jeudi 27 janvier 2022
Une présentation du shiatsu
mercredi 26 janvier 2022
Les émotions
Les émotions. Ce que l'on appelle trop facilement « le stress » (un mot-valise qui ne veut rien dire) est en réalité une émotion, ou plutôt un cortège d’émotions qui nous assaillent avec parfois une grande violence ET une grande constance. Il y a les émotions « chocs » (deuil, annonce d’une maladie grave, licenciement...), et aussi les « petites » vexations du quotidien, les « petites » agressions au bureau, les « petites » maladresses subies. Lesquelles, au final, font de « grands » problèmes.
L'émotion, étymologiquement, signifie « mouvement de/vers l’extérieur » ; par principe, l’émotion nous fait faire des choses (souvent, n’importe quoi !). C’est son « travail » : nous faire réagir, ce qui explique qu’elle se traduise par une multitude de réactions corporelles - bourdonnements d'oreilles, « sang glacé », « sang dans les pieds », chaleur/rougeur (le rouge aux joues), transpiration chaude, sueurs froides, fourmillements, maux de ventre... - mais aussi verbales, gestuelles... Sous le coup d’une émotion, on peut jeter de la vaisselle par terre, frapper quelqu’un, crier, hurler, pleurer, dire des choses que l’on regrette aussitôt, plier bagage, etc.
En fait, une émotion naît en nous à la suite d’un événement réel ou fantasmé, et provoque un mouvement vers l’extérieur. C’est une pulsion, qui se traduit par des réalités physiologiques bien tangibles. Chaque émotion provoque une « charge » (la charge émotionnelle), habituellement suivie d'une « décharge » (soulagement, crise de larmes, fou rire...). Mal gérée, elle provoque des contractures, des douleurs articulaires, tendineuses...
Que faire ? Évacuer le surplus d’émotions au fil des arrivées. Ne pas confondre émotion (irréfléchie, fugace) et sentiment (mental, sur la durée). L’émotion - qu’elle soit positive ou négative - doit s’exprimer d’une manière ou d’une autre, se canaliser. Sinon, ça fait mal ! Donc n'ignorez pas vos émotions, ne les enterrez pas. Si c’est votre stratégie, sachez qu’elles vont ressortir un jour ou l’autre, comme des zombies, soyez-en sûr.
Accueillez-les plutôt comme elles viennent et trouvez les outils qui vous aident à les décharger : respiration profonde, sport, sommeil profond, activité artistique...
mardi 25 janvier 2022
Vivre librement l'ordinaire
La plus que vive
"La vie ordinaire ne cesse de vouloir nous aider. Nous sommes fous de vouloir aller dans le spectaculaire, de croire qu'il faut toute une machinerie pour nous émerveiller. Rien de plus émerveillant que le vivant, que l'éphémère, que l'ordinaire"
Christian Bobin entretien dans la revue Reflets
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lundi 24 janvier 2022
Chers amis du Dharma,...
Thayé Dorjé, Sa Sainteté le XVIIe Gyalwa Karmapa, partage le message suivant au sujet du décès de Thich Nhat Hanh.
Chers amis du Dharma,
Thich Nhat Hanh, l’un de nos maîtres bouddhistes les plus révérés de notre époque, a quitté son corps. J’aimerais exprimer mes condoléances à tous ses étudiants de par le monde et je souhaiterais aussi nous encourager tous à nous réjouir de son activité sans limite et de son héritage atemporel.
Son décès ne signifie pas qu’il soit parti. Comme il l’a lui-même dit : « C’est seulement du fait de notre mécompréhension que nous pensons que la personne que nous aimons n’existe plus après sa mort. C’est parce que nous sommes attachés à l’une de ses formes, à l’une des multiples manifestations de cette personne... La personne que nous aimons est toujours présente. Elle est autour de nous, en nous et elle nous sourit. »
Notre lignée karma kagyü a un lien spirituel très spécial avec maître Thich Nhat Hanh parce que c’est grâce à sa bonté que nos moniales de Dhagpo Kundreul Ling ont pu recevoir les vœux de pleine ordination monastique, les voeux de bhikshuni (gelongma en tibétain), au Village des Pruniers, en 1994.
