Je vous partage un témoignage que j'ai trouvé précieux et qui montre l'espoir en la vie et une certaine force intérieure :
mardi 8 décembre 2020
Ma famille avant tout
Je vous partage un témoignage que j'ai trouvé précieux et qui montre l'espoir en la vie et une certaine force intérieure :
lundi 7 décembre 2020
Confinement et nostalgie
« Le
monde d’après ne sera plus comme le monde d’avant ! »
Cette opinion est pour les uns une source
d’inquiétude et pour d’autres une espérance. Il n’empêche qu’il en est ainsi
depuis toujours. Étant au bord d’une rivière, contemplez l’eau qui coule …
coule … et demandez-vous comment vous allez faire pour vous baigner une fois
encore dans l’eau du jour d’avant ou du jour d’après ?
Le refus de la loi de l’impermanence s’enracine dans
cette part de nous-même définie comme étant l’EGO.
L’ego ? Lorsque je demande à Graf
Dürckheim ce qu’est l’ego, il me répond : « L’ego
? c’est cette entité, cette représentation mentale de soi-même, qui pense : moi
je suis moi et je veux rester moi !
».
En même temps, il semble qu’une
nostalgie autre que le désir de revenir au monde d’avant, profite du
confinement pour sourdre du plus profond de notre nature humaine. « L’impression, me disait une participante
à une retraite, que manque quelque chose d’essentiel
à ma manière d’être, qui me permettrait —dans le monde tel qu’il est
aujourd’hui—, de pouvoir donner sens au simple fait de vivre. La méditation
serait-elle le moyen de combler ce manque ? ».
A sa question, il me faut répondre que c’est là le sens de l’exercice appelé ZAZEN : « l’éveil de l’homme à sa vraie nature en tant qu’être humain » ; à son être essentiel, qui n’est pas l’ego. Mais je ne suis pas sûr que ce soit la visée de ce qu’on entend aujourd’hui comme étant la MÉDITATION, cet exercice qui met l’accent sur l’utilisation du mental (mind) et participe au développement des potentialités de l’ego. Est aujourd’hui proposée, sous le nom de méditation, une méthode qui participe à ce qu’on appelle le développement personnel.
Curieuse naïveté que celle d’imaginer que en restant
enfermé dans le MOI, domaine de l’angoisse et des états qui l’accompagnent, je
vais pouvoir assurer ma sécurité, mon confort et ma santé !
Graf Dürckheim écrit : « Si l’homme occidental perçoit l’impasse à
laquelle sa pensée l’a conduit, il sera obligé de —prêter l’oreille— à la voix
de son être essentiel insaisissable par la pensée objective ».
Prêter l’oreille ! Accueillir ! Être touché
!
Ces mots, bien mieux que le mot —méditation—,
traduisent exactement le kanji ZEN.
Nous devons au maître Zen Sôtô Hirano Katsufumi Rôshi (1) un puissant éclairage sur la différence entre Zazen et méditation : « Il y a mille et une façon de méditer ; il n’y a qu’une façon de pratiquer zazen ! » — « On ne pratique pas zazen avec le mental (Mind) ! » — « Zazen est avant tout une manière d’être en tant que corps ! ».
ZA-ZEN ? Ce n’est pas un nom, un
substantif. C’est une action.
Za, ce n’est pas une posture, une
assise ; c’est une action du tout corps-vivant que je suis qui, d’instant en
instant s’organise et se réalise. Za, c’est se poser dans l’espace-vécu et le
temps-vécu (ce qui me libère de mes égarements dans l’espace-pensé et le
temps-pensé).
Zen, ce n’est pas quelque chose ;
c’est l’action qui consiste à prêter l’oreille, à accueillir ce qui se présente
d’instant en instant grâce à ce processus du corps-vivant qu’est le sentir. Nous rencontrons ce qu’on
appelle la vie, le monde, grâce à nos cinq sens.
La pensée nous écarte du réel en fabriquant des représentations du réel.
Pour avoir la chance de toucher, ou d’être touché,
par l’essentiel il faut se glisser
dans le sentir. C’est l’attention
portée à la profondeur d’une qualité sensorielle qui donne accès à l’expérience
qu’est notre vraie nature.
