feuilles! Lentement, avec une grande tristesse, il dit :
- Maître, si tu ne peux m'utiliser qu'en enlevant mes feuilles, prends-les.
- Ce n'est pas tout, ajoute le maître, il me faudra aussi arracher ton cœur...

A présent les ténèbres sont tombées sur le jardin, mais elles ne sont rien comparées aux ténèbres que ressent le bambou. Il faudra donc tout perdre ! Longtemps, il hésite, puis :
- Maître, s'il me faut tout perdre pour t'être utile, prends tout...

Le maître coupe le bambou, le dépouille de ses feuilles et de ses branches, creuse son coeur .
Il sort le bambou du jardin luxuriant, le porte dans les champs arides qui s'étendent sans vie, sous le soleil brûlant. Il le branche à une source d'eau limpide : celle-ci se met à couler à travers le bambou et peut désormais arroser les champs assoiffés.

Les champs se recouvrent d'eau, on plante du riz, des pousses vertes grandissent. C'est encore plus beau que dans le jardin du maître ! Puis c'est la moisson. Des hommes, des enfants chantent de joie ; le bambou et l'eau de la source chantent avec eux.

Histoire vietnamienne.




lundi 8 septembre 2014

dimanche 7 septembre 2014

Trompez-vous avec Joshin Luce Bachoux


Quand cette jeune femme est arrivée, nous lui avons fait visiter la maison et expliqué les horaires des activités. Ce matin, buvant un thé ensemble, nous essayons de la mettre à l’aise, mais elle reste assise au bord de la chaise, les épaules crispées, un petit sourire malheureux sur les lèvres. Nous tentons de savoir s’il y a un problème, mais elle secoue la tête à toutes nos questions. Puis, dans un murmure, elle dit : « Ça me fait peur, parce que je sais que je vais me tromper ! » Gentiment, nous lui répondons que, certainement, elle va se tromper, puisque c’est la première fois qu’elle vient ; que cela n’a pas d’importance, que nous sommes là pour l’aider.

La voyant peu convaincue, nous lui expliquons que nous aussi, nous avons été débutantes, que nous avons fait plein d’erreurs, et que d’ailleurs nous continuons à en faire ! En riant, nous racontons qui un déjeuner brûlé, qui une lettre importante oubliée... Mais elle ne rit pas. Elle garde les yeux baissés, les mains serrées l’une contre l’autre. Nous sommes un peu à court d’arguments... Il semble que cette peur de se tromper, cette frayeur de « mal faire » soient si profondes que rien de ce que nous pourrions dire ne saurait les atténuer.

Elle n’est pas la première de ces personnes persuadées - depuis quand ? par qui ? - que les fautes sont impardonnables et qu’avant même d’avoir appris, elles devraient savoir ; sûres qu’une erreur est une sorte de tache morale, révélant leur incapacité profonde, leur inadaptation à être la « bonne » personne que tout le monde attend. Et sait-elle qu’elle est bien courageuse, pourtant, avec une telle appréhension, d’être venue, d’avoir risqué l’inconnu, d’être assise là devant nous ?
Alors, j’ai envie de dire à cette jeune femme : « Oui ! Trompez-vous ! Allez-y ! N’ayez pas peur, vous ne serez pas jugée, vous ne serez pas condamnée... Vous serez juste comme nous, comme tout le monde, passant d’initiatives brillantes à erreurs magistrales ! »

C’est une peur qui vient de loin : alors pourquoi pas à l’école des « cours d’erreurs » ! Des cours où les erreurs seraient appréciées pour ce qu’elles sont le plus souvent, des tentatives, des créations, des essais originaux ! Qu’on laisse les enfants se tromper en toute liberté ! Et même avant l’école : ce petit qui tente ses premiers pas, et pouf ! se retrouve assis sur le derrière : voyez-le regarder autour de lui, l’air incertain : s’il trouve des mines sévères, des sourcils froncés, il va se mettre à pleurer - mais s’il voit des sourires, il y a de fortes chances pour qu’il éclate de rire, rire joyeux, sans souci, de l’enfant complètement en accord avec le monde.

Trompez-vous ! Et éclatez de rire quand vous vous en apercevez... Oh, je vois bien les gens sérieux qui se disent, que raconte-t-elle, ne sait-elle pas qu’il y a des conséquences désastreuses à certaines erreurs ? Bien sûr, nous ne pouvons pas nous tromper dans nos domaines de responsabilités, dans notre travail, des commandes à faire ou le courrier à envoyer, ni dans la préparation d’un biberon. Non ! Je parle de choses nouvelles, que ce soit un logiciel informatique ou une recette de cuisine. Je parle d’essayer : de dessiner, de coudre, d’apprendre le persan, de compter les étoiles, de prendre un chemin de traverse... C’est mettre en actes notre liberté joyeuse : découvrir, avancer, changer...

Et rire, quand on s’emmêle dans les mots, ou quand on a monté une manche à la place du col !

Alors, allez-y : lancez-vous dans l’inconnu et trompez-vous avec enthousiasme ! toujours en croissance, comme la vérité de l’arbre dans la vérité de l’infime semence, comme le balbutiement de nos pauvres mots entraînés par la plénitude où nous mène l’Esprit. Elle est comme un feu qui prend, d’une étincelle dérisoire qui se multiplie, d’un même souffle qui monte, irrésistiblement, de l’aurore au zénith, un seul jour, une même clarté se déployant. 

source : La vie

samedi 6 septembre 2014