vendredi 20 mars 2015

Guide de Carême (8)


Du jeudi 19 au samedi 21 mars

Portez votre attention sur les temps d'attente, ces moments où il ne se passe apparemment rien, en attendant un bus, à la boulangerie, chez le docteur. Commencez par les identifier et notez comment vous les vivez spontanément. Êtes-vous agacés par ces pertes de temps, cherchez-vous à les remplir par exemple en pensant à ce que vous allez accomplir ensuite ? Nous vous invitons à repérer vos trucs pour les occuper. Jouez-vous sur votre iPhone, rédigez-vous des mots croisés ? Essayez de rester pleinement présents à ces périodes de faible intensité comme s'ils vous donnait une bénédiction. Remarquez comment les minutes "entre" les choses peuvent s'avérer un cadeau. 
Savourez-le.


jeudi 19 mars 2015

Approfondir la vie avec Philippe Mac Leod



Les argumentations ont toujours quelque chose de décevant : elles laissent une impression de pesanteur, d'artifice, de suffisance ou de richesse trop vite gagnée. Je préfère les vérités qui ne s'en donnent pas la peine, ne s'en cachent pas et s'imposent avec l'aplomb de l'innocence ; les vérités nues, qui ne s'appuient que sur leur propre équilibre, dans une clarté mêlée d'étrangeté et de familiarité, d'étonnement et de certitude ; les vérités inattendues, fugaces, gracieuses, qui s'illuminent par leur seule résonnance intérieure, comme si je m'éveillais avec elles.

Approfondir la vie, jusqu'à ce foyer brûlant au fond de nous, d'une extrême densité, d'une force inimaginable, enserrée, ramassée, comme la lentille concentre les rayons. - Transparence, comme la clarté d'octobre entre les derniers feuillages. Esprit, comme le soleil vif sur la feuille à peine tremblante. Tout est parole. Tout, le sens au bout des doigts frémissants, l'évidence muette, immense.

Nous dépassons difficilement l'image, la pensée grossière, maladroite, nous sommes si rarement dans la substance même de l'intériorité, au vif, au cœur vivant de la vérité qui nous habite.
Donner à la profondeur des mots clairs - parce qu'elle-même n'est que clarté, appel à la lumière, scintillation d'une pure intériorité. 

SENS ET BEAUTÉ, éditions Ad Solem Spiritualité


mercredi 18 mars 2015

Regard et l'autre...


"N'oublie pas une seconde que celui ou celle qui te regarde, ses goûts, ses gestes, ses pensées ont été façonnés par une longue histoire qui t'est étrangère. Rappelle-toi bien que celui ou celle que tu regardes ne te doit rien, n’est pas une partie de ton monde ; il n’y a personne dans ton monde, pas même toi. Goûte la plus grande jouissance qui soit : aime celui ou celle qui est devant toi, aime-le d’être ce qu’il est, une énigme – et ne lui demande pas d’être ce que tu crois, ce que tu espères, ce que tu attends, ce que tu veux. 

Christian Bobin

La place du jugement ?


lundi 16 mars 2015

Révérente couronne avec Christiane Singer


Quand j’étais enfant, je pratiquais régulièrement deux exercices. 
Il y en avait un qui consistait à m’incliner. J’apprenais à faire une révérence profonde. Je passais des heures à m’incliner et je me souviens de la joie que j’éprouvais quand vraiment j’étais entière dans cette révérence. Il se passait alors quelque chose qui était comme un spasme, un bonheur complet…

Le deuxième exercice consistait à sentir le poids d’une couronne sur ma tête. A Marseille, on dit de quelqu’un d’un peu prétentieux qu’ « il s’en croit ». Et moi, qui avais la sensation de porter une couronne invisible ! J’étais obligée de la porter même à l’école et je me disais que, si un jour quelqu’un la remarquait, je pourrais toujours la ranger dans mon cartable…

Cette sensation de royauté qui m’habitait n’avait vraiment rien à voir avec « s’en croire » ; c’était seulement le secret bien sûr, gardé de ma naissance, et c’est aussi le secret de la vôtre !
Ces deux sensations vont ensemble : la révérence et le port de la couronne, et elles sont restées dans la mémoire de mon corps. Je les retrouve en vieillissant… 
Ce secret qui nous est commun et qui est celui de notre royauté. 

