mardi 16 avril 2013

dimanche 14 avril 2013

Communication avec Thomas d'Ansembourg

Communiquer, c’est exprimer et recevoir pour établir une relation. A commencer par la relation que nous entretenons avec nous-même. L’un des freins est que nous sommes – par éducation, habitude – coupés de nos sentiments et besoins réels, et que nous n’avons jamais acquis le vocabulaire pour les décrire avec précision. Il en résulte une frustration, une violence intériorisée qui se paie un jour : timidité, dépression, doutes, indécision, difficulté à s’engager, perte du goût de vivre.

Un autre frein est que nous nous épuisons à vouloir trop bien faire, par conformité, par manque de conscience de ce que nous vivons vraiment. Et cette contrainte rejaillit dans tous les domaines : affectif, psychologique, moral, hiérarchique, institutionnel, etc. Une violence plus dangereuse que les coups, parce qu’elle n’est pas nommée.

Pour le philosophe indien Krisnamurti, distinguer l’observation d’un fait de son interprétation est l’un des stades les plus élevés de l’intelligence humaine. Or, nous sommes moins en relation avec la réalité du fait qu’avec nos interprétations de cette réalité. Par besoin de sécurité, de nous situer, notre observation, nos sentiments, nos besoins sont parasités par les jugements...

Thomas d'Ansembourg 
(source : Psychologies magazine)

vendredi 12 avril 2013

Paroles d'Alexandre Jollien


La violence dans les médias : « C’est une banalisation du mal qui fait croire que le sensationnel est une prise de pouvoir sur l’autre, alors que le sensationnel relève d’un héroïsme quotidien — un petit sourire réitéré à la veille dame voisine de palier, un petit coup de main. Il faut réhabiliter l’acte gratuit. »

L’instrumentalisation des animaux : « Quand l’individu devient roi, il juge tout à l’aune de ses propres intérêts et décide de la vie d’un autre être sensible. »

Sur l’environnement : « Le “je”, en se coupant de ce qui l’environne finit par le mépriser après l’avoir instrumentalisé. Prendre en compte les êtres qui vont naître c’est sortir du “moi seulement” et dilater mes intérêts pour qu’ils épousent l’ensemble des êtres sensibles. C’est à proprement parler une naissance. »

Eloge de la fraternité : « La notion de fraternité nous sort d’une logique hiérarchique qui écrase l’autre. Le frère et la sœur sortent de la comparaison. Ils sont aimés pour ce qu’ils sont. Etre frère ou sœur c’est ne plus consommer l’humain mais cohabiter, vivre ensemble, œuvrer au bonheur ensembles. »

Oser l’altruisme : « L’altruisme relève d’une audace précisément parce qu’elle fait s’effondrer les anciens repères qui nous installent dans le “moi d’abord”. Il s’agit de réapprendre à être véritablement libre loin des aliénations qui nous rendent prisonniers de ce que nous croyons être. »

source : Blog de Matthieu Ricard

jeudi 11 avril 2013

Du rien naît l'émerveillement... avec Frère Jean


"Le Silence, un arrêt conscient dans le temps qui se laisse traverser par l'Eternité
et plonge dans la Claire-Lumière.

Dans le coeur du Vide tressaille le Rien, espace virginal transparent qui s'ouvre au Mystère,
à l'Immense au Tout Autre...

Quel est donc ce secret qui perce l'aurore ? Rester émerveillé !"

- Frère Jean. -

Des recettes de nettoyants naturels


mardi 9 avril 2013

La vie en question ?

Etant en vie, j'ai la joie de vous partager cette petite vidéo :
A quoi ça sert de vivre ?



lundi 8 avril 2013

Le temps montre l'ouverture de l'instant...

Pas de temps à perdre, tout à gagner !


Suivre sa voix... à Assise avec le Frère Alessandro

Nourri à la musique de Bach et de Michael Jackson pendant l’enfance, il étudie vers l’âge de 9 ans l’orgue et le piano, dont il prolonge l’apprentissage dans une école spécialisée. À 18 ans, une professeur lui enjoint de participer à ses cours de chants. « Elle voulait juste remplir sa classe », soupire-t-il. Désarmé par ses piètres performances, il songe à jeter l’éponge. D’autant que depuis deux ans déjà, le jeune homme envisage sérieusement de devenir moine. 

