vendredi 6 mai 2016

Vous méditez ? Alors, évitez de pratiquer ...par cœur ! avec Jacques Castermane


Le mot méditation doit être entendu comme étant une rupture avec notre manière d’être habituelle, notre manière de faire habituelle et notre manière de voir habituelle. Que vous veniez au Centre Durckheim pour la première ou la centième fois, vous serez invité à apprendre zazen (la méditation de pleine attention). Bien entendu, la personne qui revient au Centre régulièrement pense qu’elle va être invitée à bien pratiquer ce qu’elle a appris ; d’où son étonnement lorsque j’insiste sur la nécessité, pour elle aussi, d’apprendre zazen.

Apprendre ! J’avoue que pendant un bon nombre d’années j’ai utilisé l’expression : « Je pratique la méditation chaque matin ». Jusqu’au jour où je me suis rendu compte que cette manière de voir alimente un danger : celui de pratiquer ... par cœur. 
Aujourd’hui j’aborde l’exercice en m’appuyant sur un point de vue différent : « J’apprends la méditation chaque matin » ! Formulation beaucoup mieux appropriée et que devraient adopter celles et ceux qui pratiquent l’Aïkido, le tir à l’arc (Kyudo), la cérémonie du thé (Chado) ou cet autre exercice pratiqué au Centre : la marche lente. La pratique -par cœur- d’une technique n’empêche pas de se laisser aller à la mégalomanie des pensées autonomes élaborées par le mental.

Apprendre la méditation ? Ou, plus exactement : « Apprendre ce qu’est méditer » ? C’est apprendre à s’asseoir dans la tenue juste et la forme corporelle juste (juste parce que naturelle) ; c’est apprendre ce qu’est la parfaite immobilité (laquelle témoigne de la non intervention de l’ego); c’est apprendre ce qu’est la pleine attention (en évitant l’erreur fatale qui consiste à vouloir fixer l’attention) ; c’est apprendre ce qu’est respirer !
Résumons : Méditer, c’est apprendre... ce qui ne s’apprend pas !

Ce qui ne s’apprend pas ?
Oui, parce que personne n’est capable, par exemple, de faire sa respiration. L’acte de respirer est une action, un geste intérieur, que nous ne pouvons qu’admettre. Il en est ainsi, en ce moment, pour plus de sept milliards d’êtres humains. Respirer ne s’apprend pas ! Ce qu’il me faut apprendre c’est comment cette intention de l’être aimerait s’organiser et se réaliser à travers moi. Il semble, en effet, qu’un mystérieux maître d’œuvre marque cette action infaisable de sa présence. Un maître d’œuvre, « Un sage inconnu : ton corps (Leib) qui est ta grande raison », écrit Nietzsche.

Lorsqu’on pratique un exercice comme l’Aïkido, le tir à l’arc, zazen (la méditation de pleine attention) ou la marche méditative, il est donc important de distinguer deux niveaux d’actions : le niveau des actions qu’il m’est possible de faire et le niveau des actions infaisables. La dimension spirituelle de la méditation commence là où vous vous sentez en contact avec l’infaisable, ensemble des forces agissantes que le zen considère comme étant « la vraie nature de l’homme ».

Apprendre ce qui ne s’apprend pas est la voie directe pour faire l’expérience de notre vraie nature, mode de participation de l’homme à l’universel.

Jacques Castermane

jeudi 5 mai 2016

mercredi 4 mai 2016

Be happy, Arnaud... et Denise

Arnaud de Saint Simon
édito de Psychologies magazine de mai 2016


Après Arnaud, son ex-mari, Denise Desjardins, une autre grande figure de la spiritualité, vient de nous quitter. 
 Autant Arnaud était un « maître » qui a beaucoup écrit et a fédéré toute une communauté de pratiquants autour de son magnifique lieu, Hauteville, autant Denise était une figure singulière, presque solitaire, elle aussi pleinement engagée dans la transformation qui libère. 

J’ai eu la chance de la côtoyer (un peu), de l’apprécier (beaucoup), de même que les enseignants d’Hauteville, un endroit unique qui propose une expérience occidentalisée de la relation maître-disciple, encore méconnue aujourd’hui. 
Alors que la thérapie fait désormais presque partie de nos vies, cette voie alternative est riche : mieux se connaître, s’accepter et dépasser son ego, vivre dans l’instant présent, s’ouvrir à une dimension spirituelle et partager cette expérience avec les autres. 

