mercredi 23 juillet 2014

Les sages ne sont plus des modèles avec Matthieu Ricard...


Interview de Matthieu Ricard (4 min.)


En 1972, Matthieu Ricard a décidé de devenir moine bouddhiste et de méditer. Mais il continue à écrire. Il a publié en septembre dernier son œuvre la plus importante : "Plaidoyer pour l'altruisme – La force de la bienveillance" (éditions Nil). Un pavé de plus de 900 pages, pour montrer le pouvoir de transformation positive qu'une attitude altruiste peut avoir sur les autres, et sur nous-mêmes.

Interprète pour le Dalaï-lama, Matthieu Ricard dénonce l'individualisme grandissant de la société. Où chacun se croit supérieur. Et unique. Cela commence avec la mentalité de "l'Enfant roi". Il raconte qu'aux États-Unis, un vêtement sur dix porte quelque part la mention "princesse". Cela va jusqu'en classe où les professeurs américains sur-notent leurs élèves et leur laissent ainsi croire qu'ils sont les meilleurs du monde. Même si toutes les études comparatives montrent l'inverse.

Matthieu Ricard explique que cela se fait au détriment de tous les repères et donc de la vie en groupe. Il cite ainsi un sondage qui en dit long sur les valeurs de notre société : "On a demandé aux gens, aux Etats-Unis, quelle personne ils admiraient le plus, le Dalaï-lama ou Tom Cruise. 80% ont répondu le Dalaï-lama. On leur a ensuite demandé qui ils voudraient être. 70% ont choisi Tom Cruise. Ca veut dire qu’ils se disent qu’il vaut mieux être beau, riche et influent comme Tom Cruise."

La violence en baisse :
Dans son livre, Matthieu Ricard montre également que la violence n’a cessé de baisser depuis des siècles. Par exemple, le nombre d’homicides en Angleterre pour 100.000 habitants était de 110 en 1350, de 10 au XXVIe siècle et désormais de un. "En Europe, on a entre cinquante et cent fois moins de chances d’être tué", assure le moine bouddhiste, qui rappelle que "c’était un spectacle d’aller voir les pendus au Moyen-Âge. A tel point qu’un village français a loué un condamné à mort à une autre ville parce que les gens se plaignaient qu’il n’y avait pas eu d’exécution publique depuis longtemps."

source : France Inter (Tout est son contraire)


mardi 22 juillet 2014

Dans les filets de l'être...

Débarrassez-vous de l'impression d'être quelqu'un.
Soyez rien d'autre.

Remove the sense of being somebody.
Just be.

Ganga
Tiruvannamalai, Inde janvier 1999





lundi 21 juillet 2014

samedi 19 juillet 2014

L'Amour avec Osho


Pour Atteindre l'Amour, il y a quatre pas à mémoriser.

Le premier : être ici et maintenant, parce que l’amour n’est possible qu’ici et maintenant.
Tu ne peux pas aimer dans le passé.

Le second pas vers l’amour c’est : apprends à transformer tes venins … en miel ...

Le troisième pas vers l’amour c’est de partager tes éléments positifs, partager ta vie, partager tout ce que tu peux avoir.
Tout ce que tu as de beau, ne le cache pas.

Et le quatrième : ne sois rien.
Quand tu commences à penser que tu es quelqu’un, tu t’immobilises, tu te figes.
Alors l’amour ne coule plus.
L’amour ne s’écoule que de quelqu'un qui n’est personne.

L’amour réside dans le rien.
Quand tu es vide, il y a de l’amour.
Quand tu es plein d’ego, l’amour disparaît.
L’amour et l’ego ne peuvent converger.

Il est très facile d’aimer les gens dans l’abstrait, le vrai problème surgit dans le concret.

Et souviens-toi, si tu n’aimes pas les êtres humains concrets, les êtres humains réels, tout ton amour pour les arbres et les oiseaux est faux, pur bavardage.
L’amour est une fleur très fragile.
Il doit être protégé, il doit être renforcé, il doit être arrosé ;alors seulement il grandit.
Aime comme quelque chose de naturel, comme tu respires.
Et quand tu aimes quelqu’un ne commence pas à exiger ; sinon, même dès le début, tu commenceras à fermer les portes.

