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mercredi 19 novembre 2025

Moment sans jugement

 Le moment présent est si fugace !

Aucune mathématique ne peut le mesurer.

Et pourtant, c'est en lui que réside l'univers tout entier.


Tous les phénomènes ne sont que le reflet des mêmes agrégats dans l’esprit.
Il n’existe ni bon ni mauvais phénomène.
La mauvaise herbe ne l’est que pour nous ; pour le scarabée, elle est un paradis.
Juger les phénomènes est l’une des sources des trois poisons.

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Mazen Fu Sho, moine bouddhiste Zen
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dimanche 5 avril 2020

Confinement : les conseils des moines (fin)


Conseil n°6 : Confiance !

Pour tous : Alors que l’épidémie se répand, nous sommes gagnés par l’angoisse. Les moines et les moniales ne sont pas épargnés, et certains d’entre eux voient des membres de leur famille touchés par le coronavirus. « Notre principal levier, dans notre vie et particulièrement en ce moment, c’est la confiance en Dieu, notre principale action, c’est de nous en remettre à Lui. » Pour les moines, c’est l’œuvre d’une vie. Nous avons plusieurs semaines pour nous mettre en route...
Les monastères en quarantaine aussi
Hôtelleries et boutiques fermées, offices à huis clos : les monastères sont, eux aussi, confinés. La quarantaine y est prise très au sérieux, car le virus pourrait se propager rapidement dans les communautés. « Nous faisons très attention car nous avons des sœurs âgées particulièrement vulnérables, explique sœur Bénédicte, de l’abbaye Notre-Dame-du-Pesquié. Être confinées nous recentre sur l’essentiel. Cela fait une différence même pour nous qui étions déjà à l’écart. » L’usine qui jouxte le monastère de Sept-Fons s’est arrêtée, permettant aux moines de goûter un vrai silence. Chez les Diaconesses de Reuilly, la consigne a été donnée d’éviter d’être à l’affût de toutes les nouvelles concernant le covid-19. Une religieuse fait un point quotidien en reprenant des sources fiables. Les moniales, moins sollicitées, ont organisé des temps de prière supplémentaire. « Le carême est d’ordinaire un temps qu’il faut arracher à la vie quotidienne, note sœur Mireille. Là, c’est le monde entier qui est à l’arrêt. Nous qui avons l’habitude de ce temps avons à creuser encore plus le sens du silence, de la prière, de la sobriété, de l’authenticité dans les relations. » Tous les moines et moniales interviewés prient sans relâche pour les confinés : « Nous mesurons notre chance et prions pour tous ceux qui sont coincés dans des petits appartements, craignent pour leur emploi ou traversent des situations familiales dramatiques », insiste sœur Anne-Samuel.
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samedi 4 avril 2020

Confinement : les conseils des moines (6)

Conseil n°5 : De l’humour !

Chez les moines : « Ma surprise en arrivant au monastère, c’était de voir comment ces moines qui parlent peu peuvent rire à gorge déployée », se souvient frère Antoine. « Il faut aussi inventer des pas de côtés qui permettent de soulever ce qui risque de s'appesantir », témoigne sœur Mireille. Confinées elles aussi, les moniales ont d’ailleurs regardé, comme un pied-de-nez à leur situation, un numéro de l’émission Voyage en terre inconnue.
Chez nous : Les confinés rivalisent déjà sur Internet de vidéos ou de dessins humoristiques. À consommer sans modération !




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vendredi 3 avril 2020

Confinement : les conseils des moines (5)

Conseil n°4 : Pardonner

Chez les moines : C’est une habitude de se demander pardon, même pour des choses bénignes. « C’est le ciment de la vie communautaire », explique sœur Mireille. Quatre soirs par semaine les 28 diaconesses de sa communauté se retrouvent pour un « cercle de paix » où chacune peut demander pardon : « Cela dure cinq minutes. Il n’y a pas d’explication, c’est simplement déposé. Ce rendez-vous dédramatise le pardon, le tisse dans le quotidien et assouplit le cœur. » Dans sa règle, saint Benoît demande de s’être réconcilié avant le coucher du soleil. « Parfois un signe tacite, un service, un sourire, valent mieux que de longs discours », témoigne sœur Bénédicte. Pour sœur Anne-Samuel, les énervements épidermiques sont aussi l’occasion de prendre conscience de notre fragilité, et donc, par ricochet, de mieux accepter celle des autres. « C’est un exercice d’humilité. Ce confinement nous rappelle que nous sommes petits, pauvres et dépendants ! Cela peut être l’occasion de se remettre à sa juste place. »
Chez nous : C’est le premier pas qui est le plus difficile…
Notre principal levier, dans notre vie et particulièrement en ce moment, c’est la confiance en Dieu, notre principale action, c’est de nous en remettre à Lui.

