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dimanche 10 mai 2026

« Ici, on peut apporter son casse-croûte »

 Nouveau bistrot dans le village. On lit sur la vitrine : « Ici, on peut apporter son casse-croûte. » C’est un lieu sans chichis. Chacun vient comme il est, avec dans sa besace ce qui devrait le rassasier. On peut y apporter aussi sa petite tranche de vie : elle se partage sur le zinc.

L’auberge du Bon Dieu doit ressembler à ça. Il ne faut pas s’attendre à des étoiles. Il n’est pas rare que la vie apportée en millefeuilles avec ses prières en miettes ait certains jours un petit goût de vieux : non pas que ce soit immangeable, c’est seulement un peu rassis. Vieilles croûtes bien emballées des habitudes de l’avant-veille que l’on transporte de jour en jour, de ces itinéraires tellement balisés qu’on ne risque plus de se perdre ni de trouver quoi que ce soit de neuf.

Croûtes du cœur : sécheresses installées, pardons remis à plus tard, élans qu’on a rangés parce qu’ils dérangeaient nos agendas. Allez, croûtes de l’Église aussi quand elle oublie qu’elle est une table ouverte et se transforme en une salle à manger où chacun mange toujours à la même place. À ce comptoir, il n’est pas rare que l’on consomme sans appétit.

Rompre ce qui enferme

Au bistrot de la vie, Jésus ne fait pas que bénir nos repas. Il casse la croûte en s’attaquant à ce qui durcit, à ce qui commence à moisir sous le papier bien plié de nos certitudes : « Est-ce que cela te nourrit encore vraiment ? » se risque-t-il à dire…

Avec le pain, il rompt aussi tout ce qui enferme. Il casse la croûte des évidences, quand tout le monde pense savoir qui a sa place à table et qui ferait mieux d’aller manger ailleurs. Il casse la croûte des pratiques installées : ces « on a toujours fait comme ça » qui tiennent parfois lieu d’Évangile, faute de mieux. Il casse la croûte de nos sécurités spirituelles : cette petite religion transportable dans des boîtes à tartines desquelles rien ne déborde plus jamais.

Pour que sa vie circule

Osons le dire : il ne respecte pas toujours ce que nous mettons sur le comptoir. Il pousse l’impertinence jusqu’à ce geste que nous avons bien trop domestiqué : l’eucharistie. Il y a quelque chose d’incongru à l’appeler « repas » quand elle devient ce moment correct et maîtrisé, où tout doit être en ordre, calibré et prévu. Chacun s’avance, reçoit et retourne à sa place. Mais si l’on gratte un peu la croûte, on redécouvre le geste bouleversant de Jésus : il prend le pain, il rend grâce, il le rompt et le donne. Nous n’avons pas le choix : pour que sa vie circule, il faut casser la croûte.

À quelques jours de l’Ascension et de la Pentecôte, il vient mettre du désordre dans nos affaires. Il disparaît du paysage : drôle de façon de faire au moment où l’on pourrait le tenir en certitudes. Comme s’il cassait la dernière croûte : celle d’un Dieu que l’on pourrait garder sous la main.

Quand l’Esprit s’en mêle

Et puis l’Esprit s’en mêle : finies les tables alignées, finie l’allée centrale par laquelle il nous faut avancer avant de rejoindre nos places par les allées latérales ! Finie la langue unique. Ça parle dans tous les sens, ça sort, ça bouge, ça déborde.

Ce « casseur de croûtes » travaille de l’intérieur pour fissurer ce qui s’est refermé. Il ouvre des brèches. Il remet du mouvement. Il refuse le tel quel. Il nous laisse une étrange promesse : notre pain quotidien peut devenir rassasiant, à condition de consentir à ce qu’il soit rompu. Si vous allez dans mon bistrot, ne soyez pas surpris de voir un inconnu s’asseoir à votre table et avec vous casser la croûte. Laissez-le vous apprendre à savourer la foi et à goûter la vie tout autrement. 

