jeudi 17 mars 2022
mercredi 16 mars 2022
moment de paix
Au milieu d'une journée difficile, ou dès que vous rentrez chez vous, il est possible de créer un moment de paix, de liberté et de bonheur, simplement en prenant quelques minutes pour revenir à votre corps et relâcher les tensions. Trouvez un endroit tranquille où vous ne serez pas dérangé. Prenez une position corporelle confortable, soit assise, soit allongée. Embrassez votre corps avec bonté aimante, compassion et soin. Envoyez l'énergie d'amour et de guérison à tous vos organes et remerciez-les d'être là et de travailler en harmonie. Envoyez de l'amour et de la gratitude à toutes les parties de votre corps. Souriez à chacune de vos cellules. Reconnectez-vous avec votre corps. Souriez à vous-même. Souriez à votre corps.
- Thich Nhat Hanh
---------------------
mardi 15 mars 2022
Beauté du quotidien
"Ce n'est pas la répétition des gestes et des mots, l'hallucinante succession des saisons qui nous usent mais notre absence à cette marche, notre défaut de présence à ce miracle continu. Faut-il avoir été dépourvu par le fait de la guerre, d'une catastrophe publique ou privée, d'une maladie, d'un exil, faut-il avoir été sevré de cette nourriture quotidienne, de cet accord, pour en ressentir le prix ? Serait-ce une question de nature, d'aptitude innée au bonheur d'être ici, maintenant, de ne rien gaspiller ?"
Colette Nys-Mazure / Célébration du quotidien
******
lundi 14 mars 2022
dimanche 13 mars 2022
Lumières naturelles
"En sortant du centre de rééducation, je portais l'enfant dans mes bras. J'ai croisé une vieille femme dans son fauteuil roulant. Son visage s'est éclairé à la vue du nourrisson. Je me suis penché vers elle pour le lui présenter. Les deux se sont dévisagés un instant celui qui n'était pas encore tout à fait dans le monde, et celle qui n'y était plus complètement. La femme avait un visage merveilleusement ridé, semblable à l'écorce d'un arbre séculaire. Devant la perfection de ces deux présences, je ne comprenais pas pourquoi cette société veut à tout prix que nous restions indéfiniment jeunes, éloignés de ces deux lumières de la naissance et du grand âge, cloués au milieu."
Christian Bobin, extrait de Ressusciter.
*********
samedi 12 mars 2022
Le Bonheur
LE BONHEUR ? (extrait d'un livre à paraître le 21 mars
Il se vivait tel ce personnage de l’histoire zen qui, tombé de la falaise , s’est rattrapé à une branche qu’il sent craquer sous son poids tandis que de son autre main il cueille des fraises sauvages poussées dans le creux de la roche et s’émerveille de leur goût.
vendredi 11 mars 2022
Autour de Mr Gurdjieff
jeudi 10 mars 2022
Seul le cœur sait (se) battre...
que le cœur humain
lui qui se fracasse à répétition
et continue de vivre
mercredi 9 mars 2022
Le grondement du tonnerre
" Voilà la difficulté de notre époque, les idéaux, les rêves, les beaux espoirs n'ont pas plus tôt fait leur apparition qu'ils sont déjà touchés par l'atroce réalité et totalement ravagés. C'est un vrai miracle que je n'aie pas abandonné tous mes espoirs, car ils semblent absurdes et irréalisables. Néanmoins, je les garde car je crois encore à la bonté innée des hommes. Il m'est absolument impossible de tout construire sur une base de mort, de misère et de confusion, je vois comment le monde se transforme lentement en un désert, j'entends plus fort, toujours plus fort, le grondement du tonnerre qui approche et nous tuera, nous aussi, je ressens la souffrance de millions de personnes et pourtant, quand je regarde le ciel, je pense que tout finira par s'arranger, que cette brutalité aura une fin, que le calme et la paix reviendront régner sur le monde."
(Le journal d'Anne Frank adaptation théâtrale réalisée par Eric-Emmanuel Schmitt)
********************
mardi 8 mars 2022
Un mendiant aveugle.
Auprès de Swami Prajnanpad, Arnaud trouvera l’audace d’étreindre sa propre misère. « Vous êtes un mendiant » lui dira le maître ; « Vous mendiez l’amour ». Dans la solitude de quelques huttes en terre, l’homme de quarante ans pleurera de tout son cœur de n’être qu’un enfant suspendu aux regards et aux admirations des autres, s’agrippant à l’existence comme les misérables en Inde s’accrochent aux vêtements de passant et, sans la moindre dignité, supplient qu’on leur fasse l’aumône.
Notre aveuglement nous voile constamment tout le pathétique de notre condition de petits pantins manipulés par la vie, ballotté de-ci de-là au gré des espérances et des déceptions qui les réduisent en fumée, à la merci des paroles douces ou dévastatrices. Les vents de l’existence ne nous portent vers la joie que pour le lendemain nous envoyer la peine et nous laisser dévastés.
