jeudi 16 avril 2015

Un exemple de persévérance


Nous avons tous à franchir des marches...




Le cancer, une excroissance pour croître intérieurement par Christian Rœsch (2)


LA VRAIE GUÉRISON: AIMER LE CRISEUX

D’un côté, maîtrise de la technique, de l’autre maîtrise de l’intériorité.
Mais quel était le but de l’épreuve du cancer pour ma vie?
J’ai mis du temps à le comprendre et encore je n’ai pas le sentiment d’avoir tout compris.
D’abord pourquoi ce cancer, dans cette localisation à la jonction œsophage-estomac?
Classiquement, on relie ce cancer à des problèmes alimentaires. Normal, Sauf que mon alimentation a toujours été de bonne qualité (mes parents tenaient un magasin de diététique comme on disait à l’époque). Je vis depuis longtemps à la campagne, dans un environnement sain. Je n’étais pas particulièrement « stressé », pratiquant régulièrement l’immobilité silencieuse depuis de nombreuses années.

Donc l’influence extérieure n’était pas la bonne piste.
J’avais observé que l'axe transversal dorso-thoracique au niveau du cardia était une zone de faiblesse liée à mon histoire la plus ancienne. Mais qu'en dire de plus?
Enfin, j’ai fini par comprendre que ce cancer était le résultat de mon comportement ordinaire.
Quand on me dit quelque chose de désagréable, quand on me fait quelque chose qui me contrarie, je le rumine. Les agacements restent en travers de la gorge. Les déplaisirs me rester l’estomac. Ceci provoque une acidité qui remonte. Jusqu’à ce que je ne puisse plus supporter. Alors la réaction à ces agacements sort violemment, en crise, pour évacuer. Forcément, en me fâchant durement contre l’entourage. Puis le calme revient et le processus recommence. À la longue, mon aigreur de la vie a entamé le tissu œsophagien.

Pour être transparent, cela fait 25 ans que je suis un chemin spirituel. Il m’a amené à voir ce fonctionnement ponctué par des crises. Il m’a conduit à aimer le « criseux », à transformer certaines situations au point que ma vie conjugale, professionnelle, amicale en a été radicalement modifiée. Mais dans le quotidien, pour nombre de petits agacements, le processus était toujours là. Si bien que cette zone de mon corps trop anormalement sollicitée depuis si longtemps a baissé les bras.
Comment pourrais-je en vouloir à ce cancer?
Comment pourrais-je accuser Dieu de me punir?
Non. Je suis seulement invité à aimer quand je suis agacé. Au lieu de ravaler ma souffrance, la plus petite, je peux en faire une occasion de miséricorde. pour moi, pour l’autre.
La vraie guérison est là.
Le dernier scanner (octobre 2014) ne montre plus de trace de cellules cancéreuses. Je sais que la guérison est liée à ma pratique. Si je continue dans ce sens, je suis à l’abri de récidive. Si je continue, l’amour grandit.

Je sais que cette santé, intimement liée à la joie de vivre, m’est donnée pour que la tâche qui m’a été confiée se développe. Rester en vie pour servir. Le désespoir du manque de sens de la vie qui me rongeait est devenu un besoin de dire que la vie a du sens. C’est le but de REFLETS.

Il y aura d’autres épreuves, pour que je progresse encore. Ne serait-ce que l’ultime qui nous concerne tous : la mort. Dernière occasion sur terre de grandir.

Témoignage de Christian Rœsch 
dans la Revue Reflets



mercredi 15 avril 2015

Le cancer, une excroissance pour croître intérieurement par Christian Rœsch (1)

Le cancer, un chemin de réconciliation, de réunification ? C’est ce qu’a vécu Christian Rœsch. Avant d’être fondateur de REFLETS, il exerçait le métier de chirurgien-dentiste, orienté vers les pratiques alternatives. Un cancer de l’œsophage l’a amené d’abord à apprécier les bienfaits de la médecine classique, puis à comprendre l’invitation de cette maladie à se dépasser pour servir la vie.