Raphaël Buyse

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vendredi 2 janvier 2026

En guise de vœux

 2026

pourquoi pas, si vous le dites
reste que ce chiffre
sonne creux
à mon oreille interne
à son tempo à elle
Ce pourrait tout aussi bien
être 2056
Photo personnelle
2090
1836
alors oui
le temps existe
bien pratique unité de mesure
7 h 50
au moment où j’écris
m ‘indique la montre
jeudi
me dit le calendrier
tandis que l’agenda m’annonce
à quoi il est prévu
que j’occupe le vendredi
le cœur déverrouillé pourtant
fait peu de cas du temps
l’œil
lampe du corps
éclaire
une dimension atemporelle
bien des morts sont présents
nombre de soi disant vivants
déjà morts
contemporain
de mon enfance
de ma jeunesse
comme de ma vieillesse
apparu bientôt disparu
entre temps
si pleinement
partie prenante
de l’instant
je me recueille
devant la dépouille
de mes amis défunts
l'un puis l'autre
déjà loin
la fermeture de leur cercueil
muée en improbable rite
l’employé des pompes funèbres présentant à l’autre
les vis
telles des reliques disposées
en un panier
Dessin de Etienne Appert
vêtu de pourpre
le chagrin est là
à sa place
vu depuis le promontoire de l’esprit
les vis ont déjà sauté
les justes se sont levés
les méchants précipités
là où il y a pleurs
et grincement de dents
le cauchemar de l’histoire se dévide
péripéties répétitives
quelques variantes de surface
juste pour produire l’illusion
les jours se fondent
je veux veiller
moi si gourd
si inconsistant

Gilles Farcet

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vendredi 26 décembre 2025

L'Esprit de Noël - La longueur d'onde inconnue

 

Sur la bande des fréquences humaines, il existe une longueur d’onde, que pas grand monde ne capte .
Bien peu en connaissent ne serait ce que l’existence. La part préservée en eux , cependant, la soupçonne sans oser y croire.
Elle les travaille cette longueur d'onde, elle les tenaille, leur mémoire originelle se souvient qu’elle existe.
Mais leur "raison" la range sur le rayon des mythes, légendes, contes de fées et idéaux dont le temps est censé guérir.
Cette longueur d’onde est celle de la bonté ; celle de la compassion ; celle de la bonne volonté.
Mais attention !
Pas de la bonté mièvre, de la compassion imbécile , de la bonne volonté qui bêle …
C’est une longueur d’onde qui n’émet aucun son du moins aucun décelable à l’oreille de chair.
Ce qu’elle diffuse n’ est audible que d’une oreille intérieure , laquelle, bien qu’elle soit là, ne devient accessible que par un rare travail.
Ouverte par le travail, cette oreille intérieure capte la longueur d’onde en question, et cette longueur d’onde émet un climat.
Au sein du climat généré par cette fréquence inconnue , il n’y a plus d’argumentations défensives ; plus de répliques : plus de "débats" ; plus de vainqueur ni de vaincu.
Il n’y a plus d’humiliations ; plus de règlements de comptes.
Il y a des paroles. Parfois agréables, parfois pas, du moins de prime abord, justement pour qui se réfère encore aux fréquences connues .
Il y a des silences. Il peut y avoir des larmes, des larmes bienfaisantes qui ouvrent toujours plus grand.
Il y a des rires et des sourires.
Et tout cela a un goût qui instantanément rassasie, soulage et détend quiconque s’y relie : le goût de la vérité. Celle qui ne s'énonce pas, ne procède de personne , celle qui ne participe de rien d’autre qu’elle même.
Et qui, pourtant, n’est pas une vérité sèche, soi-disant métaphysique, prétendument "non duelle".
Une vérité incarnée, immanente à l’humain ; l’humain, en tant que lui même émanation de cette longueur d’onde si bien cachée
Toute parole, tout regard, tout sourire, tout silence, tout geste qui puise sa source dans cette longueur d’onde est investi d’une force qui ne se discute pas .
D’une autorité qui en impose sans diminuer et encore moins écraser .
Cette longueur d’onde, elle est là, toujours. Elle émet.
Mais il est si difficile de s’y connecter, si difficile de la trouver et surtout de ne pas la perdre une fois captée.
S’y connecter, se brancher sur elle, est en soi un travail, travail rendu possible par tant de nettoyages d’écuries, d’audaces et de périples hasardeux au bord des précipices .
Cette longueur d’onde ne prêche pas ; elle n’enseigne même pas, quoiqu’elle soit condition préalable à toute transmission digne de ce nom.
Est ce qu’elle prie ?
Oui mais pas de la manière connue .
Elle ne demande rien. Elle confie, elle invite, elle remet,…
Elle est en elle même prière.
Cette longueur d’onde n’est pas bon marché.
On ne s’y abonne pas par quelques slogans psychologiques ou spirituels, ni par des concepts philosophiques , si impeccables de rigueur soient ils .
Elle ne se brade pas à la foire des "éveils".
Elle se paie cher.
Très cher.
En unités de prétention, de mensonge, d’illusion, de postures, de déni, de résistance, d’évitement et autres noms donnés à ce qui, au final, n’est rien sinon le faux.
Elle ne diffuse aucune recette.
Elle ne résout rien.

