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mardi 16 juin 2026

Nuages d'humanité


 " Les morts sont de drôles de gens. Parfois ils reviennent en coup de vent comme quelqu'un qui a oublié un document important à la maison et repart aussitôt. Leur présence est légère. Allant chercher le pain, j'ai senti une brise, comme une main de couleur bleue qui frôlait mes tempes. Cela a suffi pour qu'une porte se rouvre entre ce monde et l'autre, et que ma mère revienne. Il faisait si beau. Et ces nuages dans le ciel bleu. La seule religion qui vaille est celle des nuages : ce qui passe et brille sans raison. Écoutons les nuages qui ne se lassent pas d'écouter les abandonnés. Écoutons-les. Ce sont les derniers humains."

Christian Bobin - Cahier de L'Herne


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vendredi 22 août 2025

Habillage naturel

 Un arbre mort peut encore accrocher les nuages.

Photo au parc Mosaïc - août 2025

La nature n'a pas besoin de libellé pour inscrire la beauté.

Photo parc Mosaïc 

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jeudi 24 octobre 2024

Derrière le Je...

 


« Si je voulais partager un message avec le monde entier...

Je dirais ne vous inquiétez de rien.

Vous vous en souvenez, vous n'êtes pas ici par accident. Même sous cette forme. C'est juste un costume que vous devez porter pendant un certain temps. Mais celui qui est derrière ce costume, celui-là est éternel.

Si vous le savez et avez confiance en cela, vous ne réagirez pas et n'agirez pas si prématurément.

Vous resterez simplement silencieux et permettrez à votre esprit de revenir gentiment dans votre cœur. Ensuite, vous commencerez à voir à partir de votre état naturel.

Votre cœur est si plein d'amour et de paix.

Vous n'avez pas besoin d'aller en Inde pour trouver la paix, vous n'avez pas besoin d'aller dans l'Himalaya ou dans les Caraïbes pour trouver la paix et le bonheur parce que c'est juste là où vous êtes.

Je veux partager quelque chose avec vous :

Quand vous dites " Je "... Le vrai sens de " Je " c'est la Joie, c'est le Bonheur, c'est la Vie et le Témoin de la Vie.

Toutes les autres choses passent à côté. Comme des nuages ​​dans le ciel. Vous ne voulez pas vous accrocher à aucun nuage, sinon combien de temps cela va-t-il durer? Laissez-les passer. Laissez-les passer.

Quoi qu'il arrive dans la vie, tout va bien.

Soyez simplement Heureux, Heureux, Heureux ! »

~ Mooji

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mercredi 24 mai 2023

L'art des nuages.

 Ce jour, la revue Poesibao publie une recension de Sabine Dewulf du très beau livre publié par Pierre Dhainaut à partir des œuvres de Caroline François-Rubino, L'Art des nuages.

Voir le texte de Sabine Dewulf


Un seul monde
en ce monde, autant
de seuils que de nuages.

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Aimer sans frontières
la houle, les nuages,
la mémoire et l‘adieu.

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Rien, les nuages
ne sont rien par eux-mêmes,
le vent leur est fidèle.

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Prendre un caillou,
suivre un nuage, pourquoi,
pourquoi choisir ?

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dimanche 24 février 2019

Conseils


Les nuages se déplacent, mais le soleil reste toujours.

 
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mercredi 28 mars 2018

Sur la terre comme au ciel...


 Dans la journée, n'oubliez pas de lever quelquefois la tête... et... soufflez sur vos nuages intérieurs.

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dimanche 1 octobre 2017

Ces merveilleux nuages qui nous font rêver

Partout où se trouvent des nuages, l'imagination et la rêverie sont prêts à s'emparer de nous. Pour la plus grande satisfaction des poètes, des savants et des fous. 

Les nuages lents, les nuages clairs au long des routes nous observent de si loin qu'il est difficile de savoir ce qu'ils pensent. Et peut-être même, mais nous n'osons y songer, leur regard évasif oublie de s'arrêter sur nous, poursuivant une trajectoire invisible, par-delà les lignes de peupliers qui ferment nos pays.

