samedi 30 août 2014

Une médecine indienne : l'Ayurvéda


"Cette vision holistique de l'homme est l'un des points forts de l'Ayurvéda car elle réconcilie notre âme et notre corps, trop longtemps séparés par notre culture européenne, et apporte à la perception de notre être une dimension spirituelle, qui nous apaise et nous grandit." 




vendredi 29 août 2014

Deux minutes de pleine conscience avec Chade-Meng Tan

Cet Américain médite chaque jour sur son lieu de travail, chez Google, et invite ses collègues à faire de même. Tout commence chez soi par quelques instants de silence.

«Chaque soir, j'expérimente deux minutes de pleine conscience avec ma fille » ’aimerais rendre la méditation aussi populaire que le jogging. Dans les années 1970, des scientifiques anglo-saxons ont souhaité promouvoir l’exercice physique auprès du grand public. Ils ont vulgarisé des études mettant en évidence les bienfaits pour la santé d’une activité régulière et ils ont imaginé des protocoles simples pour se remettre à courir. De nos jours, il existe un consensus pour vanter les bienfaits du sport, même si chacun ne pratique pas. Eh bien, j’aimerais contribuer à réaliser la même chose pour la méditation de pleine conscience. Si une personne aussi rationnelle que moi peut s’y mettre, alors tout le monde peut le faire !

Je plaide pour commencer par une expérience simple et légère de la méditation. Pour ma part, j’effectue un exercice chaque soir avec ma fille, durant deux minutes, ce qui correspond à la durée d’attention normale d’un enfant ou d’un ingénieur ! Il s’agit simplement de goûter à la joie d’être en vie et d’y goûter ensemble, et, au-delà, à la joie d’être... tout simplement d’être. Une belle façon de s’entraîner à faire attention à chaque instant, sans porter de jugement. Quand je présente cette méthode dans le cadre de mon travail auprès de mes collègues chez Google, je propose aussi deux approches : la facile et la “plus facile”.

La première consiste simplement à faire attention à sa respiration, en douceur, mais sans interruption, durant deux minutes. Concrètement, je suggère de commencer par prendre conscience que l’on respire, puis de demeurer attentif au processus de respiration. Chaque fois que l’attention s’égare, il suffit de la ramener doucement sur sa respiration. La méthode la “plus facile” consiste à rester assis tranquillement durant deux minutes, sans faire quelque chose de particulier. Le but est de passer du “faire” à “l’être”. Si ces expériences vous plaisent, allongez de quelques minutes ces temps de silence, en vous arrêtant dès que cela devient désagréable !

jeudi 28 août 2014

La marche et l'écoute avec Jean-Luc Souveton

Jean-Luc Souveton, prêtre, fait de la marche méditative une voie pour retrouver la présence à Dieu et à la vie dans l'instant.

Le temps des vacances est pour moi l’occasion de marcher. Plus précisément, de marcher autrement. Sans courir. Sans avoir les yeux rivés sur ma montre pour arriver à l’heure à la gare, en réunion ou à mes rendez-vous. Sans avoir l’esprit encore encombré de ce que je viens de vivre ou déjà préoccupé de ce qui va suivre. Sans avoir à imposer à mon corps un rythme commandé par des impératifs à tenir. Sans remplir ces temps par la consultation de mon répondeur. Revenir plus consciemment, plus longuement et plus régulièrement dans mes pieds pour être là et m’ouvrir à tout ce qui m’entoure.

Mon attention se porte d'abord sur ma respiration. Je me rends attentif au nombre de pas effectués sur l’expir et sur l’inspir, en adaptant leur nombre en fonction du dénivelé du terrain. J’inspire sur deux, trois ou quatre foulées. J’expire sur un nombre légèrement supérieur à celui de l’inspir. Tout en étant présent au rythme de la respiration et au compte des pas, je suis présent au contact de mes pieds avec le sol. Je le sens à travers la semelle de mes chaussures. J’accueille les différentes sensations selon que je marche sur l’herbe, sur des cailloux, sur de la terre, du rocher, des gravillons... Je me rends attentif aux mouvements de mes pieds, de mes jambes, de mon corps tout entier, au contact de l’air et des rayons au contact du soleil avec ma peau... Je reçois les formes, les couleurs, les contrastes... J’écoute les sons qui viennent jusqu’à mes oreilles...

