lundi 15 novembre 2021

"L'autre est un autre."

 


C'est Annick d'Astier qui m'a cité cette phrase en 2002. C'est avec cette phrase, que je n'ai pas tout de suite vraiment comprise, que j'ai emprunté la voie d'une transformation intérieure. Et plus j'apprends à me connaître, mieux je peux comprendre l'autre.



"La Vérité ultime est dure à entendre : recevoir tout ce que vous souhaitez, comme vous le souhaitez, de qui vous le souhaitez se révèle impossible. L'être humain susceptible de vous donner le plus d'amour ne peut pas répondre exactement à votre attente. 

L'autre est un autre, même dans la relation amoureuse la plus parfaite. 

L'autre ne peut pas être notre alter ego, notre réplique et correspondre à chaque instant à notre demande : aimer tout ce que nous aimons, ne pas aimer tout ce que nous n'aimons pas, vouloir ce que nous voulons au moment où nous le voulons. 

Cette aspiration complètement déraisonnable n'aura jamais de réponse et gâchera votre existence."

Arnaud Desjardins

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dimanche 14 novembre 2021

"Ubuntu "


Un anthropologue a offert un jeu aux enfants d'une tribu africaine primitive.
Il a placé un panier de délicieux fruits près d'un tronc d'arbre et leur a dit : " Le premier qui atteint l'arbre aura le panier de fruits ".
Quand il leur a donné le signal de départ, il a été surpris qu'ils marchent ensemble, la main dans la main, jusqu'à ce qu'ils atteignent l'arbre et ils partagent les fruit.
Quand il leur a demandé pourquoi vous aviez fait cela, alors que l'un de vous pouvait obtenir le panier que pour lui.
Ils ont répondu avec étonnement : " Ubuntu "
Autrement dit, comment l'un de nous peut-il être heureux alors que les autres sont misérables.
" Ubuntu " dans leur civilisation signifie: " Je suis, parce que nous sommes ".
Cette tribu primitive connaît le secret du bonheur perdu dans toutes les sociétés transcendantes, qui se considèrent comme des sociétés civilisées.

******************Détail et source de cette histoire :
« Du plus loin qu’on puisse remonter, l’anecdote aurait été racontée par Lia Diskin, une journaliste parfois « philosophe », au Festival Mundial da Paz de Florianópolis au Brésil, en 2006.
Ne faisant à l’origine mention que de la notion ubuntu, le récit s’est chargé au fil du temps de quelques précisions, histoire de gagner en crédibilité : ça aurait eu lieu en Afrique australe, chez les Xhosa, probablement en Afrique du Sud. Ou en fait non, plutôt en Afrique de l’Ouest, chez les Haoussas. »
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samedi 13 novembre 2021

Approche de la méditation avec Matthieu Ricard

 Ça fait du bien de ne pas avoir cette frénésie perpétuelle d'activité, de préoccupations, de distractions... 



Ecouter les conseils de Matthieu Ricard

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mercredi 10 novembre 2021

Retournement

 

"Peu de gens ont compris l'approche de Ramana Maharshi avec le questionnement "Qui-suis-je ?"
La plupart des gens en font un exercice purement intellectuel autour de cette fameuse question.
Il faut tenir compte de la vie de Ramana Maharshi pour mieux comprendre sa proposition qui justement n'est pas à comprendre.
L'idée centrale de cette méthode est d'inverser l'attention. Notre attention est quasiment toujours dirigée vers l'extérieur, il s'agit de la retourner vers son origine. C'est ce que Jung appelait le "backward flowing of attention" (le courant arrière de l'attention).
Cela c'est la voie pour connaître directement "Qui-suis je ?" Ce n'est pas un processus de réflexion. Vous n'êtes pas conscient de Ce que vous êtes réellement parce que "votre" attention est toujours dirigée vers l'extérieur.
Si vous pouvez inverser le processus à 180° alors vous découvrirez Qui ou Ce que vous êtes réellement au centre de vous -même. Ce retournement de l'attention, c'est la méditation."
Chandra Swami

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mardi 9 novembre 2021

Vraiment vivre...


