mercredi 23 mars 2016

Encore une fois... instant de recueillement

Toute la plaine…

Toute la plaine est posée là
comme une laine sur la mort.

Puis lente elle s’effacerait
ne laisserait ici que l’algue du geste

et la mémoire vibrerait encore un moment
dans la blancheur un très petit moment

l’ultime instant cardiaque.


Lucien NOULLEZ, Buisson, le visiteur (Indications, Bruxelles)
Lucien Noullez (né en 1957). Cet enseignant est poète avec une ferveur presque religieuse. La poésie est à ses yeux « un lieu spirituel ».


lundi 21 mars 2016

Sagesse pour le XXIe siècle de Douglas Harding (chez Accarias L'Originel)

La lecture de ce livre m'a à chaque fois renvoyé à "ce" qui regarde... Et c'est vraiment précieux. Voici le commentaire de Sabine à propos de cet ouvrage :


Ce livre est un ouvrage exceptionnel, digne d’être placé entre toutes les mains. Pour qui a eu le privilège de rencontrer Douglas Harding, décédé en 2007 à l’âge de 98 ans, ce livre confirmera l’immense utilité de ce qu’on ne peut pas vraiment appeler un enseignement, tant la méthode « Harding » est singulière. 

Comment ne pas souscrire à cette phrase de José Le Roy, qui, pour la France, assure la continuité de cette expérience à vivre ? « Il est certain en tout cas que notre vie personnelle peut en être bouleversée dans des proportions incroyables, comme cela fut le cas pour ma propre vie et celles de milliers de personnes à travers le monde. » 

Où que l’on ouvre cet ouvrage, grâce à la conception alphabétique de sa présentation, on ne peut qu’être interpellé au plus vif de sa propre pratique spirituelle : chaque paragraphe est une vague d’expérience à réaliser. Il ne s’agit pas de pratiques compliquées ou ascétiques, bien au contraire : Douglas Harding nous invite à l’expérience directe et immédiatement accessible de l’éveil. Un éveil qui est déjà présent, et dont il s’agit seulement de prendre conscience par un retour à une vision réelle. La vision du petit enfant qui ignorait l’existence du miroir…

C’est pourquoi le miroir dans lequel nous nous regardons chaque matin peut devenir pour nous un maître spirituel d’une redoutable efficacité :  « L’un des plus grands détecteurs de vérité qui me montrent que Dieu est plus proche de moi que Douglas, c’est le miroir. Il écarte l’obstacle Douglas qui barre le passage à Dieu. » (Article « Miroir », p. 67.) Revenir à la véritable vision de soi et du monde, c’est retourner vers soi-même en contemplant la vacuité qui remplace notre visage, lorsque nous regardons réellement ce que nous sommes à zéro centimètres de nous-mêmes. C’est un « demi-tour de 180° », au sens propre ! (Article « Mort et résurrection », p. 69.) Douglas Harding ne nous demande pas de penser, de réfléchir ou d’imaginer, mais au contraire d’expérimenter la vision – à l’aide des yeux, ni plus ni moins. Et de la renouveler, aussi souvent que possible. Cette expérience est toujours possible, car elle se passe toujours en ce lieu que nous ne pouvons jamais manquer : ici, là où nous nous trouvons, tout simplement.

Cette méthode est tellement éloignée de tous les discours spirituels que nous connaissons que nous avons peine à croire que ce soit si simple. Et pourtant, cette vision-là, totalement naturelle, imprégnée d’évidence, au sens physique du terme, rejoint tous ces discours : le but – s’éveiller ou se libérer de tous ses conditionnements – est le même ; seule la méthode diffère, elle qui passe par le chemin le court, le plus direct et le plus radical qui soit, celui de la vision oculaire : « Jamais, jamais, on ne regarde ici en vain. » (Article « Voir », p. 116.)

Il faut le dire et le redire : jamais, jamais, on ne lit Douglas Harding en vain !


Sabine Dewulf



                         

vendredi 18 mars 2016

Voyage à la recherche de la sagesse avec Denise Desjardins


Dans l'existence, nous collons des rustines sur nos possibilités d'ouvertures... 
jusqu'à découvrir un état intérieur qui nous insuffle un autre regard sur l'existence...

Denise Desjardins nous partage son expérience "de l'accueil des anges" :

Extrait du DVD "De la révolte au lâcher-prise", par Alizé Diffusion

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jeudi 17 mars 2016

Denise Desjardins, dernier livre et dernière page...


Une fleur d'être qui a aidé tant d'autres à s'épanouir...




