mardi 21 mai 2019

lundi 20 mai 2019

L'art de la chute


Parfois la vie nous demande de lâcher prise un peu plus en profondeur, de lâcher quelques croyances et illusions un peu plus fondamentales que les autres. Dans ces moments, on a l'impression que tout s'effondre, que plus rien n'a de sens, que tout ce beau, long et difficile chemin vers soi-même et vers la réalité de ce qu'est la vie, n'a servi à rien. Oui, "à quoi bon". Le désespoir peut prendre alors une place immense. Notre mental peut commencer à sérieusement paniquer, et tenter de trouver une issue de secours, un moyen de mettre fin à cet inconfort, à ce tiraillement interne qui peut devenir un vrai calvaire mental.
Sans aucun doute, nous sommes arrivé au bout d'un fonctionnement, au bout d'un conditionnement, notre organisme essaie de s'en séparer, mais le mental essaie lui de reprendre la main, par tout moyen. Et c'est tellement tentant n'est-ce pas : de reprendre la main, de trouver une porte de sortie, pour aller mieux.
Pourtant mieux vaux ne rien faire. Mieux vaut se laisser faire, se laisser être ça, totalement, autant qu'on le peut, et mieux vaut justement ne surtout pas tenter de trouver une porte de sortie. Mais plutôt laisser ce désespoir s'exprimer jusqu'au bout. Laisser le mental aller au bout de son délire. Vivre le truc à fond.
C'est un moment délicat, car nous devons renoncer aux invitations incessantes du mental à aller vers les solutions habituelles (méditer, pratiquer, investiguer, comprendre, chercher, envisager un mieux, reprendre espoir), alors que la situation nous demande justement d'arrêter toutes ces stratégies, qui ont peut-être fait leurs preuves à un moment (voir de nombreuses années), mais qui sont désormais obsolètes.
Se laisser "couler", "chuter" totalement. Voilà la seule vraie possibilité à mon avis : arrêter toutes nos stratégies, n'en suivre aucune même la plus alléchante, pour vivre vraiment et totalement cette dé-construction intérieure. C'est le seul moyen d'abdiquer toujours plus profondément à la réalité du vivant. Il n'y a pas d'autre moyen.
Séverine

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dimanche 19 mai 2019

Mystère de la relation


 
Sculpture: "Sève"  http://www.isabellejeandot.com



"Je croyais jusqu'alors que l'amour était reliance, qu'il nous reliait les uns aux autres. Mais cela va beaucoup plus loin! Nous n'avons pas même à être reliés: nous sommes à l'intérieur les uns des autres. C'est cela le mystère, c'est cela le plus grand vertige." 

Christiane Singer

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samedi 18 mai 2019

L'ego nous parasite... Comment nous en libérer ?


Tiraillé entre ses désirs et ses peurs, l'ego veut tout contrôler. Se libérer de son emprise est un travail de patience et d'habileté. Au lieu de vouloir le combattre, l'approche de Christophe Massin vise à le pacifier : poser la lumière de la conscience sur nos désirs et sur nos souffrances – et sur celles que l'on impose aux autres – permet de comprendre l'ego de l'intérieur. Et de se détacher de ses stratégies répétitives qui nous coupent de la joie. Psychiatre de formation et thérapeute depuis plus de trente ans, à l'affût des manèges de l'ego, l'auteur illustre son propos d'exemples vivants, tirés de son propre cheminement.

L'approche de Christophe Massin provient de Swâmi Prajnânpad et lui a été transmise par Arnaud Desjardins. Elle comporte la particularité d'unir spiritualité et travail sur l'inconscient. Il est auteur de plusieurs ouvrages dont Souffrir ou aimer (Odile Jacob, prix de l'essai Psychologies/Fnac).

" Ce qui ébranle l'ego, c'est de le démasquer sur le vif plutôt que de vouloir le changer. " Christophe Massin.

 
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vendredi 17 mai 2019

Laissons infuser...

On préconise que les changements ou les prises de conscience essentiels doivent infuser... 
Alors, dès que cela bout trop, sentez en vous le frémissement de la vie, laissez le reposer en vous.
Il prendra le temps de vous propager ses bienfaits et sa chaleur... 
Et vous pourrez gouter la douceur du passage du solide au liquide. 



