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Besoin de s'occuper de son esprit...
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Si dans une grotte plongée dans les ténèbres depuis des millions d'années on allume une bougie, immédiatement, sans aucune latence, les ténèbres disparaissent pour faire place à la lumière.
Les ténèbres n'ont pas d'existence, elles ne sont qu'une absence de lumière.
Il en est de même de notre confusion, aussi ancienne soit-elle, elle n'a pas d'existence en soi, c'est juste une absence de sagesse, une absence de connaissance transcendante. Ce que nous sommes fondamentalement, notre vraie nature est lumière, est sagesse, est connaissance. Mais cela ne peut être saisi, c'est insubstantiel.
Méditer c'est s'arrêter et laisser la lumière que nous sommes prendre place au sein des ténèbres de notre confusion. Sans aucune attente, sans aucun espoir et sans crainte, sans aucune volonté, laisser la lumière de notre sagesse inhérente éclairer notre ignorance. L'ignorance ne pourra pas résister à la bienveillance de notre sagesse, pas plus que les ténèbres ne peuvent résister à la lumière, aussi profonds et anciennes soient-elles. La lumière de la sagesse pourra alors dévoiler toutes les qualités d'amour, de compassion, de compréhension, de joie qui nous sont inhérentes et qui ne demandent qu'à fleurir si vous les arrosez de vigilance et d'attention.
Philippe Fabri
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En réalité, «l'acceptation de ce qui est» n'est pas une action, c'est l'état naturel et spontané de l'être qui est uni aux formes que prend la Vie en lui et autour de lui. Lorsque l’on parle d'accepter ce qui est, c'est avant tout en référence à un état de refus. Pour notre cheminement, «accepter» signifie donc «cesser de refuser». Mais creusons encore et définissons clairement ce qu’est un refus.
Parfois le cœur dit «oui, j'aime», parfois il dit «non, je n'aime pas». Ce n'est pas un problème en soi. Si le cœur est fluide et souple, ses mouvements subtils ne sont pas un problème. Le problème survient lorsque le «non, je n'aime pas» engendre un état de fermeture et de blocage : le cœur s'enfonce dans le non et la fermeture, des tensions internes se manifestent, des pensées stériles apparaissent en lien avec la situation et hypnotisent notre attention ; nous nous enfonçons alors dans la fermeture et la souffrance.
Le refus dont nous parlons est donc une sorte de dérapage et de dégringolade à partir d un "non, je n’aime pas" du cœur, qui aboutit à un amas de tension et de pensées, ces pensées exprimant un rejet de la situation présente.
Il n'y a plus personne pour ressentir la peur ou l'enthousiasme, c'est ressenti. Tout est vécu à sa juste place, la souffrance, la compassion pour toute la création dans ses formes les plus terribles, dans ce grand cœur qui bat éternellement et qui est capable d'accueillir toute cette souffrance.
Cet espace, cette disparition de la personne, est la réalité de base, la toile de fond sur laquelle se déroule le film de l'existence.
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Yolande Duran, Amoureuse du Silence
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Il passe ses jours au bord d'une route départementale, à une dizaine de kilomètres d'ici. Son feuillage surplombe une partie de la route. En traversant l'ombre qu'il donne, j'ai levé la tête, regardé ses branches.
Comme à l'entrée d'une église, les yeux se portent d'instinct vers la voûte. Son ombre était plus chaude que celle des églises. Une des plus fines expériences de la vie est de cheminer avec quelqu'un dans la nature, parlant de tout et de rien.
La conversation retient les promeneurs auprès d'eux-mêmes, et parfois quelque chose du paysage impose le silence, impose sans contraindre.
L'apparition de cet arbre a fait surgir en moi un silence de toute beauté. Pendant quelques instants je n'avais plus rien à penser, à dire, à écrire et même, oui, plus rien à vivre. J'étais soulevé à quelques mètres au-dessus du sol, porté comme un enfant dans des bras vert sombre, éclaircis par les taches de rousseur du soleil.