Une difficulté à avaler, comme un raclement dans le fond de la gorge, me voilà en route pour me faire soigner par un naturopathe. Ma tendance - due à mon histoire depuis mes premiers jours sur terre - a toujours été de me méfier de la médecine institutionnelle et par réaction de faire plutôt confiance à ceux d’à côté. Si bien que j’ai étudié et pratiqué les médecines dites alternatives avec frénésie (homéopathie, acupuncture, kinésiologie, orthodontie fonctionnelle...). Ce thérapeute ne me procura aucun résultat. J’ai persévéré en allant voir un médecin acupuncteur chevronné et réputé. Il m’a remarquablement rééquilibré les énergies des méridiens mais cela n’a eu aucun effet sur mon problème. Il m’a envoyé vers un magnétiseur renommé. Pareil !

Si bien que mon problème s’aggravant (douleurs, vomissements...), je consulte mon généraliste et ami. Bien sûr j’aurais dû commencer par lui mais on ne se refait pas! Il m’envoie illico chez un gastro-entérologue qui décide une gastroscopie en urgence, laquelle se conclut par: « Ce n’est pas bon signe ». Là, je perçois enfin l’hypothèse du cancer. Il veut me revoir dans 15 jours quand il recevra les résultats de l'anatomopathologie. À cette date je suis à un séminaire. Nous convenons qu’il me donne les résultats au téléphone à l’heure du déjeuner. Au téléphone, le gastro me communique les résultats confirmant le soupçon de carcinome de l'œsophage au-dessus du cardia. Ça y est : je comprends que c’est une épreuve sérieuse. J’accepte ce qui est. Accepter, c’est recevoir avec le sourire. Je retourne à table, continuant la conversation en cours. Cela pourrait ressembler à un déni. Vingt-cinq ans de travail intérieur, accompagné par le même maître ont un effet certain. Je l’avais déjà vérifié lors d’un accident grave de moto deux ans auparavant.

GÉMIR OU ACCEPTER?

Le temps d’un cri de toutes mes forces dans le casque - pour ne pas perdre conscience - c’était la durée pour choisir entre : gémir et en vouloir au conducteur de la voiture qui m’avait renversé ou bien accepter où le Ciel voulait m’emmener. Je sais, de tout mon être, que Dieu ne me veut pas de mal. Il est amour. Mais l'amour divin n’est pas l'amour affectif. Il guide ma vie incluant tous les moyens pour me permettre (ce qui est différent d'obliger) de progresser en conscience, en amour. L'accident de moto m’avait fait changer de vie : passer de chirurgien-dentiste à directeur de publication. Maintenant, où veut-il m'emmener avec ce cancer?

DIEU NE ME VEUT PAS DE MAL

Le premier enseignement que je tire de cette maladie est ceci :
J’étais dans un clan par rapport à la médecine, la médecine marginale.

La vie m’a amené à m’en remettre à l’autre camp. Quel humour! Si bien que je suis réconcilié profondément. Les deux ont leur rôle, et ils ne sont pas interchangeables.
Dans le circuit du traitement du cancer, j’ai été « bien traité ». C’est-à-dire non seulement bien soigné mais encore pris en main humainement par des équipes médicales faisant de leur mieux, à tous les niveaux depuis les aides-soignantes jusqu’aux patrons. Cela n’a pas empêché Dieu de pousser le curseur des épreuves. À la troisième séance de chimio préopératoire, j’ai approché la mort. Est-ce que j’aurais un reproche? Est-ce que j’aurais un regret? Certes non, j’ai vécu de grandes contemplations lors de ce passage. Les scientifiques se demandent s’il y a de la vie ailleurs que sur terre. La vie terrestre visible est une goutte d’eau par rapport à la vie de l’univers. C’est une certitude pour mon être, mais je sors du sujet...

