mercredi 19 novembre 2014

Plaidoyer pour les animaux avec Matthieu Ricard (1)


"Ces tueries de masse et leur corollaire - la surconsommation de viande dans les pays riches - sont une folie globale : elles entretiennent la faim dans le monde, accroissent les déséquilibres écologiques et sont nocives pour la santé humaine."






mardi 18 novembre 2014

Né à chaque instant...


Mon regard est net comme un tournesol,
J’ai l’habitude d’aller par les chemins,
Jetant les yeux à droite et à gauche,
Mais en arrière aussi de temps en temps…
Et ce que je vois à chaque instant
Est ce que jamais auparavant je n’avais vu,
De quoi j’ai conscience parfaitement.
Je sais éprouver l’ébahissement
De l’enfant qui, dès sa naissance,
S’aviserait qu’il est né vraiment…
Je me sens né à chaque instant
À l’éternelle nouveauté du Monde…


Je crois au monde comme à une pâquerette,
Parce que je le vois. Mais je ne pense pas à lui
Parce que penser c’est ne pas comprendre…
Le Monde ne s’est pas fait pour que nous pensions à lui
(penser c’est avoir mal aux yeux)
Mais pour que nous le regardions avec un sentiment d’accord…
Moi je n’ai pas de philosophie : j’ai des sens…
Si je parle de la Nature, ce n’est pas que je sache ce qu’elle est,
Mais parce que je l’aime, et je l’aime pour cette raison
Que celui qui aime ne sait jamais ce qu’il aime,
Ni ne sait pourquoi il aime, ni ce que c’est qu’aimer…

Aimer, c’est l’innocence éternelle,
Et l’unique innocence est de ne pas penser.


Fernando Pessoa


lundi 17 novembre 2014

Présence de Douglas Harding à Ardenne


Douglas Harding et l'histoire de sa vie :
Les faits sont favorables...

"Etre un avec le monde comme j'avais essayé en vain de l'être pendant tant d'années, consiste simplement à n'être rien. Aimer, c'est disparaître en faveur d'une autre personne. 
C'était vraiment une bombe puissante et dangereuse. 
Plus rien ne reste, ici, pour refuser le monde."
Alain Bayod 
(après une rencontre avec Douglas Harding)




dimanche 16 novembre 2014

Ivresse de l'altitude avec Philippe Mac Leod


Sur les chemins d’humus et de rêveries, qui s’insinuent entre la mousse et la pierre, la lueur pâle du petit jour qui peine à percer la verte forêt, des hêtres en nombre se sont assemblés pour dérouler l’espace que je déplace, épais mais sans obstacles, couvert mais non point séparé, croisé d’ombre et de lumière, tendu de jeunes feuilles qui filtrent le rayon maintenant trop vif.

Je reviens souvent en ces lieux oubliés, ne négligeant aucune sente, ajoutant aux arbres une branche nouvelle chaque fois plus fine, dans les miroitements d’octobre ou l’éclat perlé d’avril, m’enfonçant, me faufilant, avant de franchir le dernier saut du ruisseau et de poser un pied familier sur le haut plateau, la clarté nue, la grappe d’or d’un soleil souverain, le fruit qui m’aura mûri avant de pouvoir le cueillir.

Je marche maintenant à la pliure d’un livre ouvert, sur la jointure d’un fil cousu dans la roche, entre deux grandes pages dressées de part et d’autre comme une mer qui livre passage sous mes pas. Le vallon suspendu s’élève en pente douce, tandis que je saute de ligne en ligne, qu’étagent les lacets de l’étroit sentier.

Je cherche l’autre versant des mots, l’esprit sous la lettre, au-delà du col que je ne perçois pas encore. J’avance comme sur une échelle, en me guidant aux buissons qui flambent, contournant la tache des reliefs ou écartant les larges plis d’ombre. Mon nom est inscrit là, dans la roche, parmi d’autres qui m’ont précédé et ceux dont la naissance dort toujours sous les pierres. Il a des résonances étranges, des voyelles vastes et ventées. J’apprends seulement à le connaître – ou lui-même aujourd’hui consent à me rejoindre.

Le silence qui se murmure au creux des paupières closes, chaque lettre le forme, les jambages comme les courbes, chaque syllabe le recompose, chaque nom l’entonne, clarines d’azur, cliquetis des sources, tintement de l’air contre la roche. Du livre, j’ai levé la tête. Une autre langue sourd des pentes nues, et roule d’une voix légère, parole pleine, parole à boire, où je disparais derrière la brèche, alors qu’au loin, de la vallée perdue, une cloche sonne longtemps, comme un reflet de métal au soleil.