Osho


vendredi 18 juillet 2014

Un maître de pleine conscience, Thich Nhat Hanh

Notre véritable héritage

Le cosmos est plein de précieux trésors 
Je veux t’en offrir une poignée ce matin.
Chaque moment que tu vis est un joyau 
Qui resplendit et contient la Terre et le ciel,

L'eau et les nuages.
Tu n’as qu’à respirer doucement
 Pour que les miracles apparaissent.
Alors, tu entends l’oiseau chanter,
Les pins murmurer.
Et soudain, tu vois la fleur s’épanouir,
Les nuages blancs dans le ciel bleu,
Le sourire et le regard merveilleux de ton aimé(e)

Toi, la personne la plus riche sur Terre,
Tu erres depuis si longtemps,
Ne sois plus cet enfant pauvre,
Reviens et reçois ton héritage.

Savourons notre bonheur 
Et offrons-le à chacun.
Chérissons ce moment présent.
Laissons partir le fleuve de nos détresses 
Et choyons la vie présente au creux de nos mains

Thich Nhat Hanh
(Prendre soin de l'enfant intérieur)





jeudi 17 juillet 2014

Vision d'êtres(s)



"Le seul véritable voyage, le seul bain de Jouvence, ce ne serait pas d’aller vers de nouveaux paysages, mais d’avoir d’autres yeux, de voir l’univers avec les yeux d’un autre, de cent autres, de voir les cents univers que chacun d’eux voit, que chacun d’eux est." 

 Marcel Proust
La Prisonnière, page 762


un jour où je me nourris de la relation aux autres et au monde...

La revue REFLETS adhère au « jeûne pour le climat» dont le but est de sensibiliser au changement climatique jusqu’au congrès mondial en décembre 2015. Pour –je cite- pousser les négociations onusiennes sur le climat à l’adoption d’un traité global, contraignant, ambitieux et juste lors de
«  Paris Climat 2015 ».  http://fastfortheclimate.org/fr/ 

Ce « jeûne pour le climat» est bien différant  des autres.
Jusqu’à présent, j’ai expérimenté le jeune occasionnellement dans un but de repos de la fonction digestive.  Pourquoi l’ai-je mis en veille ? – Pour découvrir qui je suis quand l’habitude alimentaire est bousculée. Qu’est-ce que cet apparent besoin de manger si ce n’est la peur de manquer ? Bien sûr,l’ego déploie des stratégies diverses pour faire croire que manger est indispensable. Cela va de la sensation de constriction de l’estomac, déclenchée au moment des heures de repas, à la tentative de mal de tête ou à une faiblesse physique parfaitement imaginaire.
L’amusement tendre devant cette inquiétude du petit moi suffit pour désamorcer ces processus. Quel plaisir de démasquer ce faux manque ! Quel bonheur d’être libre par rapport à cette obligation ronronnant !

Le ventre léger en nourriture matérielle laisse de la place pour la nourriture de lumière. Le dialogue intérieur, cette forme ultime de prière, où la question appelle une  réponse au-delà de l’intelligence, celle-ci est une nourriture immatérielle de réjouissance.
A digérer et à transformer en acte de re-union.

Mais le « jeûne pour le climat » est d’une autre nature. Ce n’est pas pour mon corps, ce n’est pas pour mon esprit, c’est pour les autres, C’est pour la terre. C’est pour la vie.
Que me dit « ce qui répond dedans » quand je lui demande qu’est-ce ce dérèglement climatique ?
C’est la somme de nos dérèglements intérieurs qui se manifeste au dehors.
Evidemment il faut faire attention à nos déchets, à notre empreinte carbone, à nos consommations alimentaires ou autres. Mais protéger la vie, c’est promouvoir l’être magnifique que tu peux être à la place de celui qui se contente de sous-vivre. Rempli de déchets d’aigreur,  pollué par les colères,ravalant ses jugements destructeurs, se noircissant comme le carbone de ses pensées malsaines, ne se supportant pas. Chacun pense du mal, se veut du mal,se fait du mal. Chacun n’a de cesse de se détruire entrainant dans ce désastre les autres qui ne me comprennent pas, la terre qui m’a mal accueilli et le ciel qui ne m’a pas aidé. Le monde est mon image. A l’image de chacun.

