dimanche 21 juillet 2019

L'Art du bonheur. (1)


Un enfant se love contre sa mère. Tous deux sont endormis dans une étreinte tendre et émouvante. Blotti contre la mince poitrine maternelle, le tout-petit semble s’imprégner de celle qui lui a donné la vie, de sa chaleur et de son amour. [...]

La peinture de Klimt nous permet de réfléchir au grand mystère de la naissance du bonheur, et aussi à celui de la transmission et de la préparation des bonheurs futurs : le bonheur dont parle cette scène est celui d’un héritage et d’une promesse...



Tableau de Gustav Klimt. Les trois âges de la femme (détails), 1905
" Il est toujours possible d’apprendre le bonheur, 
même s’il n’a pas été notre langue maternelle...”

LA LEÇON DE KLIMT : AIMER ÊTRE HEUREUX

Trouver le bonheur, c'est peut-être tout simplement le retrouver. Dans quels lointains souvenirs prend naissance cette sensation complexe et furtive que l'on nomme « bonheur »?[...]

En psychologie, les théories de l'empreinte révèlent qu'il y a des périodes de la vie qui favorisent certains apprentissages. Les langues par exemple : si nous les avons entendues tôt et souvent, l'acquisition en sera plus facile. [...]

S'il en était de même pour le bonheur? Si les bonheurs d'enfance permettaient d'accéder plus tard à toutes les formes de bonheurs adultes? Ces empreintes précoces et indicibles, c’est donc en elles que réside le cœur battant de notre aptitude future au bonheur, de nos facilités à nous sentir heureux.


Christophe André

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samedi 20 juillet 2019

jeudi 18 juillet 2019

Mental et réalité (2)


Vous verrez d'abord le mental à l’œuvre sous forme de paroles. Je me souviens d'une petite histoire exemplaire. J'étais seul à l'ashram de Swâmiji, sevré de tous mes points d'appui habituels. Chaque jour je demandais : « Est-ce que Swâmiji a reçu des lettres pour moi? – Non. » Un jour, indigné, je dis à Swâmiji : « Ça fait un mois que je suis en Inde et ma femme ne m'a pas écrit une seule fois! » Et Swâmiji me coupe : « Qu'est-ce que vous venez de dire? Denise ne m'a pas écrit une seule fois? Non, non : je n'ai reçu aucune lettre de Denise. » Cela paraît simple et bien loin de la connaissance initiatique ou ésotérique, mais attendez la suite. Comme c'est vite fait de tirer des conclusions! 

A partir de là je peux imaginer, éprouver de la rancune, ruminer des reproches, penser que ma femme est un monstre. Or le lendemain – et pour moi c'est inoubliable – arrivent quatre lettres de Denise d'un coup, qui n'avaient pas été distribuées plus tôt à cause d'une grève des postes à Calcutta. Voilà le type d'exemple où le mental est confondu par la reconnaissance de la vérité. Vous n'avez pas toujours à vos côtés quelqu'un qui puisse vous interpeller : « Qu'est-ce que vous venez de dire? » Il faut donc que vous preniez le relais et que vous sachiez vous surprendre en flagrant délit. Voilà la méthode. 

Pour commencer le voyant lumineux s'allume, c'est l'émotion : je suis agité, je suis troublé, je ne suis pas d'accord. Regarder ensuite quelles pensées naissent de l'émotion dans un processus complètement mécanique – émotion heureuse, idées roses ; émotion malheureuse, idées noires – ne constitue qu'une partie du programme. Le plus important est de retrouver la pensée qui a fait naître l'émotion et qui était en décalage avec la réalité. « Elle ne m'a pas écrit. » Faux : « Je n'ai pas reçu de lettre, peut-être m'a-t-elle écrit. » Si vous passez au crible, à partir de maintenant, tout ce que la pensée va vous proposer, vous allez réellement commencer à changer. Vrai ou faux? Certain, probable ou seulement possible? Le mental extrapole abusivement. D'une situation, d'un événement, du comportement d'une personne, il tire une loi générale. Si vous voulez faire disparaître l'émotion, voyez par quelle pensée celle-ci tente de se justifier. « Ça va être terrible, c'est affreux, j'en mourrai. » Non, non, non. Si vous voyez la pensée qui a généré l'émotion puis les pensées qui ont entretenu et même amplifié celle-ci, c'est le travail le plus efficace que vous puissiez accomplir pour que la stupidité de l'émotion vous saute aux yeux, auquel cas cette émotion s'éteint et disparaît, n'ayant plus de raison d'être.  

