jeudi 2 août 2012

La Fraternité avec Henry Quinson

Il y a vingt-cinq ans, Henry Quinson a rompu avec sa vie de trader pour entrer clans un monastère cistercien. Avec ses compagnons. il a fondé la Fraternité Saint-Paul, à Marseille, un lieu où l'amour de Dieu rime avec l'expérience de la fraternité universelle. Il est l'auteur du livre Moine des Cités. En 2009 et 2010, il a été le conseiller monastique du film Des hommes et des dieux, réalisé par Xavier Beauvois.

"A l'âge de vingt ans, j'étais insatisfait de ma vie de jeune consommateur occidental. Je voulais être heureux, en paix. C'est alors que j'ai découvert la prière. Cette quête de bonheur était sans doute une recherche égocentrée... Mais, dans un premier temps, elle était légitime, car il est important d'être heureux. Le fruit de cette recherche intérieure m'a conduit sept ans plus tard à quitter les salles de marché pour vivre sur un mode de relatif retrait du monde dans un monastère cistercien. Quelques années plus tard, en 1997, avec Karim de Broucker, nous avons fondé à Marseille la Fraternité Saint-Paul. Ce lieu m'a mis en contact avec des gens en difficulté et une population majoritairement musulmane. 

Pendant plus de quinze ans, l'accompagnement scolaire et le travail éducatif ont été les expressions de mon engagement social. Ma soif d'intériorité m'avait mené au coeur de la Cité, sans qu'il soit question bien sûr d'abandonner les retraites spirituelles et les temps de prière. À la sortie de mon livre Moine des Cités, des personnes athées m'ont écrit pour me dire qu'elles avaient mieux compris comment une quête spirituelle pouvait mener à une démarche d'engagement social, une action politique au sens large du terme.
En 2006, on m'a demandé de traduire un livre sur les moines de Tibhirine, assassinés en 1996. Ils avaient aussi allié prière, hospitalité et entraide. Ce travail m'a permis de passer à une deuxième phase, celle de la prise de parole. À,travers mes interventions, j'indiquais un chemin possible de paix civile pour des populations en conflit sur des questions que l'on juge d'abord religieuses, alors qu'elles sont aussi ancrées dans des problèmes de société, d'inégalités et de régimes politiques corrompus. 

Puis, à partir de 2008, on a fait appel à moi comme ancien trader en m'interrogeant sur les causes de la crise financière. J'ai donc été obligé de clarifier mes positions sur certains sujets. J'ai même accepté de donner mon point de vue au Conseil économique du Parlement européen. Mon action ne consistait pas à participer à des débats de société pour accoucher de solutions concrètes à une échelle qui dépasse le quartier, la ville et même la nation.
Depuis le printemps dernier, je fais partie du conseil d'administration de l'association Loger Marseille Jeunes. Nous permettons à des jeunes, en situation de précarité ou engagés dans un projet professionnel, de trouver des logements à des prix abordables. Par ailleurs, cette année, dans le cadre d'un partenariat avec une fondation de bourses professionnelles, j'ai pu financer un stage et, à titre personnel, j'héberge un jeune Algérien de vingt-cinq ans, Ali Zeggaï.

Rétrospectivement, j'observe que le choix d'une vie spirituelle centrée sur la quête de mon bonheur individuel m'a permis, au fil du temps, de me décentrer de moi-même pour vivre avec les autres. Cette proximité avec mes frères humains compte beaucoup pour moi. Dans la tradition biblique, on parle d'une profonde unité entre la recherche de la transcendance et le fait d'aimer les êtres qui nous entourent. Chaque jour, je fais l'expérience de cette unité entre ces deux pôles, qui finalement n'en sont qu'un. En étant dans la situation de celui qui « donne » – pas dans l'idée de mérite, mais dans le souci de me rendre utile –, je reçois beaucoup d'amour et je découvre le monde tel qu'il est, difficile, mais justement occasion de fraternité solidaire.

Je prends conscience que, plus je pénètre dans ce que Jésus nomme le Royaume de Dieu, plus je rencontre d'autres frères et soeurs en humanité qui habitent cet univers rempli de bonheur, un bonheur qui ne peut être solitaire. C'est un bonheur de communion. Dans la rencontre de l'Esprit, cet invisible transcendant, il y a un rayonnement, un débordement. Aujourd'hui, si un grand nombre de gens disent souffrir de la solitude, je dois avouer que, dans ma trajectoire personnelle, j'aimerais bien en avoir un peu plus ! Je suis plutôt dans l'excès inverse. Je reçois énormément de demandes, de sollicitations... 

Mon expérience spirituelle consiste à être de plus en plus en communion avec l'ensemble des êtres. Je me sens faire partie de l'humanité de manière tangible. Toutes ces rencontres m'enrichissent. Oser prendre le risque de l'aventure humaine vient de l'Esprit et conduit à l'Esprit. Ma vie était tournée vers Dieu. Dieu l'a tournée vers mes frères humains, pour que notre vie partagée soit plus savoureuse et riche de sens. 