Et cependant, elle éclaire tout, de sa lumière inouïe.
Elle est l’unique issue.
La seule réponse.
Le vœu que je m’adresse, chaque année et chaque jour, est de me souvenir d’elle, de me connecter à elle et, autant que possible, de demeurer de plus en plus en elle.
Pas pour m’y protéger.
Pas pour mon confort, pas pour « ma » paix , mais pour la paix.
Afin d’être son serviteur dans la multiplicité complexe du visible .
Si, derrière la mécanique des « fêtes », la litanie des vœux pieux, des souhaits qui sonnent creux, des prières pour la forme, si il existe un esprit de Noël, c’est en cette longueur d’onde et en elle seule que cet esprit vit.
Cette fréquence n’appartient qu’à elle même.
Elle n’est à personne.
Certainement pas à une élite dont je m’imaginerais être, parce que j’ai le front d’écrire pareil texte.
Et elle est notre terre commune.
Elle est l’esprit de Noël, de Hanouka, de Divali, de al -Mawlid al nabawî.
Amen Om Shalom Salam aleykoum

Gilles Farcet

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mercredi 10 décembre 2025

Qu'est-ce que la paresse ?


Quel est le problème avec la paresse ? Qu’y a-t-il de mal à simplement rester assis et à écouter un son lointain se rapprocher de plus en plus ? Ou rester au lit le matin à observer les oiseaux dans l'arbre voisin, ou à observer une seule feuille danser dans la brise alors que toutes les autres feuilles sont immobiles – qu'y a-t-il de mal à cela ? Nous condamnons la paresse parce que nous pensons que c’est mal d’être paresseux. Voyons donc ensemble ce que nous entendons par "paresse". 

Si vous vous sentez bien et que vous trainez au lit après une certaine heure, certaines personnes peuvent vous traiter de paresseux. Si vous ne voulez pas jouer ou étudier parce que vous manquez d'énergie, ou pour des raisons médicales, quelqu'un peut vous traiter de paresseux.   

Mais qu’est-ce que la paresse au juste ? 

Quand l'esprit n'a pas conscience de ses réactions, de ses propres mouvements subtils : un tel esprit est paresseux, ignorant. Mais si vous ne réussissez pas aux examens, si vous n’avez pas lu beaucoup de livres et si vous disposez de très peu d'informations, ce n’est pas de l’ignorance.   

La véritable ignorance, c'est de n'avoir aucune connaissance de vous-même, de n'avoir aucune perception du fonctionnement de votre mental, de vos motivations, de vos réactions. De même, il y a de la paresse lorsque l’esprit est endormi. Et l'esprit de la plupart des gens est endormi ; ils sont drogués par le savoir, par les Écritures, par ce que Shankara ou un autre a dit. Ils suivent une philosophie, ils pratiquent une discipline, de sorte que leur esprit, qui devrait être ouvert, libre et débordant comme une rivière, devient étroit, terne et las : un tel esprit est paresseux.   

Et un esprit qui est ambitieux, qui poursuit un résultat, n’est pas actif au vrai sens du terme. Bien qu’il puisse être superficiellement actif, travaillant toute la journée et mettant de la pression pour obtenir ce qu’il veut, en réalité cet esprit est lourd de désespoir et de frustration.  

