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lundi 1 février 2021

L'humain, c'est de la nature !

 

Le penseur, engagé en faveur de l'environnement, alerte sur les risques de

 dissocier l'être humain de la nature qui nous entoure.

Une interview à écouter de Pierre Rabhi sur RCF (11 min.)

À l’aube d’un potentiel troisième confinement en France, les interactions sociales semblent à nouveau en sursis. "L’être humain a besoin du contact, il est clanique. C’est dans sa nature, il ne peut pas vivre seul", affirme Pierre Rabhi. Pour autant, il constate également que la solitude augmente. "Il y a une désocialisation de plus en plus forte", déplore-t-il. 

METTRE NOS APTITUDES AU SERVICE DE L'ENVIRONNEMENT

L’homme, c’est celui que Pierre Rabhi tient pour responsable du changement climatique. Il prend exemple sur l’Amazonie, ravagée par la déforestation. "Notre impact est terrible par rapport aux autres créatures", se désole-t-il. Selon lui, la terre nourricière est droguée de chimie. "Nous avons répandu sur la planète des nuisances épouvantables", lâche Pierre Rabhi. 

"Les êtres humains se sont proclamés intelligents, ça n’est pas vrai", affirme le penseur. Pour lui, nous avons confondu aptitude et intelligence. "Nous sommes grisés par nos aptitudes. L’intelligence est dans la vie. Cette dissociation que nous avons créée entre nous et la vie aboutit à notre condamnation", alerte-t-il.

CULTIVER LE CONTENTEMENT

Cette attitude destructrice s’explique selon Pierre Rabhi par un consumérisme démesuré et "la peur de manquer, vouloir plus et encore plus". Face à cela, "il faudrait cultiver le contentement car sans ça on est constamment dans le désir"

Dans "Frères d’âme" (éd. de L'aube), une série d’entretien menée avec le journaliste Denis Lafay et le philosophe Edgar Morin, Pierre Rabhi témoigne. Si tout semble l’opposer à Edgar Morin, il assure que "ce qui nous a rapproché, c’est nos consciences, nos âmes, nos exigences, nos désirs d’un monde différent". Selon lui, "il faut dépasser les particularismes qui ont divisé l’humanité pour aboutir à quelque chose qui va amener la convergence des consciences humaines".

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lundi 11 avril 2016

Pierre Rabhi et le mystère de la vie...

Depuis que l’Homme a levé la tête vers les cieux, il ne cesse de s’interroger sur les grands mystères de sa présence : D’où venons-nous ? Qui sommes-nous ? Où allons-nous ? Nous serions des poussières d’étoiles animées par une intelligence dont on sait peu de choses : la vie. 
Plus cette vie évolue, plus elle se complexifie, jusqu’à faire apparaître des arbres, des animaux et même des hommes qui prennent conscience de leur propre existence. 
Aujourd’hui, en entrant dans l’anthropocène, nous comprenons seulement l’impact que notre présence engendre sur ce qui l’entoure, tout en nous rendant compte du rôle de modérateur qu’il va falloir essayer d’adopter.
Lors de notre entretien avec Pierre Rabhi début 2016, nous avons pu questionner le paysan philosophe sur des énigmes métaphysiques auxquelles ils donnent une réponse simple : l’amour.

Bio à la Une : Pourquoi la graine germe-t-elle ?

Pierre Rabhi : J’ai beaucoup fréquenté les philosophes pour savoir si quelqu’un pouvait m’éclairer sur ce mystère. Je me suis rendu compte que les philosophes n’étaient pas forcément d’accord. Il n’y en a qu’un que j’ai retenu, Socrate, qui dit “la seule chose que je sais, c’est que je ne sais pas”. C’est clair. Nous ne savons pas, ou pas grand-chose. Pourquoi nous sommes nés, etc. Quand au mystère de la vie, c’est vrai qu’on est fasciné de voir une graine germer. On peut méditer dessus des heures. Une toute petite chose contient une puissance de vie complètement extraordinaire. Vous la mettez dans la terre, elle va germer.

Une simple graine de tomate va donner des kilos et des kilos de tomates, on peut même dire des tonnes de tomates. On comprend le mécanisme à peu près, mais au-delà, je ne sais pas pourquoi la graine germe. Je ne connais rien de l’intelligence qui la conduit. On est dans le monde du mystère de la vie. Même notre propre corps est un formidable mystère. Il n’y a pas un bouton pour dire respiration, un autre pour dire circulation du sang, le corps est intelligent lui-même. Il fait tout sans avoir besoin d’autre chose, sans que notre mental s’en mêle. Justement, quand il s’en mêle, c’est là qu’arrivent toutes sortes de complications. Le corps humain s’autorégule, il est lui-même d’une très grande intelligence. D’où vient cette intelligence, moi je n’en sais rien. C’est là le mystère.