Christiane Singer
Où cours-tu, ne sais-tu pas que le ciel est en toi ?


Guide de Carême (7)

Du lundi 16 au mercredi 18 mars 


Choisissez de percevoir différemment les moments les plus difficiles aujourd'hui. Les journées comprennent parfois des situations tendues. En quoi suscitent-elles des découvertes et des avancées ? Que pourrait-elles laisser entrevoir ? Que pourraient-elles mettre à votre disposition comme ressources nouvelles ? Il ne s'agit pas de nier les difficultés ni de renoncer à faire valoir ses droits, mais de s'entraîner à voir aussi les conflits comme des occasions d'élargir son regard, de le renouveler. Nous vous invitons à cultiver de la gratitude pour les dons qui viennent des moments de combat. Le deuxième et troisième jour, vous pouvez aussi prendre un temps pour réfléchir sur cette attitude par rapport aux situations difficiles au début et à la fin de la journée.


dimanche 15 mars 2015

Pour cultiver la compassion... avec le prêtre Bernard Ugeux

La compassion est-elle une réponse à la violence ? L'expérience de Bernard Ugeux, prêtre, père blanc, anthropologue et théologien en mission en République démocratique du Congo (il vient de publier la Compassion, j'y crois, chez Bayard), engagé auprès des victimes de la guerre, nous éclaire.


Se laisser toucher, mais travailler sur ses émotions
« Je distingue trois façons de réagir. La contagion émotionnelle, ce sont les larmes qui nous viennent spontanément aux yeux face à quelqu'un qui pleure. Je pleure parce que l'autre pleure. Dans l'empathie, il y a déjà une première distance : je suis bien conscient que si je pleure, ce n'est pas sur moi, mais c'est parce que l'autre souffre. Dans la compassion, je vais plus loin : je ne me contente pas de plaindre la personne qui souffre, de m'apitoyer ou d'imaginer ce qu'elle a pu vivre, mais je suis dans un mouvement intérieur de tendresse et de bonté, un élan gratuit qui va vers l'autre et me fait agir. »

Rester dans une posture d'écoute aimante
« Au début, j'étais horrifié et déprimé devant ce que j'entendais, puis j'ai compris que je devais être capable de résonner à la souffrance de l'autre tout en gardant une distance. J'ai franchi une étape en acceptant de ne pas être le sauveur. Aujourd'hui, je comprends que celui qui souffre n'a pas tant besoin qu'on s'apitoie sur son sort ni même qu'on cherche une solution. La posture la plus juste, c'est une écoute aimante, qui montre à l'autre qu'il n'est pas souillé, pas coupable en dépit de ce qu'il ou elle a vécu. Un regard aimant qui libère de la honte, voilà l'attitude qui me paraît la plus compassionnelle. »

Croire que l'Esprit est à l'oeuvre aussi en l'autre
« Dans ma démarche chrétienne, je sais que l'Esprit est à l'oeuvre en moi et aussi dans la personne que je rencontre. Le soir, je dépose les choses les plus lourdes "dans le coeur de Dieu". Cela m'apaise. Ce n'est pas moi qui vais résoudre tous les problèmes. J'ai par contre à trouver l'attitude juste et à demander la lumière pour y arriver. À croire aussi que mon interlocuteur va recevoir une force de son côté. Chrétien ou non, c'est la gratuité qui est commune. Vouloir le bien de l'autre pour l'autre... simplement. »


