mercredi 13 décembre 2017

Sciences et spiritualité avec Fabrice Jordan



A la lecture d'ouvrages scientifiques faisant le point sur les avancées les plus récentes en astrophysique, physique quantique et mathématiques, on se rend compte qu'au fond, les scientifiques sont amenés presque obligatoirement vers les mêmes questions que les expérimentateurs spirituels.
Quelle est la nature de notre réalité? Quelle est la source de celle-ci? Peut-on la connaitre? Si oui, comment?
Ces dernières années, je me suis replongé dans nombre de ces ouvrages, qui m'apportent plus que de nombreux livres "spirituels" qui ne font que ressasser pour la énième fois les mêmes poncifs, sans que l'on sente toujours de manière très vive que l'auteur a réellement éprouvé ce dont il parle.
Par ailleurs, et c'est peut-être ce qui est le plus surprenant, ce sont aujourd'hui les récits et les questionnements de ces grands scientifiques qui véhiculent les idées les plus "magiques", les plus irrationnelles (au sens qu'elles défient le "bon sens", le sens commun). Elles dépassent même les cosmogonies traditionnelles dans leur description de l'apparition de la réalité.
A ce jour, les scientifiques cherchent toujours une théorie de l'unification des domaines quantiques et de la relativité générale. Une des théories qui a émergé et qui permet de lever les "singularités" faisant exploser les théories quantiques ou de la relativité générale, se nomme la théorie des cordes.
Cette théorie, par exemple, impose mathématiquement une réalité multidimensionnelle, dont la plus couramment décrite est à 11 dimensions, 10 spatiales et une temporelle. Certaines de ces dimensions sont tellement "repliées" qu'elles sont invisibles, mais peuvent être plus proches de nous que la distance de l'épaisseur d'un cheveu. Le taoïsme traditionnel décrit une réalité à 9 dimensions (ce chiffre 9 doit être pris symboliquement, et peut représenter un range de multiples dimensions). Étonnant, n'est-ce pas?
Les théories récentes sur le développement de l'univers, son origine, son devenir, font intervenir nombre de modèles où la réalité mathématique impose des idées d'univers infinis, de multi-univers (multivers), de branes (variantes de multi-univers), etc...Dans tous ces modèles, ce qui devient obligatoire, c'est que notre univers existe sous une forme répliquée quelque part, ailleurs, et pas seulement une fois, mais une infinité de fois. Des univers très légèrement différents du nôtre, ou très différents, existent également de la même manière. Cela signifie que dans certains de ces univers, une version identique de nous mêmes a dû faire des choix légèrement différents, ayant entraîné d'autres expressions de la réalité. En résumé, si nous sommes un saint dans cet univers, nous sommes peut-être un voleur, un violeur, ou n'importe quoi d'autre dans la version alternative de notre univers. En résumé, encore une fois, il apparaît scientifiquement que la réalité ultime cherche à s'exprimer sous toutes ses formes possibles. Elle cherche à actualiser tous ses "potentiels". Autrement dit encore, elle cherche à "s'éprouver" sous toutes ses formes d'expressions possibles.
Pour quelle raison, depuis toujours, les grands spirituels disent qu'il n'y a ni bien ni mal, mais juste une Unité Fondamentale? Ce n'est pas en raison d'une sirupeuse béatitude coupée des réalités. C'est l'inverse, à vrai dire. Avec la pratique spirituelle, la partie accessible de la grande Réalité devient plus vaste que dans notre condition humaine initiale. De ce fait, on peut sentir pour une partie, et pressentir pour une autre que la réalité existe sous une forme plus complète, plus complexe aussi que la réalité sensible qui s'offre grossièrement à nous. Quand on prend conscience que des variétés infinies de nous-mêmes existent et que des variétés infinies des autres existent également avec des décisions et des choix infinis, cela relativise grandement ce qui arrive dans cette univers et dans cette vie. Dans un autre, sous une autre forme, le destin des protagonistes est différent et tout aussi réel.
Ceci ne veut pas dire, bien évidemment, que ce qui nous arrive ici et maintenant ne doit pas être vécu entièrement et éprouvé de manière complète, y compris émotionnellement. Mais cela peut être vécu, dans le même temps, avec une perspective large et ouverte qui entraîne une confiance fondamentale dans la justesse de ce qui advient, ici et maintenant.
Pour finir sur un exemple symbolique et intuitif: le taoïsme postule que la Réalité est Une et émane du Vide (plein) pour ensuite se matérialiser peu à peu jusqu'à devenir les formes multiples que nous sommes ou éprouvons. Dès sa matérialisation, le Vide devient Un, c'est à dire le Dao 道, ce qui fait fonctionner toute chose sans être lui ou elle-même modifié(e). Traditionnellement, on dit que le vide se transforme en Un, puis en deux (le jeu de la dualité), puis en trois, puis en une myriade de formes (les 10000 êtres). La réalité ultime doit donc traverser de multiples formes de matérialisation jusqu'à pouvoir apparaître telle que nous la percevons quotidiennement. Comme le taoïsme a-t-il exprimé cette idée?
De manière assez simple finalement: en anthropomorphisant cette descente dans la densité et la matérialisation. Le taoïsme a imaginé tout un panthéon d'Immortels, des plus désincarnés et proches de la source jusqu'aux petits immortels tous proches de nous.
Pourquoi avoir procédé ainsi? Simplement pour que la forme énergétique correspondant à ces différentes modalités de matérialisation progressive nous devienne perceptible et surtout communicable. Par ailleurs, cette manière de faire permet plus facilement la mise en relation avec ces différents niveaux. L'homme a en effet besoin de relations pour pouvoir prendre conscience...
Ce qui est intéressant, c'est que les trois premières déités du taoïsme, celles qui sont les plus proches de la source et situées au plus haut du panthéon se nomment les San Qing (les trois purs). Tout récemment, en lisant un topic sur les couleurs "primaires", je me suis rendu compte que les San Qing n'ont pas été colorés de manière aléatoire. Comme on peut le voir sur le graphique montrant les couleurs primaires dans le modèle "additif", l'addition de toutes les couleurs donne le Blanc. Le Blanc, qui contient tout le spectre des couleurs nous apparaît donc comme Vide ou absent. Mais en réalité, c'est un vide plein de toutes les potentialités, comme un ensemble de nombre premiers (positifs et négatifs) a une valeur additive de zéro, alors qu'il contient TOUS les nombres premiers.
Les trois premières couleurs qui apparaissent ensuite sont le cyan, le magenta et le jaune (vous savez, les mêmes que vous avez dans vos imprimantes). Celles-ci sont toujours composées de spectres superposés et sont donc situées entre le potentiel et l'actualisé. Or regardez la photo des San Qing annexée. Vous verrez qu'ils sont colorés exactement de cette manière. Marrant, non?
Evidemment, ceci n'est qu'un détail qui peut rester flottant. Mais les grandes traditions ont constitué des pratiques permettant de se mettre en contact, ou en tout cas d'essayer, avec ces différentes réalités. C'est là qu'elles deviennent intéressantes et opératives.
A l'avenir, le dialogue entre scientifiques et spirituels, qui cherchent au fond la même chose et font face aux mêmes problèmes de fond (la réalité qui se voile au delà d'un certain point) devrait permettre à chacun des camps d'élargir ses champs d'horizons et de remodeler leur manière d'envisager la réalité.