Bio à la Une : Même si on ne sait pas pourquoi, la graine germe, c’est un fait. Est-ce pour vous le début d’une réflexion plus profonde ?


Pierre Rabhi : La vie m’émerveille. Je ne la comprends pas. À travers ce mystère, je crois vraiment que la plus grande puissance que peut développer un être humain pour modifier le cours de sa vie, c’est l’amour. Ce n’est pas simplement l’amour humain, mais l’Amour dans sa grande dimension d’aimer. Vraiment aimer. S’il y avait l’amour dans notre quotidien et nos décisions, on ne détruirait pas la vie, nous n’aurions pas d’armements, de missiles, de chars d’assaut et toutes ces stupidités liées au meurtre. Non, on n’aurait pas besoin de tout cela. Il faut surtout apprendre à aimer et prendre soin, plutôt qu’à détruire ou à haïr.
Je suis très attaché à ce monsieur qu’on a crucifié, alors qui ne parlait que d’amour. Il n’a jamais dit “construisez-moi des cathédrales ou des églises”, il a simplement dit que l’amour est la puissance absolue qu’un être humain peut déployer, à condition, toutefois, que cet amour ne soit pas réduit à rien du tout. Dans les couples par exemple. “Je t’aime” un jour, “je ne t’aime plus” un autre. L’amour ce n’est pas ça. Je ne juge personne bien entendu, je ne veux pas choquer qui que ce soit.

Bio à la Une : Pensez-vous comme Vendana Shiva que les femmes doivent être au cœur du changement ?

Pierre Rabhi : Les femmes ont un rôle important à jouer. En donnant la vie, elles sont un être d’amour par excellence. Attention tout de même, car elles savent aimer, mais aussi haïr, peut-être pour mieux se protéger. C’est dans les deux sens. Il ne faut pas tomber dans le piège. Par contre, ce à quoi je souscris, c’est qu’il est dommage que les femmes soient partout sur la planète subordonnées et que, effectivement, si il y avait eu cette énergie inouïe, peut-être que l’histoire n’aurait pas été la même.

Bio à la Une : On revient sur la modération donc ?

Pierre Rabhi : Oui, bien sûr.

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mardi 15 mars 2016

Pierre Rabhi, un philosophe aux pieds sur terre

Paysan français d’origine algérienne, cet écrivain engagé de 77 ans a développé, tout au long de sa vie, un guide de conduite respectueux de la terre et de ses « lois ».

Vous dites qu'on peut nourrir toute l'humanité. Comment faut-il procéder ?

La faim dans le monde peut se résoudre si on considère que c'est une urgence. Les ressources de la Terre sont immenses. Un simple grain de blé pourrait nourrir l'humanité. Vous le semez, il se démultiplie. Chaque épi contient quarante à cinquante graines. La prodigalité de la vie est infinie. Mais la planète est divisée entre une minorité, qui accapare les ressources, et des indigents, qui ne sont pas invités au festin. Notre société produit en surabondance, à tel point qu'elle gaspille énormément.

L'agroécologie, ça consiste en quoi ?

Cela permet de produire notre nourriture en respectant la terre, sans l'empoisonner. Une terre vivante est une terre qui a gardé toutes ses facultés pour donner la vie. Quand on l'examine, on constate qu'elle est pleine de microbes, de micro-organismes, vers de terre, insectes, etc. Dès lors qu'on amène des poisons, on tue tout. Et on cultive sur des substrats morts.

Vous affirmez avoir un contentieux avec la modernité. D'où vient-il ?

La modernité est prétentieuse. L'être humain a cru qu'il était un dieu et qu'avec sa technologie, il produirait du bonheur. Malheureusement, la société prospère dans une consommation exponentielle d'anxiolytiques. Le bonheur escompté n'est pas là. Il n'y a jamais eu autant de tristesse et de désarroi que dans la société qui est censée les éradiquer.

Vous avez été ouvrier spécialisé dans les années 1960. Comment cette expérience a-t-elle pesé sur votre réflexion ?

C'est là que j'ai pris conscience de la condition humaine. Je travaillais dans une ville, dans cette complexe société urbaine, où les individus étaient subordonnés au service d'une logique de l'argent. J'avais l'impression de vies gâchées. On vous donne un salaire, vous donnez votre vie.
Il faudra bien qu'on s'interroge un jour : existe-t-il une vie avant la mort, et non pas après la mort ? Si vivre, c'est arriver au monde, faire des études, trimer toute sa vie jusqu'à la retraite, je ne vois pas l'intérêt. On m'aurait dit : voilà ce que sera ta vie, j'aurais dit que je préférais ne pas exister. De la maternelle à l'université, on veut travailler dans des boîtes, aller s'amuser en boite avec une caisse, jusqu'à la boîte à vieux, la boite définitive… Notre civilisation n'est pas réussie. J'ai voulu retourner à la terre.

