mercredi 13 janvier 2016
Perdre ses illusions
mardi 12 janvier 2016
Trois amis en quête de sagesse
Christophe André, Alexandre Jollien et Matthieu Ricard : Un psychiatre, un philosophe et un moine nous parlent de l’essentiel. Ils sont amis dans la vie.
On les connaît pour leur sagesse, les valeurs qu’ils défendent dans leurs livres et dans les médias. Chacun dans son domaine est l’auteur de bestsellers qui touchent un vaste public.
Depuis des années, ils rêvent d’écrire un livre ensemble. Pas un débat, pas «un livre de plus», mais un vrai projet, profond, intense, et surtout utile au plus grand nombre, basé sur leurs expériences diverses, pour questionner ce qui fait la joie et les difficultés de vivre.
La critique du Figaro par Mohammed Aïssaoui (Le Figaro)
Une affiche incroyable, un casting d’enfer : Christophe André, Alexandre Jollien et Matthieu Ricard publieront le 13 janvier un livre à six mains, Trois amis en quête de sagesse (L’Iconoclaste- Allary Éditions).
L’histoire du livre est aussi fascinante que le livre lui-même. Les trois amis pensaient à ce projet depuis longtemps. « Voilà trois ans maintenant que nous avions décidé de nous retrouver pour écrire ensemble un livre sur la manière de conduire son existence. Pas un manuel assenant des leçons, mais un ouvrage parlant de nos convictions et de notre expérience. Il nous semblait que nos trajectoires, si différentes, nos trois “métiers” - philosophe, moine, psychiatre - permettraient peut-être un croisement fécond de points de vue sur les grands sujets qui interrogent tout être humain lorsqu’il réfléchit à la manière dont il mène sa vie », affirment-ils en préambule. Le projet n’a réellement pris forme qu’en janvier 2015.
Jollien : « Ce livre est né d’une profonde amitié qui nous nourrit tous trois au quotidien. Durant cet échange, j’ai vraiment eu l’impression d’entrer dans une sorte de laboratoire philosophique et spirituel… Ce qui m’a touché aussi, c’est la volonté d’écrire pour transmettre un message, de faire œuvre utile. Cette motivation a imprégné tout notre séjour. »
Quelles sont nos aspirations les plus profondes ? Comment diminuer le mal-être ? Comment vivre avec les autres ? Comment développer notre capacité au bonheur et à l’altruisme ? Comment devenir plus libre ? Sur chaque thème, ils racontent leur expérience, leurs efforts et les leçons apprises en chemin. Chaque fois, ils nous proposent des conseils. Leurs points de vue sont différents, mais ils se retrouvent toujours sur l’essentiel. Un livre limpide et lumineux pour apprendre le métier de vivre.
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lundi 11 janvier 2016
2016 avec Gilles Farcet
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BONNE ANNEE
Bonne année, dites vous, bonne année …
En vérité vous le savez:
Le cauchemar va continuer
Sans plus de queue ou tête
Aujourd’hui et demain qu’hier
Truc s’enfoncera encore dans sa mauvaise foi
Bidule bidouillera comme à son habitude
Machine sera toujours aussi névrosée,
Machin toujours aussi lâche
La médiocrité continuera de se rengorger
Les insensés de se perdre par leur impiété
Et l’homme impuissant dans ses œuvres de faillir ici bas
L’innocence sera bafouée
Les vieux seront abandonnés
Les attentats seront perpétrés
Quantité de commentaires postés
Les uns et les autres continueront
A exister à la petite semaine
Comme si la Parole ne les avait jamais atteints
Jusqu’à ce que la mort les surprenne
Dans une brume mi épouvantée mi médicalisée
Le climat se réchauffera
La courbe du chômage montera
Des messieurs en costume
Se fourniront encore en frissons et mornes vertiges
Auprès de jeunes femmes sinistrées
