jeudi 11 septembre 2014

La méditation de pleine attention ! avec Jacques Castermane

Ce qui caractérise la Voie tracée par Dürckheim à son retour du Japon est d’avoir associé le corps (Leib) à ce qu’on appelle une démarche spirituelle. Et cela malgré l’obstination de la tradition philosophique occidentale qui veut que la réponse à la question de l’existence doive être trouvée par la pensée. 


« Je vis parce que je suis un être vivant ! Je pense parce que je suis un être pensant ! ». (Heidegger) 

Laquelle de ces deux affirmations est la substance de l’autre ? « Je suis corps vivant ! »... précède ... « Moi, je crois que je suis ce que je pense que je suis ! ». 

 Dürckheim, docteur en philosophie (phénoménologie) atteste, comme les maîtres zen, que c’est par une conclusion prématurée que la conscience humaine a été tenue pour le degré supérieur de l’évolution ; c’est bien plutôt le corps vivant (Leib). 

La « méditation de pleine attention » confère au corps vivant (Leib) les pleins pouvoirs. Ce qui se résume dans l’indication : « Être là, assis, sans rien faire ». La portée thérapeutique de cet exercice bien qu’inattendue est évidente : « C’est le corps vivant qui est le domaine du calme, le domaine de la pleine confiance, le domaine de la paix intérieure ». 
Il ne s’agit pas d’un dogme. A chacun de vérifier, par la pratique de la méditation de pleine attention, que les souffrances qui ont pour cause les faux problèmes fabriqués par l’égo - indissociable du mental - s’évanouissent lorsque l’homme s’éveille à sa propre essence : « Corps je suis ».

Jacques Castermane

mercredi 10 septembre 2014

Le bambou a son conte...


Il était une fois un roi fameux qui avait un beau jardin. Le soir, dans la fraîcheur, il aimait s'y promener et admirer les plantes. Et quoiqu'elles fussent plus belles les unes que les autres, il avait sa préférée : un bouquet de bambous au bord d'une pièce d'eau claire. Du bambou le roi aimait la sveltesse, les lignes pures et simples. Assis à son ombre, il passait des heures à écouter le bruissement des feuilles, le murmure des branches se balançant ensemble. Le bambou, de son côté, au fur et à mesure de sa croissance, se réjouissait du plaisir de son maître. Or un jour, celui-ci observa le bambou plus longuement que d'habitude , puis lui dit :
- Bambou, je veux me servir de toi.

Le bambou frémit de joie : il avait toujours su dans son coeur que son destin ne se bornerait pas à faire les délices du maître.
- Maître, affirma-t-il, utilise-moi comme tu voudras, j’en serai très honoré.

Le maître reprit :
- Bambou, il faudra que je te coupe.

Le bambou pâlit, horrifié. Toutes ces années de croissance dans le beau jardin n'auraient donc servi à rien ?

- Si je ne te coupe pas, poursuivit le maître, tu ne peux pas m'être utile...

Le jardin fit silence et s'immobilisa ; le bruissement des branches du bambou cessa ; les oiseaux arrêtèrent leur gazouillis. Un long moment passa, puis le bambou déclara d'une faible voix :
- Si, pour t'être utile, il faut que je sois coupé, maître, alors coupe-moi.
- Il me faudra aussi ôter tes branches et tes feuilles.

Le bambou se sent accablé : lui qui avait mis toute sa fierté dans ses branches et ses feuilles! Lentement, avec une grande tristesse, il dit :
- Maître, si tu ne peux m'utiliser qu'en enlevant mes feuilles, prends-les.
- Ce n'est pas tout, ajoute le maître, il me faudra aussi arracher ton cœur...

A présent les ténèbres sont tombées sur le jardin, mais elles ne sont rien comparées aux ténèbres que ressent le bambou. Il faudra donc tout perdre ! Longtemps, il hésite, puis :
- Maître, s'il me faut tout perdre pour t'être utile, prends tout...

