lundi 31 décembre 2012

De Noël à l'épiphanie... par Michel Serres

Le mot manifestation est emprunté à la langue latine dans la chrétienté. Le premier à l'employer est Saint Augustin dans La Cité de Dieu. Le sens en est révélation, apparition, en parlant du Christ.
Plus tard le mot prend le sens d'expression publique d'un sentiment ou d'une opinion.
Au XIXe siècle, il est employé dans le sens moderne de rassemblement ayant pour but de rendre publiques des revendications. Puis, manifestation est employé pour désigner un spectacle, une exposition, une célébration.

Michel Serres nous emmène vers l'Epiphanie, 
du secret à la lumière,
 en passant par la porte de la manifestation : (2 min.)

(source : extrait du sens de l'info, sur France Info)

dimanche 30 décembre 2012

Serviteur inutile par Olga Lossky


Chaque jour, en remontant la rue, je le croise. Toujours debout à la même place, entre un platane et un parcmètre. Le même survêtement délavé, le même pull aux mailles fatiguées, quelle que soit la couleur du ciel. On pourrait croire qu’il guette l’autobus ou qu’il surveille le ballet des voitures. Mais il reste muré dans son silence, le regard lointain, indifférent à l’agitation environnante. Il semble qu’il n’attende plus rien de cette vie, lui qui n’a visiblement ni table où s’accouder, ni toit sous lequel s’étendre. Il a atteint le dépouillement de toute chose, qui est peut-être un état de grande sagesse, peut-être simple hébétude. Il ne cherche même plus à s’activer, à faire mine d’avoir un emploi du temps pour donner le change. Sur cette limite extrême où il marche tel un funambule, on sent le néant proche ; il contemple la vacuité vertigineuse d’une vie réduite aux sensations de l’instant, mais il est possible qu’il ait aussi trouvé là une plénitude de sens. 


Dans nos agendas saturés d’activités que nous impose une existence faite de loyer à payer, de réseau social et d’ambitions professionnelles, aucun créneau disponible pour une telle rencontre avec le vide. Et pourtant, quand surgit sur la route l’imprévu d’une maladie, d’un deuil, d’un événement non programmé – heureux ou tragique – tout peut soudain voler en éclat. Malgré le cadre rassurant de nos habitudes, c’est alors comme si plus aucune perspective ne s’ouvrait face à nous. Nous parcourons d’un œil creux la liste des obligations qui composent notre vie, sans y trouver du sens. Nous pourrions aussi bien être cet homme debout au milieu de la chaussée, qui passe sa journée à ne rien attendre.

C’est alors que peut se produire une rencontre avec le Tout-Autre. Dans ce qui nous semble une descente aux enfers intérieure, nous découvrons, au milieu du vide qui nous habite, une Présence. Présence à laquelle le tourbillon de nos activités nous avait rendus aveugles. Présence si humble que rien sinon la solitude forcée où nous nous trouvons permet d’en discerner les contours. Présence si grande et si éclatante qu’elle est de taille à emplir le néant qui menaçait de nous engloutir. À nous de savoir alors dire oui à cette rencontre, d’y voir du sens. Notre vie pourra ainsi reprendre forme, sans doute pas celle que nous programmions, mais qui sera faite d’un abandon confiant à la plénitude de l’instant vécu sous le regard de Dieu, sans souci de l’incertitude de l’avenir.


« Nous sommes des serviteurs inutiles ; nous avons fait ce que nous devions faire » (Luc 17, 10). Voilà quelle peut être la clef de notre attitude face à la vie : accomplir avec sérieux notre tâche, nos obligations sans nous départir de la pensée que rien n’est indispensable, rien sinon ce face-à-face silencieux au plus profond de nous-mêmes. Chef d’entreprise ou sans-abri, garçon de café ou retraité, nous sommes des serviteurs inutiles, que nous soyons fourmis industrieuses ou cigales dépassées par la cadence trépidante de la société qui nous environne. Qu’il demeure seulement en notre cœur la certitude de cette Présence aimante, transcendante, par laquelle tout devient signifiant et qui donne à chaque seconde de vie, même la plus humble et la moins productive, son véritable contour. Nous ne sommes faits ni pour l’affairement excessif, ni pour le renoncement désabusé à toute forme d’activité ; nous sommes faits pour ce dialogue d’amour incessant mené au plus caché de nous-mêmes avec Celui qui constitue la racine de notre être et qui, de serviteurs inutiles, nous transforme en amis intimes de Dieu.