“Tout instant nous donne Dieu.” Pour cela, il nous faut quitter une vision purement utilitaire de la marche ; marcher non plus pour aller quelque part, faire quelque chose, mais pour habiter le présent et accueillir la vie qui nous est donnée dans l’instant. “Que chacun examine ses pensées, conseille Biaise Pascal, il les trouvera toutes occupées au passé ou à l’avenir (...) Le présent n’est jamais notre fin. Ainsi nous ne vivons jamais, mais nous espérons de vivre.”

La marche est un bon exercice pour nous faire entrer dans la Présence, nous ramener à l’accueil de ce qui est là, de ce qui nous est donné et que souvent je ne perçois même plus : la vie. 



mercredi 27 août 2014

L'appel de la pleine conscience et la méditation des cailloux avec Thich Nhat Hanh

«Arrête ta pensée, bois ton thé »... Ce conseil résume l’activité du village des Pruniers {24), centre monastique bouddhiste fondé par le moine Thich Nhat Hanh, qui livre ici quelques principes.

«La pleine conscience dont je suis l’initiateur n’est ni une philosophie, ni une religion mais une pratique méditative qui constitue un art de vivre. Le but est de vivre chaque moment qui nous est donné. Si vous êtes attentif à l’instant présent, vous êtes heureux car libre de tout souci passé et de toute peur future. Le contact avec les merveilles de la vie, qui sont là pour vous nourrir, devient plus aisé.
Pour atteindre cet état, la méditation assise et la méditation marchée sont à notre portée. En se concentrant sur sa respiration, tous les deux pas, on revient à l’instant présent. Dans ce même objectif, au sein de notre communauté, nous appliquons d’autres méthodes simples et adaptées à notre époque comme ce que nous appelons la mindfulness bell, la “cloche de pleine conscience”. Lorsque retentit une cloche, une sonnerie dans le monastère ou un téléphone, tout le monde est invité à suspendre son activité pour respirer. En inspirant et en expirant, nous sommes vraiment là et tout devient plus vrai. Une énergie collective, bénéfique pour tous, est ainsi engendrée.

Ce retour peut s’effectuer également en buvant du thé ou son équivalent pour les enfants, de la limonade.

Les plus jeunes, nombreux à la retraite d'été, ont une pratique qui leur est propre : la méditation des cailloux. Son concept est simple : chaque enfant a dans sa poche quatre cailloux qui représentent, l’un une fleur, l’autre une montagne puis l’eau et l’espace. Le jeune met la première pierre dans sa paume qu’il recouvre avec son autre main.

Et il s’exclame à trois reprises : “J’inspire, je me vois comme une fleur. J’expire, je me vois frais et beau comme une fleur.” Le corps humain est une sorte de fleur dont il faut préserver la fraîcheur. Cette action est à répéter avec les cailloux suivants qui symbolisent d’autres conditions du bonheur : la force, la tranquillité et la liberté.

Ces retraites d'été sont essentielles, car pratiquer seul n'a rien d'évident. Aussi, je conseille à ceux qui ont lu un livre ou suivi un enseignement de fonder ensuite une communauté - sangha (en sanskrit). Sans elle, on ne peut pas faire grand-chose, les politiciens ou les psychothérapeutes le savent. La communauté nous protège, nous soutient et nous ressource. Bâtir une petite sangha dans notre ville permet de garder la pratique vivante. C’est aussi une manière de diffuser la pleine conscience à ceux qui ne la connaissent pas et cherchent une voie de guérison. En effet, la souffrance progresse et s’étend dans le monde. 


Nos enseignements prennent en compte ses évolutions afin de permettre à chacun de trouver l’apaisement. C’est ainsi que les nouveaux maux font naître de nouvelles pratiques. Pour les mettre en œuvre, nous proposons à chacun de travailler sur les racines de sa souffrance afin de se frayer un chemin vers la guérison. Dans le bouddhisme, nous parlons de lâcher-prise. Il faut être prêt à abandonner ce que l’on sait pour pouvoir apporter des réponses neuves. Ensuite, rien de plus facile que de transmettre cette nouvelle pratique en parlant “avec le cœur”.


mardi 26 août 2014

Le mental en vacances avec Davina Delor


La méditation, on en fait toute une histoire. Mais en réalité, nous méditons tous déjà ! Cependant, absorbés que nous sommes par nos pensées et nos projets, dans nos journées très denses, nous occupons notre esprit avec mille autres choses telles que les enfants, le travail, les amis... Tout cela nous projette vers l’extérieur, mais nous n’avons pas souvent l’occasion de susciter la rencontre de soi à soi, car nous agissons par réflexe au lieu de prêter attention à chaque instant. Or la méditation, ce n’est rien d’autre que de la concentration... mais pas dans la tension. Méditer, c’est offrir des vacances à son mental.