 « La vie est bien trop courte pour perdre son temps à se faire une place là où l’on n’en a pas, pour démontrer qu’on a ses chances quand on porte tout en soi, pour s’encombrer de doutes quand la confiance est là, pour prouver un amour à qui n’ouvre pas les bras, pour performer aux jeux de pouvoir quand on n’a pas le gout à ça, pour s’adapter à ce qui n’épanouit pas.

La vie est bien trop courte pour la perdre à paraître, s’effacer, se plier, dépasser, trop forcer.
Quand il nous suffit d’être, et de lâcher tout combat que l’on ne mène bien souvent qu’avec soi, pour enfin faire la paix, être en paix.
Et vivre. En faisant ce qu’on aime, auprès de qui nous aime, dans un endroit qu’on aime, en étant qui nous sommes, Vraiment ».
Alexandre Jollien

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lundi 8 novembre 2021

Voir autrement (conseil de l'hexagramme 20)

Hexagramme 20 : VOIR 


Une prise de conscience salutaire
En changeant de regard, il arrive souvent de découvrir des choses que jusqu’ici l’on ne voyait pas... ou que l’on ne voulait pas voir. Cesser d'avoir les yeux rivés sur son petit souci (car il est presque toujours « petit », si nous le considérons car rapport à notre vie entière, et à LA vie dans son ensemble), c’est aussi avoir le courage d’en découvrir tous les tenants et aboutissants, y compris ceux qui dérangent, sans se laisser déstabiliser pour autant. Savoir élever son point ce vue, c'est aussi être sûr de soi et avoir confiance dans ses propres facultés de jugement.


Voir ce qui n’est pas visible à première vue
L’hexagramme nous incite à mieux regarder, non seulement avec nos yeux, mais avec toutes nos facultés de perception. Tout comme la chouette qui voit dans le noir, nous pouvons appréhender ce qui est invisible ; encore faut-il avoir accès à notre « œil intérieur », que nous tendons trop souvent à mettre en veilleuse.. C’est lui qui va vous permettre de voir ce qui normalement vous échappe, d’aller au-delà des apparences en aiguisant vos facultés d’intuition.

Un regard perçu par les autres
Ceux qui savent vraiment voir ce qui les entoure et en perçoivent les aspects cachés ont souvent un regard plus brillant et plus perçant que celui des autres ; cette intensité n’échappe pas à ceux qui les entourent. Élever son point de vue traite aussi du charisme, celui d’une personnalité dont le rayonnement peut influencer l’entourage et qui se doit d’en tenir compte.

Coup de projecteur

L'hexagramme 20 nous parle d’une qualité malheureusement très rare, l'impartialité. Être capable d’envisager un problème dans sa globalité, en sortant des limites étriquées de notre vision des choses et de nos intérêts personnels, est une des choses les plus difficiles qui soient. En effet, nous sommes en quelque sorte «enfermés» à l’intérieur de nous-mêmes, ce qui nous empêche de nous voir tels que nous sommes. Cette incapacité nous porte à projeter nos propres défauts sur les autres : c’est là tout le sens du vieux proverbe de la paille et de la poutre. Élever son point de vue, c'est essayer de mieux nous «voir» en oubliant nos désirs, nos espoirs et nos craintes. C’est aussi nous démarquer par rapport à l’opinion des autres, conserver notre intégrité et rester imperturbable en toutes circonstances, même les plus difficiles.

Extrait de "Prendre les bonnes décisions avec le Yi King, de Nathalie Chassériau


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dimanche 7 novembre 2021

Paix sous la vague

 


"Une mer très tourmentée et déchaînée, avec des vagues hautes comme des montagnes, me fut montrée. Puis je m'aperçus que, sous la surface, régnaient une paix et un calme merveilleux.
J'entendis ces mots :
"Cherche au fond de toi et trouve cette paix Qui dépasse tout entendement; Ce qui se passe au dehors importe peu. Conserve-là."
~Eileen Caddy

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samedi 6 novembre 2021

Eveil et structure...

