dimanche 14 juin 2020

Tomber amoureux de l'ennuyeux


Quand on observe les gens qui ont réussi dans leur domaine, et notamment dans le domaine spirituel, on ne voit souvent que la très fine pointe de l'iceberg.
D'une manière générale, nous pouvons être admiratifs de ce qu'ils incarnent en terme d'excellence, et pouvons même peut-être parfois être un peu jaloux de ce qui peut nous apparaître comme des privilèges. Par exemple, ces personnes peuvent avoir la "chance" d'approcher le Dalaï Lama, ou d'être interviewés, ou d'avoir de l'influence, ou tout simplement, d'être heureux, le plus souvent, sans raison.
Mais ce dont nous devrions être jaloux, en réalité, c'est de leur exceptionnel talent pour tomber amoureux de l'ennuyeux, du répétitif, de l'ordinaire assumé avec tant de patience.
Pour une pièce de Mozart jouée avec tant de dextérité et de sensibilité, combien d'heures de travail répétitif, ennuyeux, effectué dans la solitude?
Pour une réussite apparente, combien d'échecs, du frustrations, de petits petits pas à se relever et à recommencer, en changeant juste un tout petit peu d'angle? Combien de foi (sans s!) dans cette minuscule étincelle qu'ils savent présente, envers et contre tout et tous, dans l'ordinaire le plus déprimant?
Pour une forme de Qi Gong maîtrisée, combien de centaines d'heures d'ennui, de déception, d'énervement, d'envie d'aller boire un café plutôt que poursuivre?
Je me souviens de Wu Changzhen, une femme, une des plus hautes autorités spirituelles du taoïsme vivant, qui nous disait: "Tous les jours, à la même heure, je suis au rendez-vous de ma méditation. Parfois elle vient, parfois elle ne vient pas. Mais moi, je suis là, tous les jours. Je ne veux pas la rater quand elle décide de venir".
Oui, tomber amoureux de l'ordinaire, de l'ennui, du banal, de la frustration, de l'énervement, de la déception, c'est la clé de notre réussite et de nos fulgurances.

Fabrice Jordan
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samedi 13 juin 2020

Ouverture du regard !


"Apprenez à poser le même regard sur tous les êtres et à voir le soi en toute chose."
Srimad Bhagavatam

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vendredi 12 juin 2020

A vous de jouer...


Voici un avis trouvé sur Facebook concernant le jeu de développement personnel de Sabine Dewulf.
C'est un véritable moyen ludique de connaissance de soi à partir de la vision sans tête de Douglas Harding
"Ce jeu m'a conquis en seulement 1 tirage de 2 cartes ! Alors je me devais d'en parler 😊
C'est un coffret de développement personnel, disponible aux Editions Le Souffle d'Or, qui porte un nom assez évocateur, en effet. On parle bien de Miroirs (au pluriel), car comme l'explique l'auteure, nous avons plusieurs facettes en nous, et c'est ce qui fait notre richesse. Encore faut-il réussir à saisir ces facettes et à les comprendre. Ces magnifiques cartes sont là pour nous aider à y voir plus clair justement... Bientôt la review 😉
"Miroirs, mes beaux miroirs" "


"Je viens de publier ma review vidéo du "Jeu des Miroirs" créé par Sabine Dewulf, illustré par Josette Delecroix et disponible aux Editions Le Souffle d'Or
A la fin de la vidéo je propose un exemple de tirage ultra rapide en 2 cartes, afin de montrer le potentiel extraordinaire de ce jeu."


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jeudi 11 juin 2020

1970 – Entretien avec Graf Dürckheim

J’ai profité de ce temps de confinement pour relire le contenu des Enseignements dont j’ai bénéficié, à raison de deux séances chaque semaine, lorsque je vivais à Rütte (1969-1974). Ces Enseignements sont la base et la charpente des retraites proposées au Centre. En relisant ces Enseignements, cinquante ans plus tard, je suis conscient qu’ils ne concernent pas un travail qui aurait été fait mais un travail à faire.