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jeudi 16 mai 2019

Bienfaits de la cannelle

La cannelle est appréciée depuis la nuit des temps pour ses qualités culinaires, ses propriétés médicinales et de conservateur naturel. La cannelle fût évoquée pour la première fois par Shen Nung, le père de la médecine chinoise, aux environs de 2800 avant J.C., et était utilisée dans l’Égypte antique dans le processus de momification.
Au premier siècle de notre ère, les européens appréciaient tellement cette épice qu’ils la payaient 15 fois plus cher que l’argent. La cannelle est en fait l’écorce marron du cannelier. On la trouve sous forme de bâtons ou de poudre finement moulue. La cannelle est riche en huile essentielle et contient des composants actifs tels que le cinnamaldéhyde, l’acétate de cinnamyle et l’alcool cinnamique, qui sont responsables de certaines de ses nombreuses vertus thérapeutiques.

6 bienfaits de la cannelle sur la santé

Il y a de bonnes raisons de consommer plus de cannelle qu’une simple pincée dans votre café ou thé du matin. La cannelle est connue pour renforcer les défenses antioxydantes. Ses composés anti-inflammatoires aident à soulager la douleur et les raideurs musculaires et articulaires provoquées par l’arthrose.
Elle aide également à prévenir les infections urinaires, les caries dentaires et les affections des gencives, ainsi qu’au contrôle de la glycémie. Plus précisément, voici les sept meilleures raisons d’inclure plus de cannelle dans votre alimentation :
  1. Elle calme l’inflammation

La cannelle est un anti-inflammatoire, notamment en raison de sa teneur en cinnamaldéhyde. Selon une recherche publiée dans la revue Molecular Biology, l’inflammation chronique joue un rôle majeur dans le développement de nombreuses maladies neurodégénératives, notamment la maladie d’Alzheimer, la maladie de Parkinson, la sclérose en plaques, les tumeurs cérébrales et la méningite.
Le nombre de maladies neurodégénératives en Asie, dont les habitants consomment des épices régulièrement, est nettement plus faible qu’aux États-Unis.
L’étude suggère que la cannelle (de même que d’autres épices comme le curcuma, le piment rouge, le poivre noir, la réglisse, les clous de girofle, le gingembre, l’ail et la coriandre) visent les voies inflammatoires, aidant ainsi potentiellement à prévenir les maladies neurodégénératives.
  1. Elle stimule la fonction cérébrale

Le parfum de la cannelle stimule la fonction cérébrale, d’après une recherche présentée en 2004 au congrès annuel de l’Association des Sciences de la Chimioréception.
Les participants qui avaient senti de la cannelle (ou mâché des chewing-gums parfumés à la cannelle) avaient obtenu de meilleurs résultats sur des tâches liées à un processus attentionnel, une mémoire de reconnaissance virtuelle, une mémoire de travail, et un temps de réponse perceptivo-moteur. Le parfum de la cannelle fonctionnait mieux que la menthe ou le jasmin pour améliorer les fonctions cognitives.
  1. Elle aide à la perte de poids

La cannelle réduit la concentration sanguine de glucose et améliore la sensibilité à l’insuline. Chez les personnes obèses ou présentant un poids corporel sain, la cannelle est également efficace dans la réduction de la réponse glycémique postprandiale (c’est à dire la quantité de sucre présente dans le sang après un repas).
En aidant à réguler les pics de glycémie, la cannelle peut avoir un impact favorable sur la faim et la prise de poids.
  1. Elle soulage les maux de gorge et la toux

En faisant infuser des bâtons de cannelle dans de l’eau, vous obtenez une eau parfumée qui contient des fibres solubles, les mucilages. Cette eau forme une couche protectrice et soulage la gorge.
La cannelle possède également des propriétés antibactérienne qui peuvent aider à soulager certains maux de gorge, et ses propriétés réchauffantes améliorent le flux sanguin et le taux d’oxygène dans le sang, pour aider à combattre les infections. Selon la médecine traditionnelle chinoise, la cannelle est efficace contre les toux grasses.
  1. Elle aide à tempérer l’hyperactivité

Des enfants souffrant de TDAH (hyperactivité) ayant reçu un traitement d’aromathérapie à base de cannelle en plus de leur rééducation ont vu leurs symptômes réduits de manière significative.
Tout d’abord, il a été démontré que la cannelle améliore la motivation et la performance tout en diminuant le sentiment de frustration et l’anxiété au volant, ce qui pourrait expliquer certains de ses effets bénéfiques sur les symptômes de la TDAH.
De plus, il a été démontré que les enfants souffrant de TDAH présentent un niveau élevé de stress oxydatif, or la cannelle est un puissant antioxydant qui peut aider à lutter contre ce phénomène.
  1. Elle lutte contre le diabète