L’accompagnement humain est central - nul ne peut se connaître, se libérer de ses souffrances ou de ses illusions seul. Le maître, ou l’enseignant, chemine, tel un grand frère, avec le disciple, transmettant son expérience dans une relation sans réserve, à travers des lectures, causeries, échanges de lettres, etc. Se pose bien entendu le problème de la bonne distance et de la « gouroutisation ». Arnaud Desjardins, qui a beaucoup écrit sur cet « ami spirituel », nous déclarait : « Le guru, en hindi, c’est à la fois “celui qui a de l’expérience” et “celui qui disperse les ténèbres” [...].
Il existe dans toutes les civilisations sous des noms différents : c’est le cheik en arabe, le pir en persan, le maître spirituel à qui l’on s’adresse dans toutes les traditions pour recevoir une éducation émotionnelle et spirituelle. » 
Le philosophe Alexandre Jollien raconte volontiers son expérience auprès du père Bernard, jésuite canadien et maître zen « devenu le médecin de [s]on âme4 », qu’il est parti rejoindre en Corée. Le disciple peut être fasciné par le maître, ce sera alors l’occasion de s’interroger, et de grandir en se rappelant la célèbre phrase du bouddhisme zen : « Si tu vois Bouddha, tue-le. » De son côté, le maître devra rester vigilant sur les questions du pouvoir, de la notoriété... et de la séduction, trois écueils dont Arnaud Desjardins a témoigné dans ses livres.

Autre garde-fou, le maître s’inscrit dans une lignée : il a hérité, il transmet. Pour Arnaud et Denise, c’était le fameux Svâmi Prajnânpad, un subtil maître bengali pétri de culture occidentale et de psychanalyse. Le maître enseigne, confronte et s’engage. C’est une ressource personnelle, ou symbolique s’il est décédé. C’est son amour pour Mâ Ananda Moyî, une autre grande figure de l’hindouisme, qui a porté Denise dans ses derniers instants.

Des maîtres inspirants, aidants... et facétieux. Face à l’insistance de son disciple, Prajnânpad avait promis qu’un jour il conclurait son enseignement en quelques mots. « Be happy, Arnaud.»
Pour nous, Français, nourris de concepts et d’esprit critique, c’est là la grande force des maîtres asiatiques : spiritualité = simplicité.


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mardi 3 mai 2016

Voir ou penser... une vie de chien...




...La plus grande partie de la souffrance humaine est inutile. On se l'inflige à soi-même aussi longtemps que, à son insu, on laisse le mental prendre le contrôle de sa vie.
La souffrance que vous créez dans le présent est toujours une forme de non-acceptation, de résistance inconsciente à ce qui est. Sur le plan de la pensée, la résistance est une forme de jugement. Sur le plan émotionnel, c'est une forme de négativité. L'intensité de la souffrance dépend du degré de résistance au moment présent, et celle-ci, en retour, dépend du degré d'identification au mental. Le mental cherche toujours à nier le moment présent et à s'en échapper. Autrement dit, plus on est identifié à son mental, plus on souffre. On peut également l'énoncer ainsi : plus on est à même de respecter et d'accepter le moment présent, plus on est libéré de la douleur, de la souffrance et du mental.

Pourquoi le mental a-t-il tendance à nier l'instant présent ou à y résister ? Parce qu'il ne peut fonctionner et garder le contrôle sans le temps, c'est-à-dire sans le passé et le futur. Il perçoit donc l'intemporel instant présent comme une menace. En fait, le temps et le mental sont indissociables. Imaginez la Terre dépourvue de toute vie humaine et n'abritant que plantes et animaux. Y au-rait-il encore un passé et un futur ? Parler du temps aurait-il encore un sens ? La question « Quelle heure est-il ? » ou « Quelle date sommes-nous ? » – s'il y avait quelqu'un pour la poser – serait vraiment insignifiante. Le chêne ou l'aigle resteraient perplexes devant une telle question. « Quelle heure ? » demanderaient-ils. « Euh, bien entendu, il est... maintenant. Nous sommes maintenant. Existe-t-il autre chose ? »

Bien sûr, pour fonctionner en ce monde, nous avons besoin du mental ainsi que du temps. Mais vient un moment où ils prennent le contrôle de notre vie, et c'est alors que s'installent le dysfonctionnement, la souffrance et le chagrin.

Eckhart Tolle
Le pouvoir du moment présent

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lundi 2 mai 2016

L'attention avec José Le Roy


En ce debut de semaine, un petit retournement vers soi ne peut pas faire de mal :



dimanche 1 mai 2016

L'enfant en nous... avec Arnaud Desjardins et Alexander Milov


"En fait, c'est l'enfant en vous, l'enfant qui fonctionne comme un enfant et qui subsiste en vous, qui ressent les émotions, même dans des situations typiques de l'adulte. Un enfant n'a pas de contrôle fiscal, un enfant n'a pas lui-même d'enfant à éduquer mais ce sont des émotions d'enfant qui se manifestent en face de ces événements. Naturellement, ce thème de l'infantilisme des adultes se retrouve dans une grande part de la psychologie contemporaine mais peut-être pas avec la même clarté incisive que celle que j'ai trouvée auprès de Swâmiji. (swami Prajnanpad)




Le mécanisme habituel de l'émotion est une division, une dualité. Deux au lieu de un. Divisés entre une moitié de vous qui constate ce qui est et l'autre moitié qui refuse que ce qui est soit. Je reprends une fois encore le cri du cœur le plus exemplaire à cet égard : « Ah, c'est pas vrai! » qui signifie très exactement : « C'est vrai et j'essaie de nier que c'est vrai. » Dire « Je refuse que ce qui est soit parce que cela me fait mal » est une mauvaise manière de s'exprimer. Nous croyons que nous refusons parce que cela nous fait mal. En fait, c'est le contraire : nous refusons que ce qui est soit, en conséquence de quoi nous souffrons.