Que signifie le retour à la terre ?

Pendant les guerres, lorsqu'il n'y a plus rien à manger, chacun se souvient du cousin qu'il a à la campagne, qui possède à manger. C'est lui, le pauvre type qui n'a pas réussi. J'ai écrit Le recours à la terre pour dire : cette société ne tiendra pas. La vie n'est pas dans le béton, mais dans la nature. Il y aura forcément un transfert de population des sphères urbaines vers l'espace rural.
Une fois que le secourisme social va s'arrêter, que se passera-t-il ? J'avais imaginé des oasis en tous lieux, en poussant au regroupement des gens, afin qu'ils mutualisent leurs compétences et leur savoir-faire. Chaque oasis comporterait une vingtaine d'habitants, qui vivraient en solidarité, avec des cours pour les enfants et les collégiens, sur la base de l'échange, sans obligation de se rémunérer.

Vous vous êtes converti au catholicisme. Quelle part occupe le divin dans votre réflexion ?

Pour moi, c'est une évidence. Seulement, cette évidence, on a voulu se l'approprier. Les religions ont fabriqué Dieu. Elles l'ont personnalisé. En le personnalisant, chacun s'est construit son Dieu et se bat de tous les côtés. La spiritualité ne peut tenir dans une cage. Je suis très attaché à la notion d'amour, à la puissance de l'amour, ainsi qu'à la figure du Christ, qui a bouleversé l'ordre social, lorsqu'il s'est levé contre l'autorité religieuse, en disant qu'elle n'existait pas et qu'elle appartenait à chacun. Le précepte fondamental est d'aimer, même nos ennemis. Si on aimait, le monde changerait. J'ai beaucoup lu l'Évangile, la Bible, et j'ai été séduit par cet individu qui parlait d'amour.

Ses dates clés

1938 : naissance de Rabah Rabhi, à Kenadsa, en Algérie.
1954 : conversion au christianisme, à Oran. Il choisit le prénom Pierre.
1960 : Pierre Rabhi décide de s'exiler en Ardèche, pour retourner à la terre.
1981 : il se rend au Burkina Faso en tant que « paysan sans frontières » afin de partager son expérience.
1994 : il commence à animer le mouvement Oasis en tous lieux (promouvoir le retour à une terre nourricière et la reconstitution du lien social).
2002 : lancement du mouvement Colibris (sensibiliser aux questions de l'agroécologie et de la nature).

Son rapport à l'Ouest

Pierre Rabhi s'est lié d'amitié avec Constance de Polignac, princesse propriétaire auvergnate d'un domaine breton, à Kerbastic, près de Guidel (Morbihan).
Constance de Polignac avait hérité, à la mort de son oncle, d'un château et d'un parc gigantesque, mais stérile et dégénéré. Aussi, lorsqu'en 2009 Pierre Rabhi l'invite à un « dîner biologique » à Paris, ils se découvrent des atomes crochus. Elle finit par proposer à Pierre Rabhi de l'aider à réhabiliter son domaine.
Le projet séduit le paysan de l'oued algérien, qui y voit une bonne façon de tester ses recettes. La princesse et lui ont noué depuis une amitié durable. Le domaine, magnifique, a déjà repris des couleurs.
Les légumes servis au restaurant du château viennent du potager, où s'appliquent rigoureusement les principes de l'agroécologie.
source : Ouest France


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lundi 10 janvier 2011

Une nouvelle année avec Pierre Rabhi (1)

Une belle rencontre avec Pierre Rabhi qui permet de mieux connaître son parcours atypique et exemplaire et ses projets, notamment la création de la fondation Pierre Rabhi. Bonne écoute de cet homme venu du désert...(17 min.)

Agriculteur, écrivain et penseur français d'origine algérienne, Pierre Rabhi est un des pionniers de l'agriculture biologique et l’inventeur du concept "Oasis en tous lieux". Il défend un mode de société plus respectueux des hommes et de la terre et soutient le développement de pratiques agricoles accessibles à tous et notamment aux plus démunis, tout en préservant les patrimoines nourriciers. Depuis 1981, il transmet son savoir-faire dans les pays arides d'Afrique, en France et en Europe, cherchant à redonner leur autonomie alimentaire aux populations. Il est aujourd'hui reconnu expert international pour la sécurité alimentaire et a participé à l’élaboration de la Convention des Nations Unies pour la lutte contre la désertification. Il est l’initiateur du Mouvement pour la Terre et l’Humanisme. Il est l'auteur de nombreux ouvrages dont Paroles de Terre, du Sahara aux Cévennes, Conscience et Environnement ou Graines de Possibles, co-signé avec Nicolas Hulot.
source :  RFI (par Yasmine Chouaki)

mardi 11 janvier 2011

A la rencontre de Pierre Rabhi...(2)