Il faut donc être très vigilant pour savoir si l’on est vraiment paresseux. Ne vous contentez pas de l'accepter si les gens vous disent que vous êtes paresseux. Découvrez par vous-même ce qu'est la véritable paresse.   

L'homme qui se contente d'accepter, de rejeter ou d'imiter, et qui, par peur, s'enchaîne dans une routine, un tel homme est paresseux et donc son esprit se détériore et ne pense plus clairement. Mais un homme vigilant n’est pas paresseux, même s’il peut très souvent s’asseoir tranquillement pour observer les arbres, les oiseaux, les gens, les étoiles et la rivière silencieuse.

~ Jiddu Krishnamurti - This Matter of Culture, Chapter 18

(extrait d'une vidéo)

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mardi 25 novembre 2025

Conseils pour petits et grands problèmes

 


Voici quelques extraits d'un texte très dense et précis de Jiddu Krishnamurti :
C'est cela qu'il faut faire : accepter intelligemment "ce qui est". (...)
L'intensité de l'attention donne la force de voir clairement : vous verrez, cela viendra. Il faut agir. (...)
Bien peu se rendent compte de leurs changements intérieurs, de leurs échecs, de leurs conflits. (...)
Ne refoulez pas vos pensées, vos sentiments ; laissez-les se manifester, qu'ils soient doux ou violents, en en ayant conscience.
Vers quoi vont vos désirs, si vous en avez ? Il fait bon vivre dans le monde, et pourtant nous faisons notre possible pour le fuir par la dévotion ou la prière, par nos amours ou par nos peurs. Nous ne savons pas ce que nous sommes, faute d'aller profondément en nous-mêmes et d'y découvrir "ce qui est". Nous vivons à la surface, occupés par de petites choses. Un rien suffit à nous réjouir ou à nous attrister. Nous passons ainsi nos journées : petits esprits occupés de petits problèmes. Nous n'aimons pas, ou si nous aimons c'est toujours dans la peur, la frustration, la peine ou la nostalgie.
Je me disais combien il est important d'être innocent et simple. On ne peut éviter les expériences de la vie, car c'est de cela qu'elle est faite. Mais l'esprit ne doit pas en accumuler le poids. Il doit effacer les expériences au fur et à mesure, éponger les jours et rester intact, léger. Sans cela, l'esprit ne pourra jamais être frais, dispos, souple. Le problème n'est toutefois pas de savoir comment garder cette souplesse, car chercher le "comment", c'est chercher une méthode, or une méthode ne peut jamais donner l'innocence : elle rend méthodique et non pas pur, créateur.

Pupul Jayakar, Krishnamurti, une vie
p. 266 à 269
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mardi 18 novembre 2025

La pensée de la semaine par Matthieu Ricard


Si tu penses que le monde entier se dresse en ennemi, imagine, toi le vannier, que tu te trouves devant des tonnes d'osier. Pour faire des paniers, il te faudra tresser correctement cet osier. De même, face à toutes ces difficultés, tu dois vanner parfaitement un panier intérieur suffisamment grand pour contenir tous les aléas de l'existence sans qu'ils te submergent. Bref, il est essentiel que tu t'occupes de ton esprit avec discernement.

JIGME KHYENTSE RINPOCHE (b. 1964)

Transcrit par l'auteur d'après un conseil donné oralement.

Langtang Lirung (7227m) seen from Namo Buddha, Nepal, 22 feb. 2024.

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jeudi 6 novembre 2025

Réalité sans âge


Ô chercheur de vérité,
pratique le détachement de l'esprit.
Persistez jusqu'à ce qu'il reste
seulement un espace vide d'être.
Vous n'avez pas besoin de combattre l'esprit.
Reste seul, vide et libre
de l'esprit et de son monde.
Cette solitude n'est pas personnelle,
c'est la réalité sans âge et à naître.
~ Mooji
O seeker of truth, practice detachment from the mind. Persist until there remains only an empty space of being. You need not fight the mind. Remain alone, empty and free of the mind and its world. This aloneness is not personal, it is the ageless and unborn reality.