« Ce qui répond au-dedans »me dit que qu’en accueillant l’enfant omniprésent qui souffre et qui s’agite comme un pauvre diable mes yeux sur le monde changent. Un autre monde apparait,que nous souhaitons au fond nos poitrines. Le monde que nous voyons, le monde que nous habitons,  c’est le monde produit par nos cœurs.

Le « jeûne pour le climat » n’est ni une privation, ni une manifestation plus ou moins spectaculaire, c’est  l’occasion d’aller puiser à la source renouvelant toute chose.

http://fastfortheclimate.org/fr/ et aussi
http://chretiensunispourlaterre.wordpress.com/



mercredi 16 juillet 2014

Une fable innée... par Brigitte Maillard


Un vent étonné sort de l'être
Poussé par l'étrange
Echevelé comme la mer
Je suis vêtue d'espace

Le temps se replie

Ses baisers me vont droit au coeur
Après avoir défait mon corps
On n'est pas ce qu'on veut être
On naît au fil de soi

Visage à découvert
Souffle du vent
Pensée du monde

La vie revient

Elle est belle

Unique

Semblable à la mort ineffable

Brigitte Maillard
"La simple évidence de la beauté"


mardi 15 juillet 2014

Communiquer avec Annick de Souzenelle


J'ai retrouvé cela dans mes archives mais je ne me souviens pas de la source... 
Mais vous connaissez la source de toute chose. Le plus délicat est de la partager...
(6 min. avec un son dégradé)

 

lundi 14 juillet 2014

Apparition de Christian Bobin


Dieu c'est nous... Une étrange apparition...



La journée s’était conclue par une étrange apparition au buffet de la gare de Lyon où je buvais un verre de vin. Levant la tête, j’ai regardé dans le miroir, et tout d’un coup je me suis rencontré : je me voyais du dehors comme il est impossible de se voir. Je regardais ce monsieur qui, semble-t-il, revenait avec moi. C’était curieux : il avait sur ses traits une détermination et aussi quelque chose d’inachevé. Sur son visage, la moindre émotion s’écrivait en plein jour comme sur les visages en argile des bébés. J’ai cessé de le regarder pour ne pas le gêner. J’ai bu une gorgée de Sancerre et perdu mes yeux dans la lecture du journal qui se fanait déjà. Les yeux du monsieur qui était moi menaçaient de rouler en tous sens. Vraiment curieux. Quelques minutes auparavant dans un taxi, le chauffeur s’était mis à me parler de Dieu. Je lui avais répondu. La conversation s’était poursuivie pendant tout le trajet – une théologie vivante coupée de rires. La voiture, à l’arrivée à la gare, était remplie par les roses, les soleils et les tigres de notre échange. Par instants, l’homme me citait le Coran en arabe, puis me le traduisait, soulignant certains mots d’une main qui, lâchant le volant, battait des ailes. Nous sommes des cadavres, monsieur, me disait-il. Et les cadavres, ils ne savent pas si celui qui les approche est bon ou mauvais. Mais un cheval, lui, il sait. Si un homme de cœur vient vers lui, le cheval éclate de rire, monsieur. Et si c’est un diable, il recule. La bonne surprise, c’est pour après la mort – pourquoi la craindre puisque nous sommes des cadavres ? Nous avons parlé des âmes, de la pauvreté et des interdits. Je lui ai dit que si Dieu, par les haut-parleurs des textes sacrés, énonçait des interdits, ce n’était que pour nous protéger et donc pour se protéger, lui, puisque Dieu c’est nous. Une ivresse angélique nous prenait tous les deux. Paris devenait aussi lumineux qu’une clairière. Je regardais les couples dans les rues. Les mains des amoureux, quand elles croisent leurs doigts, chacune capturant l’autre, on dirait une corbeille de ciel. À l’arrivée, j’ai laissé un pourboire à mon frère en délires célestes. Il s’est tourné vers moi, son visage n’était que vérité quand il m’a dit : chaque fois qu’un client me donne un pourboire je ne le garde pas pour moi, je le donne à un pauvre. Et c’est quelques minutes après cette extase que dans le buffet de la gare j’ai entrevu le monsieur qui était moi dans la glace, son visage d’argile mouillé par toutes sortes de sentiments, vaguement affolé. Une tête encore dans les mains du potier, pas finie. Je n’en dis pas plus. Je crois bien qu’il est là, dans ma maison. Je ne veux pas le déranger. Il écrit sur sa journée à Paris.