lundi 27 juin 2016

Mystérieuse attention...




"Dès qu'on accorde une attention soutenue à la moindre chose, même à un brin d'herbe, 
cela devient alors un monde en soi, mystérieux, impressionnant, 
d'une splendeur indescriptible." 

Henry Miller

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samedi 25 juin 2016

Le cœur avec Philippe Mac Leod

Par Philippe Mac Leod, écrivain auteur de plusieurs livres et recueils de poésie, dont Habiter les mots, chez Ad Solem.

Une longue tradition considère que nos cinq sens possèdent chacun leur double intérieur : un toucher spirituel, un odorat spirituel, une vision spirituelle, une ouïe spirituelle et, surtout, un goût spirituel, s'appuyant en cela sur une lecture subtile du Cantique des cantiques. Mais la réalité de l'expérience intérieure nous montre qu'il n'est pas nécessaire de suivre ce parallélisme scrupuleux et qu'il n'y a au fond qu'un seul organe correspondant à cette perception sans frontières bien définies : le cœur.

C'est avec le cœur qu'on voit intérieurement, et cette vision diffère de la représentation en ce qu'elle donne à percevoir un réel d'un autre ordre, s'imposant par la force de sa présence plus que par la netteté de son empreinte. C'est encore par et dans le cœur qu'on entend en profondeur, qu'on touche littéralement, embrasse l'invisible, comme la caisse de résonance d'un instrument donne tout son volume aux vibrations d'une corde. Dans le silence de l'oraison, on se trouve par miracle à l'intérieur de ce caisson d'un bois précieux, tout au fond, dans un creux qui n'a d'autre raison d'être que la résonance qu'il engendre.

Nous sommes pour ainsi dire privés de l'usage de nos sens habituels, qui se tiennent comme en retrait, dans un reflux momentané. Il ne nous reste plus alors que le coeur pour entrer en contact avec la présence invisible, impalpable, mais ô combien vivante et proche - si proche qu'elle se confond avec nous-mêmes.

Et il s'agit bien de cela : on ne va pas se regarder, s'écouter, se sentir, se palper. On va entrer, descendre - par un seul acte de conscience, neutre, sans effort, sans jugement - dans l'être que nous sommes, ici et maintenant, en ce qu'il a d'universel, de simplement vivant, en écho à la vie du monde à cette heure : le mouvement des marées, le chant de la pluie dans les chéneaux, le déplacement du jour dans le ciel, la lenteur du temps qui me porte et me soutient.

Et cela peut répondre à une question qui souvent revient : comment aller à Dieu, lui l'Au-delà de tout ? L'Évangile y répond : « Heureux les cœurs purs car ils verront Dieu. » Le cœur, nous le retrouvons. Et qu'est-ce qu'un cœur pur ? Un cœur simple, sans mélange, sans interférences, sans parasites, sans ce trouble du mental, ce grésillement incessant de préoccupations dépourvues de consistance, qui n'ont d'autre importance que nos fixations obsessionnelles. Un cœur rendu à sa sensibilité intérieure, un cœur fait pour retendre le lien avec la Vie, pour l'accueillir, la recevoir et la répandre.

Il y a véritablement un sens intérieur, une sensibilité de l'âme, qu'il nous faut apprendre à développer, qui donne à percevoir des réalités plus profondes que les sentiments superficiels, les impressions du moment aussitôt recouvertes, les affects, les émotions qui parfois nous tourmentent en nous repliant plus qu'ils nous ouvrent. Un sentir qui n'est pas non plus l'imagination, toujours prête à s'emballer dès qu'on ferme les yeux : un sentir hors de toute image ou symbole, qui ne voit, ne goûte, n'entend que la Présence, dans une sorte de relation directe, âme à âme, vie à vie, cœur à cœur, sans médiation, dans la plénitude d'un moment d'être.

