jeudi 22 juin 2017
mercredi 21 juin 2017
Une conférence de Faouzi Skali (2)
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lundi 19 juin 2017
Une conférence de Faouzi Skali (1)
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Vigilance en ordre...
Et, un beau jour, on se rend compte que cet état de conscience de soi devrait en effet nous être normal et naturel, qu’il n’y a aucune raison pour qu’on soit tout le temps emporté, identifié, absorbé. Je prends appui sur ce qui est, et je suis là, attentivement conscient de ce qui m’entoure. Ce qui nourrit cette conscience, c’est ce désir d’adhésion et la constatation de toutes les émotions, même légères, qui se lèvent et qui m’arrachent à cette adhésion. Je me surprends en flagrant délit de non-acceptation que ce qui est soit, de non-acceptation du sourire d’une personne, du regard d’une autre, du geste d’une autre, de la coiffure d’une autre, du vêtement d’une autre, de la réflexion d’une autre. Or chaque fois que je ne suis pas d’accord, je décroche de la réalité.
Cela demande une grande vigilance – je ne dis pas qu’on puisse le faire en rêvassant – mais cette vigilance est possible parce que le point d’appui est là. J’entre dans le salon et je vois un désordre indicible, des balais qui n’ont pas été rangés, des pull-overs par terre. Bien. Immédiatement : « oui », et non pas : « oh ! » Et maintenant, qu’est-ce que je fais ? J’agis, j’interviens. Vous verrez que, de seconde en seconde, les moments où vous n’êtes pas totalement d’accord sont la presque totalité du temps. Les moments où vous êtes vraiment d’accord sont tout à fait rares. Dès que je décroche, je repars dans mon monde et, dès lors, je n’ai plus de point d’appui pour voir vraiment ce qui m’entoure. C’est cette vision du monde réelle parce que non émotionnelle qui me ramène à la conscience de moi et fait que je ne peux plus être emporté ni identifié, que je ne peux plus être tout le temps confondu avec tout, emporté par tout.
Arnaud Desjardins
Adhyatma yoga
À la recherche du soi I
***
dimanche 18 juin 2017
Deux dénominateurs communs avec Arnaud Desjardins
Il y a 92 ans naissait Arnaud Desjardins. Voici un extrait d'un séminaire pour lui rendre hommage... (et me remercier...)
... Peu à peu j’ai essayé de regarder, pour arriver justement à une certitude, s’il existait des dénominateurs communs que je rencontrerai sur toutes les voies spirituelles avec lesquelles je pourrai être en contact. Il est évident que l’utilisation de musiques, de trompes et de cymbales par exemple, je la rencontre chez les Tibétains, mais je ne la rencontre pas chez les soufis dans l’islam. Cela je peux l'éliminer comme ne faisant pas partie des dénominateurs communs. Ainsi il m’est apparu qu’il n’y avait en fait que deux dénominateurs communs, deux, que j’ai retrouvés partout. Le reste je le trouvais presque partout peut-être, mais pas partout. Il n’y avait que deux dénominateurs communs, mais il y en avait deux, et ces deux-là étaient partout sous-jacents à toutes les techniques.
C’était en fait l’essence de la voie; le reste étant des points d’appui, et parfois des points d’appui combien précieux. Parce qu’il ne faut pas non plus se priver de tous les points d’appui comme l’ont fait certains héros védantiques de la spiritualité qui voulaient être ce qu’on appelle en sanscrit « sans support ».
Ces deux dénominateurs communs, c’est d’une part ce que j’appelle moi, en français, pour utiliser un seul mot, vigilance — mais vous pouvez utiliser d’autres mots qui seront équivalents ou peut-être meilleurs — et qui traduit l’idée de la présence à soi-même, d’une conscience de soi particulière, apportée dans l’existence en plus de la conscience ordinaire, par laquelle je suis très conscient que je suis en face de l’inspecteur des contributions et pas en face du dentiste, par laquelle je ne parle pas de mes bridges ou de mes couronnes à l’inspecteur des contributions, ni de mes tiers provisionnels au dentiste. Cela est ce que nous appelons ordinairement la conscience. Et en plus de cette conscience qui nous permet de vivre sans que la famille appelle le psychiatre au secours, il existe une autre conscience que les contemporains ignorent totalement, et qui est au contraire la préoccupation essentielle des moines, des ascètes et des yogis, que j’appelle vigilance parce que ce mot implique le mot veille — « veillez », « éveillé au milieu des endormis » — qu’on peut appeler aussi présence à soi-même, conscience de soi ; en anglais le vocabulaire est plus riche, mindfulness, collectedness, awareness, self remembering, c’est toujours l’idée d’une vigilance particulière.