Jacques Castermane. — En quoi la pratique de zazen peut-elle être utile à l’homme occidental ? Parce qu’il s’agit d’un exercice qui a ses racines en Orient.
Graf. Dürckheim. — Ce serait un grand malentendu que de croire que zazen est un exercice oriental. Le Zen se pratique principalement au Japon où il a été introduit au treizième siècle. Mais si je vous décris ce qui m’a touché dans le Zen vous percevrez très rapidement que l’expérience humaine, pour laquelle cette tradition prépare les conditions, dépasse le Japon traditionnel, culturel et spirituel.

J.C. — Ce n’est pas ce que je lis dans certains livres qui défendent l’idée que le zen est et ne peut être qu’une branche du Bouddhisme.
G.D. — On ne rencontre pas le Zen dans un livre. On rencontre le Zen dans la présence des hommes du Zen. Ceux que j’ai pu rencontrer pendant mon séjour au Japon m’ont toujours paru remarquables. Là où vous rencontrez le Zen, il y a toujours une atmosphère très fraîche, très forte, très vivante et pleine d’humour. Authenticité et véracité, voilà ce qui m’a frappé dans le milieu du Zen, dans ma rencontre avec les maîtres et leurs disciples. Ce qui m’a attiré c’est aussi que le Zen n’est pas une théorie. C’est une pratique. A la base du Zen il y a l’exercice et l’expérience.

J.C. — L’exercice, je suppose que c’est zazen que nous pratiquons chaque matin. Mais l’expérience dont vous parlez m’est étrangère ; sans doute est-elle pour plus tard ?
G.D. — Moins étrange et bien plus proche que vous le pensez. Le Zen repose entièrement sur une « expérience libératrice » appelée Satori ou Kensho. Il s’agit d’une expérience qui, d’un moment à l’autre, vous libère des préoccupations du moi existentiel. Satori, est une expérience au cours de laquelle se révèle la réalité la plus profonde de nous-mêmes. Expérience de ce côté caché de nous-mêmes que voile notre conscience humaine. Voilà le paradoxe ! Ce qui nous différencie de l’animal, la conscience humaine, est en même temps notre danger ; celui d’être coupé de ce que le zen appelle la vraie nature de l’être humain, ce que j’appelle notre être essentiel.

J.C. — C’est ce que les bouddhistes appellent la nature de Bouddha.
G.D. — Oui, les maîtres Zen parlent de la nature de Bouddha en chaque homme. Eh bien, en chacun de nous, que l’on soit chrétien, bouddhiste ou athée, il y a ça qui n’est pas un ça.

J.C. — Et c’est l’exercice qui est la chance d’une telle expérience ?
G.D. — L’exercice sur le chemin tourne autour de cette expérience. L’exercice appelé zazen, comme aussi l’exercice du tir à l’arc ou de la calligraphie, est une préparation lente et systématique de l’homme. L’exercice, quel qu’il soit, n’a qu’un but : la transformation de l’homme qui le fait.

J.C. — Et ce qui caractérise votre Enseignement est la place que vous donnez au corps ?
G.D. — Oui. Le champ le plus directement accessible à la pratique du chemin, c’est notre corps. Mais l’exercice du corps ne servira à la maturation de l’être humain que dans la mesure où il n’est pas considéré comme quelque chose de biologique opposé à quelque chose de spirituel. Le corps, c’est l’homme entier dans sa façon d’être là. Nous devons comprendre le corps, le corps vivant (Leib), comme l’ensemble des gestes à travers lesquels l’homme devient ce qu’il est ou se manque. Le corps n’est pas quelque chose derrière lequel se trouve une personnalité. Si je vous regarde, je ne vois pas votre esprit, je ne vois pas votre âme ; je vois l’homme dans sa globalité et son unité. Je ne renie pas ici les conceptions philosophiques ou religieuses qui séparent l’âme du corps, mais et c’est cela le Zen, je me place sur le plan de l’expérience directe, vous et moi, ici et maintenant. Le Zen nous invite à avoir le courage d’oublier nos théories pour prendre au sérieux ce que nous vivons, ce que nous sentons à l’instant.

