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jeudi 9 juillet 2026

Touché...

 


"Les braves gens disent que pour devenir parfait,
aucune affection ne doit nous mouvoir,
et qu’il faut n’être touchés ni par la joie, ni par la peine.
Ils se trompent.
Moi, je dis qu’il n’y a jamais eu aucun saint, si grand soit-il,
qui n’ait été touché et ému.
Néanmoins, je peux tout de même dire qu’un saint
ne pourra jamais en cette vie être détourné de Dieu.
Vous pensez peut-être que,
tant que des paroles peuvent provoquer en vous de la joie ou de la peine,
vous n’êtes pas parfaites.
Ce n’est pas vrai.
Ce n’était pas le cas pour le Christ,
il le prouve en disant :
Mon âme est troublée jusqu’à la mort. (Mt 26,38)
Les paroles pouvaient faire souffrir le Christ,
et si toutes les douleurs de toutes les créatures étaient réunies en une seule,
celle-ci
souffrirait moins que le Christ.
Cela vient de la noblesse de sa nature
et de la sainte union de ses natures humaine et divine.
Je dis qu’il n’y a jamais eu un seul saint
à qui la douleur n’a pas fait du mal
et à qui l’amour n’a pas fait du bien,
et aucun n’y parviendra jamais."

Maitre Eckhart, Sermon
(conseillé par Gilles Farcet)

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lundi 1 juin 2026

Exercices doux pour le dos

 

• Apanasan, des genoux à la poitrine

- Le mouvement: Allongé sur le dos, sur un tapis, enserrer les deux genoux avec vos bras et les amener vers la poitrine. Rester immobile d'une à deux minutes en respirant calmement et amplement. Puis dessiner lentement avec les genoux de 5 à 10 petits cercles, dans un sens, puis dans l'autre.
• Bitilasana Marjaryasana, la posture du chat-vache

- Le mouvement: À quatre pattes, mains placées sous les épaules et genoux sous les hanches. Inspirer, puis laisser le ventre se relâcher vers le sol en relevant la tête vers le ciel. Le dos se cambre. À l'expiration, arrondir le dos, regard vers le nombril (photo). À faire de 5 à 10 fois.
• Malasana - la posture de la Guirlande

Souvent appelée posture de la guirlande, est en fait aussi celle du Mala, le rosaire indien. Les indiens s'asseyent volontiers accroupi... et bien plus aisément que la plupart des occidentaux. Dans la posture finale de Malasana, les bras forment une couronne autour du corps, et donc une boucle d'énergie. Idéalement, le front touche le sol... c'est une attitude à la fois d'ancrage (pieds, bassin), de prière (Mala) et de lâcher-prise : on s'en remet à la Terre ou au Plus-Haut.
Cette première version est en fait une variante plus facile de la posture classique. Si nécessaire, on peut mettre les talons sur une couverture, pour les surélever.

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mardi 7 avril 2026

Subir l'expérience

 Q : Qu'en est-il de la douleur physique ? Et de la souffrance ? 


Mooji : Tout est grâce. Si vous aviez vraiment le libre arbitre et le pouvoir de façonner votre destin, de créer votre vie idéale, vous laisseriez probablement de côté tous les inconforts, tout ce qui défie votre ego, tout ce qui expose vos sentiments de culpabilité ou de honte et tout ce qui menace vos attachements. Vous excluriez tous ces éléments et les remplaceriez par des expériences à saveur de chocolat.

Mais quel que soit votre effort pour construire et sécuriser une vie qui satisfasse vos projections, vous échoueriez toujours à égaler, en qualité et en bon augure, la vie qui se déroule sans intention humaine.

Un homme a dit un jour à Sri Nisargadatta : "Maharaj, vos paroles résonnent profondément dans mon cœur. Je sens leur pouvoir et je sais qu'elles sont vraies. Mais si je dois être honnête en décrivant mon expérience, je dois admettre que tout au long de ma vie, j'ai ressenti continuellement de la souffrance..."

Et Maharaj répondit : "Non, ce n'est pas vrai. Vous ne faites pas l'expérience de la souffrance, vous souffrez parce que vous subissez votre expérience."

Vous souffrez parce que vous n'acceptez pas votre expérience.

Quand vous ne souffrez qu'à moitié, vous pouvez l'endurer. 

Mais si vous souffrez totalement votre souffrance, elle vous laisse tomber.

