samedi 19 avril 2025

Cette douleur qui ne part pas

 


Tu crois que tu pleures une rupture. Tu crois que c’est la perte de l’autre qui t’écrase. Mais la vérité, c’est que chaque départ réveille quelque chose de bien plus ancien. Tu vis une fin… mais ton cœur, lui, revit un abandon. Un que tu n’as jamais su digérer. Celui de l’enfance. Celui où tu n’as pas été choisi. Pas écouté. Pas assez regardé. Et tu ne t’en rends même pas compte. Tu souffres aujourd’hui comme si c’était disproportionné… mais c’est simplement accumulé.

Chaque fois que tu t’attaches à quelqu’un, c’est comme si une partie de toi espérait secrètement que cette fois-ci, on va rester. Qu’on va t’aimer sans condition. Qu’on va réparer ce que d’autres ont cassé. Tu ne cherches pas seulement un partenaire. Tu cherches un refuge. Une preuve que tu vaux la peine. Et c’est ça le piège. Parce que tant que tu ne guéris pas cette blessure originelle, tu vas continuer à confondre l’amour avec le besoin d’être sauvé.

Et quand ça casse, ce n’est pas juste une histoire qui se termine. C’est un schéma qui se répète. Encore. Et encore. Tu te demandes pourquoi tu tombes toujours sur les mêmes types de personnes. Pourquoi tu souffres toujours autant. Pourquoi ça fait aussi mal. C’est parce que ce n’est pas elle ou lui que tu perds… c’est l’espoir que, cette fois, ça allait enfin réparer ce vide que tu traînes depuis l’enfance. Un vide que tu n’as jamais appris à remplir toi-même.

Tu vois, l’enfant en toi a été blessé un jour. Il s’est senti rejeté, invisible, pas assez bon. Et comme personne ne l’a rassuré à ce moment-là, il a grandi avec cette peur viscérale : celle de ne jamais être aimé pour de vrai. Depuis, à chaque relation, il tend les bras. Il dit : « S’il te plaît, choisis-moi. Reste. » Et quand ça s’écroule, il s’effondre avec. Ce n’est pas l’adulte en toi qui pleure. C’est cet enfant qu’on a laissé derrière.

Tu n’as pas besoin d’un amour parfait. Tu as besoin de te retrouver. De revenir vers toi. De reconnaître cette part de toi qui a été blessée, et de lui dire : « Tu n’es plus seul. Je suis là maintenant. » Parce que personne ne viendra guérir ça à ta place. Personne n’a ce pouvoir. Même l’amour le plus sincère ne suffira pas, si tu ne te donnes pas, toi aussi, cette présence que tu attends des autres depuis toujours.

Tu peux continuer à courir après des gens pour combler ce vide. Tu peux aussi décider de t’arrêter. De respirer. Et de regarder en face ce qui a vraiment besoin d’attention. Ton cœur. Ton histoire. Ton passé. Tu ne peux pas changer ce que tu as vécu. Mais tu peux arrêter d’en faire un automatisme. Tu peux transformer ce schéma en le regardant droit dans les yeux. Tu peux aimer autrement. Commencer par toi.

Parce qu’un jour, tu vas aimer sans avoir peur qu’on parte. Tu ne supplieras plus pour qu’on t’aime. Tu ne seras plus à genoux pour être choisi. Tu seras debout, solide, en paix. Tu sauras que tu es entier, même si l’autre s’en va. Et ce jour-là, l’enfant blessé en toi ne criera plus. Il sera fier. Fier de toi. Fier de la personne que tu es devenue. Fier que tu sois enfin rentré chez toi.

Francis Machabée 

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vendredi 18 avril 2025

Quelques conseils...