Issue d’une lignée de théologiens orthodoxes, Olga Lossky, 32 ans, est écrivaine et éditrice. Elle a rédigé la biographie de la théologienne Élisabeth Behr-Sigel. Ses romans Requiem pour un clou et la Révolution des cierges (Gallimard) ont été traduits en plusieurs langues.
(source : La Vie)

samedi 29 décembre 2012

Histoire de l'encens...spirituelle et médicinale

L'encens est produit à partir de la résine d'un groupe d'arbres appartenant au genre Boswellia, notamment Boswellia sacra, de la famille des Burséracées. Seul l'arbre mâle, haut de trois mètres à maturité, produit la précieuse résine, mais il faut attendre une bonne dizaine d'années pour qu'il fournisse un produit de qualité.

Phytospiritualité, pour votre fidélité, vous encense pour le dernier week-end de l'année, 
avant que l'année 2013 ne soit baptisée :




vendredi 28 décembre 2012

L'espérance au coeur de nos prisons...


Les larmes coulent beaucoup en prison, laissant l’administration pénitentiaire démunie. Car la source des larmes, inatteignable à la vue, est cachée, nul ne peut la saisir. 

Ces larmes qui sourdent de la fêlure que l’homme est à lui-même, sont donc une échappée qui ouvre sur une profondeur, sur un mystère qu’aucun savoir ne peut saisir. 

Elles nous rappellent que l’homme est plus grand que lui-même, plus grand que ses actes, plus grand que sa vie. Voilà pourquoi, au cœur du pire, il y a encore l’espérance.

Soeur Anne Lécu
Médecin en prison, elle est confrontée chaque jour à la souffrance physique et existentielle. 

Conseils pour accueillir les larmes :

1 Mettez-vous en présence de Dieu
Chaque jour, prenez un temps gratuit, de silence, pour Dieu. Soyez simplement là, sans rien faire, sans pas trop penser, en silence, comme un ami avec son ami. Et si vous tremblez de ne pas savoir quoi lui dire, murmurez un verset de psaume, ou une parole biblique, répétez-la sans vous y agripper.

2 Apprenez la lucidité
Lisez la Bible, tout spécialement l’Ancien Testament, et découvrez-y avec quel réalisme la vie des hommes y est contée. Au travers des histoires d’amour, de violence, de pouvoir, d’idolâtrie et de bonté, lisez-y votre vie, telle qu’elle demeure, et apprenez, à travers elle, à voir la réalité en face.

3 Éveillez-vous
Cultivez le goût du beau, de tout ce qui réjouit les sens : écoutez de la belle musique, lisez de la poésie, préparez avec soin le repas afin que votre vie soit hospitalière, accueillante. 

4 Faites preuve de sobriété
Fuyez ce qui anesthésie le regard et le cœur, et fuyez spécialement l’accusation mutuelle, y compris dans les petits détails du quotidien. Usez de sobriété envers les techniques qui ont envahi nos existences, et envers ces « divertissements » qui provoquent l’absence de présence à soi-même, aux autres et à ce qu’on fait.

5 Recevez les larmes comme un don
Ne recherchez pas les larmes, mais ne les fuyez pas non plus. Si elles vous viennent, accueillez-les comme un secret. L’expression « don des larmes », dont parle la spiritualité monastique, suggère qu’elles sont un cadeau à recevoir, venu de cette source intérieure sur laquelle on ne peut mettre la main. Un cadeau qui jaillit de ce fond de l’être que certains nomment la « trace de Dieu ». Laisser déborder ses larmes a quelque chose à voir avec la transcendance. Ce n’est pas seulement un signe de déploration. Les larmes sont aussi un réveil, car seuls les vivants pleurent. Qui pleure a le cœur brûlant.

