Affichage des articles dont le libellé est simplicité. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est simplicité. Afficher tous les articles

mardi 19 mai 2026

Perception de ce qui est

 

Vous ne pouvez pas observer "ce qui est" si vous le critiquez sans cesse, si vous l'aimez ou le détestez.

Le conflit est le déni de "ce qui est", ou la fuite de "ce qui est". Il n'y a pas d'autres conflits à part celui-là. 

Notre conflit devient de plus en plus complexe et insoluble parce que nous ne faisons pas face à "ce qui est". 

Il n'y a aucune complexité dans "ce qui est", mais uniquement dans les nombreuses évasions que nous recherchons.

☯️

La vérité est la perception de "ce qui est" sans l'interprétation ni l'interférence de la pensée.

(Brockwood Park, 6 June 1975, Scientists Seminar)

~ Jiddu Krishnamurti

---------------------------

dimanche 28 décembre 2025

Simplicité au centre

 


"La simplicité est, selon moi, le grand défi de ce troisième millénaire. Nous avons su développer la complexification à outrance, il nous appartient aujourd’hui de conquérir la simplicité et la sobriété comme ce que l’intelligence a de meilleur à nous offrir. 

Grâce à des technologies de grande qualité, pensées pour servir la vie, nous devons ré-orienter notre créativité vers de nouvelles productions intelligentes, inspirées par le souci d’augmenter nos aspirations au bien-être par l’art de la simplification : des productions durables et utiles. 

Cela implique, bien entendu, de recentrer nos modes de vie vers d’autres objectifs que servir encore et encore la machinerie économique : remettre l’humain et la nature au centre de nos préoccupations."

-Pierre Rabhi-

"La tristesse de Gaïa", Actes Sud, 2021

--------------

vendredi 5 septembre 2025

Vider le plein...

Chères amies, chers amis,

Et si nous faisions le vide plutôt que le plein, comme les arbres se défont de leurs feuilles à l’automne ?

Regardons en nous, autour de nous. Faisons face à l’encombrement de nos intérieurs, prenons la mesure de ce que nous accumulons et entassons.

Pouvons-nous, aujourd’hui, nous défaire d’une certitude, d’un automatisme, d’un jugement ou d’un ressentiment, en le reconnaissant pleinement, en prenant le temps de réaliser que nous n’en avons plus besoin ? S’en défaire deviendra alors un processus simple et naturel. Pouvons-nous finaliser un dossier ou une affaire qui traîne depuis trop longtemps et qui alourdit notre esprit et notre cœur ?

Attention, une tâche après l’autre, en respectant le rythme propre à chaque situation. Il ne s’agirait pas de se mettre la pression, un automatisme séculaire dont nous pourrions d’ailleurs nous alléger, au passage. Gardons l’esprit de l’exploration, sans entrer dans la modalité de l’objectif à atteindre. Au fond, il s’agit d’une pratique de bienveillance pour notre intériorité afin de retrouver un temple qui respire. Si nous entrons dans des dynamiques de réussite, nous continuons à l’encombrer par notre volontarisme et nos ambitions.

Pouvons-nous trier, clarifier ce recoin du garage, du grenier ou de ce tiroir ?

Prenons le temps de faire l’état des lieux de chaque pièce, comme si nous allions déménager dans quelques jours. Nous allons devoir trier, prendre le temps de sentir ce qui n’est plus nécessaire et que nous n’utilisons plus pour le jeter ou l’offrir. Nous sommes très forts pour accumuler, ça va très vite sans même que nous en soyons conscients. Même si nous avons la chance de vivre dans de grands espaces, pouvons-nous créer de grandes plages de vide où les objets respirent et sont mis en valeur par l’espace qui circule autour d’eux ?

 Une pratique du vide que nous pouvons installer dans nos vies, un jour par semaine ou par mois, comme un petit défi à notre besoin endémique de posséder, de nous sécuriser dans des possessions, des objets qui à la longue nous alourdissent, nous opacifient et nous encombrent.

Et si nous retrouvions un peu de simplicité et de sobriété dans nos esprits et nos placards.