Dans l’islam on insiste sur l’aspect non-oubli ou sur l’aspect souvenir de cette conscience. Mais fondamentalement il s’agit d’une même réalité : est-ce que je suis absorbé, confondu, emporté par les circonstances que je suis en train de vivre au point de me perdre dans ces circonstances, ou est-ce que je peux rester présent à moi-même ? La lutte pour cette présence à soi-même, l’exercice de cette présence à soi-même, je l’ai, comme vous pouvez le vérifier vous aussi, découverte comme un des dénominateurs communs, un thème fondamental partout illustré par des anecdotes et partout étayé par des méthodes particulières.
Et le deuxième dénominateur commun, diversement exprimé, c’est toujours un travail de libération des émotions. On l’appelle parfois détachement, équanimité, sama-darshan en sanscrit, vision égale, purification des passions dans l’ancien vocabulaire de la tradition ascétique et mystique chrétienne. Quand il s’agit de se débarrasser de vices, de défauts ou de souillures, en regardant bien, on découvre tout de suite que ces vices, ces défauts, ces souillures quel que soit le mot, sanscrit ou non, utilisé pour les désigner, ne sont rien d’autre que des émotions, telle ou telle forme d’émotion, peur, désir, haine, jalousie. C’est toujours une émotion qui apparaît, momentanée, créée par des circonstances et qui nous arrache au calme, à l’équanimité, à la stabilité du centre de nous-même, de la conscience profonde. « E-mus », mus hors de nous, emportés.
Voilà les deux dénominateurs communs que j’ai retrouvés partout, depuis le monastère trappiste jusqu’à la confrérie soufie, en passant par des entretiens avec des rinpochés, la lecture de certains livres, jusque dans l’hindouisme, au Japon dans les monastères zen. Sous des tormes différentes, j’ai retrouvé ces deux dénominateurs communs partout.

Qu’est-ce qui m’empêchait de lutter aussi souvent que je le pouvais pour les vivre, pour vivre cette vigilance et vivre ce dépassement des émotions ? Qu’est-ce qui m’empêchait de les vivre dans les conditions où je me trouvais, quelles qu’elles soient? Il n’y avait plus cette différence massive entre ce que j’avais si longtemps considéré comme des circonstances favorables, la vie dans un ashram ou auprès d’un grand sage, et les circonstances défavorables, les moments ingrats, pénibles, tendus de l’existence. Une fois, une personne m’a posé cette question, avec une grande nostalgie : « Comment progresser malgré les difficultés quotidiennes? », sous-entendu, et je connais bien ce sous-entendu, « tout le monde n’a pas la chance comme vous d’avoir passé plusieurs années de sa vie entre Ma Anan-damayi, Gyalwa Karmapa, Kangyour Rinpoché et les monastères zen ». Comment progresser malgré les difficultés quotidiennes ? Et la vraie réponse c’est : comment progresser grâce aux difficultés quotidiennes. Ce qui change évidemment tout lorsqu’on ne vit plus auprès d’un sage dont la grâce, la lumière, la réalisation nous éclairent intérieurement mais momentanément; et lorsqu’on se retrouve dans les conditions plus ou moins laborieuses et parfois difficiles qui sont les nôtres. Vigilance, ne plus se laisser happer, identifier, emporter, absorber par la situation, par l’état d’âme; et intense désir de dépasser le jeu des émotions qui nous mène, qui nous mène toujours comme des marionnettes dont la vie tire les fils.
***
... Peu à peu j’ai essayé de regarder, pour arriver justement à une certitude, s’il existait des dénominateurs communs que je rencontrerai sur toutes les voies spirituelles avec lesquelles je pourrai être en contact. Il est évident que l’utilisation de musiques, de trompes et de cymbales par exemple, je la rencontre chez les Tibétains, mais je ne la rencontre pas chez les soufis dans l’islam. Cela je peux l'éliminer comme ne faisant pas partie des dénominateurs communs. Ainsi il m’est apparu qu’il n’y avait en fait que deux dénominateurs communs, deux, que j’ai retrouvés partout. Le reste je le trouvais presque partout peut-être, mais pas partout. Il n’y avait que deux dénominateurs communs, mais il y en avait deux, et ces deux-là étaient partout sous-jacents à toutes les techniques.