Mais ce n'est pas seulement refuser que ce qui est soit, c'est tenter de nier que ce qui est est. Ce mécanisme n'est peut-être pas évident tout de suite et doit être bien vu, sinon vous ne sortirez pas de votre condition actuelle. Il faut comprendre comment marche la serrure de la prison pour en ouvrir la porte."

Arnaud Desjardins
La Voie et ses pièges


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samedi 30 avril 2016

Pâquerettes en paquets...



Dans le langage des fleurs, elle signifie innocence et attachement. 
Fleurs et feuilles de Bellis perennis sont comestibles : avec une salade verte ou de fruits, dans un potage, ou, encore, les boutons floraux confits façon câpre... 

Dans le langage des fleurs, elle signifie innocence et attachement. La pâquerette est connue pour ses propriétés médicinales...

Propriétés de la pâquerette 
Les fleurs et les feuilles séchées de la pâquerette à l’ombre sont astringentes et désinfectantes. En cas de grippe, de rhumatismes, de bronchites, les préparer en infusion à boire entre les repas, 3 fois par jour. 
On peut également se servir des fleurs et feuilles fraîches. 

Usage externe 
Fleurs et feuilles sont utiles dans les inflammations de la bouche et de la gorge. Les préparer en décoction : une petite poignée dans ½ l d’eau, bouillir quelques minutes, laisser refroidir et passer. 

A employer en gargarismes ou en bains de bouche. A utiliser aussi en cataplasmes contre les courbatures, les torticolis. 

Une infusion de pâquerettes (fleurs et feuilles) peut être versée dans l’eau du bain ; elle agit alors comme tonifiant. 

Contre les migraines, on préconise aussi des compresses de fleurs de pâquerettes broyées. 

L’huile de pâquerette (macérat) est raffermissante; s'en servir pour le corps et pour le visage. (Remplir à moitié un petit bocal de feuilles et de fleurs; ajouter de l'huile de tournesol 1ère pression à froid ou de l'huile d'olive 1ère pression à froid. Laisser macérer au soleil un mois. Filtrer et mettre en petits flacons.).



vendredi 29 avril 2016

Te savoir en vie...


"Tu es celle par qui me vient le goût profond de vivre. Il ne faut pas craindre une telle phrase. Elle ne t'engage en rien. Le don que tu me fais est un vrai don - impossible à reprendre. 
Le bonheur c'est de te savoir en vie, et que cette vie passe au plus loin de moi n'importe pas. Au début, j'ai cru que tu étais le monde entier. 
Je l'ai cru d'une croyance enfantine et sans doute nécessaire. 
Aujourd'hui je n'attends rien de toi. Je voudrais seulement que la vie te soit douce et que tu ne meures jamais." 

C. Bobin.
"L’éloignement du monde" 


jeudi 28 avril 2016

Au nom de Martin Gray...


"Savoir accepter l'autre tel qu'il est.
Être joyeux du bonheur qu'il trouve. 
L'aimer dans sa totalité : pour ce qu'il est, laideur et beauté, défauts et qualités. 
Voilà les conditions de l'amour, de l'entente. 
Car l'amour est vertu d'indulgence, de pardon et de respect de l'autre. "


"L'homme peut être seul au milieu des autres. Mais celui qui est ouvert au monde, celui qui sait demeurer fraternel, celui qui est solidaire des autres, celui-là, même solitaire, n'est jamais seul. "



"Aider les autres, c'est encore la meilleure façon de s'aider soi-même."


Martin Gray 
Le livre de la vie

mercredi 27 avril 2016

Le corps est le mystère du monde par Jean-Jacques Prade



C'est lui qui sert à la Conscience pour se manifester. 
C'est lui, qu'il soit petit ou grand, en bonne santé ou malade, jeune ou vieux, c'est lui, toujours lui et uniquement lui, qui permet à l'Absolu de déployer sur cette Terre la Conscience dans le monde du manifesté. 

 Il est toujours à la disposition de la conscience personnelle. Il dépend d'elle et selon ce que cette conscience lui propose et lui impose, il peut s'épanouir ou se rétracter, jouir ou souffrir, vivre ou mourir. 

Le corps sait et même s'il ne connaît pas l'évolution au niveau spirituel, il peut donner des indications précieuses pour la vie quotidienne. Il guide, pas à pas la personne, lui montrant jusque dans les moindres détails quel est l'acte juste. 
Il sait, grâce à son lien constant avec l'inconscient, quel doit être le rôle de l'individu durant sa vie.

 Extrait du livre :
 Corps mon ami de Jean-Jacques Prade.

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mardi 26 avril 2016

Lilly Jattiot et le psychisme



Lily Jattiot nous parle des mythes et de l'évolution du psychisme... afin de mieux voir ce que nous sommes...
Je me souviens encore de son analyse du rêve que je lui avais partagé...






Voici le lien.