 

" Alors, vous voilà dans une pièce avec un enseignant non dualiste populaire. Il fait son truc, c’est plein d’étincelles et à un moment, voilà, vous y êtes ! Où ? Nulle part. Qu’arrive-t-il ? Rien. Tout est parfait, réel, tel quel. Vous êtes sans voix, plein de gratitude et d’émerveillement et de joie face à toute cette splendeur. Vous quittez la pièce et il vous reste peut être un peu du halo de cette expérience, mais vous supposez que ce halo est la même chose que ce dont vous avez fait l’expérience dans la pièce. Un jour après, même si ce vécu s’est complètement dissipé, vous croyez toujours y être. Vous avez fait une expérience, cette expérience était réelle et vous croyez que tout est accompli en ce qui vous concerne. Plus besoin de travail. Vous avez réalisé le but de la voie. Vous êtes éveillé, réalisé, illuminé. Grosse erreur….

Le travail spirituel ne consiste pas en une expérience momentanée mais en une intégration, une digestion, une croissance…
Mon enseignement est passé de la transmission de l’éveil …à la tentative d’encourager les gens à grandir et à se comporter en adultes. C’est beaucoup plus difficile que l’éveil. Beaucoup plus.
Si nous ne bâtissons pas des fondations , ne vérifions pas qu’elle sont solides puis ne développons pas une structure, l’éveil est inutile, ne sert absolument à rien… 
Ce que je fais maintenant, c’est aider les gens à grandir, c’est aussi ce que font tous les enseignants que je considère comme des amis."


Lee Lozowick, extrait d’une causerie du 22 février 2009

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vendredi 5 novembre 2021

Posture de l'esprit



Maître Deshimaru disait quant à lui : "Hishiryo". 

Ne pas aller de pensée en pensée, ni de non-pensée en non-pensée.

Ne pas penser à propos de la pensée."

Et le meilleurs outil pour cela, bien entendu, ce n'est pas notre propre esprit.

Notre propre esprit ne peut pas orchestrer cela, ne peut pas le diriger.

Le meilleur outil, c'est la posture et la respiration.

Lorsqu'on occupe pleinement sa posture, tout le volume de sa posture, lorsque la respiration est ample, libre, profonde, l'esprit cesse tout naturellement de tourner à vide, de poursuivre ses marottes et ses chimères.

Et, sans même s'en rendre compte, on devient le "miroir précieux" qui reflète l'univers entier, jusqu'à l'infini.

Le Samadhi du miroir précieux. L'Hokyozanmai de Tozan Ryokai commenté par Luc Boussard

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jeudi 4 novembre 2021

Perception plus ouverte...

 

Une perception erronée peut créer une infinité de problèmes.

Toutes nos souffrances proviennent en fait de ce que nous ne reconnaissons pas les choses pour ce qu’elles sont.

Nous devrions toujours nous demander humblement : « En suis-je certain ? », et laisser ensuite un peu d’espace et de temps pour permettre à nos perceptions de devenir plus profondes, plus claires et plus stables.

Thich Nhat Hanh



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mercredi 3 novembre 2021

L'esprit du Zen

 

Ce que le zen recèle « d’universellement » humain


C’est ce qui est proposé au Centre depuis son inauguration par K. G. Dürckheim il y a quarante ans.

Le pilier de la Voie tracée par K.G. Dürckheim à son retour du Japon n’est pas une théorie à propos du Zen, c’est l’exercice appelé Zazen (exercice à ne pas confondre avec ce qu’on entend actuellement par méditation).

Dans ses instructions Dogen Zenji (1) postule que : « Chercher à comprendre profondément le Zen n’est rien d’autre que pratiquer zazen ». Graf Dürckheim précise que cet exercice, zazen, n’a de sens que s’il est pratiqué dans « l’esprit du Zen ».

DANS L’ESPRIT DU ZEN !

Cette indication a souvent été et est encore souvent mal interprétée. Signifie-t-elle qu’il s’agit d’un Zen édulcoré, lénifié, réduit à un usage qui pourrait être annexé, sans trop les déranger, à différents secteurs de la culture occidentale ?