Cette réconciliation me fait voir la médecine autrement. D’un côté, persiste une médecine empirique, héritée des connaissances anciennes lorsque les hommes étaient proches de la nature. Cette connaissance n’est pas d’ordre rationnel, elle ne s’explique pas. Parfois elle dégénère en « savoir » plus ou moins commercial. Dans tous les métiers il y a des charlatans. De l’autre, la médecine moderne atteignant des sommets de performance en diagnostic analytique, en médicaments, en chirurgie. Elle n'exclut pas l’art du médecin : le nez, cette intuition complétant l’expérience qui oriente un diagnostic avant toute preuve matérielle. La réconciliation me fait pressentir la médecine postmoderne. À la technique de plus en plus efficace mais qui rend le malade de plus en plus objet de la science, se joindra la médecine « humanisant ». Le médecin aidera le malade à comprendre le sens de sa maladie et l’orientera vers l’accompagnement nécessaire pour qu’il trouve les actes pour progresser dans sa vie et guérir en profondeur. C’est donc un médecin qui aura fait un travail de fond sur lui-même menant à de « grands yeux » voyant l’intériorité révélée par la maladie, et ayant une vraie compassion pour ses malades (compassion: vivre l’épreuve de la « passion » avec l’autre)...


mardi 14 avril 2015

Mon cancer de l’âme, une intention divine

Entre vie et mort?
Ce que Dieu veut et non ce que je veux !
Vivre pour deux au lieu de mourir à deux !


Ces deux phrases résonnent en moi. Les dire est une chose et pourtant il n’est pas si simple de les vivre. Entre dire et vivre : un monde !
Je vais tenter de partager avec vous 15 jours, 15 jours au cours desquels j’ai cru que mon mari allait mourir. Et je n’étais pas encore prête à son départ.
Tout d’abord je dois vous confier que je me suis rebellée quand il m’a annoncé ce cancer. Après un accident de moto, un cancer. Alors là, Dieu exagère ! Et puis ces phrases montent en moi : « Pourquoi accuser Dieu ? As-tu envie de souffrir avec le cancer de ton mari ? N’as-tu rien d’autre à faire que de te rebeller ? »
Une certitude vient de mon cœur : tout est juste, que vais-je apprendre ?

Une nuit, alors que mon mari était dans le cirage, assise à son chevet et cependant face à moi-même, je me suis posé des questions sur ce qui nous arrivait. De question en question, j’ai compris que nous étions tous les deux malades, pas seulement mon mari mais moi aussi : lui dans son corps et moi dans mon âme. J’ai compris que ce cancer était dans notre couple et que je voulais vraiment profiter de sa maladie au lieu de la subir. En moi j’entendais : « Il a besoin de tes rayons ». Quels seront mes rayons ?

Il est amaigri, 20 kilos en moins...
J’ai commencé à m’occuper de lui avec une infinie tendresse en le massant. Un corps alité aime tellement qu’on le touche, qu’on le masse... Tous les jours, à chaque instant où il avait mal quelque part, je le massais. Par ces massages je me suis rééduquée à une plus grande tendresse, tant envers moi qu’envers lui.
Et même encore plus.
Oui encore plus, car après 40 ans de vie commune j’avais oublié que je pouvais lui dire « je t’aime ».
Oui encore plus, car des souvenirs me revenaient où j’avais été en pétard contre lui, des instants où je m’étais emportée contre lui. Ce fut le moment de lui dire « pardon, je n'ai pas su t’aimer ». Comme cette miséricorde m’a soulagée et rendue plus légère. Ce cancer était là pour me faire grandir en amour et rendre encore plus juste ma vie. Ce cancer fut vraiment une « intention divine ». Une journée, une nuit : est-ce la fin ???