Enfin permettez-moi, à l'appui de ce que je partage avec vous aujourd'hui, de mentionner cette sentence si éloquente : « Sème une pensée, tu récoltes un acte; sème un acte, tu récoltes une habitude; sème une habitude, tu récoltes un caractère; sème un caractère, tu récoltes un destin. » Le Dhammapada bouddhiste souligne de la même façon la toute-puissance de la pensée : « Ce que nous sommes aujourd'hui provient de nos pensées d'hier et nos pensées présentes façonnent notre vie de demain : notre vie est la création de notre esprit. »  

Extrait de "La voie et ses pièges"
de Arnaud Desjardins 

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Mental et réalité (1)


Pascal Caro

Tant que nous vivons dans « notre » monde, tant que « c'est comme ça que nous voyons les choses », une mort à un niveau doit s'opérer pour renaître à un autre niveau. Peu à peu vous verrez des degrés beaucoup plus subtils et intéressants de ce fonctionnement qui s'appelle « penser », vous arriverez jusqu'à l'essence du mental, de l'illusion, de l'aveuglement. Le but dépasse les normes habituelles de notre intelligence ou de la raison. Il est à proprement parler révolutionnaire par rapport à notre manière actuelle de concevoir les choses. Vous allez vers un retournement de toutes vos convictions qui seul peut vous conduire à ce qui mériterait vraiment le nom d'éveil ou de libération. N'est-ce pas révolutionnaire, pour des hommes qui autrefois voyaient de la matière solide, de savoir qu'il n'y a en fait que du vide, des protons et des neutrons? La démarche de la destruction du mental demande une audace aussi radicale. C'est vraiment le passage dans un autre monde. Mais, pour commencer, travaillez d'abord sur les formes les plus accessibles de cette pensée que j'ai évoquées tout à l'heure : le jugement, la comparaison non fondée, l'attente, le décalage entre la réalité présente et vos désirs, toutes ces cogitations qui vous coupent les uns des autres et sont génératrices d'émotions. Avant de vous aventurer vers des découvertes de plus en plus extraordinaires en matière d'illumination de votre vision, commencez par détecter les manifestations les plus grossières de votre mental, celles que la psychologie décrit, que les thérapeutes reconnaissent. Ensuite vous découvrirez que même un mental normal, satisfaisant, est encore une aberration. Il est absurde de rester dans la confusion, de ne même pas être en contact clair, simple et direct avec la réalité et d'imaginer qu'on va pouvoir s'établir à un niveau de conscience supérieur. Au plus, par des jeux de réactions, vous vivrez un moment de supra-conscience, un samadhi, puis serez repris par les peurs. « You cannot jump from abnormal to supranormal », « vous ne pouvez pas bondir de l'anormal au supra-normal ». « Normal » consiste à déceler en premier lieu les formes névrotiques de peur, d'anxiété, de fascination, domaine qui est en effet commun à la voie et à la psychologie. Mais vous vous laissez trop impressionner par ce que vous avez entendu dire sur la bio-énergie, le rebirth, la thérapie primale, « Il faut que ça sorte, il faut que ça pète, il faut que ce soit spectaculaire. » Il y a trop d'insistance sur l'enfance, sur le passé, sur les traumatismes au détriment d'une possibilité qui vous est offerte aujourd'hui, tout de suite – au moins commençons! – de confronter ce que le mental vous propose avec la réalité... 

Extrait de "La voie et ses pièges"
de Arnaud Desjardins 

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mercredi 17 juillet 2019

Hommage au Zoulou blanc


"Je me rends compte que, même si je suis un personnage public, 
c’est l’expérience la plus solitaire que j’aurai jamais vécue. Je suis seul face à la mort."


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mardi 16 juillet 2019

Se recentrer sur les succès !

