Affichage des articles dont le libellé est croissance. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est croissance. Afficher tous les articles

mardi 6 août 2024

Cout économique

 


Herman Daly, professeur à l'université du Maryland, estime qu'aujourd'hui déjà les coûts environnementaux liés à la croissance économique dépassent les profits qu'elle engendre : passé un certain seuil, la croissance économique, qui oublie de comptabiliser comme des coûts les dégâts qu'elle occasionne, nous appauvrit au lieu de nous enrichir.

Matthieu Ricard (pensée de la semaine)

-----------

mardi 16 août 2022

« L’être humain, cancer de la Terre ? »

 


Une image en dit souvent beaucoup plus et beaucoup mieux qu’un long discours. Certaines conversations particulièrement imagées deviennent alors des messages qui ne peuvent nous laisser indifférents. Je me rappelle quelques paroles échangées avec Maurice, un jeune médecin camerounais, fils d’un guérisseur traditionnel, qui était venu en Europe pour se former à la chirurgie urologique (la spécialité que j’ai longtemps pratiquée). Nous étions en train d’opérer un patient dont la vessie était envahie par une grosse tumeur cancéreuse. Nous avions déjà procédé à l’ablation de l’organe malade et nous nous apprêtions à reconstruire un réservoir urinaire à l’aide d’un morceau d’intestin. Vaste et long chantier durant lequel nous avions tout le loisir de bavarder.

« Quelle curieuse maladie que le cancer, me dit Maurice.

— Pourquoi dis-tu cela ? je lui demande.

— Parce que c’est une maladie extrêmement vivante. Tout à coup, des cellules se mettent à proliférer de façon exagérée et incontrôlée. Jusqu’à envahir l’endroit où elles sont nées. Animées par une vitalité débordante, elles finissent par se répandre en dehors de cet endroit. Elles s’implantent ailleurs, dans d’autres organes où elles continuent de proliférer. La logique des cellules cancéreuses est celle de la croissance et de l’expansion à tout prix. Quitte à tuer l’organisme dont elles sont issues.

— Tu as raison, c’est une logique absurde. Le cancer est une maladie très vivante, assurément trop vivante.

— Pour en guérir, il faut sans doute être plus vivant que lui. Encore faut-il comprendre ce que signifie “être vivant”. »

La remarque de Maurice me rappelle que le cancer ne survient pas par hasard. Nous savons aujourd’hui qu’il s’agit d’une « maladie de civilisation », un mal qui plonge ses racines dans nos stress, nos pollutions et toutes sortes de comportements potentiellement dangereux pour la santé. Une maladie trop vivante qui révèle notre incapacité de bien vivre. Car bien vivre ne demande pas de la croissance à tout prix. Cela ne réclame pas non plus une décroissance. Mais plutôt un équilibre et de l’harmonie. Ni trop, ni trop peu.

« En fait, nous (les êtres humains) nous comportons un peu comme des cellules cancéreuses, me dit Maurice avec un regard malicieux. Nous sommes aussi extrêmement vivants. Nous cherchons aussi à proliférer et à envahir l’endroit où nous sommes nés. Quitte à abîmer la Terre, dont nous sommes issus. Ne serions-nous pas le cancer de la Terre ? »

À ce moment de notre conversation, une petite artère s’est mise à saigner. Je n’ai donc pas pu répondre à la question de Maurice. Mais, en y repensant, je ne peux m’empêcher de visualiser cette image d’un être humain qui se comporte comme une cellule cancéreuse. Et je me dis que mon jeune assistant n’était pas dépourvu de sagesse en utilisant cette comparaison. Il n’était probablement pas le fils d’un guérisseur traditionnel africain pour rien.

Thierry Janssen

Source : Psychologie magazine

lire aussi : https://spinescent.blogspot.com/2020/04/lhomme-est-le-cancer-de-la-terre.html

-----------------

samedi 9 janvier 2021

Pour une belle année 2021

 



J'ai acheté ça dans un magasin rigolo mais c'est uniquement pour que cette fois on n'oublie pas ma requête.







