mercredi 19 août 2026
Rien ne manque
mardi 18 août 2026
S'incarner
Je me suis beaucoup interrogée, en poésie comme ailleurs, sur la manière dont on pouvait vraiment s’incarner. Je ne suis pas dans la peau des autres, je ne sais donc absolument pas ce que signifie ce verbe pour eux.
lundi 17 août 2026
Accueillir
« Devoir de vacances »
dimanche 16 août 2026
Elévation
Le 15 Août, les Chrétiens catholiques fêtent l’Assomption de Marie, mère de Jésus. Ce mystère fait le sujet de beaucoup de discussions entre spécialistes.
Pour moi, cette fête évoque simplement l’idée de m’élever. Qu’est-ce qui permet de m’élever ?
– Oh, tout simplement le détachement de la matière.
M’alléger de ce qui encombre mon environnement.
Pierre Rabhi préconisait la sobriété heureuse, nécessaire individuellement, et aussi pour l’avenir de la planète. Le bouleversement climatique va nous obliger à plus de sobriété. Même une alimentation simple va devenir plus coûteuse ; la sécheresse commence à nous en faire faire l’expérience. Ça, c’est la sobriété obligée. Mais la sobriété heureuse, c’est autre chose.
C’est trouver le plaisir de se déposséder. Aïe ! À la rigueur vendre ; ça, je peux.
Mais donner m’est bien plus difficile.
Comme tout le monde, se débarrasser de ce qui encombre, c’est facile. Confondre Emmaüs avec une succursale de la poubelle, en me faisant croire que je fais « une bonne action », pas de problème !
Mais donner ce qui a une valeur marchande et pire une valeur affective, là je coince. Là, je vais avoir besoin de la foi.
« Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir » rappelle Saint Paul. À vérifier.
Pourtant la piste de la sobriété heureuse passe inévitablement par cet allègement.
Là est le début de l’Ascension.
Puis quitter la terre, en y laissant le lourd, n’avoir plus que son corps à donner, doit grandement faciliter les choses.
Je verrai bien ce que j’aurai réussi à lâcher.
Christian Rœsch - directeur de la publication de Reflets
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samedi 15 août 2026
L'humilité ?
Je me souviens qu’à seize ou dix sept ans, déjà, je m’interrogeais dans une sorte de journal que je n’ai pas tenu longtemps sur la vraie nature de l’humilité.
Je pourrais presque dire que j’en suis toujours là cinquante ans plus tard.
Pas tout à fait quand même car, au vrai, la nature essentielle de ce qu’on peut appeler humilité me parait très claire et précise : l’humilité, c’est de ne rien s’attribuer de ce que les autres vous attribuent à tort ou à raison.
Qualités, bien sûr, mais aussi et c’est déjà moins immédiatement compréhensible, défauts.
Si on me fait des compliments, ou même simplement si on me remercie de quelque chose que j’ai pu faire, dire, je ne sens pas, je ne sens plus, du moins je le crois sincèrement, qu’il s’agisse de « moi », qu’il soit en quoi que ce soit légitime de me l’attribuer.
Je sais bien que ce qui a pu se faire ou s’exprimer d’utile, de bienfaisant, de juste, et pour lequel je me vois remercié ou complimenté, est passé à travers « moi », ma personne, mon style, ma forme.
Mais me l’attribuer, l’attribuer à cette forme, à cette personne, m’apparait comme non seulement absurde mais comme l’essence de la prétention.
Prétendre, qu’est ce sinon se prendre ou se montrer pour ce qu’on n’est pas vraiment ?
Or, mes qualités, mes accomplissements, ne procèdent pas de quelque magnificence de ma personne. Les dons même que je peux avoir - lesquels d’ailleurs coexistent avec tant d’inaptitudes- m’ont été, justement et comme le dit si bien le mot, donnés. Tout au plus ma personne les a-t-elle cultivés mais là aussi, où est la part de déterminisme, de conditions et circonstances qui m’ont donné loisir et contexte pour être à même de cultiver les dons en question ?