Pierre Rabhi (Kenadsa, Algérie 1938) est un agriculteur, philosophe, écrivain et penseur français d'origine algérienne, inventeur du concept « Oasis en tous lieux ».
Je vous laisse écouter la suite de cette interview et je vous ajoute une chanson de Anassane avec Cécile Rabhi (voir son interview)



Cécile Rabhi - Anassane : Terriennes

jeudi 5 juin 2008

La Terre était sacrée... par Pierre Rabhi

En cette journée mondiale de l'environnement, je met en exergue la phrase de Pierre Rabhi, agriculteur, humaniste français et pionnier de l'agro-écologie. Fondée en 1994, son mouvement, "Terre et Humanisme", oeuvre pour un retour à la terre nourricière et une autonomie alimentaire des populations. Pierre Rabhi applique ses propositions au Mas de Beaulieu en ardèche, mais aussi au Maroc, Mali, Niger...

"Il nous faudra sans doute, pour changer jusqu'aux tréfonds de nos consciences, laisser nos arrogances et apprendre avec simplicité les gestes qui nous relient aux évidences. retrouver un peu du sentiment de ces êtres premiers pour qui la création, les créatures et la terre étaient avant tout sacrées."

Rencontre avec Pierre rabhi dans l'émission Terre à Terre, de septembre 2007
Prendre Conscience de notre inconscience





voir aussi le blog de Mabes :"l'espace du dedans"

La photographie est de Hans Silvester, tirée de l'ouvrage "Les peuples de l'omo" (Ed. La Martinière). Tribus d'éleveurs vivant entre le Kenya, le Soudan et l'Ethiopie, les peuples de l'Omo vivent au plus près de la Terre, loin des grandes villes.

mardi 27 décembre 2016

Pierre Rabhi : "En fait, je suis milliardaire"


Dans La Convergence des consciences, le chantre de l’agroécologie, Pierre Rabhi, se dévoile (un peu) à travers l’exercice de l’abécédaire
Pierre Rabhi publie la Convergence des consciences. (Sipa)



Pierre Rabhi, êtes-vous… à la mode?
Je récuse ce terme. Si j’étais Johnny Hallyday, j’arrêterais. Je me situe dans des problématiques d’une gravité extrême, qui concernent la survie ou la disparition de l’humanité.
 … solitaire?
Quand j’ai commencé mon combat contre la destruction des sols, la disparition de la biodiversité, bref, toute la connerie humaine qui saccage autour de soi, il n’y avait pas grand monde. J’étais un petit paysan de l’Ardèche face au modèle triomphant des Trente Glorieuses. Après avoir été un petit employé de banque en Algérie, je me retrouvais en France rangé dans une "boîte", à la Someca. Mais je ne voulais pas être un produit national brut.
Voir notre vidéo : 


… riche?
En fait, je suis milliardaire. Un aristocrate. De ma fenêtre en Ardèche, on aperçoit 17 clochers. La nature m’offre des milliards en biens. Quand nous avons acheté notre maison, avec mon épouse, Michèle, il n’y avait ni eau ni électricité mais quel confort, ce silence profond et cette sensation d’être hors du temps. Ce bien commun appartient à l’humanité et aux générations qui nous succéderont. Aucun argent ne devrait s’en prétendre le possesseur.
 … pour la modernité? Votre grand-mère qualifiait le pétrole de pus…
Oui, elle ne savait ni lire ni écrire, mais elle fonctionnait sur d’autres éléments et notamment l’intuition. Je ne me prosterne pas devant la science. Rappelons que c’est un scientifique qui a fabriqué la bombe atomique.
 … féministe?
Selon les trois religions monothéistes, Dieu est masculin. Or les deux énergies masculine et féminine ont besoin l’une de l’autre pour s’équilibrer.
 … musicien?
Pendant des années, j’ai torturé le violon. Ça accompagnait mes jours. Maintenant, je n’ai plus le temps?; je me suis engagé dans l’écologie. Quitte à faire des choix, je préfère aller au marché. Là, chaque mercredi, je refais le monde avec mes copains. C’est autre chose que le supermarché avec ses tubes à tue-tête! Mais la musique ne m’a pas totalement quitté. J’ai un fils qui est premier prix de guitare classique au conservatoire de Paris.
… cinéphile?
Apocalypse Now est l’un de mes films préférés. Quel regard sur la violence, quel décryptage de la barbarie qui nous guette?! On devrait tous méditer sur les terrifiantes brutalités qu’ont été les guerres du XXe siècle. Moi, je n’ai jamais tenu un fusil. Si je n’avais pas été exempté de service militaire, j’aurais demandé à être brancardier.
… fan de BD?
J’ai toujours un Bibi Fricotin dans mon sac. Depuis mon enfance, je n’en rate aucun numéro. C’est naïf, il y a quelque chose qui me touche. J’ai été moniteur de colo, on passait la journée à chanter des choses très simples. C’était comme ça.
 … lecteur du Petit Prince?
"essentiel est invisible pour les yeux", j’aime cette vision de l’âme. L’auteur fait passer son personnage dans une autre réalité. Pour moi, ce n’est pas un livre sur le suicide, comme vous l’avancez.
 … l’ami des stars?
J’aime beaucoup Marion [Cotillard]. Ce n’est pas qu’elle soit une star, ça je m’en fous. Ce qui m’accroche, c’est la conscience de quelqu’un, sa lucidité, sa bonté. ­Marion est une amoureuse de la nature. Vous ne pouvez pas savoir la misère qui règne dans ce monde que l’on admire, celui du cinéma qui gagne beaucoup d’argent. Leur vie n’a plus de sens; ils l’imitent, ils font illusion. C’est leur métier. Mon ami Yehudi Menuhin m’expliquait : "L’orchestre qui joue une symphonie, c’est merveilleux, mais il ne faut jamais aller en coulisses." De Marion, je garde l’amitié d’une âme.
 … amoureux?
Ça aurait été difficile si ma femme, Michèle, n’avait pas accepté de me suivre dans mon aventure de paysan à la campagne, cette vie ouverte aux animaux, aux végétaux. Ensemble, nous avons investi le plus précieux capital : notre vie. 