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samedi 25 octobre 2025

Transmission


"Qu'aimerions-nous transmettre à nos enfants ? Une belle image de nous-même, de sorte qu'ils nous voient plus beaux que nous ne sommes en réalité ? À quoi bon ? Des biens matériels ? C'est leur mettre entre les mains un monceau de problèmes. Notre présence ? Que nous le voulions ou pas, ils seront séparés de nous quand nous mourrons.
Ce qu'en revanche nous pouvons leur léguer, c'est une source d'inspiration, une vision des choses qui ait un sens et qui puisse leur donner confiance à chaque instant de leur vie. Pour cela nous devons bien sûr acquérir nous-mêmes une certaine assurance, une certitude intérieure. Or, ce sentiment ne peut à l'évidence venir que de notre esprit ; il est donc grand temps de nous occuper de celui-ci."

Jigme Khyentse Rinpoche (b. 1964)
Transmis par Matthieu Ricard
📷 : Petite fille de la région de Denkhok, Tibet oriental, avec son oncle, un ermite qui a passé douze ans en retraite. 2003

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vendredi 5 septembre 2025

Vider le plein...

Chères amies, chers amis,

Et si nous faisions le vide plutôt que le plein, comme les arbres se défont de leurs feuilles à l’automne ?

Regardons en nous, autour de nous. Faisons face à l’encombrement de nos intérieurs, prenons la mesure de ce que nous accumulons et entassons.

Pouvons-nous, aujourd’hui, nous défaire d’une certitude, d’un automatisme, d’un jugement ou d’un ressentiment, en le reconnaissant pleinement, en prenant le temps de réaliser que nous n’en avons plus besoin ? S’en défaire deviendra alors un processus simple et naturel. Pouvons-nous finaliser un dossier ou une affaire qui traîne depuis trop longtemps et qui alourdit notre esprit et notre cœur ?

Attention, une tâche après l’autre, en respectant le rythme propre à chaque situation. Il ne s’agirait pas de se mettre la pression, un automatisme séculaire dont nous pourrions d’ailleurs nous alléger, au passage. Gardons l’esprit de l’exploration, sans entrer dans la modalité de l’objectif à atteindre. Au fond, il s’agit d’une pratique de bienveillance pour notre intériorité afin de retrouver un temple qui respire. Si nous entrons dans des dynamiques de réussite, nous continuons à l’encombrer par notre volontarisme et nos ambitions.

Pouvons-nous trier, clarifier ce recoin du garage, du grenier ou de ce tiroir ?

Prenons le temps de faire l’état des lieux de chaque pièce, comme si nous allions déménager dans quelques jours. Nous allons devoir trier, prendre le temps de sentir ce qui n’est plus nécessaire et que nous n’utilisons plus pour le jeter ou l’offrir. Nous sommes très forts pour accumuler, ça va très vite sans même que nous en soyons conscients. Même si nous avons la chance de vivre dans de grands espaces, pouvons-nous créer de grandes plages de vide où les objets respirent et sont mis en valeur par l’espace qui circule autour d’eux ?

 Une pratique du vide que nous pouvons installer dans nos vies, un jour par semaine ou par mois, comme un petit défi à notre besoin endémique de posséder, de nous sécuriser dans des possessions, des objets qui à la longue nous alourdissent, nous opacifient et nous encombrent.

Et si nous retrouvions un peu de simplicité et de sobriété dans nos esprits et nos placards.

- Nathalie

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jeudi 21 août 2025

Demande intérieure


"Toute demande intérieure provient d’une dualité : « Je suis malheureux, je voudrais être heureux.» En cette aspiration : « Je veux être heureux » est un état malheureux, de même que lorsqu’on fait un effort vers le bien, en cette vertu est le mal. Toute affirmation contient son opposé, et tout effort renforce ce que l’on veut surmonter. Lorsque vous désirez l’expérience du vrai ou du réel, cette demande émane de votre manque de satisfaction au sujet de ce qui « est », et crée, par conséquent, son contraire. Et dans ce contraire se trouve ce qui a été. Nous devons nous libérer de ces incessantes demandes, autrement il n’y aurait pas de fin au couloir de la dualité. Cela veut dire se connaître soi-même si complètement que l’on ne cherche plus.

