dimanche 6 octobre 2019

Pratique


Un participant, à la pause de l'un de nos séminaires : "Ah si je pouvais toujours être comme maintenant !"
Évidemment, ça fait plaisir à l'enseignant, mais c'est justement pile à ce moment qu'il devrait intervenir.
Oui, c'est cool de se sentir bien, et autant identifier les environnements, relations et processus qui nous font du bien.
Pourtant, une pratique se cache toujours derrière les réactions immédiates.
En l'occurrence, pour un pratiquant spirituel, cette phrase devrait être remplacé par "Ah, si je pouvais toujours adhérer parfaitement à ce que je suis", qui n'empêche en rien de se dire en même temps "et putain ce que j'apprécie embrasser ce moment".
Mais plus que la couleur du moment, c'est plutôt le geste d'embrasser le moment qui doit être reconnu et mémorisé. Parce que quand il s'agira d'embrasser notre prochaine chute, douleur, faux pas ou maladie, ce geste sera beaucoup plus difficile à faire.
Il n'y a pas de pause pour les pratiquants. Sauf s'il y a du cake au chocolat et du café.
Fabrice Jordan 
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jeudi 3 octobre 2019

Ni distance... ni écart de temps... *


 Faire zazen pour juste faire zazen, sans itinéraire tracé. Cette assertion, tout à la fois rétrécit le champ d'action et l'ouvre, car il nous faut explorer l'absence de distance entre soi-même et la pratique. Il n'y a plus que zazen, rien que zazen, c'est-à-dire l'unité totale entre le sujet, l'action et l'objectif de cette action. Nous voilà coupés de toute possibilité de nous étirer dans le temps, de croire que nous allons y arriver en faisant beaucoup d'efforts. En quelque sorte, c'est un empêchement majeur à la procrastination. Ce qu'il faut faire, il nous faut le réaliser immédiatement. 
Pas de tiédeur, pas de demi-mesure, c'est maintenant. 

Nous basculons dans un domaine inattendu et inexploré par le moi, lui qui a par habitude de se projeter vers l'avant, les réalisations à venir, les acquisitions envisagées. Notre difficulté : nous tenir à l'étroitesse de ce champ d'action ; comme si nous devions nous maintenir sur une crête. Nous voilà en relation avec la simple assise qui devient tout à la fois moyen, chemin, but. Dans cette injonction à aller chercher dans le très étroit, là où il n'y a rien à voir et justement rien à devenir, se révèle une certaine vigueur inattendue, méconnue, qui nous maintient dans l'instantanéité du geste : s'assoir. Ce geste nous révèle à nous-mêmes d'instant en instant. 

 Cette absence d'écart fait qu'on ne peut plus se distancier de la verticalité, de l'immobilité ; on ne penche plus ni en avant ni en arrière, ni à gauche ni à droite. On ne sait plus trop si la verticalité est le fruit d'une nécessité ou si la verticalité engendre une certaine efficience qui nous éclaire de l'intérieur. Peu importe où est la cause, où est l'effet, on ne sait plus trop qui commande quoi. La cause est un effet, l'effet est une cause. Demeurer sur ce point d'interrogation est un renversement de notre pensée ordinaire. Il ne s'agit plus de prendre position sur un fait établi qui nous donne l'illusion de maintenir une vérité ; il y a juste cette crête incertaine et vertigineuse qui nous tient en suspend à l'instant. 

L'assise, le zazen, nous plonge dans une forme d'indistinction entre ce que l'on nomme le moyen et ce que l'on nomme la preuve. Le zazen n'est pas l'acquisition d'une technique qui va permettre la mise en lumière d'une évidence. Le zazen est l'évidence, est la preuve, très précisément lorsque le méditant ne se contente pas de se tenir assis passivement, mais lorsqu'il réduit cet écart et qu'instant après instant il démontre que zazen est la preuve et que la preuve est zazen. De quoi nous imposer une exigence qui ne souffre pas d'après. Tant que l'écart demeure, il n'y a pas zazen, il y a un semblant de zazen. Il ne peut pas y avoir un zazen tiède. Cela est ou cela n'est pas. Nous devons cesser de nous alanguir dans de vagues projets d'une réalisation future, il y a une activité à fournir en ce moment, qui ne doit jamais nous lâcher. C'est à cette seule condition que le moi peut prétendre s'arracher à son conditionnement. Ce n'est pas le chemin qui est long, c'est l'ego qui persiste dans ses attachements qui donnent l'illusion d'un long parcours. Notre réalisation est immédiate lorsqu'il n'y a plus que zazen et que le moi accepte de ne plus rien attendre. 