Quand les nuages nous font rêver

Massifs et flottants tout à la fois, ils égrènent un rivage d'incertitude, des terres suspendues, des pentes hésitantes, de vastes plateaux où d'étranges troupeaux, en caravanes longues et silencieuses, suivent des routes parallèles, qui jamais ne se rejoindront puisque nous n'avons pas le même horizon.
Et qu'y aurait-il de commun entre ces hauts fronts bombés comme des voiles, toujours un peu distraits, pensifs immensément, et les villages traversés, rabougris autour de l'unique place où clignote l'enseigne lumineuse de la boulangerie, puis la mairie et la poussière de ses drapeaux, le parking où l'on se range comme au cimetière ? Quel lien caché entre leurs libres métamorphoses et la grise évidence du bureau de poste ?
À trop contempler la flottille des nuages, le rêveur pourrait s'embarquer pour des conquêtes illusoires. Mais sur son chemin il rencontre le sage ou le gendarme, qui lui rappellent le sens des réalités - et celui de la route, dont la sinuosité nous abuserait facilement, dans l'intermède des campagnes aux lointains plus complaisants.

Les images qui s'y forment

« Qui aimes-tu le mieux ? », interroge le poète, non sans duplicité, à travers la foule hagarde se cherchant un frère : et l'étranger, lui-même passant parmi les villes, passant sur la terre, de répondre d'un regard mélancolique vers les fugitifs déjà loin, là-bas, les troublants nuages, les impondérables nuées qui pourraient nous rendre étrangers au monde, mais de cette étrangeté qui fait le monde si vaste.
Les mieux inspirés y surprennent des montagnes en gestation, d'autres des cavaliers lancés dans une course interminable, des éléphants se déplaçant d'un pas de danseuse, des visages antiques, des continents à la dérive, mais en réalité, par bouffées, comme d'une pelote, les nuages dociles se contentent de dénouer les formes, toutes les formes, celles des êtres comme des pensées, pour nous laisser dans le vague, dans cette imprécision qui fait les choses plus mobiles et plus profondes, comme l'espace dont elles résonnent.

Le regard du poète 

Et soudain, d'une déchirure des courbes de la route bâillonnant l'attention, entre la vigne et le verger, ce pré solitaire, lisse et joyeux comme un miroir tout neuf : la douceur de sa pente, la tendresse de son éclat, je ne sais, comme un cri, un appel, l'intervalle éblouissant d'un instant de vérité - sur le bord de nos routes - au détour de ce que l'on croit être nos destins - et qu'on abandonne déjà, toujours passant, toujours fuyant.
Lui aussi caresse les nuages, là-haut, les invraisemblables nuages, comme ici, sur cet arpent d'innocence, les nuages mêlent au vert les fils de leur blancheur. Ils portent le vif des vents, sur l'herbe ils sèment l'espace. Ils ne sont qu'haleine, mouvement, passage, légèreté, figures dans les airs et pleines de ces airs qu'ils nous soufflent avec la lumière en liberté. 
Et le long des routes ils chantent, ainsi qu'une musique en marge de nos vies, mais pour les ouvrir, les agrandir d'un monde qui est pourtant le nôtre et que nous avons fini par oublier - en rétrécissant le regard comme peau de chagrin - en limitant le pas aux dalles des trottoirs - jeu de marelle dont on a perdu l'arc du ciel.
Philippe Mac Leod est écrivain et a publié plusieurs livres et recueils de poésie. Auteur de « Habiter les mots »et de «Variations sur le silence »chez Ad Solem. 

vendredi 8 février 2013

Nuages réconciliés en clarté... avec Julos Beaucarne


Croyez en l'extase des nuages
qui traversent les grands horizons,
au petit vent du soir, au coeur de l'été chaud,
croyez à la douceur d'une amitié ou d'un amour,
à la main qui serre votre main
car demain, mais n'y pensez pas
demain éclateront peut-être les nuages
et le vent emportera vos amours,
tenez-les serrés,
ne vous endormez pas
sur un reproche non formulé,
endormez-vous réconciliés,
vivez le peu que vous vivez dans la clarté.