Henry Quinson
source : "Sources" n°18


mercredi 1 août 2012

Entretien "phytospirituel" avec François Couplan (2)


« Depuis que l'homme est sur terre, il utilise les plantes qui poussent autour de lui pour se nourrir et se soigner. 
Il est temps de redécouvrir ces végétaux trop longtemps oubliés, dont nous pouvons mettre à profit les multiples vertus dans notre vie quotidienne. » 

François Couplan

mardi 31 juillet 2012

Entretien "phytospirituel" avec François Couplan (1)

Parmi ses livres les plus importants, figure une "Encyclopédie des plantes sauvages comestibles de l'Europe", en trois volumes, ainsi que le "Guide des plantes sauvages comestibles et toxiques". Citons aussi "Dégustez les plantes sauvages", qui présente tous les cadeaux de la nature dans nos régions, par environnement et par saison, ou "Vivre en pleine nature", pour se sentir chez soi dans les bois. 


Dans "La Nature nous sauvera" que j'ai déjà présenté sur ce blog, François Couplan porte un regard nouveau sur la crise de notre civilisation, dont il expose les causes historiques et propose une approche originale pour y apporter des solutions. Les écrits de François Couplan portent également sur la botanique ("L'album des plantes et des fleurs", "Reconnaître facilement les plantes", "Dictionnaire étymologique de botanique", "Fleurs des Alpes"), le jardin ("Mangez vos soucis", "Le Jardin au naturel", "Légumes, fruits et condiments oubliés"), la nutrition ("Guide nutritionnel des plantes", "Le véritable régime crétois","Sans viande et très heureux") et les plantes médicinales ("Petit Larousse des plantes qui guérissent").
La collaboration entre François Couplan et le cuisinier étoilé Marc Veyrat a donné naissance à "L'Herbier gourmand", un plaisir pour les yeux et les papilles...



lundi 30 juillet 2012

Aimons les arbres

Il arrive quelquefois, au promeneur fatigué, de s'appuyer sur un arbre : il pose la main sur son tronc et, reprenant son haleine, il paraît se gorger de cette calme puissance qui le soutient pour l'instant. Ce n'est qu'un préambule, il faut aller plus loin. 


 En fait, celui qui ne s'est jamais adossé contre un arbre, sa colonne vertébrale communiant du pilier, comme si le fût de ce hêtre, de ce chêne, de ce pin devenait sa colonne et transformait sa halte en un moment de rêve, d'intense méditation, d'abandon à la force qui se développe sous son corps et frémit sous l'écorce que sa main, lentement, caresse - celui-là ne sait pas ce qu'est vraiment un arbre...


... non, quand bien même saurait-il tout ce que les livres en disent, sa science ne serait rien devant la seule expérience de celui qui, un jour, a fait confiance à cet arbre, qui s'y est comme fondu et y a découvert un univers tout entier... 


 ... Il faut aimer les arbres. 


 Michel Cazenave
 - Arbres



samedi 28 juillet 2012

Ne rien faire avec Christiane Singer

Leçon de chose
Décor : une fenêtre ouverte peut suffire - un banc de square, mieux encore : la forêt.


S’immobiliser. Stopper la toupie verbale qui entraîne notre esprit dans sa giration obsessionnelle.
Se taire passionnément. Et chaque fois qu’une association de pensées se faufile, s’immisce dans une fêlure de notre attention, la rejeter impitoyablement.


Ne rien faire, ne rien déranger.


Dériver.
Assise sur un rocher, je laisse le froid visiter l’épaisseur de mes jupes.
Me traversent le crissement et les bruits, l’odeur de la terre.
Suspension. Pointe aiguë. L’envie de crier.
Soudaineté de la perfection.


Je n’écoute pas. Les sons me recouvrent comme un lichen.
Je ne regarde pas. Les branches et leurs ombres poussent dans les yeux ouverts.
Je ne respire pas. Un souffle régulier m’habite et me scande.
Je ne flaire pas. Les odeurs m’enfouissent au ventre leurs rhizomes.


Absence et suspension.
Où allais-je chercher l’aventure. ?


Une escapade semblable permet au moins deux découvertes : en ne faisant rien, celui qui n'a rien fait a déjà fait beaucoup; et ce qu'il faut à l'homme pour aller au bout de ses rêves et de ses possibilités n'est rien d'autre que ce qu'il a déjà : son corps.


Dès lors, tout s'éclaire. Ce que la méditation a de si suspect pour l'ordre social et économique, c'est qu'elle nous apprend à nous mouvoir ailleurs, dans un univers dont les richesses innombrables échappent aux circuits monétaires et marchands.