On a, en cet état, un esprit qui n’appelle pas l’expérience ; qui ne veut pas être provoqué ; qui ne connaît pas la provocation ; qui ne dit ni « je dois », ni « je suis éveillé » ; qui est complètement ce qu’il « est »."

« Se libérer du connu » - J. Krishnamurti

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lundi 18 août 2025

Esprit d'enfance

 


" À 40 ans, j’ai découvert l’esprit d’enfance. Qu’est-ce ? Le sens de l’étonnement, la curiosité, l’appétit, l’enthousiasme, le goût du jeu, l’humilité, la modestie, la confiance dans l’inconnu, ces qualités dont nous jouissons avant de les abîmer ou les égarer. Sans rebrousser chemin, il faut les récupérer. Aujourd’hui, je me force à lutter contre l’illusion de savoir. J’ai la passion du nouveau. Je refuse la fatigue de vivre. Je proscris le sentiment de déjà-vu ou de déjà-entendu. Je casse toute habitude. J’entends cultiver la fraîcheur, la saveur de la première fois, la naïveté éternelle.

L’art m’y aide. Quand j’admire un tableau ou que j’écoute une musique, je deviens vierge, neuf, j’assiste à une épiphanie. L’aube scintille. "

(Plus tard, je serai un enfant - Éric-Emmanuel Schmitt)

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vendredi 11 juillet 2025

Ce qui est... clair.


Le fardeau n'est jamais la vie, mais ce que vous pensez et croyez de la vie. Tout est Dieu qui vous donne ce dont vous avez besoin pour que vous puissiez être honnête. L'avez-vous remarqué ? Tout ce qu'il vous faut pour trouver votre liberté, c'est ce que vous avez vécu. 

Le seul moment où nous souffrons, c'est lorsque nous croyons une pensée qui contredit "ce qui est". Lorsque l'esprit est parfaitement clair, "ce qui est" est ce que nous voulons.

~ Byron Katie

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mardi 1 avril 2025

Corps et esprit avec Michel Odoul

 Vous pouvez écouter le début de l'émision qui est intéressante...

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lundi 31 mars 2025

Disciple



Demander « qu’est-ce qu’un bon disciple ?» c’est comme demander « qu’est-ce que bien aimer ? » On a toute la vie pour apprendre à aimer et surtout à « bien aimer » !
Ecoute et obéissance proviennent du même verbe : obedere, qui signifie à la fois « prêter l’oreille » et « être soumis ». Cette obéissance n’est pas obéissance à une loi extérieure, mais une adhésion du cœur à un autre cœur, une adhésion du souffle à un autre souffle. C’est une écoute vivante, une écoute en action…
L’obéissance, l’écoute cela peut être l’écoute de quelqu’un qui est pour nous comme une colonne vertébrale, quelqu’un qui nous redresse, qui nous remet dans notre droiture. Et puis, à un certain moment cela peut être l’obéissance au réel, à l’unique réel qui prend la forme d’un visage ou d’un enseignement afin de nous guider.
C’est quelquefois aussi obéir au vent qui nous sépare de l’arbre, qui nous conduit – où ? là où va le vent.
Mais le disciple ne sait pas toujours là où il va. Souvenons-nous de ce que Jésus a dit : « Celui qui est né de l’Esprit, on ne sait ni d’où il vient, ni où il va ; comme le vent, tu entends sa voix mais tu ne sais ni d’où il vient ni où il va ».
S’il est vrai qu’au niveau psychique il est important de savoir d’où l’on vient et où l’on va, de quelle famille, de quelle lignée, de quelle tradition l’on vient, au niveau spirituel, au niveau pneumatique on ne sait plus parce qu’il n’y a plus d’avant ni d’après, il n’y a que l’instant. Alors à ce moment là, le disciple est vraiment le fils de l’instant.

L’instant présent est le lieu de la Présence et il s’agit d’écouter et d’obéir instant après instant.