Arnaud Desjardins ou l'aventure de la sagesse de Gilles Farcet
********************
lundi 7 mars 2022
Temps de méditation nécessaire
Cette photo, prise au cours de la guerre du Vietnam, est datée, si j’ai bon souvenir, de juin 1972.
Je vivais à Rütte depuis trois ans. Le silence qui régnait dans cette vallée de la Forêt Noire m'apparaissait comme étant propice à la culture du silence intérieur. Ce vécu intérieur qui engendre une impression de sécurité.
Faut-il dire que cette photo, qui rend compte d'une réalité angoissante, m'a troublé. En regardant cette photo, il y a de quoi douter de l'importance conférée à l'exercice appelé zazen!
Est-ce que en quittant la Belgique pour m'installer à Rütte je ne cherchais pas un îlot de sécurité, une sorte de paradis sur terre, une échappatoire du monde tel qu'il est ?
Le lendemain matin, c'est tourmenté mentalement et affectivement que j'ai pris place dans le petit Dojo où quotidiennement Graf Dürckheim introduisait la pratique de zazen pour une quinzaine de personnes. Après un long temps de silence il a fait référence à cette photo. Et il a terminé en disant : "Nous ne pratiquons pas zazen pour nous mettre à l'abri des bombes. Nous pratiquons zazen afin de témoigner que, là où nous sommes, le monde peut encore être en ordre..."
Aujourd'hui, cinquante ans plus tard, des photos comparables font la première page des quotidiens et des hebdomadaires. Elles démontrent que de tels massacres sont toujours encore possibles et que notre dépendance envers le monde est incontestable. Assujettissement collectif ; mais c'est la personne individuelle qui souffre. Souffrance dont les symptômes sont l'angoisse et les états qui l'accompagnent. Et que vous habitiez en Belgique ou en Forêt Noire, cela ne change rien.
L'angoisse et les états qui l'accompagnent ! La méditation est-elle une solution ?
Afin de répondre à cette question il faut tout d'abord définir ce qu'on entend par méditation ?
L'exercice que je pratique depuis plus d'un demi-siècle s'appelle ZAZEN. Comme le souligne le maître Zen Hirano Röshi "Il y a mille et une manières de méditer mais il n'y a qu'une manière de pratiquer zazen".
Un autre maître Zen, Jinen San, lorsqu'on lui demande si la méditation est la solution, répond
"Oui. Mais lorsqu'on dit méditation il serait plus juste de dire ZAZEN. On utilise la même position, assise, pour zazen ou pour méditer, mais la manière de pratiquer est très différente si on médite ou si on pratique zazen".
J'ai retrouvé chez les différents maîtres Zen avec lesquels j'ai eu la chance de m'exercer les mêmes exigences que celles transmises par Graf Dürckheim.
La première : "On ne pratique pas zazen avec le mental".
Concrètement, zazen, c'est sentir ce qui est senti... sans examen de ce qui est senti ; zazen, c'est voir ce qui est vu... sans examen de ce qui est vu ; zazen, c'est entendre ce qui est entendu... sans examen de ce qui est entendu.
ll s'agit donc de faire face à tout ce à quoi nous faisons face à travers l'usage de la conscience sensitive. En en faisant l'examen, à travers l'usage de la conscience objectivante, nous ne faisons plus face à la vérité de ce qui est mais à la représentation mentale de ce qui est. La représentation mentale de la vérité n'est pas la vérité.
Aussi bien, si lorsque je pratique zazen, ce que je sens et ressens est la peur, l'exercice consiste à faire face à la peur. Au cours de la pratique appelée zazen, il n'y a donc aucune séparation entre moi et la vérité présente.
ZAZEN = faire face à la vérité (attitude à ne pas confondre avec celle qui consiste à faire face à la représentation mentale de la vérité).
Pratiquer zazen, c'est donc se familiariser avec cette attitude paradoxale : être UN avec ce qui est, quelle que soit la nature de ce qui est. Et le résultat ?
Il peut s'avérer paradoxal ! Sans savoir ni pourquoi ni comment, il arrive qu'on se sente pénétré, de l'intérieur, par ces valeurs de l'être absolument inattendues : la paix du corps, la paix de l'âme, la paix de l'esprit.
Affronter les événements plus calmement, plus sereinement, n'est pas une fuite du réel. C'est agir dans le monde en ne se laissant pas entraîner par nos humeurs et façonner nos actions en conformité avec les lois de la vie qui transforment l'homme en être humain.
Jacques Castermane
dimanche 6 mars 2022
pause pour l'Essentiel
Je voudrais qu’il n’y ait plus de mots
mais pour le dire, il faut des mots
un grand nuage de silence blanc
à l’origine des sons
d’abord celui de mon propre souffle
se perdant dans les soupirs du vent
puis les sourds battements du cœur
tambour chamanique de ma terre-chair
un trille d’oiseau, un battement d’aile
le clapotis de l’eau, une étincelle
le frémissement de l’arbre, l’oscillation du ciel
un rire d’enfant, une brise de mer
le bruit doux du mystère...
Mettre le monde en pause
redéfinir l’essentiel....
Elisabeth Kuhn
******