Détendez-vous sans paresse
Concentrez-vous sans tension
Percevez sans projeter
Témoignez sans juger
Profitez sans envie
Réfléchissez sans imaginer
Aimez sans conditions
Donnez sans exiger
Recevez sans posséder
Servez sans égoïsme
Défiez sans dominer
Méditez sans identité
Corrigez sans blâmer
Surmontez sans fierté
Riez sans cynisme
Pleurez sans pitié
Affrontez sans haine
Guidez sans supériorité
Soyez sans définition
Vivez sans arrogance
Entrez sans auto-importance
Quittez sans regret
Soyez un avec Dieu
Mooji

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jeudi 17 avril 2025

Corps à ressentir

 


Le processus d'écoute du corps va de plus en plus refléter la Conscience. C'est l'enseignement traditionnel, qui d'abord se fait sur le corps. Le corps, c'est le symbole de la vie. La relation au corps, c'est celle que l'on a avec le monde. La façon dont on traite son corps, c'est la façon dont on traite le monde. L'inconfort du corps, c'est l'inconfort qu'on a avec le monde. Quand le corps va devenir Conscience, le monde va devenir Conscience. Le monde est une projection du corps. On est en relation avec le monde exactement comme on est en relation avec le corps. C'est très important de rendre ce processus conscient.

Toute émotion vient de l'essence. Aussi longtemps que l'on ne ressent pas son corps, ses émotions, on leur est totalement identifié. Quand je ne sens pas le corps, je suis le corps.

On ne s'accorde pas beaucoup de temps pour sentir le corps. À un moment donné, plutôt que de réfléchir sur votre vie affective, sur la spiritualité ou sur quoi que ce soit, vous vous accordez un espace dans la journée où vous êtes présent sensoriellement : éventuellement vous explorez un mouvement du doigt, du poignet, du souffle... Vous êtes présent. Votre questionnement se fait tactilement. Ainsi, peu à peu, les zones endormies redeviennent conscientes. Il faut rester doux, être patient.

~ Éric Baret

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mercredi 16 avril 2025

Samadhi

 "Le dernier mot.

Il n’y a rien qui ne soit sacré, rien qui ne soit pratique spirituelle. Hakuin, ce merveilleux maître zen du dix-huitième siècle qui a restauré la vitalité du zen au Japon, a mis en garde contre la croyance que le zen exige le rejet énergique de toutes les préoccupations mondaines. 

La vraie pratique du zen se fait au milieu de l’activité. 

Quand nous cuisinons, nous sommes dans le samadhi de la profonde cuisine. Quand nous nettoyons, nous sommes profondément dans le samadhi de nettoyage. 

Cette condition, le samadhi, n’est pas une vacance, un état de stupeur, un état d’esprit blanc. Il s’agit d’une condition profondément éveillée, alerte et vivement présente — et bien sûr, elle peut être heureuse. 

Nous sommes peut-être si éveillés que nous pouvons entendre la cendre de l’encens tomber. Chacune des activités dans lesquelles nous sommes engagés, lorsque nous donnons toute notre attention, sans aucun sentiment de ressentiment ou de comparaison, est une occasion de faire l’expérience de quelque chose, d’ouvrir les yeux plus clairement. 

Quand nous abandonnons notre emprise égocentrique sur les choses, nous trouvons que quelque chose de merveilleux est là, quelque chose qui a toujours été là; nous n’avons jamais été sans elle. Jetez tout, y compris ce que je peux dire, y compris les bonnes conditions qui peuvent se présenter. Allez-y. Aucune condition n’est permanente. Ne vous accrochez à rien. Devenez la fumée de l’encens. Abandonnez l’habitude d’interférer avec ce qui se passe et vous sentirez votre esprit devenir plus sain, plus fort. En acceptant vos malaises ou frustrations plutôt que de les réprimer ou de les éviter, en permettant des changements en vous-même, vous ferez l’expérience de votre vrai moi." 

Dernier chapitre du livre "Subtle sound" de Maurine Stuart...(foldedhands)

Ps : Samadhi, état méditatif intense.