Comment commencer ? En faisant de nos moindres gestes quotidiens une leçon.
Par exemple, en lavant la vaisselle : savourer l’instant, prendre conscience que je suis en train de faire quelque chose d’utile. Je rends propres des assiettes et ce mouvement de concentration sur un geste anodin peut devenir le support même de ma méditation. Si je regarde ma vie, j’y vois beaucoup de négatif, des erreurs, des regrets. Et pourtant, il est possible de nettoyer mon esprit de toute cette négativité, de le rendre brillant et immaculé comme de la porcelaine. La vaisselle me donne une leçon et peut devenir mon support pour me régénérer : raviver la joie et la brillance en moi.

Je vais nager dans un lac ou dans la mer. J’ai d’abord une sensation de fraîcheur sur ma peau, c’est froid et je voudrais reculer. Mais je décide que le résultat vaut ce passage par l’effort, par l’entrée dans l’eau fraîche, cela vaut la peine de franchir un cap pour que ma peau bientôt, sous l’effet de l’exercice, se réchauffe. Comme mon mental, mon corps à travers les mouvements se détend, mes douleurs et mes tensions s’apaisent. Je peux alors rendre grâce pour cette nouvelle sensation douce et agréable. C’est aussi cela, l’esprit des vacances, cet apprentissage du quotidien.

En sortant de l'eau enfin, je peux marcher en conscience sur le sable ou l'herbe mouillée, au contact des sensations de mes pieds sur le sol et je peux simplement me réjouir d’être en vie et rendre grâce pour cette énergie. Personne n’a pour mission de changer le monde mais moi qui suis en bonne santé, qui nage, marche... je peux profiter de cette grâce pour accomplir encore quelque chose d’utile et orienter mon esprit vers cette personne amie qui est malade. Aller vers elle avec ma joie de ce moment. Chaque instant peut m’offrir un sujet à méditer. Nul besoin de partir ailleurs, c’est là où je me trouve, au sein des bruits du monde, que je vais pouvoir méditer ou prier. Ce n’est pas de la religion, juste de la vie humaine.

lundi 25 août 2014

Devenir un meilleur humain avec Fabrice Midal



LA VIE. Pourquoi cet engouement pour la méditation en Europe et aux États-Unis ? Est-ce un effet de mode passager ?
FABRICE MIDAL. Il ne peut s’agir seulement d’un phénomène de mode, car la méditation, c’est une épreuve et une pratique qui vous touche en profondeur. L’expérimenter relève d’une décision. Il y a encore cinq ou six ans, on pouvait seulement suivre des conférences ou rejoindre un dojo zen pour pratiquer, alors qu’aujourd’hui, grâce aux CD à écouter chez soi, la méditation a été rendue accessible à tous. Les progrès de la recherche en neurobiologie ont permis par ailleurs de rassurer les Occidentaux sur les effets positifs d’une pratique tout à fait rationnelle et efficace sur le système immunodépresseur. Les sciences cognitives sont venues confirmer des connaissances sur la conscience que des traités bouddhistes transmettaient depuis 2000 ans.

Vous dites aussi que l'Occident était prêt à recevoir la méditation...
F.M. Oui, car depuis la fin du XIXe siècle, nous sommes en crise. Nous nous sommes coupés de notre expérience propre pour vivre dans l’abstraction, en quête d’un monde idéal, prisonnier d’un rationalisme qui n’est plus raisonnable. Des philosophes comme Bergson, Husserl ou Nietzsche ont bien montré comment, en oubliant le temps ou l’expérience vécus, on a perdu le lien avec soi et avec la vie. La méditation peut nous permettre de renouer avec nous-mêmes. Si elle a été apportée dans les années 1960 par des maîtres venus d’Orient, on a affaire désormais à des formateurs occidentaux qui ont suivi leurs enseignements et témoignent de la façon dont elle peut nous aider à mieux vivre face à la souffrance et à l’angoisse du siècle.

