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mardi 17 novembre 2020

Des mots essentiels !

 


Et la saloperie des autres est aussi en nous. Et je ne vois pas d'autre solution, vraiment aucune autre solution, que de rester en soi-même, dans son propre centre et de l'extirper de son âme, toute cette pourriture. Je ne crois plus que nous puissions corriger quoi que ce soit dans le monde extérieur, que nous n'ayons d'abord corrigé en nous. Et cela me paraît l'unique leçon de cette guerre : de nous avoir appris à chercher en nous-mêmes et pas ailleurs.

Etty Hillesum
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jeudi 19 janvier 2017

Projection et réflexion...





Le monde n'est qu'une projection du mental dans votre état de veille. Il n'est donc qu'une idée et rien d'autre. Quant à la paix, c'est l'absence d'agitation.....

Qu'est-ce qui est bien, qu'est-ce qui est mal ? Il n'y a pas de critère qui permette de juger si une chose est bonne et une autre mauvaise. 
Les opinions diffèrent selon la nature de l'individu et selon son environnement. Ce sont des idées et rien de plus....

Le mal que l'on voit chez l'autre, c'est son propre mal. La distinction du bien et du mal est à l'origine du péché. On projette hors de soi son propre péché et, par ignorance, on le surimpose sur l'autre."


L'enseignement de Sri Ramana Maharshi, 

éditions Albin Michel

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mercredi 21 octobre 2015

Matthieu Ricard... en images et en livre

Face à la "banalité du mal" théorisée par Hannah Arendt, ce docteur en génétique cellulaire reconverti dans le bouddhisme veut rappeler la banalité du bien, "occultée par cette violence qu'on surexpose, alors que les 7 milliards d'humains qui peuplent la planète se comportent le plus souvent de manière décente". Matthieu Ricard le prouve en donnant les droits de ce livre, comme ceux de tous ses autres ouvrages, à l'association Karuna-Shéchèn, qui soigne chaque année 120000 malades et accueille 25000 enfants dans ses écoles.
Olivier Le Naire



Extraits :

"En 1966, alors que j'avais 20 ans, deux amis chers, Frédérick Leboyer et Arnaud Desjardins, me montrèrent des portraits de grands maîtres spirituels tibétains qu'ils venaient de rencontrer en Inde sur les versants de l'Himalaya, à Darjeeling, à Kalimpong et au Sikkim. Ces portraits, ainsi que les films rapportés par Arnaud, ont véritablement changé ma vie. C'était un peu comme si on m'avait montré des portraits de Socrate ou de saint François d'Assise. Je ne me lassais pas de les contempler, et c'est leur force d'inspiration qui me décida à entreprendre mon premier voyage en Inde pour aller à leur rencontre.





De fil en aiguille, après avoir fait sept allers et retours entre l'Institut Pasteur et Darjeeling, alors que je faisais ma thèse en génétique cellulaire, en 1972, je décidai de quitter la France pour vivre auprès de celui de ces maîtres qui m'avait le plus profondément inspiré, Kanguiour Rinpotché. 

C'est ainsi que des portraits ont été à l'origine de presque un demi-siècle de vie dans l'Himalaya, passé à étudier et à pratiquer auprès de ces maîtres, à m'imprégner de la qualité de leur présence, de leur sagesse et de leur bonté aimante.




Puis ce fut mon tour de faire des portraits d'eux. [...] 


Durant toutes ces années, j'ai aussi photographié des gens simples, des moines et des nonnes, de rudes montagnards du Bhoutan ou du Tibet, des femmes du Kham au Tibet oriental, coiffées de turquoises, de coraux et d'ambre, d'enfants étudiant avec joie et enthousiasme dans les écoles que nous avons construites au Népal et au Tibet au travers de Karuna-Shéchèn, l'association humanitaire que j'ai fondée avec quelques amis et bienfaiteurs.




Bien des tragédies peuvent être illustrées de manière poignante par la photographie, mais, personnellement, j'ai pris le parti de célébrer la beauté intérieure de la nature humaine afin de redonner confiance et espoir à ceux qui douteraient du potentiel d'altruisme et de compassion de l'humanité. J'ai donc plus souvent photographié les sourires que la tristesse, la bienveillance que la méchanceté, la candeur que l'affectation. Il ne s'agit certes pas de minimiser les drames issus de la violence, de la persécution et de la cruauté, mais de mettre en exergue la banalité du bien, qui est plus souvent présente en nos vies que celle du mal."







jeudi 25 décembre 2014

Histoire de NOEL...