C’était en fait l’essence de la voie; le reste étant des points d’appui, et parfois des points d’appui combien précieux. Parce qu’il ne faut pas non plus se priver de tous les points d’appui comme l’ont fait certains héros védantiques de la spiritualité qui voulaient être ce qu’on appelle en sanscrit « sans support ».Ces deux dénominateurs communs, c’est d’une part ce que j’appelle moi, en français, pour utiliser un seul mot, vigilance — mais vous pouvez utiliser d’autres mots qui seront équivalents ou peut-être meilleurs — et qui traduit l’idée de la présence à soi-même, d’une conscience de soi particulière, apportée dans l’existence en plus de la conscience ordinaire, par laquelle je suis très conscient que je suis en face de l’inspecteur des contributions et pas en face du dentiste, par laquelle je ne parle pas de mes bridges ou de mes couronnes à l’inspecteur des contributions, ni de mes tiers provisionnels au dentiste. Cela est ce que nous appelons ordinairement la conscience. Et en plus de cette conscience qui nous permet de vivre sans que la famille appelle le psychiatre au secours, il existe une autre conscience que les contemporains ignorent totalement, et qui est au contraire la préoccupation essentielle des moines, des ascètes et des yogis, que j’appelle vigilance parce que ce mot implique le mot veille — « veillez », « éveillé au milieu des endormis » — qu’on peut appeler aussi présence à soi-même, conscience de soi ; en anglais le vocabulaire est plus riche, mindfulness, collectedness, awareness, self remembering, c’est toujours l’idée d’une vigilance particulière.
Dans l’islam on insiste sur l’aspect non-oubli ou sur l’aspect souvenir de cette conscience. Mais fondamentalement il s’agit d’une même réalité : est-ce que je suis absorbé, confondu, emporté par les circonstances que je suis en train de vivre au point de me perdre dans ces circonstances, ou est-ce que je peux rester présent à moi-même ? La lutte pour cette présence à soi-même, l’exercice de cette présence à soi-même, je l’ai, comme vous pouvez le vérifier vous aussi, découverte comme un des dénominateurs communs, un thème fondamental partout illustré par des anecdotes et partout étayé par des méthodes particulières.
Et le deuxième dénominateur commun, diversement exprimé, c’est toujours un travail de libération des émotions. On l’appelle parfois détachement, équanimité, sama-darshan en sanscrit, vision égale, purification des passions dans l’ancien vocabulaire de la tradition ascétique et mystique chrétienne. Quand il s’agit de se débarrasser de vices, de défauts ou de souillures, en regardant bien, on découvre tout de suite que ces vices, ces défauts, ces souillures quel que soit le mot, sanscrit ou non, utilisé pour les désigner, ne sont rien d’autre que des émotions, telle ou telle forme d’émotion, peur, désir, haine, jalousie. C’est toujours une émotion qui apparaît, momentanée, créée par des circonstances et qui nous arrache au calme, à l’équanimité, à la stabilité du centre de nous-même, de la conscience profonde. « E-mus », mus hors de nous, emportés.
Voilà les deux dénominateurs communs que j’ai retrouvés partout, depuis le monastère trappiste jusqu’à la confrérie soufie, en passant par des entretiens avec des rinpochés, la lecture de certains livres, jusque dans l’hindouisme, au Japon dans les monastères zen. Sous des tormes différentes, j’ai retrouvé ces deux dénominateurs communs partout.
Qu’est-ce qui m’empêchait de lutter aussi souvent que je le pouvais pour les vivre, pour vivre cette vigilance et vivre ce dépassement des émotions ? Qu’est-ce qui m’empêchait de les vivre dans les conditions où je me trouvais, quelles qu’elles soient? Il n’y avait plus cette différence massive entre ce que j’avais si longtemps considéré comme des circonstances favorables, la vie dans un ashram ou auprès d’un grand sage, et les circonstances défavorables, les moments ingrats, pénibles, tendus de l’existence. Une fois, une personne m’a posé cette question, avec une grande nostalgie : « Comment progresser malgré les difficultés quotidiennes? », sous-entendu, et je connais bien ce sous-entendu, « tout le monde n’a pas la chance comme vous d’avoir passé plusieurs années de sa vie entre Ma Anan-damayi, Gyalwa Karmapa, Kangyour Rinpoché et les monastères zen ». Comment progresser malgré les difficultés quotidiennes ? Et la vraie réponse c’est : comment progresser grâce aux difficultés quotidiennes. Ce qui change évidemment tout lorsqu’on ne vit plus auprès d’un sage dont la grâce, la lumière, la réalisation nous éclairent intérieurement mais momentanément; et lorsqu’on se retrouve dans les conditions plus ou moins laborieuses et parfois difficiles qui sont les nôtres. Vigilance, ne plus se laisser happer, identifier, emporter, absorber par la situation, par l’état d’âme; et intense désir de dépasser le jeu des émotions qui nous mène, qui nous mène toujours comme des marionnettes dont la vie tire les fils.