J.C. — En vous entendant, je prends conscience que personne ne m’a appris à sentir et à prendre au sérieux ce que je sens. A l’université on nous a même averti du danger d’une approche du réel à travers la sensation. Jusqu’à nous conditionner à l’idée que ce que nous sentons n’est que subjectif. 
G.D. — Se glisser dans le sentir fait partie du chemin. Par exemple, pour un moment sentez vos pieds … sentez-vous là où sont vos pieds. Qu’est-ce que je sens là où sont mes pieds ? Chaleur … froid … lourdeur … gêne … une crispation … ? Dès que vous entrez dans la réalité perçue sensoriellement vous vous rendez-compte qu’elle n’a rien à faire avec la réalité conceptuelle du dictionnaire ou du livre d’anatomie dans lequel vous trouvez la définition du mot : pied. La réalité conceptuelle nous coupe de l’expérience vécue.

J.C. — Satori, c’est ce que vous appelez l’expérience de l’être ?
G.D. — De l’être ? Oui. Au plan individuel il s’agit de l’expérience que, en ce moment : « Je suis ». Effectivement, il s’agit de l’expérience que, en ce moment, « Je suis corps vivant » ; traduction de l’expression « IchLeib » dans la langue allemande.
Voilà une découverte de nos jours en Occident : l’homme en tant que corps vivant pour qui la réalité n’est pas la représentation conceptuelle de ce que je vois, entend, sens et ressens. Cette réalité, est la réalité pour le sujet, différente de la réalité objective. Cette réalité du sujet est exactement celle qui doit être éliminée par les sciences qui se veulent objectives. Mais une expérience comme celle appelée Satori ne repose sur aucun critère scientifique.


2020 — En quoi la pratique de zazen peut-elle être utile à l’homme occidental ? A rien pour l’ego ! Comme l’indiquait Graf Dürckheim il y a cinquante ans : « Le zen n’a pas pour but de guérir LE moi qui souffre mais de guérir DU moi qui est la cause de la souffrance propre à l’être humain ».

La première chose à faire lorsqu’on pratique zazen ? se détendre … se détendre … se détendre en accord avec ce geste de la Vie qu’est l’acte d’expirer et la première chose à faire lorsqu’on pratique zazen est de s’ouvrir … s’ouvrir … s’ouvrir en accord avec ce geste de la Vie qu’est l’acte d’inspirer. Le Zen devient alors la culture du silence intérieur, la culture du calme intérieur, la culture de la paix intérieure.

Jacques Castermane

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mercredi 10 juin 2020

Paix du pays sage...


La paix qui émane du paysage te touche à ce point parce qu’elle éveille en toi un lieu similaire, un lieu qui l’accueille et la comprend, un lieu qui lui répond. Sa douceur, son harmonie secrète, sa grâce singulière, ne font que susciter d’intimes correspondances. 

Si tu parviens à rejoindre ce lieu profond, à en situer le che­min – ce lieu caché, ce lieu qui n’en est plus un, qui donne forme plus qu’il ne contient -, où que tu ailles, quoi qu’il arrive, toujours cette paix sera là. Par quel miracle, par quelle mystérieuse alchimie, deman­des-tu? 

Regarde, regarde encore, contemple la paix en sa beauté, jusqu’à ce qu’elle se dessine en toi, s’y imprime, jusqu’à ce que tu comprennes qu’elle est la forme même de ton âme.
Philippe Mac Leod, Sens et beauté (Ad Solem, 2011)


mardi 9 juin 2020

Désir du non désir...


Satisfaire les désirs ?