Pères et mères ne seront pour la plupart pas honorés
Par leurs progénitures tant et plus blessées
Le feu continuera de couver
Dans le bardo des cités
Les dealers de dealer
Et les ascenseurs d’être en panne
Gens de peu comme gens de trop
S’emploieront à se stupéfier
Par ingestions massives de bouffe, de boisson
D'information et de distractions
Le fils de l’homme sera encore livré
L’étranger déporté
Le dissident emprisonné
Le juste calomnié
Des noirs découperont leurs voisins à la machette
Des Américains ouvriront le feu dans des écoles
Au moyen d’armes acquises en toute légalité
Des fermiers ruinés se pendront
Des femmes battues se tairont
Des hommes castrés péteront les plombs
Des organes seront prélevés
Des bébés mis sur le marché
Les espèces menacées seront encore chassées
Les forêts décimées
Les déchets enterrés
Pour tout dire et
En résumé
L'abomination ne s'en laissera pas compter
Bonne année dites vous bonne année
Et
En vérité vous le savez
La merveille ,
Celle la même qui maintes fois le jour
Me précipite face contre terre
La merveille
Adviendra maintenant
Des hommes et des femmes de bonne volonté
Persisteront à prier, a méditer à contempler
Le couchant embrasera les prés
Des forces seront pour toute la vie puisées
Dans le regard de leur grand père
Par des enfants guillerets
Des gens de bien s'acquitteront toujours avec dignité
De ce qui leur sera demandé
Des verres de bon vin continueront de tinter
En toute convivialité
De bons repas seront préparés
Des chants seront chantés
Des danses seront dansées
Des poèmes composés
Des grâces seront dispensées
Des promesses seront honorées
Le christ ressuscitera
Le bouddha s'éveillera
Arjuna sera libéré
Le fils prodigue reviendra
La pharmacienne de la rue du Faubourg st Denis
Poursuivra son commerce
De bodhisattva de quartier
Mon vieux voisin de la Chambarie
cultivera notre potager
Le petit garçon du magasin de Saint Savin
Entre légumes et fleurs, sur sa trottinette
Se fraiera un chemin
Ta volonté parfois sera faite
Sur la terre comme au ciel
Pas assez pour que cela se sache
Suffisamment pour tout racheter
La beauté s'insinuera
La bonté ne faiblira pas
Aujourd'hui comme hier
Des humains se lieront
Pour travailler de concert
A leur rédemption ordinaire
X se résoudra à voir et à entendre
Y renoncera à lutter pied à pied
Z choisira la voie de la vulnérabilité
Des larmes nous seront arrachées
Par l’avènement de la vérité
Ni optimiste ni pessimiste
Revenu de tout émerveillé d'un rien
Je n'attends rien et j'espère tout
De cette nouvelle année donnée
Alors bonne année bonne année
A nous, à vous tous, bonne année
Gilles Farcet
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dimanche 10 janvier 2016
Deux tu l'auras... avec Joshin Luce Bachoux
« Un bon tien...», dit le monsieur ; il s'interrompt, lève l'index et me regarde d'un air sagace : «...vaut mieux que deux tu l'auras ». Je souris, poliment intéressée, mais je n'en crois pas un mot. Que cette petite phrase se présente comme une morale ne lui donne pas, selon moi, de valeur, et ce n'est pas parce que d'autres caractères pompeux l'ont répétée à travers les âges que ça la rend vraie. Tout au plus peut-on dire que la formule est bien troussée !
J'aime bien les « tu l'auras » ! Un peu d'espoir, un peu de rêve, un peu de courage. Sans cela, Christophe Colomb se serait-il embarqué pour l'Amérique ? Marco Polo serait-il allé jusqu'en Chine ? Aurait-on envoyé tant de Spoutnik vérifier si Mars était plein de petits hommes rouges et l'espace aussi immense qu'il le paraît ? Plus simplement, cramponné à son « bon mien », qui quitterait son village pour aller voir ailleurs si l'herbe est plus verte ?
