jeudi 23 mars 2017

La fabrique familiale de mensonges


Deux spécialistes du travail sur les émotions : André Charbonnier et Christophe Massin avec qui j'ai eu la chance de cheminer. Dommage que je n'ai pas la vidéo en entier...



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mercredi 22 mars 2017

Réveil des monstres... pourquoi ?

Extrait (qui se situe vers la fin du dialogue entre le jeune homme et la sexagénaire ) ... 
(extrait de la réédition de Le Défi d'Etre, dialogues avec Denise Desjardins, Dervy Livres, mars 2017)

On a envie de vous demander : à quoi bon en passer par là ? Pourquoi ne pas vivre tranquille en laissant sommeiller les monstres qui dorment en nos profondeurs, puisque leur réveil provoque de tels bouleversements...
Je vous répondrai que si monstres il y a, on ne vit pas tranquille ! Tout au plus réussit-on, en dépensant beaucoup d’énergie, à survivre avec ses démons, à se maintenir dans un pseudo- équilibre sans cesse menacé. 
On habite sur un volcan prêt à se rallumer, ou au sommet d’un immeuble susceptible de s’effondrer à la moindre secousse. Je n’appelle pas cela vivre... 
D’autant que, plus les années passent, plus l’édifice se fissure, et l’on ne se dirige pas vers un vieil âge et une mort paisibles. Par ailleurs, tout dépend de ce que l’on veut, de ce que l’on recherche. Je ne voyais pas en Svâmiji un psychanalyste ou un thérapeute, mais bien un gourou, un sage dispensant un enseignement métaphysique. 
Le lying s’intégrait dans une démarche globale de connaissance de soi et de recherche du Soi ; c’était un élément parmi d’autres de la quête de l’absolu. Je ne me considérais pas vraiment comme une femme soucieuse de guérir de sa névrose mais comme une apprentie-disciple d’un maître védantique, et c’est là toute la différence. Je n’étais pas partie en Inde pour y dénicher un super psychanalyste, même si le lying a joué un rôle essentiel dans mon propre cheminement. toutes les traditions spirituelles enjoignent aux disciples d’affronter leurs démons et ne cachent pas que cette démarche comporte certains dangers. 
Comme le disait Svâmii : « Le chemin n’est pas pour le lâche. » Il faut assumer et payer le prix. Peut-être ai-je moi-même payé un prix très élevé... mais je ne le regrette pas. Oui, vraiment, je ne regrette pas d’avoir payé le prix de la vérité. J’ai rencontré et connu la vérité de mon être, et cela n’a pas de prix. Si c’était à refaire, je recommencerais. un certain degré de liberté intérieure, le fait de ne plus subsister dans une attitude défensive ou de camouflage vis-à-vis de mes propres émotions, valaient bien cela.


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mardi 21 mars 2017

Rappel mental...

«On dit que l'on vit dans le monde. C'est une affirmation fausse. C'est une illusion. En réalité on ne vit pas dans le monde. On ne vit pas avec quelqu'un d'autre. On vit toujours dans son propre monde. On ne parle pas à quelqu'un d'autre. On parle à un objet de sa propre création. Voilà ce qu'est le mental.

Pour vérifier ceci, essayez seulement de voir si vous avez une émotion, un trouble, un sentiment de mal-à-l'aise quelconque en vous ? Comment vous sentez-vous ? Toujours la même question. Comment vous sentez-vous réellement : êtes-vous tout à fait à l'aise ou non ?... Si vous vous êtes séparé de la réalité, essayez encore une fois de voir ce qui se passe. La dualité est la nature véritable du mental.

La dualité est la caractéristique de la création : action-réaction, haut et bas, chaque chose a une forme duelle. Il n'y a rien sans dualité. Une seule roue pour une charrette ne suffit pas. Deux roues sont indispensables...»

Swami Prajnanpad, 
«L'expérience de l'unité»

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lundi 20 mars 2017

Le printemps, naissance et force terrestre


Eclosion d'un équinoxe.
Un zénith équatorial
Irrépressible élan...


L'eau, naissance et force spirituelle






Rien n'est comparable à l'eau sinon la spiritualité elle-même. 
Insaisissable dans sa structure, en constant dynamisme, prenant la forme de tous les contenants sans en conserver aucune, capable de percer la roche sans pourtant s'opposer à quoi que ce soit, bonne à tous les êtres sans rien demander à personne, origine du Ciel et de la Terre, mère de toutes choses, l'eau est l'alpha et l'oméga de la vie, l'expression de Dieu.