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mardi 15 avril 2025

Présence à l'autre

 


Il est extrêmement rare de rencontrer quelqu’un, qu’on voie beaucoup de monde ou qu’on soit ce qu’on appelle un solitaire. La plupart des gens rendent très difficile de les rencontrer parce qu’ils ne sont pas vraiment dans leur parole ou parce qu’ils sont sans âme. Je fais toujours à l’autre le crédit de la nouveauté incroyable de son existence, mais ce crédit va s’user si l’autre a gâché cette merveille-là pour devenir comme tout le monde. Comment parler avec personne ? C’est impossible. 

Parfois le désir de partager est si fort que je vais quand même tenter ma chance mais souvent en vain. Les opinions ne m’intéressent pas. Ce qui me touche, c’est quand l’autre met tout le poids de sa vie dans la balance des mots et que sa pensée s’appuie sur ça. Pour ma part, j’ai parfois l’impression d’être totalement incapable d’aimer, et en même temps d’aimer plus que personne. 

Je vois très peu de monde, mais je peux être indéfiniment avec l’autre quand il est là. Quand je suis né, on m’a proposé le menu du monde, et il n’y avait rien de comestible. Mais quand l’autre est vraiment avec moi, je peux manger : je bois une gorgée d’air, je mange une cuillerée de lumière. 

~ Christian Bobin  

La lumière du monde

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lundi 14 avril 2025

Le printemps ne paye pas de taxes.

 Le printemps ne paye pas de taxes.



Il traverse incognito nos frontières, il auréole d’une joie étrange ceux qui n’ont pas d’autres richesses que leur grand nez et leur appétit de vivre malgré tout.

Ils le savent bien ceux qui construisent des murs et des frontières.
On n’empêchera pas les atomes, les moustiques, les virus… de circuler.

Malheureusement, ils voudraient tuer les oiseaux de l’âme, ceux qui demeurent fidèles au soleil et qui sans cesse s’élèvent en profondeur ou plus haut que tout ce qui nous sépare.

Nul ne peut tuer l’oiseau ou le printemps qui s’élève de ton âme.

Jean-Yves Leloup, Avril 2025

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dimanche 13 avril 2025

« Promis, je te serrerai dans mes bras »

 Elles n’ont pas encore 18 ans. Je leur en donnerais plus pourtant. C’est difficile d’évaluer l’âge de cette jeunesse. Elle emprunte ses tenues, ses manières, ses préoccupations à plus âgées, comme on pioche dans l’armoire d’une grande sœur.

Elles s’avancent côte à côte toutes les deux, dans l’allée centrale de la salle de conférences de leur lycée, même démarche, même sac sur le dos. L’une grande, blond platine avec des racines sombres, Dr. Martens aux pieds. L’autre petite, menue, brune, les cheveux courts, tout de noir vêtue. Leurs pas disent une hésitation, une envie de renoncer. Faire demi-tour. Et continuer comme si de rien n’était. Mais leur regard laisse voir autre chose. Une détermination. Une occasion qu’elles ne veulent pas laisser passer. Comme on saisit une bouée pour ne pas couler.

À leur façon de se tenir proches et à la liberté avec laquelle elles parlent l’une devant l’autre, on pourrait penser qu’elles sont amies. Mais elles ne se connaissent pas. Elles ignorent jusqu’à leur prénom. À peine se sont-elles croisées une fois dans les couloirs. C’est le même élan qui les a poussées à venir me voir, en même temps. Un instinct de survie.

Que se passe-t-il dans cette génération ?

Arrivées à ma hauteur, la plus grande se lance, sans préambule. Ses mots et la gravité dans sa voix sont bien loin de l’enfance. Elle parle sans s’arrêter. Vanne ouverte qu’elle ne veut pas refermer avant d’avoir tout éclusé. Ou peut-être ne peut-elle pas maintenant qu’elle a commencé. Elle dit son mal-être. Le vide en elle, que rien ne peut remplir. « J’ai perdu le goût de la vie, je ne sais pas comment. Je n’étais pas comme ça quand j’étais petite. Je rigolais tout le temps. Ça a changé, je ne sais pas pourquoi. Personne ne comprend. Personne ne me comprend. »

Elle marque à peine les points, enchaîne les phrases. « Mes parents me disent que ça va passer, qu’il faut que je pense à autre chose, que je me secoue. Mes copains me disent que j’ai qu’à sortir, faire la fête. J’essaie mais je ne peux pas. Je n’y arrive pas. Je ne sais pas quoi faire. » Sa voix tremble mais ses yeux sont secs. Il n’y a pas de larme au-delà du désespoir. C’est trop tendre, une larme.