- Nathalie

-------------

mercredi 13 août 2025

Le rien d'une journée

 


Je n'ai absolument rien fait de cette journée, qu'ouvrir au matin les fenêtres de la cuisine et de la chambre, laisser les nuages entrer dans l'appartement et frotter leur silence au silence régnant dans ces pièces. Oui, voilà ce que j'ai fait de ma journée, j'ai ouvert les fenêtres sur le jour, rien d'autre, et dans ce rien beaucoup de choses se préparaient dont je saurai plus tard le nom, beaucoup plus tard. 

Au soir, parce que les nuages avaient repris leur errance et que le froid s'invitait sans façon, j'ai refermé les fenêtres. Il était huit heures. De la cuisine, j'ai vu un moineau se poser sur un sapin. La branche a tremblé sous la maladresse de son atterrissage. Dans ce mouvement communiqué à l'immense par presque rien, j'ai reconnu l'image de ma journée et je me suis découvert heureux, comblé.

~ Christian Bobin  ♡ - Autoportrait au radiateur

**************

vendredi 15 novembre 2024

Spiritualité à enraciner


 La prochaine fois que quelque chose de terriblement douloureux vous arrive et qu’une personne vous dit: « Vous choisissez toutes vos expériences, c'est l'univers qui t'envoie cette épreuve, remercie le... », assommez-la. 

Puis, quand elle se réveillera, demandez-lui de vous remercier de réaliser son rêve. Ensuite, dites-lui que « La douleur est une illusion, il suffit d’en prendre conscience, d’en témoigner, afin d’entrer dans la Grand Tout ». Puis, rappelez-lui qu'elle n'est pas victime, qu’il n’y a pas de victimes,  qu’il lui suffit de «revisiter» son passé pour accepter.

Quand elle va demander de l’aide pour se relever, regardez-la au sol et rappelez-lui que: «Tout ce que tu vois et ressens est à ton image ». Insistez pour qu'elle vous pardonne avant même que sa blessure à la tête ait guéri, dites-lui: «Avec cette expérience, tu as certainement dû résoudre certains problèmes liés à la violence. Sois reconnaissant(e) du cadeau que je t’ai offert ».

Quand elle va commencer à se fâcher, rappelez-lui que la colère et les jugements sont des émotions médiocres, et qu'il n'y a jamais personne à blâmer. Si cela ne la calme pas, dites lui que son ego est son ennemi et que la partie d'elle qui perçoit cette situation comme inacceptable n’est tout simplement pas suffisamment en confiance: "Tu es pris au piège dans la matrice et tu vois le monde à travers des œillères limitées". Dites-lui que vous êtes ici pour la libérer.

Enfin, prenez son portefeuille et demandez-lui de vous donner son code PIN afin qu’elle puisse apprendre une autre leçon précieuse sur le détachement matériel et la dépendance.

- Jeff Brown from the book, Grounded Spirituality

--------------------

dimanche 1 septembre 2024

L'intranquille

L'INTRANQUILLE (test : un texte un peu "difficile" ...)
mon esprit assoiffé
accroché à mon cœur
ne peut se satisfaire
d’une simplicité unidimensionnelle
parce qu’elle ne rend pas compte
de cette totalité
qui pourtant jamais ne se laissera saisir
à mon esprit aux abois
il faut une complexité multidimensionnelle
la danse des contraires
des irréconciliables
qui s’entrechoquent
et dont la friction produit
par delà les concepts
des éclairs de vérité

Il ne fait pas toujours très bon
habiter cette complexité
dont pas grand monde ne veut
précisément
parce qu’elle est ardue
parce qu’elle est difficile
et qu’elle ne rassure pas
et qu’elle demeure inouïe
contrée ignorée de maintes cartes
où je me sens parfois isolé
un peu fou
en danger d’arrogance
à force de croire entrevoir
ce que peu ne serait ce qu’envisagent
parfois contrit d’être ainsi
contraint au contradictoire
et par là même peu compris
or qui n’aspire à l’être ?
en vérité désemparé
que tant se satisfassent
de leur petit fragment
auquel ils s’accrochent
pour voguer parfois toute une vie
sur la houle du réel
qu’y puis je ?
me satisfaire d’une grille
d’un paradigme
d’une foi
d’un système
d’une logique
d'une construction
ou déconstruction
voilà qui ne m’est pas permis
je suis un intranquille
aussi ne connaitrai je pas
le repos des certitudes
la sécurité de l’appartenance
le trompe l’oeil
des cohérences de surface
alors j’habite
mon pauvre esprit écartelé
accroché à mon coeur en cavale
toujours à l’affût de cette autre cohérence
qui met les repères en déroute
j’y vis
pas si mal au final
parfois même si bien
de temps à autre un peu difficilement
l’enjeu étant
depuis cette complexité foisonnante
d’aimer en toute simplicité