« La Perfection est comme l’eau » dit le Daode Jing de Lao Zi  au chapitre 8 mais l'eau ou sa symbolique (sous la forme de la clé de l'eau présente dans maints caractères chinois) se retrouve tout au long de ce texte fondateur du taoïsme.
Ainsi, la première phrase du Daode Jing: « le tao exprimable n'est pas le Tao » peut également s'appliquer à l'eau : l'eau  que l’on pourrait enfermer dans un concept, un nom ou une métaphore ne saurait être la Vraie Eau, la seule chose permanente dans l'eau étant son impermanence.  C'est aussi la conclusion de Yann Olivaux (La nature de l'eau): « Nous pouvons parler de l'eau mais pas LA parler.»

L'eau ne peut se définir que par elle-même. Tout s’écoule, panta rhei, dit Héraclite et c’est pourquoi on ne peut pas se baigner deux fois dans le même fleuve. On ne saurait même s'y baigner une seule fois... et maints fleuves (du Nil au Gange, de l'Indus au Jourdain en passant par le Mékong qui signifie "Mère des eaux") ont de fait été sacralisés...

L'eau nous dépasse et nous ne serons jamais capables d’en saisir tout le mystère. C'est, en un sens, ce qui fait son charme et sa beauté. Accepter ce mystère pourrait aussi être la « Porte de la compréhension » dont parle Lao Zi. La nature nous transcende et il est illusoire d’essayer de la maîtriser. Nous ferions mieux de la respecter et de nous placer en syntonie avec elle...


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dimanche 19 mars 2017

Le corps libre, lieu de vérité


« La vérité vous fera libres. »



Évangile selon Jean, chapitre 8, verset 32

Dieu désire l’homme libre, à son image, totalement unique. Notre créateur nous veut déliés de tout : du monde, des autres, de la religion, de nos origines, de nos héritages multiples, de notre histoire même… Libre de Dieu aussi. Rien ni personne n’a le droit de mettre la main sur un autre. Jésus prend chair — de notre chair — pour lui redonner sa liberté primordiale, l’extirper de ses esclavages.
Chaque personne a le choix fondamental entre survivre et vivre : survivre en se nourrissant de la vie des autres, ou bien au contraire vivre en servant la vie des autres, en donnant sa propre vie. Le tout de nous-mêmes, notre corps, peut être libre même quand il souffre, même s’il est limité. Il est des êtres libres, même si leur corps est dépendant et porteur de handicap, il est des personnes profondément libres même en prison, il est bien des visages lumineux au sein de leurs bosses, leurs rides et leur âge.
Rien ne sera perdu, pas un cheveu de notre tête*, nous affirme Jésus. Tout de notre histoire compte, tout est essentiel, dès ici-bas, nous bâtissons notre corps de vie éternelle. Nous sommes libres parce qu’habités par l’Esprit, libres parce que déjà sortis de la mort, qui ne sera plus que l’instant ultime d’une libération totale et définitive. C’est par le don du Christ dans sa chair que le monde est sauvé, extrait du mal, soustrait à la mort. « Tu as ouvert mes oreilles ; tu ne demandais ni holocauste ni victime, alors j’ai dit : voici, je viens. »** Notre corps est le lieu de notre vérité.

Frère Jean-Pierre Brice Olivier 
Couvent de Lille


* Évangile selon st. Luc ch. 21, v. 18
** Psaume 39, 7-8

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samedi 18 mars 2017

L'ermite Frère Antoine

Frère Antoine : aujourd'hui, il fête 51 ans de grotte... 






"N'attrape indigestion que qui s'est trop goinfré, n'est victime de vol que qui est attaché, 

ne peut perdre la vie que qui n'est pas défunt, ne peut être vexé que qui se croit quelqu'un.


Personne absolument ne peut être déçu, que qui mise sur quoi faut pas compter dessus. 

Pour avoir en tout temps une joie brevetée, mets ton bonheur en ce qui est à ta portée.


Nul ne peut tomber dans la peine ou l'affliction, qui ne se soit laissé bercer par l'illusion,

s'il germe dans ton cœur le plus menu chagrin, personne autre que toi n'en a semé le grain.


Cela qui est mordable seul peut être mordu, cela qui est perdable seul peut être perdu.

Et plus vite tu perds ce qui est périssable et plus vite ta tête émergera du sable.


Sors du sable ton bec, petite sœur autruche, et au cas où ta tête heurterait une cruche, 

si ça sonne le creux n'en croit pas pour autant que c'est la cruche qui est vide forcément.


Ce que tu as perdu n'est pas bien regrettable, car tout ce qui se perd n'est pas vraiment valable, 

si t'avais mis dedans bien trop d'éternité, dis donc y'en a encore beaucoup plus à côté." 