"Le désir c'est essayer d'obtenir de plus en plus d'objets extérieurs de façon à combler le sentiment d'être limité. Aussi les désirs doivent-ils être satisfaits autant que possible entièrement jusqu'à ce que vous sentiez : " Non, maintenant, pas davantage." En même temps, vous devez sentir qu'aucun désir ne peut être complètement satisfait."

La connaissance de soi, p 211.
Citation extraite de Le Maître du OUI p 101

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Bon anniversaire à Alain (de iPapy) !

dimanche 7 juin 2020

Spontanéité de l’instant


Se laisser ressentir que tout ce qui survient est absolument sans problème.
Et si cela n’est pas ressenti comme tel, simplement laisser la porte ouverte à cela,
Dire oui à la possibilité que cela puisse être ainsi.
Car penser est absolument sans problème,
Éprouver de la peur est absolument sans problème,
Se faire du souci pour un proche est absolument sans problème,
Se sentir « envahi » par une énergie forte de colère est absolument sans problème,
Pleurer de joie est absolument sans problème,
Être amoureux de la vie est absolument sans problème…..
Tout ce qui survient est absolument sans problème car rien n’est personnel. Personne n’en est l’auteur.
Lorsque ceci est reconnu, tout peut se détendre, c’est un véritable cadeau.
La recherche de « sens », de mieux-être s’évanouit,
Les jugements et résistances se dissolvent d’eux-mêmes, la dualité s’estompe et s’efface.
Tout survient, simplement.
Rien n’a changé dans le monde, c’est la perception que l’on en a qui s’est transformée. 
C’est la libération, la « magie » de la vision.
Je suis cela en qui tout survient, simplement. Gratitude.
Marion
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samedi 6 juin 2020

Le monde a peur...



Le monde extérieur est neutre, mais si le monde extérieur est neutre , à quoi bon agir ?

Ce n'est pas l'extérieur qu'il faut changer mais la cause intérieure. Il ne s'agit pas d'agir sur l'effet, c'est-à-dire la projection mais sur la cause : notre propre incompréhension : " Ce n'est pas les autres qu'il vous faut changer mais vous-même."... " C'est vrai, vous créez votre propre monde. Si la peur est en vous, vous aurez peur de tout ce qui est à l'extérieur. Le monde extérieur est votre propre projection ! Quand vous êtes libre de la peur intérieure,vous êtes libre de la peur au dehors..."
Svâmi Prajnanpad, Manque et Plénitude

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vendredi 5 juin 2020

Au cœur du changement...



S'il n'y a pas un petit changement, plus un petit changement, plus un autre petit changement, il n'y aura jamais pour finir une grande transformation. Or, dans ce domaine, attention moyenne, c'est-à­-dire celle qui sert à l'existence courante, plus attention moyenne, plus attention moyenne, c'est rien puis rien puis encore rien. Nous avons à exercer un effort actif pour recevoir, comprendre, assimi­ler; alors la vérité prend racine en nous et nourrit ce personnage particulier du disciple, seul « cen­tre de gravité permanent » dans notre existence.