Mais, poursuit le raisonnable, maintenant vous avez perdu ce que vous aviez sans être sûr d'obtenir ce que vous voulez. Ah ! La belle affaire ! De quoi peut-on être sûr dans notre vie ? Oui, parfois nous perdons. Nous perdons du temps, de l'argent, des occasions : peut-on toujours gagner ? Notre vie est-elle faite pour entasser, conserver et se mettre sous cloche parce que le vent souffle et que les nuages approchent ? Certes, je n'aurai sans doute pas réussi tout ce que je suis partie faire, mais dans le mouvement, dans l'audace, j'aurai appris tant de choses ! Appris qu'il est possible de se lancer sans avoir d'abord assuré toutes ses prises : ces moments de déséquilibre, de manque nous font chercher en nous des ressources insoupçonnées de force et de débrouillardise.
Nous allons sortir de notre bulle parce que nous aurons besoin des autres, et nous les rencontrerons sur leur terrain, pas sur le nôtre. Nous aurons à faire preuve à la fois de jugement et de confiance. Nous allons prendre sinon notre mesure, néanmoins une mesure de nous-mêmes. Nous apprendrons de quoi nous sommes capables, quelles sont les peurs que nous pouvons dépasser, et quelles sont les limites qui nous retiennent. Je vois, parfois dans la douleur, que je ne vais pas réussir tout ce que j'ai tenté mais je comprends aussi que je peux accepter cela. Que tenter et ne pas réussir n'est pas un échec irréversible mais un apprentissage ; que rater, se tromper, perdre n'est pas la fin de tout, mais le début d'une réflexion : pourquoi cette erreur ? Comment puis-je mieux faire, quelles conclusions tirer de ces mésaventures ?
C'est vrai, nous allons revenir parfois blessés ou tristes. C'est vrai que la prudence est louable, tant qu'elle ne nous paralyse pas, et que la peur est bonne conseillère, à écouter pour choisir le chemin le plus sûr. Mais avancer ! Découvrir ! Rencontrer ! Cela vaut bien quelques découragements, quelques difficultés. Et, promis, je ne m'en prendrai à personne de mes échecs, et je remercierai le monde entier pour mes réussites. Je sais que je suis responsable de mes choix, je connais cet autre proverbe : « Comme on fait son lit, on se couche »... et je choisis un lit de mousse et un oreiller d'herbe plutôt qu'une chambre close.
« Deux tu l'auras » et peut-être trois ou quatre...ou rien ! Il ne s'agit pas de jouer notre vie à pile ou face, mais de la vivre, dans son insécurité, dans sa richesse, dans sa finitude. Vivre en faisant du mieux possible pour nous-mêmes et pour tous ceux qui nous accompagnent, en se laissant guider, non par des paroles creuses, mais par notre cœur.
Joshin Luce Bachoux, nonne bouddhiste, qui anime la Demeure sans limites, temple zen et lieu de retraite à Saint-Agrève, en Ardèche.
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samedi 9 janvier 2016
vendredi 8 janvier 2016
Le choix d'être heureux avec Gilles Farcet
En cette vie, que cherchons-nous ? Nous avons tous en nous la nostalgie du bonheur et, au fond, nous agissons toujours en vue d'atteindre ou de retrouver une forme de paix et de joie, et ce même lorsque nous nous trompons et que nos choix nous conduisent à souffrir davantage.
C'est en acceptant de nous voir tels que nous sommes que nous pouvons espérer comprendre comment nous fonctionnons, et dans quelle mesure nous sommes prisonniers de nos peurs et de nos attentes. Connaître notre prison, c'est nous donner les moyens de nous en libérer, pour atteindre cette autonomie sereine à laquelle nous aspirons.
Or, contrairement à ce que prétendent aujourd'hui nombre de marchands de prêt à penser et à vivre, il n'existe pas de formule pour être heureux. Ce texte n'est donc pas un recueil de « recettes » visant au bien être ; plutôt un petit traité de pratique spirituelle. Gilles Farcet s'appuie ici sur son parcours et sa longue expérience d'une voie pour tenter de dissiper quelques illusions, proposer de nouveaux positionnements intérieurs et surtout montrer ce qui nous exile du simple sentiment : ici et maintenant, je me sens ouvert, positif et content.