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vendredi 16 juin 2017
Agréable présent...
Atelier de Feng Shui
Pour mon anniversaire, j'ai prévu un atelier de Feng Shui dans le Nord avec Yannick David, architecte qui vient de Bordeaux et qui a plus de 25 ans d’expérience. Le 22 et 23 juillet.
Pour qu'il se réalise, il manque encore 4 ou 5 inscriptions.
Alors n'hésitez pas à en parler aux personnes qui pourraient être intéressées.
Merci
Voir le programme : http://azur-shiatsu.com/programme.html
sur FB
***
jeudi 15 juin 2017
Présence cachée...
De mon point de vue,
Il n’y a pas la présence et l’absence,
mais seulement la présence.
Et en son sein, la croyance, l’idée, la perception que l’on puisse parfois lui échapper.
Cette perception ne voile rien,
la présence la contient.
Et malgré toutes les tentatives que nous faisons à chaque instant pour fuir la présence,
malgré notre acharnement à éviter d’embrasser cette évidence,
la présence demeure.
On ne peut s’en rapprocher,
on ne peut faire que semblant de s’en éloigner.
Quand l’évidence de l’omniprésence est vue,
La présence se dévoile sous tous ses aspects.
Et alors,
tout s’y joue,
tout s’y vit,
même l’absence,
qui est vue comme simple expérience au sein d’un même instant,
simple mouvement au sein de l’éternité silencieuse.
Il n’y a pas la présence et l’absence,
mais seulement la présence.
Et en son sein, la croyance, l’idée, la perception que l’on puisse parfois lui échapper.
Cette perception ne voile rien,
la présence la contient.
Et malgré toutes les tentatives que nous faisons à chaque instant pour fuir la présence,
malgré notre acharnement à éviter d’embrasser cette évidence,
la présence demeure.
On ne peut s’en rapprocher,
on ne peut faire que semblant de s’en éloigner.
Quand l’évidence de l’omniprésence est vue,
La présence se dévoile sous tous ses aspects.
Et alors,
tout s’y joue,
tout s’y vit,
même l’absence,
qui est vue comme simple expérience au sein d’un même instant,
simple mouvement au sein de l’éternité silencieuse.
Ici l’invitation est bien sûr d’embrasser le réel qui se présente à chaque instant,
de densifier et intensifier notre présence par le simple fait d’habiter en nous-même,
de se couler de plus en plus profondément, intensément dans notre corps de chaire, nos sensations, nos perceptions.
de densifier et intensifier notre présence par le simple fait d’habiter en nous-même,
de se couler de plus en plus profondément, intensément dans notre corps de chaire, nos sensations, nos perceptions.
Mais surtout, je vous invite à ne plus vous blâmer d’une absence,
ou à rencontrer avec douceur en vous ce blâme,
car l’absence est pure expression de la grâce au même titre que toute chose en ce monde.
C’est dans ce regard de plus en plus doux et aimant posé sur nos absences,
que le va et vient entre présence et absence va devenir une danse du vivant,
Et peu à peu cette danse s’inscrire dans un unique instant éternel.
ou à rencontrer avec douceur en vous ce blâme,
car l’absence est pure expression de la grâce au même titre que toute chose en ce monde.
C’est dans ce regard de plus en plus doux et aimant posé sur nos absences,
que le va et vient entre présence et absence va devenir une danse du vivant,
Et peu à peu cette danse s’inscrire dans un unique instant éternel.
Séverine
www.laseve-et-lerien.com
www.laseve-et-lerien.com
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mercredi 14 juin 2017
Hara !

Il existe donc un point à trouver en vous, qui se situe à peu près à mi-chemin entre le haut du pubis et le nombril. Si vous trouvez ce centre (c’est assez aisé, il n’y a pas à tâtonner pendant des jours et des jours), en expirant vous concentrez l’énergie dans le ventre, c’est la première étape; au bout de quelque temps, lorsque vous y arrivez facilement, vous poussez un peu à l’expiration. Et ce centre de gravité avec lequel vous serez familiarisés, dont vous aurez aisément la sensation, deviendra votre meilleur ami, un point d’appui qui ne vous trahira pas.