À longueur de temps, nous sommes soumis à des injonctions contradictoires. D’un côté, on nous dit : « Ne soyez pas égoïste ! Pensez un peu plus aux autres, à la collectivité ! Souciez-vous des générations suivantes ! » Mais de l’autre, on nous serine avec la même constance : « Mais arrêtez de culpabiliser ! Ne soyez donc pas si frileux ! Prenez votre place ! Mordez la vie à belles dents ! » Entre ces deux invitations pressantes, nous sommes souvent perdus. Et nos névroses en sortent renforcées. Suis-je sur la bonne voie ? Fais-je ce qui convient à un être humain désireux de s’éveiller en conscience, en sagesse, en amour ? Où puis-je trouver un socle sûr à partir duquel m’élancer vers un accomplissement réel ? 

Nelson Mandela avait l’habitude de dire que notre pire peur était paradoxalement celle de la liberté. Parce qu’elle débouche sur l’inconnu et que l’inconnu nous effraye. Nous préférons rester dans la « zone de confort » de ce que nous connaissons déjà. Nous focaliser sur nos acquis n’a certes rien d’illégitime. Parfois nos habitudes sont d’ailleurs devenues des rituels, au sens de « ce qui nous relie au monde à travers l’espace-temps ». Mais parfois aussi elles se sont figées en automatismes routiniers... Une chose est certaine : nous ne sommes pas faits pour l’immobilisme, notre nature humaine – et même, plus simplement pourrait-on dire, notre nature vivante – est d’évoluer sans cesse, d’innover sans cesse, de créer sans cesse. 

Mais comment créer et évoluer si cela nous fait peur ? Certainement pas en nous focalisant sur nos défauts, lacunes, faiblesses, ou, pire encore, sur ce que les autres vont penser de nous – ce serait l’échec assuré de tout accomplissement. Sophrologues, hypnothérapeutes, coachs et plus généralement psychothérapeutes de toutes sortes le savent bien : pour évoluer, créer et s’accomplir, un être humain a besoin d’être porté par le « flux » qui s’éveille quand il est si pleinement lui-même qu’il s’oublie littéralement, intégralement mobilisé sur le bonheur d’agir et d’être. Or, nous avons tous connu ce « flux », ne serait-ce que dans notre enfance, lorsque nous étions plongés dans un jeu passionnant, ou quand nous étions amoureux, ne pensant plus qu’à l’autre et le voyant « comme Dieu l’a rêvé », ou encore quand une activité, professionnelle, sportive, militante ou artistique, nous emportait l’âme. Cela peut avoir été très modeste, peu importe, nous étions là à 200% et c’est cela qui compte. 
 
Se souvenir et se focaliser un instant sur ses succès, fussent-ils minuscules, est essentiel. Demande-t-on à un moineau d’avoir l’envergure d’un aigle ? Le moineau s’en contrefiche. Il est pleinement moineau, voilà ce qui compte – et l’écologie nous apprend qu’il compte bien autant qu’un volatile géant. Être pleinement humain, c’est savoir régulièrement retrouver le « flux » de ce qui nous a porté dans nos moments de bonheur et apprendre à s’en servir comme d’un courant ascendant. Avec cette observation toute simple : à moins d’être un grand malade mental, ce bonheur n’était jamais agressif, mais au contraire toujours bénévole. 

source : Nouvelles Clés

lundi 15 juillet 2019

Ouvrir les yeux !




Soyez à l'unisson, en harmonie avec ce changement 
continuel, ce jeu de la vie : jouissez de ses moindres aspects. Comme vous le savez, dans une pièce de théâtre, chacun joue son rôle et en jouit. Faites de votre vie une fête continuelle de nouveauté, de joie, d'illumination, de plénitude, de perfection ! La perfection vous accompagne dans chacun des moments du voyage de votre vie. L'idée dominante de tout ceci c'est : donnez d'abord, prenez ensuite.

 

Svâmi Prajnânpad. 
Jean-Louis Accarias : je viens de rééditer « Les yeux ouverts, Lettres à ses disciples – Tome II ». (très belle préface d’André Comte-Sponville). 

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dimanche 14 juillet 2019

Méditation nécessaire...