Peut-on dire que c'est un outil antistress ?
F.M. Attention ! La méditation n’est en aucun cas une méthode ou un outil de gestion ! Certes, en nous aidant à nous poser, elle nous aide à nous apaiser, mais il faut sortir de cette vision économique de nos potentiels, qui nous pousse à chercher de l’efficacité partout, jusque dans nos approches spirituelles. La méditation est, pour une part, cette expérience que vivaient simplement nos grands-parents, quand ils restaient assis à regarder le feu de cheminée ou sur un banc devant l’animation du village. C’est un état de présence silencieuse, une simplicité d’être que, submergés par l’inquiétude, dans ces maladies du temps présent que sont le stress, le burn-out et la dépression, nous avons oublié. Bien avant d’être un moyen de se calmer, la méditation est un chemin pour restaurer notre humanité. 


Comment s'y prendre ?
F.M. En apprenant avant tout à se poser de tout son être - corps, émotions et esprit - dans le moment présent. Souvent, les Occidentaux se demandent comment renouer avec leur corps. Or, faire du sport et du jogging ne suffit pas. Il faut d’abord arrêter la course et s’asseoir simplement - sur une chaise ou un coussin - pour habiter chez soi, le dos droit, dans une posture sobre, comme en vigilance. S’asseoir sans rien faire, comme le Petit Prince s’assoit chaque jour devant le renard pour créer une relation. Il ne s’agit pas de faire un effort de tension ou de volonté, mais juste de regarder avec attention ce qui se passe, sans vouloir le changer. Je dirais que cela a à voir avec l’esprit d’enfance. Enfant, on s’émerveille de tout, on a cette curiosité en alerte. C’est ce que j’appelle la pleine présence. Essayez dix minutes par jour, une semaine durant, et voyez si cela change quelque chose à votre vie. 


Cela peut-il changer notre regard sur le monde ? 

F.M. C’est une école de douceur et de tendresse. On ne juge pas les choses, mais on cherche à les regarder. La pleine présence et la bienveillance aimante sont les deux ailes d’un même oiseau. Parler de bienveillance nous aide à sortir de cette idée de performance ou de toute-puissance sur le monde qu’on associe à tort à la méditation. Si elle nous rend plus conscients, ce n’est pas pour être plus efficace, mais pour avoir plus de patience et d’amitié, que ce soit pour le moment présent ou pour les autres. Le tout-contrôle n’est pas la voie de l’amour, les chrétiens le savent bien.

S'agit-il d'altruisme ?
F.M. Oui, à ceci près que la bienveillance aimante s’exerce tout autant vis- à-vis de soi-même que vis-à-vis des autres. La méditation ne répond pas à la question de la source de l’amour, mais nous aide à en faire l’expérience. Des chrétiens me disent que méditer les aide à retrouver le contact avec leur cœur, à regarder avec plus de douceur leurs propres blessures. Les Occidentaux sont souvent trop durs avec eux-mêmes... Voir la méditation comme un détachement est une idée fausse et contradictoire, car la bienveillance aimante est au contraire un travail pour sortir de sa tour d’ivoire et se découvrir le cœur grand ouvert au monde.

C'est ce que vous avez expérimenté ?
F.M. Absolument. Je raconte dans mon livre, Frappe le ciel, écoute le bruit, ce long chemin. Méditer m’a sorti de la souffrance d’une enfance privée d’amour et m’a fait découvrir un rapport sain à la bienveillance. La méditation - et les rencontres que j’ai faites avec elle - m’a appris à faire confiance à l’amour et à m’en nourrir pour moi- même. Au début, je venais pour me « débarrasser » de ce que je n’aimais pas en moi et, 25 ans plus tard, non seulement je n’ai rien éliminé de ce que je suis, mais j’ai dû l’embrasser, le prendre dans mes bras comme un bébé meurtri et faire la paix avec tout cela. Je n’allais pas éliminer mes souffrances en leur tapant dessus ou en les ignorant, mais par une attention bienveillante à leur égard. Méditer ne nous apprend pas à mieux contrôler les choses, mais à travailler avec tout ce qui nous arrive dans la vie, les joies comme les peines, les difficultés comme les grâces. Prendre les épreuves non comme des tuiles à éviter mais comme des occasions de grandir et d’ouvrir davantage son cœur.