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jeudi 2 avril 2020

Confinement : les conseils des moines (4)

Conseil n°3 : Du silence

Chez les moines : Frère Antoine le reconnaît : « La vie communautaire peut être une épreuve. Nous vivons à 80 : heureusement que c’est en silence, sinon ce serait insupportable ! » Les moines alternent des temps en communauté et des temps seuls en cellule. « Les moments ensemble sont les lieux de la charité en acte. La solitude n’est pas une coupure mais un temps habité, en communion », précise sœur Anne-Samuel.
Chez nous : Confinés en famille, est-il possible que chacun puisse avoir un moment dans une pièce séparée ? Et si nous essayions, un jour, le repas en silence ? Pour ceux qui sont seuls, comment habiter cette solitude et ne pas seulement la combler ?

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mercredi 1 avril 2020

Confinement : les conseils des moines (3)

Conseil n°2 : Redoubler d’attention aux autres

Chez les moines : « Pour les novices, c’est au début difficile de ne plus avoir cette rapidité dans les échanges et des contacts directs avec la famille et les amis, témoigne sœur Mireille. Mais cela pousse à transformer les relations, à être inventives ! » À cette difficulté s’ajoute, pour les jeunes qui ont eu l’habitude de voyager, celle d’être rivée à un lieu. Là aussi, la clé est dans l’approfondissement. « On se rend compte que l’expérience humaine vécue intensément nous fait toucher l’universel, mieux que si nous avions parcouru la Terre entière », témoigne sœur Bénédicte. Pour se supporter mutuellement et ne pas alourdir la vie des autres, frère Antoine insiste sur l’importance de se montrer aimable, sociable et serviable, mais aussi sur la redécouverte de ceux avec qui nous vivons cette période particulière. « Au début, nous voyons la faiblesse d’autrui, ses défauts, mais nous allons peut-être aussi redécouvrir sa richesse ! »
Chez nous : Bannissons les plaintes. Multiplions les petites phrases : « Ça va ? », « Comment puis-je t’aider ? » Et téléphonons, écrivons !
Dans sa règle, saint Benoît demande de s’être réconcilié avant le coucher du soleil.

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mardi 31 mars 2020

Confinement : les conseils des moines (2)

Conseil n°1 : Prendre le rythme

Chez les moines : « Au début, j’avais l’impression d’être dans un train qui roule où rien n’est laissé au hasard », se souvient frère Antoine. Offices, temps de travail, d’étude, d’oraison et de repos s’enchaînent inlassablement. « Il est capital d’avoir des repères objectifs concernant les horaires et la répartition des tâches. Cela nous libère ! », estime sœur Bénédicte, qui partage sa vie avec 46 autres moniales. Autre vertu d’une journée cadencée : la lutte contre l’ennui et la mélancolie.
Chez nous : Nous pouvons commencer par fixer des horaires de repas, puis définir des plages de temps pour le travail, l’école, la lecture, l’exercice, etc.

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lundi 30 mars 2020

Confinement : les conseils des moines (1)

Nous voici confinés seuls ou à plusieurs dans un espace clos pour lutter contre la pandémie liée au coronavirus. Notre repli forcé peut s'apparenter à celui des moines et moniales retirés dans leurs monastères. Comment se repérer et vivre au mieux cette situation ? Les conseils de ceux qui ont choisi cette vie.

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS
« Notre vie n’est pas un confinement, mais un élargissement du cœur ! », prévient d’emblée sœur Anne-Samuel, moniale dominicaine de Notre-Dame de Beaufort (Ille-et-Vilaine). « La clôture est la réponse à un appel. Elle nous permet de donner de l’espace et du temps à la recherche exclusive de Dieu », abonde sœur Bénédicte, bénédictine à l’abbaye Notre-Dame-du-Pesquié (Ariège), qui reprend la formule de François de Sales : « Nous ne sommes pas une compagnie de prisonnières ! »
Pourtant, notre repli forcé a certains traits communs avec la vie des moines. 
« Il arrive que nous ne sortions pas de l’enclos du monastère pendant des mois », relate frère Antoine, cistercien de l’abbaye de Sept-Fons (Allier). Et si les religieux ont choisi leur mode de vie, ils n’ont pas choisi leurs compagnons d’aventure. « Il y a dans notre vie une part de contrainte et une part de choix qu’il ne faut pas opposer, explique sœur Mireille, prieure de la communauté protestante des Diaconesses de Reuilly , à Versailles (Yvelines). Si ce temps de confinement est contraint, nous pouvons en partie choisir comment le vivre. » Voici quelques pistes...    (A suivre...)

jeudi 1 août 2019

Conscience dans l'instant et rire...