mercredi 26 décembre 2012

Naissance de Jésus par Frédéric Lenoir


Petit extrait de "Comment Jésus est devenu Dieu" de Frédéric Lenoir
sur la naissance de Jésus  (3 min.):

lundi 24 décembre 2012

"Noël devrait être le temps d’une profonde réflexion" avec Pierre Rabhi



Entre une fête chrétienne qui n’est plus forcément vécue comme telle et le grand déballage consumériste auquel on assiste tous les ans, que signifie Noël pour vous ?
Noël est la commémoration de la naissance de Jésus-Christ, et cela reste pour ceux qui sont encore dans le giron du christianisme. Je constate que cette signification originelle s’est effacée au profit d’une conception plus laïque, et même païenne. Pour ma part, je ne suis pas un homme des commémorations. Vous savez, même pour mon anniversaire, je ne sais parfois plus bien où j’en suis.
En revanche, je récuse l’outrance avec laquelle se déroule aujourd’hui ce temps festif, qui est une occasion de se rencontrer et de manifester son attention aux autres. Cet excès trahit une société où on a perdu le sens de la vraie joie, qui ne s’achète pas. La joie n’est pas de nature commerciale. La preuve, on la rencontre chez des personnes qui vivent dans la misère. A contrario, chez nous, il n’est pas rare d’entendre que tout va bien – la famille, le travail, l’entreprise – mais que nous, on ne va pas bien. Car le matériel ne donne pas la joie. C’est quelque chose de profond, d’inaltérable, et de plus en plus rare dans notre monde d’aujourd’hui.
Peut-on se reconnecter à cette joie malgré l’inclination générale pour les plaisirs matériels ? Et comment ?
Je ne pense pas qu’il faut s’y reconnecter. La joie, nous l’avons potentiellement en nous. Il faut la cultiver, la nourrir et surtout s’affranchir de tout ce qui est anti-joie. La joie est au-delà du plaisir. Elle est de nature transcendante, intemporelle. Elle est d’une nature tellement spirituelle et profonde qu’elle n’obéit pas aux lois ordinaires. Nous avons tout sur notre planète pour être heureux. Mais devant une belle oasis, au lieu de s’émerveiller et de voir une source de joie pour les sens, pour l’esprit et pour le cœur, on voit un gisement. C’est la vulgarité de l’argent. Il faut repenser le sens de nos vies.
Je vais souvent en Afrique. Dans la brousse, je rencontre des êtres joyeux, qui sont loin de notre monde de consommation, où on consomme aussi beaucoup d’anxiolytiques ! Il faut reconquérir cette joie tranquille et naturelle, qui donne le bien-être suprême. Comme vous le savez, je suis d’une culture saharienne et musulmane. Chez moi, j’ai toujours vu les gens se réjouir très vite. On demande comment ça va et on a en face de soi un sourire lumineux et quelqu’un qui rassure que tout va bien et qui rend grâce à Dieu, « hamdoulah »… Aujourd’hui, le bonheur est une notion de plus en plus compliquée. Nous sommes dans une détresse incroyable.
De quelle manière vivez-vous cette fête de fin d’année chez vous, en Ardèche ?
Tout simplement. Avec mes cinq enfants, cinq petits-enfants, mes gendres et belles-filles, et des amis, cela fait beaucoup de monde (pour moi, la famille, c’est la famille élargie !). Chez nous comme ailleurs, Noël est une sorte de parenthèse après une année de tracas et de soucis à gérer. Mais c’est très simple. On mange sainement toute l’année, alors pourquoi ferions-nous une exception à Noël ? On fait quelques extra pour marquer le coup. J’aime beaucoup les huîtres… qui sont d’ailleurs un mets très simple ! Je ne dis pas qu’il ne faut pas de fête, au contraire. Les hommes ont toujours eu besoin de fêtes, de célébrations et de cérémonies, qui sont, comme la nourriture qu’on partage dans ces occasions, des prétextes à convivialité et à jubilation collective. Ce que je n’aime pas, c’est cette orgie dépensière, alimentaire, alcoolique, de jouets…