Son guide spirituel pose alors comme condition à l’entrée d’Alessandro dans l’ordre des franciscains l’obtention de son diplôme au conservatoire. « J’avais peur parce que mes professeurs de chant ne voulaient pas me présenter à l’examen, s’émeut-il, j’ai donc travaillé d’arrache-pied. Pendant deux semaines, j’ai fait des exercices de chant et de respiration. Soudain, ma voix s’est développée », raconte-t-il. 


Il réussit l’épreuve et fait son entrée au monastère en 1999. À Assise, où il vit parmi 80 frères, ses journées, qui débutent dès six heures moins le quart, sont faites de prière et de labeur. Il reçoit les pèlerins, raconte aux visiteurs l’histoire du Porziuncola, la chapelle d’où saint François a propagé son mouvement, et effectue des travaux de menuiserie. « Je me sens très proche de François, qui aimait toutes les créatures de la terre, raconte-t-il. Nous avons beaucoup d’expériences en commun. Comme lui, j’aime le travail manuel et le chant. »


Une fois intégré dans la communauté, il imagine arrêter. "Non, l'encourage son accompagnateur spirituel, c'est un talent reçu de Dieu." Il donne des concerts, des récitals... Puis, sans raison, reçoit l'ordre d'arrêter. Il ne s'agit que d'un test de son accompagnateur spirituel qui, voyant qu'il est en paix, l'autorise à reprendre le chant.


Sa voix le porte, mais c'est alors la foi qui plonge. Alessandro se met à douter de sa vocation. Il forme le souhait de vivre en ermite, sans porter l'habit monastique, pour discerner si Dieu l'appelle vraiment à être franciscain.


Il passera trois ans auprès des siens, dans son village, à "réfléchir, prier, pleurer, chanter et travailler le bois". Trois ans qui le rééquilibrent : "J'ai fini par comprendre que je devais revenir et que je pouvais continuer de chanter", souffle-t-il. À son retour au prieuré, il est plus mûr. Sa voix aussi.


En 2009, peu après ses vœux perpétuels, à l'issue d'un office, un homme vient le voir : "Quand vous avez commencé à chanter, j'ai senti quelque chose d'incroyable en moi." Alessandro y voit un signe de Dieu. "En chantant, j'ai l'impression d'ouvrir une porte vers l'éternité, en moi et, je l'espère, chez les autres."

Par le bouche-à-oreille, il est repéré par Decca, une maison de disques du groupe Universal. En mai 2012, un contrat est signé. Decca n'en est pas à son premier "coup de filet" dans le domaine du chant religieux, après un CD avec des moines cisterciens, en 2008, et un autre avec des bénédictines françaises, en 2010.


Après avoir sacrifié la musique maintes fois dans sa vie, Frère Alessandro a dépassé le conflit entre sa vocation de chanteur et sa foi. « Pour Jésus, l’important n’est pas d’être différent mais d’être soi-même, juge-t-il. Quand je chante, j’ai le sentiment d’être connecté au paradis. » Du fait de son vœu de pauvreté, tous les profits de la vente de l’album seront affectés aux œuvres de charité de l’Ordo Fratrum Minorum, premier ordre des franciscains...


Source : mélange des revues La Croix et Le Pélerin






dimanche 7 avril 2013

Pourquoi la fidélité par Arnaud Desjardins


Toutes les religions, y compris l'Islam, ont vu un sens du sacré dans la relation homme femme, dans le couple et dans le mariage. La question du couple prend toute sa dimension si on l'insère dans une perspective plus vaste. Est-ce qu'on considère que l'existence humaine d'un homme ou d'une femme a un sens précis qui est une transformation intérieure ? 