************

mercredi 22 juillet 2020

Degrés d'éveil

Lee Lozowick : Comprenez qu'il existe plusieurs degrés d'éveil.
«L'illumination (ou éveil, ou réalisation) est un champ d'étude très intéressant, car elle se manifeste à différents degrés. Ce n'est pas parce que quelqu'un se considère éveillé et est considéré comme tel par d'autres que cela le met sur le même plan que Jésus ou le Bouddha. Il y a beaucoup de maîtres remarquables que nous considérerions a priori comme éveillés et qui en fait ne le sont pas pleinement. Tout comme bien des personnes demeurent coincées à un certain stade de maturation, les « éveillés » peuvent aussi ne pas dépasser un certain point. L'éveil est comme une seconde naissance suivie d'un processus de croissance, de l'enfance à la maturité. Certains restent coincés au stade infantile de l'éveil.»
(Éloge de la folle sagesse)
**********

mardi 19 février 2019

Le bug humain

Une chronique intéressante qui parle des hommes de cette planète... et aussi des femmes !
 
Le journaliste et docteur en neurosciences Sébastien Bolher nous explique pourquoi notre cerveau risque aujourd'hui de causer notre perte. Dans son essai, le Bug humain, publié chez Robert Laffont, il explique que les neurones en charge d'assurer notre survie ne sont jamais rassasiés et réclament toujours plus de nourriture, de sexe et de pouvoir. Ainsi, nous sommes 8 milliards d'êtres humains sur Terre à rechercher encore et toujours la croissance dans tous les domaines. 
Pour ce faire, notre espèce hyper-consommatrice surexploite la planète, modifie son écosystème... et se met gravement en péril. Comment se fait-il que, ayant conscience de ce danger, nous ne parvenions pas à réagir ? Peut-on résoudre ce bug et redevenir maîtres de notre destin ? 

Extrait de l'émission "La Tête au carré" (12 min.)

mardi 18 septembre 2018

Donner une cohérence à sa vie est essentiel

« Aligner ses sens, ses pensées et ses actes »...
C’est là une évidence que nous avons tous ressentie à tel ou tel moment de notre vie. 
Par exemple à l’adolescence, quand il nous est arrivé de nous sentir coupé en morceaux, avec notre part enfant restée du côté de notre famille, notre part teen-ager caracolant du côté de nos camarades, notre part adulte se cherchant du côté de nos professeurs… 
Ces différentes parts de nous-mêmes pouvaient avoir du mal à se combiner, en contradiction les unes avec les autres. 
Quel bonheur quand, parfois, les pièces du puzzle s’arrangeaient pour former une seule image ! 


En réalité, l’image en question ne cesse jamais d’évoluer. Notre cohérence est mouvante et change au fil du temps. Nous n’avons pas la même selon notre âge. À nouveau, tâchons d’être concret. Prenons la question sous l’angle de la vie hormonale – il faudrait dire la « Symphonie hormonale », car à chaque instant de notre existence, tout ce que nous ressentons, pensons, croyons, exprimons (ou au contraire taisons) par nos activités ou nos comportements, tout cela se trouve relayé, milliseconde après milliseconde, par une véritable symphonie hormonale à l’intérieur de nous (en lien inextricable, et comme en contrepoint, avec une symphonie neuronale, une symphonie immunitaire, etc.). 

On le sait, la symphonie hormonale féminine est particulièrement fantastique, comme dans une cohérence mise au carré d’elle-même parce qu’elle participe au miracle de l’enfantement. Du coup, la ménopause se remarque davantage que l’andropause. Mais l’idée qu’elle marquerait une sorte d’entrée dans la vieillesse, dans une cohérence de résignation et de fin de vie, cette idée est de plus en plus absurde à notre époque d’allongement de l’espérance de vie. 

