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lundi 17 août 2026

« Devoir de vacances »


- « Avec »
ou
« sans »
Nuage,
regarde :
le Ciel
- Nous passons notre vie à observer
ce qui apparaît et ce qui disparaît
ce qui nait et ce qui meurt,
nous ne voyons pas
ce qui jamais n’apparaît, ni ne disparaît,
ce qui n’est jamais né et ne mourra jamais,
nous ne voyons pas le ciel…
Nous prenons pour réel
ce qui nait et ce qui meurt,
ce qui apparaît et ce qui disparaît
dans la conscience,
nous oublions la Conscience…
- « Avec »
ou
« sans »
Apparition,
regarde :
l’Espace
- « Avec »
ou
« sans »
Bruits,
écoute :
le Silence
- « Avec »
ou
« sans »
Douleurs,
observe :
la Vie
- « Avec »
ou
« sans »
Objet,
choisis :
l’Amour.
Jean-Yves Leloup, août 2026

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lundi 5 août 2024

Devoir de vacances

 Quand j’étais enfant, mes parents ne manquaient jamais en début d’été de glisser dans les bagages un cahier pour les leçons quotidiennes (lecture, calcul, exercices de grammaire et de conjugaison), histoire de ne pas tout oublier sous le soleil des vacances. Ce rendez-vous, un peu fastidieux mais nécessaire, n’était pas si contraignant pour ma petite sœur et moi qui aimions l’école : avec leurs pages colorées sagement remplies à la grande table tandis que Mamie écossait les haricots ou pelait les pommes de terre, les devoirs de vacances constituaient un rituel de l’été au même titre que la sieste sous le tilleul, les parties de nain jaune, la chasse au dahu et la cueillette des mûres.

Du temps pour rien


J’ai grandi ; mes étés ont changé, et mes devoirs aussi. Mais à l’heure des valises, entre les croquettes du chat et la crème solaire, je ne manquerai pas de faire une petite place pour un bagage léger, invisible et bien particulier : oublieuse assumée des règles du pluriel, je l’appelle mon « devoir de vacance ». Parce que le mot « vacance » vient du latin vacuum qui désigne le vide, il est bon de vivre parfois sans projet ni maîtrise absolue des choses. Voici ce que j’emporte avec moi en guise de devoir : la résolution, au milieu de mes jours encombrés, de dégager un peu de place, de prendre un peu de temps. Pour rien.

Vacance du corps. Changer de rythme, d’habitudes et de paysage. Suivre un chemin sans savoir où il mène, ne plus se rappeler précisément quel jour on est. Accepter de ne pas savoir le matin à quoi sera employé l’après-midi, à rien, peut-être : à rêvasser à l’ombre d’un parasol, à somnoler dans une chambre tiède, à regarder la pluie qui ruisselle sur la vitre. Reprendre un café, laisser la soirée s’étirer sous les étoiles, tenter une partie de cartes. Chanter. Accepter que la vaisselle reste dans l’évier et que les enfants aillent au lit sans s’être brossé les dents. Se laisser rejoindre par tout ce qui nous cerne, par les sons, les saveurs, les couleurs. Ériger une cabane ou un château de sable. Regarder les collines. Regarder l’horizon. Regarder la mer.

Accueillir les souvenirs des mois écoulés

Vacance pour l’âme. Dans le calme retrouvé, accueillir les souvenirs des mois écoulés. Le cerveau a ceci d’extraordinaire qu’il n’exige en rien que nous nous enfermions pour ce faire dans une pièce solitaire avec un linge humide autour du front : non, il nous suffit de suspendre quelque temps le flot de nos activités ; de nous asseoir sous un arbre, de marcher le long de la mer ou de regarder danser les flammes.

C’est ainsi qu’on peut doucement laisser couler au fond de la mémoire les expériences vécues, les jolies heures et les mauvais jours, les succès et les regrets, les découvertes et les rencontres. Ils trouveront leur place sur les étagères de nos souvenirs, dans le labyrinthe de notre bibliothèque intérieure où quelque chose de nous saura les retrouver quand s’en fera sentir le besoin. Ne jamais s’arrêter, c’est se condamner à manquer de temps pour ce nécessaire ménage de l’âme.