Garder sa capacité d'indignation
« Depuis mon enfance, j'ai toujours eu ce sentiment d'injustice devant la réalité du tiers-monde. Je pensais : j'ai tout et ils n'ont rien, il faut partager. Aujourd'hui, lorsque je viens en Europe, j'essaye d'informer auprès des médias, de sensibiliser à ces guerres oubliées et à leurs vraies causes, en évoquant entre autres ces multinationales qui veulent s'approprier les terres et les richesses minières et utilisent des milices armées pour perpétrer la terreur et les assassinats. On ne peut en rester à l'empathie. La véritable compassion doit déboucher sur l'action : consoler et dénoncer. Pas seulement donner de l'argent pour soigner les victimes, mais agir pour qu'il n'y en ait plus, plus aucune jeune fille qui se fasse enlever en forêt comme esclave sexuelle... Tout petit, on peut déjà apprendre à respecter l'autre. En commençant par prêter son jouet à un autre, c'est le b.a.-ba de la compassion : partager ce à quoi l'on tient. »

Agir au-delà des règles
« Le Jésus ému aux entrailles devant la veuve qui pleure, ou pris aux tripes devant la foule affamée, n'a pas seulement pitié, il agit. Il s'adresse aux pharisiens et aux scribes, à tous les docteurs de la loi, en dénonçant leur attitude insupportable, le poids qu'ils font peser sur les gens. Il rompt les règles de la pureté, touche la femme qui perd son sang, mais en plus il dénonce ceux qui, en imposant ces règles, excluent les pauvres, les femmes, les lépreux. Il est prophétique dans la compassion comme dans la dénonciation. »


vendredi 13 mars 2015

Le cheminement vers soi avec Annick de Souzenelle



Extrait choisi de l'interview d'Annick de Souzenelle par Frédéric Lenoir
Prière et Vie
(13 min.)




jeudi 12 mars 2015

Guide de Carême (6)


Du jeudi 12 au samedi 14 mars 

Envoyer un courriel ou une carte postale à quelqu'un pour lui faire savoir que vous pensez à lui aujourd'hui. Commencez par vous arrêter deux minutes en vous demandant à qui vous aimeriez adresser ce message. Si aucun nom n’apparait, allez-vous promener cinq minutes, sans réfléchir, juste en demeurant disponible à ce qui se présente : l'air sur votre visage, les couleurs autour, le contact de vos pas sur le sol. Et maintenant à qui pensez-vous ? 

Rédigez votre courrier, sans vous sentir obligé d'écrire un texte long. Puis poursuivez votre journée sans rien attendre en retour, simplement contribuer à apporter de la reconnaissance autour de vous.


mercredi 11 mars 2015

Une nouvelle traversée... pour Florence Arthaud

30 ans de courses et de vie tumultueuse, de joies immenses, de terribles déceptions aussi, des naufrages, des victoires, de la passion, des joies, des rêves, de belles émotions, des images magnifiques dans la tête.

Dès l'âge de 17 ans, j'ai eu cet accident et j'ai été confrontée à tous ces jeunes quand j'étais à l'hôpital. Tous ces jeunes qui étaient beaucoup plus touchés que moi, ça fait prendre conscience de la précarité de la vie. Et la vie, je l'ai bien vécue. Par les deux bouts !

Je suis croyante et cela vaut mieux quand on navigue en solitaire… À qui d’autre parler dans les moments difficiles à la barre d’un bateau ? Je n’ai pas assez de courage ou de raison pour ne pas être croyante. Mon idole, c’est Jésus…




A voir aussi la vidéo interview de Florence Arthaud

mardi 10 mars 2015

lundi 9 mars 2015

Guide de Carême (5)


Du lundi 9 au mercredi 11 mars 

 Réfléchissez sur une chose importante que vous avez apprise en ce jour. Tout d'abord, prenez le temps de vous arrêter une minute en vous demandant quelle découverte vous avez réalisée depuis que vous vous êtes levé ce matin. Au choix : une petite ou une grande prise de conscience. Lorsque vous l'avez identifiée, prenez le temps de l'écrire sur un cahier ou simplement sur un post it que vous mettez ensuite dans une poche. Essayez de pratiquer cet exercice une fois en fin de matinée et une autre fois le soir. Le troisième jour, prenez le temps de relire vos découvertes et éprouver de la reconnaissance pour ce que la vie vous permet d’apprendre.