Difficile pour moi de saisir tout ce qui se passe chez lui.
Je sais qu’il a accepté cette chimio et pourtant son corps la refuse. Et son corps se révolte. Il est dans le cirage. Il a de fortes fièvres. Il est pris de tremblements et claque des dents. Il me dit : «Je suis perdu, je ne sais plus où j’en suis ». Alors je m’occupe de son corps. Je mets mes mains sur son ventre. Incroyable ce qui passe dans mes mains. Tout mon corps respire dans mes mains tellement je suis totalement tournée vers lui et vers le meilleur de moi-même... 
Petit à petit, les tremblements s’estompent. Je lui lis un passage des Dialogues avec l’ange - notre livre de chevet à tous les deux. Les médecins lui changent ses antibiotiques pour essayer d’enrayer cette fièvre qui est toujours là. Toute la journée je me suis occupée de son corps. Nous ne nous sommes pas dit grand-chose. Le soir arrive : que fais-je ? Est-ce que je reste avec lui toute la nuit ? Il est encore si mal !


Alors je n’ai plus qu’un seul refuge : prier. Je commence par une prière que je connais : le Notre Père. Et je la répète. Je continue avec celle du Père Charles de Foucauld « Je m’abandonne à toi »... Un sentiment m’envahit tout à coup. Et la question surgit : es-tu sûre de t’abandonner ? La nuque droite je m’entends dire : tu es sur terre pour LE servir. Uniquement pour Le servir. Ta vie ne t’appartient plus, comme la sienne.
Cette réponse me prend. C’est fort et pourtant je ne suis pas certaine de TOUT avoir compris. Cela me donne une intime conviction : je ne resterai pas au bord de son lit.
Alors Christian me murmure : « Dieu est juste avec moi. Il est en train de m’apprendre pour la suite ».

Je l’ai embrassé, et je suis partie. Une évidence s’imposait : tout est juste, nous sommes tous les deux à la place où Il nous a mis.
Le lendemain matin lorsque j’arrive à son chevet : un sourire illumine son visage. Il me dit : « J’ai encore à être utile sur terre ».
Au cours de ces quinze jours, j’ai réalisé combien il était important de prendre soin de moi et non pas de m’oublier dans un activisme à ses côtés. En prenant soin de moi. je prenais également soin de lui. En étant à ma juste place, je l’aidais aussi à vivre... 
Là étaient mes nouveaux rayons.

Thérèse
(source :revue Reflets n°15)

lundi 13 avril 2015

Le miel qui soigne...


Des conseils pour utiliser le miel et découvrir ses bienfaits :


dimanche 12 avril 2015

Le poids du non-dit avec Alexandre Jollien


Une très sérieuse étude conduite par le professeur Cole de l'université de San Francisco vient nous prendre comme par la main pour briser ces silences qui peuvent tuer pour de bon. D'abord, elle nous invite à risquer une vie toujours plus à l'écart du mensonge, des non-dits, de la duplicité, bref, de la comédie sociale et de la honte. Je commence à deviner pourquoi le Christ mène une guerre sainte contre l'hypocrisie. Aujourd'hui, je comprends mieux son intransigeance salutaire.

Le chercheur américain a découvert, en observant plus de 200 hommes homosexuels, que ceux qui dissimulaient leur attirance affective à leur entourage développaient trois fois plus de cancers ou d'infections sérieuses. Il n'est pas de ma compétence d'évaluer la scientificité de ce résultat. Mais l'enseignement est lumineux : les luttes intestines qui nous dévorent, le règne du secret nous détruit. Outre le poids des non-dits et l'atrocité de ne pas pouvoir être soi au grand jour, c'est carrément l'enfer de ne pas être accepté pour qui nous sommes en vérité. Que ne doit-on pas cacher au quotidien ? Une critique, un sentiment, une déception, une attente, un fantasme, des idées politiques, un avis sur le dernier livre à la mode, ce n'est pas forcément un gros truc qui nous reste en travers de la gorge...