Le maître coupe le bambou, le dépouille de ses feuilles et de ses branches, creuse son coeur .
Il sort le bambou du jardin luxuriant, le porte dans les champs arides qui s'étendent sans vie, sous le soleil brûlant. Il le branche à une source d'eau limpide : celle-ci se met à couler à travers le bambou et peut désormais arroser les champs assoiffés.

Les champs se recouvrent d'eau, on plante du riz, des pousses vertes grandissent. C'est encore plus beau que dans le jardin du maître ! Puis c'est la moisson. Des hommes, des enfants chantent de joie ; le bambou et l'eau de la source chantent avec eux.

Histoire vietnamienne.




lundi 8 septembre 2014

dimanche 7 septembre 2014

Trompez-vous avec Joshin Luce Bachoux


Quand cette jeune femme est arrivée, nous lui avons fait visiter la maison et expliqué les horaires des activités. Ce matin, buvant un thé ensemble, nous essayons de la mettre à l’aise, mais elle reste assise au bord de la chaise, les épaules crispées, un petit sourire malheureux sur les lèvres. Nous tentons de savoir s’il y a un problème, mais elle secoue la tête à toutes nos questions. Puis, dans un murmure, elle dit : « Ça me fait peur, parce que je sais que je vais me tromper ! » Gentiment, nous lui répondons que, certainement, elle va se tromper, puisque c’est la première fois qu’elle vient ; que cela n’a pas d’importance, que nous sommes là pour l’aider.

La voyant peu convaincue, nous lui expliquons que nous aussi, nous avons été débutantes, que nous avons fait plein d’erreurs, et que d’ailleurs nous continuons à en faire ! En riant, nous racontons qui un déjeuner brûlé, qui une lettre importante oubliée... Mais elle ne rit pas. Elle garde les yeux baissés, les mains serrées l’une contre l’autre. Nous sommes un peu à court d’arguments... Il semble que cette peur de se tromper, cette frayeur de « mal faire » soient si profondes que rien de ce que nous pourrions dire ne saurait les atténuer.

Elle n’est pas la première de ces personnes persuadées - depuis quand ? par qui ? - que les fautes sont impardonnables et qu’avant même d’avoir appris, elles devraient savoir ; sûres qu’une erreur est une sorte de tache morale, révélant leur incapacité profonde, leur inadaptation à être la « bonne » personne que tout le monde attend. Et sait-elle qu’elle est bien courageuse, pourtant, avec une telle appréhension, d’être venue, d’avoir risqué l’inconnu, d’être assise là devant nous ?
Alors, j’ai envie de dire à cette jeune femme : « Oui ! Trompez-vous ! Allez-y ! N’ayez pas peur, vous ne serez pas jugée, vous ne serez pas condamnée... Vous serez juste comme nous, comme tout le monde, passant d’initiatives brillantes à erreurs magistrales ! »

C’est une peur qui vient de loin : alors pourquoi pas à l’école des « cours d’erreurs » ! Des cours où les erreurs seraient appréciées pour ce qu’elles sont le plus souvent, des tentatives, des créations, des essais originaux ! Qu’on laisse les enfants se tromper en toute liberté ! Et même avant l’école : ce petit qui tente ses premiers pas, et pouf ! se retrouve assis sur le derrière : voyez-le regarder autour de lui, l’air incertain : s’il trouve des mines sévères, des sourcils froncés, il va se mettre à pleurer - mais s’il voit des sourires, il y a de fortes chances pour qu’il éclate de rire, rire joyeux, sans souci, de l’enfant complètement en accord avec le monde.

Trompez-vous ! Et éclatez de rire quand vous vous en apercevez... Oh, je vois bien les gens sérieux qui se disent, que raconte-t-elle, ne sait-elle pas qu’il y a des conséquences désastreuses à certaines erreurs ? Bien sûr, nous ne pouvons pas nous tromper dans nos domaines de responsabilités, dans notre travail, des commandes à faire ou le courrier à envoyer, ni dans la préparation d’un biberon. Non ! Je parle de choses nouvelles, que ce soit un logiciel informatique ou une recette de cuisine. Je parle d’essayer : de dessiner, de coudre, d’apprendre le persan, de compter les étoiles, de prendre un chemin de traverse... C’est mettre en actes notre liberté joyeuse : découvrir, avancer, changer...

