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lundi 22 mai 2023

Le geste en sens

 Un geste vers le bas

ne trouve pas toujours

un geste vers le haut.


Mais lorsqu'il le trouve

ils vont tous deux vers le haut

ou tous deux vers le bas.


Ou peut-être les directions disparaissent

et inaugurent dans le point de rencontre

la transfiguration qui les dispense

d'un mouvement quelconque.


Tout geste est une épiphanie

lorsqu'il n'y a plus de différences

entre le haut et le bas .

Roberto Juarroz, 14ème Poésie Verticale

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mercredi 6 janvier 2021

"bienheureux voyage de l’homme en quête de Dieu"

 


Oui, c’est notre propre histoire, l’histoire de notre pèlerinage sans fin que nous déchiffrons à travers ces Mages venus de la lointaine Babylone, conduits par l’étoile, vainqueurs obstinés de l’immensité des déserts aussi bien que de l’indifférence et de la politique, et parvenant finalement à trouver l’enfant et à l’adorer comme le roi sauveur.

Oui, c’est notre histoire que nous lisons… que nous devrions lire, à travers ce récit. Ne sommes-nous pas tous des pèlerins, des voyageurs, des hommes sans domicile fixe, même si nous n’avons jamais eu à quitter notre « chez nous » ? (…) Mais comment faire cette route ? C’est notre cœur qui doit se mettre en branle. (…)

Nous venons d’entrer dans une nouvelle année. Tous les chemins qui la traversent, de l’Orient à l’Occident, seront entraînés avec elle dans l’écoulement sans fin des années et des siècles. Mais on peut, même sur ces chemins, être de ces bienheureux pèlerins qui marchent vers l’Absolu, de ceux dont le voyage terrestre est un voyage vers Dieu. Allons, mon cœur, ouvre-toi et mets-toi en route, car l’étoile a lui. Tu ne peux sans doute emporter beaucoup de bagages, et tu en perdras bien d’autres en chemin. N’importe, va de l’avant. L’or de l’amour, l’encens du désir, la myrrhe de la souffrance, tu possèdes déjà tout cela. Il acceptera tout cela. Et nous finirons par le trouver. 

Karl Rahner - L’Homme au miroir de l’année chrétienne

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dimanche 5 janvier 2020

Le service des mages...

C’est la fête des Rois Mages …C’est beau la science!

Justement l’histoire des Rois Mages est la rencontre de la Science , et pas n’importe laquelle : l’Astrophysique,  et de Celui qui allait « rompre le Temps » , comme on rompt le Pain, Jésus (avant et après Jésus-Christ , rupture du temps linéaire) . C’est la même réalité : rompre le Temps , rompre le Pain. Rompre le Pain signifiera une solidarité absolue : celle de la Communion . Rompre le temps linaire signifiera un renvoi au temps d’Éternité, celui de la Communion. D’où la fameuse galette des ROIS dans laquelle se cache le mystère du temps... 
Les anciens nous transmettent que le choix de Liberté consiste à se décider pour le Ciel ou l’enfer. La devise de l’enfer selon un grand nombre de cultures, c’est: « je ne servirai pas » , « ne comptez pas sur moi pour « servir » . L’enfer, ce n’est pas plus tard: c’est tout de suite, lorsqu’il y a « non service », ou plus souvent, impression qu’ « on ne sert à rien », «  que ça ne sert à rien ». Une sous devise de l’enfer c’est : « j’asservis : les autres sont « mes choses ». Une autre sous devise de l’enfer c’est : «  je m’asservis ». Enfin une ultime devise de l’enfer c’est : « je me sers ».  Or les sciences les plus avancées nous apprennent que si l’univers existe au moins tel que nous le percevons , c’est en raison des lois dites d’Associativité (Astrophysique ) ou  de Solidarités essentielles  (Botanique Jean-Marie PELT) . Tout est service dans l’Univers, monde des Rois mages. Le « non service »  : l’enfer,  est donc un non-lieu, un endroit qui n’a pas sa place, ni dans le Temps, ni dans l’Espace. Il s’exprime par le non partage,la possession,l’asservissement de soi et/ou de l’autre, l’inutilité,  le désespoir que ça ait servi à quelque chose…