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vendredi 21 novembre 2025

Apaisement de la souffrance

 L'apaisement de la souffrance avec le moine-enseignant Zen Jean Nyojo Rat


Dans la vie quotidienne, le zen Sōtō insiste sur le geste juste, fait avec tout son être, sans attente ni calcul: balayer, cuisiner, jardiner, marcher… car chaque action est une occasion de pratiquer la présence. Chaque geste est déjà l’éveil.

Le zen n’est pas une doctrine compliquée, ni une philosophie abstraite. C’est une voie d’expérience directe qui nous invite à voir la réalité telle qu’elle est, sans fard, sans illusion. 

Son fondement repose sur les Quatre Nobles Vérités, enseignement simple et profond qui éclaire le chemin de la liberté intérieure.

1. La vie est souffrance. Souffrance ne veut pas dire seulement douleur, mais aussi insatisfaction, instabilité, impermanence. 

Tout change, tout passe : nos joies, nos relations, notre santé, nos projets. Reconnaître cela, c’est ouvrir les yeux sur la condition humaine.

2. La cause de la souffrance est l’attachement. Nous voulons retenir ce qui disparaît, repousser ce qui dérange, contrôler ce qui échappe. 

De cette tension naissent frustration et mal-être. L’attachement, nourri par le désir et l’ignorance, nous empêche de goûter la vie telle qu’elle est.

3. La fin de la souffrance est possible. Lorsque nous cessons de nous accrocher, lorsque nous accueillons l’impermanence au lieu de la combattre, nous découvrons une paix profonde. 

Ce relâchement, ce lâcher-prise, ouvre l’expérience du nirvana : une liberté intérieure déjà présente au cœur de l’instant.

4. Le chemin vers la libération est la pratique. 

Le Noble Octuple Sentier n’est pas une théorie, mais une manière de vivre : agir avec justesse, parler avec bienveillance, cultiver l’attention et la clarté, développer la sagesse et la compassion. 

Dans le zen, cela se pratique par zazen, la méditation assise, et par une vigilance simple dans chacun de nos gestes quotidiens.

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vendredi 12 septembre 2025

A la fin...

"La douleur, c'est comme un boomerang. Si on essaie de l'envoyer loin de soi, elle nous revient en pleine tête. On peut faire comme si elle n'existait pas, essayer de la faire taire, mais elle reste là, tapie, latente, à attendre la moindre faille pour se diffuser dans nos veines.

(...) Un boomerang dans la tête, ça fait mal."

"Ce n'est pas parce que ça ne se termine pas comme vous le voulez que ça ne se termine pas bien."

Extrait de "Le parfum du bonheur est plus fort sous la pluie" de Virginie Grimaldi

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"Parfois, j'ai cette drôle d'impression que la vie est un jeu vidéo. On commence la partie avec plusieurs jauges pleines. La jauge de sérénité, la jauge de force, la jauge d'énergie, la jauge de joie. Sur notre chemin, on va croiser quelques ennemis, faire face à des attaques, parfois se tromper de chemin, sauter sur des bombes, chuter dans des trous, buter contre des obstacles. A chaque fois, nos jauges vont être entamées, mais des bonus "Bonheur" vont nous aider à les recharger. Le bonus "Mariage", le bonus "Naissance d'un enfant", le bonus "Soirée en famille". Ces bonus sont précieux, ce sont eux qui déterminent la qualité de la partie, parfois même sa durée. A la fin de chaque tableau, on doit affronter un gros monstre. Parmi les plus terrifiants, il y a le monstre "Deuil", le monstre "Maladie", le monstre "Chômage", le monstre "Rupture". Ceux-là, ils sont coriaces. Il faut du temps pour en venir à bout. Même si on y parvient, ils emportent toujours avec eux une bonne partie de chaque jauge. Un jour, les bonus ne sont plus assez costauds pour restaurer la joie, l'énergie et la force."

"- J'ai été élue Miss Mamie, vous savez !

Certains disent que la vieillesse est un naufrage, moi je pense que c'est une chance. Un honneur. Tout le monde n'y a pas accès. Et puis, je pense que ce n'est pas pour rien qu'elle est si difficile.

- C'est-à-dire?

- Si la vieillesse était douce à vivre, personne ne voudrait que ça s'arrête. Le fait qu'elle soit si rude rend l'existence moins attachante. La vieillesse a été inventée pour se détacher de la vie."