Jean-Yves Leloup dans "Guérir l’esprit"

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mardi 14 janvier 2025

La gnose ou la guerre

 


Entre les hommes, il n’existe que deux relations, la gnose ou la guerre. Par gnose,  j’entends l’amour intelligent ou l’intelligence de l’amour. Par guerre j’entends, mépris de l’intelligence, ignorance de soi et de l’autre.

On ne peut pas être intelligent de cette intelligence particulière qui intègre la sensibilité et l’affectivité qu’on appelle la gnose et se faire la guerre entre hommes, femmes, nations…

La gnose est la santé et l’accomplissement de l’esprit, comme l’amour et la générosité est la santé du cœur.

« Bonne année, bonne santé » dit-on, santé de l’esprit et du cœur, mais aussi du corps.

Il faut donner raison à la Vie qui veut vivre en nous.

Ces vœux de santé peuvent-ils mettre fin à la guerre ? Évidemment non, s’ils restent des vœux. Évidemment oui, si nous décidons immédiatement de les mettre en pratique.

La Vie ne veut pas avoir raison de l’autre, ni être contre lui, mais elle veut vivre avec lui (d’ailleurs, elle ne sait pas faire autrement). Personne n’ose dire qu’il aime la guerre et tout ce qu’elle réduit en souffrances et en poussières et pourtant, si peu ont la force, le courage et l’intelligence, non pas de s’y opposer (cela serait encore la nourrir) mais de proposer une autre façon de vivre, sans armes et sans larmes.

En 2025, il nous faudra de nouveau répondre à la question : « Vivre, pourquoi faire ? » Vivre intelligemment pour ne plus faire la guerre ?

Pourquoi je me lave les dents chaque matin ? Pour mordre ou pour sourire ? Pour nous détruire davantage (la guerre), ou pour mieux nous connaitre (la gnose) ?

Jean-Yves Leloup, Janvier 2025

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jeudi 19 septembre 2024

Cultiver la gratitude


Mes chers amis,

Nous avions parlé la semaine dernière de la haine et de la colère, des émotions perturbatrices que nous sommes invités à abandonner car elles entraînent de la souffrance autant chez nous que chez les autres.

Il n'en est pas de même avec la gratitude. Celle ci fait du bien autant à vous mêmes qu'aux autres êtres.

Nous avons facilement tendance à éprouver de la gratitude pour ce que nous aimons et de la haine ou de la colère face à ce que nous n'aimons pas.


Pouvons nous nous questionner sur le fait d'aimer ou de ne pas aimer quelque chose ou quelqu'un ?
Est-ce un choix conscient et réfléchi ? Ou est-ce que cette appréciation, cette sensation disent les bouddhistes, survient simplement dans notre esprit sans aucun choix de notre part ? 
N'est-ce pas simplement le fruit de notre histoire ? Avons nous vraiment choisi notre histoire, ou nous est-elle donnée ?

Est-il donc nécessaire de laisser notre esprit s'agiter face à quelque chose que nous n'aimons pas ? 
Puis-je simplement laisser la réaction se faire et éprouver de la gratitude car cette situation me permet de prendre conscience de l'émotion qui se lève dans mon esprit et qui me fait souffrir ?

N'est-ce pas l'occasion de s'en libérer ?
Pouvons nous éprouver de la gratitude pour cette situation que nous n'aimons pas mais qui va nous permette, petit à petit, de nous libérer de la souffrance.
Tout serait-il donc opportunité dans notre vie humaine si nous sommes prêts à poser ce regard sur la vie ?
Pouvons réellement rendre grâce du fond du cœur ? C'est la base de l'enseignement chrétien.
La gratitude est une des bases des enseignements bouddhistes.

Avec ma profonde amitié et ma gratitude pour vous tous qui me permettez, en partageant avec vous, de réaliser toutes mes lacunes dans ma compréhension et dans ma réalisation.
De quelle façon sont-elles d'ailleurs miennes ?

Philippe Fabri

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mardi 3 septembre 2024

Souplesse

 Souplesse du corps et de l’esprit


Ma manière de grimper s’est transformée. À présent, je recherche simplement la communion avec les éléments, la densité de l’instant. J’ai compris que l’on pouvait vivre des moments d’exception sans tenter de réaliser à tout prix un exploit. Et qu’une certaine aisance, même, était propice à l’éclosion d’un sentiment d’unité.