Ici, on a souvent des Noëls très joyeux, mais frugaux. À Montchamp, nous avons vécu sans électricité pendant treize ans. Quelques bougies qui dansent, un feu de cheminée devant lequel on est là, tranquilles, méditatifs… Pour moi, c’est le bonheur absolu. Et puis nous avons la compensation de paysages magnifiques.
Vous employez le mot « compensation », pensez-vous que cette orgie dépensière à la fin de l’année est une façon de compenser nos modes de vie inaptes à procurer la joie dont vous parlez ?
Globalement, quand on regarde la société moderne avec son effervescence productiviste, il n’est pas impossible que tous ces achats compensent les déficits de toute l’année. Ce relâchement est peut-être nécessaire dans nos sociétés incarcérées, déconnectées des joies de la nature. Mais est-ce que cela compense vraiment ? Quand on est proche de la nature, on peut se réjouir plus facilement, c’est vrai.
Noël correspond aussi à la fin des jours les plus courts de l’année, au solstice d’hiver qui annonce le temps de la chaleur, le temps solaire de l’été. La nature se réveille tout doucement, on voit les animaux qui évoluent aussi, la lumière revient… Tout est réglé comme une chorégraphie ; la nature est une scène merveilleuse !
Quels sont les plus beaux cadeaux que vous ayez reçus ?
Celui qui m’a le plus enchanté, enfant, c’est une trottinette. C’était extraordinaire ! Mais je m’amusais beaucoup aussi avec de l’ordinaire. Mon premier vélo a été un fil de fer tordu : c’était le guidon et j’avais imaginé tout le reste. Un bon jouet est un jouet qui provoque l’imaginaire, comme les poupées auxquelles les petites filles s’identifient. Ceux d’aujourd’hui sont beaux, colorés, perfectionnés, ils font du bruit… il n’y a rien à y ajouter. Ce sont des jouets qui amputent l’enfant de son imaginaire. Ils sont trop concrets, trop positifs, trop complexes.
J’ai aussi des souvenirs merveilleux des histoires que me racontait ma grand-mère. Aujourd’hui, enfants et adultes sont saturés de bruit, d’images, de paroles… On est sortis de l’oralité – mais, paradoxalement, la parole a perdu de sa valeur. Elle est devenue réservée aux choses ordinaires et, dans la société, l’espace de dialogue se restreint de plus en plus aussi.
Noël est-il une occasion de penser aux autres ?
Si l’on se réfère au message de Jésus-Christ, c’est un message de compassion et d’amour. Noël est une fête d’une charité profonde, mais le « business » s’en est emparé au point que c’est devenu un pur commerce. Pendant que nous festoyons, des enfants meurent de faim. Pour eux, il n’est pas question de jouets, un bol de soupe serait un cadeau. Nos poubelles sont mieux nourries que beaucoup d’êtres humains. Il est temps de prendre conscience de notre inconscience. D’une manière générale, je pense qu’il faut abolir l’humanitaire. Cesser de donner des sacs de riz, mais tout faire pour que des hommes puissent nourrir leur famille tout en soignant la terre. Les personnes que je forme en agro-écologie sont aussi des guérisseurs de la terre. Je suis en colère parfois, les solutions existent, mais on ne les applique pas. Noël devrait être le temps d’une profonde réflexion.
Propos recueillis par Isabelle Petiot