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jeudi 7 janvier 2016
mercredi 6 janvier 2016
lundi 4 janvier 2016
Saint Augustin par Michel Delpech
J’ai découvert saint Augustin il y a bientôt 30 ans, après mon voyage à Jérusalem. Depuis, je ne l’ai plus quitté ! J’ai énormément d’admiration et d’affection pour cet homme, ce grand serviteur de l’Église. Il en est, à mes yeux, le plus grand personnage. Je le vois comme une figure indépassable, un génie, au même titre qu’un Léonard de Vinci. Et son talent littéraire est énorme.
Avant sa conversion, il a connu la vie terrestre, ses plaisirs et ses dangers. Tous ces chemins parcourus pour arriver à Dieu me touchent beaucoup. C’est un homme sur qui on peut poser sa tête. Sans parler d’identification, je peux me reconnaître en lui par la vie ordinaire qu’il a vécue avant d’être prêtre puis évêque. Il n’a pas tout de suite été saint. Il a fallu du temps, qu’il se bagarre avec la vie. Ce parcours semé d’embûches est très rassurant.
Lorsque je lis les Confessions ou que je pense à lui, je le vois comme un contemporain : il aurait pu naître aujourd’hui. J’avais écrit une chanson, il y a 40 ans, que j’avais appelée les Aveux. Récemment, une nouvelle traduction a rebaptisé les Confessions, les Aveux. C’est extraordinaire, non ? Augustin est un homme de toutes les époques, il est universel. Tout comme Jésus, saint Jean de la Croix ou sainte Thérèse de Lisieux, je l’aime. C’est un ami à qui je parle régulièrement et à qui je vais rendre visite de temps en temps à l’église qui lui est dédiée, boulevard Malesherbes à Paris (dans le VIIIe arrondissement).
Le poète et Père de l’Église
354 Naissance à Thagaste (Algérie).
371 Liaison avec celle qui lui donnera un fils en 372.
386-387 Conversion et baptême à Milan.
388 Retour en Afrique. Il y mène une vie intellectuelle et monastique.
391 Ordination à Hippone (Algérie).
396 Évêque d’Hippone.
401-402 Parution des Confessions.
430 Mort d’Augustin à Hippone, alors assiégée par les Vandales.
A méditer
« Aussi, en toute hâte, je revins à l’endroit où Alypius était assis : oui, c’était là que j’avais posé le livre de l’Apôtre tout à l’heure, en me levant. Je le saisis, l’ouvris et lus en silence le premier chapitre où se jetèrent mes yeux : « Non, pas de ripailles et de soûleries ; non, pas de coucheries et d’impudicités ; non, pas de disputes et de jalousies ; mais revêtez-vous du Seigneur Jésus-Christ, et ne vous faites pas les pourvoyeurs de la chair dans les convoitises. » Je ne voulus pas en lire plus, ce n’était pas nécessaire. À l’instant même, en effet, avec les derniers mots de cette pensée, ce fut comme une lumière de sécurité déversée dans mon cœur, et toutes les ténèbres de l’hésitation se dissipèrent. »
Les Confessions,
Scène du jardin (livre VIII)
À lire
Une année avec Saint Augustin
Les plus beaux textes à découvrir chaque jour et à méditer Sermons, commentaires de psaumes, lettres, confessions… l’évêque d’Hippone a beaucoup écrit. Au travers de 400 textes issus de son œuvre, le lecteur pourra s’immerger dans la pensée augustinienne tout au long de l’année liturgique. Et enrichir son approche, grâce aux commentaires de fins connaisseurs de cette figure, comme Isabelle Bochet, Frédéric Boyer, Benoît XVI ou encore Jean-Luc Marion.
Bayard, 29,90 €.
Les Confessions
Un monument. Par ces 13 livres autobiographiques, Augustin nous offre un des plus beaux testaments spirituels de l’histoire de la littérature. De sa jeunesse, marquée par la débauche et l’oisiveté, à sa conversion fulgurante et absolue, c’est toute une vie intérieure, en perpétuelle soif de vérité et de Dieu, qui y est révélée. Le Seuil, 9 €.