Et rire, quand on s’emmêle dans les mots, ou quand on a monté une manche à la place du col !

Alors, allez-y : lancez-vous dans l’inconnu et trompez-vous avec enthousiasme ! toujours en croissance, comme la vérité de l’arbre dans la vérité de l’infime semence, comme le balbutiement de nos pauvres mots entraînés par la plénitude où nous mène l’Esprit. Elle est comme un feu qui prend, d’une étincelle dérisoire qui se multiplie, d’un même souffle qui monte, irrésistiblement, de l’aurore au zénith, un seul jour, une même clarté se déployant. 

source : La vie

samedi 6 septembre 2014

vendredi 5 septembre 2014

Ma déclaration de responsabilité face à la vie


J'accepte complètement et sans aucune arrière pensée que tout ce qui s'est jamais produit dans ma vie, ce qui arrive en ce moment dans mon existence et tout ce qui peut se produire dans l'avenir me fournit des occasions précieuses pour apprendre et grandir. Personne d'autre n'est à blâmer pour la négativité ou la douleur dont ma nature émotionnelle fait l'expérience. Je ne chercherai aucune exception à cette croyance, même quand la cause apparente de mon problème est totalement indépendante de moi.

Je chercherai à toujours assumer entièrement ma responsabilité, tout en refusant la culpabilité. Plutôt que de chercher des excuses pour ce qui marche mal, je m'efforcerai de comprendre ce qui se passe, puis chercherai des moyens pour corriger la situation. J'assume la responsabilité entière de mes choix. J'affirme que nulle personne ou situation ne peut me faire sentir inférieure), rejeté(e) inadéquat(e) sans mon consentement - et que j'ai le libre choix de donner ou de refuser ce consentement.

Je refuse la croyance au hasard, qui est un des principaux mécanismes de déresponsabilisation dans notre culture. Je suis conscience) que je crée ma propre réalité par ma façon d'accueillir et d'interpréter les événements de la vie. Dans toutes les circonstances de la vie, je chercherai systématiquement les moyens et les solutions plutôt que les excuses et les refuges. Je préférerai l'ouverture et le risque plutôt que la passivité et la sécurité.

Je choisis de me respecter totalement, en toutes circonstances, quelles que soient les erreurs que je puisse commettre, et d'accorder ce même respect à toute forme de vie - humaine, animale ou végétale - que je rencontre.

Je dis OUI à la vie, OUI, OUI et ENCORE OUI.

Pierre Pradervand
"Plus jamais victime. Victime ou responsable, je choisis”
Éditions Jouvence 2001 Senève

jeudi 4 septembre 2014

Victime ou responsable


La personne responsable agit - 
la victime réagit.
La personne responsable cherche la solution des problèmes - 
la victime voit immédiatement le problème dans la solution proposée.
La personne responsable a toujours un programme - 
la victime avance sans cesse des excuses.
La personne responsable dit : Je m'en occupe" et le fait -
la victime clame : “Ce n'est pas mon affaire"
La personne responsable dit : "Ce n'est pas facile, mais c'est possible" - 
la victime se lamente : "C'est peut-être possible, mais c'est trop difficile"
La personne responsable est disponible - 
la victime est toujours surchargée.

Je dis OUI à la vie, OUI, OUI et ENCORE OUI.

Pierre Pradervand
"Plus jamais victime. Victime ou responsable, je choisis” 
Éditions Jouvence 2001 Senève

mardi 2 septembre 2014

Défaisons nos valises ! avec Alexandre Jollien

Phytospiritualité vous souhaite une bonne rentrée et espère continuer à vous offrir des nourritures entre ciel et terre qui vous plaisent...