Conjointement, s'effectue une désappropriation du moi à l'égard du corps qu'il « pense » avoir. L'absence d'écart n'autorise plus la moindre distance entre celui qui agit et ce qui se fait. Seul persiste : être corps, être zazen. Faire zazen rien que pour faire zazen implique l'abandon du « corps outil », du corps objet, du corps qu'on a. 

Lorsqu'aucun écart ne se glisse entre le sujet et l'action, un grand bouleversement s'opère, non seulement parce que tout se passe dans un avoir lieu immédiat, mais aussi parce que les notions d'usage et d'utilité s'en trouvent bouleversées. L'attention se réoriente vers l'inutile et l'invisible, ce qui annule toutes les formes d'asservissement de la pratique à des fins personnelles.

 Dominique Durand 

* Certains l'auront reconnu, il s'agit d'un propos de Jacques Castermane, fréquemment repris dans les introductions à l'assise. Revenir, encore revenir sur des mots mille fois entendus et que l'on imaginait « compris »... Puis s'efforcer d'aller au-delà des mots, laisser la pratique nous en révéler la véritable portée, c'est ainsi que l'enseignement prend toute sa valeur. 

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mercredi 2 octobre 2019

Zazen ? La culture du calme !


 Que signifie l’expression de la langue japonaise zazen ?

 Hirano Katsufumi Roshi répond : « Za signifie : ASSIS ; Zen signifie : CALME ». 
La traduction du kanji zen par le mot calme est inusitée. La traduction habituelle de cet idéogramme est le concept « méditation ». Il arrive qu’un mot manque son objet; il semble que ce soit le cas lorsqu’on associe zen et méditation. Lorsque Hirano Roshi nous a proposé cette traduction — zen signifie calme — il était évident qu’il ne s’agissait pas d’une traduction … au figuré; au contraire le mot calme répond au sens concret qu’évoque l’idéogramme japonais zen. Au 7ème siècle, lorsqu’on lui demande en quoi consiste sa méthode, Hui-Neng répond : « Ma méthode est le calme et la sagesse ». Il ajoute : « Là où est le calme est la sagesse ; là où est la sagesse est le calme ; ce ne sont pas deux choses différentes ». Au 13ème siècle, aux moines qui pratiquent zazen, le fondateur de l’Ecole Sôtô, Eihei Dogen, pose cette question : « Si tu ne trouves pas le calme ici et maintenant, tu le trouveras où ? Tu le trouveras quand ? ». Très souvent, lorsqu’il nous accompagnait dans la pratique de zazen, Graf Dürckheim disait : « Zazen ! être là, assis, parfaitement immobile et embrasser calmement ce qui se présente à travers le sentir d’instant en instant ». 

Quant au Maître zen Ryokan, il attire notre attention sur le fait que « Zazen n’est pas un moyen; zazen est une preuve ! ». 
Voilà de quoi éviter l’amalgame qui est fait actuellement entre l’exercice appelé zazen et l’exercice appelé méditation. 

La méditation est une activité orientée, elle a un but. Pour preuve, la liste des cent (100) bienfaits promis à celles et ceux qui pratiquent cette méditation dite moderne : la méditation de pleine conscience. On médite quelque chose ou on médite sur quelque chose. 
Le mot méditation suggère une activité mentale (mind). Aujourd’hui phagocytée par les spécialistes dans l’étude du cerveau, les effets éventuels de la méditation sont soumis à des mesures quantitatives (scanner, IRM). 

