vendredi 31 juillet 2015

Sagesse massaï (5)


Aingoru enkitoo : rechercher le bon ordre

Être dans la justesse – dans ses mots, dans ses actions –, cela signifie pour les Massaïs être reliés à Enk’Aï. Une posture qu’exprime l’expression « avoir le regard clair et la démarche alerte ». La clarté du regard signifiant que la cohérence intérieure se voit de l’extérieur, et la démarche alerte témoignant d’un sentiment de légèreté et de sécurité dû à la certitude de marcher sur son bon chemin. Troubles, conflits, agitation sont, en revanche, les signes que l’on s’est décentré et que l’on s’est éloigné de sa « mission ». Car, pour les Massaïs, être en quête du bon ordre, c’est aussi chercher ce que l’on est venu faire sur terre.


LA PRATIQUE 
Écoutez les messages de votre corps lorsque vous avez fait un choix, pris une décision. S’ils sont justes, sous les émotions superficielles (appréhension, excitation), vous devez ressentir une vague de calme, une sensation de paix intérieure, qui peut se traduire en mots par « ce n’est pas facile, mais c’est juste ». En revanche, interrogez-vous si vous ressentez des tiraillements, de l’inconfort, de l’agitation mentale et physique, et que ces sensations durent ou se manifestent chaque fois que vous pensez à votre choix ou à votre décision.

(source : Psychologies)

jeudi 30 juillet 2015

Sagesse Massaï (4)


EUNOTO : devenir un planteur 

 À la posture du constructeur, les Massaïs préfèrent celle du planteur. Alors que le premier se concentre uniquement sur la réalisation de l’objectif qu’il s’est fixé, la construction, le second plante son arbre, le soigne, mais accepte de faire avec ce qui lui échappe (le rythme de croissance, les aléas de la météo…). Concrètement, être planteur, c’est se mettre en phase avec le moment présent, s’adapter et se maintenir dans un état entre vigilance et confiance, volonté et humilité. Cette souplesse est facteur de sérénité, de patience et met à l’abri de la colère et de la déception. 

LA PRATIQUE 
Ancrez-vous, comme l’arbre, dans le moment présent. Les Massaïs disent : « Le passé est un pays où je n’habite plus. » Ici et maintenant, que ressentez-vous ? Comment pouvez-vous composer au mieux avec la situation et les personnes présentes ? Que charriez-vous d’inutile et de pesant du passé ? Quelles projections anxieuses vous empêchent de goûter à la saveur du présent ? 
Plantez un arbre, prenez soin d’une plante. Cela vous incitera à mettre momentanément les « je veux » sur la touche et vous aidera à faire simplement avec ce qui est.


mercredi 29 juillet 2015

Sagesse Massaï (3)

Osina kishon : accueillir la « souffrance-don »

Sans souffrance, pas d’éveil. C’est la conviction profonde des Massaïs, qui voient, dans les épreuves envoyées par Enk’Aï, l’opportunité de grandir. Un de leurs proverbes sacrés en témoigne : « La chair qui n’est pas douloureuse ne ressent rien. » Dans cette perspective, ils remercient la déesse-mère de placer l’épreuve-opportunité sur leur chemin. Leur rituel collectif consiste alors à « nouer son coeur » en faisant huit noeuds (représentant l’épreuve) sur une corde (le cœur), qu’ils vont dénouer (symbole de la résolution), montrant ainsi que, encore une fois, tout est duel et que l’on ne peut délier un problème qu’en le reconnaissant comme sien puis en affrontant la difficulté pour la résoudre.

LA PRATIQUE 
Procédez comme les Massaïs, qui visualisent leurs émotions (peur, tristesse, colère, abattement, désir de vengeance…) après le rituel collectif de la corde, et les transportent vers leur coeur pour les brûler et les transformer en vive énergie, à la manière de l’alchimiste qui, dans son athanor, transforme le plomb en or. 
Interrogez ensuite votre épreuve comme le Massaï qui parle à l’épreuve en ami. Que veux-tu me dire ? Quelle est ma responsabilité ? Dois-je attendre ou agir ? Quelle direction dois-je prendre ? 
Notez toutes les réponses qui vous viennent spontanément sans les censurer ni les juger.


mardi 28 juillet 2015

Sagesse Massaï (2)


ENCIPAÏ : être dans la joie 



Pour les Massaïs, la joie n’est pas un but mais un point de départ. Elle est la manifestation du lien vivant qui les unit à la déesse-mère, source de toute vie. La gratitude nourrit la joie, qui, à son tour, renforce le sentiment de gratitude. Gratitude d’être en vie, de pouvoir se nourrir, de pouvoir partager les épreuves et les réjouissances… Partager et se réjouir ensemble, mettre en lumière ce qui va bien, faire preuve d’humour sont autant de pratiques qui entretiennent chaque jour la joie de vivre. Être dans la joie est également une forme de politesse que l’on doit aux autres, elle génère un confort relationnel dont chacun profite. D’ailleurs, les Massaïs ont l’habitude d’annoncer une mauvaise nouvelle en la « coinçant » entre deux bonnes. Cette formulation met du baume au cœur de celui qui la reçoit et allège le fardeau de celui qui la transmet. 