Les faits le démontrent : il y a bien une vie, complète, entière, totale, intellectuelle, sensuelle, sentimentale, sociale, professionnelle… bien après que soit passé l’âge d’enfanter. La priorité ? Rester debout ! La formule est à entendre dans tous les sens du mot. Au sens figuré, cela peut être une question morale, éthique, philosophique. Et au sens propre une question simplement physique : l’axe qui fait de nous des humains, dressés entre Terre et Ciel, passe aussi très concrètement en chacun, dans sa colonne vertébrale, sa moelle épinière, son dos… 

Se tenir vraiment debout est bon pour la totalité de notre organisme, pour notre respiration comme pour notre cœur, nos relations avec les autres et notre créativité. Un corps dont l’axe vertical est bien planté pense mieux et développe mieux son intuition. Car l’intuition se cultive. Les vieux sages nous invitent à vivre avec nos intuitions et à leur faire confiance, comme l’animal se fie à son instinct pour survivre. 

Mais attention, l’intuition – capacité propre à notre cerveau droit – peut aussi s’avérer trompeuse et une décision intuitive peut s’avérer aussi dangereuse que bénéfique. 
Il ne faut donc jamais négliger, en parallèle, la réflexion – propre à notre cerveau gauche. Cette réflexion peut porter sur la question concernée par la dite-intuition, bien sûr, mais aussi sur l’intuition elle-même et sur les éventuels mécanismes inconscients qui peuvent bloquer, déformer ou transposer la remontée de l’information jusqu’à la conscience. 

Les plus récentes découvertes en neuro-cognitivisme le démontrent : qu’il s’agisse d’intuition ou de réflexion, un cerveau qui réfléchit sur lui-même transforme positivement ses propres réseaux neuronaux. Comme pris dans un ruban de Moebius ! Nous pouvons mûrir au sens actif, et pas seulement subir la maturité comme une fatalité.

source : "Nouvelles Clés"

****

jeudi 30 août 2018

Observation rapide de la nature


La nature nous montre les autres sens de la croissance et de la richesse... A méditer !


******

mercredi 18 avril 2018

Un jour, l’humanité sera forcée d’arrêter la croissance....


Paysan, philosophe, auteur à grand succès, l’écologiste Pierre Rabhi réagit aux récentes statistiques sur le recul de la biodiversité. Il dénonce une course absurde à la croissance qui aboutit selon lui à une impasse.
"Un jour, l’humanité devra choisir entre une miche de pain et un lingot d’or. Elle sera forcée d’arrêter la croissance pour sa survie", affirme dans le 19h30 Pierre Rabhi, figure de proue de la décroissance et chantre de "la sobriété heureuse".
"Aujourd'hui, on se rend compte que l'être humain est de plus en plus une catastrophe naturelle, c'est-à-dire qu'il est en train de s'éradiquer lui-même en éradiquant la vie", précise le philosophe dans un entretien à l'émission Tout un monde.
Et Pierre Rabhi de s'élever contre le "gaspillage de la vie humaine" induit par la course à la croissance. "Je suis persuadé qu'il s'agit d'un système esclavagiste: on vous engage à donner toute votre existence contre un salaire. Le vrai capital, c'est votre vie. Vous le sacrifiez en capital financier."

 

dimanche 14 août 2016

Une approche de l'enseignement d'Arnaud Desjardins

Déjà publié en 2007, mais toujours bon à réécouter !


Pour en savoir plus sur Arnaud Desjardins, voici l'adresse suivante : http://supervielle.univers.free.fr/Arnaud_Desjardins/desjardins.htm
Pour mieux le connaître, une interview issue de la radio suisse romande, fin 2005 (en 5 morceaux)

"1-Personne ne vit dans le monde"




"2-Pour une croissance harmonieuse de l'ego"




"3-Les émotions sources de confusion"




"4-Dire oui à ce qui est"




"5-Une approche spirituelle ouverte à toutes les religions"






--------


vendredi 25 mars 2016

Amour... pour le Vendredi Saint

L'amour ne se nourrit que d'amour
L'amour ne se nourrit que d'amour. 
On n'apprend à aimer qu'en aimant. 
Dès que le cancer de l'égoïsme s'installe, 
très vite il se propage à travers les activités quotidiennes; 
quand l'amour commence à grandir, 
cet amour qui est sacrifice, don et communion, 
pénètre la langue, 
les gestes et la chair.