À faire
Se former au collège des Bernardins Benoît XVI lit les Pères de l’Église À partir des catéchèses du pape, le père Jacques Ollier, docteur en théologie, propose de découvrir les Pères de l’Église, véritables pasteurs pour la communauté chrétienne. Parmi eux, saint Augustin, source inépuisable d’inspiration pour Benoît XVI. Vendredi 10 h-11 h 30, du 7 février au 23 mai 2014. Tarif plein/réduit 130 €/65 €. www.collegedesbernardins.fr
Des conseils pour "Passer ma route" par Michel Delpech
1. Écoutez votre conscience
Nous quittons Dieu lorsque nous transgressons notre conscience. Si nous l’outrepassons mais que nous pensons, à tort, que c’est une bonne chose, Dieu ne nous en voudra pas. Mais si la motivation réside dans l’intérêt ou l’orgueil, alors nous nous éloignons de lui. Comment être à l’écoute de sa conscience ? Par le silence, la méditation et la prière. Les moments de solitude débouchent toujours sur une réponse, une voie nous paraissant plus claire, plus sage, plus évidente qu’une autre.
2. Prenez le temps
Le silence n’est pas sans lien avec le temps : face à une possibilité ou une décision à prendre, ne vous précipitez pas. Pesez bien le pour et le contre. Bien que cela soit séduisant sur le moment, vivre dans l’emballement et l’exaltation permanente ne mène à rien et l’apparence du moment peut être trompeuse. Le cœur et la raison doivent fonctionner en bonne entente. Certains choix déterminent nos vies. Faisons en sorte qu’ils soient le plus justes possible.
3. N’ayez pas peur
Lorsque vous devez faire des choix, n’ayez pas peur de prendre la direction la plus difficile, si c’est celle qui vous semble la plus juste, la meilleure pour vous. Nous avons tous de bonnes raisons de préférer la facilité, qu’elle soit matérielle, affective ou professionnelle. Or, la voie la plus étroite est toujours la bonne. Les vertus se nourrissent entre elles, c’est la même chose pour les défauts. Mais il est plus facile de céder au mal, d’écouter ses bas instincts, que d’acquérir quelques vertus. Pourtant, c’est en développant ses vertus que l’on accède au bonheur !
4. Apprenez à prendre du plaisir
Écoutez de la bonne musique, ne perdez pas votre humour, restez proche de vos amis, restez vous-même quel que soit votre interlocuteur. Et puis allez vous promener, découvrez les fleurs, parlez aux arbres, n’oubliez pas que les animaux sont de merveilleuses créatures de Dieu. La vie est belle, rendez grâce à Dieu en l’appréciant.
Les étapes de sa vie
1946 Naissance à Courbevoie (92).
1952 Première communion.
1970 Début d’une longue quête spirituelle.
1976-1982 Dépression.
1981 Rencontre frère Odon à l’abbaye de Saint-Wandrille (76).
1985 Mariage avec Geneviève dans une église copte, suivi d’un voyage à Jérusalem, où il va rencontrer le Christ.
2013 Apprend qu’il est atteint d’un cancer de la langue. Sortie du livre J’ai osé Dieu…
2015 Fin du chemin
dimanche 3 janvier 2016
2016, un chemin de joie et de retournement...
Ne vous arrêtez pas en chemin.

Allez jusqu’au bout de la folie du mental. La récompense est tellement plus grande que tout ce que la réalité paraît vous faire perdre, que c’est vraiment fou de continuer dans cette erreur permanente. La récompense, vous le savez, c’est la paix, la joie qui demeure, la certitude, c’est l’absence totale de crainte – c’est ce que vous n’osez même pas espérer en vérité.
Et comment avez-vous une chance, vous tous – je peux vous regarder chacun dans les yeux, vous dont je connais bien les existences – de la découvrir, cette réalité ? En écartant ce qui la voile !
Et qu’est-ce qui la voile ? C’est ce second que le mental n’arrête pas de créer. Si, pendant une seconde, le mental arrêtait totalement, consciemment et inconsciemment, de créer un second, la grande vérité se révélerait à vous instantanément.