Zazen est une activité non orientée, libre de toute finalité. Zazen est un exercice indissociablement corporel et spirituel au cours duquel le mental est momentanément mis hors jeu. La pratique appelée zazen est sans but. 
Ce qui ne signifie pas qu’elle soit sans effet. 
Quel effet ? Par exemple: le calme; le grand calme, symptôme de l’état de santé fondamental de l’être humain. Il ne s’agit pas du calme qui suit la tempête; ce calme relatif, perçu comme étant le contraire de l’agitation. Ce calme extérieur, que nous pouvons observer lorsqu’on vit au bord de l’océan. Zen, c’est le calme qui règne en profondeur. Chacun, qui est en plongée sous le domaine des vagues, en fait l’expérience. Il ne s’agit plus d’un calme extérieur mais du calme senti de l’intérieur. Un habitué de la plongée me disait : « Il n’y a plus moi et quelque chose le calme … Je suis calme. Il n’y a plus moi et quelque chose le silence … Je suis silence ! ». Expérience qui élève l’homme au-dessus de sa prétendue puissance en tant qu’ego. L’ego, cette représentation mentale que nous avons de nous-même, n’est pas notre vrai point d’appui dans l’existence. 
Notre vrai point d’appui est notre vraie nature, dit le maître zen ; notre vrai point d’appui est notre être essentiel, dit Dürckheim. 
C’est quoi notre vraie nature ? C’est quoi notre être essentiel ? Je-ne-sais-pas ! Ce que je sais, c’est que lorsque je suis saisi, enveloppé, porté par le grand calme, je ne me pose plus cette question : parce que, à ce moment-là … je suis la réponse. 

Jacques Castermane 

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mardi 1 octobre 2019

lundi 30 septembre 2019

Un hommage au père des constellations familiales


Bert Hellinger né sur terre le 16/12/1925 est "né au ciel » le 19/09/2019

La vérité surgit du néant tel un éclair : elle apparaît à un moment donné, puis retourne dans le néant. Elle ne fait donc qu'une courte apparition, puis disparaît. A l'instant où elle se dévoile, elle est vraie et valable.


Ce qui étonne dans ces reconstitutions familiales, c'est que les personnes choisies pour représenter les membres de la famille, dès qu'elles sont mises en place, se mettent à ressentir les choses tout comme les membres de la famille réelle. Il arrive même que certains présentent à leur insu les symptômes qui appartiennent à ceux qu'ils représentent.

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dimanche 29 septembre 2019

samedi 28 septembre 2019

Vigilance (4)





« La pleine conscience du va-et-vient du souffle ouvre la porte sur le calme intérieur, la paix intérieure, ces qualités d’être qui sont déjà présentes au plus profond de l’être mais que le plus souvent j’ignore parce que je suis enfermé dans cet autre niveau d’être qu’est le moi inquiet, agité, stressé. »
Jacques Castermane

Marie Chantale Forest, Anthologie de la vigilance – Un chemin vers la Lumière, préface d’Eric Edelmann, éditions Accarias L’ORIGINEL, p. 126-127.

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vendredi 27 septembre 2019

Stratégie de survie

Gilles Farcet, dans son excellent livre "Une boussole dans le brouillard", parle de "stratégie de survie et donne un exemple très éclairant du processus de transmutation demandé pour pouvoir aller plus loin sur le Chemin.

"Pour illustrer par un cas particulier les retombées négatives de la stratégie de survie dans l’existence d’un adulte, prenons l’exemple d’une personne très rigoureuse, méthodique, avec une forte attention aux détails, une grande capacité de travail, le sens du sacré, du service…Donc, de précieuses qualités qui en font un élément fiable sur lequel on peut s’appuyer. Or, l’autre versant de ces qualités, dès lors qu’elles sont instrumentalisées par la stratégie de survie, c’est une forme de rigidité, une propension au jugement, à la crispation et à la fermeture quand les choses ne sont pas « bien faites », quand il y a légèreté, inattention…Ainsi qu’une tendance à « dramatiser » certaines erreurs par ailleurs bien réelles, à leur attribuer une importance excessive. Cette personne va typiquement dénoncer l’inattention générale, le laxisme, le manque de respects des espaces, la non-fiabilité, toujours avec un peu trop d’insistance, une intensité en l’occurrence inutile…Cette intensité inutile est d’ailleurs un signal de la stratégie de survie à l’œuvre : dès qu’un comportement ou un positionnement, même tout à fait légitime, commence à devenir excessif, trop marqué, il y a quelque chose de suspect. Swami Prajnanpad utilisait à cet égard le terme overemphasis, littéralement « insistance exagérée ».