La cannelle est connue pour améliorer l’état glycémique, notamment le taux de glucose sanguin à jeun, chez les personnes souffrant de diabète de type 2. Une autre étude a montré que l’épice multiplie environ par 20 le métabolisme du glucose, ce qui améliorerait de façon significative la capacité à réguler la glycémie.
La cannelle a même déjà été évoquée comme substitut potentiel à l’insuline chez les personnes souffrant de diabète de type 2, en raison des effets similaires à ceux de l’insuline, de l’un de ses composants bioactif.
Fait intéressant, la cannelle diminue le taux de glucose sanguin en agissant à plusieurs niveaux. Elle ralentit la vidange de l’estomac pour réduire les pics de glycémie qui suivent les repas et améliore l’efficacité, ou la sensibilité à l’insuline. Une autre recherche encore a montré que la consommation de cannelle (environ 2 grammes par jour pendant 12 semaines) améliore la pression sanguine et le profile lipidique des personnes dont le diabète de type 2 est mal contrôlé.

source : www.pressesante.com

mercredi 15 mai 2019

Prendre le temps...


« Je sais que m’attendent des faiblesses nouvelles, des pauvretés nouvelles et des pertes nouvelles. Ce sera la descente vers ce qui est l’essentiel, le plus caché en moi, plus profond que toutes les parts de réussite et d’ombre en moi. Ce sera tout ce qui reste quand tout le reste aura disparu. Ma personne dénudée, une innocence primale qui attend sa rencontre avec Dieu. Merci de vos prières qui m’accompagnent dans cette descente vers ce trésor, le plus profond de mon être... » 


La qualité essentielle pour vivre en communauté est la patience : reconnaître que soi-même, les autres et la communauté tout entière ont besoin de temps pour grandir. Rien ne se fait en un seul jour. 
Pour vivre en communauté il faut savoir accepter le temps et s’en faire un ami. Et celui qui est ami du temps ne dit pas toute la journée : « Je n’ai pas le temps! » Il ne part pas en guerre contre lui ; il l’accepte et le chérit.

 Jean Vanier, Communauté lieu du pardon et de la fête

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mardi 14 mai 2019

Une place pour être !


"Si j'avais eu la conscience suffisamment claire et les mots suffisamment nuancés pour l'exprimer, j'aurais aimé te dire que nous sommes là pour explorer, découvrir et partager ce qu'il y a de meilleur en nous. 
Chacun possède un trésor. Sois conscient et généreux de ton trésor et, en même temps, reste ouvert, attentif à recevoir le trésor des autres, disposé à apprendre et à te remettre en question. Cherche la beauté, la vérité, l'excellence en accueillant aussi ta fragilité, ta vulnérabilité et ton ombre, de sorte d'être à même d'accueillir celles des autres. 
Occupe joyeusement ta place: il y a de la place pour chacun, sinon ni toi ni moi ne serions là. 
Pense que ta place que tu n'occupes pas pour ne pas déranger reste vide à jamais et réjouis-toi que chacun occupe pleinement la sienne autour de toi ."

Rabindranath Tagore 1861-1941
le jardinier d'amour


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lundi 13 mai 2019

Prendre appui sur le OUI...




Et enfin, dernier point, être positif c’est prendre appui sur ce qui vous apparaît aujourd’hui comme souffrance, tout en conservant l’espérance et la foi. C’est oser croire que l’existence a de l’amour pour vous au moment même où elle semble vous trahir: oui, ma femme a un amant; oui, pour l’instant je suis seule, je n’ai pas trouvé le compagnon que je cherche; oui, plusieurs tentatives successives pour obtenir des postes qui m’intéressaient ont échoué et j’accomplis un travail qui ne correspond pas à mon attente. Si vous dites oui à ces aspects douloureux, vous verrez qu’ils portaient en eux la promesse d’une joie plus grande. 
C’est vrai. Je veux bien croire qu’aujourd’hui ces paroles relèvent uniquement de la foi, c’est-à-dire de la certitude des choses encore invisibles, mais si vous parvenez à dire oui de tout votre cœur, un oui positif à ce qui est dans des circonstances difficiles, vous aurez la preuve que la vie n’est pas ingrate.
L'approche positive. Arnaud Desjardins

