mardi 7 juillet 2015

Vitrail en lumière



[...] le vitrail est la forme la plus sauvage de l'art, la plus imprévisible.
Le vitrail n'est que folie, métamorphose, floraison illusoire, 
jeu d'algues échevelées dans une rivière de lumière. 

Bernard Titiaux
(Le passeur de lumière



lundi 6 juillet 2015

Engagement vivant...



« La vraie aventure de vie, le défi clair et haut n’est pas de fuir l’engagement mais de l’oser. »

« Le mariage ne nous veut pas présentables, il nous veut vivants. »

Christiane Singer, 
Éloge du mariage, de l’engagement et autres folies


dimanche 5 juillet 2015

La vie en communauté


Le mariage n’est pas seulement une lune de miel ; c’est aussi un temps d’appauvrissement et de deuil. Chacun perd son indépendance personnelle. 


Chacun sacrifie son moi égoïste à une relation dans laquelle l’homme et la femme deviennent un. C’est aussi la souffrance de la vie en communauté.  


La communauté est le lieu où la puissance du moi égoïste se révèle et où il est appelé à mourir pour que les personnes deviennent un seul corps et deviennent source de vie. 


Jésus dit: «Si le grain de blé ne tombe en terre et ne meurt, il reste seul; mais, s’il meurt, il porte beaucoup de fruit» (Jn 12, 24).


Jean Vanier




samedi 4 juillet 2015

Relève-toi...

Ose te tromper
Ose ne pas savoir
Ose l’incertitude
Découvre cette insécurité
Cette fragilité de ce qui t’échappe
Que veux-tu maîtriser
Qui ne s’enfuit pas ?
Que veux–tu enfermer
Qui ne soit vivant ?
Suis le mouvement
Comme chevelure au vent

Mais cherche la racine
Qui voit naître le changeant
Quitte les grandes paroles
Suffis-toi du peu
Dépasse l’insatisfaction
Inhérente à l’humain
Observe le temps passé
A courir sans cesse
Alors que l’enfant joue
Sans penser à demain
Tente la non demande
Le remerciement du rien
Aie l’intelligence fine
Qui permet l’équilibre
Entre réel et ressenti
Entre sommeil et la vie
Où que tu ailles sois présent
Surtout ne te quitte pas
Laisse venir, laisse partir
La vie s’écoule indéfiniment
Ne cherche pas à retenir
Tiens-toi dans l’ombre de toi-même
Réside dans ce qui ne paraît
N’ose pas le grandiloquent
De peur de t’y casser les dents
Evite la trop grande lumière
Elle a goût d’éphémère
Evite aussi le bruit
C’est la marque de ceux qui fuient
Cela ne semble pas facile
D’être accroché à un fil
Mais l’invisible te suit
En cela tu es garanti
Changer du grossier au subtil
En quelque sorte un nouveau style
Ne plus se fier aux apparences
Chercher plutôt la transparence
Cela semble un chemin
Une attitude sans fin
Découvre par toi-même
Vérifie si tu aimes

 Yannick David



vendredi 3 juillet 2015

A ma compagne la terre !


“Pourquoi nous haïr ? 
Nous sommes solidaires, emportés par la même planète, équipage d’un même navire.”

Antoine de Saint Exupéry

Photo de la Terre prise par le satellite russe Elektro L No. 1

Cette beauté époustouflante ce contraste violent entre les couleurs éclatantes de notre demeure et le noir profond de l'infini........cette soudaine prise de conscience de la relation de parenté qui nous lie à tous les êtres vivant sur cette planète étonnante : LA TERRE 
Russel



jeudi 2 juillet 2015

Accepter de sortir de sa coquille




En chaque être humain, il y a une soif de communion, un cri d’appel pour être aimé et compris d’un autre - ni jugé ni condamné; un désir profond d’être reconnu comme précieux et unique. 



Mais cette communion implique des exigences : il faut sortir de sa coquille, devenir vulnérable afin de pouvoir aimer et comprendre les autres, reconnaître chacun comme unique et irremplaçable, partager avec eux et leur donner espace et nourriture. 