Jean Vanier


jeudi 25 février 2016

L'arbre... par Krishnamurti et Arnaud Desjardins


Nous n’observons jamais profondément la qualité d’un arbre;
nous ne le touchons jamais pour sentir sa solidité, la rugosité de son écorce, pour écouter le bruit qui lui est propre.
Non pas le bruit du vent dans les feuilles, ni la brise du matin qui les fait bruisser, mais un son propre, le son du tronc, et le son silencieux des racines.
Il faut être extrêmement sensible pour entendre ce son.
ce n’est pas le bruit du monde, du bavardage de la pensée,
ni celui des querelles humaines et des guerres,
mais le son propre de l’univers.

Krishnamurti


------------------------------------


--------------------------------------


"La graine n'attend rien, elle aspire simplement à la croissance vers l'arbre qu'elle porte en elle, vers l'arbre qu'elle est déjà. Cette aspiration n'est pas provoquée par quoi que ce soit, elle s'accomplit spontanément, elle est l'être même de cette graine. Une personne unifiée est comme cette graine, rien ne lui manque, elle est déjà complète, et aspire naturellement à se manifester en tant que son propre "arbre", sa propre complétude. Cette aspiration est une respiration de l'Être..."

«Si vous rajoutez des pierres et de plus en plus de pierres à un petit tas de pierres, un petit tas de pierres devient un énorme tas de pierres. Mais ce n'est pas une croissance, c'est une accumulation. Tandis qu'un petit arbuste devient un chêne immense : c'est une croissance.» 

 Arnaud Desjardins



samedi 26 décembre 2015

Mesure du temps avec Philippe Mac Leod


Imaginer l'avenir ne trahit pas seulement le présent, mais neutralise la venue, vole à la fleur un fruit qui s'arrondit au moule de la patience. L'imagination n'est grosse que de soi, elle enfle sous la pression de notre propre image perpétuellement projetée. Le présent n'appartient qu'à celui qui sait s'effacer, et il n'est d'attente que dans l'abandon libre, l'abandon heureux à la béance infinie que nous sommes. Le temps chrétien pourrait lui-même se résumer ainsi : patiemment mais passionnément.

Chérir l'attente ne nous est pas simple, même si chaque année la liturgie nous apprend à la creuser un peu plus largement, en nous tournant vers le secret que porte le temps en son apparente indifférence. Nous voudrions l'escamoter, quand il s'agit au contraire de le traverser en le transformant en attente, et en goûtant celle-ci en plénitude, en l'habitant, en la nourrissant de notre passion, plus que de nos pauvres et fausses patiences. C'est cela, l'espérance : vivre l'absence jusqu'à l'intensité de la présence.

Assimilation, cheminement, maturation, toujours nous sommes exaucés, mais par petites touches, au fil des avancées, de sorte que la part qui nous est dévolue ait le temps de nous transformer, afin que nous puissions recevoir davantage et surtout ne rien nous approprier. Toute la Création est placée sous le signe de la durée, de la croissance. Nous le savons, mais nous l'oublions, parce que nos désirs l'acceptent mal. Nous ne rêvons que d'immédiateté. On ne peut pas entrer dans l'éternité sans avoir bu toute l'immensité du temps, goutte à goutte, sans avoir ressenti la gigantesque poussée de son effort continu.