Quels que soient nos cheminements, je crois que l’essentiel est de parvenir à cultiver, chacun à notre manière, une action juste, alignée avec nos convictions. À vivre, autant que possible, à la verticale de soi. Cette verticale n’est pas figée car nous sommes des êtres vivants, en perpétuelle oscillation. Pour être plus souple et plus déliée, notre verticalité mérite de se déployer dans les deux sens. Prendre ses racines dans la terre pour fleurir dans le ciel.

Stéphanie Bodet

Source : La Vie

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vendredi 9 août 2024

Vie quotidienne


"Mais si Ramana Maharshi m'a activement découragé d'avoir des relations sociales, il m'a également découragé de m'asseoir tranquillement et de méditer pendant les années où j'ai travaillé à l'ashram.
Pendant cette période de ma vie, si Bhagavan me voyait assis les yeux fermés, il m'appelait et me donnait du travail à faire.
À l'une de ces occasions, il m'a dit : " Ne t'assieds pas et ne médite pas,
"Ne t'assieds pas pour méditer. Il suffit que tu n'oublies pas que tu es le Soi. Garde cela à l'esprit tout le temps pendant que tu travailles. Cette sadhana vous suffira.
La véritable sadhana ne consiste pas à oublier le Soi. Ce n'est pas s'asseoir tranquillement les yeux fermés. Vous êtes toujours le Soi. Il suffit de ne pas l'oublier.
La méthode de Bhagavan ne crée pas de guerre entre le corps et l'esprit. Il n'oblige pas les gens à s'asseoir et à combattre l'esprit les yeux fermés.
Habituellement, lorsque vous vous asseyez en méditation, vous luttez pour atteindre quelque chose, vous vous battez pour obtenir le contrôle de l'esprit.
Bhagavan ne nous a pas conseillé de nous engager dans ce genre de combat. Il nous a dit qu'il n'était pas nécessaire de s'engager dans une guerre contre le mental parce que le mental n'a pas d'existence réelle et fondamentale.
Ce mental, disait-il, n'est rien d'autre qu'une ombre.
Il m'a conseillé d'être continuellement conscient du Soi pendant que je faisais les choses ordinaires de la vie quotidienne, et dans mon cas, c'était suffisant."
Annamalai swami
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dimanche 14 avril 2024

Etre au bon endroit et au bon moment


Mes chers amis,

Hier lors de la méditation, j'ai fait une petite introduction sur la conséquence de nos actes dont nous sommes souvent bien ignorants.

Nous pouvons en effet réaliser que tous nos actes ont des conséquences dans cette vie, mais aussi des conséquences beaucoup plus profondes dans le courant de notre esprit.

Quand nous réalisons que nous ne sommes pas ce corps qui est une apparence changeante d'instant en instant, donnant des sensations toujours changeantes, nous pouvons commencer à réaliser notre dimension spirituelle et cela peut nous amener à prendre conscience de ce qu'on peut appeler l'esprit.


En effet tout ce que nous percevons passe par l'esprit, par la conscience. Comment en effet pourrions nous percevoir quelque chose dont nous ne sommes pas conscients, ne fut-ce qu'en pensée ?

Tous nos actes plantent des graines dans le courant de l'esprit. Ces graines peuvent se développer si les conditions sont favorables.

Cette prise de conscience pourrait nous amener  à mesurer qu'à chaque instant, par nos réactions à ce que nous percevons, nous créons des conditions qui vont entrainer la manifestation de nos tendances qui sont liées à ces graines plantées dans le courant de l'esprit.

Nous ne sommes pas responsables de ce qui arrive, mais nous sommes responsables de ce que nous en faisons, et ce que nous en faisons est la cause des graines qui vont être plantées. Nous prenons alors conscience que fondamentalement nous sommes responsables de l'avenir, des tendances que nous créons par notre action dans l'instant.

Avec ma profonde amitié, je vous souhaite une bonne méditation à vous tous.


Philippe Fabri

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