C’est là que se trouvent la souffrance, la peur et même parfois l’impossibilité d’aimer. 



 Jean Vanier,
Communauté lieu du pardon et de la fête


mercredi 1 juillet 2015

Entre annonce et guérison par Sarah


Comment dire en quelques mots le chemin parcouru entre l’annonce et la guérison ?

« Annonce «, un mot écrit sur une convocation dans un centre de cancérologie, annonce de ce que l’on sait déjà, que l’on ne sent pas, que l’on ne voit pas mais que l’on sait.

Annonce qu’ON va vous opérer, vous faire absorber plus de chimie que vous n’en avez absorbé tout au long de votre vie, que vous serez sans doute fatiguée, nauséeuse, que vous perdrez peut-être vos cheveux, vos ongles ; peut-être seulement ou sans doute ?

Et si je n’acceptais pas tout ça ? Et si je me contentais de mes aides habituelles, des plantes, des granules, de mon souffle, de l’amour autour de moi, de la vie et de la joie en moi... et si?

J’ai hésité longtemps puis j’ai accepté.

J’ai accepté mais je ne me suis pas soumise. J'ai fait la part du feu, accepté en partie pour sauvegarder l’essentiel... L’essentiel, ce que j’aime, ceux que j’aime et qui m’ont aidée, m’ont offert de leur temps, des livres et des fleurs et des chants. De petits points de lumière où la vie se tient et d’où elle peut s’épanouir. Partir de là et remonter avec eux, grâce à eux, partir de ce que je suis, de ce qui m’est proche, de ce que je sais faire et aussi de ce qui m’est encore inconnu, caché, de ce que je ne sais pas. Et je me suis surprise à chanter, à dessiner. Moi qui ne savais ni dessiner ni calligraphier, j’ai couvert des pages de lettres et d’images, des lettres de tous les alphabets que je connaissais, des mots-images et des anges : celui qui annonce en tendant une fleur, celui qui guérit et ouvre les yeux avec le fiel du poisson, celui qui se bat contre le dragon-maladie et celui qui irradie, le porteur de lumière. J’ai transformé mes craintes en messagers d’espoir. J’ai utilisé ma fatigue, je l’ai faite lenteur pour goûter chaque instant, je me suis allongée au soleil d’hiver, j’ai caressé l’écorce des arbres et senti sous leur peau circuler la vie, j’ai regardé l’herbe pousser tout doucement, les oiseaux s’approchaient de moi, plus de crainte.

Je me suis donné du repos comme un cadeau très précieux qu’on déballe lentement, je me suis donné du temps pour regarder dehors et dedans, de la douceur.

J’ai médité des heures, dans la lumière et le pépiement des oiseaux, dans l’ombre aussi et le silence, j’ai envoyé dans tous les recoins de mon corps de la lumière et de l’amour. Et mon corps a aimé. Mon corps a consenti à s’unir à mon souffle, à s’apaiser, à regarder venir et s’en aller les vagues de douleur et de fatigue et à passer à autre chose dès que c’était possible, marcher, jardiner, danser puis travailler à nouveau, voyager à nouveau...
Aujourd’hui je me sens guérie, forte, plus forte qu’avant.
Habituellement trois ans après, on ne parle pas de guérison, on dit rémission : «Atténuation ou disparition momentanée des symptômes d’une maladie aiguë ou chronique».
Mais les mots ne sont pas fermés et lorsqu’ils le sont ils demandent qu’on les ouvre. J’ai ouvert rémission, remettre, « remittere » et j’ai trouvé ainsi rendre, détendre, relâcher et encore et surtout faire grâce, restituer. Ma vie a été remise entre mes mains et j’ai envie de la garder, d’en prendre soin, de la faire grandir, de la partager.

(source : Revue Reflets)




mardi 30 juin 2015

Prisonnier du temps...