Extraits de "Tu comprendras quand tu seras plus grande" de Virginie Grimaldi

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vendredi 25 juillet 2025

Princes et dragons.

 « Nous n’avons aucune raison de nous méfier du monde, car il ne nous est pas contraire. S’il est des frayeurs, ce sont les nôtres ; s’il est des abîmes, ce sont nos abîmes ; s’il est des dangers, nous devons nous efforcer de les aimer. Si nous construisons notre vie sur ce principe qu’il nous faut aller toujours au plus difficile, alors tout ce qui nous paraît encore aujourd’hui étranger nous deviendra familier et fidèle.

Comment oublier ces mythes antiques que l’on trouve au début de l’histoire de tous les peuples ; les mythes de ces dragons qui, à la minute suprême, se changent en princesses ? Tous les dragons de notre vie sont peut-être des princesses qui attendent de nous voir beaux et courageux. Toutes les choses terrifiantes ne sont peut-être que des choses sans secours, qui attendent que nous les secourions.

Aussi, cher Monsieur Kappus, ne devez-vous pas vous effrayer quand une tristesse se lève devant vous, si grande que jamais vous n'en aviez vu de pareille ; si une inquiète agitation, comme la lumière et l'ombre des nuages, parcourt vos mains et tout ce que vous faites. Il vous faut penser alors que quelque chose se passe en vous, que la vie ne vous a pas oublié, qu'elle vous tient dans sa main ; elle ne vous laissera pas tomber.

Pourquoi voudriez-vous exclure de votre vie quelque anxiété, quelque douleur, quelque mélancolie que ce soit, puisque vous ignorez quel est le travail que ces états accomplissent en vous ? Puisque vous savez bien que vous êtes au milieu de transitions, et que vous ne souhaitiez rien tant que de vous transformer .»

Rainer Maria Rilke, Lettres à un jeune poète

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mardi 17 juin 2025

Souffrance, que nous veux-tu ?

Certainement à cause de l’âge, je suis entouré de personnes ayant des problèmes de santé. Et je ne suis pas exclu. Mais que de manières différentes de vivre avec ces dysfonctionnements ! Que de façons variées d’aborder la douleur !

Il y a ceux qui ont mal par peur d’avoir mal. L’idée de la souffrance leur est insupportable. Souvent ils n’ont pas eu précédemment de gros soucis avec leur corps si bien qu’ils craignent que ce soit terrible. C’est la douleur avant la douleur. Elle rend difficilement gérable l’arrivée effective des soins.

Il y a ceux qui interprètent au pire les premiers signes. Ils imaginent un affreux cancer là où il n’y a que broutilles.

Et ceux qui pour une blessure plus sérieuse ressentent des douleurs insurmontables. Ils ont du mal à se contrôler et hurlent sans retenue. Au pire ils accusent le personnel médical de les persécuter.

Il y a les taiseux qui accusent le coup mais se rongent de l’intérieur.

Il y a ceux qui acceptent ce qui leur arrive. Alors la part psychique se réduit considérablement. Les souffrances sont constituées d’une part objective : la douleur provoquée par le dysfonctionnement corporel, et la part psychique – la plus importante – nous rajoutons. Celle-ci est liée à notre histoire et détermine notre comportement. Ceux qui acceptent ce qui leur arrive diminuent considérablement le processus psychique.

Un cran au-dessus, certains considèrent que ce qui arrive est une épreuve pour grandir intérieurement, c’est-à-dire progresser en conscience, en amour. Alors la douleur physique, objective, devient supportable. Ils ne visent pas la guérison du corps mais le gain pour leur âme. Ainsi ils supportent avec le sourire les soins médicaux et chirurgicaux sans se plaindre.

Cela m’évoque les martyrs religieux qui n’appréhendent pas les tortures, voire les réclament. Ils me rappellent que la mort est la condition, le passage pour la vie éternelle dans l’amour divin, infini. Notre corps est un magnifique outil qui nous est prêté un temps pour nous accomplir en servant la vie.

L’ange des Dialogues avec l’ange1 de Gitta Mallasz, le dit nettement :

Le cadavre reste toujours mort.

Le vivant reste toujours vivant,

Mais ils sont reliés entre naissance et mort.

Ce que vous appelez Vie,

C’est la tâche active.

Active – la mort la sert,

passive – la mort est son maître.