Dans ce centre vital, il n’y a pas de pensées inutiles, il n’y a pas ce fatras de l’intellect et du mental coupés de la vie; il n’y a pas non plus ces émotions infantiles par lesquelles vous vous laissez si vite emporter. Vous y trouverez au contraire une puissance stable qui vous dépasse tout en étant vôtre et qui se révèle facilement canalisable pour ne pas cristalliser l’ego sur lui-même. Elle ne vous conduira pas dans l’impasse d’une force de caractère et d’une résistance aux chocs qui soient en même temps une prison. L’avenir reste disponible.
Approches de la Méditation
Par Arnaud Desjardins
mardi 13 juin 2017
Suffisante beauté !
lundi 12 juin 2017
L’interdépendance corps-esprit... Un corps qui parle
La sagesse populaire nous enseigne depuis longtemps que les tensions de notre corps sont en lien avec nos attitudes dans la vie. Nombreuses sont les expressions qui traduisent cette relation : nous rentrons les épaules pour nous protéger, nous bombons le torse pour nous affirmer, nous serrons les poings pour contenir notre colère, nos yeux se fixent sous l’effet de la peur, nous pouvons en avoir gros sur le cœur ou plein le dos. Aucun d’entre nous n’existe séparément de son corps : tout ce que nous vivons, nous l’éprouvons dans notre corps, et tout ce que nous ressentons dans notre corps a des effets sur notre état intérieur. Cette relation à double sens nous invite à considérer l’être humain dans sa globalité comme une unité corps-esprit.
Le bien-être est à la fois physique et intérieur, la santé ne peut se limiter à l’absence de maladie. Notre moral est fonction de nos sécrétions hormonales et du fonctionnement de notre système nerveux, comme le prouvent toutes les recherches scientifiques menées sur le stress. Celles-ci ont d’ailleurs mis récemment en évidence l’existence, caché au creux de l’intestin, d’« un cerveau du ventre », un second cerveau avec 200 millions de neurones, antérieur dans l’évolution à notre cerveau crânien et qui serait en relation autant avec les processus digestifs qu’avec la vie émotionnelle.
De la manière dont il bouge, dont il fonctionne, dont il se tient, notre corps traduit nos expériences de vie et notre vécu.
Ses tensions et ses maux au quotidien reflètent au présent nos difficultés à traiter avec certaines situations de notre vie, avec les sentiments qui nous dérangent, les émotions qui nous perturbent, les motivations subconscientes qui nous animent. Avec le temps, nos comportements coutumiers, nos émotions prédominantes et nos réactions habituelles modèlent petit à petit notre posture physique et conditionnent la santé de nos organes
Par ses contractures, ses douleurs, par ses symptômes de toutes sortes, au pire par la maladie ou même par des accidents, notre corps nous signifie à sa manière qu’il n’est pas d’accord avec certains de nos comportements et de nos positionnements de vie. Les tensions du corps comme les dysfonctionnements organiques sont des messages du corps qui requièrent une compréhension plus large de nous-mêmes et des enjeux profonds des situations dans lesquelles nous sommes impliqués. Ces tensions et ces dysfonctionnements mettent souvent en lumière des conflits intérieurs, des peurs, des motivations inconscientes que nous préférerions ignorer.
Nous sommes ainsi invités par notre corps, avec ce que nous ressentons, à nous interroger sur l’origine et la cause des tensions physiques et des soucis de santé qui nous affectent pour trouver des positionnements de vie plus adéquats et plus en accord avec nous-mêmes.
Le Massage Corps Esprit n’a pas pour but de débarrasser le corps de ses tensions musculaires ou organiques comme si elles étaient nuisibles et préjudiciables. Il vise, en les relâchant et en amenant un ressenti positif, à favoriser des repositionnements de vie, à réaccorder et à réconcilier la personne avec sa dynamique de vie. Il implique de la part du masseur une approche sensible du corps et de la personne, une empathie pour la souffrance de l’autre qui permettra l’écoute de cette souffrance et sa transformation. Cette empathie de cœur - certains préfèrent le terme de compassion -, détermine la relation du masseur et du massé et inspire la conduite du masseur et ses gestes en leur donnant toute leur valeur.