"Le temps fuit inexorablement pendant que nous restons prisonniers de notre quotidien dérisoire"
Virgile


« Il faut parfois passer par des drames pour s'en rendre compte. Moi, ça a été la perte, en quelques mois, de mon père et de mes grands-parents, qui m’ont élevé. Cela m'a fait brutalement réaliser le côté précieux de la vie. Depuis, tous les jours en me levant, je m'efforce de penser à cette phrase de Virgile, pour ne pas oublier que chaque heure, chaque seconde que “j’avale” est exceptionnelle. Et je vous jure que ça fonctionne : introverti et nerveux de nature, j'ai longtemps eu tendance à me plomber le moral en entretenant en moi une colère. Mais je me suis rendu compte que je pouvais, au contraire, m’aménager une journée extraordinaire en gardant cette vérité à l’esprit. L’apaisement, on le trouve en apprenant à accepter les choses exactement telles qu’elles se présentent. En apprenant à faire avec la réalité de la vie. »

Akhenaton


Virgile : Poète latin (v.70-19 av. J.-Ç.). Cette citation est extraite des Géorgiques (Éditions de l’Écluse, 2007).
Akhenaton, chanteur du groupe IAM


dimanche 28 juin 2015

Méditation et vie quotidienne avec Jacques Castermane


En 1938, au Japon depuis quelques mois, Graf Durckheim entre dans le monde du zen en pratiquant la méditation de pleine attention (zazen) et l’art du tir à l’arc (Kyudo).
Son maître, Umeji Roshi, lui pose la question : « Alors, Graf Durckheim, quand pratiquez-vous ? »
Graf Durckheim répond, non sans une certaine fierté : « Cher Maître, je pratique chaque matin une demi-heure ».

Le visage du maître exprime un désappointement qui étonne le docteur en philosophie : « Vous pratiquez une demi-heure chaque jour ! Alors vous n’avez encore rien compris à ce qu’on appelle le zen. Il faut pratiquer toute la journée ! ».
En me racontant cette anecdote Graf Durckheim ajoute : « Il est clair que si je lui avait dit : - Je pratique toute la journée -, il m’aurait aussitôt répondu que, dans ce cas, je donnais la preuve que je n’avais encore rien compris, parce qu’il faut pratiquer une demi-heure chaque jour ! »
Cette anecdote attire notre attention sur la relation entre l’exercice de la méditation (une demi-heure chaque jour !) et l’exercice de l’attitude méditative dans le quotidien (toute la journée !).

L’objectif de nos actions dans la vie quotidienne concerne notre relation au monde extérieur. Ces actions sont le plus souvent effectuées sans attention particulière à notre manière d’être, à notre attitude.
La pratique méditative dans le quotidien, sans laquelle la méditation de pleine attention exercée chaque matin n’a pas de sens, exige que nous devenions conscient de notre manière d’être - en tant que corps (Leib) - en faisant cette action. Parce que si l’action engagée a à faire avec ma vie dans le monde extérieur, ma manière d’être - en tant que corps (Leib) - a à faire avec ma vie intérieure, mon vécu intérieur.

Par exemple : chaque matin, pour rejoindre ma voiture à l’endroit où elle est parquée, il me faut marcher une centaine de mètres. Ces cent pas sont perdus si je ne donne à cette action que le but de prendre ma voiture. Par contre, ces cent pas peuvent être l’occasion de me mettre en ordre intérieurement. Comment ? En répondant aux intentions de l’être qui, chaque fois que nous marchons, à chaque pas, nous invite à exercer cette action dans la tenue corporelle juste, la forme corporelle juste et le rythme juste.

Voilà de quoi exaspérer toute personne qui s’appuie, dans sa quête d’un mieux-être intérieur, sur les produits de l’activité mentale (Mind). L’homme identifié à l’idée : « Je crois que je suis ce que je pense que je suis », ne peut pas se fondre dans cette part de lui-même, sa propre essence, qui est le domaine du calme, de la confiance, de la paix intérieure. Ces qualités d’être ont leur source dans le corps vivant (Leib).
« Le corps vivant (Leib) n’est, sur le plan de la personne, ni un organisme physique détachable du sujet ni un instrument fonctionnant plus ou moins bien au service du moi profane. Il est l’unité d’attitudes et de gestes à travers lesquels l’homme prend forme et, en tant que telle, se réalise ou ... se manque. » (K.G.Durckheim)

Jacques Castermane