Christian Rœsch


 1. Dialogues avec l’ange, entretien 43 (jour de Pâques), éd. Aubier-Flammarion

samedi 19 avril 2025

Cette douleur qui ne part pas

 


Tu crois que tu pleures une rupture. Tu crois que c’est la perte de l’autre qui t’écrase. Mais la vérité, c’est que chaque départ réveille quelque chose de bien plus ancien. Tu vis une fin… mais ton cœur, lui, revit un abandon. Un que tu n’as jamais su digérer. Celui de l’enfance. Celui où tu n’as pas été choisi. Pas écouté. Pas assez regardé. Et tu ne t’en rends même pas compte. Tu souffres aujourd’hui comme si c’était disproportionné… mais c’est simplement accumulé.

Chaque fois que tu t’attaches à quelqu’un, c’est comme si une partie de toi espérait secrètement que cette fois-ci, on va rester. Qu’on va t’aimer sans condition. Qu’on va réparer ce que d’autres ont cassé. Tu ne cherches pas seulement un partenaire. Tu cherches un refuge. Une preuve que tu vaux la peine. Et c’est ça le piège. Parce que tant que tu ne guéris pas cette blessure originelle, tu vas continuer à confondre l’amour avec le besoin d’être sauvé.

Et quand ça casse, ce n’est pas juste une histoire qui se termine. C’est un schéma qui se répète. Encore. Et encore. Tu te demandes pourquoi tu tombes toujours sur les mêmes types de personnes. Pourquoi tu souffres toujours autant. Pourquoi ça fait aussi mal. C’est parce que ce n’est pas elle ou lui que tu perds… c’est l’espoir que, cette fois, ça allait enfin réparer ce vide que tu traînes depuis l’enfance. Un vide que tu n’as jamais appris à remplir toi-même.

Tu vois, l’enfant en toi a été blessé un jour. Il s’est senti rejeté, invisible, pas assez bon. Et comme personne ne l’a rassuré à ce moment-là, il a grandi avec cette peur viscérale : celle de ne jamais être aimé pour de vrai. Depuis, à chaque relation, il tend les bras. Il dit : « S’il te plaît, choisis-moi. Reste. » Et quand ça s’écroule, il s’effondre avec. Ce n’est pas l’adulte en toi qui pleure. C’est cet enfant qu’on a laissé derrière.

Tu n’as pas besoin d’un amour parfait. Tu as besoin de te retrouver. De revenir vers toi. De reconnaître cette part de toi qui a été blessée, et de lui dire : « Tu n’es plus seul. Je suis là maintenant. » Parce que personne ne viendra guérir ça à ta place. Personne n’a ce pouvoir. Même l’amour le plus sincère ne suffira pas, si tu ne te donnes pas, toi aussi, cette présence que tu attends des autres depuis toujours.

Tu peux continuer à courir après des gens pour combler ce vide. Tu peux aussi décider de t’arrêter. De respirer. Et de regarder en face ce qui a vraiment besoin d’attention. Ton cœur. Ton histoire. Ton passé. Tu ne peux pas changer ce que tu as vécu. Mais tu peux arrêter d’en faire un automatisme. Tu peux transformer ce schéma en le regardant droit dans les yeux. Tu peux aimer autrement. Commencer par toi.

Parce qu’un jour, tu vas aimer sans avoir peur qu’on parte. Tu ne supplieras plus pour qu’on t’aime. Tu ne seras plus à genoux pour être choisi. Tu seras debout, solide, en paix. Tu sauras que tu es entier, même si l’autre s’en va. Et ce jour-là, l’enfant blessé en toi ne criera plus. Il sera fier. Fier de toi. Fier de la personne que tu es devenue. Fier que tu sois enfin rentré chez toi.

Francis Machabée 

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mercredi 5 février 2025

Bonheur conscient ?

 Q : Comment vivre heureux ?