À quatre-vingt-douze ans, Denise Desjardins compose avec Les Fleurs de l'âge un recueil intimiste dans lequel elle évoque son passé d'artiste et de voyageuse, ses rencontres avec les grands maîtres spirituels, ses attachements, mais aussi et surtout sa vie d'aujourd'hui, vouée au calme et à la contemplation. Si son corps est devenu fragile, son esprit, lui, n'a rien perdu de sa vivacité : tel un vieil arbre fruitier qui continue de nourrir généreusement oiseaux et passants, elle s'efforce de transmettre ce qu'elle a reçu en abondance. Attentive au germe d'éveil caché en elle, elle s'émerveille des dons de la nature. Elle observe les ciels changeants, noue des conversations avec les fleurs et les tourterelles, tout en laissant refluer les images du film de sa vie résolument hors du commun.







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Les conseils écologiques de Jean-Marie Pelt


Jean-Marie Pelt, récemment disparu de notre terre, nous donne des conseils pour la préserver :




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mardi 15 mars 2016

Pierre Rabhi, un philosophe aux pieds sur terre

Paysan français d’origine algérienne, cet écrivain engagé de 77 ans a développé, tout au long de sa vie, un guide de conduite respectueux de la terre et de ses « lois ».

Vous dites qu'on peut nourrir toute l'humanité. Comment faut-il procéder ?

La faim dans le monde peut se résoudre si on considère que c'est une urgence. Les ressources de la Terre sont immenses. Un simple grain de blé pourrait nourrir l'humanité. Vous le semez, il se démultiplie. Chaque épi contient quarante à cinquante graines. La prodigalité de la vie est infinie. Mais la planète est divisée entre une minorité, qui accapare les ressources, et des indigents, qui ne sont pas invités au festin. Notre société produit en surabondance, à tel point qu'elle gaspille énormément.

L'agroécologie, ça consiste en quoi ?

Cela permet de produire notre nourriture en respectant la terre, sans l'empoisonner. Une terre vivante est une terre qui a gardé toutes ses facultés pour donner la vie. Quand on l'examine, on constate qu'elle est pleine de microbes, de micro-organismes, vers de terre, insectes, etc. Dès lors qu'on amène des poisons, on tue tout. Et on cultive sur des substrats morts.

Vous affirmez avoir un contentieux avec la modernité. D'où vient-il ?

La modernité est prétentieuse. L'être humain a cru qu'il était un dieu et qu'avec sa technologie, il produirait du bonheur. Malheureusement, la société prospère dans une consommation exponentielle d'anxiolytiques. Le bonheur escompté n'est pas là. Il n'y a jamais eu autant de tristesse et de désarroi que dans la société qui est censée les éradiquer.

Vous avez été ouvrier spécialisé dans les années 1960. Comment cette expérience a-t-elle pesé sur votre réflexion ?

C'est là que j'ai pris conscience de la condition humaine. Je travaillais dans une ville, dans cette complexe société urbaine, où les individus étaient subordonnés au service d'une logique de l'argent. J'avais l'impression de vies gâchées. On vous donne un salaire, vous donnez votre vie.
Il faudra bien qu'on s'interroge un jour : existe-t-il une vie avant la mort, et non pas après la mort ? Si vivre, c'est arriver au monde, faire des études, trimer toute sa vie jusqu'à la retraite, je ne vois pas l'intérêt. On m'aurait dit : voilà ce que sera ta vie, j'aurais dit que je préférais ne pas exister. De la maternelle à l'université, on veut travailler dans des boîtes, aller s'amuser en boite avec une caisse, jusqu'à la boîte à vieux, la boite définitive… Notre civilisation n'est pas réussie. J'ai voulu retourner à la terre.

Que signifie le retour à la terre ?

Pendant les guerres, lorsqu'il n'y a plus rien à manger, chacun se souvient du cousin qu'il a à la campagne, qui possède à manger. C'est lui, le pauvre type qui n'a pas réussi. J'ai écrit Le recours à la terre pour dire : cette société ne tiendra pas. La vie n'est pas dans le béton, mais dans la nature. Il y aura forcément un transfert de population des sphères urbaines vers l'espace rural.
Une fois que le secourisme social va s'arrêter, que se passera-t-il ? J'avais imaginé des oasis en tous lieux, en poussant au regroupement des gens, afin qu'ils mutualisent leurs compétences et leur savoir-faire. Chaque oasis comporterait une vingtaine d'habitants, qui vivraient en solidarité, avec des cours pour les enfants et les collégiens, sur la base de l'échange, sans obligation de se rémunérer.