Méditer, c'est se réconcilier avec soi ?
F.M. Ce n’est pas tant un travail sur soi que sur le plus proche pour le découvrir. Et notre plus proche, c’est nous-mêmes. Penser cela, ce n’est pas de l’orgueil, car l’orgueilleux ne s’aime pas. On a trop opposé l’amour pour soi et celui pour les autres. Aimer quelqu’un peut nous aider à nous aimer et se guérir soi-même peut guérir les autres. Une mère qui baigne d’amour pour son enfant éprouvera aussi de la bienveillance pour sa collègue de bureau. Car là où il y a l’amour, il irradie.

interview Élisabeth Marshall (La Vie)

dimanche 24 août 2014

La contemplation avec Laurence Freeman

«La contemplation est une dimension naturelle de notre être »

Plus qu'une croyance, la foi chrétienne est, pour le moine anglais Laurence Freeman, une voie de contemplation qui peut changer notre existence. Et accroître notre capacité à aimer autrui. Le temps des vacances est un moment privilégié pour revisiter les priorités de notre vie, une opportunité pour ralentir. Si, pendant ce temps de liberté, vous entretenez cette bonne habitude quotidienne, cette discipline pourra ensuite se maintenir lorsque vous retrouverez la routine stressante du travail. C’est la conviction de ce professionnel de la prière.

LA VIE. Comment entrer dans la contemplation ?
LAURENCE FREEMAN. La contemplation est une dimension naturelle de notre être. Elle est déjà là, nous n’avons pas à la construire, juste à la libérer pour faire en sorte qu’elle trouve sa place dans notre vie. La seule chose que nous ayons à faire, c’est de travailler au développement de ces qualités essentielles que sont le silence, l’immobilité et la simplicité. Pour cela, je préconise deux moments de désert quotidien en début de matinée et de soirée, qui vont réveiller, au plus profond de notre conscience et de notre âme, cette dimension contemplative.C’est le moyen le plus simple et le plus économique de stimuler notre potentiel d’humanité et de retrouver équilibre et harmonie dans nos vies.

Comment définiriez-vous le silence de la méditation ?
L.F. Le silence n’est pas uniquement l’absence de mots, ni même de pensées, c’est aussi le travail de l’attention. Pendant la journée, vous pouvez faire silence en prêtant attention aux personnes qui vous entourent, au travail que vous faites, au café que vous êtes en train de boire. Juste être conscient de cela : « En ce moment, je suis en train de boire une excellente tasse de café. » Prêter attention ne signifie pas se concentrer d’une façon artificielle, mais être pleinement éveillé à son environnement, aux odeurs, au monde sensoriel, de même qu’à nos ressentis. Cela nous rendra plus sensibles aux ressentis des autres.

Et que diriez-vous de l'immobilité ?
L.F. John Main, le fondateur des méditants chrétiens, disait : « Quand nous apprenons à rester immobiles pendant la méditation, nous faisons le premier pas pour aller au-delà de notre désir. » La pratique de l’immobilité, lorsque nous sommes assis, nous permet de constater que nous pouvons nous libérer de la compulsion de nos désirs. Ne pas se gratter le visage, ne pas répondre à toutes nos impulsions. Dans la vie de tous les jours, nous pouvons aussi pratiquer cette immobilité intérieure cette fois en nous refrénant, en nous contrôlant, en prenant par exemple une tasse de café et pas deux. Pratiquer cette discipline personnelle revient à cultiver une forme d’immobilité du centre de notre être, ce que les Mères et les Pères du désert, dans les premiers temps monastiques chrétiens, appelaient apatheia, comme une tranquillité de l’âme.

En quoi la méditation est-elle chrétienne ?
L.F. Avant tout, nous devons rappeler que la méditation est universelle. Aussi universelle que l’oxygène, la nourriture, les mouvements corporels et ceux de notre psychisme. Toutes les grandes traditions, depuis 4000 ans, l’ont intégrée. La méditation crée ainsi une communauté de foi composée de personnes de différentes croyances et c’est un grand message pour le futur de l’humanité. On peut méditer dans n’importe quel système de croyance, sauf si ce dernier est contraire aux fruits de la méditation, par exemple si vous êtes un politicien corrompu ou un parent abusif, je pense que vous aurez du mal à méditer. La méditation produit des fruits qui doivent être compatibles avec la bonté essentielle de notre nature. Mais ce qui rend notre méditation spécifiquement chrétienne, c’est la foi : la foi chrétienne est d’abord une expérience et une relation au Christ en tant que maître vivant et maître intérieur.

