jeudi 1 janvier 2015

Se décongeler...




Ce n'est pas parce qu'on est malade ... qu'il faut en faire toute une maladie.

Ce n'est pas parce qu'on fait la gueule ... qu'il faut continuer à faire la gueule.

Ce n'est pas parce qu'il y a des problèmes ... qu'il n'y a pas de solutions.

Ce n'est pas parce que le passé n'est plus ce qu il était ... que le présent n'est pas ce qu'il est.

Ce n'est pas parce que les circonstances ne sont pas extraordinaires ... qu'il n'est pas possible d'améliorer l'ordinaire.

Ce n'est pas parce qu'on ramène tout à soi... que les autres n'ont pas besoin qu'on ramène tout à eux.

Ce n'est pas parce qu'on n'arrête pas le progrès ... qu'il ne faut pas s'arrêter de faire des conneries.

Ce n'est pas parce que les jeunes d'aujourd'hui ne sont plus comme avant ... que les jeunes d'avant étaient mieux que ceux d'aujourd'hui.

Ce n'est pas parce que c'est comme ça ... que cela ne peut pas être autrement.

Ce n'est pas parce qu'ailleurs c'est mieux qu'ici ... qu'on ne peut pas vivre ici mieux qu'ailleurs.

Ce n’est, pas parce que plus tard ... que déjà maintenant.

Ce n'est pas parce qu'on est con-gelé qu'on ne peut pas retrouver un peu de chaleur humaine.


Bernard Leblanc-Halmos
"Qu’as-tu fait cet hiver pour préparer le printemps?"



mercredi 31 décembre 2014

Retire-toi dans le secret... pour accueillir la nouvelle année...


Introduire un peu de solitude dans notre vie est une discipline des plus nécessaires mais aussi des plus difficiles. Même si nous pouvons éprouver un profond désir de vraie solitude, nous ressentons toujours une certaine appréhension en approchant du lieu et de l'heure solitaire. Dès que nous sommes seuls, sans personne à qui parler, sans livres à lire, sans télé à regarder, sans appels téléphoniques à faire, un chaos intérieur s'ouvre devant nous. Ce chaos peut nous troubler et nous désorienter au point que notre affairement nous manque cruellement. Il ne suffit donc pas d'entrer dans sa chambre et de fermer la porte pour chasser de son esprit les doutes, les angoisses, les craintes, les mauvais souvenirs, les conflits non résolus, les mouvements de colère et les désirs impulsifs. Au contraire, une fois éliminées les distractions extérieures, nous découvrons souvent que les distractions intérieures attaquent en force...


Mais si nous avons assez de discipline pour tenir bon et ne pas nous laisser intimider par ces voix ténébreuses, elles vont perdre peu à peu de leur force et s'estomper pour céder la place aux voix plus douces, plus mélodieuses, de la lumière.


La solitude, c'est d'abord réserver un temps et un lieu à Dieu, et à Dieu seul. Il nous faut commencer par planifier soigneusement notre temps de solitude. Il est possible que nous ne puissions en supporter plus de cinq ou dix minutes par jour. Peut-être sommes-nous prêts à faire une heure chaque jour, un après-midi par semaine, ou une semaine par année. La durée variera avec le tempérament, l'âge, le travail, le style de vie et la maturité de chacun. Mais nous ne prenons pas la vie spirituelle au sérieux si nous ne réservons pas un peu de temps pour être en compagnie de Dieu et à son écoute.

Une fois pris l'engagement de passer du temps dans la solitude, nous devenons plus attentifs à la voix de Dieu en nous.
À mesure que nous nous vidons de nos nombreux soucis, nous en venons à découvrir non seulement avec notre esprit mais aussi avec notre coeur que nous n'avons jamais été vraiment seuls, que l'Esprit de Dieu avait toujours été là, avec nous...



Henri J. M. Nouwen


"Quand tu pries, retire-toi au fond de ta maison, ferme la porte et prie ton Père qui est présent dans le secret." (Mt 6,6)



mardi 30 décembre 2014

Peintures avec Malel


Jardin ou promenade bleue


"En peignant ce jardin imaginaire, je pensais que nos vies n’étaient pas comme un jardin à la française, avec des allées rectilignes, des perspectives prévisibles… 
La fantaisie et les nouveautés ont du bon en elles. 
Là où il y a de l’amour, n’y a-t-il pas de l’imprévu ? 
Les surprises des gens que nous aimons nous touchent toujours beaucoup."