Voici cinq mois, nous débarquions en famille à Séoul où nous allons séjourner quelque temps et approfondir notre vie spirituelle. Si on m’avait dit qu’un jour je vivrais en Corée du Sud, jamais je ne l’aurais cru. Pour l’heure, le voyage m’apprend à me rendre totalement disponible à ce qui arrive, et surtout à commencer par moins juger. J’étais fort peu enthousiaste à goûter le jus de cactus que l’on trouve ici, et aujourd’hui, il est devenu l’une de mes boissons préférées. Justement, le cactus ! Il a des piquants qui peuvent blesser et meurtrir, pourtant si on le casse et qu’on en extrait le liquide, il peut désaltérer l’égaré perdu en plein milieu du désert.

Chaque instant est comme une valise, on ne sait pas ce qu’il recèle.

Parfois sous les apparences désagréables, déplaisantes, peuvent se cacher des trésors inouïs. Le délicieux jus de cactus m’invite à moins condamner une situation promptement. Maître Eckhart m’aide aussi sur ce chemin. Il m’apprend que le chrétien devrait considérer chaque événement, chaque circonstance comme le meilleur, le plus beau, l’expression de la volonté divine. Difficile de nourrir une telle espérance ! Pourtant, je suis sûr que cette foi déplacerait des montagnes de mal-être.

Très concrètement, le métro est en retard, je médite, il n’y a pas de moments plus favorables pour pratiquer.
Le plat que l’on me sert n’est pas à mon goût, je me dis que c’est une excellente occasion pour revoir mes habitudes, m’ouvrir à la nouveauté. Récemment, au judo, je me suis tordu la cheville avec comme résultat deux ou trois semaines d’immobilité. La conversion intérieure induite par le mystique dominicain m’a aidé : « Pourquoi considérer cet événement comme un obstacle ? » « Comment en profiter réellement ? » Aucun pessimisme, nulle résignation dans l’intime conviction que tout ce qui nous arrive est le meilleur pour nous. J’ai le pied foulé, je cours à l’hôpital, allais-je dire ! Il s’agit de tout sauf de rester inactif et de justifier l’inacceptable, mais de croire que dans l’aventure humaine rien n’est totalement mauvais. Loin du fatalisme, je comprends cette foi comme la démission d’une volonté de tout maîtriser. Dieu a, je le crois, choisi ce voyage pour moi avec sa destination, ses rebondissements et ses mésaventures libératrices.

Le pèlerin est libre, plus ou moins, de se laisser conduire pour véritablement accueillir, apprécier peut-être chaque étape, chaque incident qui fait partie du périple. Quand j’entends les enfants dire «je n’ai pas envie », je suis à chaque fois convié à repérer tous mes «je n’ai pas envie » pour avancer plus légèrement et sans bagages sur le chemin. Souvent, je m’aperçois que ce n’est pas la difficulté qui me fait souffrir mais surtout mon incapacité à la laisser passer. Vraiment, depuis que Maître Eckhart est passé par là, l’existence a une couleur différente. Loin de l’optimisme béat, lorsque l’esprit veut condamner l’instant, j’essaie de m’incliner humblement dans un «je ne sais pas ». Au fond, nous avons sans doute les yeux bouchés en envisageant tout sous l’angle de nos envies. Et l’exercice spirituel consiste à tout simplement prendre conscience à quel point nous projetons nos pensées sur la réalité. Et si, dès maintenant, l’ascèse me demandait de tout laisser ouvert ? Contre toute attente, l’épreuve que je traverse me rapproche de la joie, peut-être. Et devant une valise qui m’est livrée à l’improviste, pourquoi ne pas prendre le risque de paisiblement la défaire ? 

source : La Vie

lundi 1 septembre 2014

Cosmogonie avec Jacqueline Kelen


Partage d'un regard sur les cosmogonies 
telles qu’elles ont été imaginées par d’autres sociétés
(source : France Info)





dimanche 31 août 2014