LA PRATIQUE

Cultivez la gratitude au quotidien, en commençant par prendre conscience des dons, aussi minuscules soient-ils, que vous recevez. La porte que l’on vous tient, le sourire que l’on vous adresse, le repas que vous partagez… Donnez à votre tour, en conscience, du temps, des compliments, des conseils, toutes ces petites choses qui adoucissent et embellissent les journées de ceux qui vous entourent. 
Positivez en « enserrant » une pensée ou un fait négatif entre deux pensées ou faits positifs, comme le font les Massaïs. 
Reconnectez-vous à l’énergie de la nature. C’est elle qui nous fait nous sentir maillons de la grande chaîne du vivant. Rien de tel que de s’adosser à un arbre et de perdre son regard dans sa frondaison jusqu’à se sentir un avec lui pour retrouver sérénité et force intérieure. Deux éléments constitutifs du bonheur d’être.


lundi 27 juillet 2015

Sagesse massaï (1)

ILMAO
ACCEPTER LA DUALITÉ

Le terme « massaï » provient du mot ilmao (« les jumeaux »), qui exprime la croyance selon laquelle toutes les choses sont reliées à d’autres pour former des paires d’éléments complémentaires. Comme dans le tao et sa figure du yin et du yang, les contraires existent, mais ils ne sont pas antagonistes. La dualité règne à l'extérieur, comme le jour et la nuit, la pluie et la sécheresse ; et à l'intérieur de soi, où s'entrechoquent les élans altruistes et les désirs égoïstes, la peur et le courage... La refuser est, pour les Massaïs, le meilleur moyen de souffrir et d’être en conflit avec les autres. D’où la nécessaire acceptation de la dualité du monde et des êtres. Une posture qui favorise la patience et la bienveillance.

LA PRATIQUE 
Identifiez vos jumeaux intérieurs. 
Dressez la liste de vos qualités et corrélez chacune d'entre elles à un défaut et à des comportements qui ont pu vous conduire à des échecs ou à des conflits. Exemple : « généreux » peut aller de pair avec « inconséquent », la générosité peut aussi devenir attente de réciprocité et être source de désaccord lorsqu’elle reste à sens unique. Le but est de poser sur soi et sur les autres un regard nuancé et indulgent.

Mettez en adéquation vos mots et vos actes pour éviter les dissonances et les antagonismes, sources de déséquilibre personnel et relationnel. Actes et mots doivent être jumeaux. Aucune différence entre le dire et le faire chez les Massaïs, qui savent par expérience que cette cohérence est la garantie de relations saines et durables.



5 leçons de sagesse massaï


Pour les Massaïs, comme dans la spiritualité amérindienne ou le taoïsme, l’humain est avant tout un être relié. Aux autres, à son environnement et à une force intelligence qui le dépasse et qu’eux-mêmes nomment Enk’Aï, « la déesse-mère, source de toute vie, explique Xavier Péron. Elle prend différents aspects, multiplie ses manifestations, et chacun est en relation collective et individuelle avec elle, par les prières, les danses, les pensées comme par les actes. Enk’Aï envoie par exemple la pluie qui nourrit les bêtes et les hommes, mais aussi les épreuves qui leur permettent de grandir spirituellement ».

L’anthropologue a vécu pendant des années parmi eux, a été initié à leurs rites et, depuis trente ans, poursuit une relation spirituelle intense avec Kenny, son ami et guide massaï. « Chez eux, remarque-t-il, il n’existe ni philosophie ni dogme religieux ; ils vivent la réalité en faisant corps avec elle, tout en ayant conscience de ce qu’ils doivent apporter en tant qu’individus et membres d’une collectivité pour maintenir l’équilibre et l’harmonie dans la grande chaîne de la vie. »

Selon lui, leur spiritualité peut se traduire par ces lignes de force : vaincre ses peurs, rester relié, ne pas créer de division en soi et autour de soi, tirer parti des épreuves, faire l’expérience de ce qui est.

« C’est ce que je m’efforce de pratiquer au quotidien et qui a changé ma vie, et c’est pour cela que je me sens leur passeur en Occident. Pour les hommes séparés, dispersés, agités que nous sommes devenus, il me semble important de diffuser leur message d’appel à l’unité intérieure, à l’ouverture de la conscience, deux ferments essentiels d’un vivre-ensemble plus juste et plus humain. » C’est cette voix que nous avons eu envie de faire entendre. Non pas pour idéaliser une culture ou un mode de vie, mais plutôt pour nous nourrir et nous inspirer. En découvrant les cinq piliers de la spiritualité massaï.