Gilles Farcet

-----------

mercredi 10 juillet 2024

Mystère de la source ordinaire



Faire des choses ordinaires
nos plus belles célébrations.
Vivre comme
un éloge à la simplicité.
Ouvrir grand le cœur.
Se laisser nourrir
et devenir nourriture...

Federico Dainin Sensei

-------------------



D'où que nous pensons venir et où que nous pensons pouvoir aller...
Nous ne venons que de nous mêmes pour nous en aller sans cesse vers nous mêmes.
En ce "nous même" est contenu tout l'univers.
Large, merveilleux, insaisissable.
Un mystère.
Le découvrir c'est plonger dans une joie infinie, douce, forte.
A en couper le souffle.
C’est soudain se sentir comme un galet qui tombe lentement dans les eaux de l’océan.
Happé par les profondeurs.
Nous sommes faits d’os et de brume,
nous somme l’eau qui revient à l’eau, de goutte en pluie, de ruisseau en océan,
nous sommes la lumière qui éclaire le jour et illumine la nuit.
Nous sommes ténèbres qui se laissent éclairer et qui protègent ce qui doit se confondre à la nuit.
Tout cela est source de joie si nous le voulons.
Cette joie, transfigure.
Federico Isshaq Dainin Sensei

--------------

dimanche 16 juin 2024

Se la jouer...

 (extrait du "Carnet")



J’ai de plus en plus souvent l’impression intime  de me trouver « au taquet », au ras de l’essentiel , par terre avec les yeux juste ouverts pour voir les choses au plus près de ce qu’elle sont.
Cela suppose d'arrêter de  "se la jouer" - une expression populaire que je trouve très parlante-  ce qui n’est pas si évident, hein …
Se la jouer.
Tous nos grands et gros mots...
Nos théories, nos théologies, nos "enseignement"s dès qu’on s'en gargarise, nos prétentions inconscientes, tout ce qu’on arrive si aisément à se faire croire ... au moins tant qu’on a la santé de surface )- quand on la perd c'est une autre histoire- tout ce dont on est bouffi.

L’éveil, la spiritualité, Dieu, non Dieu, le Vide, le Sans forme, la liberté, et bla bla bla. Toutes choses dont on s'autorise à parler avec l'autorité que nous confère notre prétention saupoudrée de miettes de savoir et, oui, même, parfois d'expériences nécessairement parcellaires car comment le fini appréhenderait-il l'infini ?
Vu depuis le ras de ce qui est, tout ça ressemble à du bluff.
Au ras de ce qui est, tout devient basique, élémentaire, vital.
Aimer. C’est à dire cesser de refuser, cesser de se regarder soi, cesser d’exiger de l’autre, de tous les autres y compris le monde entier (!)  qu’il se positionne en fonction de moi, cesser de réagir selon ce que dicte ce moi obsédé de lui même … �
Ou ne pas aimer.
Et éventuellement habiller cette posture de grandes phrases, de  concepts vertigineux, de sophismes ronflants, et allons-y et vas-y que je pontifie étant entendu qu'il n'y a personne pour pontifier
Échafaudages pseudo théologiques, constructions, déconstructions, gloses, non gloses, affirmations , récusations, caquètements dans un vide en lequel nous flottons tels des pantins hors sol  ..  
Pour ne pas se sentir au taquet, acculé à la simplicité , celle qui mutile le moi égocentrique (pléonasme qui ne désigne pas la personne).
Aimer. Ne pas aimer.
Au final , au "jugement dernier » , plus que ça, rien que ça.
Le reste, des postures, des attitudes, même si d’aucunes ont un peu de gueule.

Gilles Farcet 

---------------