Julos Beaucarne

Extrait de "Quand vous serez au milieu de la grande vie paysanne". (Mon terroir c'est les galaxies).


dimanche 17 juin 2012

Peur de tout avec Alexandre Jollien

Souvent, de la bouche de ma fille tombe un diagnostic : « Papa, tu as peur de tout. » Et je le confesse, c’est bien ce qui m’arrive. Un pique-nique en famille se transforme vite en champ de bataille pour l’esprit. Un morceau de viande traîne par terre sur le terrain de jeux et les hypothèses les plus folles échauffent mon cerveau : empoisonnement, rage, etc. Alors je cherche à tout prix un moyen de m’évader de cette peur de tout pour goûter enfin la liberté intérieure. Être cool en un mot, savourer la vie comme un cadeau sans m’agripper au futur. Autour de moi, j’entends qu’il s’agit de vivre dans le présent, d’être ici et maintenant. J’entends bien mais comment ? 


Chaque jour, je pratique une heure de méditation durant laquelle je contemple les idées qui surgissent sans m’accrocher à elles. C’est un soulagement total. Une idée se présente, la pire bien souvent, celle de mes enfants agonisants dans d’atroces douleurs, et je regarde passer.
Au début, quand elle naît, la pensée est douloureuse puis, au fur et à mesure, elle perd de sa négativité et je finis par voir qu’il s’agit d’un film qui ne m’affecte pas. Le progrès est énorme et cette petite heure de méditation est un havre de paix. Cependant, dès que le gong retentit, je retourne vers mes enfants, je vaque à mes occupations et tous les scénarios catastrophes reviennent avec force. Et le pire, c’est que j’y crois. Tout à l’heure, j’avais bien vu leur caractère irrationnel mais, à l’instant, j’y crois. J’ai donné il y a peu une conférence avec Matthieu Ricard et je lui ai exposé le problème. Il m’a dit ce que je savais déjà mais, dans sa bouche, cela a pris un autre sens et j’y ai trouvé une invitation à ne pas trop séparer l’heure de méditation avec la vie quotidienne. En gros, l’exercice consiste à voir le ciel bleu derrière les oiseaux. Les oiseaux représentent l’anxiété. Il y en a plein. Mais, derrière eux, il y a toujours le ciel bleu de la vacuité, de la paix déjà là. Tandis que je déplorais le nombre d’oiseaux enragés qui parcouraient le ciel, une amie m’a dit : « Essaie, d’instant en instant, de voir quand il y a des petits coins de ciel bleu dans la journée. »


Depuis, je pratique l’exercice du ciel bleu. Certes, la volaille vole à tire-d’aile, mais, toujours, il y a un petit morceau de ciel bleu que j’oublie voulant flinguer les oiseaux. Grâce à Matthieu et à mon amie, je pratique désormais l’exercice aussi souvent que possible, aussi souvent que nécessaire. Regarder le ciel bleu. J’ai fini par faire des oiseaux mes ennemis redoutés et redoutables à chasser tout au long du jour. Et plus je les chasse, plus ils reviennent. La cohabitation a donc démarré et je la souhaite pacifique. La peur de tout, comme dit ma fille, m’interroge aussi sur ma foi. Certes, je crois en Dieu et en la vie. Le « certes » est peut-être de trop. Mais cette zone de turbulences, ces angoisses à tire-larigot : cancer, rage, accident de la route… me conduisent à me poser une question à laquelle je n’ai jamais vraiment répondu à fond : « Est-ce que je crois vraiment en Dieu, est-ce que je suis réellement confiant en la vie ? » La réponse, au niveau du cœur, s’impose dans un « oui », sincère et total. Mais rationnellement, je n’y adhère pas complètement. 
En prenant conscience de cette schizophrénie, je suis rempli de joie car le chemin m’est tout indiqué : tendre l’oreille à mon cœur qui lui est déjà confiant. Lui ne dit jamais non, il est en paix même si un nuage de rapaces hurle à côté.

Source : "La Vie"