Puisque la pratique du vinaya est le fondement de tout mérite et de toute sagesse, il n’existe pas de plus grand cadeau que celui fait à la lignée du Dharma du Bouddha.
En ce qui concerne le monde, je pense que sa contribution principale était – et est encore – la pratique authentique de la spiritualité, sans séparation ni frontière.
Cette spiritualité sans frontière n’était pas que paroles et elle ne signifiait pas non plus mélanger les diverses religions et traditions spirituelles si bien que le caractère unique de chacune serait perdu.
Il a plutôt essayé, sans être source d’afflictions pour les autres, de révéler et de refléter la nature de chaque croyance d’autrui afin que chacun se sente respecté, compris et accepté dans sa singularité et ses différences. Et c’est ce respect et cette acceptation, – ce « laisser être »–, qui permettent aux autres de parvenir à la compréhension qu’au bout du compte, nous sommes les mêmes.
C’est ainsi que les afflictions se calment et s’apaisent, ce qui permet à chacun de voir la « vérité », quel que soit le nom que nous lui donnons.
Une telle activité est reconnue par les bouddhistes comme le Dharma du Bouddha.
Il n’existe rien en quoi les bodhisattvas ne s’impliquent pas, rien qu’ils n’apprennent pas afin d’apaiser les afflictions d’autrui, comme les cinq sciences et tous les outils sociaux, y compris la politique.
C’est ce qu’a fait maître Thich Nhat Hanh.
Le reste nous appartient.
Thayé Dorjé
Sa Sainteté le XVIIe Gyalwa Karmapa
Voir la vidéo en hommage sur Sagesses Bouddhistes
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dimanche 23 janvier 2022
Hommage à Thich Nhat Hanh
Pour beaucoup d'entre nous, Thich Nhat Hanh a beaucoup compté: que ce soit par son enseignement, profond, joyeux et plein d'humour de la pleine conscience, par sa présence bienveillante et ancrée et par son incarnation d'une pratique méditative mise au service de la société.
Pensées d'amour et gratitude pour ce qu'il apporté et apporte pour un monde plus apaisé, juste et bienveillant...
De tout cœur avec la communauté du Village des Pruniers. Sa présence continuera certainement à nous inspirer et nourrir notre pratique 🌸
- J'ai demandé à la feuille si elle avait peur parce que c'était l'automne et que les autres feuilles tombaient. La feuille m'a dit: «Non. Pendant tout le printemps et l'été, j'étais très vivante. J'ai travaillé dur et aidé à nourrir l'arbre, et une grande partie de moi est dans l'arbre.
Ne dit pas que je ne suis que cette forme, car la forme de feuille n'est qu'une infime partie de moi. Je suis l'arbre tout entier. Je sais que je suis déjà à l'intérieur de l'arbre, et quand je retournerai au sol, je continuerai à nourrir l'arbre. C'est pourquoi je ne m'inquiète pas. En quittant cette branche et en flottant au sol, je vais faire signe à l'arbre et lui dire: 'Ai très bientôt.' "
"..." Ce jour-là, il y avait un vent qui soufflait et, au bout d'un moment, j'ai vu la feuille quitter la branche et flotter jusqu'au sol en dansant joyeusement, car en flottant, elle se voyait déjà là dans l'arbre. C'était tellement heureux. J'ai baissé la tête et je savais que nous avons beaucoup à apprendre de la feuille… -
Thich Nath Hanh
Thich Nath Hanh a dédié sa vie à l'enseignement de la mindfulness (pleine conscience) mais a aussi été un activiste social engagé. Pionnier du Bouddhisme et de la pleine conscience en occident, il est l'incarnation de la paix intérieure mise au service de la société, de la paix dan le monde.
Texte de Ilios Kotsou
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samedi 22 janvier 2022
En paix avec le désir
vendredi 21 janvier 2022
Premier post : le 20 janvier 2007
J'apprends la disparition sur terre de Thich Nhat Hanh. J'ai commencé ce blog par un article sur lui le 20 janvier 2007... Le voici :

Ego menacé
C'est une loi que nous devions apprendre auprès d'Arnaud : chaque fois qu'il y a over-emphasis, un accent exagéré pour affirmer une chose, c'est qu'il y a, à l'arrière-plan, totalement refoulé, un aspect de nous que nous refusons de laisser affleurer à la conscience et qui, tôt ou tard, se révélera avec d'autant plus de force qu'il aura été nié longtemps.