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mardi 12 décembre 2017

Y voir et voir de nouveau avec Swamiji




« – Vous avez dit : «c’est un beau jardin».
Avez-vous vu le jardin ? L’avez-vous vu ?
– Non, non, je n’ai vu que l’image.
– Vous pensez que vous voyez, mais vous ne voyez pas.
Vous pensez que vous voyez. Quand Swamiji demande : «Qu'est-ce que c'est ?», vous dites «C'est un beau jardin.» Quelle est la signification de ceci ? Essayez d'en voir le sens. Dès que vos yeux se tournent de ce côté là, vous voyez un beau jardin. Ce qui signifie qu'immédiatement, vous allez vers une image qui vous apparait belle. Vous avez l'image de quelque chose de beau. Et vous juxtaposez cette image avec cela. Aussi, quand vous dites que vous le voyez, vous ne le voyez pas. Vos yeux sont tournés vers le jardin. Vous voyez - ou plutôt vous croyez voir - une belle image. Vous ne voyez pas le jardin.» 


(Sumangal Prakash, l'expérience de l'unité, dialogues avec Swami Prajnanpad)

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lundi 11 décembre 2017

La vraie nature de l'être humain ?





Si la méditation de pleine attention a un but, c'est l'éveil de l'être humain à sa vraie nature, à son être essentiel. De quoi s'agit-il ?

L'homme vit sa vie à deux niveaux d'être. Le niveau dont il est conscient est le moi mondain. C'est l'ego qui sans cesse fait retour sur lui-même par la pensée. L'ego, indissociable du mental, qui me conduit à penser : « Moi je suis ce que je pense que je suis » ! L'identification à l'ego est la cause d'un mal-être qui est propre à l'être humain. Il s'agit de cet état d'être soucieux, agité, stressé, inquiet et même angoissé, qui conduit aujourd'hui à la consommation quotidienne de douze millions d'unités anxiolytiques. La guérison de ce mal-être nécessite une prise de conscience incontournable : l'ego n'est pas notre vrai point d'appui dans l'existence.