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dimanche 12 mai 2019

Enfant et Adulte par Arnaud Desjardins


«Même si vous progressez sur le chemin et qu'en tant qu'adultes vous devenez plus lucides, plus mûrs, plus intelligents, l'enfant, lui, subsiste tel quel. Il n'évolue pas, il ne mûrit pas, il demeure. Simplement, il jouera un rôle de moins en moins important dans vos existences. Mais même en ayant beaucoup progressé, il y aura encore des moments où un enfant de deux ans qui, lui, n'a pas du tout changé affleurera à la surface. Votre progrès, c'est la manière dont vous allez vous situer par rapport à cet enfant. Pour lui, certaines situations seront toujours insupportables, en ce sens que s'il est marqué par un abandon, tout signe actuel d'abandon touchera toujours une plaie à vif. Le symptôme d'aujourd'hui va être interprété émotionnellement et mentalement par l'enfant. C'est l'appréciation par un cerveau et un cœur puérils d'une situation présente, c'est-à-dire une vision – erronée, certes, mais qui s'impose – de la réalité à laquelle l'enfant donne inévitablement un contenu menaçant, déchirant, intolérable.

Ne tentez pas cette acrobatie qui consisterait à ce que l'enfant en vous accepte ce qu'en aucun cas il n'acceptera, ce qu'il ne pourra jamais accepter, cet enfant dont la définition est de ne pouvoir que refuser. Cherchez en tant qu'adultes à vous dissocier de l'enfant. Considérez qu'il y a en vous deux lieux psychologiques, deux manières de vous situer, l'une qui est l'enfant, avec ses émotions douloureuses, l'autre qui est l'adulte, lequel est détendu,, à l'aise, en paix. Ces deux mondes sont complètement différents mais il est possible de passer de l'un à l'autre.

La question n'est donc pas de faire grandir l'enfant mais de dissocier l'adulte de l'enfant. Ou, autre manière d'exprimer la même idée : on ne guérit pas les empreintes passées, on en émerge.» 

Swami Prajnanpad

« Dissociate adult and child », disait Swâmiji. « Dissociez l’adulte et l’enfant. » Lorsque Swâmiji a dit ceci, j’ai commencé par tiquer, comme je le faisais souvent : « Ah ! encore une dualité, s’il y a l’enfant et l’adulte, ça fait deux... » Non. Ça ne fait pas deux. Parce qu’aujourd’hui, ce qui est vraiment réel, c’est l’adulte qui voit les choses telles qu’elles sont et que l’enfant, lui, appartient au passé : vous n’avez plus trois ans, vous n’avez plus deux ans et demi. Si vous pouvez dissocier en vous l’adulte et l’enfant, vous pourrez être vraiment dans le monde réel, ici et maintenant, et pas dans le monde recouvert par les projections de l’enfant.

Swâmiji disait aussi : « L’ego, c’est le passé qui recouvre le présent. » L’ego, c’est l’enfant en vous qui vient recouvrir le présent. Vous pouvez voir en vous l’enfant qui est toujours là, pour l’éduquer avec amour. Mais tant que l’enfant sera là, vous ne serez ni un adulte ni un sage.

«Les formules de Swâmi Prajnânpad», commentées par Arnaud Desjardins (Ed. La table ronde) 

Swami Ramdas
En écho avec la formule de Swamiji «Dissociez l'adulte et l'enfant», voici un exemple illustré...

Hypothèse : «Je me sens mal à l'aise.»

1er cas de figure, l'enfant : j'exporte immédiatement l'origine de ce ressenti dans ce qui m'apparait en tant que «le monde extérieur.» Par exemple, je me sens mal à l'aise parce que Norbert (prénom générique) a dit ceci, ou a fait cela, ou encore semble avoir des pensées à mon égard avec lesquelles je ne suis pas du tout d'accord. Donc, du fait qu'elle est projetée, la source véritable du malaise n'est pas vue, ce qui fait que je me sens mal à l'aise d'être mal à l'aise - une boucle mentale est créée, générant de l'émotion et de la souffrance, se soldant souvent par une action inappropriée. Histoire sans fin...

2ème cas de figure, l'adulte : je vois qu'en moi, dans une situation donnée, un vieux conditionnement vient d'être réactivé. Je vais donc me centrer sur le ressenti sans lui coller d'étiquette : je suis un avec la sensation de malaise, je ne génère pas de malaise secondaire, et par cette acceptation inconditionnelle - pas forcément facile, ne nous y trompons pas - le malaise initial va se résorber, va être consumé par le feu de la Présence. Fin de l'histoire...

Cas intermédiaire : ça commence comme le premier cas; cependant, alors que la projection sur le monde vient de s'opérer, elle est vue avant de s'être pleinement déployée et nous retombons alors dans le deuxième cas : «un avec» le fait de projeter, résorption de la projection, «un avec» le ressenti non labellisé, résorption du ressenti.


L'enfant se sépare et refuse. 
 L'adulte se relie et accepte.