Cela a duré quelques secondes et ces secondes ont été longues, si longues qu'un jour après elles durent encore. Je ne retournerai pas voir cet arbre - ou bien dans longtemps.
Ce qui a eu lieu hier m'a comblé. Il me semblerait vain d'en vouloir la répétition.
Vain et inutile : en une poignée de secondes, cet arbre m'a donné assez de joie pour les vingt années à venir - au moins."
Christian Bobin, Autoportrait au radiateur, 1997
Quand on lui a demandé de choisir deux femmes à nous présenter, cet ancien Inconnu nous a avoué avoir du beaucoup chercher. Et cela n’a rien à voir avec sa mémoire à lui, mais plutôt avec l’oubli dans lequel notre Histoire laisse sombrer des femmes extraordinaires.
Au micro de Donne-moi des Elles ce mois-ci, il a choisi d’évoquer la mémoire d’Olympe de Gouges et de Denise Desjardins, deux personnalités libres et engagées, l’une sur la voie révolutionnaire et l’autre sur la voie spirituelle. "
Je vous propose la partie sur Denise Desjardins en cliquant sur cette phrase.
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Dans la dernière lettre d’octobre, Jacques nous parle « du mystère, du miracle : je respire! » Et nous interroge : « Qu'est-ce que je pourrais faire afin de rester en contact avec cette part de moi-même trop souvent ignorée ? Réponse ... un exercice ! »
N’est-ce pas un peu ennuyeux ?… Tout le monde respire !
Je sais bien que je respire, que je suis assis (za-zen), que je marche (kin-hin).
Comme tout le monde ! N’avez-vous pas autre chose à proposer ?
Le Zen ne s’intéresse-t-il qu’à ce genre de considérations si terre à terre ?
Ces questions classiques, que tout pratiquant ne manque pas de se poser plus ou moins rapidement, sont les signes d’une pratique égocentrée.
Ces questions balaient d’un revers de mental hautain les différentes expériences telles que marcher, être assis, respirer, considérées comme banales et inintéressantes par le Moi, qui a un savoir au sujet du but à atteindre : un calme, une sagesse idéalisés, forcément grandioses.
Ce savoir coupe la personne, enfermée dans des concepts, de la vraie valeur de l’exercice.
Cette capacité que l’homme a de préméditer un résultat, qui serait conforme à ses attentes, le met dans un état de tension intérieure : oppositions, comparaisons, désirs et refus le maintiennent dans des idées sur l’exercice, et le mènent dans une impasse : une pratique menée par le mental, pour le mental.
Pratiquant ainsi, l’homme reste à la surface de lui-même, et oscille entre réussites et échecs : expériences douces, agréables ou paisibles, si elles correspondent à ce qu’il attend de la pratique, et expériences austères, désagréables, dérangeantes si elles ne vont pas dans son sens.
C’est ainsi que l’on peut tourner en rond, en s’appuyant sur les savoirs et les attentes de la conscience ordinaire, rationnelle, lorsque l’on pratique un exercice.
« Si l’homme occidental perçoit l’impasse à laquelle sa pensée l’a conduit, il reconnaitra qu’il est vain d’en sortir par les moyens mêmes qui l’ont créée » K.G. Durckheim
Alors, comment contacter « cette part de nous-mêmes trop souvent ignorée » ?
En se situant avant tout hors de la conscience ordinaire.
Et pour cela, au grand dam de l’ego, il faut revenir à des exercices simples (et non pas simplistes) tels que je respire, je marche (kin-hin), je suis assis (za-zen), et les engager à partir d’un centre autre que le mental, l’intellect.