D’où la mise en place ici d’un Zen-laïque opposé à un Zen-chrétien ou d’un Zen dit moderne opposé à un Zen dit ancestral et donc suranné ! Un tel entendement ne peut que diviser et nous écarter du caractère universellement humain du Zen. Y aurait-il une respiration-chrétienne, une respiration-laïque, une respiration-moderne qui serait plus avantageuse pour l’être humain que celle qui, d’instant en instant s’organise et prend forme selon les intentions de la Vie, les intentions de l’être, les intentions de notre vraie nature ?

Lorsqu’il parle de l’esprit du Zen, Graf Dürckheim attire notre attention sur deux approches absolument différentes du réel : « L’esprit occidental PENSE le réel comme étant un ensemble d’objets ; L’esprit oriental VOIT le réel comme étant un ensemble de processus, un évènement ».


J’invite celles et ceux qui seraient embarrassés ou importunés par cette distinction à lire la préface de Christian Bobin pour un ouvrage sur l’art et la spiritualité au Japon (2). Voici quelques lignes de son avant-propos titré Métaphysique des bébés : « L’Occident s’en va depuis quelques temps voler aux Orientaux ce qu’il croit être leur “sagesse”. Dans ce pillage il le dénature, le change en cela seulement qu’il comprend : des techniques, des recettes, des savoirs ».

« En cela seulement qu’il comprend ! »

Le verbe comprendre est propre à la mentalité de l’homme occidental. Un maître de Kyudo (l’art du tir à l’arc), un maître du Chado (l’art qu’est la cérémonie du thé) n’enseigne pas un savoir ou un savoir-faire. Il n’invite pas ses disciples à comprendre quoi que ce soit. Un maître Zen partage sa connaissance. Partager sa connaissance est en lien avec l’expérience intérieure, le vécu corporel, le vécu intime de l’enseignant. Partager sa connaissance ne peut se faire que sur un chemin d’expérience et d’exercice ; le chemin est la technique — la technique est le chemin. Oui, mais c’est propre à la tradition orientale ? Non, observez, en Occident, l’enseignement proposé par un maître de danse ou un maître de musique. Il n’enseigne ni un savoir ni un savoir-faire ; lui aussi partage sa connaissance.

Hirano Katsufumi Rôshi, grâce aux sesshin qu’il anime Amérique et en Europe depuis plus de trente ans, a perçu l’écueil qui empêche les occidentaux de simplement et véritablement pratiquer zazen. Je crois pouvoir dire que cet obstacle est la difficulté de l’homme occidental de passer de l’usage de la conscience DE à l’usage de la conscience SANS de.

Voilà pourquoi, chaque fois qu’il est venu au Centre, Hirano Rôshi n’a cessé de répéter que :

« Il y a mille et une manières de méditer

mais il n’y qu’une façon de pratiquer zazen »

« On ne pratique pas zazen avec le mental »

« Zazen est pratiqué SANS but »

« Zazen est un exercice indubitablement corporel ».

Injonctions que je souhaite respectées et affirmées par les élèves du Centre qui proposent la Voie de l’action ; ce chemin à tracer qui exige que l’on reprenne tout à zéro. (3) Au Centre Dürckheim la question « Pourquoi pratiquer zazen ?» laisse place à la question « Comment pratiquer zazen ? ». Autrement dit, il ne s’agit pas de mentaliser zazen. Il s’agit d’exercer zazen, de se laisser imprégner physiquement par la technique afin de l’intégrer, de l’incorporer. L’incorporer c’est retrouver le calme intérieur, la paix intérieure, la simple joie d’être, symptômes de notre état de santé à l’origine.

Zazen ! Retour à la métaphysique des bébés ? Je suis tenté de répondre ... oui.

Jacques Castermane

(1) Lire : Hirano Katsufumi Rôshi : ENSEIGNEMENTS (recueillis par J. Derudder) (2) Préface de Christian Bobin dans “Comme le lune au milieu de l’eau” de Yoko Orimo - Ed. Sully (3) Voir rubrique « Pratiquer près de chez soi » sur le site du Centre : www.centre-durckheim.com