En nous arrachant à la rêverie, aux projections de l'esprit, l'instant présent nous rappelle aussi à l'objet présent. Des brumes de l'imaginaire il fait jaillir l'étincelle du réel. Au fond, il n'est qu'un seul présent, celui de la présence, pleine, entière, active, mue par une conscience libérée de toute préoccupation pour n'être plus qu'attention. L'instant prend toute la place, tout l'espace où nous sommes, pourvu que nous sachions l'investir.

La patience, en réalité, nous grandit quand elle n'est plus comprise comme une résignation,une sorte de crispation pour mieux tenir. La patience libère une force muette, un contrepoint à notre anxiété comme à la brutalité de certains événements. Elle signifie que le monde ne s'arrête pas aux premières évidences. Elle nous parle de cette espérance qui ne ressemble en rien à l'espoir avide, mais qui reste liée à l'intuition du coeur, à l'intelligence sans cesse en éveil, au regard qui cherche toujours plus loin. Je souffre aujourd'hui parce que je ne sais pas entendrece qui demain m'apparaîtra clairement. La patience s'appuie sur une continuité secrète, elle dit l'obscurité du présent, ou plutôt notre surdité, mais elle affirme dans le même temps notre refus de l'immédiateté sommaire des événements. Ils disent autre chose qu'eux-mêmes, ils recèlent une parole, un appel, ils sont toujours l'enfantement douloureux d'une promesse à venir, le passage obligé à un autre stade du réel qui n'apparaît pas dans sa totalité.

Il nous faut grandir, croître encore, et nul ne saurait faire l'économie de la souffrance qu'implique tout changement. Elle aussi est notre seule façon d'entendre, vraiment, c'est-à-dire avec notre chair. Non pas comme une pédagogie du châtiment, mais de l'inscription vivante, avec la lenteur inhérente à toute croissance et à un enracinement durable.

Philippe Mac Leod est écrivain et a publié plusieurs livres et recueils de poésie. Son dernier ouvrage, Poèmes pour habiter la terre est paru chez Le Passeur.




mercredi 15 avril 2015

Le cancer, une excroissance pour croître intérieurement par Christian Rœsch (1)

Le cancer, un chemin de réconciliation, de réunification ? C’est ce qu’a vécu Christian Rœsch. Avant d’être fondateur de REFLETS, il exerçait le métier de chirurgien-dentiste, orienté vers les pratiques alternatives. Un cancer de l’œsophage l’a amené d’abord à apprécier les bienfaits de la médecine classique, puis à comprendre l’invitation de cette maladie à se dépasser pour servir la vie.

Une difficulté à avaler, comme un raclement dans le fond de la gorge, me voilà en route pour me faire soigner par un naturopathe. Ma tendance - due à mon histoire depuis mes premiers jours sur terre - a toujours été de me méfier de la médecine institutionnelle et par réaction de faire plutôt confiance à ceux d’à côté. Si bien que j’ai étudié et pratiqué les médecines dites alternatives avec frénésie (homéopathie, acupuncture, kinésiologie, orthodontie fonctionnelle...). Ce thérapeute ne me procura aucun résultat. J’ai persévéré en allant voir un médecin acupuncteur chevronné et réputé. Il m’a remarquablement rééquilibré les énergies des méridiens mais cela n’a eu aucun effet sur mon problème. Il m’a envoyé vers un magnétiseur renommé. Pareil !

Si bien que mon problème s’aggravant (douleurs, vomissements...), je consulte mon généraliste et ami. Bien sûr j’aurais dû commencer par lui mais on ne se refait pas! Il m’envoie illico chez un gastro-entérologue qui décide une gastroscopie en urgence, laquelle se conclut par: « Ce n’est pas bon signe ». Là, je perçois enfin l’hypothèse du cancer. Il veut me revoir dans 15 jours quand il recevra les résultats de l'anatomopathologie. À cette date je suis à un séminaire. Nous convenons qu’il me donne les résultats au téléphone à l’heure du déjeuner. Au téléphone, le gastro me communique les résultats confirmant le soupçon de carcinome de l'œsophage au-dessus du cardia. Ça y est : je comprends que c’est une épreuve sérieuse. J’accepte ce qui est. Accepter, c’est recevoir avec le sourire. Je retourne à table, continuant la conversation en cours. Cela pourrait ressembler à un déni. Vingt-cinq ans de travail intérieur, accompagné par le même maître ont un effet certain. Je l’avais déjà vérifié lors d’un accident grave de moto deux ans auparavant.