Louange du soir 



 Banale cette journée ? 
Non. Il y eut un geste pour réchauffer quelqu’un, un message envoyé pour dire de l’amitié, un livre qui m’a appris une chose nouvelle, un coup de téléphone improvisé, une bouteille jetée à la mer, une carte postale qui rejoindra quelqu’un qui ne s’y attend pas… Il y a de quoi remercier avec des couleurs.

(source : La Vie)





lundi 29 décembre 2014

En chemin avec le peintre Malel

Chemin


"Au bout de nos chemins, il y a une lumière bien présente. Si nous ne la voyons pas ou ne voulons pas y croire, il y a toujours quelqu’un pour nous la faire voir. 
Nous sommes créés pour montrer cette promesse à ceux qui la verraient un peu moins bien par moments. Nous pouvons même leur dire : au bout de ton chemin, il y a même plus qu’une lumière prometteuse, il y a quelqu’un…"



Malel, le « peintre de la lumière ». Malel réalise des portraits, des paysages, des vitraux et des tapisseries, pour les particuliers et pour les Églises. Un artiste qui n'hésite pas à dire que c'est la commande qui porte l'art à son paroxysme, et qui ne différencie pas son art en profane ou en religieux. Dans toutes ses oeuvres, il cherche à montrer la présence du divin.


Les étapes de sa vie

1958  Naissance à Paris.
1987 Première exposition de peintures et pastels à Monaco.
1994 Illustre le recueil de poésie Terre sainte de Pierre Gibert.
1999 Crée la toile la Rencontre, pour l'Église de la Trinité à Paris.
2000 Réalise une tapisserie en hommage aux moines de Tibhirine.
2007 Mariage avec Véronique, avec laquelle il a quatre filles.
2009  Réalise dix vitraux en l’église de Vasouy sur le thème « joie dans la création et joie du Christ ».
2014 Exposition Passeurs de joie, en duo avec les parcours Alpha, au couvent des dominicains à Paris.



samedi 27 décembre 2014

Noël avec Christian Bobin (2)

Je vous conseille cette écoute, rien que pour entendre le rire de Christian, bambin...



Deuxième partie (21 min.)









vendredi 26 décembre 2014

Noël avec Christian Bobin (1)


L'esprit de Noël. Pour Christian Bobin, seuls les enfants savent en parler. Car le meilleur du temps de Noël est presque invisible, faible, et suppose une passion infinie de l'attente.


Christian Bobin nous aide à retrouver 
« le royaume où l'adulte et l'enfant vont d'un même pas, d'un même sourire »



"L'enfant, c'est quelqu'un qui attend l'ouverture des portes du Paradis..."

Première partie (20 min.)







jeudi 25 décembre 2014

Cadeau de Noël (2) avec Christiane Singer


Nous sommes avec Jacques Chancel à l'écoute de Christiane Singer


Deuxième partie (29 min.)





Décembre 1981 : Christiane SINGER commente les thèmes des livres plus récents, en particulier : "La mort viennoise", prix des Libraires 1979, "La guerre des Filles". Elle considère que l'écriture est un artisanat. L'importance de sa vie à la campagne ; sa passion pour les luttes de son époque. Entretien avec Jacques Chancel...



Histoire de NOEL...


À l’âge où les enfants commencent l’école primaire, il a arpenté ses rues, tenté de survivre dans sa gare tentaculaire, dormi sur son bitume et mangé dans ses poubelles. On croit le connaître, l’enfant des rues de Bombay, tant son histoire a mille fois été racontée. Mais rencontrer Amin, c’est voir la ville à hauteur du gamin qu’il était alors. Plus ambivalent qu’on ne l’imagine. « J’avais peur, une peur panique, se souvient le trentenaire. Mais en même temps j’avais ma liberté. » Il peut faire la course avec les trains, se glisser dans les salles obscures, partir dans un autre coin de l’Inde, revenir. « Mais bien sûr, ce n’était pas la vraie liberté. Cette vie, je ne l’avais pas choisie… »