Sur le terrain de la vie spirituelle, il est mille enseignements à en tirer. D'abord, peut-être, une invitation à oser une authenticité, une sincère transparence. Qui, du matin au soir, part en lutte contre lui-même et, à tout instant, s'éreinte à refuser ce qui le constitue vraiment, n'a pas fini de vivre un enfer. Une chose est de renoncer à soi, briser son ego, quitter l'étroitesse de son égocentrisme, une autre est de dénigrer ses blessures, condamner sans aucune bonté ses désirs, sombrer dans une autocritique permanente qui nous rend exsangues et sans force et qui, in fine, nous interdit tout véritable progrès. Car il en faut de l'énergie pour nier les faits, pour s'aveugler soi-même, pour se mentir et pour enfiler chaque matin un costume mal ajusté ! Non qu'il s'agisse de vider ses poubelles et de déverser sur le premier venu tout ce qui charge un coeur, mais simplement être qui on est. En compagnie de son directeur comme aux côtés d'un proche, pourquoi devrions-nous forcément changer radicalement d'attitude ? Mais c'est surtout à l'amour inconditionnel que cette recherche m'invite. D'abord, oser le non-jugement, n'enfermer ni soi ni personne dans des rôles et des attentes.


Je n'ai pas pu m'empêcher, en découvrant la nocivité de nos conflits intérieurs et du mensonge réitéré chaque jour, de penser au propos de Jésus : « Je suis le chemin, la vérité et la vie. » Ce verset convertit comme un koan. Et nous invite à quitter la tendance à tout justifier pour être, progresser dans la vérité. D'ailleurs, même les adversaires de Jésus lui adressent ce magnifique compliment qui constitue une route à suivre, un exemple à imiter : « Maître, nous savons que tu es franc et que tu enseignes les chemins de Dieu en toute vérité, sans te laisser influencer par qui que ce soit, car tu ne tiens pas compte de la condition des gens. » Comment mieux dire qu'il ne faut pas faire de courbettes ni juger d'après les apparences mais regarder de coeur à coeur et ne pas réduire ni réifier l'autre à ses blessures. Pour progresser, tout le monde a le droit d'être aimé et accueilli comme il se présente en cet instant. Et pour l'heure, qu'est-ce qu'à mes yeux, concrètement, ici et maintenant, être vrai ?

Alexandre Jollien est un philosophe et écrivain né en 1975 à Savièse, en Suisse. Son dernier livre, Vivre sans pourquoi, est paru au Seuil. 
(source : La Vie)


samedi 11 avril 2015

Une seule eau, une seule respiration...

« N’y a-t-il pas grand bonheur à savoir que toutes les eaux de la terre sont reliées par le jeu subtil des infiltrations et des nappes ? N’y a-t-il pas grand bonheur à savoir que les vivants, bêtes et gens, sont reliés par d’invisibles rhizomes : une seule respiration pour tous sous le soleil. 

Il n’y a que les sots qui ne veulent être que pour soi et ne se réjouissent pas d’un si vaste lignage ! » […]

 « Le monde n’est-il pas empli de ces âmes mortes guidées par la peur et l’envie, ignorant tout, pillant et profanant puisque personne jamais n’a pris soin d’elles ? Une meute féroce d’âmes mortes à qui toute tendresse a été refusée !

 Christiane Singer 
Seul ce qui brûle


vendredi 10 avril 2015

Armelle Six : rencontre sans préjugés et pleine conscience (3)

Armelle Six
 (un extrait d'une émission au Québec)
21 min.
 

"Je sors et des larmes coulent, mon coeur brûle ... Waw... La vie! Le soleil, les gens qui vont au boulot...
Je me sens vraiment toute neuve... 
Belle journée dans la simplicité d'un merveilleux sourire échangé avec un ouvrier tout étonné! "



jeudi 9 avril 2015

Armelle Six : Rire... et moment présent (2)


Armelle Six
 (un extrait d'une émission au Québec)
3 min.
 
"Je n'ai plus de mot pour parler de ce que je vis, de ce qu'est la vie... Ils sont tous trop courts et ne font jamais un véritable hommage à la simplicité et la beauté de ce qu'est la vie, le bonheur dans toutes ces expressions....
Je voudrais tant vous dire, vous crier cette simplicité, et je me sens aujourd'hui presque muette..."



mercredi 8 avril 2015

Armelle Six : Chante la Vie... (1)


Armelle Six 
(un extrait d'une émission au Québec)
12 min. 





