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mercredi 25 mars 2026

Ecoute du printemps

 


On n’arrête pas le printemps qui arrive.

Peut-il suspendre ces bruits de couteaux au fond de nos âmes ?
Ces épaisses fumées qui empoisonnent l’air ?
On n’arrête pas le printemps, c’est l’heureuse défaite promise à toutes nos armes,
c’est la brise légère qui achève nos discours assassins.
L‘homme est grand s’il dépasse son hiver, il sait que celui-ci reviendra mais,
pour quelques heures il ne casse pas l’œuf, il n’écrase pas le bourgeon,
de tout ce qui doit éclore.
Il attrape la vie au vol,
il écoute.

Jean-Yves Leloup, mars 2026

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dimanche 1 mars 2026

Éloge repenti du printemps

 Pendant longtemps, j’ai boudé le printemps. Je n’y voyais qu’une météo instable qui souffle le chaud et le froid, un ciel gonflé de giboulées soudaines, des floraisons anachroniques sur les branches encore dénudées. Puis, un jour, rendue à mon temps libre et à mes activités méditatives, je me suis assise face à mon jardin, j’ai mieux regardé et découvert toute la subtilité de cette saison de transition.

J’y ai contemplé comme un tableau vivant, habilement orchestré de l’intérieur. J’ai aperçu au ras du sol les corolles des primevères, comme une première et timide tentative de la nature d’attirer l’œil sur les tendres pastels qui tapissaient le jardin d’hiver. J’ai vu l’herbe se redresser et se parer de jour en jour d’un vert plus dru, j’ai observé chaque matin un pivert à la tête de feu y chercher sa pitance. La terre émergeait sous mes yeux d’un long sommeil, mais en coulisse jouait déjà l’orchestre. J’ai vu les bourgeons gonfler discrètement les branches des fruitiers, les forsythias arborer le jaune d’or annonciateur des floraisons à venir, les taillis de lilas se perler de vert tendre. L’habile mésange voletait, très affairée, autour du nid. Comme un ultime prologue avant l’ouverture du rideau.

L’abandon du cocon protecteur de l’hiver

J’ai compris pourquoi l’alternance de luminosité et de nuages sombres, de soleil intense et d’averses subites participait de cette mise en place, réveillant la nature par paliers et signifiant, par cette instabilité, toute l’ardeur et la force contenue du processus de création. J’ai senti le réveil de mon corps qui appelait à se délester du trop-plein de l’hiver en garnissant l’assiette de verdure, j’ai entendu le discret signal de mon horloge interne m’appelant à sortir chaque jour plus tôt du sommeil pour m’exposer à la lumière. J’ai éprouvé la fatigue des fins de règne : l’abandon du cocon protecteur de l’hiver qui ne se ferait pas sans efforts ni renoncements.

J’ai perçu enfin la magie transformatrice de cette longue saison intermédiaire, passage entre deux extrêmes, entre rigueur et splendeur, dénuement et abondance. Apanage des climats tempérés, elle fait le bonheur des peintres et des poètes. De ceux qui ouvrent l’œil et l’oreille pour percevoir le langage muet du vivant et de l’univers en mouvement. La philosophe Chantal Thomas évoque ce temps circulaire des saisons, qui n’est pas du côté de l’usure mais du retour : « Comme si c’était, à chaque fois, un événement auquel on assiste pour la première fois. »

Et j’ai saisi ce que la vie cherchait à me dire dans cette mise au monde du printemps. Comment sous l’apparente léthargie de la terre montait l’invisible énergie du monde, cette promesse qui nous fait avancer sans relâche. Elle me parlait de la graine enfouie, laissée inerte, qui n’avait pas renoncé et attendait patiemment son heure. Elle me racontait l’émergence dans nos vies de la renaissance et du neuf qui ne peut surgir qu’au prix d’une transformation, lente souvent, douloureuse parfois, prometteuse toujours.

Elisabeth Marshall

Source : La Vie

lundi 16 février 2026

Supplique


Traditionnellement, les énergies saisonnières s’inversent. La vitalité se réveille. Elle n’entrouvre encore qu’une demi-paupière ; cela suffit pour qu’elle se prépare.

Le printemps commence à s’imaginer. Il se voit comme une brise douce, tiède, caressante. Il est un gros bourgeon de velours, un nid douillet pour ce qui doit éclore.