Nous pourrions chaque jour aller réveiller ce sens intérieur, avec ce que nous sommes, ce que nous portons en nous comme des vases d'argile : nous centrer, nous recueillir en ce lieu du cœur, non plus pour « parler » à Dieu, mais pour être, sentir avec lui, en lui, par lui, être comme lui-même est, d'une pureté absolue.



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vendredi 24 juin 2016

Un arc-en-ciel dans vos pensées...


"La vie est fragile, à l'image de la rosée délicatement suspendue aux herbes, en gouttes de cristal qu'emporte la première brise du matin." 


 "Ce que l'on perçoit n'est en soi ni beau ni laid. Laideur et beauté ne sont que des projections mentales. Aucun être ou objet ne possède par lui-même la faculté de nous rendre joyeux ou triste. C'est ainsi qu'une même personne peut plaire à certains et déplaire à d'autres. À nouveau, c'est l'esprit, et lui seul, qui en est la cause." 


"Lorsqu’un arc-en-ciel apparaît, lumineux dans le ciel, vous pouvez contempler ses belles couleurs, mais vous ne pouvez l’attraper et le porter comme un vêtement. L’arc-en-ciel naît de la conjonction de différents facteurs, mais rien en lui ne peut être saisi. Il en va de même pour les pensées. Elles se manifestent dans l’esprit, mais elles sont dépourvues de réalité tangible ou de solidité intrinsèque. Aucune raison logique ne justifie donc que les pensées, qui sont insubstantielles, disposent de tant de pouvoir sur vous, aucune raison pour que vous en soyez l’esclave." 

Dilgo Khyentsé Rinpoché
 (photo Matthieu Ricard)


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Prémonitions...avec Christiane Singer



Comment ne pas voir que chaque subside retiré à la culture et à l'éducation devra être multiplié par cent pour renflouer les services médicaux, l'aide sociale et la sécurité policière ? 


Car sans connaissances, sans vision et sans fertilité imaginaire, toute société sombre tôt ou tard dans le non-sens et l'agression.


N'oublie pas les chevaux écumants du passé 
Page 14

mercredi 22 juin 2016

L'invisible compréhension...



Les philosophes décrivent les hommes comme étant immédiatement pourvus d'une identité, des hommes qui naîtraient à trente ans, comme Adam et Eve. Ils ne tiennent absolument pas compte de l'existence d'un premier monde puis d'un second, ils ne s'intéressent pas au fait que l'on naisse et que cette naissance fasse cesser un lien inimaginable, originel, obscur et cardiaque. Ce premier monde que les contes situent dans une grotte ou sous l'eau, ce monde d'avant que nous ayons la voix, me fascine profondément. C'est un monde très important pour la musique. J'ai beaucoup travaillé là-dessus, je crois que le chant vient après la basse continue.

Toute origine est perdue et pour nous tous. J'ai fait assez de dépressions nerveuses pour savoir qu'une dépression nerveuse, c'est le sentiment d'être englouti de nouveau par une voracité qui n'est rien d'autre que le souvenir confus de ce que nous avons été jadis.
Je n'avais jamais senti à quel point il est faux de dire que nous sommes des individus hermétiques les uns aux autres, poussant à l'intérieur de nous-mêmes. Regardez un nouveau-né et sa mère, les enfants entre eux, un petit jouant avec des animaux... Celui qui naît n'est pas grand-chose, et c'est précisément pour cela que "ça passe". C'est plus tard que le verrouillage se fait, que nous devenons incommunicables les uns aux autres. 
(source : L'express)

...Le visible ne suffit pas pour comprendre ce qui est vu […].
Le visible ne s’interprète qu’en se référant à l’invisible.

(Sur le jadis)

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mardi 21 juin 2016

Le toucher nous touche...




Quelques extraits choisis de l'émission "la Tête au carré" sur le toucher... 
Se mettre à l'écoute du toucher.
(15 min.)