Suite au décès de son fils en avril 2001, et face à la surprise et l’intensité de l’événement et du vide rencontré, une brêche s’ouvre en Armelle et elle redécouvre alors depuis celle qu’elle avait toujours senti être mais qu’elle ne vivait pas. Une question surgit très fréquemment : "qui suis-je ?" 
Au cœur des larmes et du désarroi, surgissent aussi des rires et une joie spontanée. 
Elle s’émerveille à nouveau des petites choses du quotidien et vit et voit l’extraordinaire dans l’ordinaire. Très vite, elle se rend compte qu’elle ne vit pas la vie qu’elle sent en elle et décide alors de tout changer, et de se mettre à l’écoute de ses élans intérieurs. 
Confrontée à des gens qui doutent autour d’elle et la croyent motivée dans ses actes par la souffrance, elle, elle sent plutôt un désir de vivre pleinement, un renouveau et une reconnexion de plus en plus forte avec elle-même. Elle voit ses doutes reflétés par les autres et choisit de se faire confiance... de là une toute nouvelle aventure commence et de plus en plus d'harmonie dans ses relations. Elle dit d’ailleurs de cet événement "Gauthier et moi, nous sommes mutuellement donnés naissance. Ma grossesse m’avait déjà reconnectée à moi, me faisant me découvrir sous un jour nouveau. Sa mort a donné naissance à ce que je connaissais de moi intuitivement, qui ne pouvait plus être retenu." 

Elle vit, les années qui suivent, un profond retournement sur elle-même, et une écoute de plus en plus authentique de ses élans intérieurs, de toutes les inspirations qui la traversent qu'elle suit, sans compromis. De cela, se révèle plus forte et plus présente, une joie et une fluidité au-delà des expériences vécues. Aujourd’hui, elle est invitée aux quatre coins du monde pour partager cette joie et cette vie sans effort... Au travers d’un message d’une grande simplicité et clarté, elle rend accessible à tous l’inévitabilité du bonheur que nous sommes et invite tout qui elle rencontre à la rejoindre là... à juste se laisser être et s’arrêter un moment pour voir que tout est déjà là, qu’il n’y a rien d’autre à chercher. Et dans cette prise de conscience, tout change. La joie, c’est moi !...


mardi 7 avril 2015

Christiane Singer : Récit de notre visite à l'hôpital de Vienne par Marie Millis

En ce jour anniversaire (il y a trois jours), j'ai envie de partager avec tous ceux et toutes celles qui aiment Christiane Singer, cette magnifique lettre qui relate une visite à Christiane lors de ses derniers jours, avant son grand départ.....je la trouve infiniment émouvante et vraiment proche de ce que j'ai moi-même ressenti lors de sa rencontre.... 
" Récit de notre visite à l'hôpital de Vienne"
"Nous rentrons d'une fête, magique, généreuse, de pure grâce.
C'est tout clair que le corps de Christiane la lâche mais comme sa présence est intense, vibrante, généreuse !