Oh ! tout ce grand air que nous sommes ! L’air qu’on respire, qui est en nous, avec le vert, le brillant de la nuit, la clameur pleine d’un jour rond. Tout cet air qui se boit, qui se pleure, c’est la terre qu’on enlève d’un regard, l’espace jeune où la forme scintille, où je disparais pour un jour plus haut, un jour d’air qui remplit d’une plénitude sans bord ni lendemain.

Et ce grand silence plus bas, plus loin que la chair, qui remonte les courants comme l’aile immobile du rapace et traverse le cœur en défaisant chaque pli, d’où vient-il, de quels infinis qui semblent se rejoindre à la couture du ciel et de la terre, où dehors et dedans n’ont plus cours ? À travers le grand prisme de l’air, je vois maintenant des formes qui n’enferment plus rien, un monde nouveau qui n’apporte que sa fraîcheur pour me refaire un visage, une chair, un jour neuf et brillant comme un sou bien froid dans la main qui ne voudrait plus jamais se refermer.

Souffle moiré, froissement de lumière, atmosphère comme une élévation, une éclosion, une émanation, un bouquet, un essor d’ailes transparentes, un envol, une radieuse et claire expansion : l’air que je respire comme celui qui m’aspire m’enveloppent et me défont, souffle je passe, souffle je demeure.

source : La Vie 2014


samedi 15 novembre 2014

Prière pour Thich Nhat Hanh

C'est avec une profonde respiration de pleine conscience que nous annonçons au monde la nouvelle que dans la journée du 11 novembre 2014 Thay, le Vénérable Maître Zen Thich Nhat Hanh, a été touché d'une importante hémorragie du cerveau.
Thay reçoit en permanence les soins intensifs de grands docteurs spécialistes, d'infirmiers et de ses disciples monastiques.
À présent, Thay est toujours très réactif et montre qu'il est pleinement conscient de la présence de ceux qui l'entourent. Il peut bouger ses pieds, ses mains et ses yeux. Nous avons des signes que sa pleine récupération peut être possible.
Ces deux derniers mois, la santé de Thay s'était déjà fragilisée en raison de son grand âge. Il avait été hospitalisé à Bordeaux le 1er novembre. Il retrouvait des forces jour après jour jusqu'à ce revirement soudain et inattendu dans sa condition de santé.
Tous les monastères de la tradition du Village des Pruniers organisent des sessions de pratique pour générer et envoyer a Thay l'énergie de Pleine Conscience, cette énergie aimante et réparatrice. Nous aimerions demander à toute les communautés de pratiquants de méditation du monde entier de participer et de nous soutenir dans ce moment critique....


voir le site


Calligraphie par Roger Druet


"Une calligraphie devrait engendrer le silence, car elle n’a pas pour but de l’expliquer."




vendredi 14 novembre 2014

Vérité avec Amma



Il existe une Vérité éternelle qui demeure immuable malgré l'écoulement du temps.
Réaliser cette Vérité est le but de l'existence humaine... 
La vie ne peut être comblée qu'à travers cette réalisation.

Vous comprendrez le secret de la béatitude si vous méditez sur la nature du Soi. 
Tout est là contenu en vous seul. 
La joie que nous obtenons au contact des choses du monde n'est qu'une fraction infinitésimale de la béatitude que nous trouverons à l'intérieur.

L'esprit crée la différence et le conflit, il coupe comme une paire de ciseaux, tandis que le cœur unifie, et recoud ensemble les morceaux eparpillés.

Sri Mata Amritanandamayi Devi
Ardenne, France, juillet 1995


mercredi 12 novembre 2014

Le vin et la santé...


Les raisins fermentés provoquent-ils des pépins de santé ?
En oino aletheia ou in vino veritas...




mardi 11 novembre 2014

Voyage intérieur...pour la paix


Devant le succès de ce court métrage (15') les droits de ce film ont été rachetés par les Editions Jade afin de lui donner une diffusion internationale.
Ce film ne comporte aucun dialogue, chaque séquence est sonorisée uniquement par des chants liturgiques orthodoxes en slavon et interprétés par Divna.Ora et labora in horto a été tourné au skite sainte Foy en Cévennes. On voit le frère Jean au jardin et aux offices avec le frère Joseph. Il montre simultanément des gestes liturgiques et des gestes quotidiens au jardin.




lundi 10 novembre 2014

Des larmes uniques...