Ce moment du milieu de l’hiver est une espérance.

Dehors, les bourrasques, la tempête, les inondations.

Miroir abstrait de la fureur humaine, remplie de convoitise, de débauche, de l’idolâtrie du pouvoir et de l’argent.

La souffrance est partout mais personne ne cherche les véritables causes.

L’éveil printanier – dans le jardin les jonquilles sont fleuries – ne veut pas dire qu’il se réalisera selon son rêve. Probablement, il ne sera que la suite de cet hiver troublé, détrempé.

Mais nous pouvons l’appeler. Lui dire que nous ne voulons plus des discordes de voisinage et familiales, des dissensions sociales, des guerres de conquête. Nous ne voulons plus de la furie des points de vue. Nous aspirons à la modération, à la paix dans les quartiers, au plaisir de la rencontre, à la dégustation du petit rien.

Le printemps frémit à notre écoute. Notre supplique aura-t-elle la force de l’influencer ?

Christian Rœsch - directeur de la publication de REFLETS

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mercredi 4 février 2026

Cheval de feu



2026. L'année du Cheval de Feu. Une combinaison rare.

La dernière fois que cette énergie a traversé nos vies, c'était en 1966. Il y a 60 ans. Ce qui nous attend : une année de double Feu

Le Cheval, c'est le mouvement. L'élan. La liberté. L'envie de galoper vers ses rêves.

Le Feu Yang (Bing 丙), c'est le soleil à son zénith. Une lumière qui illumine tout. Qui réchauffe. Qui donne de l'énergie. Mais qui peut aussi brûler si l'on s'y expose sans discernement.

Et en 2026, nous avons affaire à un double Feu. Car le Cheval est lui-même naturellement associé à l'élément Feu. Ce qui amplifie tout. Le meilleur comme les excès.

Les défis à anticiper : 

→ L'impulsivité guette. L'envie de tout faire, tout de suite.

→ Le risque de burnout est présent. Galoper sans jamais s'arrêter épuise.

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lundi 14 avril 2025

Le printemps ne paye pas de taxes.

 Le printemps ne paye pas de taxes.



Il traverse incognito nos frontières, il auréole d’une joie étrange ceux qui n’ont pas d’autres richesses que leur grand nez et leur appétit de vivre malgré tout.

Ils le savent bien ceux qui construisent des murs et des frontières.
On n’empêchera pas les atomes, les moustiques, les virus… de circuler.

Malheureusement, ils voudraient tuer les oiseaux de l’âme, ceux qui demeurent fidèles au soleil et qui sans cesse s’élèvent en profondeur ou plus haut que tout ce qui nous sépare.

Nul ne peut tuer l’oiseau ou le printemps qui s’élève de ton âme.

Jean-Yves Leloup, Avril 2025

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dimanche 9 mars 2025

Au cœur de l’hiver, une promesse

 


Notre abricotier est mort. Ou tout du moins il en a l’air. L’hiver dernier, déjà, nous avions cru que c’en était fini – à tort. Nous l’avions planté en arrivant dans cette maison, au milieu de notre petit carré de pelouse. Le choix de l’essence avait déchaîné les discussions. L’un désirait un chêne, l’autre un palmier, le plus jeune ne voulait rien pour ne pas envahir son terrain de jeu.

Les nuances et les saisons

Moi je préférais un arbre à fruits : la perspective de tartes et de confitures colorées l’a emporté. Nous avons choisi un abricotier. C’est beau, un abricotier, ça dit les nuances et les saisons. Le dépouillement sombre l’hiver, l’espoir du vert au printemps, la vitalité du jaune orangé l’été, le rougeoiement d’un soleil couchant à l’automne.

Il est arrivé tout petit, adossé à son tuteur. Il a subi les assauts du chat, essuyé les tirs de ballon, fait face à la gourmandise des oiseaux. Mais il a grandi, il s’est déployé, un peu penché pour chercher la lumière. Et nous a comblés de ses bienfaits en abondance.