Jiddu Krishnamurti :
Savez-vous quand vous vivez heureux ? Vous savez quand vous souffrez, quand vous avez des douleurs physiques. Quand quelqu’un vous frappe ou est en colère contre vous, vous connaissez la souffrance. Mais savez-vous quand vous êtes heureux ? Êtes-vous conscient de votre corps lorsque vous êtes en bonne santé ?
Sans aucun doute, le bonheur est un état dont vous n’avez pas conscience. Dès l’instant où vous réalisez que vous êtes heureux, vous cessez de l’être.
Mais la plupart d’entre vous souffrez ; et ayant conscience de cette souffrance, vous voulez y échapper et aller vers ce que vous appelez le bonheur. Vous voulez être consciemment heureux ; et dès que vous êtes consciemment heureux, le bonheur est parti. Pouvez-vous jamais dire que vous êtes joyeux ? Ce n'est que plus tard, un instant ou une semaine plus tard, que vous dites : "Comme j'étais heureux, comme j'étais joyeux". En ce moment même, vous êtes inconscient du bonheur, et c'est la beauté de la chose.
Life Ahead, Part 1, Chapter 3
Le bonheur est étrange ; il vient quand vous ne le cherchez pas. Quand on ne fait pas d'effort pour être heureux, alors, de façon inattendue, mystérieusement, le bonheur est là, né de la pureté, de la beauté d'être.
~ Jiddu Krishnamurti

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jeudi 19 octobre 2023

Totalité pacifique


"Les gens ont le fantasme qu'une fois l'Illumination survenue, il n'y a plus de douleur. Il est imaginé que tout devient bien, beau, doux et léger tout le temps. Ce n'est pas vrai. La vie est, de par sa nature même, parfaitement belle et parfaitement douloureuse. Quelqu'un de plus poète que moi a dit qu'elle est comme lécher du miel sur une branche d'épines. 
Aussi longtemps qu'il y a de la vie dans l'organisme humain que nous appelons le sage, il y aura l'expérience de la beauté et de l'horreur, de la joie et de la peine.

Ce que nous appelons le bienfait de l'Illumination est qu'il n'y a pas de souffrance accompagnant la douleur. Il n'y a pas la plus petite impression que les choses, aussi douloureuses soient-elles, devraient être différentes, ou que ce qui est arrivé n'aurait pas dû se produire. Il y a la compréhension implicite que tout ce qui arrive fait partie d'un fonctionnement gigantesque, fait partie d'une immense tapisserie de Totalité. Quoi qu'il se soit produit est entendu comme étant inévitable. Il n'aurait pu en être autrement. Dans cette Acceptation, il y a la paix même au sein de la peine ou de la douleur la plus profonde."

Wayne Liquorman 🤍

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lundi 15 mai 2023

Conscience de la non substance...

 Contemplons simplement la douleur. Même si sa présence est lancinante, demandons-nous quelle est sa couleur, sa forme ou toute autre caractéristique immuable. On s'aperçoit que ses contours s'estompent à mesure qu'on tente de la cerner. En fin de compte, on reconnaît qu'il y a, derrière la douleur, une présence consciente, celle-là même qui se trouve à la source de toute sensation et de toute pensée. Détendons notre esprit et essayons de laisser la douleur reposer dans la pleine conscience, libre de toute construction mentale. Cette attitude nous permettra de ne plus en être la victime passive, mais, peu à peu, de faire face et de remédier à la dévastation qu'elle provoque dans notre esprit.



L’esprit est en effet capable d’examiner ce qui se passe en lui. Il suffit pour cela qu’il observe ses émotions comme nous le ferions pour un évènement extérieur se produisant sous nos yeux. Or, la part de notre esprit qui est consciente de la colère est simplement consciente : elle n’est pas en colère. Autrement dit, la pleine conscience n’est pas affectée par l’émotion qu’elle observe. Comprendre cela permet de prendre de la distance, de ce rendre comte que cette émotion n’a aucune substance, et de lui laisser l’espace suffisant pour qu’elle se dissolve par elle-même.

extraits de "L'Art de la Méditation" par Matthieu Ricard

vendredi 17 mars 2023

Douleur physique

 " NON IDENTIFICATION A LA DOULEUR PHYSIQUE ... FAUT VOIR" ... 

(extrait de mon carnet) - 4 novembre 2022

Quand un(e) élève me parle maladie chronique, douleurs continuelles, etc, je rabats mon caquet et prends garde à bien préciser que je ne suis pas à leur place et, mis à part une rage de dents violente et un peu prolongée (48 h) - ajout de mars 2023 : et une brusque lésion du ménisque survenue en décembre dernier et qui m'a handicapé quelque temps -  je n’ai pas jusqu’à ce jour l’expérience du corps souffrant de manière aigüe et sans perspective d’un arrêt de la douleur. 