Notre vrai point d'appui est notre vraie nature, notre nature essentielle. 
Et c'est quoi notre vraie nature ? Cette question, très légitime, confronte l'homme occidental à un sérieux problème : ce que la tradition orientale désigne comme étant la vraie nature de l'être humain est insaisissable par la pensée. Néanmoins, le fait qu'elle soit insaisissable par la pensée ne signifie pas qu'elle est inconnaissable. Et le chemin de connaissance proposé depuis plus de vingt siècles en Orient et en Extrême-Orient est l'exercice appelé MÉDITATION. C'est la méditation ancestrale désignée par l'expression : « Ânâ – apâna – sati ». (1)
Ânâ = je inspire, en ce moment et … moi je n'y suis pour rien !
Apâna = je expire, en ce moment et … moi je n'y suis pour rien !
Sati = attention … attention-attention … attention-attention-attention !


A quelle connaissance peut bien conduire la pratique régulière de la méditation de pleine attention ? Pratiquant moi-même cet exercice depuis une cinquantaine d'année, j'ai découvert et découvre que le mental est le domaine de l'agitation et que le corps vivant (Leib) (le corps qui respire) est le domaine du calme intérieur.
Que le mental est le domaine du bruit et que le corps vivant (Leib) est le domaine du silence intérieur.
Que le mental est le domaine de l'éparpillement dans l'espace pensé et le temps pensé et que le corps vivant (Leib) est le domaine du moment présent.
Que le mental est le domaine de l'ego et que le corps vivant (Leib) est le domaine de notre vraie nature.
Une telle expérience est-elle possible ? A chacun de vérifier. Comment ? En pratiquant quotidiennement la méditation de pleine attention.

Jacques Castermane

(1) Réponse donnée par le Bouddha (qui n'était pas bouddhiste) lorsqu'on le questionnait sur la méditation qu'il pratiquait sur le chemin de la libération de la souffrance.
Un occidental intéressé par zazen profite de la rencontre avec un maître pour lui poser la question : « Maître, Qu'est-ce que le zen ? ». Le vieil homme écrit sur une ardoise : attention ! « Oui mais encore ? ». Le maître reprend l'ardoise et écrit : attention… attention ! Apparemment déçu, son interlocuteur insiste : « Ne pourriez-vous pas m'en dire plus ? ». Reprenant son ardoise le Roshi écrit : attention … attention ... attention !


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samedi 9 décembre 2017

En Avent... vers la gratitude (2)


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Auprès d'Arnaud Desjardins avec Eric Edelmann (2)




"En Inde, le maître est comparé à un artisan qui façonne un pot en cuivre en le martelant à l’extérieur tout en le maintenant à l’intérieur. Adda Bentounès, un cheikh soufi du début du XX° siècle, le disait autrement : « Lorsque l’élève arrive, il est comme un arbre qui vient d’être coupé dans la forêt. Il est rugueux et d’étape en étape, de la découpe au polissage, il devient le bâtonnet avec lequel on passe le khôl entre les deux paupières. » J’en étais à l’arbre rugueux et Arnaud était un expert en ébénisterie, mais il pratiquait en plus – heureusement pour moi – l’art de l’émondage."
Mangalam : Un parcours auprès d'Arnaud Desjardins de Eric Edelmann

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vendredi 8 décembre 2017

Auprès d'Arnaud Desjardins avec Eric Edelmann (1)



Jusqu'à quel point je suis libre  ?
Éric Edelmann répond aux questions de Gilles Farcet sur ce qui l’anime dans son activité de transmission à Mangalam, l’ashram d’Arnaud Desjardins au Québec. Il nous donne un témoignage personnel de la relation de cœur à cœur à son maître, restée toujours aussi vivante après son départ en 2011. 


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jeudi 7 décembre 2017

Souvenirs, souvenirs




“Il y a des jours, des mois, des années interminables où il ne se passe presque rien. Il y a des minutes et des secondes qui contiennent tout un monde.”
“Tout le bonheur du monde est dans l’inattendu.”

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mercredi 6 décembre 2017

Faire partie...

Je vous propose d'être plus grand que vous ne pensez être. D'être à l'écoute du maximum de sensations que vous envoie votre corps et de vous rendre compte que vous pouvez agrandir votre bulle d'existence et respirer plus amplement...



" La partie que nous ignorons est bien plus grande que tout ce que nous savons."

Platon

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mardi 5 décembre 2017

lundi 4 décembre 2017

Garder vivant !





« Le jardinier ne peut pas monter la garde contre les mulots les chenilles et les taupes. Il ne peut pas guetter chaque puceron, chaque bactérie. Il ne peut pas arrêter le vent d’ouest ni dissuader la tempête de se déchaîner.II ne peut pas interdire la grêle de s’abattre.Il ne peut pas non plus contraindre la plante à pousser plus vite en lui tirant sur les feuilles-ni vouloir la garder petite.
Il ne peut que « tenter de mettre toutes les chances du côté de la plante » et garder vivant avec elle un dialogue. »


Christiane Singer: 


extrait de " Éloge du mariage, de l’engagement et autres folies."







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