C’est tout ? Oui. Et c’est d’autant plus stupéfiant
pour notre esprit occidental, sans cesse animé par l’exigence de faire quelque
chose, au point de croire que si je ne fais rien, rien ne se fera ! D’où
l’importance de s’entraîner à la réalisation d’une action inhabituelle : l’exercice
de l’absolue immobilité. Là où est la
parfaite immobilité, il n’y a pas de place pour l’ego !
On ne pratique pas zazen avec le mental ; zazen est un
exercice vital.
Vital ? Oui, corporel !
S’agit-il d’une gymnastique dans laquelle on engage cet
outil qu’est le corps qu’on A (Moi et quelque chose mon corps) ? Non. Il s’agit
de passer de l’idée « J’ai un corps (Körper)
» à l’expérience que « Corps je suis (Leib)
». Expérience que ce que j’appelle la vie n’est pas dans le corps ; expérience
que le corps (Leib) est la vie qui
d’instant en instant prend forme.
Le corps-vivant n’est pas quelque-chose. La vie n’est
pas dans le vivant ; le vivant est la vie qui, d’instant en instant, se réalise
et s’organise dans une forme pensée comme étant matérielle. Tout ce qui vit — devient ce qu’il est et
est ce qu’il devient — selon un ordre des choses qui n’est pas du ressort de
l’ego ; le mental n’a rien à faire dans ce processus vital.
Tout se complique ! Non, tout devient plus simple !
Parce que si notre vraie nature, notre être essentiel est insaisissable par la
pensée, cela ne signifie pas qu’il soit inconnaissable. Le chemin de connaissance
est un chemin d’exercice et d’expérience.
Aussi bien, revenons à zazen, cet exercice si
différent de ce qu’on appelle méditation :
Être là, assis, dans la verticalité intérieure et la
forme corporelle voulue par cet ensemble d’actions infaisables qu’est l’acte de
vivre. ET, sentir qu’en ce moment : je inspire. « JeInspire » et moi je n’y suis pour rien. « JeInspire », en un mot, sans intervalle entre ce que je nomme «
Je » et ce que je nomme « Inspire » ; parce qu’il n’y a ni distance ni écart de
temps entre le sujet et le verbe. Pas de dualité.
Et voilà qu’en ce moment, pour ce moment, « JeExpire » et moi, je n’y suis pour
rien.
À quoi bon reprendre, jour après jour, cet exercice
qui n’est pas un exercice mais une manière d’être de tout soi-même. C’est ce
que, au cours de son séjour au Japon, Graf Dürckheim demande au vieux moine
auprès duquel il pratique zazen : « en quoi consiste votre exercice que vous
pratiquez depuis tant d’années ? «
Réponse : « Ah, c’est difficile ! Je cherche à vraiment libérer le va-et-vient du
souffle (KoKyu) et c’est curieux,
lorsque j’y arrive … TOUT EN MOI SE CALME ».
Tout en moi se calme ! Nostalgie on ne peut plus
légitime en ce temps de confinement …
Zazen est vraiment différent de ce qu’on appelle
aujourd’hui méditer !
Jacques
Castermane
(1) Hirano
Katsufumi Rôshi : ENSEIGNEMENTS Propos recueillis par J. Derudder (www.tenchijin-zenkai.fr)
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dimanche 6 décembre 2020
Au cœur de la vie simple
Je passe la soirée chez des amis. C'est la fin du dîner. Nous sommes encore à table. Pauline, l'aînée, est remontée dans sa chambre. Sa petite sœur, Madeleine, reste à table avec nous, pendant que ses parents et moi refaisons le monde : un peu meilleur, il faut le dire. Madeleine est absorbée par un travail de coloriage : elle s'applique à donner vie à une pâlotte « reine des neiges ». Toute son attention se porte sur son dessin. En saisissant au vol un mot de notre conversation dont elle ne connaît sans doute pas le sens, Madeleine relève la tête, pose son crayon de couleur, et me regarde en me disant d'un air tout autant étonné que sérieux : « Ah bon ? »... Madeleine écoutait, d'une oreille pas si distraite que ça. Sans tout comprendre de nos propos d'adultes, elle était là, scrutant les mots, attentive à ce qui semblait et ce qui pourrait se dire : « Ah bon ? »
Être là tout en éveil, en écoute