 La Convergence des consciences, Le Passeur, 231 p., 17.90 euros. 


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mercredi 18 avril 2018

Un jour, l’humanité sera forcée d’arrêter la croissance....


Paysan, philosophe, auteur à grand succès, l’écologiste Pierre Rabhi réagit aux récentes statistiques sur le recul de la biodiversité. Il dénonce une course absurde à la croissance qui aboutit selon lui à une impasse.
"Un jour, l’humanité devra choisir entre une miche de pain et un lingot d’or. Elle sera forcée d’arrêter la croissance pour sa survie", affirme dans le 19h30 Pierre Rabhi, figure de proue de la décroissance et chantre de "la sobriété heureuse".
"Aujourd'hui, on se rend compte que l'être humain est de plus en plus une catastrophe naturelle, c'est-à-dire qu'il est en train de s'éradiquer lui-même en éradiquant la vie", précise le philosophe dans un entretien à l'émission Tout un monde.
Et Pierre Rabhi de s'élever contre le "gaspillage de la vie humaine" induit par la course à la croissance. "Je suis persuadé qu'il s'agit d'un système esclavagiste: on vous engage à donner toute votre existence contre un salaire. Le vrai capital, c'est votre vie. Vous le sacrifiez en capital financier."

 

mercredi 15 septembre 2010

Chez Pierre Rabhi

Le spirituel est tout d'abord une entité unique, universelle, et elle est par définition indivisible car l'amour ne peut pas diviser. 
 Pierre Rabhi
2ème partie

Vers la sobriété heureuse :
Pour Pierre Rabhi, seul le choix de la modération des besoins et désirs de l'homme, le choix d'une sobriété libératrice et volontairement consentie, permettra de rompre avec la culture de la consommation qui prédomine et de remettre l'humain et la nature au centre des préoccupations de l'homme.

samedi 3 octobre 2015

L'appel de Pierre Rabhi : un appel à créer son oasis


Extrait de la lettre de Pierre Rabhi

... Face à ce monde en délitement qui m’apparait tel un grand désert social, je me réjouis de voir que des oasis de vie se multiplient de toutes parts, répondant au besoin émergeant de répondre par nous-mêmes à nos nécessités vitales, de nous relier à nos semblables et à la nature, de retrouver le sens de la vie, la joie d’être en vie. Ainsi, tandis que la politique continue à faire de l’acharnement thérapeutique sur un système moribond, des milliers de créatifs s’affairent à construire les alternatives sur lesquelles le futur pourra s’appuyer. Que ce soit en termes d’agriculture vivrière, de sobriété énergétique, d’éco-construction, de mutualisation et d’échange de biens et de services, de convivialité et d’entraide, d’éducation alternative, ces lieux de vie ou de transmission expérimentent de nouvelles manières d’être et d’agir afin de retrouver une coopération avec la vie. 

Comme nous l’avons mis en évidence dans notre livre avec Jean-Marie Pelt, Le Monde a-t-il un sens ?, la coopération et l’associativité sont deux lois fondamentales du vivant. Aucun élément naturel ne roule pour lui-même. Tous les éléments constitutifs de la nature entrent dans le cycle du donner et du recevoir. Avoir cru pouvoir s’extraire de cette logique du vivant fut une dangereuse illusion. Chercher des moyens de construire un vivre-ensemble harmonieux et respectueux de la terre à laquelle nous devons la vie est la seule voie possible pour demain...