-Frère Antoine


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vendredi 17 mars 2017

Pied de nez à la maladie...


Les vivants n'ont pas d'âge. Seuls les morts- vivants comptent les années et s'interrogent fébrilement sur les dates de naissance des voisins. 
Quant à ceux qui voient dans la maladie un échec ou une catastrophe, ils n'ont pas encore commencé de vivre. Car la vie commence au lieu où se délitent les catégories. 
J'ai touché le lieu où la priorité n'est plus ma vie mais LA VIE. C'est un espace d'immense liberté.

Christiane Singer ~ Derniers fragments d'un long voyage.


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jeudi 16 mars 2017

Un pont à construire...



« Personne ne peut bâtir à ta place le pont qu’il te faudra toi-même franchir sur le fleuve de la vie, personne hormis toi. 

Certes, il existe des sentiers et des ponts et des demi dieux sans nombre qui offriront de te porter de l’autre côté du fleuve, mais seulement au prix de toi-même: tu te mettrais en gage et tu te perdrais. 

Il n’existe au monde qu’un seul chemin sur lequel nul autre que toi ne peut passer. Où mène-t-il? 
Ne te le demande pas. Suis-le. » 

Friedrich Nietzsche, 
considérations inactuelles III

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mardi 14 mars 2017

En route avec... qui suis-je ?...



Posez-vous bien la question : « Mais qui suis-je ? Celui ou celle de ce matin, celui ou celle d’hier, celui ou celle de la semaine dernière ? » et observez. Bien des fois, vous avez pris une décision et, quand il a fallu exécuter cette décision, vous ne compreniez plus pourquoi vous l’aviez prise. Bien des fois, vous avez voulu une chose et, quand cette chose s’est réalisée, vous n’étiez plus celui qui l’avait tellement voulue.

Chacun doit regarder ceci pour soi. La première constatation est celle de cette instabilité, le contraire de l’immuabilité. La seconde constatation est celle de cette complexité, le contraire de la simplicité. Pendant longtemps, un être humain est vraiment fait de pièces et de morceaux, psychologiquement, mentalement, émotionnellement. La première étape, c’est d’abord de perdre des illusions bien ancrées – qu’on peut perdre très vite intellectuellement, mais qu’on ne perd pas vitalement – sur une prétendue unité et une prétendue stabilité. 
Quand vous aurez observé que vous (pratiquement) vous n’existez pas, la question « Qui suis-je ? » prendra un sens concret. Pas : « Je vais méditer, méditer, demander qui suis-je, frapper à la porte du cœur, et un jour l’atman va se révéler. » Non, tout de suite, la question se pose, et tout de suite, des éléments de réponse vont commencer à venir. 

« Mais qui suis-je donc ? » La question est toute simple. 

Arnaud Desjardins
Le vedanta et l’inconscient  
À la recherche du soi III 


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lundi 13 mars 2017

Hommage à Roop Verma


Q : Pourrais-tu nous donner une définition de la "musique spirituelle" ?
Je crois que tout ce qui est issu de la nature, toute la vie est musique, et que la manière dont nous nous relions à la vie et à la nature nous permet de qualifier ou de différencier telle musique de telle autre. La musique spirituelle est celle qui nous relie à l'esprit ou au spirituel. Comment nous relier à l'esprit ? Il y a une forme de méditation à laquelle on peut associer une activité, elle est source d'énergie. Cela signifie que vous donnez la couleur ou la force de la méditation à cette activité ou à toute forme d'art. Voilà ce qu'est toute musique pour moi.
La musique sacrée ancienne était composée selon ce principe ; on sélectionnait des notes, on combinait certains sons ; le plus important n'était pas l'architecture musicale, c'était la force que la musique recevait grâce à la méditation, et elle devenait spirituelle parce qu'elle provoquait un état dans lequel on pouvait faire l'expérience de la relation avec le reste de l'univers, avec la création toute entière, ou, si je puis dire, avec l'esprit.
Revenons à la musique ancienne ; comment est-elle apparue à l'origine ? Nos très lointains ancêtres avaient appris à sauter, à inventer des danses et à produire différents sons pour créer une sorte de musique. Ce n'est que plus tard, quand les maîtres des temps anciens ont accédé à des états de conscience plus profonds en méditant qu'ils ont entendu ou perçu des sons dans leur tête et dans leurs oreilles. Nous appelons ce son "le Nad intérieur".
Les hommes étant par nature curieux, ils ont essayé de retrouver ce son béni qu'ils avaient entendu et qui venait de l'intérieur d'eux-mêmes. Ils ont alors inventé toues sortes d'instruments pour l'imiter, mais en vain.
Voilà un procédé qui va de l'intérieur vers l'extérieur. Une fois que ces instruments furent créés, il devint possible d'inverser le procédé, c'est à dire, de trouver des sons à l'extérieur qui en en entrant en résonance avec l'intérieur permettent de retrouver cet état. C'est la vibration, la résonance qui agit dans ce principe.