Cliquer sur l'image pour lire le texte associé.

Le liquide produit et sécrété lors du larmoiement est essentiellement aqueux, contenant - entre autres - du chlorure de sodium (qui donne aux larmes leur goût salé) ainsi que d'autres ions, des lipides, des enzymes et, accessoirement, certains médicaments. Sa composition cependant varie et les larmes versées lors d'une émotion sont plus riches en protéines que celles versées pour une simple irritation locale.




forum de Terre du Ciel 2014


Pierre Rabhi était au forum de Terre du Ciel
"Accroche ta vie à une étoile !"




dimanche 9 novembre 2014

Le dernier cadeau de l’automne par Joshin Luce Bachoux

C’est vrai, il faut faire quelques efforts pour aimer la fin d’automne, quand les oranges et les rouilles se sont éteints, et que les matins gris s’allongent sans fin ; mais vous en verrez toute la beauté avec quelques accessoires, et un peu de bonne volonté : il vous faut des arbres dépouillés et un amoncellement de feuilles sèches et craquantes à leur pied ; un ciel blanc sans limite se déployant au-delà de l’horizon ; des montagnes qui s’effacent dans le lointain. Il faut de la mousse sur de gros rochers, des fleurs de bruyère et des chevreuils bondissant en lisière de forêt, silhouettes gracieuses vite disparues…

Il faut aussi accepter d’avoir un peu froid aux doigts, mais s’enorgueillir d’une bonne écharpe et d’une paire de bottes en caoutchouc qui fera floc floc sur les chemins boueux. Sans oublier un pas rêveur, un grand sac pour les châtaignes, et peut-être un bâton qui servira quand le chemin prend la tangente au milieu des pierres et des pommes de pin.
Il faut respirer pour se sentir nettoyé jusqu’à l’âme par cette fraîcheur aux reflets bleus qui dessine chaque aiguille de pin, chaque caillou du chemin, chaque minuscule goutte de rosée encore accrochée à l’ombre des fougères. Il faut ce petit vent vif et joyeux qui pénètre les ­vêtements et fait le ménage dans le cœur, ôtant toutes les couches de paresse et d’indifférence entassées dans l’indolence de l’été.

Ajoutez-y la tache vive des derniers potirons dans le potager, une pile de bois bien rangée près de la porte de la cuisine, et la promesse d’un gâteau avec les petites pommes rabougries ramassées hier sous le pommier. Les derniers jours d’automne sentent la ­cannelle et le feu de bois, avec une nuance de vanille.

Si vous avez de la chance, vous aurez aussi tout au fond de la vallée un petit ruisseau qui court, murmure et s’enroule, tout transparent, autour des pierres polies. Lorsque de longues herbes vertes essaient de le retenir, il s’arrête un instant, devient mystérieux et sombre, avant de repartir, ragaillardi par les pluies d’automne, là-bas, là-bas, plus loin, là où l’entraîne son chant, là où l’appelle la vie…

Il faut enfin rester immobile, à l’abri d’un chêne, jusqu’à se confondre avec lui et se laisser porter par l’air et la lumière, jusqu’à sentir pousser ses racines et partager le réconfort et la générosité de la terre ; alors peut-être apercevrez-vous le museau pointu et la queue rousse et touffue de Goupil, ou bien le cou tout blanc et les oreilles rondes d’une minuscule belette…

Pour aimer pleinement ces dernières journées d’automne, vous devrez vous laisser absorber par leur lumière : si au printemps elle est douce et pâle comme le duvet sous la gorge de l’oisillon, aujourd’hui le monde est empli d’une lumière blanche et dure qui nous prépare pour le gel, pour le dur, le coupant et l’hiver. Elle refroidit la terre et endort les pierres, s’insinue à travers les sapins, éblouit les ravines : les couleurs de l’automne sont devenues lumière.

Et, si vous n’avez sous la main ni forêts ni renard ni belette, pas le moindre sapin ni la moindre clairière aux rochers gris ; si aucun ruisseau ne se faufile près de chez vous, et s’il y a longtemps que vous n’avez plus ramassé de pommes, consolez-vous ! Car, souhaité ou non, l’automne vous fera un dernier cadeau, aujourd’hui ou demain : 


Vent d’automne colore les feuilles

Est-ce lui qui a posé sur ma tête
Le premier cheveu blanc

Natsume Soseki