Vous vous êtes converti au catholicisme. Quelle part occupe le divin dans votre réflexion ?

Pour moi, c'est une évidence. Seulement, cette évidence, on a voulu se l'approprier. Les religions ont fabriqué Dieu. Elles l'ont personnalisé. En le personnalisant, chacun s'est construit son Dieu et se bat de tous les côtés. La spiritualité ne peut tenir dans une cage. Je suis très attaché à la notion d'amour, à la puissance de l'amour, ainsi qu'à la figure du Christ, qui a bouleversé l'ordre social, lorsqu'il s'est levé contre l'autorité religieuse, en disant qu'elle n'existait pas et qu'elle appartenait à chacun. Le précepte fondamental est d'aimer, même nos ennemis. Si on aimait, le monde changerait. J'ai beaucoup lu l'Évangile, la Bible, et j'ai été séduit par cet individu qui parlait d'amour.

Ses dates clés

1938 : naissance de Rabah Rabhi, à Kenadsa, en Algérie.
1954 : conversion au christianisme, à Oran. Il choisit le prénom Pierre.
1960 : Pierre Rabhi décide de s'exiler en Ardèche, pour retourner à la terre.
1981 : il se rend au Burkina Faso en tant que « paysan sans frontières » afin de partager son expérience.
1994 : il commence à animer le mouvement Oasis en tous lieux (promouvoir le retour à une terre nourricière et la reconstitution du lien social).
2002 : lancement du mouvement Colibris (sensibiliser aux questions de l'agroécologie et de la nature).

Son rapport à l'Ouest

Pierre Rabhi s'est lié d'amitié avec Constance de Polignac, princesse propriétaire auvergnate d'un domaine breton, à Kerbastic, près de Guidel (Morbihan).
Constance de Polignac avait hérité, à la mort de son oncle, d'un château et d'un parc gigantesque, mais stérile et dégénéré. Aussi, lorsqu'en 2009 Pierre Rabhi l'invite à un « dîner biologique » à Paris, ils se découvrent des atomes crochus. Elle finit par proposer à Pierre Rabhi de l'aider à réhabiliter son domaine.
Le projet séduit le paysan de l'oued algérien, qui y voit une bonne façon de tester ses recettes. La princesse et lui ont noué depuis une amitié durable. Le domaine, magnifique, a déjà repris des couleurs.
Les légumes servis au restaurant du château viennent du potager, où s'appliquent rigoureusement les principes de l'agroécologie.
source : Ouest France


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dimanche 13 mars 2016

Allez avec la Vie...










Christian Bobin ou la poésie miroir



Il n'y a rien de plus rare, ni de plus vivant, ni de plus important au monde que d'essayer de rencontrer quelqu'un. 
L'autre est un miroir. 

Si le miroir est de bonne qualité, il nous permet de nous deviner en lui. 
Il y a très peu d'événements fondateurs dans une existence. Quatre ou cinq. Tout ce qui mérite le nom d'événement est sans doute de l'ordre de la rencontre. Le coup porté par une émotion, le bouleversement induit par une beauté ou une épreuve, font que l'on se rencontre soi-même tout en découvrant autre chose de soi. 

La rencontre est le but et le sens d'une vie humaine. 
Elle permet qu'on ne la traverse pas en somnambule. 
Quand mes yeux se fermeront, ils le feront sur une immense bibliothèque constituée par des visages qui m'auront ému, troublé, éclairé. Un visage est éclairant quand un être est bienveillant et qu'il est tourné vers autre chose que lui-même. 

Le soin qu'il prend de l'autre, l'illumine, le rend vivant. 
Il capte une lumière et la renvoie. 
C'est quelque chose de rare. 
La richesse de cette vie est faite surtout de visages et de quelques paroles. Les mots ne sont pas les plus importants. Ils enferment parfois. Alors que quand ils sont simplement allusifs, à peine écrits, ils amènent le lecteur à faire un travail psychique et délivrant sur lui-même. 

Les livres sont agencés pour permettre à un silence bienfaisant, fraternel, de venir. Dans cet espace, quelque chose de l'auteur rencontre le lecteur et celui-ci y rencontre quelque chose de lui. 
Dans ce monde, on parle trop pour ne rien dire. 
Écrire permet d'aérer le langage, de faire venir de la lumière, quelque chose de neuf et de silencieux entre les mots, sous les phrases. 
Ce silence est bienfaisant.


- Christian Bobin
(Interview Le Point.fr)