Cette petite scène de la vie ordinaire me parle fort en ce début d'Avent. Elle me ramène à cette sublime parole du Cantique des cantiques (5, 2) : « Je dors, mais mon cœur veille »... Cette petite fille semblait « dormir » sur son métier de coloriste, mais en fait elle veillait. Il s'agit d'être là. Pas de rêver à un monde impossible. Pas de nous enfuir dans l'improbable. Pas de chercher à gagner le ciel, pas de regretter le temps passé, mais d'être tout entier dans le présent et de déployer tout son possible. Être là : nous appliquer, comme la petite Madeleine, à donner des couleurs à cet étrange temps qui passe. Mettre de la couleur sur les mille réalités de la vie quotidienne : sur une famille à faire vivre, des enfants à élever, un métier à tenir, des relations sociales qu'il est bon d'entretenir.Le Dieu qui nous attend
C'est quelque chose comme ça, le mystère de l'Avent. Non pas l'accueil d'un Dieu venant du ciel qui se propulserait dans l'aventure humaine, mais d'un Dieu « plus intime que nous-même », qui se révèle au cœur de notre humanité. Disons-le clairement : Dieu ne viendra pas. Il ne s'agit pas de l'attendre. C'est lui qui nous attend. Parce qu'Il est là, déjà. Au cœur de la vie simple. Dans une lettre qu'elle écrivait à Louise Salonne, une de ses proches amies, une autre Madeleine écrivait en 1929 : « Que la Lumière sans laquelle toutes les lumières sont si petites te soit donnée. Que la Vie sans laquelle la vie est dure, petite, morcelée, te donne son unité et sa simplicité radieuse. Et que l'Ami sans lequel toute amitié est fragile, dépendante, boiteuse, se révèle à toi et soit : ton paysage, ton livre et ta richesse. » (Éblouie par Dieu. Œuvres complètes, tome 1, de Madeleine Delbrêl, Nouvelle Cité). Ah bon ? disait Madeleine. Mais oui, petite. Mais oui... « Éveille en nous l'intelligence du cœur… ».Raphaël Buyse est prêtre dans le diocèse de Lille. Il est membre de la Fraternité diocésaine des parvis. Il a notamment publié Lueurs de Noël. Contes inspirés de l'Évangile (Salvator), la Cendre avant le feu. Méditations sur le chemin de Pâques (Médiaspaul) et Autrement, Dieu (Bayard).
Source : La Vie----------
Un avenir pour la jeunesse ?
samedi 5 décembre 2020
Le rôle de la parole
Juste ciel.
vendredi 4 décembre 2020
L'essence de la plénitude de Vimala Thakar
Un nouveau livre qui présente neuf conférences et une discussion de Vimala Thakar vient de paraître aux éditions Accarias l'Originel. Il est vraiment très intéressant et unique. En voici un extrait qui correspond au début de la première conférence :
C’était la préoccupation de l’Occident de transformer les schémas extérieurs de la vie, les structures sociales, les modèles économiques, les structures monétaires, les organisations politiques, administratives, etc.
Ainsi, les Occidentaux se sont impliqués dans la transformation des paradigmes externes de la vie, sans accorder beaucoup d’attention à la qualité du comportement individuel et à la qualité de la conscience individuelle, et sans se sentir très concernés.
Il y a eu ces deux façons d’approcher le problème de l’indispensable transformation.
Il va sans dire que les conditions de vie actuelles de l’individu sont juste insupportables. L’homme sait comment voler dans les airs comme un oiseau, il sait comment nager dans les eaux comme un poisson. Mais comme Bertrand Russel le soulignait il y a déjà longtemps, il ne sait pas comment vivre sur cette terre en tant qu’être humain, dans l’amour, la paix, l’harmonie.
L’amour, la paix et l’harmonie en lui-même, avec son mental, avec la totalité de son être.
Il ne sait pas non plus comment vivre spontanément. L’élégance de la spontanéité, la beauté de l’humilité et de l’innocence sont quelque chose que nous rencontrons rarement.
Dans nos rapports humains, nous passons à côté de l’atmosphère d’amour, d’amitié et de paix.
Nous pouvons parler au nom de l’amour et de la paix, toutes les religions font ça. Mais l’homme n’est pas encore suffisamment mature pour vivre en harmonie et en amitié avec ses compagnons humains. Cela est notre véritable défi.
Je sais bien qu’il y a des problèmes de famine et de misère en Asie et en Afrique, et à moins que la famine ne soit éradiquée, vous ne pouvez pas parler de religion et de spiritualité sur ces continents.