À l’âge où les enfants commencent l’école primaire, il a arpenté ses rues, tenté de survivre dans sa gare tentaculaire, dormi sur son bitume et mangé dans ses poubelles. On croit le connaître, l’enfant des rues de Bombay, tant son histoire a mille fois été racontée. Mais rencontrer Amin, c’est voir la ville à hauteur du gamin qu’il était alors. Plus ambivalent qu’on ne l’imagine. « J’avais peur, une peur panique, se souvient le trentenaire. Mais en même temps j’avais ma liberté. » Il peut faire la course avec les trains, se glisser dans les salles obscures, partir dans un autre coin de l’Inde, revenir. « Mais bien sûr, ce n’était pas la vraie liberté. Cette vie, je ne l’avais pas choisie… »



Né en 1980 d’un mariage arrangé, où les époux se voient pour la première fois le jour des noces, Amin est trimballé au gré des expulsions de taudis en bidonvilles dans une banlieue de la mégapole indienne. Le couple, qui n’a jamais pris son envol, bat déjà de l’aile. Le père, alcoolique, disparaît à jamais, bientôt remplacé par un homme qui a le coup de ceinture facile. Le petit Amin a 5 ans, il doit ramener de l’argent à la maison et travaille dans une échoppe de thé. Les clients le tyrannisent, lui flanquent des claques sur son passage, son patron lui tire les oreilles. Un jour, son plateau lui échappe. Les tasses se brisent. Panique. Que faire ? « Où que j’aille, je serai battu. C’est là que l’idée m’est venue : “Va-t’en, Amin, va-t’en vite !” Et je suis parti en courant sans regarder derrière moi. » La rue, illusion de liberté, Amin et sa petite sœur qui l’a rejoint vont l’apprendre à leurs dépens. Vol, passage à tabac, viol par les enfants plus âgés… « Durant ces trois ans, j’ai tout vécu et je suis déjà mort », souffle le jeune Indien. Alors il se blinde. Un homme surnommé Mama lui apprend à se nourrir dans les poubelles. « Je ne connais même pas son vrai nom ! Dans la rue, on n’a pas d’identité. » Amin apprend aussi à mendier et ne s’endort jamais sans une pierre à la main.

C’est d’ailleurs à coups de cailloux qu’il reçoit sœur Séraphine, une religieuse de Saint-Joseph qui tente de sortir les enfants de la rue, un de ces « anges » dont la vie du jeune homme est semée. Celle-ci patiente et finit par le convaincre de venir à Snehasadan, un orphelinat dont elle s’occupe avec le père Placido. Après quelques fugues, Amin s’y enracine. Le lieu devient sa vraie maison. « Pour Noël, nous organisions un family day, une fête avec des pièces de théâtre, des jeux, nous recevions des bonbons et cuisinions des gâteaux », se souvient-il. Au foyer se croisent des enfants de toutes religions : « Je suis né musulman, mais j’ai grandi comme catholique, avec des enfants hindous, s’amuse Amin. Cela m’a appris que ce que je cherchais, ce n’était pas un dieu, mais le bonheur. » Quand en 1992 éclatent à Bombay des émeutes sanglantes entre hindous et musulmans, Amin décide qu’il n’aura pas de religion.

Sur la route de la rédemption, il retrouve sa mère et rencontre Eustace Fernandes, un homme d’affaires qui l’embauche comme chauffeur et lui permet de prendre son envol. « Il a d’abord été un patron, puis un ami, enfin un véritable père. » Il y a chez Amin une grande conscience que sans les autres, il n’est rien. « Si j’existe, c’est grâce à vous », répète-t-il, vous qui m’avez trouvé dans la rue, qui m’avez nourri, m’avez relevé. Aujourd’hui, Amin est chauffeur pour les touristes et leur fait visiter son Bombay. Il habite tout près de l’orphelinat de Snehasadan, qu’il visite quotidiennement. Surtout, il aimerait monter un café-bibliothèque solidaire où les petits mendiants de Bombay pourraient se reposer et manger quelque chose. L’ancien enfant recroquevillé dans un recoin de la gare de Bombay en est persuadé, il est possible de changer le monde par capillarité : « Le bien est comme un aimant. Si l’on répond au mal par le mal, rien ne bouge, mais si tu me jettes une pierre et que je te renvoie de l’amour, cela crée une faille qui change tout, qui change le monde. »