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dimanche 19 juin 2016

Martin Maindiaux, "je me fie chaque jour à la Providence"

Il est arrivé au Cambodge il y a 19 ans pour une mission de six mois avec Enfants du Mékong et il n'en est plus reparti. À l'origine de son choix de vie, une aventure au Mexique digne d'un western. Et un voeu à la Vierge de Guadalupe.

C'était dans le village mexicain de Comalcalco, dans la province de Tabasco, en 1996, j'avais 31 ans. J'étais parti aider un ami négociant pour la saison de la récolte du poivre. Les choses ont mal tourné quand nous avons décidé d'aller nous approvisionner directement auprès des petits agriculteurs en court-circuitant les gros exploitants. En route vers une banque du village, je me suis fait tirer dessus par un petit homme moustachu dont l'image est toujours dans ma mémoire. Sans ressentir de douleur sur le coup, je regardais avec stupéfaction mon bras tordu et lourd, et mon t-shirt devenir rouge. La balle avait traversé le poumon gauche et était ressortie par le côté pour aller se loger dans mon avant-bras.
J'ai été opéré à l'hôpital local mais le médecin me donnait peu de chance. Il fallait m'évacuer en urgence à Mexico City. On m'a mis dans un pick-up bâché, sur une civière, pour filer à l'aéroport. Au-dessus de ma tête, j'ai aperçu un autocollant de la Vierge de Guadalupe, tant vénérée là-bas. Jusque-là, je croyais que Notre-Dame de Guadalupe était une île lointaine ! La douleur devenait terrible. « Si je survis, je promets de servir », ai-je prononcé intérieurement. À l'hôpital de Mexico, une petite soeur m'a donné une médaille de cette même Vierge. J'ai alors juré que si je m'en sortais, j'irais faire un pèlerinage au sanctuaire de Notre-Dame de Guadalupe, situé dans la capitale. Je m'en suis miraculeusement sorti. Je suis allé au sanctuaire, le bras encore paralysé et le poumon en feu mais l'atmosphère du lieu m'a « pris aux tripes ». J'ai alors fait mon premier vœu devant elle : fini le business. « Je suis là pour servir. Envoyez-moi où vous voudrez », lui ai-je dit. 
Peu après mon retour en Europe, j'ai contacté Enfants du Mékong, une ONG qui cherchait un volontaire pour développer des projets de parrainage scolaire d'enfants au Cambodge, dans des zones où la guérilla civile avec les Khmers rouges sévissait encore. J'ai débarqué là-bas le 17 septembre 1997, pour une mission de six mois. Je n'ai plus quitté le pays depuis, et continue de me mettre au service de ces enfants défavorisés, aujourd'hui comme directeur de l'ONG au Cambodge, où nous soutenons la scolarisation de 3450 jeunes parrainés par des Occidentaux. Dans le centre où je vis, à Sisophon, dans le nord-ouest du pays, je côtoie les 480 enfants qui bénéficient de nos activités pédagogiques, soutien scolaire, foyers d'accueil...
Je dois vraiment à Notre-Dame de Guadalupe d'être encore en vie, d'avoir fait un choix définitif et d'être si heureux malgré les épreuves. J'étais déjà pratiquant avant cette aventure, mais depuis mon voeu, j'ai fait la démarche concrète de remettre ma vie entre les mains de la Vierge. Ma foi s'est appuyée sur la confiance en la Providence. Si un tueur professionnel n'avait pas réussi à me tuer, c'est que le Seigneur me donnait une prolongation pour une mission précise. Depuis, chaque fois que j'ai un ras-le-bol, un coup de révolte, je demande dans ma prière : « Seigneur, que voulez-vous que je fasse ? » Je me retire dans mon oratoire, lieu bien coupé du monde, et là je peux rester des heures devant la statue de la Virgen de Guadelupe, pour faire le vide dans ma tête et dans mon coeur... et en sortant, je dis : « Maintenant, que Votre volonté soit faite. » Je ne suis pas un mystique, je parle peu de ma foi. Mais je ne pourrais pas remplir ma mission ici sans être chrétien, sans avoir un « règlement intérieur » que je puise dans les Dix Commandements. C'est un cadre qui me donne toute latitude pour agir au quotidien.