Par l'effort conscient une petite graine va devenir un arbre immense. Car ce que nous appelons habituellement conscience n'est pas une conscience digne de ce nom. La conscience apparaît avec le degré supérieur de l'attention, quand les trois fonctions y participent, tête, coeur et corps. C'est sans aucun doute un élément de croissance intellectuelle que de lire avec beaucoup d'attention des idées nouvelles, difficiles, surprenantes peut-être, mais vous concentrer dans cet effort intellectuel actif n'est pas encore suffisant. Il faut que le corps participe avec une certaine sensation, une manière d'être là, un abandon à la respiration. Il est évident que vous ne pouvez pas passer l'existence dans une posture rigide et hiératique dite « de méditation ». Il faudra bien apprendre à vivre un relâchement du corps, une tranquillité de la respiration, un contrôle sur les différentes tensions sans que cela se voie du dehors. Et enfin la vivante attention du coeur donne leur sens aux deux autres. A cet égard vous constatez que vous êtes très démunis. La plupart du temps ce sentiment, cette intelligence du coeur, vous fait défaut parce que vous êtes sous l'emprise d'une coloration émotion­nelle qui influence vos pensées et vous empêche de voir la réalité telle qu'elle est. Et ce qui vous est possible face à vos états intérieurs, au prix de cette intense vigilance, c'est d'abord de voir et reconnaître, le « See and recognize » de Swâmiji. Celui-ci ne s'accomplira pas tout seul, s'il n'y a personne pour voir et personne pour reconnaître. Vous apparaissez et pour un moment vous êtes : je vois et je reconnais, je me désengage par le non-conflit et l'acceptation, je me rapproche de la cons­cience témoin. Et qu'est-ce que je vois, au niveau physique, émotionnel, mental et le plus souvent les trois ensemble? Des formes que je peux nommer. Ceux qui connaissent tant soit peu la doctrine hindoue se souviennent – mais avec quelle qualité d'attention? – de nama et rupa, le nom et la forme.

La voie et ses pièges
Arnaud Desjardins

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jeudi 4 juin 2020

Quand l'idéal nous piège



Pour « guérir » d’un idéal excessif, le meilleur moyen n'est même pas de l’atteindre. Comme le disait Oscar Wilde : « Il y a deux drames dans la vie d'un homme : ne pas arriver à obtenir ce qu'il souhaite. Et y arriver. » Se dégager de l'emprise de ses idéaux n’est pas chose facile, notamment parce qu’ils jouent parfois un rôle compensatoire à une blessure enfantine de l’estime de soi : le sentiment de ne pas avoir été respecté par son père va être, par exemple, à l’origine de l’acharnement au travail et à la réussite de tel homme d’affaires. La prise de conscience de nos idéaux, parfois masqués à nos propres yeux, est souvent la première démarche qui nous permettra de les assouplir : c’est le but de nombreuses psychothérapies.


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source : L'Estime de soi
Christophe André et François Lelord
S'aimer pour mieux vivre avec les autres

mercredi 3 juin 2020

Reliure intérieure


"Quand le regard n'est plus tourné vers le dehors,
mais vers le dedans,
on contemple le mystère :
la conscience, l'âme.
C'est cela, voir l'Immense !
Et si l'on demande :
"Qu'y a-t-il donc de spécial
dans cette vision ?"
La réponse est que l'on atteint alors
et d'un seul coup la satisfaction de tous les désirs !
Tous les êtres
désirent les plaisirs des sens.
Or la Révélation dit
que ces plaisirs ne sont que
des reliques du plaisir de l'Immense."

Vidyâranya, 
L'Illumination de la science du clan de la perdrix, 22-24

mardi 2 juin 2020

Avers et revers


Agir ou Non agir ?
Aujourd'hui, on voit de nombreuses publications prôner le Non agir (Wu Wei) comme s'il s'agissait d'un idéal, ou d'un état supérieur.
Pourtant, comme le Yin et le Yang, citer le non agir indépendamment de l'agir n'a pas plus de sens que de vouloir s'emparer d'un seul pôle d'un aimant ou de vouloir parler d'une inspiration sans référence à l'expiration.
La pensée chinoise est cyclique. Elle ne conçoit un extrême qu'en rapport avec son exact opposé, qui constitue la condition de sa renaissance. Sans expiration, pas d'inspiration. Sans systole, pas de diastole.
Nous sommes des êtres vivants, incarnés. Tant que ce sera le cas, nous devons apprendre à danser entre agir et non agir. C'est le juste dosage des deux qui est source de toute créativité. Et quand nous créons, nous sommes heureux.
Alors fuck le non agir par l'agir, et vice-versa. Leur accouplement engendre le toujours nouveau, et l'émerveillement qui va avec.
Fabrice Jordan


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