Ce qui rend le travail complexe, c’est que cette personne a, en soi, souvent raison ! Ainsi que je le répète fréquemment, « le mental prêche le vrai pour alimenter le faux ». Autrement dit, sous l’emprise de sa stratégie de survie non conscientisée, cette personne va se servir de ses qualités, de sa vision affutée et en elle-même juste sur certains points pour justifier son émotion de fermeture et de jugement, fermeture et jugement qui émanent bien entendu et comme toujours de la peur. Donc, elle va dire des choses éventuellement vraies, mais sous le coup de l’émotion, avec une intensité inutile, une insistance exagérée, dans un climat de fermeture et de non-compréhension de l’autre. Elle plaidera avec sincérité la cause de son émotion en mettant en avant des nécessités réelles et pourra même se réclamer de certains aspects de l’enseignement de Swami Prajnanpad : « Swamiji n’a-t-il pas affirmé que le fait de ne pas remettre un objet à sa place constituait un crime contre le Soi » ? Etc., etc.

Tout le travail pour cette personne va donc consister à voir et reconnaître l’autre versant de ses qualités, la réaction immédiate étant bien sûr de les revendiquer : « Mais enfin, il faudrait tout tolérer ? Je ne devrais plus voir que la légèreté et le manque de rigueur autour de moi ? » Sous-entendu : « Si je lâche là-dessus, ce sera la déroute, tout va partir en quenouille. » La même personne plus libre de sa stratégie de survie aura conservé toutes ses qualités de rigueur et de méthode, elle continuera à déceler les manques chez les autres, mais en toute tranquillité, avec compassion, sans se sentir menacée et donc obligée d’attaquer. Ce qui ne l’empêchera en rien de se positionner fermement, si nécessaire. J’ajoute que sa vision des autres, de leurs défauts comme de leurs qualités sera plus ajustée, plus exacte, moins sujette, voire plus du tout sujette, aux exagérations du mental qui va exalter les qualités de l’un comme les défauts de l’autre".

Une boussole dans le brouillard p.183-184 Editions "Le Relié"
Gilles Farcet
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jeudi 26 septembre 2019

Il est urgent d'agir !


La plupart des enseignements de sagesse sont d’accord au moins sur un point: parler est important, mais à condition que les gestes qui suivent soient en cohérence avec ce qui a été dit. « Où sont vos actes ? » demande d’une voix ferme l’interlocuteur invisible de Hanna Dallos dans les Dialogues avec l’ange. Si les anciens aimaient rappeler que « la parole est d’argent, le silence est d’or », aujourd’hui, peut-être plus que jamais dans l’histoire de l’humanité, nous parlons tous beaucoup – les réseaux sociaux ont libéré notre parole… parfois jusqu’au déluge et à la logorrhée. Or, nous vivons des temps de mutation que tout le monde s’accorde à trouver préoccupants. Parler pour rien est devenu franchement nuisible, c’est agir qui est urgent.


L’humanité et la planète ont besoin de conscience collective. Mais ce mot vaste et ambitieux n’a de chance de s’incarner qu’au travers d’actes pragmatiques, concrets, éventuellement modestes, mais réguliers, têtus, tenant leur cap sur le plus long terme possible. Des actes qui concernent absolument tous les moments de notre quotidien. Et tout le monde sait bien dans quel sens notre quotidien doit être corrigé : vers plus de simplicité, plus de sobriété, plus de naturel, de respect envers l’espace-temps naturel dont nous sommes les locataires et dont le nom global est biosphère.

source : Nouvelle Clés

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mercredi 25 septembre 2019

Qu'est-ce que la réalité ? avec Matthieu Ricard


Pour le bouddhisme, il s'agit de la nature véritable des choses, non modifiée par les fabrications mentales que nous lui surimposons. Ces dernières creusent en effet un fossé entre nos perceptions et cette réalité, d'où un conflit incessant avec le monde. "Nous déchiffrons mal le monde et disons qu'il nous trompe", écrivait Rabindranath Tagore. Nous prenons pour permanent ce qui est éphémère, et pour bonheur ce qui n'est que source de souffrance : la soif de richesse, de pouvoir, de renommée et de plaisirs obsédants.