 «Si vous voulez devenir vraiment adultes, 
sachez reconnaître l’enfant en vous et l’aimer de tout votre coeur.» 
(AD)

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(article de Michel Tardieu)

samedi 11 mai 2019

Aveuglement !


" Cette civilisation moderne a conduit l'humanité à deux guerres mondiales, mais la leçon n'a servi à aucun politicien. La politique ne se préoccupe que des apparences et ne tient aucun compte des réalités profondes. Seule la conscience de leur nature spirituelle commune peut unir les hommes. Le sens de leur individualisme les condamne à l'égoïsme et aux conflits. C'est dans la vision même de l'homme et du sens de sa vie que se trouve la racine de tous les « problèmes ». 

Tant que l'aveuglement et l' ignorance prévaudront, tout problème résolu fera immédiatement place à un autre, dans un déséquilibre permanent. L' intérêt pour la politique tient aujourd'hui la place que tenait autrefois l'intérêt pour la religion. Moins les gens ont l' intention de se diriger et de se réformer eux-mêmes, plus ils se préoccupent de la façon dont il faudrait diriger ou réformer la société. En fait, les « problèmes » politiques, économiques et sociaux ne sont qu' une façade qui masque le véritable problème, lequel est spirituel et psychologique. Aucune mesure ne sauvera la situation, qui ne tiendra pas compte de la réalité spirituelle, de la vraie nature de l'Homme. Pour le moment, l'humanité tourne le dos à cette vérité fondamentale. 

L'existence devient sans cesse plus complexe à tous égards et interdit de plus en plus aux hommes et aux femmes toute velléité de vie intérieure. Le véritable bonheur ne peut se trouver que dans la « réalisation » ou la prise de conscience de la Nature profonde, du Soi, mais jeunes et vieux cherchent désespérément des plaisirs et des satisfactions qui ne peuvent pas durer. 

C'est, par excellence, le fruit de ce que tous les enseignements initiatiques ont appelé l'aveuglement et l'ignorance. "

 Arnaud Desjardins , Monde moderne et Sagesse ancienne ( 1973 )

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vendredi 10 mai 2019

Retraite vivante... avec Matthieu Ricard

Vous avez vécu à plusieurs reprises dans un ermitage. Comment était-ce ? 

Formidable, magnifique ! J’ai passé cinq ans en retraite solitaire, par périodes allant jusqu’à neuf mois. La journée dans l’ermitage est structurée, la pratique est très disciplinée. On se lève à 4h30, on prie jusqu’à l’aube, on récite des textes que le maître a donnés, on fait des visualisations. Entre 7h et 7h30, on boit du thé, on s’assied sur le balcon et on regarde le lever du soleil, les montagnes, ou les nuages. Ensuite on continue les exercices toute la journée. Après le coucher du soleil, on va dormir bien sûr. La qualité du sommeil devient meilleure, on a de moins en moins besoin de sommeil et on se sent totalement frais le matin. À Darjeeling, je ne recevais pratiquement jamais de courrier. Il est beaucoup plus facile d’être détendu lorsqu’on ne doit pas se soucier de son travail et de sa famille. N’est-ce pas un style de vie élitiste ? J’entends souvent ça. Je réponds toujours : "Mais venez donc !" Dans mon ermitage à Darjeeling, pendant sept ans, je n’avais ni chauffage, ni électricité, ni eau courante. La plupart des gens ne voudraient pas passer une semaine comme ça. Pour moi, ces moments ont été les plus riches de mon existence. En outre, le but d’un tel isolement est de se débarrasser de l’égocentrisme. Ce n’est donc évidemment pas une démarche égoïste. On sort de là plus tranquille et plus compatissant et on se met au service des autres.  

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Est-ce qu’un moine bouddhiste a peur de la mort ? 

 Je suis bien sûr très conscient de la mort et ne sais jamais lequel, de demain matin ou de ma mort, viendra le premier. Mais je suis confiant… Un ami à moi avait un cancer, il n’avait pas peur, mais il était triste parce qu’il y avait encore tant de choses qu’il voulait faire. J’essaie de ne pas détourner le regard. Je vis en toute conscience que la mort est certaine et son heure imprévisible et chaque instant infiniment précieux. Au commencement de notre vie, la mort nous effraie comme un animal pris au piège ; au milieu de la vie, nous essayons de tout faire correctement pour ne rien manquer, et à la fin nous sommes tranquilles et clairs. Alors la mort est comme une amie.

Tiré du blog de Matthieu Ricard
L’interview réalisée par la journaliste Anja Jardine pour le journal Neue Zürcher Zeitung.