Peut-être, de nouveau, serait-elle voilée mais au moins vous auriez eu un aperçu, comme une porte qui s’est ouverte : vous avez juste eu le temps de voir ce qu’il y avait à l’intérieur de la salle et la porte s’est refermée...
... Mais ce qui est proprement insensé, c’est que le mental considère comme le monde véritable celui de sa fabrication, qui n’a, je ne le redirai jamais trop, aucune existence d’aucune sorte, et c’est par rapport à ce monde totalement chimérique qu’il se permet de juger le monde réel. Pour le mental, le plus important n’est pas le monde réel auquel il vient surajouter un monde irréel, c’est le monde inexistant auquel il vient comparer le monde réel. Pour le mental, la situation est totalement retournée.
C’est de ce retournement que vous devez prendre conscience si vous voulez échapper à ce mécanisme. Ma vie est fondée sur un immense mensonge : ce qui devrait être.
Vous devez découvrir en vous-même cette aberration, cette folie : je fabrique un monde. Chacun fabrique le sien. Le monde réel est le même pour tous mais le monde fabriqué est différent pour chacun. Vous sécrétez ce monde illusoire d’instant en instant. Parfois, c’est flagrant et parfois, comme je vous le disais, c’est inconscient ou subconscient. Vous devez donc être doublement vigilants. D’abord vigilants pour vous ramener – et c’est l’effort qui vous sera demandé pendant longtemps – à l’unique réalité...
Arnaud Desjardins
A la Recherche du Soi - II.
Au-delà du Moi
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samedi 2 janvier 2016
Voeux avec Marie de Hennezel
Connaître notre ombre
Quelle montée de la violence, ces derniers mois ! Insultes, propos racistes, harcèlement à l’école, exaspération haineuse. Une vague inquiétante, amplifiée par les réseaux sociaux. Notre surmoi moral et républicain ne semble plus capable, dit-on, d’endiguer ce flot.
Le passage à l’année nouvelle pourrait être le moment de s’engager à faire barrage aux petites violences qui tentent quotidiennement de s’imposer à nous, presque à notre insu. Ne suis-je pas, comme tout le monde, traversée d’impatience, d’exaspération, d’indifférence ? Un tel engagement n’est-il pas à ma portée ? Bouddhistes, chrétiens, humanistes ont compris depuis longtemps que le meilleur moyen de faire obstacle au mal dans le monde est de commencer par soi-même. Apprendre à reconnaître ce que Jung appelait notre « ombre ». Et à la contenir. Rien de naïf là-dedans. Il s’agit d’une bonté active. D’un acte de résistance. D’une façon de s’indigner.
Alors, indignons-nous, au sens noble du terme, portons haut notre exigence de respect, de soi, de l’autre, surtout et parce qu’il est différent.
Faire un vœu
Le passage à la nouvelle année, c’est aussi le moment de faire un vœu. Faisons celui d’être heureux et de ne pas passer à côté de la beauté. Voilà quelque chose qui pourrait nous aider à mettre un peu de lumière et d’amour autour de nous. Nous poser tous les jours la question : « Qu’ai-je trouvé beau aujourd’hui ? »
Selon François Cheng, il y a deux mystères dans la vie : le mal – évoqué plus haut – et la beauté. « La beauté est mystère, parce que l’univers n’était pas obligé d’être beau », souligne-t-il. Il se trouve qu’il l’est, et cela semble trahir « un désir, un appel, une intentionnalité cachée qui ne peut laisser personne indifférent ».
Qui peut dire que même dans un univers de laideur ne se cache un infime détail qui nous rappelle ce mystère ? Etty Hillesum, dans l’horreur du camp d’extermination où elle a terminé sa courte existence, cherchait tous les jours la petite étincelle de beauté qui lui permettrait de garder le goût de vivre, et l’âme intacte.