Bref, je me sens incapable aujourd’hui de « prendre » pour moi les remerciements, compliments, etc.
Bien sûr, je les reçois, je remercie, tandis qu’intérieurement je les remets … au Plus Grand, au mystère.
Alors, est ce humilité ?
Le difficile, c’est que l’écrivant, je m’attribuerais moi même le qualificatif de « humble », ce qui serait tout de même un comble !
Mais enfin comment s’en sortir, ou alors en se taisant, en demeurant complètement invisible… Et là aussi, au cas où je serais « humble », il serait absurde qu’il y ait en moi quelqu’un pour s’en vanter !
Le « moi » au sens de l’ego n’est jamais humble, comme l’eau n’est jamais sèche ou le feu froid.
Si comme je l’écrivais plus haut, mes qualités ne m’appartiennent pas, mes défauts non plus.
Ce n’est pas une raison loin s’en faut pour ne pas m’en sentir responsable.
M’en sentir : le sujet conscient en moi.
Le moi ego se défend, minimise ses défauts, se récrie, se rééquilibre, se tient constamment sur la défensive. Le sujet conscient n’aspire qu’à la vérité, voir, reconnaitre. Et donc au dépouillement de ce qui est excroissance, boursouflure du moi.
Je ne parle pas des défauts en tant que caractéristiques de l’être humain que je suis, produit de ses gênes, de son éducation, etc.
Si par exemple je suis inapte en matière manuelle, il n’y a pas à y voir une boursouflure du moi, de même que mon absence quasi pathologique de sens de l’orientation. Je peux faire des efforts mais je serai nul jusqu’au bout et ce n’est d’ailleurs pas un problème, sinon que ce serait bien pratique de savoir bricoler ou m’orienter.
Donc, les failles ou manifestations de l’ego qui se manifestent en la personne que je suis, il m’incombe d’en être responsable pour autant que possible les dépasser.
Responsable mais pas coupable.
Derrière toutes ces failles, ces ridicules, ces postures, il y a une souffrance pas encore pleinement vue et assumée, un enfant qui pleure ou enrage.
Voilà ma perspective présente quand à l’humilité.
Après, j’avoue ne pas avoir beaucoup de goût pour ce que j’appelle l’humilité psychologique - et que je distinguerais de l’humilité objective - cette espèce de convenance à finalement paraitre humble, à ne pas trop se montrer, pour ne pas dire se planquer, quitte à au final se montrer très ombrageux, susceptible.
Dans ma jeunesse et même bien plus tard, tout en n’étant au final pas si dupe, je pouvais, par souffrance, faire preuve d’arrogance, ou trop parler de moi, manquer d’une certaine forme de pudeur et de réserve, et je comprends qu’on ait pu m’en faire grief.
J’avais aussi ce côté «j’ai compris et pas vous et je vous le fais sentir», la revanche de l’enfant blessé par les moqueries de sa différence et de ses inaptitudes matérielles, puis jeune adulte exalté pour ses facilités intellectuelles et artistiques. Ce côté «Tremblez Minables».
J’espère avoir appris de tout ce qui a pu m’être à juste titre souvent pointé, même si tout cela avait aussi sa large part de protections, de jalousies etc.
Et il m’est souvent arrivé et m’arrive encore de me sentir ébahi par la prétention pour moi objective de telle ou tel qui ne se croit pas prétentieux.
Bref, pas si évident cette question de l’humilité.
Pour finir , je me sens si profondément, si sincèrement animé de l’aspiration à me dépouiller de tout ce qui est en trop pour que seule reste mon humanité transparente à ce qui la fonde, au Plus Grand…
Et je sais devoir encore traquer avec bienveillance ce qui pourrait m’échapper de cet ego toujours prompt à se rengorger, à s’approprier, à faire son malin, son intéressant …
Mais c’est si vite fait de se méprendre.