J'aime particulièrement cette image car elle explique la maladie du monde et on voit pourtant que l'homme n'expérimente pas vraiment ce qu'est une vie de chien...


Alors voici un rappel avec Tim van der Vliet :


Rions !!!
 
source : "L'éveil spirituel" (la méthode simplifiée) de Tim van der Vliet
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mardi 11 juillet 2017

Etre au service de...


Un jeune moine zen vient d'entrer au monastère, il est guidé vers la pièce où se trouve le Roshi (maître zen) qui l'attend calme et posé, assis sur son « trône ». 


Le jeune moine se prosterne en signe de respect et, de manière inattendue, le Roshi se lève et invite le jeune moine à s'asseoir à sa place. Très gêné, le novice ne sait quoi dire et balbutie : « Mais comment puis-je me mettre à votre place, je ne la mérite pas encore ? » D'un simple regard, le maître lui fait comprendre de s'asseoir enfin puis, sans mot dire, se retire dans l'arrière-salle. 

Quelques secondes après il revient avec une bassine remplie d'eau tiède et une éponge et s'agenouille au pied du disciple pour lui laver les pieds. Le malaise du jeune est à son comble et s'esclaffe : « Pardonnez-moi, mais je ne peux accepter pareille situation, c'est gênant ... » À peine a-t-il terminé sa phrase que le Roshi lève les yeux et lui dit :"quel orgueil" « Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas », dit le zen. Vous n'avez pas moins de valeur lorsque vous êtes en bas et vous n'en avez pas plus parce que vous êtes en haut. 
C'est le regard que vous posez sur vous qui détermine votre valeur et non la place que vous occupez. 

Une personne qui a suffisamment confiance en elle, et donc qui a une claire conscience de sa vraie nature, ne se sentira jamais moindre dans une situation en apparence « basse ».

Le zen dit aussi : « Servir et être servi sont les deux plis d'un même vêtement »


dimanche 18 octobre 2015

Sur les pas de Matthieu Ricard (1)


Matthieu Ricard vit depuis des dizaines d'années dans un monastère au Népal où il pratique la méditation pour "essayer de devenir un meilleur être humain". Le moine bouddhiste ne s'en échappe que pour récolter des fonds destinés à ses actions humanitaires.

mardi 19 août 2014

Les moines de Sainte-Marie de la Garde.





Les monastères sont des doigts silencieux dressés vers le ciel, le rappel obstiné qu’il existe un autre monde dont celui-ci n’est que l’image, qu’il annonce et qu’il préfigure. 

 Dom Gérard Calvet

Fondateur et premier abbé 


Une journée avec nous
Toute la journée monastique est rythmée par les différents offices, chantés en latin et en grégorien. En venant au monastère, vous pouvez assister à tous les offices qui ont lieu dans la chapelle.
Vous pouvez également demander à voir un moine-prêtre. Celui-ci répondra aux questions posées, apportera un secours spirituel à qui le réclame et, si la personne le lui demande, se rendra disponible pour le sacrement de la confession.
Les hommes peuvent partager le repas avec les moines, au réfectoire de la communauté. Moment convivial et fraternel, tout se vit dans un cadre de prière et de silence.
Voici les horaires d’une journée à Sainte-Marie de la Garde :
• Matines à 3 h 30
• Laudes à 6 h
• Messes lues à 6 h 30
• Prime à 7 h 45 (à 8 h dimanche & fêtes)
• Les moines se livrent à la lecture spirituelle et à la prière
• Tierce & Messe chantée à 9 h 30 (à 10 h dimanche & fêtes)
• Les frères s'adonnent au travail manuel jusqu'à 11 h 55
• Sexte à 12 h (à 12 h 15 dimanche et fêtes)
• None à 14 h (à 14 h 30 dimanche et fêtes)
• De nouveau, la communauté se livre aux diverses activités jusqu'à 17 h
• Vêpres à 17 h 30 (suivies, dimanche et fêtes, du Salut du Saint-Sacrement)
• Complies à 19 h 45.