Un nouveau né pour un nouveau regard...

Depuis Intouchables, le philosophe Alexandre Jollien rêvait de rencontrer Philippe Pozzo di Borgo, dont l’histoire a inspiré ce succès de cinéma. Qu’à cela ne tienne, une réalisatrice suisse, Raphaëlle Aellig Régnier, a réuni ces deux hommes que 22 ans et bien d’autres choses séparent. De leur rencontre est né De chair et d’âme... 
Vous parlez souvent tous deux de vos combats contre la douleur, pour supporter le regard des autres… mais aussi de fragilité. Comment ressentez-vous l’idée d’un Dieu qui s’est incarné dans le nouveau-né de la crèche ?


Alexandre Jollien : Pour moi, Noël est un événement éminemment subversif qui vient convertir toute notre vision du monde et nos valeurs de compétition, de force, d’adversité, voire de concurrence. Un sauveur né dans une crèche, fragile, à la merci du premier venu, il se donne à l’humanité pour la sauver. Le message de Noël, outre le don, c’est peut-être aussi celui-ci. La fragilité peut devenir le haut lieu de la fécondité pour autant qu’on l’accueille sans protections, sans murs, sans masques.
La crèche m’invite à accueillir ma vulnérabilité et à prendre le risque de m’ouvrir à l’autre tel que je suis. Le Dieu des chrétiens n’est pas un Superman, ni un héros mais quel­qu’un, une personne qui sauve en donnant tout, en se donnant. 





Philippe Pozzo di Borgo : L’image du Dieu enfant innocent et désarmé et qui plus tard portera le poids et les misères du monde est, à travers son sacrifice, la plus grande espérance de notre humanité. La fragilité est une force tranquille, en devenir, à la lumière de cet accomplissement.


Source : interview du magazine La Vie


dimanche 23 décembre 2012

Une invitation à entendre la bonne nouvelle...


réponse à l'adresse suivante :

Rituels de l'avent (4) : la couronne


La couronne

On raconte que cette coutume serait née dans un orphelinat, à Hambourg, au XIXe siècle. Pour donner plus de ferveur aux prières, le pasteur Johann Hinrich Wichern allumait chaque jour de décembre un cierge disposé sur une roue. Cela formait une sorte de calendrier de l’Avent lumineux. Plus tard, la roue a laissé place à une couronne de verdure et les cierges se sont réduits à quatre. La forme ronde évoque la vie éternelle et notre attente du retour du Christ. Chaque dimanche de l’Avent, on allume une nouvelle bougie qui marque un palier : plus la lumière est intense, plus nous nous rapprochons de Noël. Les quatre bougies symbolisent  les grandes étapes du salut : le pardon accordé à Adam et Ève ; la foi des patriarches qui croient au don de la Terre promise ; la joie de David qui célèbre l’alliance avec Dieu ; et l’enseignement des prophètes qui annoncent un règne de paix et de justice. 
• Ingeborg, 65 ans, Schirmeck (67).
« Pendant l’Avent, je prends le temps de me couper du stress du travail et de méditer. La couronne m’aide à me plonger dans une atmosphère de recueillement grâce aux bougies. Au moment de les allumer, j’aime faire participer mes petits-enfants. Au fur et à mesure des dimanches, la pièce s’illumine et notre cœur se prépare de plus en plus à Noël. En Alsace, c’est une tradition de fabriquer soi-même sa couronne. Mes parents d’origine allemande m’ont appris la technique et je l’ai transmise à mes enfants. Je forme le cercle avec des branches de sapin : leur odeur me ravit en plein hiver. Je varie les couleurs et la décoration, avec des rubans, des pommes de pin, ou des fleurs séchées. »


Source : La Vie

samedi 22 décembre 2012

Notre infirmité à aimer... et à donner...

"À Noël, Dieu s’est fait homme. Cette fête nous rappelle ainsi qu’être pleinement chrétien, c’est être pleinement humain. Vivre l’Incarnation, c’est aussi cela : être attentif à ces choses simples, l’amitié, le partage d’un repas, d’un regard, d’un sourire."



Vivre Noël autrement :

Réveillons de la solidarité

Trait d’union entre ceux qui veulent donner et ceux qui sont le plus en difficulté, la Fondation de France lance un appel pour permettre le soutien de 150 réveillons solidaires partout en France. Ces réveillons offrent un moment de partage chaleureux et festif plus de 17000 personnes fragilisées dans leur quotidien. Ils créent un rempart contre la solitude des mères seules avec leurs enfants, des personnes âgées, des personnes sans domicile fixe, des personnes isolées… à ces moments de fêtes spécialement chargés de sens. Initiés par de petites associations, ces réveillons font participer des personnes en difficulté à toutes les étapes du projet. En les mettant au cœur de l’organisation de repas, de spectacles, de goûters, ils leur permettent de sortir d’une logique d’assistanat et de retrouver dignité et fierté.


Ce que je peux faire ?
Faire un don à la Fondation de France. 