De beaux fruits, avec leur rose aux joues et leurs taches de rousseur, que nous partageons souvent avec les voisins. Et même avec un passant, une fois, dont la voix a porté au-delà de la grille. « Ils ont l’air bons, ces abricots ! »

Mais il a fait froid. Par deux fois l’abricotier s’est trouvé prisonnier d’une gangue gelée plusieurs jours d’affilée. Rien ne dit qu’au-dedans il n’a pas grelotté. Et je crains qu’il n’ait pas survécu. J’ai attendu le retour des oiseaux, pour venir l’ausculter. J’écoute, l’oreille collée contre le tronc. Réflexe de celui qui cherche la palpitation de la vie. Une circulation même alanguie, la sève qui coule engourdie. Mais l’écorce reste muette.

Le baiser du printemps

Ses branches décharnées, noires et sèches, grattent le ciel. Figées, dans une supplication muette. Seul le vent le fait osciller de temps en temps. Je laisse courir mes mains sur son branchage, une caresse, les yeux fermés pour mieux sentir les aspérités. Mes doigts rencontrent une tendresse, boursouflure souple au bout d’un rameau rugueux. Je palpe délicatement. Ça semble être, oui, ça semble être… un bourgeon ! C’est un bourgeon corseté, qui se fond encore dans les teintes du bois.

Un bourgeon, c’est la promesse d’une fleur, d’un fruit. C’est la vie. Cette vie qui avait déserté en apparence, mais qui a continué son chemin in petto, au ralenti. Comme elle le fait parfois quand elle se met à l’abri. Des coups du sort, des accidents, de la main de la mort. Belle au bois dormant, qui attend le baiser du printemps. Tout au long de cette dormance, la vie n’a jamais cessé. Pas un instant. Sinon, il n’y aurait pas ce tout petit bourgeon.

Je lui parle tout bas, pour que même les abeilles n’entendent pas. Je lui dis tout ce qu’il représente. L’espérance. Savoir qu’au cœur de nos hivers les plus rudes, la vie est là, qui bat. Toujours, même si on n’y croit pas. Et que dans ce froid qui glace le cœur, le bonheur n’est pas mort. Il est en sommeil. Et guette le printemps. La vie porte en elle, dans un même mouvement, tout le froid de l’hiver et toute la joie du printemps.

Anne-Dauphine Julliand

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Source : La vie

dimanche 25 février 2024

Dans l’énergie du printemps, allégeons et dépoussiérons nos intérieurs


Dans la maison comme dans la nature, la nouvelle saison s’annonce par un grand nettoyage, une régénération du corps et de l’esprit pour mieux accueillir la vitalité montante. Un coup de fraîcheur revigorant qu’il nous faut préparer. (Par Élisabeth Marshall)

Avec le retour de la lumière me vient depuis quelques jours des envies de ménage et de renouvellement. Des envies d’ouvrir grand les fenêtres, de dépoussiérer les meubles, de dégager l’espace et la vue, de nettoyer les recoins et d’alléger mon intérieur. Comme une cure de rajeunissement pour la maison et pour l’esprit. Repousser définitivement les derniers miasmes de l’hiver, débusquer les coins d’ombre et me laisser porter par l’énergie du printemps qui monte.

On associe depuis toujours, et dans toutes les cultures du monde, le printemps à une forme de nettoyage et de régénération, de la nature comme de l’humain. La saison contient en germe un bouleversement et une vie à l’état brut qu’il nous faut être prêts à recevoir. Tandis que le ciel se lave à grandes eaux de soudaines giboulées, la tradition et le bon sens invitent l'humain à s’alléger par le jeûne et le repos digestif. À se libérer des « stocks » de l’hiver pour remettre son corps en mouvement et au jardin. Une invitation pour la médecine traditionnelle chinoise à nous « mettre au vert », et ce dans une merveilleuse synchronicité avec la nature : au moment où l’on s’attache par la verdure à régénérer le foie, les talus se couvrent de feuilles de pissenlits aux vertus nettoyantes.

L’élan des nouvelles énergies

Pour cette approche taoïste de santé, la saison printanière a débuté dès le mois de février, durant cet entre-deux où tout se met en branle, où les graines commencent à germer, les jours à rallonger. Le printemps nous fait entrer, bien avant le 21 mars, dans l’élan des nouvelles énergies et inspirations. Ne mésestimons pas dès lors l’effort d’adaptation que représente, pour le corps, ce passage vers la renaissance saisonnière, entre fatigue déprimante ou trop plein de tension et d’impatience. Et respirons ! Aérons nos intérieurs, au moins une heure chaque jour. Retrouvons le réflexe de grandes inspirations et expirations devant la fenêtre ouverte ou la pratique des « nettoyages de poumons », ces méthodes ancestrales de pranayama par lesquelles le yoga vise à réveiller notre énergie vitale et à éliminer ce qui nous encombre.