Christiane Singer, 
les âges de la vie, éditions Albin Michel, p. 25-27



L'oeil unique...


jeudi 26 juillet 2012

Passage par la Trappe avec Arnaud Desjardins

"Par la profession des vœux solennels, le frère se donne au Christ en esprit de foi et s’engage à vivre pour toujours dans sa communauté selon la Règle de saint Benoît. L’abbé et les frères l’accueillent avec bienveillance dans la communauté, sachant qu’ils s’obligent à l’aider par leurs prières et leurs exemples à revêtir de plus en plus la ressemblance du Christ"

Site de l'abbaye de La Trappe

mercredi 25 juillet 2012

Mort naissante ou naissance mortelle...

Voici la photo d'un coucher de soleil dans le Cantal (la semaine dernière)... 
 Je vous laisse admirer.

mardi 24 juillet 2012

Le spectacle des abeilles...

Un arbre du Kenya abrite un essaim d'abeille. Entrons dans la riche ruche...

lundi 23 juillet 2012

Prodigieux pouvoirs de la Vie...

Les chamanes disent depuis longtemps que la nature utilise des signes et communique. Leur manière de voir pourrait améliorer la compréhension qu'ont les scientifiques de la nature...


J'ai aussi commencé à regarder les êtres vivants avec des yeux neufs. Le fait d'apprendre que les cellules des plantes s'envoient mutuellement des signaux similaires à ceux utilisés par mes propres neurones, que les plantes évaluent le monde qui les entoure et prennent les décisions appropriées, tous ces éléments m'ont conduit à considérer chaque plante, y compris les mauvaises herbes, avec un respect grandissant. Et maintenant, j'admire les myxomycètes, j'apprécie les nématodes, je crains la salmonelle et je respecte les cafards...


Désormais, les autres espèces me semblent plus humaines, et les humains, plus naturels. Reconnaître que la capacité de savoir existe en dehors de l'humanité mène à une existence plus riche, plus aventureuse, plus confortable. Au lieu de dégrader aveuglément la planète, nous pouvons voir que les prodigieux pouvoirs de la vie habitent chacun de ses habitants.


Jeremy Narby 
Intelligence dans la nature 
En quête du savoir

dimanche 22 juillet 2012

Paule Amblard et l'Apocalypse

Texte étrange du corpus biblique, l’Apocalypse de Jean, exilé sur l’île de Patmos, est à proprement parler une "révélation". Il annonce "le présent et ce qui doit arriver plus tard." Ce dévoilement d’un futur punitif que connaîtra(it) l’humanité est de fait, selon Paule Amblard, davantage une photographie du présent que l’annonce de l’avenir. Haine, guerre, rivalité et vide spirituel hantent la destinée humaine. Aussi est-il plus nécessaire que jamais de "dépouiller le vieil homme" et s’engager avec ferveur vers l’horizon spirituel promis par le Sauveur. 

Attribué à Jean, le préféré du Christ, le texte fut sans doute rédigé par ses disciples vers l’an 90-95 alors que la secte chrétienne subissait les persécutions impériales. D’ailleurs, les pères de l’Eglise verront plus tard dans le chiffre de la Bête la marque même de l’empereur Néron.
Fidèle à sa passion bibliophile, Diane de Selliers a choisi d’illustrer cette Apocalypse par la tapisserie d’Angers, la plus grande jamais tissée au Moyen Âge. Œuvre du peintre Hennequin de Bruges, elle fut commandée par Louis Ier d’Anjou, frère du roi Charles V, d’après un manuscrit enluminé de ce dernier livre du Nouveau Testament. Réalisée de 1379 à 1382, elle entra de facto dans le trésor de la maison d’Anjou puis de France et se trouve depuis 1996 exposée en permanence dans une salle spécialement aménagée au château d’Angers. 


L’Apocalypse de St-Jean, avec l’éditrice Diane de Selliers et Paule Amblard au micro de Christian Ciocca et Christine Gonzalez






Mardi 30 novembre 2010 - 50 min. RSR



Deux vidéos également sur le site de La Procure

samedi 21 juillet 2012

L'apocalypse avec Paule Amblard (5)

Cinquième épisode : De l'ombre à la lumière

1- La prostituée de Babylone : Nous sommes toujours dans les dangers des illusions du monde. Explication symbolique de cette femme et sens historique de cette vision au temps de Jean. 

2- La chute de Babylone : Annonce de cette disparition d’un monde vicié qui s’écroule, comme ces démons combattus par de simples oiseaux blancs. Ils sont signe de la lumière qui perce l’ombre et la fait disparaître.


3- La mesure de la Jérusalem : Image du renouveau de l’homme. Nous met face à cette ville nouvelle : du jardin de l’Eden à une ville. 


4- Conclusion sur ce périple de l’Apocalypse qui est passage de l’ombre à la lumière, avec une lecture du dernier passage du texte de l’Apocalypse : sur l’appel du Christ au lecteur : "Viens !".