En quoi conduit-elle au silence du cœur ?
L.F. Le silence du cœur est notre capacité à être vraiment disponibles à l’autre, à Dieu dans l’autre, et aux autres en Dieu. Il nous permet de défocaliser l’attention de nous-mêmes, de notre petit ego et de la tourner vers l’extérieur et vers la réalité des autres personnes. Nous ne devrions jamais oublier que le but de la contemplation est d’ouvrir en nous la capacité d’amour. Le vrai test d’impact de la méditation n’est pas que votre tension soit bonne ou que votre niveau de stress diminue, mais c’est lorsque vous constatez que vous avez une plus grande capacité à aimer les autres.

Quelle expérience de contemplation peut nous aider à entrer dans cette méditation chrétienne du cœur ?
L.F. Une expérience très concrète que je recommande est de méditer en plein air. Si vous êtes au bord de la mer, descendez tôt le matin, ou sortez au coucher du soleil. Il y a un moment très particulier, très précieux, quand toute la nature, les oiseaux, les animaux, l’air, le vent... tout parvient à un point d’immobilité et d’éveil d’une certaine manière. Nous aussi nous devrions être en harmonie avec ces moments de la journée. Je vous suggère de vous lever tôt et, si le temps le permet, si vous êtes dans un endroit convivial où il fait chaud, asseyez-vous dans la nature ou au bord de l’eau et méditez à cet endroit-là. Soyez juste ouvert à l’expérience que vous êtes une partie de ce tout, que le monde est votre maison, que le cosmos est votre pays. Si vous pouvez, au moins une fois durant l’été, regarder le soleil se lever, c’est une grâce !

source La Vie


samedi 23 août 2014

Méditer dans la nature avec Christophe André


En été, des occasions illimitées nous sont offertes de méditer sur et dans cet univers foisonnant qui est le nôtre. Une manière de laisser la Création nous apparaître dans toute sa beauté.


On peut simplement s'allonger et contempler la variété de ce qu'on nomme, par de pauvres termes génériques, “herbes” ou “insectes”, et découvrir la merveilleuse richesse de ce petit monde. Ne rien penser : juste s’allonger, observer, s’immerger dans cet univers discret, foisonnant d’activité...

On peut aussi prendre le temps d’écouter longuement les bruits des soirs d’été : cris d’oiseaux et d’enfants, bavardages joyeux dans le lointain, moments de paix et de silence... On peut contempler la nuit et les étoiles, évidemment. Prendre conscience que cette beauté du ciel nocturne ne nous est apparue que parce que la lumière du soleil a disparu. Beau message à méditer pour tout le reste de notre existence, bien au-delà de l’été : parfois, ce qui ressemble à un retrait peut n’être qu’un prélude au dévoilement de merveilles plus grandes encore que celles que nous avons perdues...

On peut enfin, et c’est mon exercice préféré, méditer face au soleil levant, face à qu’Homère appelait « l’aurore aux doigts de rose ». La vie moderne nous éloigne souvent de l’aube : soit nous nous levons trop tard, et il ne nous reste que les crépuscules ; soit nous le faisons, mais pour partir travailler, et nous n’avons alors pas le temps de la contemplation. Mais l’été et les vacances sont une occasion unique de redécouvrir la merveille du lever de soleil. Nous pouvons bien nous lever tôt : il nous restera toujours la sieste, autre plaisir de l’été. Alors, dans le calme de la nuit finissante, nous pourrons contempler l’illumination progressive du ciel : lueurs pâles au levant, arrivée de la lumière, percée des premiers rayons, réchauffement progressif du monde. Un petit remake de la Genèse, où Dieu dissipe les ténèbres. Que nous pouvons savourer en pleine conscience, en nous reliant tranquillement à notre souffle (autre remake, car tout commença quand Dieu souffla en nous « une haleine de vie ».