C’est là que mon ménage de printemps révèle aussi tous ses atouts. En substituant à la fatigue visuelle du désordre, de l’accumulation ou de la poussière, un intérieur frais lavé, des vitres de nouveau transparentes, des pièces dégagées où circule la lumière, je me redonne de l’élan et de la vitalité… à moi-même ainsi qu’à tous les visiteurs de la maison. Je me souviens que c’est dans cet esprit que le Japon – l’un des pays les plus propres au monde ! – entretient ses temples zen ou ses intérieurs. Ou que, dans un monastère de Bourgogne, les moniales marquent l’arrivée du printemps en ouvrant grand les voilages d’hiver qui occultaient les fenêtres de la chapelle.

Et il me plaît de déceler de subtiles mais constantes correspondances entre les traditions. De faire miens, en ces jours d’allègement du carême, les mots dansants du poète japonais Issa : « Rien qui m’appartienne sinon la paix du cœur et la fraîcheur de l’air. »

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source : La Vie

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jeudi 22 février 2024

L'émotion du bois

Nous sommes entrés dans le mouvement du bois. Il vient de la profondeur de l'eau (les racines) et va vers la communication du feu  (l'ouverture). C'est bourgeonnant (et pas bougonnant) ! Bonne lecture avec Alice Korovitch !

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Bien.
Nous savons donc que les émotions se manifestent dans le corps par un mouvement bien précis.
Commençons par le mouvement du Bois, qui correspond au Printemps et au renouveau.
On est en plein dedans, ça tombe bien.
L'émotion du Bois est la Colère 怒 nù.
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Cette phrase est évidemment à prendre avec souplesse, car quand on dit Colère, il s'agit de l'émotion archétypale, avec toutes ses nuances :
🔹Énervement
🔹Irritabilité
🔹Frustration
🔹Rage
🔹Tension
🔹Ressentiment
🔹Mépris
🔹Dégoût
🔹Honte
...
Et puis surtout, c'est bien gentil tout ça mais vraiment, le Bois ne peut-il rien être d'autre que toutes ces émotions négatives ??
Bien évidemment que si !
Le Bois, c'est également :
🔹La générosité
🔹La gentillesse
🔹L'altruisme
🔹La créativité
🔹L'élan
🔹L'enthousiasme
🔹L'entraide
🔹La persévérance
🔹La détermination
🔹La confiance
C'est déjà mieux non ? 😉
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Le Bois, c'est le mouvement ascendant (et un peu expansif)
Pensez tout simplement à une plante qui pousse... c'est inexorable, inarrêtable !
Dans le domaine des émotions, le Bois est tout ce qui va provoquer un mouvement ascendant (et un peu expansif).
=> Dans le cas d'une situation positive, avec une personne en harmonie, cela donne de belles vertus altruistes.
=> Dans le cas d'une situation compliquée, avec une personne en dysharmonie, cela donne des émotions qui clashent.
Mais ça ne veut pas dire qu'elles ne sont pas les bienvenues, ni inutiles !
Toute émotion doit être exprimée afin de faire circuler le Qì qu'elle porte en elle.
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Tout le monde a déjà expérimenté cela : la colère monte en nous et nous pousse à exploser d'une manière ou d'une autre.
Le mouvement peut être sournois mais il est le plus souvent violent, il a la vitalité et la force du Printemps.
Le mouvement interne DOIT se manifester à l'externe, en d'autres termes : il doit s'exprimer (sortir)
Ne retenez jamais un mouvement de colère.
Débrouillez-vous pour le faire sortir, de toute façon le corps le fera pour vous :
Soupir bruyant, rougeur du teint, yeux rouges, voire saignement de nez, déclenchement d'acouphène ou de migraine, quand ce n'est pas carrément évanouissement (rare mais véridique !)
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Dans le corps, la phase du Bois correspond à l'organe Foie 肝 gān.
Le Foie gère entre autre les tendons, voilà aussi pourquoi on se tend assez fort sous l'effet de la colère et que nos poings se retrouvent souvent serrés.
Gare aux coups !
Le mieux est encore de faire ce qui nous vient tout de suite : crier. Taper sur quelque chose.
Puis aller marcher, respirer, voir et sentir la nature.
Puis s'étirer, sourire.
Et faire une belle action pour compenser 😊