Une autre fois, le bruit circula parmi nous qu'un des participants portait un jugement sans appel sur ces réunions autour d'Arnaud: « C'est de la métaphysique de cours du soir pour ouvriers portugais... ». Quelle ne fut pas ma stupeur, quelques années plus tard, d'apprendre que l'auteur de cette remarque cinglante n'était autre que mon père !
Dans l’intime d’un chemin/Véronique Desjardins
jeudi 20 janvier 2022
La pratique toujours...
Les exemples puisés dans sa propre sadhana montraient l'acharnement dont il (Arnaud) avait fait preuve pour tirer la substantifique moelle de la voie sur laquelle il était engagé. Il préparait longuement ses entretiens avec Swâmiji puis, après I’entretien, prenait des notes pour reconstituer l'entretien dans son intégralité. Quand il rencontrait Swâmiji, il abordait un sujet précis - il nous disait qu'il pouvait avoir un entretien avec Swamiji portant sur une seule phrase- et ressortait avec une compréhension claire.
L'intensité de présence de Swamiji, la clarté de ses réponses aiguisaient son intelligence. Le reste de la journée, seul avec lui-même, il réfléchissait et, s'il sentait que sa compréhension devenait moins percutante, il reposait sa question le lendemain et Swâmiji reprenait son explication. « Make it your own ! » lui disait son maître, faites-en votre propre substance. »
À nouveau, une fois seul, Arnaud reprenait l'entretien, trouvait ses propres exemples, tirait ses conclusions et apportait son butin le lendemain à Swámiji qui concluait : « You have got it, Arnaud ! Vous avez compris !» Au sortir de ce type de sitting, Arnaud n'était plus le même que celui qui était entré dans la pièce de Swâmiji. Quand il avait fait son bien propre d'un point précis après plusieurs entretiens, il avait franchi une étape, sa compréhension s'était définitivement établie.
Véronique Desjardins

mercredi 19 janvier 2022
Amour de lune ou d'univers
mardi 18 janvier 2022
VAGUE (" le nirvana est le samsara")
Illusion que ce monde,
disent ils
non sans dédain
or
l’illusion n’est pas ce monde
mais la conviction
qu’il gravite autour de moi
le moi n’est qu’un rêve,
clament ils
non sans morgue
or
le rêve n’est pas le moi
mais sa prétention d’exister
souverain
par lui même
et à jamais
séparé
alors qu'il n'est que distinct
vaines, ces entreprises,
prétendent ils
non sans condescendance
or
nos entreprises
non seulement ne sont pas vaines
mais chacune
chacune
importe
pourvu qu’elle participe
au déploiement
du vivant
vaine
par contre
la conviction
que le monde devrait
se conformer à notre gré
fiction que la personne
pointent ils
non sans affectation
or
la personne
n’est pas plus fiction
que la vague
jaillie de l’océan
fiction par contre
que sa propension
à s’imaginer
autonome
et éternelle
chimère que le libre arbitre
dénoncent ils
non sans désespoir
or
est ce chimère que
le vertige
du possible choix
dans le précipice de l’instant
mais chimère,
que de se croire
libre
tant qu’on ne l’est pas
chimère
de s’attribuer
la moindre liberté
comprenne qui pourra
aveuglement que l’amour
ricanent ils
non sans cynisme
or
aimer
aimer de la manière
la plus ordinaire
la plus banale
qui soit
ses enfants
son conjoint
sa maison
son chien
aimer
n’est pas s’aveugler
s’aveugler
c’est confondre
chaque objet d’amour
avec l’amour lui même
investir d’éternité
l’éphémère
et ainsi refuser
la perte
l’éloignement
le changement
égarement que le désir
avertissent ils
non sans morbidité
or
le désir
n’est pas plus aveugle
que la vie
dont il procède
n’est aveugle
que la pulsion
vouée
à son seul assouvissement
surface, surface
pointent ils
non sans superficialité
or
la surface
n’est superficielle
que tant qu'elle est appréhendée
hors de la profondeur
dont elle procède
et qui l'irrigue
La surface est la profondeur
La profondeur est la surface
oh
qu’il me soit donné
de me savoir
vague
dérisoire
cruciale
vague
naissant
vivant
mourant
en l’inconnaissable océan
me savoir
pleinement
joyeusement
glorieusement
vague
.........Gilles Farcet
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lundi 17 janvier 2022
Connaissance spirituelle
Dès qu’il y a une attente, dès qu’il y a une volonté, que ce soit de ne pas souffrir ou d’obtenir quelque chose, il y a tension. Nous avons déjà à voir notre attente, notre volonté de faire quelque chose. Au fond de nous, nous aspirons au relâchement. Le corps ne demande que cela et c’est pour cette raison qu’il est si précieux dans la démarche. Il a le sens immédiat de ce relâchement parce qu’il le recherche instinctivement.