Voir le site du monastère



lundi 31 mars 2014

Les Béatitudes de Joseph Folliet

Bienheureux ceux qui savent rire d'eux-mêmes.
Ils n'ont pas fini de s'amuser.

Bienheureux ceux qui savent distinguer une montagne d'une taupinière
il leur sera épargné bien des tracas.


Bienheureux ceux qui sont capables de se reposer et de dormir sans chercher d'excuses : ils deviendront sages.

Bienheureux ceux qui savent se taire et écouter :
ils en apprendront des choses nouvelles.


Bienheureux ceux qui sont assez intelligents pour ne pas se prendre au sérieux :
ils seront appréciés de leur entourage.


Heureux êtes vous si vous savez regarder sérieusement les petites choses et paisiblement les choses sérieuses : vous irez loin dans la vie.


Heureux êtes vous si vous savez admirer un sourire et oublier une grimace :
votre route sera ensoleillée.
Heureux êtes vous si vous êtes capables de toujours interpréter avec bienveillance les attitudes d'autrui même si les apparences sont contraires :
vous passerez pour des naïfs, mais la charité est à ce prix.


Bienheureux ceux qui pensent avant d'agir et qui prient avant de penser :
ils éviteront bien des bêtises.


Heureux êtes vous si vous savez vous taire et sourire même lorsque on vous coupe la parole, lorsque on vous contredit ou qu'on vous marche sur les pieds :
l'Evangile commence à pénétrer votre coeur.


Bienheureux surtout vous qui savez reconnaître le Seigneur en tous ceux que vous rencontrez : vous avez trouvé la vraie lumière, vous avez trouvé la véritable sagesse.

Joseph Folliet.
(1903 – 1972) 
 prêtre, militant catholique, sociologue et écrivain français, cofondateur des Compagnons de Saint François et fondateur de La Vie catholique illustrée.

jeudi 10 octobre 2013

Se sentir aimé... avec Anselm Grün


Même si momentanément tu ne te sens pas aimé et tu n’as personne avec qui tu es relié par l’amour, fais confiance à l’amour qui est en toi. Tu as en toi une aspiration à l’amour, il y a déjà l’amour. Lorsque tu souffres par l’amour, tu sais néanmoins ce qu’est l’amour. Fais donc confiance à l’amour qui est en toi ; peu importe que tu sois momentanément amoureux et aimé par un autre ou pas.
Il y a en toi le don de l’amour.

Fais confiance à cet amour. Laisse-le pénétrer en toi. Ressens-le. Savoure-le. Il rend ta vie plus riche. Et il te confère de nombreuses possibilités de vivre d’une bonne manière. Essaie de vivre effectivement ces possibilités offertes par l’amour. Dès lors ta vie sera véritablement réussie. Tu pourras alors faire avec gratitude l’expérience des dons de l’amour.


(L’hymne à l’amour, p. 23-24)

Je me sens libre quand je me sens aimé. Je ne suis pas alors obligé de me conformer aux attentes d’autrui ; j’ai le droit d’être tel que je suis. Quand je me sens aimé par un autre être, je peux auprès de lui laisser paraître ce que j’éprouve ; je n’ai pas à craindre en permanence ce qu’il va penser de moi. Je me sens accepté tel quel. Si je me sens réellement aimé dans toute ma façon d’être là, je suis libre de la contrainte de toujours devoir réussir, faire mes preuves, correspondre aux critères de la société.
(Petit traité de spiritualité au quotidien)


Anselm Grün



mardi 6 août 2013

mardi 18 juin 2013

Marine, une sainte moine...

Le 18 juin, les chrétiens fêtent les Marine. Une sainte qui vécut toute sa vie sous l'identité d'un moine !


« La Déguisée »
Marine serait née en Bithynie, région de l'actuelle Turquie, au VIIIe siècle après J.-C. Son père, qui était veuf, décida de devenir moine quand Marine avait 17 ans. Cependant, sa fille lui manquait tant qu'il voulut l'avoir auprès de lui. Mais comment faire, puisque le monastère était réservé aux hommes ? Il coupa les cheveux de sa fille, l'appela Marin et demanda au père abbé de bien vouloir accueillir son « fils » unique. On surnomme donc souvent cette sainte « Marine la Déguisée ».

« Accusée à tort »
Avant de mourir, son père lui fit promettre de garder son secret. Or, une jeune voisine du monastère attendait un enfant toute seule. Le père était en réalité un soldat qui n'avait pas voulu rester avec elle, mais la jeune fille dit à tout le monde qu'il s'agissait de « Marin ». Le pauvre « frère » fut alors renvoyé du monastère. Plutôt que de trahir son père, « Marin » garda le silence et accepta de s'occuper du bébé pendant plusieurs années.