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jeudi 23 février 2023

Une pincée unique

Avant-printemps


Malgré le soleil clair tout à coup revenu

sur le bord du chemin la neige ancienne et sale reste dure

Les nuits sont froides et les matins couverts

La vapeur d’eau avec douceur brouille le paysage

puis s’éclaircit lentement à l’approche de midi

Un rien de poudre d’or se mélange à la brume

une pincée de jour clair fond doucement dans le gris

Sur les arbres heureux baignés d’humidité

les bourgeons amassent leur sève prêts à éclater

Hier dans le soleil vainqueur à midi

un merle est venu reconnaître le terrain

et une mésange charbonnière a exploré le jardin

cherchant le creux d’un pommier ou un recoin de mur

avec le projet d’y installer son nid

Si je regarde avec soin dans l’herbe encore jaune

le sol est piqueté de petites fleurs encore en boutons

toute la famille des renoncules couleur de paille claire

la ficaire eranthe et la chélidoine Grande Éclaire

les pétales bien pliés et serrés dans leur sac

attendant comme les bourgeons le signal de départ

pour débourrer et exploser feuillages et fleurs

Et chaque future feuille chaque promesse de fleur

chaque oiseau survivant de l’hiver

chaque brin d’herbe encore hésitant à verdir

dans le silence au bord d’un printemps qui retient son souffle

dit à voix infime et nette Je suis moi Moi l’unique

comme il n’en fut pas depuis le début du monde

comme il n’en sera plus jusqu’à la fin des temps


Claude Roy

A la lisière du temps

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dimanche 22 janvier 2023

Année du Lapin d’Eau



Cette nouvelle lune du 22 janvier 2023 marque le premier jour du premier mois lunaire de l’année chinoise. 

Selon le calendrier lunaire chinois, l’année du Lapin d’Eau, 癸卯 Gui Mao, débutera le dimanche 22 janvier 2023 et se terminera lundi 9 février 2024. 

  • Signification du signe chinois Lapin :

Le Lapin se classe à la quatrième position dans les 12 signes du zodiaque chinois, et il correspond à "卯" dans les 12 Branches Terrestres, étant le quatrième, se référant à la période 5h-7h. En Chine, non seulement le Lapin a une connotation culturelle profonde, mais il entretient également une relation étroite avec la politique et la mythologie chinoises. C'est un signe de bon augure.

Les significations culturelles symboliques du signe du Lapin sont étroitement liées aux habitudes de vie du lapin, notamment la vigilance, l'esprit, la prudence, l'adresse..., du fait que le lapin est toujours prêt à détecter son environnement avec ses oreilles hypersensibles et les yeux. Tout comme le dit un vieil adage chinois, "gardé comme une vierge, rapide comme un lapin qui s'échappe", le lapin restera immobile quand le vent souffle et que l'herbe se courbe, et il courra aussi vite qu'un éclair s'il y a un réel danger. En conséquence, le lapin était utilisé par les anciens Chinois pour symboliser une vigilance et une habileté élevées.

  • La légende de Nian

Comme beaucoup de fêtes en Chine, le nouvel an s’accompagne d’une légende. L’une des plus populaires est la la légende de Nian, le monstre du Nouvel An. Une terrible créature qui dévorait Nian dévoré le bétail et même des humains le soir du réveillon de la nouvelle année. La légende raconte qu’un vieux sage s’aperçut que les bruits, le feu et la couleur rouge effrayaient cette bête. Depuis, afin d’effrayer le monstre, les gens accrochent des décorations rouges  à leur porte et leurs fenêtres, tout en allumant des pétards la nuit du nouvel an.

  • Décorations

Le rouge est la couleur symbolique de la fête du printemps chinois

  • Couplets du printemps

Les couplets de printemps 對聯 DuìLián sont des vers poétiques de bénédictions calligraphiés à l’encre noire sur des bandes de papiers rouges que l’on pose de chaque côté et au dessus de la porte d’entrée.

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mercredi 25 mai 2022

Réél qui est...

 

" Lorsque viendra le printemps,

si je suis déjà mort,

les fleurs fleuriront de la même manière

et les arbres ne seront pas moins verts

qu’au printemps passé.