Nous relier à l’âme
L’âme ! Voilà un mot que l’on n’osait plus prononcer, tant il avait perdu son sens profond et universel au profit de sa seule signification religieuse. Or, l’âme est liée au cœur et à l’intuition. C’est quelque chose d’intime, de secret, de sensible. C’est l’interface entre mon identité dans ce qu’elle a d’unique et le monde autour de moi. « L’âme est pour moi cette larme qui coule de mes yeux. Et ce sont les yeux de l’humanité tout entière », écrivait Stéphane Hessel, nous rappelant que l’âme diffère de l’esprit par l’émotion qui l’habite.
Une émotion qui permet la communion affective avec les autres, la nature, les animaux, ces êtres doués de sensibilité, et même avec les objets ou les lieux, porteurs eux aussi de l’émotion que nous leur prêtons.
Ne dit-on pas qu’un lieu a une âme ? Une vibration, une résonance ?
Marie de Hennezel
(source : Psychologie magazine)
Quelle montée de la violence, ces derniers mois ! Insultes, propos racistes, harcèlement à l’école, exaspération haineuse. Une vague inquiétante, amplifiée par les réseaux sociaux. Notre surmoi moral et républicain ne semble plus capable, dit-on, d’endiguer ce flot.
Le passage à l’année nouvelle pourrait être le moment de s’engager à faire barrage aux petites violences qui tentent quotidiennement de s’imposer à nous, presque à notre insu. Ne suis-je pas, comme tout le monde, traversée d’impatience, d’exaspération, d’indifférence ? Un tel engagement n’est-il pas à ma portée ? Bouddhistes, chrétiens, humanistes ont compris depuis longtemps que le meilleur moyen de faire obstacle au mal dans le monde est de commencer par soi-même. Apprendre à reconnaître ce que Jung appelait notre « ombre ». Et à la contenir. Rien de naïf là-dedans. Il s’agit d’une bonté active. D’un acte de résistance. D’une façon de s’indigner.
Alors, indignons-nous, au sens noble du terme, portons haut notre exigence de respect, de soi, de l’autre, surtout et parce qu’il est différent.
Faire un vœu
Le passage à la nouvelle année, c’est aussi le moment de faire un vœu. Faisons celui d’être heureux et de ne pas passer à côté de la beauté. Voilà quelque chose qui pourrait nous aider à mettre un peu de lumière et d’amour autour de nous. Nous poser tous les jours la question : « Qu’ai-je trouvé beau aujourd’hui ? »
Selon François Cheng, il y a deux mystères dans la vie : le mal – évoqué plus haut – et la beauté. « La beauté est mystère, parce que l’univers n’était pas obligé d’être beau », souligne-t-il. Il se trouve qu’il l’est, et cela semble trahir « un désir, un appel, une intentionnalité cachée qui ne peut laisser personne indifférent ».
Qui peut dire que même dans un univers de laideur ne se cache un infime détail qui nous rappelle ce mystère ? Etty Hillesum, dans l’horreur du camp d’extermination où elle a terminé sa courte existence, cherchait tous les jours la petite étincelle de beauté qui lui permettrait de garder le goût de vivre, et l’âme intacte.
Nous relier à l’âme
L’âme ! Voilà un mot que l’on n’osait plus prononcer, tant il avait perdu son sens profond et universel au profit de sa seule signification religieuse. Or, l’âme est liée au cœur et à l’intuition. C’est quelque chose d’intime, de secret, de sensible. C’est l’interface entre mon identité dans ce qu’elle a d’unique et le monde autour de moi. « L’âme est pour moi cette larme qui coule de mes yeux. Et ce sont les yeux de l’humanité tout entière », écrivait Stéphane Hessel, nous rappelant que l’âme diffère de l’esprit par l’émotion qui l’habite.
Une émotion qui permet la communion affective avec les autres, la nature, les animaux, ces êtres doués de sensibilité, et même avec les objets ou les lieux, porteurs eux aussi de l’émotion que nous leur prêtons.
Ne dit-on pas qu’un lieu a une âme ? Une vibration, une résonance ?
Marie de Hennezel
(source : Psychologie magazine)
vendredi 1 janvier 2016
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