Chaque partie du corps remplit une fonction physiologique et elle gère de la même manière un aspect de notre vie : nos jambes par exemple nous servent à nous tenir debout et à marcher, elles sont en lien avec notre stabilité intérieure et notre capacité à avancer dans la vie. Dans la marche, le mouvement débute avec les hanches, les genoux servent d’amortisseur et les chevilles permettent le déroulement du pied. Chaque partie de la jambe a un rôle différent, les tensions et douleurs ont un sens autre selon l’articulation concernée : les hanches concernent la décision de quitter une situation, les genoux, l’adaptation aux conditions extérieures, les chevilles, l’énergie mise en œuvre.
Prenons maintenant l’exemple d’un organe : l’estomac qui digère la nourriture sera en lien avec l’assimilation des expériences de la vie : de l'acidité ou des crampes d’estomac nous invitent à rechercher une expérience que nous avons plus de mal à intégrer que nous le pensions, qui nous laisse un mauvais goût. Cette identité de signification s’applique aussi aux grandes fonctions corporelles : les vaisseaux sanguins permettent la circulation du sang autant que l’échange des sentiments, le squelette maintient le corps en même temps que l’intégrité de la personne, la force musculaire détermine la capacité à agir. Une douleur ne nous interroge pas de la même manière selon qu’elle est osseuse ou musculaire ou circulatoire.
Jean-Louis Abrassart
Extraits de Massage Corps Esprit
dimanche 11 juin 2017
Passer de "se servir de la méditation" à "la servir"
.
Lorsque
au début d’un séjour au Centre Dürckheim, je demande aux personnes présentes si,
éventuellement, elles pratiquent déjà l’exercice de la méditation, les réponses
sont variées.
Cependant,
parmi celles et ceux qui pratiquent déjà une forme de méditation, ces réponses
révèlent surtout que, dans la plupart des cas, elles/ils se
servent de la méditation
afin d’atteindre un but pré-médité.
Les
motivations sont nombreuses et diverses: vaincre l’insomnie ... assumer le
stress dans le milieu de l’entreprise ... élargir ses capacités mentales ...
espérer guérir telle ou telle maladie ou échapper au cancer... ou encore, cette
espérance un brin immature et illusoire résumée dans cette formule tendance :
“rien
que du bonheur !”.
Si
la méditation devient pré-méditation
c’est parce que, dans notre culture occidentale, on ne peut penser l’homme
autrement qu’en rapport avec sa conscience des choses, la
conscience “de”
(mind). Or, depuis vingt-cinq siècles, en Orient et en Extrême-Orient,
l’exercice de la méditation a pour sens de se percevoir et de percevoir le monde
à travers la conscience
intérieure,
la conscience sensitive qui est antérieure à la conscience qui objective et fait
de tout ... un objet. Or, la méditation
de pleine attention
s’appelle : méditation sans
objet.
Je
connais bien le danger de
se servir de la méditation
pour répondre aux désirs de la conscience-ego. Méditer afin de garantir son
besoin de sécurité, d’assurer son confort, d’assurer son désir de permanence et
autres vaines espérances.
La
méditation
de pleine attention
enseignée au Centre invite la personne en chemin à une rupture avec l’ego;
rupture avec notre manière d’être habituelle, rupture avec notre manière de
penser habituelle.
Plus
de quarante ans de pratique de la
méditation de pleine attention
m’incitent à dire à celles et ceux qui s’engagent sur ce chemin d’exercice et
d’expérience :
« Ne
vous servez pas de la méditation ... servez-la ! »
Pratiquer
sans but n’est pas sans effets. Mais ces effets n’ont rien à voir avec les
désirs du « moi », cette part superficielle de nous-même
qui
n’est pas notre vrai point d’appui dans l’existence.
C’est
en servant
la méditation
que la personne qui médite se glisse à un niveau d’être d’elle-même qui est
autre que l’ego; le zen l’appelle la
vraie nature de l’être humain,
Dürckheim l’appelle notre
propre essence.
Notre
vraie nature est le domaine du calme fondamental, du silence intérieur, de
l’équilibre intérieur; qualités d’être que nous ne pouvons pas construire à
coups d’exercices.
Les
retraites et sesshin que nous vous proposons cet été auront pour thème :
« Ne
vous servez pas de la méditation ... servez-la ! ». Ce
faisant, « La
méditation de pleine attention favorise la rencontre avec soi-même d’une façon
jusqu’alors refoulée ou inconnue».
(K.G.
Dürckheim)
Jacques
Castermane
***
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samedi 10 juin 2017
Regard d'innocence...
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