Cette démarche d'abandon, même si elle ne relève pas toujours de l'évidence, est une philosophie de vie qui me permet de rester heureux et simple. Il m'est arrivé un tas de « tuiles » au Cambodge. J'ai eu quatre fois la dengue, deux fois la typhoïde, une fois le chikungunya, la salmonelle, un zona, je me suis fait rafistoler le poignet, la jambe, les deux genoux et une épaule... C'est contraignant mais je vis avec. Tant qu'il a besoin de moi, le Seigneur fera en sorte que j'aie la santé.
« Qu'est-ce qui est vraiment important ? » : telle est la question que je me pose souvent au cœur de la gestion administrative du centre. Réponse : l'épanouissement des enfants parrainés. Mon objectif principal est qu'ils retrouvent confiance en eux, qu'ils entrevoient un avenir grâce à une scolarité réussie ou à une formation professionnelle adaptée. La richesse et la simplicité des relations me font aussi reconnaître que je ne suis pas parfait. J'avance avec mes faiblesses parce qu'elles me poussent à me mettre à l'écoute des autres. Rien ne me rend plus heureux que de résoudre le petit problème d'un des enfants du centre. Ils sont ma famille. Les Khmers me demandent : « Pourquoi tu ne te maries pas ? » Je réponds en blaguant que je reste célibataire pour rester libre. Cela ne veut pas dire être libéré d'un engagement qui serait un poids, mais libre de me rendre à tout instant disponible pour répondre à un appel.
Les personnes âgées ou handicapées et les enfants ont ceci en commun : une franchise qui ne trompe pas. Je l'ai constaté en travaillant dans différentes associations. C'est sans doute mon père, très engagé dans le social, qui m'a transmis ce goût du service. Souvent les gamins khmers me demandent : « Pourquoi tu m'aides ? » « Combien tu gagnes ? » Je leur réponds que cela me rend heureux. Je suis témoin chaque jour de ce que l'amour construit. Je pense à une filleule arrivée au centre dans des circonstances familiales difficiles. Elle était très introvertie. Nous avons peu à peu réussi par le jeu, la taquinerie, à l'aider à s'ouvrir. Elle suit maintenant une formation professionnelle à Siemreap, dans une école hôtelière. Elle vient de temps à autre à la messe avec moi, même si elle n'est pas croyante, pour me remercier. À mon tour, je me rends parfois à la pagode.
Ces partages sont des « cadeaux ». Il en va de même pour la confiance que les parents des filleuls me témoignent. Quand ils m'accueillent chez eux, dans leurs habitations misérables, ils ne me donnent pas leur surplus, mais ce qui va leur manquer demain. C'est une leçon incroyable.

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samedi 18 juin 2016

Bon anniversaire Arnaud !


"Le foetus ne fait pas un effort conscient pour accepter son état heureux et « être un avec ». 
Il l’est naturellement. Ensuite le bébé ne fait aucun effort pour accepter puisqu’il ne fait que refuser. Et vous avez continué à refuser. 

Maintenant on vous demande une attitude consciente, nouvelle, qui va consister à regarder d’un même œil, à accueillir d’un même cœur, la souffrance que le bonheur. 

C’est le grand enseignement..."




Arnaud Desjardins
Le vedanta et l’inconscient
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Le goût de la confiture avec Jacques Brel



Il faut qu'on sache que l'on a été petit... 





vendredi 17 juin 2016

La confiance et la peur avec Christophe Massin (2)





Trancher l'illusion et la dépendance à la peur... 

L'acceptation joyeuse...
Partie 2 : 23 min.

(source : France Inter)