Selon Chamfort, "le plaisir peut s'appuyer sur l'illusion, mais le bonheur repose sur la vérité". Stendhal, quant à lui, écrivait : "Je crois, et je le démontrerai par la suite, que tout malheur ne vient que d'erreur et que tout bonheur nous est procuré par la vérité." La connaissance de la vérité est donc une composante fondamentale d'un bonheur authentique.

Par connaissance, nous entendons non pas la maîtrise d'une masse d'informations et de savoirs, mais la compréhension de la nature véritable des choses. Habituellement, en effet, nous percevons le monde extérieur comme un ensemble d'entités autonomes auxquelles nous attribuons des caractéristiques qui, nous semble-t-il, leur appartiennent en propre. Selon notre expérience de tous les jours, les choses nous apparaissent comme "plaisantes" ou "déplaisantes" en elles-mêmes et les gens comme "bons" ou "mauvais". Le "moi" qui les perçoit nous semble tout aussi réel et concret.

Cette méprise, que le bouddhisme appelle ignorance, engendre de puissantes impulsions d'attraction et d'aversion qui mènent en fin de compte à la souffrance.

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mardi 24 septembre 2019

Retournement avec Catherine Harding

J’ai la chance d’habiter dans le midi où souvent les routes départementales, pas très larges, suivent la côte et, donc, serpentent selon le relief ou les villages et les hameaux. De temps en temps, la route devient si étroite qu’un panneau annonce : « Point de retournement à 100 m. » C’est l’avertissement que si vous voulez faire demi-tour, c’est LA-BAS, à 100 mètres. L’information est utile. Pour la circulation routière. Sans plus.

Mais chaque fois cela résonne en moi comme un clin d’œil qui me rappelle avec humour le grand retournement :

Le Retournement Vital, celui qui consiste à retourner notre regard vers l’intérieur de nous-même, à regarder Ce qui regarde en nous, La Présence dont dépend notre bien-ETRE.

Ce retournement de l’attention qui devient un mode de vie libérateur.

Pour ce retournement là, pas de panneau indicateur. Mais des signaux, des alarmes : ce sont les problèmes, les difficultés sur la route de la vie qui nous indiquent :

« Urgent! Point de Retournement à 0 centimètre de vous, ICI et maintenant. »

J’ai déjà beaucoup parlé de la difficulté à vieillir et combien cette inversion du regard, le retour à notre vrai visage, notre visage originel sont souverains.



« Si dans ta tête
Tu te retournes
Face à non-face
Tu vois Dieu
Il t'efface
Rien d’autre »
Jacques Goorma

Effacer le visage acquis (celui que nous a donné le conditionnement social), c’est la libération, c’est laisser place à notre visage originel, cet Espace Grand Ouvert, Accueil pour le monde, Ce que nous sommes vraiment, vraiment.

On me demande souvent : et la douleur physique ? Oui. Je la connais. Ô combien ! « Depuis 4 ans, c’est non-stop ». Et à nouveau, le seul remède que j’ai trouvé c’est ce retournement, ce retour au centre de nous-même, à la Conscience pure, lumineuse, vide, et pourtant vibrante de vie.

S’asseoir, immobile, silencieux, expirer profondément, et se laisser descendre dans l’Espace Infini, se fondre dans la Présence au plus profond de soi-même, longtemps, longtemps … abandonner toute saisie, se laisser dissoudre dans cet infini. Voilà ma recette.

« Là, tout n’est que Luxe, Calme et Volupté », disait Baudelaire à son amie.

Moi je dis à mes amis : «ICI tout est n’est que Paix, Amour et Joie d’Etre »

Essayez votre visage originel.

Établi dans ce vide lumineux, regardez le monde là-dehors.

Regardez bien la douleur !

Où est-elle ?

Où êtes-vous ?

N’est-elle pas périphérique ?

Et vous, central ?

Oui la douleur est là, mais vous, immergé dans la paix profonde,

Vous pouvez l’accueillir, l’accepter, comme vous accueillez et acceptez le reste du monde.

Et la douleur acceptée diminue, devient supportable.


Essayez…
(source : Eveil impersonnel)