Devoir de vacance : c’est encore ne pas oublier de dégager la place en nous pour l’inattendu. Un rire, une étreinte ; un ami de passage, un renard à l’orée d’un bois, le chant d’une cascade. Compter les étoiles. Ramasser des coquillages. Allumer un feu… Prendre le temps d’écouter, de recevoir et de nous émerveiller. Goûter les joies de l’inutile, de l’improductif, du non-quantifiable. Se découvrir vibrant de l’être tout autant que du faire. Accueillir en nous la part non maîtrisée, inattendue et irréductible du monde.

Je vous souhaite d’heureux devoirs de vacance.

Anne Le Maître 

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mardi 14 août 2018

Auprès de mon arbre... (2)

Vénérable confident

L'arbre de l'enfance peut aussi être un arbre vénérable, exceptionnel par sa forme, sa dimension et son âge. Quand Xavier, un amoureux des végétaux les évoque, sa respiration et son débit s'accélèrent. « La relation avec eux est plus facile et la complicité, plus grande qu'avec les humains », avoue-t-il. L'arbre de son enfance se dresse dans le massif de la Sainte-Baume, où sa famille maternelle possédait une bastide et une vaste propriété. Cet arbre trapu qui ne croît plus qu'en largeur, haut de 15 m, « le grand chêne » comme les siens l'ont baptisé, matérialise le bonheur enfui : grandes tablées, lectures, siestes, jeux d'enfant et rêveries. N'est-ce pas à ses pieds que son père, récemment disparu, a été présenté à sa mère ? N'est-il pas le confident, le réceptacle des secrets, celui que l'on sent vibrer, respirer, collé à son écorce marron-gris ?
« Près de lui, je me suis toujours senti en sécurité. Sa puissance vitale est si forte. Tu peux lui parler, il te répond. Son diamètre est si grand qu'il est presque impossible d'en faire le tour, même à plusieurs en se donnant la main. Sur ses branches, on observe la sarabande des loirs. À travers son feuillage, les étoiles qui brillent », note-t-il, impressionné aussi par l'idée que sa partie souterraine égale sa partie aérienne. « Son âge nous a toujours intrigués. Mon grand-père prétendait qu'il avait 1 000 ans. Un sylviculteur l'a carotté et a établi qu'il avait 300 ans. C'est donc sans conteste le plus vieux de la Sainte-Baume », confie le quinquagénaire. L'idée que ce chêne ait vu passer plusieurs générations des siens le réjouit. Autant que la pensée qu'il lui survivra.

Un lien avec nos aïeux

Robustes, les arbres nous regardent parfois passer sur la Terre. Dans la ferme familiale, Aymeric a revu récemment le saule pleureur que son grand-père avait planté pour se reposer à l'ombre. Mais, décédé, il ne l'a pas vu s'épanouir. « Aujourd'hui, l'arbre est magnifique mais un peu inutile », regrette-t-il. Pourtant, étrangement, ce saule demeure l'arbre qui l'apaise le plus, comme un lointain écho à ses racines, un lien à la fois mystérieux et visible à son aïeul. Dans le jardin de mon enfance, mon saule pleureur est mort, mais le figuier sur lequel je m'ébattais, lui, résiste.
Sondé sur le sujet, Sami, mon fils aîné, 18 ans, cite cet arbre sur lequel il a grimpé enfant avec son frère et ses cousins. Il a grandi à Paris mais a passé la plupart de ses vacances dans le Sud ensoleillé. Il décrit la coque du bateau retourné qui sert encore de marchepied, près du tronc. « Monter sur un bateau pour grimper sur un figuier, c'est le début de l'aventure. Là-haut, le regard porte par-dessus la clôture, on peut admirer le paysage, parfois même le coucher de soleil. Parce que je l'ai escaladé, c'est l'arbre que je connais le mieux. C'est avec lui que le contact a été le plus grand. » Une relation intime et même pas gourmande : le goût des figues mûres lui est moins précieux que son odeur et son toucher. Pour Sami, ce figuier garde un parfum d'enfance, puissant et inimitable.

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dimanche 30 août 2015

Le moi encore en vacances avec Alexandre Jollien


C'est quand même dingue qu'il faille presque lutter pour se laisser aller, apprécier la vie et, en un mot, être en vacances. Comment s'approcher d'un esprit plus contemplatif et quitter les mécanismes de la réaction et de la précipitation ? Et comment garder cet esprit-là au retour des vacances ?