Dire quoi que ce soit en  situation de transmission qui ne participe pas peu ou prou de ma propre expérience me met mal à l’aise, c’est pourquoi je suis réticent à  m’étendre sur le sujet de la douleur physique. D’autant que j’ai recueilli pas mal de témoignages de proches de tel ou tel grand témoin de la vie spirituelle selon lesquels, à la fin, dans l’inconfort physique de l’agonie ou de la maladie grave, cela n’aurait pas été si évident que cela pour les témoins en question, lesquels avaient pourtant parlé et écrit de manière affirmative et convaincante à propos de la « non identification ». 

Ce propos n’est pas, dans mon esprit, une mise en doute de la possibilité et de la nécessité de la non identification. Juste une considération comme quoi la non identification au corps physique lorsque celui ci se trouve en vive détresse n’est peut être pas si accessible, même à des êtres humains d’une profonde maturité. « Faut voir », comme dirait Gainsbourg … 

Et surtout, c’est une bonne idée de ne pas trop facilement se supposer « non identifié », surtout tant qu’on est bien portant. C’est si vite fait,  même pour les plus aguerris, de « pécher » par excès de présomption, ne serait ce qu’à force d’être vu et reconnu, y compris à juste titre,  pour une personne avancée, un « instructeur » …  

«Je ne suis pas aussi loin que je croyais », aurait dit sur son lit de mort un enseignant que j’ai relativement bien connu et pour lequel j’avais et ai toujours grande estime. Alors, oui, il y a la photo du Maharshi par Cartier Bresson, un Ramana rayonnant dans un corps physique de cancéreux en phase terminale … Oui, il y a le récit de Madame de Salzmann selon lequel Gurdjieff, quelques secondes avant de quitter son corps, lui aurait dit : « Maintenant regarde moi bien, je m’en vais »  … Le même Gurdjieff dont le médecin qui l’a assisté jusqu’au bout a écrit qu’il avait vu beaucoup d’hommes mourir mais que celui ci était mort « comme un roi ». Oui, il y a des témoignages crédibles de ce genre. Et il y en a aussi beaucoup, moins diffusés, souvent répandus « sous le manteau », selon lesquels, pour tel ou tel, ce ne fut pas juste une formalité, un passage totalement fluide… 

En ce qui me concerne, comme je le dis souvent j’aimerais beaucoup atteindre la grande vieillesse, certes pour disposer de temps -après avoir passé toute une vie à devenir un être responsable, autant durer un peu, une fois qu’on l’est à peu près … Pour que les autres en bénéficient, et pour soi même aussi, parce que c’est juste fabuleux de vivre en ayant sinon « compris »  du moins un peu entrevu ce qu’il en est - même si la compréhension en question n’a pas grand chose à voir avec des « réponses » .

Pour tout simplement faire l’expérience de ce point de l’existence où on n’a raisonnablement plus d’avenir (hormis le moment présent comme me l’a si joliment écrit il y a quelques jours Jacques Castermane, 88 ans) ; pour expérimenter si possible les yeux grands ouverts le déclin du corps physique, la force vitale qui s’en va … Et la conscience à laquelle il n'arrive rien. 

Beau programme, et qui vivra verra (et mourra, c’est à dire aura, peut être, l’opportunité d’entrer vivant dans cette phase de la vie communément appelée « mort ». 

Beau programme, oui. En attendant, ne faisons pas trop le malin, hein ...

Gilles Farcet


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vendredi 3 juin 2022

 Mal-aimé, souffrant, porteur de mémoires parfois traumatiques, de somatisations, on peut rencontrer le corps par le chemin de la parole, et c'est la pensée qui permet de l'analyser.

Selon Charlotte Védeilhé, quand la médecine ne trouve pas d’origine physique, radiographique à la douleur, aux dysfonctionnements, aux drôles de sensations, un mot apparaît : psycho-somatique. Ce n’est pas un gros mot, il souligne l’intrication du corps et de la psychée. Pourtant il est souvent le raccourci vers un « c’est dans la tête ». Peut-être en effet que cela vient d’une émotion (d’ailleurs, les émotions sont-elles inscrites uniquement dans la tête ?) mais c’est aussi dans le corps, quelque part.

La personne à qui on parle de gêne d’origine psycho-somatique se retrouve souvent chez le psy. C’est important, mais pourquoi ne pas explorer l’autre chemin, celui du somato-psychique.

Pourquoi ne pas aussi partir du corps puisque c’est lui qui s’exprime ?