En prenant conscience de tout notre corps qui respire dans le soleil levant, en nous sentant simplement vivants. Et en réalisant, quoi qu’il nous soit arrivé auparavant, quoi qu’il nous arrive désormais, que c’est une grâce et une merveille d’être là, à cet instant. Gratitude et bonheur infinis... »

Christophe André, 
 La Vie, 3 juillet 2014

vendredi 22 août 2014

Un bon devoir de vacances avec Elisabeth Marshall

On le croit à tort, mais la méditation silencieuse et immobile n’est en aucun cas l’apanage de l’Orient. Il existe une pratique occidentale chrétienne qui commence avec les Pères du désert égyptien au IVe siècle. Le moine Jean Cassien emploie à son sujet la métaphore de la roue. Sacrements, lecture des Écritures, contemplation de la nature ou exercice de la musique : comme les différents rayons de la roue, il existe différentes sortes de prières, mais toutes convergent vers un seul centre : l’Esprit du Christ. « Comme la roue, pour fonctionner, a besoin d’un centre immobile, commente le bénédictin Laurence Freeman, de la même manière, l’immobilité de Dieu et l’immobilité de cet amour est la source de toutes les activités de ma vie. » (http://meditationchretienne.org)

Il n’est pas besoin d’avoir la foi pour éprouver dans sa journée - où l’urgent l’emporte souvent sur l’important - la nécessité de retrouver un cœur paisible, de s’asseoir en silence, seul avec soi-même (ou avec Dieu) pour réajuster sa boussole et retrouver son centre. Se retirer dans la « chambre intérieure » dont parle l’Évangile, ce lieu où se réunifie l’être, corps, mental et esprit, pour être plus ouvert et attentif au monde. La pratique de la méditation - dont les méthodes sont de vrais succès de librairie - entre aujourd’hui à l’hôpital, dans l’entreprise ou à l’école, et on peut s’en réjouir. Car cette pratique universelle, qui réunit laïques et hommes de foi, est d’abord un chemin pour, selon les mots du philosophe Fabrice Midal, faire de nous de meilleurs humains, plus conscients, plus apaisés.

Prendre un temps avec soi-même pour être autrement présents aux autres, voilà un bon devoir de vacances. Qu’on choisisse de contempler en pleine nature ou de son balcon un soleil levant, de s’exercer à marcher ou à faire les petits gestes du quotidien en pleine conscience, d’être plus présents à ses enfants, ou de s’asseoir dans une église silencieuse, toutes les voies sont possibles. L’essentiel ? S’y tenir, conseillent nos experts. Dix minutes au moins chaque jour durant une semaine. Chaque matin dans l’immobilité intérieure, sans rien attendre. Juste pour voir si cela change quelque chose à nos journées...

Elisabeth Marshall

mercredi 20 août 2014

Un arbre à découvrir : le sugi


Le sugi (ou le cryptoméria du Japon, Cyprès du Japon ou Cèdre du Japon) est une espèce de conifères appartenant à la famille du cyprès chauve. C'est l'arbre national du Japon, où il est communément planté autour des temples, avec de nombreux sujets impressionnants plantés il y a des siècles...

carte du beau jeu de cartes "L'oracle des arbres"






mardi 19 août 2014

Les moines de Sainte-Marie de la Garde.



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inviolata


magnificat


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Les monastères sont des doigts silencieux dressés vers le ciel, le rappel obstiné qu’il existe un autre monde dont celui-ci n’est que l’image, qu’il annonce et qu’il préfigure. 

 Dom Gérard Calvet

Fondateur et premier abbé 


Une journée avec nous
Toute la journée monastique est rythmée par les différents offices, chantés en latin et en grégorien. En venant au monastère, vous pouvez assister à tous les offices qui ont lieu dans la chapelle.
Vous pouvez également demander à voir un moine-prêtre. Celui-ci répondra aux questions posées, apportera un secours spirituel à qui le réclame et, si la personne le lui demande, se rendra disponible pour le sacrement de la confession.
Les hommes peuvent partager le repas avec les moines, au réfectoire de la communauté. Moment convivial et fraternel, tout se vit dans un cadre de prière et de silence.
Voici les horaires d’une journée à Sainte-Marie de la Garde :
• Matines à 3 h 30
• Laudes à 6 h
• Messes lues à 6 h 30
• Prime à 7 h 45 (à 8 h dimanche & fêtes)
• Les moines se livrent à la lecture spirituelle et à la prière
• Tierce & Messe chantée à 9 h 30 (à 10 h dimanche & fêtes)
• Les frères s'adonnent au travail manuel jusqu'à 11 h 55
• Sexte à 12 h (à 12 h 15 dimanche et fêtes)
• None à 14 h (à 14 h 30 dimanche et fêtes)
• De nouveau, la communauté se livre aux diverses activités jusqu'à 17 h
• Vêpres à 17 h 30 (suivies, dimanche et fêtes, du Salut du Saint-Sacrement)
• Complies à 19 h 45.

Voir l'abécédaire

Pour commander le CD des moines