Xavier Péron est enseignant-chercheur en anthropologie politique et expert des peuples premiers. Il est l’auteur des Neuf Leçons du guerrier massaï (Jouvence Éditions, 2013). Dans ce récit initiatique, l’auteur nous présente la spiritualité massaï et la façon de mettre en pratique ses principes au quotidien.

dimanche 26 juillet 2015

Remboursement de Dieu ? avec Corneille


Il y a presque vingt ans, un groupe armé entre dans la maison familiale et massacre son père, sa mère, ses deux frères et sa petite sœur. Corneille se cache. Il a 16 ans et réussit à s’enfuir. « J’étais le seul à avoir survécu. Je me suis demandé : “Pourquoi juste moi ?” J’avais grandi dans une famille catholique où Dieu était une évidence. Devant les atrocités dont j’avais été témoin, je me suis interrogé. Dieu miséricordieux ne peut pas vouloir ça. S’il existe et qu’il est tout-puissant, pourquoi n’a-t-Il pas empêché le génocide rwandais ? » Cette question restera enfouie pendant des années, comme s’il y avait un réel danger à se la poser. « Je n’étais pas capable de l’affronter. Je crois que j’avais peur de la réponse, peur d’être déçu. Comme un enfant qui ne veut pas découvrir que son père est un salaud... »

Au Québec, où il s’installe, Corneille renoue avec sa passion, la musique. En 2002, il se fait remarquer aux Francofolies de La Rochelle. Son premier album, Parce qu’on vient de loin, rencontre le succès. Les médias s’emparent de son histoire, qui émeut le public. « Avec le recul, j e me suis rendu compte que je n’avais pas vraiment goûté ce succès. Tout m’était dû, à moi, la victime. Mon malheur me donnait des droits. J’avais trop souffert pour ne pas voir dans la réussite une sorte de retour d’ascenseur obligatoire. » En 2009, un nouvel opus, Sans titre, sort. C’est le flop. « Je ne comprenais pas : moi, le rescapé, je pouvais me planter ? Impossible ! J’attendais tellement que la vie me rembourse sa dette que tout échec était inenvisageable ! »

Un soir d’été 2010, Corneille est chez lui. « Je me lamentais de l’échec de ce disque, j’en voulais à la terre entière. Ma femme et mon petit garçon de 3 mois étaient assis en face de moi. Je les ai regardés et j’ai eu comme une illumination. J’ai pensé à Dieu et je me suis dit : “Cette prétendue dette, Il me l’a remboursée !” Pour la première fois depuis la mort de ma famille, j’ai osé dire merci à Dieu... L’amour m’a sauvé. » Corneille va réapprivoiser le mot pardon. « J’ai parlé à un psy. J’ai découvert que j’avais le droit de me pardonner d’être en vie. Ma vie spirituelle s’est renouvelée. Je ne crois pas que Dieu soit cet être pervers qui laisse les massacres se perpétrer sans agir. Sans doute n’est-Il pas tout-puissant, comme on l’imagine. Je suis enfin sorti d une relation de troc avec Lui : ce n’est pas parce que j 'ai souffert qu’il me doit quelque chose. Avant, je Lui disais sans cesse : “Tu ne me donnes pas assez.” Aujourd'hui, je Lui dis : “Merci.” Il est l’amour. Un amour qui guérit, même les pires blessures. Je Le prie chaque matin. »

Avec sa femme, Corneille a enfin pu ressortir les photos de sa famille. « Lorsque je regarde mon fils, j’aperçois en filigrane mes parents, mes frères, ma sœur. J’ai l’impression que Merrick me dit : “Un jour, on ira là-bas. Le Rwanda, c’est chez nous.” » Corneille ajoute : « Je suis heureux. Je peux m’autoriser à le dire. Enfin! » 

article par Bertrand Révillion
(psychologies)



samedi 25 juillet 2015

Instant de vie... avec Thich Nhat Hanh


D’où l’importance de s’établir dans l’instant présent. 
Etant établi dans l’instant présent, je suis profondément relié à la vie. 
Mon inspiration est vie, mon expiration l’est aussi. 
Chaque pas que je fais est vie. 
L’air que je respire est vie. 
Dans l’instant présent, je peux me relier au ciel bleu et à la végétation; 
je peux entendre chanter les oiseaux ou d’autres êtres humains. 
Dès lors que vous faites retour à l’ici et maintenant, 
vous pouvez vous relier aux innombrables merveilles que renferme la vie.


Thich Nhat Hanh 
Soyez libre là où vous êtes

jeudi 23 juillet 2015

Pour étendre nos découvertes à la vie courante... avec Douglas Harding


Avec la voix d'Alain Bayod en introduction... et l'exercice révélateur du tunnel...





Lorsque nous méditons, nous explorons tout simplement l'humanité et la totalité de la création sous notre propre forme.


Nous pouvons devenir le plus grand expert du monde sur plusieurs plans, le spécialiste en colère, en jalousie, en dénigrement de soi, aussi bien qu'en joie, en clarté et en intuition.

Tout ce que les êtres humains ressentent, nous le ressentons.

Du seul fait de nous connaître tel que nous sommes, nous pouvons devenir extrêmement avisé et sensible à l'humanité entière et à la totalité de l'univers.


 Pema Chodron