La seconde fille parle à son tour. « Moi c’est pareil, enfin non pas tout à fait. Je ne vois pas où je vais. J’ai l’impression que tout est bouché. Je n’arrive pas à respirer. Je n’arrive pas à vivre. Chaque matin, je me fais violence pour aller en cours, pour m’accrocher à la vie. Mais chaque soir quand je rentre… » Dans un murmure elle confie ses idées noires. J’entends les mots avant qu’elle ne les prononce.

Que se passe-t-il dans cette génération ? Quel voile sombre recouvre leur fougue, leurs rêves ? Quelle horde de détraqueurs s’est abattue sur tous ces jeunes pour aspirer leur vitalité, leur joie, vider leur âme ?

Elle termine dans un sanglot. « Le pire c’est que je n’ai personne. Je n’ai presque aucun ami. Et ma famille… Moi, tout ce que je veux, c’est qu’on me prenne dans les bras et qu’on me serre fort. » Alors je fais un pas et je la serre contre moi. Désarmée par ce qu’elle vient de confier.

Une grande leçon d'humanité

La fille blonde reste debout à côté de la brune, sans bouger. Elle tripote le piercing planté dans sa lèvre inférieure. Je me demande si ça fait mal. Puis elle rompt le silence et dit avec rugosité : « Moi, je déteste qu’on me serre dans les bras. Vraiment je déteste. C’est comme ça, je ne suis pas tactile. »

Elle marque une pause, respire et reprend : « Mais j’ai entendu ce que tu as dit. Pour toi c’est important, j’ai compris. On est dans le même lycée, je suis en terminale 2. Alors si un jour ça ne va pas, si tu plonges, tu viens me voir. Regarde-moi bien, n’oublie pas mon visage. Tu viens me voir et promis, je te serrerai dans mes bras. De toutes mes forces. »

Je recule et m’éloigne. Un peu sonnée. Je contemple ces deux jeunes filles qui m’ont donné sans le savoir, au milieu de leur désespoir, une grande leçon d’humanité. Un cœur qui écoute et s’ajuste à la souffrance de l’autre. Pour le consoler. Rien n’est plus beau.

Anne-Dauphine Julliand 

Source : La Vie

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samedi 12 avril 2025

Ouverture nature

 Barreaux d'ouverture... Aucune pensée ne peut enfermer la nature.


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photos par Acouphene

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jeudi 10 avril 2025

Bouée invisible

je suis un rescapé de la vie courante
indemne
mais tout juste
j’y patauge
et bats des bras
parmi des meutes
de nageurs sans états d’âme
je bois la tasse refais surface sous le soleil cru
mais j’ai ma bouée invisible
elle se matérialise dès que
m’en souvenant je l’invoque
alors elle me maintient à flot
hors de toute image de point d’arrivée
de rivage
je ne me noie pas c’est déjà ça

Gille Farcet - Dernière pluie

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mercredi 9 avril 2025

Vide en soi

 


Le besoin de distractions est proportionnel au vide que l'on porte en soi-même, car c'est bien celui-ci qui sécrète celui-là. Il n'y a point de distraction nécessaire là où il n'y a point de vide. La seule distraction nécessaire, la seule distraction noble, l'immense et unique distraction, c'est d'être là où l'on est, si ce là-où-on-est se trouve être, par bonheur, là-où-l'on-aime-être, définitivement.

PAYSAN DE DIEU, Frère François Cassingéna-Trévedy

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lundi 7 avril 2025

Univers d'enfant

 



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