M'aide le conseil de ce moine qui m'a dit tout net : « Tant que votre ego ne sera pas lui-même en vacances, vous n'atteindrez jamais à la paix, à la cessation des tiraillements, à la disparition de la fatigue. Aussi longtemps qu'il s'accroche, qu'il poursuit avidement, du matin au soir, des buts, toute rémission vous sera interdite. » Le diagnostic posé, ne reste plus qu'à trouver le remède, car nous risquons fort de tourner carrément en rond jusqu'à l'épuisement, et il y a quelque chose d'éreintant à échapper à l'insatisfaction.

Épicure nous livre déjà une clé pour nous mettre un peu au vert : « Notre seule occupation doit être notre guérison. » Et si prendre des congés, c'était avant tout prendre soin de soi, ménager notre corps, oser quelque halte et véritablement franchir une étape ? Mais guérir de quoi ? D'abord, il convient de s'éloigner des poisons, de couper le téléphone, de fermer Facebook et pourquoi pas s'inscrire, pour une période, aux abonnés absents ? Qui a dit que ce retrait momentané participait de l'égoïsme alors que c'est tout le contraire ?

Mais rompre avec les habitudes ne suffit pas. Il s'agit, comme le préconisaient les philosophes grecs, de nous prescrire un kanôn, une règle à suivre. On peut continuer longtemps à se réveiller dans la dispersion, à vivre sous le mode du pilotage automatique, mais vient l'heure où l'urgence est à la pratique. Sans s'encombrer d'une armada d'outils, il y a un chemin qui s'ouvre.

Dans la Vie parfaite, Catherine Millot dit mieux que quiconque celui dont je dois prendre congé : « Le moi est avant tout une instance de maîtrise. C'est un système de défense, au service du principe de plaisir, contre le dehors, mais aussi contre ces pulsions, intimes et étrangères à la fois, qui nous habitent. Ce sont ces remparts qu'il s'agit d'abattre, ce barrage contre le Pacifique qu'il faut ruiner. Disons-le autrement : le moi est une organisation pour résister à la passivité essentielle du sujet à l'égard de l'Autre. Le moi est foncièrement résistance à Dieu (...). »

Au fond, pour garder l'esprit en vacances, il faut se départir, se déprendre de l'ego. Sa seule tâche est de nous pourrir l'existence, de nous faire croire à des chimères et de nous installer sur des rails qui peuvent nous conduire droit dans le mur. Ce supermanipulateur nous attache de toutes parts, il nous empêche d'être libre. Dès lors, l'exercice des vacances, c'est de lui désobéir, de descendre plus profondément en soi pour s'ouvrir à autrui, pour tenter un nouveau mode de vie.

Voilà le véritable périple : entreprendre ce déménagement intérieur, ce décentrage, oser le grand saut, renoncer à la pleine maîtrise. Pour notre malheur, nous avons associé l'abandon, la confiance, le laisser-être, l'ascèse à quelque chose de triste, voire à une corvée. Alors que s'échapper des bornes de nos schémas mentaux, quitter un peu l'étroitesse du coeur conduit à un bonheur redoutable pour l'égo.

Alexandre Jollien est un philosophe et écrivain né en 1975 à Savièse, en Suisse. Son dernier livre, Petit Traité de l'abandon, est paru au Seuil.


jeudi 9 juillet 2015

La méditation, une expérience unifiante du corps et de l'esprit par Dominique Durand


Voici deux lignes d'une grande sobriété et que l'esprit ne peut saisir à partir des lois habituelles de la cause et de l'effet parce qu'elles ont la fulgurance d'un koan* : « L'espace sous mon nombril en passant par les reins et jusqu'à la plante de mes pieds est le village où je suis né. »

Se permettre de réaliser quelques instants, le caractère inconcevable de ces propos, inconcevable pour une pensée cartésienne... Ce sont ceux du maître zen Hakuin Ekaku, extraits d'Orategama* publié en 1749. 
La fraîcheur qui se glisse derrière chaque mot ne repose sur aucun concept intellectuel, aucune 
idéologie, aucune croyance, elle évoque simplement cette possibilité de renouer avec l'innocence de notre origine en investissant la zone située dans le bas-ventre. Et il ajoute : « Quelles nouvelles peuvent arriver de ce village natal ? »
Un siècle plus tôt (1637), Descartes définissait ainsi sa propre essence : « Je compris que j'étais une substance dont toute l'essence ou la nature n'est que de penser et qui pour être, n'a besoin d'aucun lieu, ni d'aucune chose matérielle. » (Discours de la Méthode).
Nous risquons de gérer l'écart entre une pensée auto-suffisante et l'ancrage dans ce que le corps nous révèle de plus archaïque, de plus originel, sous la forme d'une opposition et de replonger ainsi dans les considérations dualistes du corps et de l'esprit qui agitent la philosophie depuis des siècles. Nous sommes en effet devant deux niveaux de conscience, deux manières de considérer l'être humain. 