Né en 1980 d’un mariage arrangé, où les époux se voient pour la première fois le jour des noces, Amin est trimballé au gré des expulsions de taudis en bidonvilles dans une banlieue de la mégapole indienne. Le couple, qui n’a jamais pris son envol, bat déjà de l’aile. Le père, alcoolique, disparaît à jamais, bientôt remplacé par un homme qui a le coup de ceinture facile. Le petit Amin a 5 ans, il doit ramener de l’argent à la maison et travaille dans une échoppe de thé. Les clients le tyrannisent, lui flanquent des claques sur son passage, son patron lui tire les oreilles. Un jour, son plateau lui échappe. Les tasses se brisent. Panique. Que faire ? « Où que j’aille, je serai battu. C’est là que l’idée m’est venue : “Va-t’en, Amin, va-t’en vite !” Et je suis parti en courant sans regarder derrière moi. » La rue, illusion de liberté, Amin et sa petite sœur qui l’a rejoint vont l’apprendre à leurs dépens. Vol, passage à tabac, viol par les enfants plus âgés… « Durant ces trois ans, j’ai tout vécu et je suis déjà mort », souffle le jeune Indien. Alors il se blinde. Un homme surnommé Mama lui apprend à se nourrir dans les poubelles. « Je ne connais même pas son vrai nom ! Dans la rue, on n’a pas d’identité. » Amin apprend aussi à mendier et ne s’endort jamais sans une pierre à la main.

C’est d’ailleurs à coups de cailloux qu’il reçoit sœur Séraphine, une religieuse de Saint-Joseph qui tente de sortir les enfants de la rue, un de ces « anges » dont la vie du jeune homme est semée. Celle-ci patiente et finit par le convaincre de venir à Snehasadan, un orphelinat dont elle s’occupe avec le père Placido. Après quelques fugues, Amin s’y enracine. Le lieu devient sa vraie maison. « Pour Noël, nous organisions un family day, une fête avec des pièces de théâtre, des jeux, nous recevions des bonbons et cuisinions des gâteaux », se souvient-il. Au foyer se croisent des enfants de toutes religions : « Je suis né musulman, mais j’ai grandi comme catholique, avec des enfants hindous, s’amuse Amin. Cela m’a appris que ce que je cherchais, ce n’était pas un dieu, mais le bonheur. » Quand en 1992 éclatent à Bombay des émeutes sanglantes entre hindous et musulmans, Amin décide qu’il n’aura pas de religion.

Sur la route de la rédemption, il retrouve sa mère et rencontre Eustace Fernandes, un homme d’affaires qui l’embauche comme chauffeur et lui permet de prendre son envol. « Il a d’abord été un patron, puis un ami, enfin un véritable père. » Il y a chez Amin une grande conscience que sans les autres, il n’est rien. « Si j’existe, c’est grâce à vous », répète-t-il, vous qui m’avez trouvé dans la rue, qui m’avez nourri, m’avez relevé. Aujourd’hui, Amin est chauffeur pour les touristes et leur fait visiter son Bombay. Il habite tout près de l’orphelinat de Snehasadan, qu’il visite quotidiennement. Surtout, il aimerait monter un café-bibliothèque solidaire où les petits mendiants de Bombay pourraient se reposer et manger quelque chose. L’ancien enfant recroquevillé dans un recoin de la gare de Bombay en est persuadé, il est possible de changer le monde par capillarité : « Le bien est comme un aimant. Si l’on répond au mal par le mal, rien ne bouge, mais si tu me jettes une pierre et que je te renvoie de l’amour, cela crée une faille qui change tout, qui change le monde. »


Texte Laurence Desjoyaux

mercredi 24 décembre 2014

Cadeau de Noël (1) avec Christiane Singer

Nous sommes avec Jacques Chancel à l'écoute de Christiane Singer


Première partie (25 min.)





Décembre 1981 : Christiane SINGER commente les thèmes des livres plus récents, en particulier : "La mort viennoise", prix des Libraires 1979, "La guerre des Filles". Elle considère que l'écriture est un artisanat. L'importance de sa vie à la campagne ; sa passion pour les luttes de son époque. Entretien avec Jacques Chancel...


Un rêve de Cathédrale avec Philippe Mac Leod




Il n’est sans doute qu’une seule discipline à cultiver : la transparence. Transparence de la chair, transparence du visible, comme si chaque chose, chaque être portait en lui son propre horizon. L’infini n’a pas besoin de grands espaces pour se manifester. L’invisible est ce qu’on n’a pas besoin de voir, puisqu’il est d’abord nous-mêmes.

Il n’est qu’une seule force ici-bas : le silence de la prière, comme un reflux du monde, jusqu’au plus profond de moi-même, pour mieux le redéployer. L’esprit ne sera jamais que le sentiment de la vie parvenu à un tel degré de pureté que nous devenons lumière pour ceux qui nous approchent. La vie un moment rendue au silence, les yeux se rouvrant pour laisser passer le nom de Dieu, qui ne se prononce pas, mais se murmure d’une lueur.