On pourrait lire quasiment toute l’œuvre sublime d’un Walt Whitman comme une vantardise obscène. « Je me célèbre moi même », « je suis fort, libre » etc etc.
De ce point de vue là, il y a aussi une sorte d’abîme culturel entre une sensibilité littéraire et une approche se voulant exclusivement « spirituelle », étrangère à cette sensibilité, qui, du coup, me parait très linéaire, rivée au premier degré, peu réceptive au mystère à la complexité, au paradoxe.
Gilles Farcet
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vendredi 14 août 2026
jeudi 13 août 2026
Eclaire le monde...
... Le soleil est l’Or et la Lune l’Argent, le soleil est le Yang et la Lune le Yin, le Soleil est le père et la Lune la mère. C’est leur équilibre et leur respect mutuel qui garantissent l’équilibre et le respect du monde. Il n’y en dans leur relation ni lutte ni compétition, aucune jalousie ni envie, juste une complémentarité sans faille. La place laissée libre par chacun est naturellement occupée par l’autre, et réciproquement.
C’est une grande leçon pour notre monde, perdu dans la pauvreté des échanges marchands ou des guerres, des besoins de puissance et de la peur de l’autre. Regardons, avec les lunettes qui conviennent, bien évidemment, l’éclipse. Son nom est ambigu, parce que la lune ne cherche pas à « éclipser » le soleil, elle cherche juste à montrer qu’ils ne sont rien l’un sans l’autre. Lorsqu’elle est devant le soleil, elle cache sa lumière, certes, mais elle même devient entièrement noire, occultant son propre éclat par le fait qu’elle ne peut plus réfléchir celui du soleil. Le Soleil et la Lune nous montrent combien leur équilibre est essentiel et la vie nous propose de « l’apprécier, en nous « l’enlevant momentanément ». C’est la force de ce moment qui touche absolument toute vie. C’est ce que traduit le soulagement de tous lorsque progressivement la lumière revient.
Alors acceptons d’éclairer le monde qui nous entoure ainsi que nous mêmes, par notre lumière solaire extérieure et par notre lumière lunaire intérieure. Acceptons à nouveau que le visible et le conscient laissent un peu de place à l’invisible et aux profondeurs. C’est là que se cache notre âme et aussi sans doute une grande part de notre Conscience.
Michel Odoul
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mercredi 12 août 2026
Toute la mer
mardi 11 août 2026
Eclipse
ÉCLIPSE DU 12 AOÛT : FAUT-IL VRAIMENT RESTER À L’INTÉRIEUR SELON LA METAPHYSIQUE CHINOISE ?
Le corpus taoïste adopte une position plus rituelle. Le Duren Jing et ses commentaires mentionnent les éclipses parmi les désordres célestes qui peuvent donner lieu au jeûne rituel, à l’offrande d’encens et à la récitation de textes sacrés. Nous sommes alors dans le cadre précis d’une pratique spirituelle transmise. Ce passage ne parle ni de rester derrière des rideaux ni d’une contamination frappant ceux qui se trouveraient dehors.
lundi 10 août 2026
Hommage
En remontant de la Drôme provençale, j’ai eu la joie de m’arrêter à Hauteville, dans l’ashram d’Arnaud Desjardins. Joie d’aller sur sa tombe pour lui rendre hommage et le remercier pour ses écrits, ses films et son engagement dans une profonde quête spirituelle qui l’a transformé et qui a guidé des milliers de personnes. Je suis plongé actuellement dans ses écrits qui m’éclairent sur une autre lecture des évangiles à la lumière de l’Orient. J’avais eu le bonheur de recevoir Arnaud Desjardins dans mon émission Visages, un an avant sa mort. Cette rencontre reste profondément ancrée dans mon esprit et mon cœur. Merci Monsieur.