« Le secret révélé »
Devant la douceur de son caractère et son application à prier, les frères décidèrent de faire revenir « frère Marin » parmi eux. « Marin » devint le serviteur du monastère. Mais, épuisé par le travail, « il » finit par tomber malade et mourir. C'est au moment de l'enterrer qu'on découvrit la vérité. Alors, les moines regrettèrent d'avoir fait souffrir Marine injustement et réalisèrent à quel point elle avait aimé Dieu sans jamais se plaindre.

lundi 8 avril 2013

Suivre sa voix... à Assise avec le Frère Alessandro

Nourri à la musique de Bach et de Michael Jackson pendant l’enfance, il étudie vers l’âge de 9 ans l’orgue et le piano, dont il prolonge l’apprentissage dans une école spécialisée. À 18 ans, une professeur lui enjoint de participer à ses cours de chants. « Elle voulait juste remplir sa classe », soupire-t-il. Désarmé par ses piètres performances, il songe à jeter l’éponge. D’autant que depuis deux ans déjà, le jeune homme envisage sérieusement de devenir moine. 

Son guide spirituel pose alors comme condition à l’entrée d’Alessandro dans l’ordre des franciscains l’obtention de son diplôme au conservatoire. « J’avais peur parce que mes professeurs de chant ne voulaient pas me présenter à l’examen, s’émeut-il, j’ai donc travaillé d’arrache-pied. Pendant deux semaines, j’ai fait des exercices de chant et de respiration. Soudain, ma voix s’est développée », raconte-t-il. 


Il réussit l’épreuve et fait son entrée au monastère en 1999. À Assise, où il vit parmi 80 frères, ses journées, qui débutent dès six heures moins le quart, sont faites de prière et de labeur. Il reçoit les pèlerins, raconte aux visiteurs l’histoire du Porziuncola, la chapelle d’où saint François a propagé son mouvement, et effectue des travaux de menuiserie. « Je me sens très proche de François, qui aimait toutes les créatures de la terre, raconte-t-il. Nous avons beaucoup d’expériences en commun. Comme lui, j’aime le travail manuel et le chant. »


Une fois intégré dans la communauté, il imagine arrêter. "Non, l'encourage son accompagnateur spirituel, c'est un talent reçu de Dieu." Il donne des concerts, des récitals... Puis, sans raison, reçoit l'ordre d'arrêter. Il ne s'agit que d'un test de son accompagnateur spirituel qui, voyant qu'il est en paix, l'autorise à reprendre le chant.


Sa voix le porte, mais c'est alors la foi qui plonge. Alessandro se met à douter de sa vocation. Il forme le souhait de vivre en ermite, sans porter l'habit monastique, pour discerner si Dieu l'appelle vraiment à être franciscain.


Il passera trois ans auprès des siens, dans son village, à "réfléchir, prier, pleurer, chanter et travailler le bois". Trois ans qui le rééquilibrent : "J'ai fini par comprendre que je devais revenir et que je pouvais continuer de chanter", souffle-t-il. À son retour au prieuré, il est plus mûr. Sa voix aussi.


En 2009, peu après ses vœux perpétuels, à l'issue d'un office, un homme vient le voir : "Quand vous avez commencé à chanter, j'ai senti quelque chose d'incroyable en moi." Alessandro y voit un signe de Dieu. "En chantant, j'ai l'impression d'ouvrir une porte vers l'éternité, en moi et, je l'espère, chez les autres."

Par le bouche-à-oreille, il est repéré par Decca, une maison de disques du groupe Universal. En mai 2012, un contrat est signé. Decca n'en est pas à son premier "coup de filet" dans le domaine du chant religieux, après un CD avec des moines cisterciens, en 2008, et un autre avec des bénédictines françaises, en 2010.


Après avoir sacrifié la musique maintes fois dans sa vie, Frère Alessandro a dépassé le conflit entre sa vocation de chanteur et sa foi. « Pour Jésus, l’important n’est pas d’être différent mais d’être soi-même, juge-t-il. Quand je chante, j’ai le sentiment d’être connecté au paradis. » Du fait de son vœu de pauvreté, tous les profits de la vente de l’album seront affectés aux œuvres de charité de l’Ordo Fratrum Minorum, premier ordre des franciscains...


Source : mélange des revues La Croix et Le Pélerin