Dans la psychologie il manque un lien plus direct au corps, la voie de la médecine chinoise est une excellente approche complémentaire . La médecine chinoise est vieille de plusieurs millénaires, fondée sur l’observation du vivant. Elle parle de ce qui circule en nous, de ce qui est entravé. Elle propose un support de compréhension du monde basé sur les cycles naturels, tout est connecté, inter-relié. A l’image du yin-yang souvent traduit par le manichéisme occidental blanc/noir, bon/mauvais. Or il s’agit de l’aube qui pointe dans le noir de la nuit, et du crépuscule qui s’invite dans la lumière de la journée. C’est une vision dynamique d’un monde en mouvement, à la fois théorique en proposant une vision thérapeutique de l’homme, et pratique avec ses outils (réflexologie, pharmacopée, massage, travail des méridiens et points d’acupuncture, exercices physiques tels que le Qi Gong…).

Il y a 5 éléments : Eau-Bois-Feu-Terre-Métal qui correspondent chacun à des organes, des émotions, des couleurs (comme on le voit en FengShui par exemple), des saveurs…

Si on prend un  exemple, le printemps c’est une saison, c’est aussi une période de la vie, c’est aussi une énergie particulière-celle de l’expansion, du déploiement, du mouvement comme on l’observe dans la nature à cette saison.

En médecine chinoise, le printemps est associé à l’énergie du foie qui nous parle de souplesse (physique et psychique), de libre mouvement. C’est être en phase avec ses envies, occuper sa place avec confiance, savoir s’adapter.  Quelqu’un qui se sent mal dans sa peau, dans sa vie peut ressentir une anxiété qui peut s’exprimer par des maux de ventre, de tête, une oppression thoracique, une irritabilité… En psychothérapie, en travaillant du côté émotionnel on pourra bien sûr peu à peu avancer et travailler sur ces inconforts physiques. Mais l’idée est aussi de pouvoir partir du corps pour redonner un peu d’air, permettre de soulager quelque chose du corps pour rendre à l’esprit ses ressources et sa capacité à transformer les choses pour avancer plus sereinement.

On peut aussi avoir par exemple pour des raisons innées et/ou acquises une faiblesse de l’énergie de la rate qui aura pour conséquence une tendance à la cogitation et une difficulté à passer à l’action. L’origine c’est le corps, l’émotion devient la conséquence… qui renforce à son tour la problématique corporelle.

Parler de soi  est difficile quand on est peu à l’aise avec ses émotions, quand on est  « pas élevé comme ça » et prendre soin de son corps peut être un premier pas pour pouvoir s’écouter et se raconter. Il y a aussi de plus en plus de gens qui ont fait un travail sur eux-mêmes et avec ce paradoxe de se connaître par cœur, de se voir fonctionner, sans que quelque chose ne se décale réellement pour eux. Là encore, cette approche par l’énergie du corps peut laisser place à un chemin et des pistes différentes.

Accompagner les gens à parvenir à davantage de conscience de leurs ressources, de leurs vulnérabilités, c'est leur permettre de reprendre le fil de leur vie en toute autonomie.

Charlotte Védeilhé

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lundi 2 mai 2022

L'essence des mains qui transforment

 

Il n'y a pas demain, il y a Main tenant ! 

Se laisser toucher comme on approche l'instant.

On est souvent à deux doigts du bonheur.

Paumé, juste alors ressentir au creux du cœur

Une palpitation qui s'incarne. Gasho !



"Grand-Maman, que faire avec la souffrance ?

- Utilise tes mains mon enfant ! Si tu utilises ton mental, la souffrance s’accentue.

- Mes mains ?

- Oui, oui ! Nos mains sont les antennes de notre âme.

Quand tu les utilises en cousant, en cuisinant, en peignant, en touchant le sol ou en les plongeant dans la terre, tes mains envoient des signaux d’amour au plus profond de toi et ton âme se calme. Et elle n’a plus besoin de la souffrance pour que tu prennes soin d’elle.

- Les mains sont-elles vraiment si importantes ?

- Oui, pense aux bébés, ils découvrent le monde en le touchant. Quand tu regardes les mains des personnes âgées, elles t’en racontent davantage sur leurs vies que n’importe quelle autre partie de leur corps.

Il est dit que tout ce qui est "fait main" est fait par le cœur, parce que c’est vrai, les mains et le cœur sont connectés. Les masseuses le savent. Quand elles touchent le corps de quelqu’un avec leurs mains, elles créent avec cette personne une connexion profonde. Pense aux amoureux, quand ils se prennent la main, ils subliment leur amour.