Autrefois, l’homme vivait dans un monde presque statique. Tout était statique. Vous quittiez le monde exactement tel que votre père vous l’avait laissé, vous n’y aviez rien changé du tout. Comme rien n’était changé, ce n’était pas nécessaire d’apprendre grand-chose. Il suffisait d’apprendre un peu et il restait des espaces dans votre esprit, des espaces vides qui aidaient à rester sains.
Aujourd’hui il n’y a plus d’espaces vides, à moins que vous ne les créiez délibérément.
La méditation est plus nécessaire aujourd’hui qu’elle ne l’a jamais été. Elle est nécessaire au point d’être presque une question de vie et de mort. Dans le passé, elle était un luxe; quelques êtres- un Bouddha, un Mahavira, un Krishna- s’y intéressaient. Les autres étaient naturellement silencieux, naturellement heureux, sains. Ils n’avaient pas besoin de penser à la méditation; ils méditaient de façon inconsciente. La vie se déployait si silencieusement, si lentement, que même les gens les plus stupides pouvaient s’y adapter. Maintenant le changement est si incroyablement rapide, tout va si vite, que même les gens les plus intelligents se sentent incapables de s’y adapter. 
Chaque jour, la vie est différente, et vous devez apprendre à nouveau, apprendre sans cesse. Vous ne pouvez pas cesser d’apprendre, c’est un processus qui doit durer toute la vie. Jusqu’au jour de votre mort, vous devrez rester un apprenti, c’est indispensable pour rester sain, pour éviter la névrose. Et la pression est grande - quarante fois plus grande.
Comment relâcher cette pression ? Vous devrez créer délibérément des temps de méditation.
Qu’est-ce que la méditation ? Osho, Éditions Accarias, L’Originel, 2010

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samedi 13 juillet 2019

Etre présent !


La moindre action, même la plus banale comme laver une assiette ou descendre les ordures, ou poser un objet sur la table, si je suis vraiment là, vraiment présent dans l’action, celle-ci devient alors source de paix, d’harmonie et de joie. 
Inversement, si par exemple je suis assis dans une salle où est joué un très beau concert, mais absorbé par des préoccupations, la plus belle musique peut me laisser indifférent, et même me procurer de l’ennui. 
La qualité de mon état d’être ne dépend donc pas des circonstances extérieures, mais de ma capacité à être présent, conscient.


René Sidelsky 

vendredi 12 juillet 2019

L'acceptation, par Eckhart Tolle


«Observez n'importe quelle plante ou n'importe quel animal et laissez-lui vous enseigner ce qu'est l'acceptation, l'ouverture totale au présent, l'Être. Laissez-lui vous enseigner l'intégrité, c'est-à-dire comment ne faire qu'un, être vous-même, être vrai. Comment vivre, mourir et ne pas faire de la vie et de la mort un problème.

 
J'ai vécu avec plusieurs maîtres zen : c'étaient tous des chats. Même les canards m'ont enseigné d'importantes leçons sur le plan spirituel. Le seul fait de les regarder est une méditation en soi. Ils flottent si paisiblement de ci, de là, bien avec eux-mêmes, en étant totalement dans l'instant présent, dignes et parfaits comme seules les créatures dépourvues de mental peuvent l'être. À l'occasion, pourtant, deux canards auront une prise de bec, parfois pour aucu­ne raison apparente ou parce que l'un d'eux a empiété sur le territoire de l'autre. L'altercation ne dure en général que quelques secondes, et ils se séparent, nagent dans des directions opposées et battent vigoureusement des ailes à quelques reprises. Puis ils reprennent leur paisible promenade sur l'eau comme s'il n'y avait jamais eu de bataille. 

Quand je les ai vus faire pour la première fois, j'ai soudainement compris que, en battant des ailes, ils se débarrassaient d'un surplus d'énergie, empêchant ainsi celle-ci de rester emprisonnée dans leur corps et de se transformer en négati­vité. Il s'agit là de sagesse naturelle, et c'est facile pour eux de l'appliquer parce qu'ils n'ont pas un mental qui maintient inutile­ment le passé en vie pour pouvoir en tirer une identité.»

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mercredi 10 juillet 2019