Dans la connaissance spirituelle, il n’y a pas un « moi » qui connaît quelque chose. C’est la totalité de notre être qui connaît. La connaissance n’est pas duelle mais découle de l’unité : la scission entre le connu et le connaisseur s’est dissoute. C’est déroutant, particulièrement en Occident, où nous sommes conditionnés par l’idée qu’il faut un connaisseur pour connaître quelque chose : « je vais en savoir plus sur moi puis j’en saurai plus sur le Soi ». Le « moi » se croit au centre et veut accéder à un savoir. D’ailleurs, le « moi » veut tout le temps quelque chose, que ce soit une méditation réussie ou l’évitement d’une situation désagréable. Mais ici, le « moi » personnel doit s’effacer, la pensée doit se taire, pour que la connaissance spirituelle puisse advenir.
"Dans la connaissance spirituelle, il n’y a pas un «moi» qui connaît quelque chose. C’est la totalité de notre être qui connaît."
Christophe Massin est médecin psychiatre et psychothérapeute. Il s’inspire dans sa pratique psychothérapeutique de l’enseignement du maître indien Swami Prajnânpad qu’il a découvert et pratiqué auprès de Arnaud Desjardins. Il a écrit entre autres : Swâmi Prajnânpad et les lyings (Table ronde, 2000) ; Réussir sans se détruire (Albin Michel, 2001) ; Souffrir ou aimer. Transformer l’émotion (Odile Jacob, 2013) ; Une vie en confiance (Odile Jacob, 2016).
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dimanche 16 janvier 2022
Pourquoi pratiquer zazen ?
Pour une seule
raison, une raison qui n'est pas raisonnable : l'éveil de l'homme à sa vraie
nature d'être humain.
Le maître zen Shohaku Okumura nous invite à laisser se révéler notre être-nu (1)
Graf Dürckheim
parle de notre être essentiel.
Qu'est-ce que
c'est -ça- que vous appelez notre être essentiel ? Lorsque je lui pose cette
question, le Vieux Sage de la Forêt Noire me dit "Vous ne pouvez pas poser
cette question, parce que ce que je désigne comme étant notre être essentiel
n'est pas un - ça -, n'est pas quelque chose qui pourrait être défini et classé
dans les catégories de la raison. Mais, paradoxalement, chaque personne, au cours
de son existence, peut faire l'expérience de sa vraie nature, l'expérience de
sa propre essence".
C'est quoi
cette expérience ?
"C'est
l'expérience d'une qualité qui se présente à travers la sensation".
Il s'agit de
l'expérience révélatrice ou de la révélation expérimentale d'un ensemble de
valeurs de l'être parmi lesquelles celle qui semble manquer le plus à l'homme
contemporain : le calme intérieur.
C'est peut-être
la nostalgie de cette manière d'être au monde qui fait que le mot méditation
fait aujourd'hui sauter l'audimat ?
Méditation
bouddhiste, méditation chrétienne, méditation laïque, méditation Vipassana,
méditation
Taoïste ...
laquelle choisir ? À chacun de décider. Mais il est sans doute important de
savoir que la pratique appelée zazen n'a rien à voir avec ces multiples
propositions qui ne font qu'opposer les tenants de l'une aux partisans de
l'autre.
Zazen est la pratique méditative SANS objet, SANS but. Lorsque je demande Graf Dürckheim s'il peut me donner une bonne raison pour pratiquer zazen chaque jour, il répond : "Pourquoi pratiquer zazen chaque jour ? Pour une seule raison ... parce que c'est l'heure".