- Grand-Maman, depuis combien de temps n’ai-je pas utilisé mes mains de cette façon ?

- Utilise-les, mon enfant ! Crée de tes mains ! Et tout à l’intérieur de toi se transformera ! La douleur ne disparaîtra pas, mais elle se métamorphosera en la plus merveilleuse des œuvres d’art. Elle ne te fera plus souffrir. Parce que tu auras réussi à embellir ton essence."

Elena Barnabé

illustration : Emilia Dziubak

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dimanche 20 mars 2022

Remède à la douleur


DANS LA DYNAMIQUE DE LA SOUFFRANCE IL N’Y A PAS D’ANECDOTE
 

Et si le sentiment « être heureux » constituait aujourd’hui le comble du politiquement incorrect ?

Comment ? Être heureux sur une planète à ce point souffrante ? Oui.

De tous les remèdes aux maux du pauvre monde, être, soi, heureux, constitue le médicament le plus opérant.

Être heureux n’implique pas d’être aveugle, sourd, blindé.

Être heureux ne procède pas d’un retranchement en quelque forteresse de bonheur imbécile.

L’être heureux dont je parle incorpore le déchirement, le mal à la souffrance alentour et même une conscience centuplée de tout ce qui a mal.

L’être heureux dont je parle s’accomplit dans l’élan qui porte à soulager, autant que faire se peut, la souffrance omniprésente, soulagement qui démarre par le soin de ne pas causer davantage de souffrance. À moins qu’elle ne s’avère utile.

Pour cet être heureux-là, qui est une manière d’être au monde, il n’y a pas de petite et de grande souffrance, encore moins de moyenne. Il y a la souffrance.

Dans la dynamique de la souffrance, il n’y a pas d’anecdote. Tout est signifiant, chaque douleur pèse son poids intégral.

Gilles Farcet

Extrait du livre à paraitre le 21 mars

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lundi 4 octobre 2021

Inconscient

 


" L'inconscient est toujours le cheveu sur la soupe, le défaut craintivement caché de la perfection, le démenti pénible de toutes les prétentions idéalistes, le reliquat terrestre qui adhère à notre nature humaine et trouble douloureusement la clarté du cristal à laquelle nous aspirons.
Pour son accomplissement, la vie n'a pas besoin de perfection mais de plénitude. Celle-ci inclut l' ""écharde dans la chair ", l'expérience douloureuse de l'imperfection sans laquelle il n'y a ni progression , ni ascension. "
C.G.JUNG , Psychologie et Alchimie .


vendredi 21 mai 2021

Mots pour rire

 



" Si quelqu’un vous fait passer un moment
difficile et que votre ego commence à avoir mal,
au lieu de réagir, observez simplement ce qu’il
se passe. Voyez comment le son est simplement
sorti de la bouche de l’autre personne, entrant
par votre oreille et provoquant une douleur dans
votre coeur. Si vous y réfléchissez de la bonne
façon, cela vous fera rire ; vous verrez comment
il est ridicule d’être contrarié par quelque
chose d’aussi insignifiant. "
-Lama Yéshé.

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dimanche 14 février 2021

La joie à l’épreuve de la vie

En 2013, après avoir rencontré Ilios Kotsou lors d'un stage l'année précédente, je m'étais engagé à aller voir une des journées Emergences qu'il programme chaque année avec Matthieu Ricard et Christophe André. Cette journée m'a beaucoup touchée grâce à ces intervenants. Je vous partage la vidéo du témoignage de Patrice Gourrier. 
Avec humour, il fait disparaitre la souffrance derrière l'amour de l'autre.


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samedi 9 novembre 2019

Pour une mort sans peur...


Comprenez que dans une direction, il n’y a aucun espoir et que, dans l’autre, tous les espoirs sont possibles. Mais il faut jouer le jeu. Il faut avoir cette audace, qui est folie aux yeux des hommes et sagesse aux yeux de Dieu, d’accepter la souffrance complètement, de faire l’amour avec la souffrance. 

La voici : de tout mon être, je l’accueille, je la ressens, parce qu’il y a un secret à découvrir et parce que le secret de la souffrance, je ne le découvrirai que dans la souffrance…. Et vous ne découvrirez jamais le secret de Tout, le Secret suprême, avec la moitié de l’énoncé du problème, c'est-à-dire : le bonheur, en refusant, en niant l’aspect douloureux de votre existence.

Arnaud Desjardins