En plein désert, l’oasis est cet ilôt de vie que l’homme a su faire fleurir de ses mains en recréant une synergie au sein des différents maillons de l’écosystème – végétal, animal, humains – et des différents éléments indispensables au vivant : terre, eau, chaleur, ombre…


L’oasis m’apparait ainsi comme un lieu d’équilibre, entre l’épanouissement de chacun et l’harmonie du groupe, la valorisation des ressources naturelles et le respect de leurs limites, la prise en compte des enfants comme des aînés, la recherche d’autonomie et l’ouverture sur le monde, les valeurs qui nous portent et les actes qu’elles induisent. ...


Ainsi, en vingt ans, le phénomène oasis n’a fait que s’amplifier comme une réponse au déclin du système actuel. La multiplication des alternatives de ce type est magnifique et je rêve maintenant qu’elles soient fédérées, valorisées et révélées comme une véritable énergie politique, au sens noble du terme, force de proposition et de démonstration d’une nouvelle organisation du vivre-ensemble basé sur le respect de l’humain et de la nature...

Finalement, ces oasis n’incarnent-elles pas un retour au sacré ? Un mode d’existence qui exalte la beauté de la vie et nous replace dans notre véritable vocation qui n’est pas de produire et consommer sans fin, mais d’admirer, aimer et prendre soin. 

 Pierre Rabhi


voir le site

lundi 7 mai 2007

Pierre Rabhi, un homme à connaître et à faire connaître

"De ses propres mains, Pierre Rabhi a transmis la Vie au sable du désert... Cet homme très simplement saint, d'un esprit net et clair, dont la beauté poétique du langage révèle une ardente passion, a fécondé des terres poussiéreuses avec sa sueur, par un travail qui rétablit la chaîne de vie que nous interrompons continuellement". Yehudi Menuhin

Il faut apprendre à connaître cet homme au service de notre planète et porteur d'une philosophie sans frontières qui relie les hommes entre eux.
Pierre Rhabi et l'éducation :

" Ne pouvant produire sans épuiser, détruire et polluer, le modèle dominant contient en fait les germes de sa propre destruction et nécessité d'urgence des alternatives fondées sur la dynamique du Vivant ". Pierre Rabhi.
Le mouvement international pour la terre et l'humanisme est à découvrir rapidement : http://www.mouvement-th.org/


Des livres à lire :

Quand le dernier arbre aura été coupé
Quand la dernière rivière aura été empoisonnée
Quand le dernier poisson aura été attrapé,
Seulement alors, l'Homme se rendra compte que l'argent ne se mange pas...

Prophétie indienne

jeudi 29 janvier 2009

Agro-écologie de la sagesse avec Pierre Rabhi


Goûtons les fruits des paroles de Pierre Rabhi jusqu'au noyaux d'où naît la sagesse en germe. Le fascinant mystère de la graine, du tangible vers l'intangible...
Pierre Rabhi nous présente un chemin à suivre (3 min.)

lundi 23 septembre 2013

Sur les traces de Pierre Rabhi (1)


Retour sur le parcours de Pierre Rabhi, agriculteur, philosophe et essayiste français d'origine algérienne. Ce dernier est l'inventeur du concept de «sobriété heureuse». A travers le monde, il est reconnu comme l'un des experts internationaux de référence en matière de sécurité alimentaire. 

En Ardèche, dans son refuge, l'homme se confie sur son enfance passée en Algérie et à Paris. Il revient sur la décision la plus importante de sa vie : quitter avec sa femme le monde industriel de la banlieue parisienne pour l'univers rural de l'Ardèche. De cette expérience, il en tire un nouveau modèle de société basé sur «l'agro-écologie». Ce nouveau paradigme propose une société plus généreuse pour l'Homme et la Terre.


"Plutôt que proclamer des vérités interprétables de mille manières selon les convenances de chacun, je préfère nous inviter mutuellement à nous unir pour servir et promouvoir des valeurs simples telles que la bienveillance à l'égard de ceux qui nous entourent, une vie sobre pour que d'autres puissent vivre, la compassion, la solidarité, le respect et sauvegarde de la Vie sous toutes ses formes."
Manifeste pour la Terre et l'humanisme : Pour une insurrection des consciences 

de Pierre Rabhi


mardi 14 septembre 2010

Reportage chez Pierre Rabhi (1)