Le zen vient contredire la philosophie occidentale en lui opposant la radicalité d'une pratique qui engage chacun dans une actualisation personnelle du propos, la pensée ne pouvant y avoir accès.
La méditation commence par une prise de conscience de ces aller-retour entre ces deux niveaux de conscience. Elle nous révèle le pouvoir des instances identitaires situées dans le haut du corps s'opposant à cette force immanente qu'Hakuin place sous le nombril. D'un côté une pensée attachée à un cadre de référence déterminant et définissant qu'il faut projeter sur le futur, qui exige de poursuivre un projet et d'éliminer l'aléatoire, l'incertain ; de l'autre, cet autre niveau de conscience situé dans l'espace sous le nombril, qui bouleverse le mode de perception habituel parce que l'interrogation devient la seule manière de considérer le fondement de l'Etre, de l'Etre-humain.
Définir la vie à partir de ce que l'on sait et interroger la vie telle qu'elle nous arrive, sont deux options directionnelles opposées, elles mobilisent la personne à des niveaux différents.

La méditation, cependant, nous apprend qu'il n'y a pas lieu de les opposer, le simple exercice permet de conduire l'intellect ailleurs que là où il sait et d'ainsi le laisser se glisser là où la vie nous interroge et où nous interrogeons la vie. Au-delà de la pensée et de la non-pensée, un moment de pure créativité surgit chaque fois que nous prenons contact avec cet autre mode de « connaître ».
Se donner la chance, chaque jour, tout en plaçant la respiration dans le bas ventre, de se poser cette question : « Quelles nouvelles m'arrivent aujourd'hui de ce village natal ? » 
Ce n'est pas le bas ventre en tant que tel qui importe, c'est la qualité de cette nouvelle approche du réel et de soi-même qui se fait dans un esprit de découverte. Le mode interrogatif n'attend pas de réponse, c'est juste une manière d'être, une certaine manière de se mettre à l'écoute de ce qui nous fait être, proche de l'étonnement, « une mise à disposition » qui ne capture rien pour son propre bénéfice.
Puissiez-vous recevoir de belles nouvelles pendant ces vacances.

• *koan : formulé la plupart du temps sous la forme d'une question, il se présente au mental analytique comme une barrière impossible à franchir ; il sollicite pour sa résolution un esprit 
unifiant non discriminant.
 * Orategema : ensemble de lettres écrites au seigneur Nabeshima, gouverneur de la province Setchu


mardi 26 août 2014

Le mental en vacances avec Davina Delor


La méditation, on en fait toute une histoire. Mais en réalité, nous méditons tous déjà ! Cependant, absorbés que nous sommes par nos pensées et nos projets, dans nos journées très denses, nous occupons notre esprit avec mille autres choses telles que les enfants, le travail, les amis... Tout cela nous projette vers l’extérieur, mais nous n’avons pas souvent l’occasion de susciter la rencontre de soi à soi, car nous agissons par réflexe au lieu de prêter attention à chaque instant. Or la méditation, ce n’est rien d’autre que de la concentration... mais pas dans la tension. Méditer, c’est offrir des vacances à son mental.

Comment commencer ? En faisant de nos moindres gestes quotidiens une leçon.
Par exemple, en lavant la vaisselle : savourer l’instant, prendre conscience que je suis en train de faire quelque chose d’utile. Je rends propres des assiettes et ce mouvement de concentration sur un geste anodin peut devenir le support même de ma méditation. Si je regarde ma vie, j’y vois beaucoup de négatif, des erreurs, des regrets. Et pourtant, il est possible de nettoyer mon esprit de toute cette négativité, de le rendre brillant et immaculé comme de la porcelaine. La vaisselle me donne une leçon et peut devenir mon support pour me régénérer : raviver la joie et la brillance en moi.