Bien qu'elle ne soit pas encourageante cette réponse est capitale. D'autant plus que aujourd'hui, les animateurs d'une méditation dite moderne (?) proposent à leurs adeptes une liste qui rassemble cent (100) bienfaits alléchants.
Sans ou cent !
Malgré la prononciation à l'identique il ne faudrait pas confondre la
préposition qui marque l'absence avec l'adjectif numéral qui présume le
beaucoup. "Dès que l'on commence à promettre à ceux qui font un exercice
la santé ou le succès dans la vie, cela n'a plus rien à faire avec l'exercice
appelé zazen" (K.G. Dürckheim).
Au début de son
séjour au Japon (1937-1947) Graf Dürckheim pratiquait régulièrement zazen à
côté d'un moine zen d'un certain âge.
- Puis-je vous
demander en quoi consiste votre exercice après plus de quarante années de
pratique ?
Réponse du
vieil homme : - C'est difficile ... j'essaie d'arriver à ce point où je sens
que le souffle va et vient de lui-même et ... lorsque j'y arrive, c'est vraiment
étonnant ... tout en moi se calme !
Réponse qui
témoigne que pratiquer sans but n'est pas sans effets.
Ce moine, me
disait Graf Dürckheim, pratiquait fidèlement l'exercice proposé par le Bouddha historique
il y a plus de vingt-cinq siècles ; exercice qui en Pali (2) est désigné par
l'expression :
AñaPañaSati
AñaPaña ? Ce n'est pas quelque chose : la respiration. C'est cette action vitale qui n'est pas quelque chose. Ce n'est pas un exercice respiratoire inventé par l’homme ; c'est pour le maître zen Hirano Roshi la signature de la Vie. La Vie qui n'est pas quelque chose mais le PASSAGE de JeInspire à
JeExpire (en un
mot parce qu'il n'y a ni distance ni écart de temps entre le sujet et le
verbe).
Sati ? Il est peut-être important de commencer par dire ce que ce n'est pas. Sati n'est ni la conscience DE quelque chose, ni la concentration sur un objet, ni la méditation au sens d'une pratique mentale qui s'appuie sur la pensée, ni l'engagement de ce qu'on appelle l'esprit lorsque ce processus est opposé à ce qu'on appelle le corps.
Sati indique
une attitude d'accueil, l'action de contempler (c'est-à-dire de voir, d'entendre,
de sentir, d'être en contact avec ce qui est vu, entendu, senti, contacté ...
sans examen de ce qui est vu, entendu, senti, contacté).
Sati, c'est l'approche sensorielle du réel. Une approche pré-mentale du réel à travers la conscience SANS de. C'est la conscience qui est à l'origine, au commencement de notre existence.
Le Zen vous intéresse ? Dans ce cas vous devez savoir que vous allez être confronté à une équation radicale ; dans la langue japonaise : sanzen = zazen!
Ce qui signifie que "Chercher à comprendre profondément le Zen n'est rien d'autre que pratiquer zazen" (Dogen).
Exigence
d'autant plus difficile que, lorsque l'homme occidental approche les pratiques,
les usages, les préceptes, les directives, les exercices propres aux traditions
de l'Orient ou de l'Extrême-Orient, il se demande aussitôt comment il va
pouvoir les intégrer dans le cadre de ses convictions, de ses certitudes, de
ses croyances, de ses habitudes ; en un mot dans son entendement ?
Souvent
j'entends dire : "Je suis intéressé par la Leibtherapie, mais comment
vais-je intégrer cette thérapie dans ma manière d'aborder l'anatomie, la
physiologie telle que l'envisage la médecine expérimentale ?"
"Je suis
intéressé par zazen, mais comment vais-je intégrer cet exercice dans ma psychanalyse
?"
"Zazen
m'intéresse, mais comment vais-je intégrer cette pratique méditative à ma foi
?"
"Je veux
bien pratiquer zazen, mais pouvez-vous me prouver par des mesures
quantitatives, scientifiques, que ce qui est dit de cet exercice n'est pas que
subjectif ?"
Ma réponse ?
"Osez pratiquer zazen !". Jusqu'au jour où vous ferez l'expérience
que lorsqu'on pratique zazen le corps, le corps vivant dans sa globalité et son
unité (Leib) prend la forme du calme...
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