Les uns diront qu'il s'agit de se rapprocher de Dieu, pour d'autres ce sera trouver le plus profond de notre vraie nature. Cela donne forcément une approche différente de toutes les activités et bien entendu du couple. Il s'agit alors d'une voie, d'un yoga !
Un yoga du couple, de la relation amoureuse complète, intègre les difficultés, car il y en a toujours, ne serait-ce que le dynamisme de l'inconscient qui projette de vieilles peurs ou des espérances déçues sur l'autre - tout cela est très connu aujourd'hui. Mais il est évident que fondamentalement ce sens sacré du mariage s'est effondré dans la société actuelle. D'où le nombre de séparations, de divorces que l'on constate de nos jours.

Si l'on admet qu'il existe une pratique spirituelle permettant de purifier ses émotions et de se transformer, la vie de moine est précieuse mais la vie de couple est elle aussi précieuse à cet égard. Et celui qui a renoncé au monde - swami dans un ashram ou moine dans un monastère, bouddhiste ou chrétien - et qui se consacre à la méditation, à des exercices d'ascèse toute la journée, n'est pas supérieur dans ce domaine. 

Nous-mêmes pouvons faire de notre existence dans le siècle une voie à part entière. C'est un grand chemin de connaissance de soi, si on cherche à se comprendre vraiment, un grand chemin aussi d'ouverture en tentant de comprendre l'autre. 
Evidemment, il y a deux approches possibles, l'une prônant la fidélité et l'autre une très grande liberté. Certains peuvent se dire : « Pourquoi, en tant qu'homme, devrais-je me contenter d'une seule femme, alors qu'il existe tant de femmes avec des natures, des tempéraments, des qualités diverses » - avec en prime beaucoup d'aventures qui représentent une variété, une diversité. 

C'est une question qu'on peut se poser. Pourquoi ne manger qu'un seul plat, toujours le même ? Or dans le couple consacré, il y a en principe un engagement de fidélité.
J'avais donc posé cette question à celui qui a été mon maître spirituel en Inde, Sri Swâmi Prajnânpad, et il m'avait répondu :
« Si vous avez des relations avec beaucoup de femmes, vous connaîtrez les femmes, mais vous ne connaîtrez pas la femme. Et si vous voulez savoir vraiment ce que c'est qu'une femme, il faut approfondir, approfondir, approfondir la relation avec une seule femme.
Et cela m'avait paru évident. J'avais compris ce qu'il voulait dire...

Propos de Arnaud Desjardins recueillis en janvier 2011 par Jean-Claude Duret
Source : revue Reflets n°7

Le DVD est en vente sur le site  www.editas.fr


D’après Swami Prajnanpad, les critères pour réussir son couple comme voie spirituelle :
« Le sentiment de ne plus être seul(e) », d’être deux compagnons qui partagent leurs existences, leurs différences, leurs goûts communs, leur amitié, leur complicité.
« L’aisance, le bien-être » : pas de drames, pas de tragédie, certains couples : dès qu’on est ensemble, tout se dénoue, tout s’arrange, tout se passe bien. Et il y a comme une malédiction sur d’autres couples : tout est grinçant, ça ne marche jamais, dès qu’ils tentent quelque chose, ça rate; ils ne se comprennent pas, c’est le malentendu tout le temps.
« Deux natures qui ne soient pas trop différentes » : complémentaires oui, mais pas trop différentes.
« Une confiance, une foi complète en l’autre ». Elle ne peut pas me faire de mal, il ne peut pas me faire de mal. Comme un petit enfant qui a une confiance absolue en sa mère. Je ne dis pas que vous devez avoir une attitude infantile vis-à-vis de votre époux ou de votre épouse; mais vous pouvez retrouver un coeur d’enfant confiant. Et après tout, le Christ a bien dit : « Si vous ne redevenez pareils à de petits enfants, vous n’entrerez pas au Royaume des Cieux ». Puissiez-vous ressentir une complète confiance qui n’éprouve aucune nécessité de se méfier, d’avoir peur ou de se protéger.
Enfin, « une intense impulsion à vouloir rendre l’autre heureux »: trouver son bonheur dans le bonheur de l’autre. Si cette impulsion est réciproque, si chacun trouve son bonheur dans le bonheur de l’autre, les deux sont évidemment comblés.
Extrait du livre d’Arnaud Desjardins – Pour une vie réussie, un amour réussi - La table ronde