Nous partons chez Pierre Rabhi, agro-écologiste, en Ardèche. 
Initiateur de Colibris, Mouvement pour la Terre et l’Humanisme, reconnu expert international pour la lutte contre la désertification, Pierre Rabhi est l’un des pionniers de l’agriculture écologique en France. Depuis 1981, il transmet son savoir-faire en Afrique en cherchant à redonner leur autonomie alimentaire aux plus démunis et à sauvegarder leur patrimoine nourricier. (source : France Inter)


1ere partie 10 min.

mardi 15 juin 2010

La modernité avec Pierre Rabhi

"Le moment est venu par conséquent, au-delà de toutes les fragmentations issues d’une vision erronée, de contribuer à l’avènement d’une perception unitaire du réel et de la réalité pour inspirer le rapport à soi, à l’autre et à la nature. L’accélération des évènements et des signes qui envahissent l’histoire immédiate mettent en évidence que nous n’avons pas d’autre choix."

Pierre Rabhi est interviewé par Marc de Smedt :


Voir un poème de Pierre rabhi

mercredi 30 juin 2010

Une interview de Pierre Rabhi


A l’occasion de la sortie de son nouveau livre,"Vers la sobriété heureuse", Pierre Rabhi a accepté de nous (magazine féminin bio) rencontrer pour nous parler de ce concept enthousiasmant, qu’il applique au quotidien depuis longtemps.

AG - Comment en êtes-vous venu à développer le concept de sobriété heureuse ?
C’est pour moi une conviction ancienne. Quand en 1961, j’ai choisi de partir vivre en Ardèche, c’était déjà une démarche de sobriété. Mais je ne m’en étais pas encore rendu compte. J’agissais naturellement, et la sobriété était en fait incluse dans ma démarche de retour à la terre. C’est pour moi une conviction extrêmement profonde que de vivre simplement pour jouir de la vie et de la nature. J’ai découvert ensuite la décroissance, et ça a été un déclic. La décroissance démontre que l’on court à notre perte puisque nous voulons l’illimité alors que nous vivons dans un système limité. La Terre n’est pas extensible. Il y a donc incompatibilité entre le système et les idées que l’on veut lui appliquer. Les gens ont mal compris la décroissance et pensaient qu’il s’agissait d’un retour en arrière. Pas du tout ! Mais pour présenter l’idée sous un angle plus optimiste, j’ai pensé à la notion de « sobriété heureuse ».

AG - En quoi consiste-t-elle ?
Regardez autour de vous : les gens ne sont pas heureux, car ils veulent avoir toujours plus. C’est le système actuel qui créé cet état permanent de manque. Je pars du principe qu’avec la surabondance, nous ne sommes pas heureux. Aujourd'hui, il y a une performance à réaliser : satisfaire à nos besoins par les moyens les plus simples et les plus sains.

AG - Comment est-ce possible dans une société où nous sommes assaillis par la publicité ?
Il faut être convaincu que dans la sobriété, on trouve la libération. La sobriété est une délivrance par rapport au toujours plus. Il faut que chacun comprenne par soi-même qu’on ne peut pas atteindre la satisfaction permanente puisqu’il est fait en sorte que l’on ne soit jamais satisfait. Aujourd'hui, le superflu est immense, et déséquilibre tout. La sobriété permet de le repérer et de s’en séparer. Je pense que la décroissance est en route, il faut l’accepter et la voir comme une chance.

AG - Quelle place consacrez-vous à la nature dans la quête du bonheur ?
La nature est fondamentale dans la quête du bonheur. Quand on parle de la nature, il faut toujours penser à soi, car l’homme est un mammifère et dépend de la nature. Donc, être attentif à soi, c’est déjà découvrir la nature.

AG - C’est donc par là qu’il faut commencer ?
Disons qu’il faut au moins prendre en compte le fait que l’on comprend la nature en comprenant son corps. Le corps humain est une merveille ! Pensez aux cinq sens, à tout ce qu’il est capable de faire sans que l’on ait besoin d’y penser ! Le corps est une intelligence et c’est déjà la nature. Je ne comprends pas que l’homme se soit développé en disant « d’un côté la nature, de l’autre, l’homme ». C’est une aberration, car tout est relié. Il y a un cycle de la vie. Cela se voit : si l’on pollue la terre, la pollution se retrouve aussi dans notre corps.

AG - Cette vision de la nature n’est pas très répandue…
On doit beaucoup aux écologistes, et j’estime leur travail. Mais je pense que l’écologie politique a trop matérialisé l’écologie, en ne prenant en compte que l’aspect pondérable. Il y a une dimension d’admiration qui a été oublié.

AG - Votre message rejoint celui des religions, non ?
Dans le sens où je pense que la création est merveilleuse, oui. Mais il y a une contradiction entre dire que la nature est une création divine et ne rien faire pour la protéger. Les religions devraient être les premiers écologistes, ce n’est pas du tout le cas. Le catéchisme devrait apprendre aux enfants à s’émerveiller de la nature et à respecter la vie, or on en a fait une chose totalement abstraite.