Texte Laurence Desjoyaux

mercredi 9 juillet 2014

La banalité du Bien avec Matthieu Ricard

extrait de:"Plaidoyer pour l'altruisme" de Matthieu Ricard


Un mendiant reçoit deux billets de cinquante roupies- somme relativement conséquente au Népal -, il en donne la moitié à son compagnon d'infortune.
Une infirmière épuisée après une nuit de garde éprouvante, reste néanmoins quelques heures pour assister un mourant qui part seul. Ma soeur, Eve, qui s'est occupée toute sa vie d'enfants en difficulté, n'a jamais hésité à se lever en pleine nuit pour accueillir un enfant qui fuguait.
Dans le métro, un Maghrébin percevant l'état d'angoisse d'une voyageuse qu'il ne reverra jamais, lui murmure: "Ne t'inquiète pas ma fille, ça va passer."
Au terme d'une journée trop remplie, un ingénieur rentre de son bureau et fait cinq cents mètres de plus pour montrer à un étranger perdu dans la capitale le chemin de son hôtel.

On a pu parler de la" banalité du mal", Mais l'on pourrait aussi parler de la "banalité du bien", en se représentant les mille et une expressions de solidarité, de prévenance et d'engagement en faveur du bien d'autrui qui jalonnent nos vies quotidiennes et exercent une influence considérable sur la qualité de la vie sociale. De plus, ceux qui accomplissent ces innombrables actes d'entraide et de sollicitude disent généralement qu'il est bien "normal" d'aider son prochain. S'il est justifié d'évoquer cette notion de banalité, c'est aussi parce qu'elle est en quelque sorte silencieuse: Le bien de chaque jour est anonyme; il ne fait pas la une des médias à la manière d'un attentat, d'un crime crapuleux, ou de la libido d'un homme politique. Et, enfin, s'il y a banalité c'est encore le signe que nous sommes tous potentiellement capables de faire du bien autour de nous.


dimanche 20 janvier 2013

Concave et convexe avec Arnaud Desjardins


La délivrance n’est ni dans le mal ni dans le bien. Le mal est une chaîne de plomb et le bien une chaîne d’or. La délivrance est dans la disparition de l’ego et l’union (le seul amour véritable) avec tout et avec tous.

S’il y a un bien et un mal, ce n’est pas dans la contradiction obligatoire du chaud et du froid, du jour et de la nuit, du concave et du convexe, du bon et du mauvais, qui est la loi inéluctable du dualisme ou de la manifestation. Le mal, c’est l’ignorance. Le bien, c’est la connaissance. Le mal, c’est le sommeil. Le bien, c’est l’éveil.

La voie directe commence avec l’acceptation totale de ce qu’est l’homme, l’acceptation totale par chacun de ce qu’il est et la reconnaissance qu’en soi tout existe, tous les aspects de l’univers, tous les aspects de la création."

Les chemins de la sagesse – Arnaud Desjardins

vendredi 18 janvier 2013

L'effet Nocebo, le jumeau du placebo...

Connaissez-vous l'effet nocebo ? 

 L’effet placebo est connu. On prend un médicament, persuadé qu’il est efficace et, soit on ne sent rien, soit on se sent mieux... alors que ce n’était que du sucre. 
 L’effet nocebo est le contraire. On prend un médicament, persuadé qu’il va provoquer un effet secondaire désagréable. Soit on ne sent rien, soit on ressent cet effet secondaire... alors que ce n’était que du sucre. 

 Ce qui signifierait que le seul fait d’avoir une information négative sur un traitement, ou sur une maladie, pourrait provoquer des symptômes désagréables, voire une aggravation de la maladie. Par la seule force de la suggestion et du mental. Voilà ce qu'est l'effet nocebo.