Q - Comment sais-tu quand il s'agit d'une musique spirituelle ou d'une autre musique ?
La musique spirituelle est celle qui porte l'énergie de l'être humain, de tout l'être. Je ne dis pas que les musiciens qui font de la musique Pop ou Rock ne mettent pas d'énergie dans leur musique. Au contraire, ils déploient une énergie considérable, mais elle vient d'un mouvement extérieur, c'est une énergie physique, or nous parlons d'une énergie spirituelle, de celle qui suit un mouvement vertical, non un mouvement horizontal dans lequel on continue à se mouvoir sur un même plan. Dans un mouvement vertical vous allez de plus en plus profond ou de plus en plus haut. Dans la méditation c'est ce mouvement que nous rencontrons, qui donne la profondeur, la qualité, le sentiment spirituel : une étincelle divine. Quand vous écoutez cette musique, vous êtes en harmonie avec la nature, la création, vous-même et les autres qui eux aussi ressentent la même chose. Quand vous sortez d'un concert rock, vous êtes très excités, vous avez envie de bouger, une activité surgit. La musique spirituelle au contraire vous met dans une attitude de repos. Dans le cycle de la création, il y a l'activité et le repos, le mouvement et le repos : l'activité est pour la création, le repos pour la re-création, pour se ré-énergétiser. Les battements du coeur aussi ont ces deux phases, systole et diastole, contraction et décontraction et c'est merveilleux de savoir que la période de repos est la plus longue ; que le coeur se repose plus qu'il ne travaille ; donc que le repos est plus important car il nous ramène à notre état neutre. Je crois qu'il y a un point d'équilibre quand nous sommes un avec la nature ; c'est ainsi que je définis la non-activité consciente, car la conscience est très éveillée au moment où l'activité est réduite à zéro. Dans notre langue nous avons un mot pour traduire cet espace : c'est "Akasha". C'est quelque chose de très subtil. Le même espace est à notre disposition ici, entre vous et moi, entre nous et le soleil, entre le soleil et les autres galaxies ; c'est le même espace, on ne peut pas le diviser, et c'est la même énergie qui fait que si vous produisez un son ici, comme ce claquement de doigts, en deux secondes il a fait sept fois le tour de la planète. En cet instant, vous êtes unis à l'espace, vous êtes reliés au tout si vous êtes totalement conscient. Un son créé ici est partout, tout est relié dans l'espace, les planètes, les galaxies... et si maintenant je vais cueillir une fleur dans le parc, je fais bouger une étoile car elles sont reliées. Cette inter-relation doit, absolument, être reconnue.

Q - Quand tu parles, tu es présent totalement et je sens avec toi tes ancêtres d'il y a des milliers d'années.
Oui, absolument. Un jour, quelqu'un m'a demandé ce qu'étaient l'esprit individuel et l'esprit universel. Je lui ai répondu par une question :
"Qu'est l'esprit individuel selon toi ?
– C'est moi, je suis un individu donc c'est mon esprit.
– Et si tu réunis les esprits présents et tous ceux des temps passés, c'est l'esprit universel."
L'esprit des ancêtres, de tous les grands hommes, celui des grands compositeurs, des musiciens, etc, irradie. Leur corps n'est plus, mais l'énergie de leur esprit est toujours là et partout ; c'est l'esprit universel ; un tout collectif et c'est à cette source que nous pouvons puiser en tout temps.
De la même façon, quand vous tournez le bouton de la radio et la mettez sur une fréquence, vous entendez les nouvelles, de la musique, etc. D'où viennent-elles ? Comment pourraient-elles nous parvenir si elles n'étaient pas déjà présentes dans l'espace ? Les images que vous regardez à la télévision apparaissent sur l'écran quand vous l'allumez ; la télévision est là pour recevoir les images déjà présentes dans l'espace. Si nous pouvions devenir comme ces instruments, nous pourrions recevoir tous les messages. Dans ces exemples, la connexion, la relation entre l'esprit individuel et l'esprit universel apparaît comme un processus. Plus vous êtes capables d'abandonner de votre individualité, plus vous êtes reliés à l'esprit suprême.

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