Par chance ce mardi elle était en pleine forme. Je l'ai vue seule d'abord.
En entrant dans sa chambre elle a tout de suite sorti une liasse de papier de son armoire : j'écris, mon livre est bientôt prêt. Ses yeux pétillaient.
Plus tard dans la conversation elle m'expliquera que le 28 février est la date donnée pour fatidique par le jeune médecin qui le 28 août en brandissant ses radios lui a dit « Madame, vous n'avez plus que 6 mois à vivre ». L'envoi de son manuscrit à la date où elle devrait être morte avait dans ses yeux une étincelle de bon tour. Elle se joue du sort, elle entre dans la vie et dans la mort en même temps. Son livre en est témoin, et nous le serons tous d'ici peu en lisant ses textes.
Elle a brandi comme un trophée son « accident de travail », son coude décharné et écorché d'avoir trop frotté sur le drap pour écrire. Qu'importe elle continue.
Elle m'a dit l'implacable, insoutenable douleur de ces derniers jours et le miracle de la transfiguration, la vibration de toutes ses cellules qui en a été le fruit.
Dans un geste puissant de ses bras décharnés elle s'est tapé le front en disant : Et dire que j'ai osé parlé de la souffrance !
Je lui ai répété ce que je t'ai écrit : qu'elle effectue pour nous tous l'aventure de la résurrection. Elle a très bien compris l'ampleur de ce constat : passer de l'autre côté porteuse d'un flambeau et revenir avec des mots à nous offrir. Elle a acquiescé des yeux puis elle a eu son regard espiègle : mais ne me mettez pas sur un piédestal. J'ai aussi mes colères.
Elle a expressément demandé que Léonard nous rejoigne, alors que discret il marchait au bord de l'eau pour me laisser avec Christiane. Nous sommes remontés ensemble dans sa chambre et y sommes restés pour une immersion infinie dans le bonheur de vivre et la littérature. Elle nous a raconté l'enfance de Hans Peter Dürr et nous a confié 4 pages de son carnet bleu : « Le monde a besoin de notre vénération ». Pour nous c'est un cadeau superbe, immérité comme Christiane aime à le dire.

(...) Elle a beaucoup écrit et lu en notre présence : l'agenda d'Initiations, son manuscrit, l'annonce de la nouvelle revue : Itinéraires, la présentation des rencontres sur ses textes. A la troisième fois où elle chaussait ses grandes lunettes pour lire où écrire je lui ai dit que je la prendrais bien en photo ! Notre élégante a réagi comme tu t'en doutes : non pas sans mes cheveux. Nous avons souri. Comme elle était de face la photo n'aurait pas signalé cette absence mais au contraire l'incroyable force de sa passion dans la fragilité de son corps lumineux. Ma rétine en gardera pour toujours l'image : une des plus belles photos de mon album intérieur. Une très grande dame.
Comme nous parlions des stages sur ses textes, elle me dit que l'éditeur canadien aurait bien aimé enregistrer tous ses livres. Elle aussi. « Peut-être encore un », m'a-t-elle confié. Faut-il s'activer pour réaliser ce souhait ?
Comme elle reparlait de son livre actuel, je lui ai rappelé qu'elle disait en conférence: La littérature c'est prendre sa vie infiniment au sérieux.
Oh c'est beau ça, dit elle. Et elle reprend son carnet n° 13 pour l'écrire…en me demandant de lui dicter sa propre parole :
« La littérature c'est prendre sa vie passionnément au sérieux", dit-elle.
Oui, mais pour te citer comme tu l'as dit, c'est prendre sa vie infiniment au sérieux.
Ah ! dit elle derrière ses grandes lunettes, et en corrigeant ce qu'elle écrivait, une citation est une citation. Je me trouvais donc un instant à être plus Christiane que Christiane, à lui rendre ce qu'elle a donné. Clin d'œil.
Nous étions venus avec plein de messages comme celui-ci dans le cœur :
Merci, Léonard et Marie, de m'avoir offert ce texte-témoignage de Christiane.
Apportez lui l'amour et la reconnaissance de tous ceux pour lesquels elle a été un phare. Tout en silence, emplissez sa chambre d'une bulle de tendresse.... de notre tendresse infinie, pour la bercer et la baigner de paix.
Elle a tout reçu, lisant les cœurs, accueillant les messages, rendant les enveloppes.
A la fin de notre visite, elle a fait circuler la tendresse qui l'entoure, acceptant nos cadeaux et puisant dans son tiroir deux cadeaux pour les enfants. Elle a eu une intensité de dernière volonté en regardant Léonard.
En sortant de sa chambre nous n'avions goût à rien d'autre qu'à marcher, déambuler, le regard vide sur la ville qui ne se souciait pas de nous. Dans l'avion au retour nous avons pris la mesure : s'extraire de notre quotidien en avion, en voiture, entrer dans l'énorme ville de Vienne où vivent plusieurs millions de personnes et se diriger vers une seule, et puis revenir sans rencontrer personne d'autre, comblés. Au-dessus des nuages, dans l'avion, nous étions conscients de l'ampleur de cette rencontre pour nous trois. Comme Christiane qui tient sur son cœur les lettres auxquelles elle ne peut plus répondre en mots, nous la tenons sur notre cœur, au plus intime de nos vies. Le temps est suspendu, l'intensité infinie. Maintenant je sais, que je vive ou que je meurs, je vis.
Elle me l'a redit émerveillée de cette certitude qui lui est venue comme une de ces voyances où le sens ouvre une brèche vers cet au-delà qui nous côtoie.
J'hésite à t'envoyer ce message car j'ai le sentiment qu'il est incomplet : nous avons tant reçu ! Nous nous regardions Léonard et moi comblés, émus, bouleversés et heureux, tellement heureux.
Je t'embrasse de tout cœur"
Marie