La réalité n’a pas besoin de moi.

J’éprouve une joie énorme

à la pensée que ma mort n’a aucune importance.

Si je savais que demain je dois mourir

et que le printemps est pour après-demain,


je serais content de ce qu’il soit pour après-demain.

Si c’est là son temps, quand viendrait-il sinon

en son temps ?

J’aime que tout soit réel et que tout soit précis ;

et je l’aime parce qu’il en serait ainsi, même

si je ne l’aimais pas.

C’est pourquoi, si je meurs sur-le-champ, je meurs content,

parce que tout est réel et tout est précis.

On peut, si l’on veut, prier en latin sur mon cercueil.

On peut, si l’on veut, danser et chanter tout autour.

Je n’ai pas de préférences pour un temps où je ne pourrai plus avoir de préférences.

Ce qui sera, quand cela sera, c’est cela qui sera ce qui est. " 

Fernando Pessoa / Extrait de:  1960, Le Gardeur de Troupeaux, (Gallimard)

lundi 10 mai 2021

Eternelle Beauté

 

" Quand la beauté t'habite ,

Comment l'assumes-tu ?
L'arbre assume le printemps
Et la mer le couchant ,
Toi, comment assumes-tu
La beauté qui te hante ?
Toi qu'habite la beauté,
Tu aspires à une autre
Plus vaste que le printemps ,
Plus vive que le couchant
-déchirante, déchirée-
Qui pourrait t' assumer
Hormis l' éternel Désirant ?"
François Cheng / De l' Âme


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mardi 20 avril 2021

vendredi 12 février 2021

Naissance du Yang, nouveau printemps...

 

Nous entrons dans l'énergie du Bois avec le nouvel an chinois du Bufle de métal, ce vendredi 12 février 2021.
La période "Bois", associée à l'énergie naturelle du printemps, est le moment où le mouvement renaît avec de plus en plus de force.
Les méridiens du Foie (F - Yin) et de la Vésicule Biliaire (VB - Yang) sont les vecteurs de cet élément.
Le Foie a 5 principales fonctions qui sont :
- d’assurer la libre circulation du Qi
- de stocker le sang
- de gouverner les tendons
- de se manifester dans les ongles
- de s’ouvrir aux yeux (Le Ling Shu dit : « Lorsque le foie est en harmonie, les yeux peuvent distinguer les cinq couleurs » )
La libre circulation du Qi est la fonction du foie la plus importante. D'où son importance pour se sentir en équilibre.
Le travail sur le Foie pourra permettre :
- d'améliorer la digestion.
Et ainsi voir comment "absorber" certains événements en les digérant au mieux.
- d'harmoniser les émotions :
Le foie est lié avec l'émotion colère (colère, irritabilité, saute d’humeur, dépression, rancœur, frustration...). Et, il sera intéressant de voir les tensions qui sont stockées ou que nous ressentons en liaison avec cette émotion.
- de se "faire moins de bile" : c'est l'occasion de s'élever comme la sève dans les arbres pour prendre du recul et faire bourgeonner plus de lucidité ; c'est s'ouvrir à la réalité sans l'assombrir.
Une séance de shiatsu sera l'occasion de vous partager de douces clés pour entrouvrir les portes du printemps.


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vendredi 16 mars 2018

Instant encore bleu !


presque rien, juste une brûlure
on peut toujours
ne pas remettre à plus tard

tu le sais
c’est ce que finalement
tu fais

tu te lèves un matin à cinq heures
regardes l’aube
depuis une barque au milieu de l’étang

la queue d’un poisson frappe
la surface
des animaux viennent boire

cette aube
d’elle aussi, tu dis
elle ne reviendra pas

mais l’instant
ne tend pas
la perche au poème

Camille Loivier
© Éditions Tarabuste

(cliquer sur l'image pour lire)

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mardi 2 mai 2017

En attente de la pluie d'Amour...





Il y a partout, mélangées aux particules de l'air que nous respirons, des particules d'amour errant. 
Parfois elles se condensent et nous tombent en pluie sur la tête. Parfois non. 
C'est aussi peu dépendant de notre volonté qu'une averse de printemps. 
Tout ce qu'on peut faire, c'est de rester le moins souvent à l'abri. 

Christian Bobin

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