Thierry Lyonnet
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J'ai mis plusieurs émissions de Visages sur ce blog. Certaines ont été rediffusées cet été et celle avec Arnaud a été rediffusée en le 4 août : voir le lien de l'émission
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dimanche 9 août 2026
Corps élargi
... Plus nous pouvons être profondément en contact avec les sensations corporelles et pleinement présents au mouvement de la pensée - sans les saisir ou les rejeter - plus nous pouvons nous sentir et nous reconnaître comme le témoin de ces sensations, comme la lumière consciente qui les illumine, comme ce contenant de toute expérience qui est libre de ses contenus mais qui ne fait qu'un avec eux, de la même manière que le miroir est libre de l'objet qui s'y reflète, tout en ne faisant qu'un avec lui.
Mais nous ne pouvons pas simplement ignorer le corps et l'esprit et les repousser en nous accrochant à la croyance que "je ne suis pas cela mais la conscience". Nous ne pouvons nous libérer que de ce que nous connaissons clairement, nous ne pouvons réaliser encore et encore notre identité profonde en tant que Conscience qu'en voyant et en comprenant clairement ce que nous ne sommes pas - ce qui implique d'explorer et de connaître clairement ce avec quoi nous nous identifions - là où la conscience identifiée s'embourbe. Pour reprendre l'exemple classique védantique du serpent et de la corde, nous ne pouvons réaliser que le serpent illusoire est en fait une corde qu'en observant attentivement ce serpent sans aversion pour nous libérer de notre vision erronée. Si l'on a peur du serpent (le corps-esprit), si l'on ne veut pas le voir et qu'on le rejette, alors on ne peut pas se libérer de la fausse identification/superposition de l'image du serpent sur la corde. De la même manière se dissocier du corps ou rejeter les états mentaux et émotionnels en pensant « je ne suis pas cela » renforce la croyance en leur réalité et nous empêche de les voir et les explorer pour réaliser leur vraie nature et ce qu’il y a derrière.
Voir clairement nos identifications, c'est lâcher nos identifications. Et être totalement intime avec le corps et les sensations corporelles sans réaction ni identification c'est permettre à ces sensations de se libérer et de revenir à leur état naturel, libre des tensions et des fixations liées à l'identification. Nous habitons alors pleinement le corps comme véhicule de la conscience, nous découvrons un corps subtil naturel, plus léger, spacieux, vibrant, transparent et ouvert, pleinement habité par la conscience, qui en est l'expression. Alors nous pouvons dire "Je suis le corps" - mais alors ce n'est plus le corps de la pensée, le corps de la représentation, le corps conditionné séparé, le corps de la tension et de la réaction, mais un corps ouvert, un corps qui ne fait qu'un avec l'environnement. Ce n'est pas le corps séparé, mais le corps élargi qui inclut le monde et les autres. Je suis le corps, je suis le monde.
De même, lorsque les pensées sont pleinement acceptées et observées comme de simples pensées, sans les nourrir ni les rejeter, elles peuvent alors se libérer de l'identification du moi et être perçues comme une expression de la Conscience, surgissant et retombant en elle comme les vagues de l'océan.
L'enseignement "tu n'es ni le corps ni le mental" est donc un moyen habile qui permet de les observer en tant qu'objets sans les saisir ou les rejeter, et de permettre à l'attention de retourner vers la Conscience qui les illumine, la Source qui les anime - mais nous devons faire attention à ne pas mal comprendre cet enseignement afin de créer une nouvelle dualité et de renforcer une dissociation ou un contournement spirituel pour éviter d'affronter nos parts d'ombre ou ce qui en nous, au niveau de la personnalité, est encore identifié, vulnérable, non libre ou en réaction.
David C , L'Ouvert - spiritualité, méditation et non dualité
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samedi 8 août 2026
Enseignement spirituel
Traduction d'un post de Jeff Foster :
Je veux mettre certaines choses parfaitement au clair :
























