Le 15 Août, les Chrétiens catholiques fêtent l’Assomption de Marie, mère de Jésus. Ce mystère fait le sujet de beaucoup de discussions entre spécialistes.
Pour moi, cette fête évoque simplement l’idée de m’élever. Qu’est-ce qui permet de m’élever ?
– Oh, tout simplement le détachement de la matière.
M’alléger de ce qui encombre mon environnement.
Pierre Rabhi préconisait la sobriété heureuse, nécessaire individuellement, et aussi pour l’avenir de la planète. Le bouleversement climatique va nous obliger à plus de sobriété. Même une alimentation simple va devenir plus coûteuse ; la sécheresse commence à nous en faire faire l’expérience. Ça, c’est la sobriété obligée. Mais la sobriété heureuse, c’est autre chose.
C’est trouver le plaisir de se déposséder. Aïe ! À la rigueur vendre ; ça, je peux.
Mais donner m’est bien plus difficile.
Comme tout le monde, se débarrasser de ce qui encombre, c’est facile. Confondre Emmaüs avec une succursale de la poubelle, en me faisant croire que je fais « une bonne action », pas de problème !
Mais donner ce qui a une valeur marchande et pire une valeur affective, là je coince. Là, je vais avoir besoin de la foi.
« Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir » rappelle Saint Paul. À vérifier.
Pourtant la piste de la sobriété heureuse passe inévitablement par cet allègement.
Là est le début de l’Ascension.
Puis quitter la terre, en y laissant le lourd, n’avoir plus que son corps à donner, doit grandement faciliter les choses.
Je verrai bien ce que j’aurai réussi à lâcher.
Christian Rœsch - directeur de la publication de Reflets
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