GÉMIR OU ACCEPTER?

Le temps d’un cri de toutes mes forces dans le casque - pour ne pas perdre conscience - c’était la durée pour choisir entre : gémir et en vouloir au conducteur de la voiture qui m’avait renversé ou bien accepter où le Ciel voulait m’emmener. Je sais, de tout mon être, que Dieu ne me veut pas de mal. Il est amour. Mais l'amour divin n’est pas l'amour affectif. Il guide ma vie incluant tous les moyens pour me permettre (ce qui est différent d'obliger) de progresser en conscience, en amour. L'accident de moto m’avait fait changer de vie : passer de chirurgien-dentiste à directeur de publication. Maintenant, où veut-il m'emmener avec ce cancer?

DIEU NE ME VEUT PAS DE MAL

Le premier enseignement que je tire de cette maladie est ceci :
J’étais dans un clan par rapport à la médecine, la médecine marginale.

La vie m’a amené à m’en remettre à l’autre camp. Quel humour! Si bien que je suis réconcilié profondément. Les deux ont leur rôle, et ils ne sont pas interchangeables.
Dans le circuit du traitement du cancer, j’ai été « bien traité ». C’est-à-dire non seulement bien soigné mais encore pris en main humainement par des équipes médicales faisant de leur mieux, à tous les niveaux depuis les aides-soignantes jusqu’aux patrons. Cela n’a pas empêché Dieu de pousser le curseur des épreuves. À la troisième séance de chimio préopératoire, j’ai approché la mort. Est-ce que j’aurais un reproche? Est-ce que j’aurais un regret? Certes non, j’ai vécu de grandes contemplations lors de ce passage. Les scientifiques se demandent s’il y a de la vie ailleurs que sur terre. La vie terrestre visible est une goutte d’eau par rapport à la vie de l’univers. C’est une certitude pour mon être, mais je sors du sujet...

Cette réconciliation me fait voir la médecine autrement. D’un côté, persiste une médecine empirique, héritée des connaissances anciennes lorsque les hommes étaient proches de la nature. Cette connaissance n’est pas d’ordre rationnel, elle ne s’explique pas. Parfois elle dégénère en « savoir » plus ou moins commercial. Dans tous les métiers il y a des charlatans. De l’autre, la médecine moderne atteignant des sommets de performance en diagnostic analytique, en médicaments, en chirurgie. Elle n'exclut pas l’art du médecin : le nez, cette intuition complétant l’expérience qui oriente un diagnostic avant toute preuve matérielle. La réconciliation me fait pressentir la médecine postmoderne. À la technique de plus en plus efficace mais qui rend le malade de plus en plus objet de la science, se joindra la médecine « humanisant ». Le médecin aidera le malade à comprendre le sens de sa maladie et l’orientera vers l’accompagnement nécessaire pour qu’il trouve les actes pour progresser dans sa vie et guérir en profondeur. C’est donc un médecin qui aura fait un travail de fond sur lui-même menant à de « grands yeux » voyant l’intériorité révélée par la maladie, et ayant une vraie compassion pour ses malades (compassion: vivre l’épreuve de la « passion » avec l’autre)...


dimanche 3 novembre 2013

Avenir plus qu'incertain !


Un "petit" film fondamental (à partager) qu'il faut regarder à tout prix pour prendre conscience de la situation humaine. 
Le message de Pierre Rabhi sur la sobriété (heureuse) est plus que d'actualité. 
C'est une obligation d'humanité !