La priorité est de conduire les êtres humains du statut de sous-humains à un niveau humainement décent.
Il y a aussi le problème de la violence. Mais les problèmes politiques et économiques m’apparaissent comme les symptômes d’une maladie plus profonde. Ils sont les symptômes d’une profonde pathologie enracinée dans la conscience humaine, et à moins d’arracher les racines de cette maladie chez l’individu, non pas en s’isolant, non pas en se retirant de la vie sociale, mais au cœur même du champ de bataille de la vie quotidienne ; à moins d’arracher les racines ici même, à moins de trouver une façon de nous développer hors des puissantes tendances animales, des passions aveugles, des pulsions au sein même de notre quotidien, ces symptômes ne pourront s’éliminer d’eux-mêmes. Faites ce que vous voulez : elles ne peuvent être éliminées en endoctrinant les gens par de nouvelles façons de penser et de nouvelles façons de se comporter.
Nous nous sommes complu dans l’organisation de la pensée, la systématisation des sentiments et des émotions, la standardisation et l’endoctrinement de la pensée et des sentiments depuis des siècles. Nous aborderons ce point plus tard dans notre entretien. Mais il apparaît qu’alimenter le cerveau humain de nouveaux contenus physiques et psychologiques n’a pas beaucoup aidé l’humanité à éradiquer la domination, la violence, la brutalité, l’insensibilité, etc.
Aussi, ceux qui se sentent réellement concernés par cette crise dans la conscience humaine devront s’asseoir tranquillement et réfléchir à l’ensemble de la question avec beaucoup d’attention. La difficulté est de trouver et de maintenir cette qualité de sérieux qui nous permettra d’examiner en profondeur la question, sans choix, sans préjugé intellectuel ou émotionnel. Maintenir cet engagement sérieux est très difficile, car nous avons l’habitude de vivre à la surface de la conscience, à un niveau superficiel. Quand nous tombons sur un problème qui provoque des émotions, nous sommes perturbés quelques minutes, puis ce dynamisme s’estompe, et nous retournons à notre routine quotidienne…
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jeudi 3 décembre 2020
Grandir avec les arbres
"Au quotidien, nous sommes sous l'emprise du temps psychologique : soit on s'identifie au passé, on ressasse sans cesse, soit on vit dans le futur en espérant des jours meilleurs. C'est une entité étrange que ce temps psychologique : le passé ou le futur altèrent notre rapport au moment présent. Et vivre au présent est tout un art qui exige un réel travail sur soi."
"Ces petites voix malveillantes qui grondent à l'intérieur de soi, ce sont les croyances culpabilisantes et dévalorisantes que nous portons sur nous-mêmes et qui ont souvent été forgées par autrui."
mercredi 2 décembre 2020
Méditation avec Douglas
lundi 30 novembre 2020
Soleil intérieur
On se prépare… En Avent !
dimanche 29 novembre 2020
« Retrouver cet espace en nous de calme et de douceur »
Par Jean-Yves Leloup, écrivain, théologien et prêtre orthodoxe, qui a publié en septembre Métanoïa, une révolution silencieuse (Albin Michel).
« Tout ce qui est élevé doit être abaissé, et tout ce qui est creux doit être relevé », nous explique, au sujet de l'Avent, Jean Baptiste le précurseur.
Cela revient à être attentif à nos moments de débordement, de colère, de révolte. Nous devons préparer notre terrain pour accueillir la présence de l'Esprit qui peut s'incarner en nous. Nous sommes tous plus ou moins cyclothymiques, à passer par des hauts et des bas. Tout ce qui est dépressif en nous, tous les ravins doivent être comblés, même si aujourd'hui nous sommes tentés de baisser les bras. Dans le même temps, tout ce qui est dans la prétention doit redescendre. Cette notion d'humilité renvoie à l'humus, à l'humanité car être « humain » c'est accepter notre glaise, cela nous ramène les pieds sur terre, sans descendre « sous » terre. Salomon nous dit également que la sagesse cherche un lieu de repos dans l'être humain, et, effectivement, nous sommes des êtres agités, déprimés ou excités qui doivent retrouver cet espace en nous de calme et de douceur : c'est là que le divin peut s'incarner, que l'éveil peut se manifester, que l'Être peut vraiment se donner.
interview Aurélie Godefroy pour La Vie