Le « Ciel » ce n’est pas plus tard, c’est tout de suite aussi , quand «  tout »  sert  le « tout est Grâce »  . 
Or avec Noël: l’incarnation de la Parole en Jésus-Dieu (Serviteur) , tout devient service, même le pire: le massacre des Innocents.  On retrouve ces notions en Sciences. Lorsque vous étiez un tout petit embryon , vos mains comportaient des palmes. Votre programme génétique a envoyé  aux cellules qui allaient faire vos doigts  le un message suivant : « Continuez à croître pour être au service de la vie »  et les cellules qui allaient faire vos doigts  ont continué à croître pour faire vos doigts. Tandis votre programme génétique a envoyé un message aux cellules qui faisaient les palmes: «  Acceptez de mourir pour être au service de la vie »  et les cellules qui faisaient les palmes ont accepté de disparaître pour être au service de vos mains. Les mains sont le même "méridien" que le cœur (pour être simple!). Cet exemple , parmi mille et mille autres, montre que l’enfer : le non service, n’est même pas la mort , c’est inclassable , c’est pourquoi ça dépasse le petit être humain.C’est pour cela que ça renvoie à Dieu Lui-même comme Lieu de Mystère.  
Les Rois Mages règnent sur des domaines conduits par l’Étoile... Les constellations… Ils règnent en Serviteurs de la Révélation. Ils sont également les Serviteurs de l’exil vers l’Égypte… sans même le savoir… et même en « Serviteurs »  du pire: le massacre ordonné par Hérode!! Bientôt Jésus, dont le nom veut dire «  Dieu sauve » , permettra que les pires horreurs finissent « au service », finissent par trouver un sens pour ceux et celles qui Le vivent comme Sauveur… car, « solidarités essentielles : «  Nos larmes coulent sur les joues de Dieu »

Prière de Ravensbruck

"Seigneur, ne te souviens pas seulement des hommes et des femmes de bonne volonté mais aussi de ceux qui n'en furent pas. Ne te souviens pas seulement des souffrances qu'ils nous ont fait subir mais aussi des fruits que nous avons portés grâce à ces souffrances : notre amitié, notre loyauté, notre  humilité. Souviens-toi du courage, de la générosité, de la grandeur d'âme qui ont jailli de tout cela. Et quand viendra pour eux l'heure du jugement, permet que tous ces fruits que nous avons portés leur soient comptés en pardon."

Extraite du livre "Le développement de l'homme en huit étapes" de Denis et Matthew LIN et Sheila FABRICANT (DDB)

MTBC

dimanche 6 janvier 2019

Jubilemus exultemus




Les petits chanteurs de Saint Ferdinand des Ternes chantent
« Jubilemus exultemus resonet coelum plausibus »,
« Qu’ éclate dans le ciel la joie des anges » !
Les anges annoncent aux bergers une grande joie : un Sauveur est né !
Laissons résonner dans nos cœurs la voix des anges, portée par les petits chanteurs. Que la joie des bergers et des anges soit notre joie. Que grandisse en nous l’Enfant-Dieu.
Comme les mages, pleins de joie, émerveillés, portons cette joie au monde, présentons la Bonne Nouvelle autour de nous.
Bonne année 2019 !
frère Philippe Verdin

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dimanche 7 janvier 2018

Qui étaient les rois mages ?

À l’Épiphanie, les chrétiens célèbrent l'adoration de l’Enfant Jésus par les mages. Qui sont ces mystérieux hommes ? La réponse de Régis Burnet, bibliste et professeur de Nouveau Testament à l’Université catholique de Louvain.