Cet autre point d’appui, c’est la redécouverte du centre vital de l’homme, Hara : renaissance d’une conscience primitive, pré-mentale, qui n’a rien à voir avec nos capacités physiques ou intellectuelles mais qui est à retrouver dans nos origines, nos « tripes ». Connaissance de soi instantanée, physique, sensitive, sensorielle, qui nous plonge dans le monde du sentir, du corps vivant (Leib en allemand).
Participer et agir en fonction de ce que nous sentions, ressentions, emportés par l’élan vital de tout notre être : nous ne connaissions que cette conscience là au début de notre existence (fœtus, bébé, jeune enfant) ; elle était même notre seule manière d’être au monde.
La conscience corporelle précède la naissance de la conscience propre à l’être humain et de ses formidables capacités de pensée, d’organisation, de maîtrise, de développement … et de destruction ! Si, pour définir cette conscience humaine, pilier et centre de nos sociétés, Durckheim ne parle que de conscience ordinaire, et même de « conscience routinière », sans doute passons nous à côté d’une conscience moins ordinaire : quel mystère !
En prenant tout notre espace intérieur et extérieur, cette manière d’être rationnellement conscient nous fait oublier notre vraie nature : nous sommes des êtres vivants avant d’être des êtres pensants.
« L’homme centré sur le moi met en danger ce lien à la force de vie originelle qu’il est encore …
Le développement de hara, conscience corporelle sensitive, représente la relation originelle de l’homme avec les puissances de la Grande Vie. Cette conscience est le lien non encore rompu avec la nature » K.G. Durckheim
La vraie raison d’être de l’exercice est de retrouver, à l’âge adulte, « ce lien à la force de vie originelle » que nous sommes encore, « ce lien à la nature ».
Quels que soient notre âge, nos conditions de vie, nos difficultés existentielles, notre santé, les exercices sur la voie nous ramèneront toujours à sentir, goûter et participer à un geste du tout corps vivant, un geste jaillissant de notre essence, de notre appartenance au vivant.
Reprendre contact avec cette part de soi trop souvent ignorée, c’est pratiquer Za-zen, kin-hin ou tout autre exercice en accord avec ce principe : libérer un geste originel, simple, voulu par la vie, tel que respirer, marcher, être assis …
L’exercice, maîtrisé et pratiqué inlassablement sans but (d’acquérir un savoir ou une faculté supplémentaire), c’est réellement sentir « rien que » je respire, je marche, je suis assis… Sentir que je participe à un évènement bien plus grand que moi, et que Moi, « je n’y suis pour rien !».
Ainsi, peut-être, chacun de nous pourra-t-il s’écrier un jour : « Quel miracle, je respire ! »
Joël PAUL
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Observer ce que l'on pense de soi est vraiment intéressant pour se rendre compte que la valeur et la fierté en sont souvent absentes...alors que nous sommes uniques.
La crise émerge de l’évidence que vous ne pouvez penser que le vieux, alors que c’est le neuf que vous cherchez. Vous vous rendez compte que toute votre vie, que toutes vos actions sont faites constamment pour trouver ce neuf, pour trouver le non-désir, et vous ne pouvez que répéter les schémas qui reproduisent les erreurs passées. Votre questionnement ne peut plus être devant. La pensée n’a pas les éléments pour arriver à la non-pensée.
Lorsque l’on rencontre ce moment dans la vie, c’est vraiment une crise, un choc. Vous savez très bien où vous ne voulez pas aller. Vous ne savez pas où vous voulez aller, mais vous voyez très bien où ne se trouve pas ce que vous cherchez. C’est un choc très profond.
Les jeunes aussi éprouvent cela. À l’âge de quatorze ou quinze ans, on se rend compte qu’on ne veut pas être comme son père ou sa mère, qu’on ne veut pas mener une vie bourgeoise. On s’aperçoit que la société est factice. À cet âge, on sait très bien ce que l’on ne veut pas, mais on n’a pas le pressentiment de ce que l’on veut. Ce sont vraiment des crises très profondes.
~ Éric Baret
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