AG - Etes-vous croyant ?
J’ai été musulman et chrétien, mais aujourd'hui, je ne me sens pas relié à une religion particulière. La dimension spirituelle de ma réflexion s’est profondément élargie avec l’écologie car elle m’amène à admirer la nature et la vie, et donc, l’œuvre divine. Je me suis aperçu que la sobriété heureuse pour moi, relève résolument du domaine mystique et spirituel. Celui-ci par le dépouillement intérieur qu’il induit, devient un espace de liberté, affranchi des tourments dont nous accable la pesanteur de notre mode d’existence.

Retrouvez Vers la sobriété heureuse le livre de Pierre Rabhi et le mouvement Colibris co-producteur du film de Coline Serreau "Solutions Locales pour un désordre global".

jeudi 16 septembre 2010

Encore quelques moments avec Pierre Rabhi (3)

""La Terre... Combien sommes-nous à comprendre cette glèbe silencieuse que nous foulons toute notre vie ? Pourtant, c'est elle qui nous nourrit, elle à qui nous devons la vie et devrons irrévocablement la survie""
Pierre Rabhi
3ème et dernière partie


Source : Emission "CO2 mon amour" sur France Inter

dimanche 11 novembre 2007

La voix de la nature à travers Yves Paccalet et Pierre Rabhi

Nous avions déjà écouté les voix de Yves Paccalet et de Pierre Rabhi. Je suis content maintenant que vous puissiez les voir parler...

samedi 18 mai 2013

Pierre Rabhi, un engrais vital pour l'humanité

"Il nous faudra répondre à notre véritable vocation, qui n'est pas de produire et de consommer jusqu'à la fin de nos vies, mais d'aimer, d'admirer et de prendre soin de la vie sous toutes ses formes."



"En même temps que le réenchantement du monde que nous aurons à accomplir, la beauté étant à l'évidence une nourriture immatérielle absolument indispensable à notre évolution vers un humanisme authentique, nous devons également et impérativement trouver une façon juste d'habiter la planète et d'y inscrire notre destin d'une manière satisfaisante pour le cœur, l'esprit et l'intelligence. J'entends par beauté celle qui s'épanouit en générosité, équité et respect. Celle là seule est capable de changer le monde, car elle est plus puissantes que toutes les beautés créées de la main de l'homme, qui, pour foisonnantes qu'elles soient, n'ont pas sauvé le monde et ne le sauveront jamais. En réalité, il y va de notre survie. Le choix d'un art de vivre fondé sur l'autolimitation individuelle et collective est des plus déterminants; cela est une évidence."
Pierre Rabhi

dimanche 9 novembre 2008

Pierre Rabhi et la sobriété heureuse

Agro-écologiste, fondateur de l'association Terre et humanisme, Pierre Rabhi, 69 ans, auteur notamment du Manifeste pour la Terre et l'humanisme (Actes Sud) est aussi l'inventeur de l'expression « sobriété heureuse ». Une tentative pour dépasser l'opposition, souvent stérile, entre le développement durable, trop galvaudé, et la décroissance, irréaliste.

« Nous vivons dans une pseudo-économie qui se révèle incapable de satisfaire les besoins fondamentaux des deux tiers de l'humanité : se nourrir, se loger, boire de l'eau potable... Les ressources de la planète sont ainsi confisquées par les plus riches, le G7 étant responsable de ce hold-up collectif. Ainsi, en Occident,nous avons cédé au mythe de la croissance indéfinie qui, par la publicité et la consommation, se nourrit de notre insatiabilité et du superflu. Tout cela pour finir dans nos décharges et nos poubelles. Avec une empreinte écologique devenue un danger pour l'humanité tout entière : si nous consommions tous comme les Américains, il faudrait six ou sept planètes !

Face à ce gaspillage et à cette course à l'abîme, j'oppose la sobriété heureuse, c'est-à-dire la société de la modération. Travailler pour satisfaire nos besoins élémentaires, mais en laissant du temps pour l'épanouissement de la personne : l'art, la culture, la spiritualité... tout ce qui nourrit l'être humain. La sobriété heureuse, ce n'est pas une privation, mais une libération par rapport à une aliénation. Une insurrection des consciences face à un productivisme effréné. Un exemple très concret : jardiner, avoir son potager, est aujourd'hui devenu un acte politique, de résistance, pour ne plus être dépendant des grands trusts de l'alimentation. Et ce n'est pas que de la théorie. Avec ma femme, en nous installant sur une terre aride en Ardèche, nous avons élevé nos cinq enfants, mais aussi produit des légumes, joué de la musique, écrit des livres, enseigné dans le tiers-monde... Et nous en sommes heureux. »