Ces hommes venus voir l’Enfant Jésus étaient-ils rois ou mages ?
Le texte grec parle de magoi, en traduction littérale cela a donné « mage ». Terme rare en grec, les Athéniens l’utilisaient pour parler des prêtres perses. Derrière ce mot, il y a à la fois l’étrangeté – un côté exotique – et la notion de sagesse, car ils étaient de bons astronomes. Si Platon les décrivait comme des charlatans, d’autres auteurs comme Hérodote ou Strabon leur reconnaissaient une culture et une richesse intellectuelle. Quand Matthieu, dans son évangile – le seul qui parle de cet épisode de la vie de Jésus –, raconte la venue des « mages » chez la Sainte Famille, il veut souligner que les païens les plus sages sont venus adorer le tout jeune Messie des Juifs.
Au IIIe siècle déjà, Tertullien explique que certains les prennent pour des rois (mais lui n’y croit pas). Ensuite, on en a fait une sorte de modèles des rois de la Terre. Certaines représentations de l’époque paléochrétienne (V-VIe siècle) montrent l’étoile que suivent les mages dessinée comme le chrisme signifiant ainsi que les mages étaient les précurseurs des saints empereurs chrétiens vénérant le vrai Dieu, à l’image de l’empereur Constantin.
Le Moyen Âge insista beaucoup sur cette qualité royale, tout particulièrement dans les pays allemands. Ce n’est pas un hasard : la dynastie régnant à l’époque sur le Saint-Empire germanique, les Hohenstaufen, s’identifiait à ces rois pieux. Frédéric Barberousse rapporta d’ailleurs leurs reliques et les déposa dans une splendide châsse à Cologne.
Et étaient-ils vraiment trois ?
Le texte ne dit pas combien ils étaient, mais indique qu’il y a trois présents offerts à Jésus : l’or, l’encens et la myrrhe. Pour autant, dans les représentations artistiques des mages, ils ont pu être deux ou quatre. Cela dépendait de la manière dont le monde était perçu à l’époque. Par exemple, aux XIV-XVe siècle, le monde se divisait en quatre parties et les mages, représentants de toutes les contrées de la Terre, étaient alors quatre. Au Mexique, dans certains lieux, ils sont même cinq, comme les continents de la Terre.
Gaspard, Melchior et Balthazar : d'où viennent ces noms ?
La première attestation de ces noms se trouve dans un manuscrit, écrit par un moine mérovingien au VIe siècle. Mais a-t-il créé la tradition... ou ne fait-il que l’écrire alors qu’elle préexiste dans la pratique ? On ne sait pas. Un autre texte, au VIIIe siècle, l’Excerpta latina Barbari, les nomme Gaspard, Balthazar et Melchior. Cette source, présentée comme une autorité, a fixé la tradition.
Pourquoi ces noms-là ? Balthazar rappelle le livre de Daniel, dans l’Ancien Testament. Melchior est un nom assyrien qui signifie « mon roi est ma lumière ». Pour Gaspard, par contre, il n’existe pas de raison connue ou trouvée. Dans la Légende dorée, Jacques de Voragine, dominicain archevêque de Gênes au XIIIe siècle et grand spécialiste des saints, leur donne trois noms à chacun, l’un en grec, l’autre en latin et enfin un dernier en hébreu : Caspar est alors aussi Appellius et Galgalat ; Balthasar est Amérius et Malgalat ; Melchior est Damascus et Sarathin.
Que sont devenus les mages après avoir rencontré Jésus ?
L’Évangile de Matthieu est bien le seul texte du Nouveau Testament qui raconte cette visite extraordinaire à Jésus nouveau-né. On sent que cet épisode est écrit et composé pour répondre aux oracles annonçant que les nations et les rois de la terre viendront adorer le Messie (Isaïe 45 et Psaume 72). Le texte dit ensuite qu’ils partent en empruntant « un autre chemin ». Dans les régions orientales, cela a donné lieu à de multiples traditions locales. Une grande dévotion pour les trois mages s’est développée. C’est un processus que l’on voit régulièrement : quand des personnages viennent d’une région, leur histoire est utilisée pour christianiser le lieu. On ne sait pas ce que deviennent les mages après leur rencontre avec Jésus, mais une manière de s’approprier la tradition en Syrie, en Perse, au Moyen-Orient a été, sans support historique, de s’appuyer sur ces mages rapportant la Bonne Nouvelle.

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source : La Vie

lundi 31 décembre 2012

De Noël à l'épiphanie... par Michel Serres

Le mot manifestation est emprunté à la langue latine dans la chrétienté. Le premier à l'employer est Saint Augustin dans La Cité de Dieu. Le sens en est révélation, apparition, en parlant du Christ.
Plus tard le mot prend le sens d'expression publique d'un sentiment ou d'une opinion.
Au XIXe siècle, il est employé dans le sens moderne de rassemblement ayant pour but de rendre publiques des revendications. Puis, manifestation est employé pour désigner un spectacle, une exposition, une célébration.

Michel Serres nous emmène vers l'Epiphanie, 
du secret à la lumière,
 en passant par la porte de la manifestation : (2 min.)

(source : extrait du sens de l'info, sur France Info)