lundi 6 avril 2015

Bonne semaine du Renouveau !

La fête de Pâques se déroule, depuis les tout premiers siècles, pendant toute la semaine qui suit le dimanche de la Résurrection. Cette semaine porte les noms de semaine de Pâques ou octave de Pâques en Occident, semaine Radieuse ou semaine du Renouveau en Orient. 

Qu’a-t-il donc de spécial, ce lundi? 

La réponse est à chercher du côté du Moyen-Âge. A l’époque, la semaine qui suivait le dimanche de Pâques était appelée "Octave de Pâques" et était entièrement fériée. Elle permettait aux pèlerins de faire l’aller-retour jusqu’à Rome, un trajet généralement long en ces temps marqués par une certaine faiblesse du secteur du transport aérien. 
 Mais en 1801, la signature du Concordat vient tout changer. L’organisation des pratiques religieuses en France sort du giron de Rome et l’Eglise catholique française passe sous l’autorité de Napoléon Bonaparte, alors Premier Consul. Entre autres décisions, Bonaparte décide de réduire l’Octave de Pâques à sa portion congrue: seul le lundi de Pâques conserve le statut de jour férié.

Aujourd'hui, la plupart des pays a suivi le modèle français, ne conservant que le Lundi de Pâques comme vestige de l'octave pascale. Le jour est ainsi férié dans la quasi-totalité des pays européens, exception faite de la Russie, du Portugal et de certaines régions d'Espagne. 
 Il fait la joie des professionnels du tourisme, s'imposant dans l'imaginaire collectif comme le lancement officiel de la saison bénie des week-ends prolongés. 


Joyeuses Pâques à tous!


Après le jour du sabbat, comme le premier jour de la semaine commençait à poindre, Marie de Magdala et l'autre Marie vinrent visiter le sépulcre.
Et voilà qu'il se fit un grand tremblement de terre : l'Ange du Seigneur descendit du ciel et vint rouler la pierre, sur laquelle il s'assit.
Il avait l'aspect de l'éclair, et sa robe était blanche comme neige.
A sa vue, les gardes tressaillirent d'effroi et devinrent comme morts.
Mais l'ange prit la parole et dit aux femmes : "Ne craignez point, vous : je sais bien que vous cherchez Jésus, le Crucifié.
Il n'est pas ici, car il est ressuscité comme il l'avait dit. Venez voir le lieu où il gisait,
et vite allez dire à ses disciples : Il est ressuscité d'entre les morts, et voilà qu'il vous précède en Galilée ; c'est là que vous le verrez. Voilà, je vous l'ai dit."
Quittant vite le tombeau, tout émues et pleines de joie, elles coururent porter la nouvelle à ses disciples.
Et voici que Jésus vint à leur rencontre : "Je vous salue", dit-il. Et elles de s'approcher et d'étreindre ses pieds en se prosternant devant lui.  Alors jésus leur dit : "ne craignez point ; allez annoncer à mes frères qu'ils doivent partir pour la Galilée, et là ils me verront."

Evangile de Matthieu au Chapitre 28, versets 1 à 10