Je vais nager dans un lac ou dans la mer. J’ai d’abord une sensation de fraîcheur sur ma peau, c’est froid et je voudrais reculer. Mais je décide que le résultat vaut ce passage par l’effort, par l’entrée dans l’eau fraîche, cela vaut la peine de franchir un cap pour que ma peau bientôt, sous l’effet de l’exercice, se réchauffe. Comme mon mental, mon corps à travers les mouvements se détend, mes douleurs et mes tensions s’apaisent. Je peux alors rendre grâce pour cette nouvelle sensation douce et agréable. C’est aussi cela, l’esprit des vacances, cet apprentissage du quotidien.

En sortant de l'eau enfin, je peux marcher en conscience sur le sable ou l'herbe mouillée, au contact des sensations de mes pieds sur le sol et je peux simplement me réjouir d’être en vie et rendre grâce pour cette énergie. Personne n’a pour mission de changer le monde mais moi qui suis en bonne santé, qui nage, marche... je peux profiter de cette grâce pour accomplir encore quelque chose d’utile et orienter mon esprit vers cette personne amie qui est malade. Aller vers elle avec ma joie de ce moment. Chaque instant peut m’offrir un sujet à méditer. Nul besoin de partir ailleurs, c’est là où je me trouve, au sein des bruits du monde, que je vais pouvoir méditer ou prier. Ce n’est pas de la religion, juste de la vie humaine.

lundi 26 août 2013

Vivre la vacance... avec Cécilia Dutter

Depuis peu, je ne conçois plus les vacances comme un intervalle vide mais comme un espace privilégié permettant de me relier à l’essentiel. Loin de les craindre, elles sont devenues le lieu d’une présence attentive à moi-même, au monde et à Dieu, moment de grâce où don et offrande de la vie se confondent en une communion parfaite. C’est pourquoi, après les avoir exécrées, je les chéris désormais. 

La « mise sur pause », à condition qu’on l’accepte, implique un recentrage salutaire. Elle ouvre à cette dimension sacrée de l’existence qui, bien souvent, nous échappe au quotidien. Avez-vous constaté comme sans cesse nous quémandons notre dû ? L’époque nous incite à nous perdre dans le divertissement. Il nous faut « profiter » ! Des biens, des gens, des opportunités, de la vie que les médias nous exhortent à consommer avec rage. Et si les vacances nous apprenaient justement à ne plus rien revendiquer… Si l’on se découvrait « entier », sans le moindre manque, en prenant soudain conscience que tout est là, sous nos yeux, et que nous participons à ce tout et l’enrichissons de notre regard d’amour. 

Rilke, poète de l’intériorité par excellence, a si bien su traduire cette idée de beauté et d’unité à travers son œuvre. Magda Von Hattingberg, jeune pianiste avec laquelle il entretint une correspondance passionnée, se révèle à la hauteur de son génie. En une phrase, elle dit la béatitude d’être, de sentir la vie autour de soi et d’y prendre pleinement part : « Peut-être n’avez-vous jamais rencontré quelqu’un qui a su trouver de la richesse dans la seule béatitude d’être là (…), parce qu’il était lui-même la promesse et l’accomplissement de sa propre existence » (Lettres à une musicienne). 

Quand ­Matthieu (6,34) rapporte ces paroles de Jésus : « Ne vous inquiétez donc pas du lendemain. (…) À chaque jour suffit sa peine », ne nous incite-t-il pas, lui aussi, à déposer le fardeau du passé et du futur pour saisir l’ici et maintenant ? 

Bonne ou mauvaise, l’année s’est écoulée. À quoi bon la ressasser ? La rentrée se profile à l’horizon et avec elle, le rouleau compresseur de la routine et des tracas. Pourquoi l’anticiper ? Le présent est si doux… Faisons-le durer encore un instant.


Cécilia Dutter (la Vie 2013)

lundi 11 juillet 2011

mardi 21 septembre 2010

Une piscine plus écologique...

Trois piscines bio collectives en France... Avant l'automne, un petit retour sur les baignades de l'été.

mercredi 18 août 2010

vendredi 24 juillet 2009

Alexandre Jollien et les vacances


"Faire une pause, c'est jeter un regard bienveillant sur notre existence et voir combien nous pouvons être emportés par des projets, par des désirs, sans prendre le temps de les savourer pleinement"

Un exercice spirituel :
"Faire le vide, se dépouiller, voilà sans doute la "grande affaire" des vacances. C'est aussi se rendre disponible à soi, à l'autre et à tout ce que nous recevons."