Tout est intérieur, au visible, je ne dois que la réalité d’une foi se risquant dans des gestes, cette voix qui porte des mots toujours anciens et toujours nouveaux par la vie que je leur transmets, la porte entrouverte de mon visage, les chuchotements qui s’en échappent parfois, mais ce que je suis, je ne le dois qu’à la vie cachée en Dieu.

La solitude la mieux pourvue ne porterait aucun fruit si elle ne pouvait absorber le visage étranger, si elle ne savait se laisser dissoudre à son tour par l’image imparfaite d’une unité toujours à venir, souffrante mais en travail, avec ces bonheurs parfois d’entendre à côté de soi un cœur battre dans la même clarté intérieure, comme l’or tapissant le fond des peintures anciennes, loin derrière les figures muettes, ciel de lumière qui nous porte un instant, pour un chant, ou pour un regard aux mystérieuses perspectives.

Il nous faudrait achever le rêve des bâtisseurs de cathédrales : ajourer les murs en sorte que l’édifice tout entier ne soit plus qu’un grand vitrail, composé de la multitude de nos visages, laissant transparaître une lumière inoubliable. On me reprochera un manque de réalisme, quand plus loin on se bat, quand des hommes crient de faim, quand si près d’ici l’injustice œuvre à visage découvert. Je creuse des chemins à mains nues, dans une chair qui est aussi la leur, en sabrant dans l’épaisseur coriace, jusqu’à la lumière encore lointaine. Il ne s’agit pas d’une fuite vers des havres de paix, loin du tumulte ou de la fureur, mais d’un combat plus âpre et plus silencieux, sans bannières ni banderoles, en chacun de nous la lente naissance d’une humanité nouvelle qui ne peut croître qu’en regardant toujours plus haut.

La pierre est dure, la veine revêche. Qui, aujourd’hui, veut être encore le Christ, une ride à son front, une plaie de son côté ? Lui consacrer l’offrande d’une vie, jusqu’en ses moindres replis, ses plus petits instants, pour qu’elle devienne à son tour sacrement, signe visible de sa présence invisible. Je ne saurais témoigner que de son œuvre en moi, afin que tous croient, sinon par mes paroles, au moins par ce qu’il aura fait de moi : prolonger ses chemins, toujours mieux le comprendre pour mieux le transmettre, donner des mots nouveaux à ce qu’il a toujours été mais que nous savons si mal partager.

Je ne prendrai pas la tête d’un cortège. Je voudrais simplement te dire, là où tu es, d’habiter la solitude qu’il creuse en toi, et de gravir l’échelle qu’il donne à chacun, jusqu’à ce que nous nous retrouvions en haut, tous ensemble, quand nous découvrirons que notre labeur n’était pas si vain et que nos heures les plus silencieuses nous disaient déjà l’universel.


Philippe Mac Leod est écrivain et a publié plusieurs livres et recueils de poésie. 
Son dernier ouvrage, les Signes de Lourdes. Un chemin d’universalité, est paru aux éditions Bayard.
(source : La Vie 10-2014)


En hommage à Jacques Chancel


En 1977 (il y a 30 ans), Jacques Chancel interrogeait Arnaud Desjardins pour l'émission "Radioscopie". 












mardi 23 décembre 2014

L'être le plus fragile qui soit! avec Jean Vanier




« L’enfant est l’être le plus fragile qui soit. Il n’y a rien de plus fragile que l’enfant. De tous les petits des vivants, il est parmi les plus fragiles et cette fragilité dure très longtemps.

Il faut très longtemps au petit d’homme pour atteindre la maturité. Il lui faut du temps pour marcher ; il lui faut du temps pour acquérir des connaissances ; il lui faut du temps pour atteindre la maturité physique ; il lui faut encore plus longtemps pour atteindre sa véritable maturité intellectuelle, psychologique, pour qu'il devienne capable d'affronter notre monde, capable de supporter tensions et difficultés, capable d'aimer son ennemi. Sur le plan psychologique, la maturité vient quand on est capable de supporter les tensions, les agressivités.

Acquérir la maturité au niveau du cœur, c'est être capable d'aimer son ennemi et devenir un homme ou une femme de paix.»

Jean Vanier