Tél. : 01 44 21 31 96 - www.fondationdefrance.org

Les Pères Noël verts

Depuis plus de 30 ans, les Pères Noël verts donnent un coup de main au… Père Noël. Revêtus de leur houppelande couleur d’espérance, ils tentent de lutter contre l’exclusion sociale et veillent à entretenir les liens familiaux lors des fêtes de fin d’année. En récoltant dons et jouets neufs, ils permettent d’offrir des cadeaux et des réveillons à tous les enfants. Le Secours populaire propose également des libres-services de la solidarité, où les familles en difficulté ont la possibilité d’effectuer leurs courses de Noël : mets de réveillon, décorations pour la maison, sapins, livres et jouets neufs. Les enfants sont invités au cirque ou au cinéma et participent à des spectacles et goûters de Noël.
 En 2011, près de 170 000 familles ont pu vivre un vrai Noël de fête, grâce au Secours populaire. Pour cette nouvelle édition, l'animateur Nagui sera le parrain de l'événement.
Ce que je peux faire ? Offrir des jouets neufs au
 Secours populaire français.
Tél. : 01 44 78 21 00 - www.secourspopulaire.fr 

Le repas des Petits Frères

Les Petits Frères des pauvres recherchent activement des béné­voles dans toute la France. Leur mission ? Aider à la préparation et participer à un repas collectif de Noël les 24 et 25 décembre, conduire les invités sur les lieux et les raccompagner ensuite chez eux, rendre visite ou partager un repas au domicile d’une personne qui ne peut ou ne souhaite pas sortir. En 2011, plus de 2 000 bénévoles ont donné de leur temps, et près de 17 000 personnes ont ainsi pu profiter de la chaleur de Noël.


Ce que je peux faire ?
Devenir bénévole pour l’accueil.

Tél. : 0825 833 822 - www.petitsfreres.asso.fr

Entre voisins

Environ 4 millions de Français vont être seuls pour Noël… Voisins solidaires propose un kit de communication comprenant une affiche ainsi que des invitations à distribuer dans les boîtes aux lettres. L’association avance aussi quelques idées pour fêter Noël entre habitants d’un même immeuble, d’un même quartier ou d’un même village : organiser un concours de décor de bûches de Noël ; offrir des pochettes services (un baby-sitting contre une leçon d’anglais) ; échanger des recettes de cuisine ; glisser une carte de vœux sous la porte ; décorer ensemble le hall de l’immeuble ou encore partager une galette des rois.


Ce que je peux faire ?Prendre contact avec mes voisins.

Tél. : 01 42 12 72 72 - www.voisinssolidaires.fr

source : La Vie 2012

vendredi 21 décembre 2012

Début du commencement...

Les premiers chrétiens aussi attendaient la fin d’un monde. Et pourtant, ils ne pouvaient ignorer qu’il s’agissait à la fois d’un commencement et d’une libération. C’est ce que rappelle la fête de Noël et, au-delà de cette fête, tout le cycle de l’enfance du Christ. Selon le ­christianisme, tout est neuf. Tout est Nativité.

Je pense à ces mots simples que Paul écrivait à Tite : « Dieu, notre Sauveur, a manifesté sa bonté et sa tendresse pour les hommes, il nous a sauvés. Par le bain du baptême, il nous a fait renaître et nous a renouvelés. » Les chrétiens ont beau admonester leurs contemporains, leur religion n’a rien d’un conservatisme ni d’un fatalisme, ni même d’un tranquille pessimisme. La foi se donne comme commencement. Ce n’est pas un hasard si dans la liturgie catholique ces paroles toutes simples et semble-t-il mille fois entendues sont lues à l’aurore de Noël, autrement dit au commencement du commencement, quand la lumière croît à nouveau. 

D’un côté, l’angoisse de la fin, du déclin, de l’épuisement. De l’autre, un enfantement et un émerveillement. Quand le brouhaha de la fausse apocalypse aura cessé, nous serons capables d’entonner le chant de Noël. Je trouve à la fois plaisant et signifiant que, ces prochains jours, le vrai début suive en toute discrétion la fausse fin.


Jean-Pierre Denis
Source : éditorial "La Vie " 2012